00:03Paul et Thomas, Thomas et Paul, si je vous dis, pas si facile la vie d'être sélectionneur des équipes
00:08de France ?
00:11Il y a pire, il y a pire tout de même, c'est vrai que c'est la période un
00:14peu dans le money time où on est au four et au moulin, mais on aime ça, Paul.
00:22Et voilà, toute l'année, c'est le travail un petit peu de l'ombre, le relationnel, la logistique, là
00:29ça continue, mais on entre dans le vif du sujet, ouais.
00:33Honneur aux femmes, si je peux me permettre, Paul, une équipe du coup sans Pauline Ferrand-Prévost, ça change quoi
00:39?
00:42C'était plus compliqué que prévu dans ta tête pour sélectionner cette équipe de France féminine ou tu t'en
00:48accommodes comme il se doit ?
00:49Non, non, on s'en accommodes, c'est sûr qu'une Pauline Ferrand-Prévost avec un niveau de performance comme
00:55l'an passé, ça devient de manière très légitime la leader unique d'une équipe de France.
01:02Là, cette année, une saison un peu plus difficile pour Pauline et puis malgré tout, lorsqu'on en avait reparlé
01:10en début d'année de championnat du monde à Montréal,
01:13elle n'aurait pas souhaité non plus être leader unique comme c'était le cas l'an passé, donc finalement,
01:19j'ai envie de dire, ça n'a pas changé beaucoup les plans
01:20parce qu'on va partir avec l'idée d'avoir une course offensive avec plusieurs cartes, c'est un peu
01:26le plan de départ, avec ou sans Pauline.
01:29Donc voilà, malgré tout, c'est sûr qu'il n'y a pas non plus que la manière d'appuyer
01:39sur les pédales pour Pauline.
01:42ses adversaires sont souvent concentrés sur elle et ça aurait pu permettre de profiter de ça aussi, donc on ne
01:48l'aura pas.
01:48C'est ce qui s'était l'an passé avec un gros marquage entre les leaders qui avaient profité, entre
01:53guillemets, à des seconds couteaux.
01:54Ça faisait péjoratif pour Magdalene Vallière, mais voilà, c'est plus dans la stratégie générale et comment nos adversaires auraient
02:06regardé l'équipe de France.
02:09Je suppose que les résultats du jour te satisfont parce que Juliette Berthier en pleine forme, elle a gagné sur
02:15la fois une classique dame.
02:16Est-ce que ça ne serait pas la leadeuse du coup ?
02:20Juliette, elle va faire partie des filles qui seront protégées, en tout cas qui ne vont pas être mises à
02:26contribution pour protéger d'autres filles.
02:31Elle va faire partie de celles que j'attendrai dans le final pour aller jouer sa carte.
02:37Mais comme j'ai dit, quand on regarde l'effectif, ça ressort tout de suite les filles qui seront là
02:43pour travailler puisque c'est des choses qu'elles font tout au long de l'année dans leurs équipes.
02:46Je pense à Léa Curinier, je pense à Marie-Lenet, des équipières de luxe.
02:50Et puis derrière, on verra comment ça s'accommodera.
02:53Il y aura aussi ce décalage horaire à bien digérer.
02:57Il y a aussi, en fin de saison, il y a des formes des fois, la forme de chaque athlète
03:02fluctue un tout petit peu.
03:04Et on affinera tout ça à 48 heures.
03:06On en a déjà discuté avec les filles.
03:08Et puis, en tout cas, c'est sûr que c'est très bien de revoir Juliette, j'ai envie de
03:14dire, à son meilleur niveau.
03:15Moi, je le savais de par son entraîneur que à l'entraînement, ça allait très bien.
03:19Depuis la fin du tour, depuis le fait qu'elle ait récupéré et retravaillé à l'entraînement,
03:24elle a battu régulièrement des records.
03:25Mais l'entraînement, c'est une chose, la compétition, ça en est une autre.
03:29Et là, elle prouve sur le terrain, avec le dossard sur le dos, qu'elle est en pleine forme.
03:34Donc voilà, c'est top, ça valide son état de forme.
03:38Tu disais, Paul, tu parlais de Magdalene Vallière.
03:40Chez les femmes, on a l'impression que c'est vachement plus ouvert que chez les hommes.
03:44Donc, à quoi s'attendre à Montréal 2026, finalement ?
03:49Je pense qu'on peut s'attendre à une course certainement plus ouverte que chez les hommes.
03:55Malgré tout, je pense qu'il y a une équipe de Hollande qui est toujours très, très forte,
04:00avec une individualité comme Demi Vollering, qui est la meilleure cycliste femme cette année.
