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  • il y a 1 semaine
Branle-bas de combat au sein de la diplomatie européenne ! Dès cette semaine de rentrée s'est tenue une réunion informelle des Ministres des Affaires étrangères des 27 avec un agenda chargé... Russie et Ukraine, Iran, mais aussi l'Allemagne et la France qui avancent leurs pions sur un chantier sensible : réformer la diplomatie européenne ! Alors que la voix de l'Europe est souvent peu audible, et l'autorité de l'estonienne Kaja Kallas, la Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères, contestée, le couple franco-allemand et d'autres acteurs réclament une réforme radicale au nom de l'efficacité. Faut-il s'en réjouir ou s'en inquiéter ? Caroline de Camaret et Thibault Henocque ouvrent le débat dans Ici l'Europe, avec les eurodéputées Marie Toussaint (France, Les Verts) et Isabel Wiseler-Lima (Luxembourg, PPE).

Première partie : Caroline de Camaret reçoit François-Xavier Bellamy, vice-président du groupe du parti populaire européen (PPE).
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputées Marie Toussaint (France, Les Verts) et Isabel Wiseler-Lima (Luxembourg, PPE).

Ici, l'Europe
Chaque semaine, LCP Assemblée nationale, Public Sénat et France24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : Covid-19, questions migratoires, « Green deal », Brexit ou encore souveraineté digitale. Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Une demi-heure d'information pour mieux comprendre les enjeux européens.

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Transcription
00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:17Bonjour à tous et merci de nous rejoindre sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:22Ici l'Europe fait sa rentrée après un été caniculaire et dense au regard de l'actualité européenne.
00:27Une rentrée pour le moins morose.
00:30Nous allons en effet nous pencher sur l'état de la diplomatie européenne en grande crise.
00:35Et puis tout de suite, nous allons parler de l'ensemble de cette actualité européenne en compagnie de François-Xavier
00:41Bellamy.
00:42Bonjour Monsieur Bellamy.
00:43Bonjour, bien repris.
00:44Je rappelle que vous êtes le vice-président des Républicains et député européen dans le Parti populaire européen.
00:50ancien professeur agrégé de philosophie et tête de liste, les Républicains aux élections européennes
00:57qui vous avaient été réélus en 2024 avec 7,2% des votes, soit 6 députés dans votre groupe.
01:04Alors j'ai envie de commencer quand même par les questions internationales.
01:07Et plus spécifiquement la Russie accusée par l'Allemagne d'avoir piloté des drones
01:13pour organiser un attentat sur un aéroport à Leipzig.
01:17La Russie qui est aussi présente au G20 et les Européens n'en sont pas très contents
01:22puisqu'ils considèrent que c'est très prématuré.
01:24Qu'est-ce que vous pensez ?
01:26Mais il y a aujourd'hui la confirmation à travers ce qui s'est passé à Leipzig
01:30de ce que nous savons, de ce que nous voyons sur d'autres terrains,
01:33de ce que nous avons vu dans d'autres pays européens.
01:35La Russie cherche à tester l'Europe, elle cherche à tester l'OTAN
01:39et c'est une situation qu'il faut prendre très au sérieux
01:42parce qu'on n'empêche pas la guerre, on n'empêche pas la menace et le conflit
01:46dans la faiblesse et la vulnérabilité.
01:48Et c'est la raison pour laquelle nous avons le devoir de renforcer nos forces armées nationales
01:52et de le faire ensemble au plan européen.
01:55C'est pour cette raison-là que j'ai porté par exemple le projet européen
01:58pour l'industrie de défense, EDIP, qui est rentré maintenant en application,
02:02qui permet que notre industrie de défense soit consolidée un peu partout en Europe
02:06et en France en particulier.
02:07C'est l'un des grands atouts, c'est aussi l'une des grandes responsabilités de la France
02:11de faire en sorte que demain l'Europe soit mieux défendue, mieux protégée
02:15et qu'ainsi elle dissuade de manière beaucoup plus forte toute perspective d'agression.
02:19Faut-il reparler aux Russes et en particulier quand les Américains les invitent à un G20
02:25à la surprise de tous ?
02:26Je pense qu'on ne peut pas faire comme si rien ne s'était passé, comme si rien ne se
02:30passait.
02:31La Russie est aujourd'hui encore, avec la décision de Vladimir Poutine d'attaquer l'Ukraine
02:36de manière unilatérale, en train de mener une guerre contre le peuple ukrainien,
02:41contre les civils ukrainiens.
02:42Et je voudrais dire que dans les moments dramatiques que nous aurons vécu cet été,
02:46il y a ces nouvelles atroces qui nous parviennent d'Ukraine de manière répétée,
02:51ces nouvelles de bombardements contre des populations civiles, contre des enfants,
02:55contre des familles dans des lieux où il n'y a pas d'infrastructure militaire,
02:59pas d'objectif militaire.
03:01Cette situation-là, elle est intolérable.
03:03Bien sûr qu'à moyen long terme, nous ne pouvons qu'espérer renouer avec le peuple russe
03:08et retrouver des relations d'amitié avec le peuple russe.
03:11Mais aujourd'hui, remettre le régime de Vladimir Poutine au rang des pays
03:16avec lesquels nous aurions des relations normales,
03:18ce serait en fait une forme de trahison de ce qui constitue, je crois,
03:23l'âme, l'esprit, l'intérêt, la sécurité de l'Europe
03:27et aussi les engagements qu'elle doit tenir pour pouvoir se faire respecter.
03:31François-Xavier Bellamy, comme chaque semaine, nous vous livrons quelques infos, morceaux choisis.
03:36C'est l'Europe, en bref, avec Florine Osvater.
03:43L'Islande ne reprendra pas les négociations d'adhésion à l'Union européenne.
03:47C'est ce qu'ont décidé 52,8% des Islandais lors d'un référendum consultatif le 29 août dernier.
03:53Cette île de 400 000 habitants, sans armée, avait déposé sa candidature en 2009
03:57avant de suspendre le processus quatre ans plus tard.
04:00Malgré les menaces de Donald Trump sur le Groenland et le danger russe,
04:04les partisans du nom l'ont emporté.
04:05Ils ont agité le drapeau rouge sur une perte de souveraineté dans le secteur crucial de la pêche
04:10qui représente 40% des exportations.
04:13C'est une première pour une intelligence artificielle.