04:06Elle a tout gagné quasiment, sauf Paris-Roubaix.
04:10On a vu qu'une équipe de Hollande qui arrive à travailler ensemble, ça n'a pas été toujours le
04:15cas.
04:16Ça a été le cas l'an passé sur un championnat d'Europe.
04:20Lorsque la mécanique orange se met en route, ça peut faire des belles choses.
04:26Donc, je pense que ça va être l'équipe qui va avoir tout le poids de la course sur ses
04:31épaules.
04:31Et derrière, j'ai envie de dire, toutes les autres nations ont plutôt intérêt à être offensifs,
04:36à créer des mouvements de course et puis à les mettre en difficulté.
04:39Un route pour Montréal, vous êtes tous les deux, Thomas.
04:44Je voulais juste commencer en fait un truc, c'est qu'on ne peut pas parler des mondiaux
04:48sans rendre un vibrant hommage à un certain Julien Lafilippe.
04:51Et je pense que Paul est d'accord avec moi.
04:53Forcément, quand on parle des mondiaux, on a cette image de Julien quand même, non ?
05:00Ah oui, oui, on en a parlé plusieurs fois aujourd'hui avec d'autres médias.
05:04Évidemment qu'à chaque fois, la personne de Julien est revenue dans les sujets, dans les débats.
05:21Et évidemment, Julien, de par ses résultats, de par sa personne, il a deux titres de champion du monde.
05:31Il a replacé vraiment la France au sommet.
05:37Et c'est lui qui a déclenché un petit peu tout ça avec sa personnalité.
05:40Donc, évidemment qu'on pense tous fort à Julien et qu'on n'a certainement pas oublié tout ce qu
05:49'il a apporté à l'équipe de France pendant toutes ces années.
05:52C'est juste incroyable.
05:55La dache dit jamais 203.
05:57Est-ce que la troisième, c'est pour cette année, Thomas Beauclair, sélectionnaire de l'équipe de France ?
06:06De quoi le titre de course en ligne ?
06:09Oui.
06:12J'aimerais bien, mais totalement, ce n'est pas pour ma personne.
06:17Mais évidemment que l'objectif est qu'on gagne la course, qu'on gagne le championnat du monde.
06:25Maintenant, Tadej Pogacar aurait été présent au départ.
06:32J'aurais annoncé la même chose.
06:34On part pour la victoire et après, si elle devient inaccessible, comme quand Pogacar s'en va,
06:40on essaye de voir ce qu'on peut sauver comme résultat.
06:44Donc là, on fera partie des outsiders qui ont une chance supplémentaire du fait de l'absence de Pogacar,
06:56de pouvoir viser le titre.
06:58Mais il y a un nombre de candidats qui est juste hallucinant du coup.
07:07Et surtout, ça met énormément d'incertitudes.
07:10On ne sait pas comment se déroulera la course.
07:12On sait que la Belgique devient l'équipe favorite avec sans doute le favori Remco Evenpool.
07:19Mais on ne sait pas réellement comment va se dérouler la course.
07:23Alors que quand il y avait Pogacar, on savait à peu près que la Slovénie allait durcir à un moment.
07:30Et qu'à un moment, il me partirait.
07:31Et qu'après, c'était un petit peu sauve qui peut, quoi.
07:35Donc, ça va être intéressant.
07:38Mais l'équipe de France n'est pas plus avantagée qu'une autre nation par l'absence de Tadej Pogacar.
07:43Mais par contre, vous avez tué à Paul Sexas.
07:47Donc forcément, l'attention va encore s'attirer vers lui.
07:53La Belgique est avec Remco Evenpool et Van Aert.
07:56Tu es plus forte que l'équipe de France du coup ?
07:57Parce que vous êtes outsider et eux, ils sont favoris.
08:00Ça, je ne sais pas si...
08:03Franchement, ça ne se dit pas comme ça.
08:07Je ne pense pas qu'on puisse...
08:10C'est difficile de juger.
08:12« Tiens, telle équipe est plus forte. »
08:15En général, c'est celui qui gagne qui a raison, quoi, à la fin.
08:18Donc, non, non.
08:20C'est une course d'une journée.
08:22Ce n'est pas un grand tour.
08:24Évidemment, on a Paul Sexas qui fait partie des coureurs capables de s'imposer.
08:28Je dirais, peut-être pas favoris, mais en tout cas capables de s'imposer.
08:34Et c'est la raison pour laquelle je l'ai articulé l'équipe autour de lui
08:40pour qu'il soit mis dans les meilleures dispositions, quoi.
08:43Thomas, par contre, le petit, quand même, dans cette liste,
08:45c'est la mauvaise nouvelle qu'on a appris dans l'après-midi de ce vendredi.
08:50La fracture du poignet de Louis Barré.
08:53Oui, c'est vrai que c'est une mauvaise nouvelle, évidemment.
08:57Oui, avec le décalage horaire, il m'a appelé tard dans un soir et jeudi.
09:02Il était à l'hôpital en train de passer sa radio.
09:06Et il a attendu aujourd'hui.
09:09L'IRM a révélé une fracture.
09:12Donc, on a attendu que son équipe communique pour reprendre la formation.
09:24Par contre, il est évident que dès hier soir,
09:27j'ai dû m'activer pour trouver quelqu'un qui pourrait le suppléer
09:35au cas où il serait indisponible, ce qui s'est avéré, quoi.
09:39Donc, il faut bien comprendre qu'on ne choisit pas.
09:45Si on n'a pas quelqu'un sur place qui est désigné en tant que remplaçant
09:48et qui reste pour ça au cas où,
09:53eh bien, il y a des démarches à faire auprès de l'équipe concernée.
09:58Il faut penser au matériel.
10:01Il faut voir le coureur, s'il n'était pas engagé sur d'autres cours,
10:06s'il y avait possibilité de...
10:08Donc, tout ça à prendre en compte.
10:10Et donc, au moment où je parle,
10:15je n'ai pas encore acté qui le remplacera.
10:18Mais en revanche, il y a...
10:23À midi, a été donné à l'Union cycliste internationale,
10:27comme chaque nation, les 12 coureurs qui sont susceptibles
10:32d'être au départ de la course en ligne.
10:37Donc, parmi ces 12, il y en aura 7.
10:40Il y a Louis Barret, ça fait 8.
10:41Et ensuite, il y a 4 coureurs qui sont susceptibles de remplacer Louis.
10:46Si je te dis, forcément, on a dans la tête un certain Lini Martinez
10:50ou Romain Grégoire, on se trompe ou on est à côté.
10:52Quand est-ce que tu as prévu de l'annoncer officiellement, du coup ?
10:57Je pense que je vais laisser passer les Grands Prix de Québec et Montréal
11:01parce que ça peut être riche d'enseignements
11:05et la fin de la Vuelta, ainsi que d'autres courses.
11:09Et d'ici lundi, je prendrai ma décision
11:13parce que je souhaiterai que le coureur concerné nous rejoigne assez vite.
11:17On a pu lire ces dernières semaines, depuis que Tadej Pogassar a abandonné la Vuelta.
11:23On ne se rend pas compte, nous, mais sans le patron,
11:26sans Tadej Pogassar au départ d'une course,
11:29qu'est-ce que ça change, franchement ?
11:31Parce que nous, on est spectateur, on ne se rend pas vraiment compte.
11:34Eh bien, c'est une très bonne question et je n'ai pas la réponse.
11:39Parce que nous aussi, sélectionneurs ou consultants,
11:46ça fait quand même quelques années qu'on est habitué à voir sur les événements,
11:49les monuments ou les championnats du monde,
11:52Tadej Pogassar, le patron, quoi, qui s'en va, qui gagne.
11:57Donc, on ne sait pas.
11:59Et c'est tout l'enjeu de cette problématique,
12:05du fait de son absence, de pouvoir s'adapter,
12:12de créer des situations ou de s'adapter à des situations
12:16qui se présenteront et de les anticiper,
12:20surtout pour que les coureurs, au moment où elles se présentent,
12:23de ces situations puissent réagir en fonction, quoi.
12:28Vous allez à Montréal ?
12:29Forcément, dans un an, dans moins de 365 jours,
12:33les mondiaux seront en France.
12:35Donc, quand on est sélectionneur des équipes de France,
12:38femmes et hommes, forcément, est-ce qu'on a déjà la tête
12:41à ce qui va se passer dans moins d'un an maintenant ?
12:44Parce que c'est toute une...
12:45Il y a Montréal 2026.
12:46Attends, est-ce que tu...
12:47T'as à couper, donc...
12:49Ouais, attends, on va la refaire.
12:51Je disais.
12:52Vous partez direction Montréal 2026.
12:55Et dans moins d'un an, ça sera les super mondiaux
12:59et les mondiaux en France.
13:00Quand on est sélectionneur des équipes de France,
13:02femmes et hommes, forcément, il y a une connotation,
13:06une annotation particulière.
13:08On se projette déjà où on est vraiment consacré sur Montréal
13:11et après, on verra les super mondiaux
13:14de Haute-Savoie-Mont-Blanc plus tard.