04:16ChatGPT a été classé comme moteur de recherche par la Commission européenne
04:20qui le soumet désormais aux règles strictes du Digital Services Act de 2024.
04:25OpenAI, maison mère de ChatGPT, a donc quatre mois pour évaluer et garantir la sécurité
04:30de ses 159 millions d'utilisateurs européens.
04:33Dans le viseur, la diffusion de contenus illicites,
04:36les ingérences et la désinformation dans les élections,
04:38mais aussi l'impact sur la santé mentale des utilisateurs.
04:42Santé tout court, la Commission a décidé de suspendre temporairement
04:45les importations de viande bovine en provenance du Brésil.
04:48Et ce, quelques mois seulement après l'entrée en vigueur
04:50de l'accord contesté de libre-échange avec les pays du Mercosur.
04:54La porte-parole de la Commission européenne explique.
04:57« Nous avons des règles qui interdisent l'utilisation d'antibiotiques
05:03pour la croissance des animaux.
05:06Ce sont des règles que nos partenaires doivent respecter également. »
05:11Même si les quotas entre les quatre pays ne sont pas encore répartis,
05:14l'accord autorise l'exportation de 99 000 tonnes de viande bovine du Mercosur.
05:20François-Xavier Perrami, l'Union européenne a suspendu les importations
05:24de volailles et de bœufs brésiliens, d'œufs et de miel.
05:27La Commission européenne estime que le Brésil n'a pas donné de garantie suffisante
05:33sur l'utilisation abusive d'antibiotiques dans l'élevage.
05:36Est-ce qu'on fait bien ?
05:38La Commission européenne, d'une certaine manière,
05:40elle finit par reconnaître la légitimité du combat que nous avons mené
05:44pendant des années contre cet accord avec le Mercosur.
05:47Non pas que nous soyons contre le commerce international,
05:50mais nous avons la certitude que nous n'avons pas le droit,
05:53après avoir imposé des règles toujours plus contraignantes aux agriculteurs
05:56qui produisent chez nous, d'accepter, d'importer ensuite des produits du monde entier
06:01qui ne respectent aucune de nos règles et de supprimer les droits de douane
06:05pour que ces produits puissent inonder nos marchés.
06:07C'est de la santé des Européens qu'on parle.
06:09Mais c'est aussi bien sûr de la possibilité pour notre agriculture
06:12de continuer de produire sur notre sol.
06:15Nous avons besoin de cette sécurité alimentaire
06:17et d'une certaine manière, en montrant si rapidement
06:20après la mise en œuvre provisoire du Mercosur
06:23que le Brésil n'est pas conforme.
06:25L'un des plus grands pays du Mercosur,
06:26le plus grand pays agricole de ce bloc,
06:29n'est pas capable de simplement garantir
06:33la fiabilité de ses productions sur le plan sanitaire.
06:36Bien la Commission européenne, même si cette mesure est probablement temporaire,
06:40montre que nous avions raison de tirer la sonnette d'alarme.
06:43Parlons quand même de cet été.
06:45Les Européens, les Français ont souffert de la canicule.
06:49Mais plusieurs organisations non gouvernementales considèrent que vous êtes parmi les eurodéputés français,
06:54François-Xavier Berlami, qui s'est le plus opposé au texte de régulation climatique.
06:59En 2025, vous avez voté un paquet Omnibus
07:02qui vise à alléger l'obligation de plan de transition climatique pour les entreprises.
07:10Les multinationales représentent 20% des émissions de CO2.
07:13Mais ce qui représente l'essentiel des émissions de CO2 dans le monde aujourd'hui,
07:17ce n'est pas l'Europe qui représente moins de 10% des émissions,
07:20ce n'est pas la France qui représente moins de 2% des émissions.
07:23Ce qui représente l'essentiel des émissions de CO2,
07:25c'est la production qui se fait dans d'autres pays qu'en Europe.
07:28Je pense à la Chine, parce que chaque année,
07:30elle fait un nouveau record d'utilisation du charbon.
07:32Je pense à l'Asie en général, je pense à l'Inde, je pense aux États-Unis.
07:37Et notre grande responsabilité comme Européens,
07:39elle n'est pas d'abord dans ce que nous produisons,
07:41elle est d'abord dans ce que nous importons.
07:43Et en disant ça, je ne dis pas que nous ne sommes pas responsables,
07:45mais je dis que notre premier devoir, si nous voulons protéger la planète,
07:49c'est d'importer moins et de produire chez nous.
07:52C'est de donner moins de parts de marché sur notre sol
07:55à des productions importées, on parlait du Mercosur,
07:57qui ne respectent aucune de nos règles.
07:59Et la condition pour cela, c'est de rendre à nos entreprises
08:03la liberté de produire.
08:04Et c'est pour ça qu'effectivement...
08:05La liberté, mais quand vous pensez à un géant pétrogazier
08:08comme Total Energy, 1% des émissions mondiales tout de même,
08:12autant que la France, qui n'intègre pas dans son plan de vigilance
08:16les émissions de ses clients et la justice française,
08:18vient de le pénaliser pour cela.
08:20Mais c'est ça qui est absolument stupéfiant.
08:22Tous les pays du monde aujourd'hui utilisent des énergies fossiles.
08:26Personne n'en est complètement sorti.
08:28Et donc, tant qu'on utilise des énergies fossiles,
08:30il y a des gens qui les extraient pour pouvoir nous les fournir.
08:33Et de fait, les Français, aujourd'hui, ils vont à la pompe à essence
08:37pour faire rouler leur voiture.
08:39Mais les industries ont besoin aussi de ces énergies pour continuer de travailler.
08:42Il faut électrifier nos usages.
08:44Il faut, pour ça, défendre ce contre quoi nous nous sommes battus
08:48avec tant d'organisations écologistes et tant d'élus de gauche ou de l'écologie politique.
08:55Contre, vous voulez dire, les organisations écologistes.
08:56Nous nous sommes battus contre ces organisations pour défendre le nucléaire
09:00qui était, de manière complètement climato-sétique, attaqué par ces forces-là.
09:02Ce n'est pas une solution d'urgence, le nucléaire.
09:04Pendant qu'on travaille avec ces énergies fossiles,
09:07c'est une chance pour la France d'avoir un acteur pétrolier international
09:11capable de nous fournir de l'énergie dont nous avons besoin
09:14tout en investissant massivement, comme le fait Total aujourd'hui,
09:18dans les énergies renouvelables.