13:19J'ai envie de dire, on est sur l'instant présent,
13:22mais quand même, ce mondial 2027,
13:25à l'image des Jeux Olympiques et des États à Paris,
13:29c'est un peu le fil rouge.
13:31C'est dans nos têtes, en fait.
13:33Et du coup, forcément, on y pense.
13:37Forcément, on a envie de mettre une équipe de France en confiance
13:42pour aborder de la meilleure des manières l'année suivante
13:45l'événement qui sera chez nous en France,
13:47même si ce ne sera pas forcément de la même équipe.
13:50Malgré tout, ça sera un parcours difficile.
13:54Alors, plutôt typée là, pour le coup, grimpeuse,
13:56mais notamment chez les filles, il y a quand même quelques noms,
14:00je pense, qui seront aussi en Haute-Savoie l'année prochaine.
14:05Et du coup, voilà, c'est aussi construction d'un collectif,
14:10d'un groupe qui a l'habitude de travailler,
14:13qui a ses automatismes et puis qui, du coup,
14:17pourra donner le meilleur rendu possible en Haute-Savoie l'année prochaine.
14:20Thomas, en plus, en 2027, là, par contre,
14:23il y a de fortes chances que Pogacar soit au départ.
14:28Oui, je suis tout à fait d'accord avec ce que vient de dire Polo.
14:33Que ça soit clair, en tout cas, moi, je ne me réjouis pas
14:36de l'absence de Pogacar.
14:39C'est sûr.
14:40Et je pense que, concernant Paul Sexas,
14:43il a déjà exprimé, concernant le Tour de France,
14:45que si un jour, il devait battre Pogacar,
14:47il souhaiterait que Pogacar soit à son prime,
14:51eh bien, je suis persuadé que si vous lui posez la question,
14:54à Paul Sexas, il vous répondra qu'il doit gagner une course.
14:59Il préfère que Pogacar soit à présent plutôt qu'absent.
15:03Ce que je veux dire par là, ensuite, c'est qu'on a conscience
15:07que d'avoir les Jeux Olympiques du vélo à domicile en 2027,
15:13c'est quelque chose qui est exceptionnel.
15:16et comme l'a dit Polo, qui est dans un coin de notre tête.
15:22Ça n'empêche pas que l'objectif soit à 100% Montréal,
15:27mais pour répondre à la question,
15:31on l'a dans la tête.
15:33C'est un petit peu comme quand on a une échéance olympique.
15:40Ça joue.
15:41On fait des fois quelques choix ou quelques réflexions,
15:46en tout cas, du fait de cette échéance qui, c'est vrai,
15:51n'est pas si lointaine.
15:52Merci, les amis.
15:53Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter, messieurs les sélectionneurs,
15:57pour Montréal 2026 et donc les Supermodos 2027 ?
16:03Déjà, on va commencer par Montréal.
16:07Pour l'ensemble de l'équipe de France,
16:09et là, je pense à toutes les catégories,
16:12les jeunes, que ce soit les garçons, les filles,
16:15d'avoir, j'allais dire, des médailles.
16:18Forcément, on aimerait tous des titres et des médailles,
16:21mais déjà, de ne pas avoir de regrets,
16:24que chacun puisse remplir son rôle
16:28et de rentrer sans goût amer dans la bouche.
16:32et d'avoir pu exprimer pleinement ce potentiel.
16:36Je ne sais pas ce que tu en penses, Polo,
16:37mais tu es trop mal.
16:38Non, non, oui, exactement, c'est vrai.
16:39Puis, dans toutes les disciplines,
16:42parce que c'est vrai qu'on parle beaucoup de course en ligne,
16:43mais aussi les chronos individuels,
16:45où il y a des belles chances de médailles,
16:48notamment chez les jeunes,
16:49chez les élites, on fera du maximum aussi,
16:51même si on n'est pas les favoris.
16:53Et il y a aussi quand même le contrôleur monde par équipe mixte,
16:57où là, on y va avec, comme chaque année, des ambitions.
17:02L'an passé, on était terminé de vice-champions du monde
17:06à moins de 7 secondes des Australiens.
17:10Et voilà, on va y aller avec des ambitions.
17:12Donc, dans toutes les disciplines, dans toutes les catégories,
17:14l'idée, comme dit Thomas, c'est de donner le meilleur de soi-même.
17:18Et puis, d'arriver, si possible, à monter sur ce podium.
17:23Merci d'avoir accordé un peu de temps à Cyclisme Actu.
17:25Et je vous dis plein de bonnes choses.
17:28Un grand M et à très vite.
17:31Merci.
17:31Merci.
17:32Au revoir.
17:32Bonne soirée.
17:33Ciao, ciao.
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