09:19Je ne dis pas ça parce que je défends Total.
09:21Mais ce n'est pas du greenwashing un peu, ce n'est pas de...
09:24Allez, regardez les plans d'investissement Total, vous verrez si c'est du greenwashing.
09:27La vérité, c'est qu'aujourd'hui, tous ceux qui veulent fragiliser l'économie européenne
09:31le font au profit de l'économie asiatique, de l'économie chinoise,
09:36de l'économie américaine, qui sont beaucoup plus nocives.
09:39Tout ce que nous ferons contre les producteurs français, industriels, agricoles,
09:44contre ceux qui sont capables de continuer de nous fournir ce dont nous avons besoin,
09:48nous le ferons aussi contre la cause de la planète.
09:51Parlons d'une autre crise, Ceuta, l'enclave espagnole en Afrique du Nord,
09:57qui a plongé le pays, l'Espagne, dans la crise,
10:02avec 80 000 migrants en situation irrégulière fin juillet,
10:0610 000 qui sont toujours sur place, bloqués.
10:09Les Européens, au lieu de faire preuve de solidarité,
10:12comme ils l'avaient fait par le passé, peut-être, dans des grandes crises migratoires,
10:15eh bien, on pointait du doigt cette Espagne.
10:18Est-ce que c'est parce qu'elle est dirigée par le social-démocrate Pedro Sanchez ?
10:21Est-ce qu'il est responsable et coupable plus que les autres ?
10:23Il est parfaitement responsable.
10:25Ce n'est pas l'enclave de Ceuta qui a plongé l'Espagne dans la crise,
10:28c'est le gouvernement socialiste espagnol.
10:30Et quand Pedro Sanchez dit, il y a quelques mois,
10:32qu'il va régulariser un million d'étrangers en situation irrégulière sur son sol,
10:38quand il dit publiquement qu'il veut faire en sorte
10:41que ceux qui sont rentrés ou restés illégalement en Espagne,
10:44donc en Europe, puissent recevoir des papiers,
10:47qu'est-ce qu'il fait en réalité ?
10:48Il envoie un message au monde entier.
10:50Et moi, je comprends que ce message soit reçu.
10:52Et je comprends tous ceux qui, sur le continent africain,
10:54se disent, je veux pouvoir tenter ma chance,
10:57je vais utiliser cette voie d'accès qui m'est offerte
11:00par un gouvernement qui décide en réalité de récompenser l'illégalité.
11:031 million de personnes, c'est aussi le bilan de Giorgia Meloni en Italie,
11:07cette régularisation sur 4 années d'une droite radicale.
11:12Mais Giorgia Meloni n'a pas régularisé,
11:14elle a délivré des titres de séjour.
11:17D'abord, une première fois régularisée, 500 000.
11:20Elle n'a jamais régularisé, elle a délivré des titres de séjour.
11:24Et évidemment, on peut être d'accord ou pas
11:26avec la politique migratoire de Giorgia Meloni,
11:28mais il y a une différence majeure entre délivrer des titres de séjour,
11:31c'est-à-dire permettre à des gens de rentrer légalement dans votre pays
11:34et légaliser des gens qui sont rentrés illégalement.
11:37Si je me suis battu pour porter le règlement retour au Parlement européen,
11:40c'est pour que l'Europe sorte de l'impuissance actuelle.
11:43Et je pense aujourd'hui aux habitants de Ceuta
11:45qui sont directement victimes de cette situation.
11:47Nous la connaissons aussi en France, je pense par exemple à Mayotte
11:49ou à des territoires qui sont singulièrement marqués
11:52par l'impact de l'immigration illégale,
11:54mais qui fait aussi des drames humains
11:56chez tous ceux qui sont victimes de l'Eldorado
11:58qui leur est promis par les réseaux de passeurs
12:00qui sont aujourd'hui les mafias les plus dangereuses du monde,
12:03Eldorado qui en fait ressemble à la fin, à un enfer.
12:07Parce que les gens qui sont attirés par cette promesse
12:09d'une Europe qui leur tendrait les bras
12:10se retrouvent à la fin dans une situation infiniment précaire
12:13dans nos villes et dans nos pays
12:14où nous n'avons évidemment pas les moyens de les accueillir.
12:17Alors revenons à Giorgia Meloni
12:18qui dirige donc un gouvernement de coalition
12:20entre la droite et la droite plus radicale.
12:23Elle a été la première à dénoncer la négligence supposée de l'Espagne
12:26lors de la crise de Ceuta justement en juillet.
12:28A son arrivée au pouvoir en Italie en 2022,
12:31elle a promis une ligne dure sur l'immigration.
12:33La réalité est beaucoup plus complexe.
12:36On voit des montées de violences anti-migrants en Italie.
12:39Un centre à l'extérieur des frontières de l'Union Européenne en Albanie
12:42qui ne marche pas bien puisqu'il est vide.
12:45Régularisation rapide.
12:46Ce centre n'a rien à voir avec ce que le règlement retour veut faire.
12:50Ce centre, il est fait pour externaliser le traitement des demandes d'asile.
12:54C'est-à-dire que si vous arrivez en Italie et que vous demandez l'asile,
12:57vous êtes théoriquement susceptible d'être conduit dans ce centre en Albanie
13:01pour attendre l'issue de la procédure.
13:03Ça ne fonctionne pas notamment parce que la justice italienne
13:05n'a pas laissé se poursuivre, en tous les cas,
13:08à opposer beaucoup de contradictions à cette mise en œuvre.
13:13Parce qu'il n'était contraire aux engagements humanitaires de l'Italie.
13:15Mais ce que nous allons faire ici avec le règlement retour,
13:17c'est complètement différent.
13:18Ce n'est pas externaliser des gens qui demandent l'asile,
13:21mais c'est expulser en dehors des frontières de l'Europe
13:24des gens qui, par exemple, ont été déboutés du droit d'asile
13:27qui, en tous les cas, sont illégalement présents sur le sol européen.
13:31Aujourd'hui, en Europe, moins de 20% des décisions de retour
13:34sont réellement exécutées.
13:36Est-ce qu'il faut s'arrêter là et dire
13:37c'est parfait, tout est correct ?
13:39La France a dit qu'elle ne suivrait pas et notamment parce que...
13:41Emmanuel Macron a dit qu'il ne suivrait pas.
13:42Emmanuel Macron, pardon.
13:43Emmanuel Macron ne sera plus là dans quelques mois.
13:45Et on aura, j'espère, un président de la République
13:47qui mettra en œuvre cette politique qui est attendue aujourd'hui
13:50par tous les citoyens d'Europe.
13:51On va en parler, mais parce que, notamment,
13:52on peut les expulser vers des pays avec lesquels ils n'ont aucun lien.
13:56L'Ouganda, le Rwanda.
13:58Est-ce que c'est favorable à...
14:01Est-ce que c'est humanitaire, d'abord ?
14:02Est-ce qu'ils ont un lien avec la France
14:03s'ils y sont présents de manière illégale ?
14:05Et qu'est-ce que ça peut donner
14:08de les emprisonner dans des pays où ils n'ont aucun lien ?
14:11Ça n'est pas un emprisonnement, c'est simplement une manière de reconduire hors de nos frontières
14:14des personnes qui s'y sont introduites de manière illégale.
14:18Il n'y a que l'Europe qui est dans cette situation d'impuissance.
14:20Vous ne rentrez pas illégalement en Chine, au Japon, aux États-Unis.
14:25Vous ne rentrez pas illégalement dans un pays africain.
14:27Les pays qui nous entourent, ils ont des frontières, ils les font respecter.
14:30C'est normal.
14:30Ce n'est pas seulement leur droit, c'est leur devoir, c'est leur responsabilité.
14:34Maintenant, il faut qu'il soit très clair que si vous arrivez illégalement
14:37ou si vous restez illégalement sur le sol européen,
14:39vous n'avez aucune chance de vous y établir durablement.
14:42Et ce jour-là, il n'y aura plus de passeurs,
14:44il n'y aura plus de morts en mer Méditerranée
14:46et on retrouvera un monde en ordre
14:47où on pourra retrouver aussi partout dans le monde
14:51la responsabilité d'offrir des perspectives d'avenir
14:53à une jeunesse qui la cherche.
14:55Vous avez porté justement au Parlement européen
14:57ce règlement retour à cette occasion,
15:00mis en place une alliance alternative
15:02entre le Parti populaire européen,
15:04donc votre parti, les Républicains, etc.
15:06et les groupes plus à l'extrême droite,
15:08les Patriotes, le Rassemblement national.
15:11Il n'y a plus de cordon sanitaire des votes
15:13comme il y avait à une époque.
15:14Il n'y a jamais eu de cordon sanitaire des votes, je vous rassure.
15:16En tout cas, il y avait une grande majorité au centre
15:18entre le PPE jusqu'au vert, justement.
15:22Jusqu'où l'alliance entre la droite et la droite radicale,
15:27le Rassemblement national.
15:28Est-ce qu'elle est souhaitable au national aussi ?
15:30Mais vous savez, la question, il faut la poser
15:32à nos collègues macronistes,
15:33il faut la poser à nos collègues socialistes.
15:36Moi, j'aurais rêvé que le règlement retour
15:38soit voté par tout le Parlement européen.
15:41Parce que je pense que le sujet de la lutte
15:43contre l'immigration illégale,
15:44c'est un sujet qui devrait nous réunir.
15:46Parce que je pense qu'on peut débattre
15:47autant qu'on voudra de...
15:48Est-ce qu'il faut plus ou moins d'immigration illégale ?
15:51Moi, je pense qu'il en faut beaucoup moins.
15:52Mais je comprends que cette question puisse animer la discussion
15:56dans le pluralisme démocratique.
15:57En revanche, tous les gens qui défendent en permanence
15:59l'état de droit, je pense à nos collègues macronistes
16:02ou à la gauche qui s'indignent
16:04dès qu'ils détectent une atteinte à l'état de droit
16:07et à raison.
16:08Mais comment se peut-il qu'alors,
16:10ils aient choisi de protéger l'état de non-droit
16:12que nous connaissons aujourd'hui en matière d'immigration ?
16:15Est-ce que vous souhaitez une alliance pérenne,
16:18droite-extrême-droite, au Parlement européen ?
16:21Et est-ce qu'au national, vous pensez que les Républicains
16:24doivent faire alliance avec le Rassemblement national ?
16:25Je défends la candidature de Bruno Rotaillot en France.
16:29Je continue là de me battre pour son élection.
16:31Aujourd'hui, Marine Le Pen est candidate.
16:32Je ne me reconnais pas dans sa candidature
16:34pour de nombreuses raisons.
16:35Quand elle lance sa campagne en disant qu'elle renouvelle
16:37sa promesse de garantir la retraite
16:40à 60 ou 62 ans pour les Français,
16:42mais c'est une folie.
16:43On a appris au moment où je vous parle aujourd'hui même
16:46que la France empruntait à des taux d'intérêt
16:49qui sont records depuis la crise financière de 2008.
16:53Dans cette situation-là,
16:54promettre que nous allons continuer d'endetter le pays
16:57pour payer les retraites,
16:58ce qui est surtout le sujet sur lequel
17:00nous devrions éviter de piller nos petits-enfants,
17:03eh bien cette promesse-là,
17:05elle me paraît être incroyablement dangereuse
17:08pour l'avenir de la France,
17:09mais aussi pour la stabilité de l'Europe dans son ensemble.
17:11Merci François-Xavier Bellamy d'avoir été notre invité aujourd'hui.
17:15Vous restez avec nous, bien sûr.
17:17C'est le moment du débat.
17:19Débat qui concerne la diplomatie européenne
17:22à réformer ou pas et dans quel sens.
17:24C'est tout de suite avec mes camarades des chaînes parlementaires.
17:33Bienvenue au Parlement européen à Bruxelles.
17:35Brant le bas de combat dans la diplomatie européenne.
17:38Une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères
17:42dès la semaine de rentrée
17:44entendent émettre les 27 en ordre de bataille
17:47sur les grands dossiers internationaux.
17:49Mais la diplomatie européenne
17:51se pose des questions existentielles.
17:53À quoi sert-elle vraiment ?
17:55Pourquoi semble-t-elle si inaudible ?
17:58L'autorité de l'Estionienne Kayakalas,
18:01la haute représentante de l'UE
18:03pour les Affaires étrangères,
18:05est contestée, le couple franco-allemand
18:07et d'autres acteurs d'ailleurs
18:09réclament une réforme radicale
18:12au nom de l'efficacité.
18:14Oui, en question, le service européen
18:16pour l'action extérieure,
18:18SEAE, qui déploie notamment
18:20des diplomates européens dans le monde.
18:22Cet organe diplomatique créé en 2011
18:24était censé donner une voie à l'Europe.
18:27Mais il est pris en étau entre la commission
18:29où la présidente von der Leyen
18:30veut rayonner à l'international
18:32et le Conseil, composé des 27 chefs d'État,
18:35souvent jaloux de leurs prérogatives diplomatiques.
18:38Ces derniers mois ont encore montré
18:40les difficultés pour Kayakalas
18:42à s'imposer sur certains dossiers.
18:44S'il a été à la manœuvre pour faire passer
18:46les paquets de sanctions contre la Russie,
18:49elle est moins audible sur le conflit
18:50entre Israël et ses voisins, l'Iran
18:52ou encore les États-Unis de Donald Trump.
18:54Mais est-ce réellement de sa faute
18:56ou de celle des leaders européens
18:58qui rivalisent d'injonctions contradictoires ?
19:00Alors, pour tenter d'y répondre,
19:01nous sommes en bonne compagnie.
19:03Isabelle Wiesler-Lima, bonjour.
19:06Eurodéputée luxembourgeoise,
19:07membre du Parti populaire européen,
19:09c'est la droite mainstream,
19:10le PPE de l'hémicycle,
19:12partie de la présidente d'ailleurs von der Leyen.
19:14Et puis Marie Toussaint, bonjour.
19:16Bonjour.
19:16Vous siégez pour la France au sien
19:18du groupe des Verts,
19:19dont vous êtes la vice-présidente
19:21au Parlement européen.
19:22D'ailleurs, comment vous qualifieriez,
19:24si vous aviez à le faire,
19:25cette diplomatie européenne,
19:27en quelques mots ?
19:29Malheureusement, j'ai envie de dire,
19:30je la qualifierais d'erratique.
19:32Et d'erratique à deux égards.
19:34D'abord, on a,
19:35et vous l'avez un peu mentionné,
19:36cette multiplicité de têtes,
19:39d'organes, de voix
19:40et de blocage aussi
19:41du fait des 27 États membres.
19:43Et puis erratique aussi,
19:44parce qu'on peine à discerner,
19:46à détecter une politique cohérente
19:48entre la politique diplomatique
19:50au sens pur, au sens propre,
19:52la politique commerciale,
19:53la politique d'aide au développement.
19:55Tout ça ne fait pas tellement sens.
19:56Donc malheureusement,
19:57on a besoin de construire cette Europe-là.
20:00C'est ce à quoi on aspire,
20:02ce à quoi on essaye de travailler.
20:03Isabelle Wiesler-Lima,
20:04c'est vrai qu'on a l'impression
20:05d'une forme de décalage
20:06entre un monde bouillonnant
20:07qui va très vite,
20:08qui impose des décisions fortes et rapides,
20:10et puis une diplomatie européenne
20:11qui patine souvent.
20:12Vous partagez ce constat,
20:13il y a un problème d'efficacité ?
20:15Il y a un problème d'efficacité,
20:17ça c'est sûr,
20:17mais on a quand même
20:18une politique étrangère
20:20de l'Union européenne
20:21et il faut que nous soyons conscients
20:23des limites qu'on a.
20:25Moi, je suis pour beaucoup plus,
20:28beaucoup plus d'efficacité,
20:29qu'on soit beaucoup plus à même
20:31de prendre des décisions communes.
20:33Je pense que quand on parle
20:35de la majorité qualifiée,
20:37il faut aller au moins
20:39pour certains points
20:40dans cette direction-là.
20:41On ne peut pas continuer
20:42à être les otages d'un veto,
20:45c'est humiliant pour l'Union européenne,
20:49mais il faut aussi
20:49qu'on soit conscients
20:50qu'on a 27 pays
20:52et c'est la réalité
20:53de l'Union européenne.
20:54Il faut donc qu'on compose avec ça.
20:56Il ne faut pas qu'on soit
20:56non plus trop critique.
20:58Il faut qu'on se donne
20:59les moyens d'être efficace.
21:01Il faut réformer
21:04pour l'efficacité,
21:05pas pour changer un organigramme.
21:07Un organigramme ne rempassera
21:08jamais une volonté politique,
21:10mais il faut vraiment
21:12qu'on soit aussi conscients
21:14qu'il y a ces 27 États.
21:16Alors prenons un cas concret
21:18et même très stratégique,
21:19celui de nos rapports
21:20avec la Russie,
21:21avec l'Allemagne.
21:22Ce n'est pas n'importe qui,
21:23le chancelier Merz,
21:24qui attribue une attaque de drones
21:26à la Russie
21:27sur l'aéroport de Leipzig.
21:30D'ailleurs,
21:30Kaya Kalas,
21:31la haute représentante,
21:32parle d'un terrorisme
21:33soutenu par un État.
21:34Au fil des quatre ans
21:36de guerre
21:37entre la Russie
21:38et l'Ukraine
21:38et des sommets,
21:39on a essayé
21:40d'accorder les 27
21:41sur des sanctions.
21:42Est-ce qu'on est efficace
21:44face à des situations
21:45de crise comme celle-là ?
21:47Je trouve qu'au contraire,
21:48l'Ukraine est presque
21:49un contre-exemple
21:50de l'inefficacité
21:51de l'Union européenne
21:52en matière diplomatique.
21:53Sur l'Ukraine,
21:54il y a eu,
21:55on pourra y revenir
21:55plus dans le détail,
21:56mais des décisions
21:57qui ont été prises
21:58relativement rapidement,
21:59une capacité
22:00à dépasser
22:01des dissensus
22:02avec un veto
22:03quand même posé
22:04par la Hongrie
22:04de Viktor Orban
22:05pendant très longtemps
22:05qui montre
22:06qu'on a besoin
22:07justement de sortir
22:08du mécanisme actuel
22:09où un État
22:09n'importe lequel
22:10peut bloquer
22:11tous les autres,
22:11mais globalement
22:12ça a marché.
22:13On a d'autres exemples.
22:14C'est ce que dit
22:16M. Alvarez,
22:16le ministre des Affaires
22:17étrangères d'Espagne,
22:19il est en train
22:20d'insister sur l'idée
22:21que la première réforme
22:22à faire,
22:22c'est d'essayer
22:23d'éviter cette loi
22:24des vétos
22:24sur la diplomatie.
22:25Bien sûr,
22:26ça c'est une évidence,
22:26on a besoin
22:27d'approfondissement
22:27de l'Union européenne
22:28en même temps
22:29que de la construction
22:29de sa diplomatie
22:31et de son armée
22:31si possible commune.
22:33Mais les États
22:33ne sont pas tout à fait
22:34d'accord avec eux ça.
22:35Isabelle Wiesler-Lima,
22:37il y a quand même
22:37des dysfonctionnements.
22:38Restons sur la Russie,
22:40on se rappelle
22:40qu'en novembre 2025,
22:42au moment où
22:43les États-Unis
22:44commençaient à négocier
22:46avec Vladimir Poutine,
22:48c'est non pas
22:49la haute représentante
22:50qu'Aya Kalas
22:51qui se rend aux États-Unis,
22:53mais la chef de cabinet
22:54de la présidente
22:55von der Leyen
22:56qui va discuter
22:56avec l'administration américaine.
22:58Est-ce que là,
22:59il n'y a pas un problème ?
23:00Moi, je crois qu'on est
23:03beaucoup trop souvent
23:04en train de critiquer
23:06l'Union européenne
23:07d'une certaine manière
23:08et aussi de mettre
23:10le focus sur des problèmes
23:13entre personnalités.
23:15Alors que nous devons
23:17absolument trouver le moyen
23:19de faire avancer.
23:20Et je suis très contente
23:21de ce que vous avez dit
23:21parce que je crois
23:22qu'effectivement,
23:23quand on voit l'Ukraine,
23:24quand ça devient urgent,
23:25quand ça devient critique,
23:26quand ça devient vraiment
23:27quand c'est existentiel,
23:29à ce moment-là,
23:30nous arrivons à être européens,
23:33à prendre les décisions
23:34qu'il faut.
23:35Et il faut aller
23:35dans cette direction-là.
23:36La Russie qui tape l'Allemagne,
23:38c'est existentiel
23:39et on va prendre
23:40les bonnes décisions ?
23:41Absolument.
23:42Moi, je suis d'avis
23:44que c'est plus qu'urgent
23:46que nous ayons une politique
23:48ferme, décidée
23:49et anticipative
23:51par rapport à la Russie.
23:54On ne peut pas continuer
23:55à simplement réagir
23:57à des attaques.
23:58Il faut que nous trouvions
24:00le moyen d'avoir
24:02une politique très claire
24:03face à la Russie.
24:05Nous devons être
24:05beaucoup plus strictes
24:07et beaucoup plus déterminés.
24:09Nous faisons déjà beaucoup,
24:11vraiment beaucoup.
24:12Les sanctions sont là
24:13et nous n'avons plus
24:14la Hongrie qui bloque
24:15en ce moment.
24:16Il y en a d'autres.
24:17Mais je suis convaincue
24:19qu'en ce moment,
24:20nous sommes à un moment
24:21où l'Union européenne
24:22peut avancer
24:23et peut avoir
24:24une politique commune
24:25face à la Russie.
24:26Leipzig,
24:28cet attentat
24:28qu'il y a eu
24:31doit fonctionner
24:31comme un déclencheur
24:32vers quelque chose
24:33de vraiment décidé
24:35de la part
24:35de l'Union européenne.
24:37Vous diriez la même chose ?
24:39En tout cas,
24:40ce qui s'est passé,
24:40est-ce que c'est existentiel ?
24:41Oui.
24:44Si ce que dit
24:45Frédéric Mech,
24:45que j'imagine bien informé
24:46et ne pas dire les choses
24:47au hasard,
24:48est vrai,
24:49c'est-à-dire que c'est la Russie
24:49qui a diligenté
24:51un attentat,
24:51heureusement,
24:52qui n'a pas été mené à bien,
24:53mais sur le territoire européen,
24:56on passe une nouvelle phase
24:57dans le conflit,
24:58c'est effectivement
24:59extrêmement grave
25:00et il faut que tout le monde
25:01s'en rende compte
25:02et il faut qu'on continue
25:03à avancer.
25:04On a pris beaucoup
25:04de décisions.
25:05Il a fallu un peu de temps
25:06pour que,
25:08nous on l'a dénoncé
25:09depuis longtemps,
25:10mais pour que la majorité
25:11européenne réalise
25:12que la dépendance extrême
25:13à la Russie
25:13en matière énergétique
25:14notamment,
25:15mais pas que,
25:15était assez problématique.
25:16Il faut qu'on continue
25:17dans cette voie.
25:18Je rappelle qu'on fait
25:19toujours du commerce
25:20d'uranium et d'uranium
25:21enrichi avec la Russie.
25:22Donc on a commencé
25:23à traiter du pétrole,
25:24on a traité du gaz.
25:25Bon, voilà,
25:26il y a encore des choses à faire,
25:27mais bien sûr,
25:28il faut avancer et durcir.
25:29Et je pense que ça montre
25:30ce besoin d'une politique cohérente.
25:32C'est-à-dire que c'est pas seulement
25:33une question d'armée
25:34ou de représentation diplomatique.
25:36Derrière, c'est quoi
25:37nos liens commerciaux ?
25:38Comment est-ce qu'on régule
25:39les réseaux sociaux,
25:40les fake news,
25:40l'information ?
25:41Comment est-ce qu'on met en place
25:42une politique aussi
25:44d'échange entre les peuples
25:45qui permet de tisser la paix
25:46et de soutenir l'état de droit,
25:47la démocratie, etc.,
25:48dans les pays tiers ?
25:49Ça montre qu'il y a ce besoin
25:50de politique intégrée.
25:51Alors, si vous me le permettez,
25:53on parle maintenant de l'Apsiche,
25:55de cet attentat.
25:56Mais depuis des mois
25:57et des mois et des mois,
25:59on a ces petites nouvelles
26:00entre les lignes
26:01dans les journaux télévisés,
26:04dans les journaux,
26:05d'avions qui font de l'espionnage
26:11en Bretagne.
26:12Nous avons les pays limitrophes
26:16qui sont tout le temps
26:18survolés par des avions.
26:19Nous avons, il y a tous les jours,
26:22des actions hybrides
26:24contre l'Union européenne,
26:26contre les pays de l'Union européenne.
26:27Nous ne pouvons tout simplement pas
26:29continuer à faire
26:32comme si c'était quelque chose
26:33que nous devions accepter.
26:36Alors, justement,
26:37dans cette note franco-allemande
26:39projet de grande réforme
26:40dont vous parlez,
26:41il y a cette idée
26:42alors que Kayakalas,
26:45elle pourrait chapeauter
26:46davantage de commissaires
26:48pour qu'on mette un petit peu
26:49les compétences
26:50et les leviers diplomatiques
26:52qu'on puisse les actionner
26:54plus facilement,
26:55qu'elle chapeaute par exemple
26:56un petit peu les questions
26:58d'aide au développement
26:59d'humanitaire
27:00et aussi les questions économiques
27:03et puis qu'elle s'intéresse
27:04au commerce, etc.
27:05Et que tout ça soit ensemble
27:07pour qu'elle soit plus efficace
27:08dans ses négociations
27:09et inversement,
27:11qu'on rapatrie
27:12tout son service
27:13d'action extérieure
27:14dans la Commission européenne.
27:16Qu'est-ce que vous pensez
27:17de cette espèce d'équilibre
27:19qu'on est en train
27:20d'essayer de chercher ?
27:21Je pense, encore une fois,
27:23que la fragmentation actuelle
27:24est assez nuisible
27:25et qu'il faut à minima
27:26plus de coordination.
27:27J'ai une petite inquiétude
27:28tout de même
27:29parce qu'au même moment
27:30où Frédéric Schmerz
27:31présente avec la France
27:32cette proposition-là,
27:34il propose aussi,
27:35divisé par deux,
27:35le nombre de fonctionnaires européens.
27:36Donc là,
27:37j'aimerais bien avoir
27:38des explications
27:38sur où est-ce qu'il veut couper
27:40pour voir
27:40est-ce que ce n'est pas
27:41dans ce service de diplomatie
27:43et je comprends
27:44les inquiétudes
27:46des fonctionnaires du SEAE
27:47que je peux partager.
27:48Voilà, donc,
27:49il ne faut pas lâcher
27:50la proie pour l'ombre.
27:51Il faudrait faire attention à ça.
27:52Maintenant,
27:53avoir une politique
27:53plus intégrée,
27:54c'est important.
27:55Je rappelle que l'aide
27:56au développement
27:57ne doit pas être,
27:57par exemple,
27:58conditionnée à la question migratoire.
27:59Il y a quand même
28:00des choses sur lesquelles
28:01il faut être assez clair.
28:02Et puis,
28:03je termine en disant
28:04que ça ne réglera pas la question
28:05si on a toujours
28:05ces 27 États membres,
28:07cette règle de l'unanimité
28:08qui fait que n'importe qui
28:09peut bloquer tous les autres.
28:10Et donc,
28:10il ne faut pas seulement
28:12réharmoniser les services,
28:13il faut aussi,
28:13et je pense que c'est ce qu'on essaye
28:15de dire toutes les deux,
28:15même avec des opinions politiques
28:16différentes,
28:17mais il faut aussi,
28:18et d'abord,
28:18faire émerger une volonté
28:19politique commune
28:20qui sera ce qui permettra
28:21de faire rouler le tout.
28:22Je veux dire,
28:22si jamais il y avait
28:24cette volonté politique commune,
28:25derrière,
28:25les services suivraient.
28:26Isabelle Wiesler-Lima,
28:27est-ce qu'il faut tout rapatrier
28:28finalement sur le giron
28:29de la Commission,
28:30de la cohérence,
28:31du fait d'actionner
28:32tous les leviers ?
28:34C'est finalement la situation
28:36qui précédait la création
28:37de ce service extérieur
28:38en 2011 ?
28:40Nous avons,
28:40avec le service extérieur,
28:41nous avons cette construction
28:43qui est une construction
28:44typiquement européenne.
28:45Nous essayons de ménager
28:48d'un côté l'Union
28:49et de l'autre côté,
28:51les États.
28:51Et le service extérieur
28:53est justement entre les deux.
28:55Il est entre la Commission
28:56et entre le Conseil.
28:59Aller plus vers la Commission,
29:01c'est en fait aussi
29:02le mettre,
29:04comment dire,
29:05presque aussi plus
29:05sous le contrôle
29:06de notre Parlement européen.
29:08Mais,
29:09il faut être réaliste
29:10et c'est ça
29:11le plus important.
29:12C'est l'efficacité
29:13toujours qui doit compter.
29:14Donc,
29:15quelle que soit la réforme
29:16qui soit faite,
29:17elle doit être faite
29:18dans le sens
29:19de l'efficacité.
29:20Il faut bien être
29:21conscient que si
29:22les décisions
29:23qui seraient prises
29:25au niveau du service extérieur
29:27qui seraient plus
29:29reliées à la Commission,
29:31si les 27 États
29:32se rebifent,
29:34parce qu'il n'y a pas
29:34que ces pays
29:37comme l'était la Hongrie
29:38à un moment donné,
29:40s'ils ne jouent pas le jeu,
29:43eh bien,
29:44on va se retrouver
29:45avec les mêmes blocages.
29:46Donc,
29:47il faut vraiment trouver
29:48un équilibre
29:50qui nous permettent
29:51d'être efficaces.
29:52Quel qu'il soit,
29:53il faut qu'il soit fait,
29:55non pas une réforme
29:57maquillage,
29:57mais vraiment une réforme
29:59qui aille dans le sens
30:00de l'efficacité.
30:00Parce que vous avez souligné,
30:02Marie Toussaint,
30:03qu'il y a quand même
30:03des terrains
30:04où on est très mauvais.
30:06J'ai envie de dire
30:06la commissaire
30:07Switsa
30:08qui se rend en Israël
30:09et fait une conférence
30:10de presse
30:10aux côtés du ministre
30:11des Affaires étrangères
30:12israéliens
30:12qui vient de couper
30:13tout lien
30:14avec la haute représentante,
30:16donc notre chef
30:17de la diplomatie
30:17pour sa remarque
30:19qui n'était pas
30:20à son goût
30:21sur Israël
30:23et l'Apartheid.
30:24On a aussi reproché
30:26à la présidente
30:26de Van der Leyen,
30:28donc de la commission,
30:29d'être beaucoup trop alignée
30:31au tout début du conflit
30:32sur Israël
30:32et donc les chefs d'État
30:34ont dit le contraire d'elle,
30:35etc.
30:36C'est un dossier
30:37qui fait ressortir
30:38des divisions profondes
30:39entre les États membres
30:40et qui tourne un peu
30:41à la cacophonie.
30:42Oui,
30:43puis il y a d'autres
30:43endroits du monde
30:44qui sont complètement ignorés,
30:45le Soudan,
30:46le Congo,
30:47enfin bon,
30:47on pourrait développer
30:49plus encore
30:50sur les incohérences,
30:51mais oui,
30:51et sur la question d'Israël,
30:53il y a eu des antécédents
30:54avec des commissaires
30:55eux-mêmes.
30:56Donc voilà,
30:57il y a un vrai sujet,
30:58une difficulté
30:59à avoir une voie unique.
31:00C'est pour ça
31:00que je parlais d'Ukraine
31:01comme de contre-exemple.
31:02Sur l'Ukraine,
31:03il y a eu quelque part
31:03une espèce d'accord européen
31:05qui a permis d'avancer
31:06et c'est quand il n'y a pas
31:07d'accord entre les États
31:08que malheureusement,
31:09eh bien ça bloque,
31:10qu'il ne se passe rien
31:11alors qu'il y a des situations
31:14particulièrement inadmissibles
31:15dans le monde
31:15et qui portent atteinte
31:17alors aux valeurs européennes,
31:19je ne parle pas de monétaires,
31:20ça peut être en ligne du compte,
31:22mais surtout aux valeurs européennes
31:23de paix,
31:23de solidarité,
31:24il y a quelque chose
31:25qui ne tourne pas rond
31:25et dont on n'arrive pas
31:28à accoucher.
31:28Isabelle Wiesler-Limas,
31:29le service d'action extérieure,
31:30on l'a dit,
31:31c'est aussi un réseau diplomatique.
31:32On ne sait pas trop
31:33dans cette réforme
31:34ce que deviendrait ce réseau.
31:35On peut constater
31:36que l'influence européenne
31:38est plutôt en recul
31:39dans de nombreuses régions du monde.
31:41On pense notamment à l'Afrique
31:42où c'est la Chine
31:43qui gagne du terrain.
31:45Est-ce qu'il faut maintenir ce réseau,
31:47maintenir cette influence,
31:48c'est un enjeu de cette réforme ?
31:50Maintenir l'influence, absolument.
31:52Je crois que c'est là
31:53où nous avons un réel atout
31:55et nos services
31:59qui fonctionnent vraiment
32:00comme des ambassades
32:01de l'Union européenne
32:03un peu partout dans le monde
32:05font un travail formidable.
32:07Nous faisons souvent des missions,
32:09le Parlement européen
32:10fait souvent des missions
32:11à l'étranger,
32:12dans les pays tiers.
32:13Et je dois dire
32:14que je suis toujours
32:15en admiration
32:16par le travail
32:17fait par nos ambassadeurs
32:20de l'Union européenne.
32:21Et il ne faut surtout pas
32:22que cette influence-là
32:25diminue
32:26et qu'on touche
32:27à ce réseau.
32:28Ça, c'est ma conviction profonde.
32:30Pour terminer,
32:31quand même,
32:32notons que l'Islande
32:33a été tentée
32:34de rentrer dans l'Union européenne,
32:36de reprendre ses négociations
32:37d'adhésion
32:38parce qu'elle avait eu peur
32:39des déclarations
32:39de Donald Trump,
32:41notamment concernant
32:42le Groenland,
32:42de l'instabilité mondiale,
32:44donc pour des raisons
32:45géopolitiques.
32:46Mais alors,
32:47pas finalement suffisamment peur
32:49puisqu'elle a voté non.
32:51On ne fait plus tellement envie.
32:52Notre diplomatie,
32:53notre bouclier,
32:54en quelque sorte,
32:55géopolitique,
32:56ne fait pas envie.
32:57Il y a une question
32:58de souveraineté
32:58et d'identité
33:00du Groenland
33:01qui entre en jeu.
33:02Il y a des questions
33:03aussi économiques
33:04et écologiques.
33:05Et je pense qu'en termes
33:05diplomatiques,
33:06il faut aussi penser à ça.
33:07De la même manière
33:08qu'on pille,
33:09par exemple,
33:09les côtes sénégalaises
33:10et que ça pose
33:10des vraies questions
33:11de relations diplomatiques
33:12derrière et qu'il faudrait
33:13en sortir,
33:14on a des pêcheurs
33:16qui se sont beaucoup battus
33:18pour maintenir leurs droits
33:18face aux mastodontes
33:19de la pêche industrielle
33:21et qui ont peur
33:22des mastodontes
33:22de la pêche en Europe.
33:23Et dans ce cas-là,
33:24il faudrait aussi changer
33:25la politique de la pêche
33:26en Europe
33:26pour soutenir plus
33:27les petits pêcheurs
33:27que les gros
33:28qui pourraient venir pêcher.
33:30Un mot,
33:31Isabelle Wiesler-Lima,
33:32sur cette décision
33:33des Islandais.
33:34Ça dit quelque chose
33:35de l'influence européenne
33:36du moment ?
33:36Vous savez,
33:37le vote a été très étroit.
33:40En fait,
33:40la population est divisée.
33:41C'est presque un 50-50.
33:44C'est comme ça.
33:44C'est la démocratie.
33:45Le nom a gagné.
33:48Mais je ne pense pas
33:49qu'il y ait un vrai refus
33:50de l'Union européenne.
33:51Vous savez,
33:51je n'ai pas pu
33:52ne pas penser
33:53à la Grande-Bretagne
33:54quand j'ai vu ce vote.
33:56Aujourd'hui,
33:57le vote en Grande-Bretagne,
33:58je pense,
33:59j'imagine
33:59qu'il serait différent.
34:01Il y aurait un autre problème
34:03qui surviendrait.
34:03Il surviendrait le même problème
34:05de manière pressante
34:06pour l'Islande
34:07comme il l'a été
34:08pour le Groenland.
34:10Je suppose
34:10que le vote
34:10serait différent.
34:12Merci à vous
34:12d'avoir été
34:14sur ce plateau
34:15et bien finalement
34:16très clair
34:17sur cette diplomatie européenne
34:19un peu embrouillée
34:19quand même.
34:20Merci à tous
34:21et bonne suite
34:22de programmes
34:23sur nos chaînes.
34:25Merci à tous.
34:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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