00:00Imaginez votre visage sur le corps de parfaits incognis.
00:03C'est exactement ce qui arrive à Mélanie Welchester.
00:05Je comprends qu'on me prenne pour une mytho tellement le truc il est lunaire.
00:08Son visage est tatoué sur des bras, des jambes, des torses.
00:12Je ne connais personne d'autre qui a vécu ça,
00:14mais c'est pourtant quelque chose qui peut arriver à n'importe qui finalement.
00:16Ses publications sont passées d'Instagram à Pinterest
00:19pour atterrir dans des salons de tatouage du monde entier.
00:22À ma connaissance, il y en a à peu près une vingtaine
00:24et ce sont que des tatoueurs différents.
00:26Sauf que personne ne lui a jamais demandé son autorisation.
00:30L'histoire commence en 2018.
00:32Mélanie a alors 18 ans et scrolle sur ses réseaux sociaux.
00:35Je me promenais tout simplement sur Instagram
00:39et je suis tombée sur la photo d'un tatouage.
00:42Il m'a fallu un petit temps de latence
00:45avant de réaliser que la personne tatouée sur ce corps, c'était mon visage.
00:51Après le choc, les questions se bousculent.
00:53Sur le moment, c'était assez surréaliste
00:54puisque ce n'est pas quelque chose à laquelle on s'attend forcément.
00:58Ça m'a un petit peu effrayée quand même
00:59parce qu'il faut être assez honnête, assez réaliste.
01:02On se demande si les gens se tatouent pour nous,
01:04comment les gens ont pu en arriver là.
01:06Je suis rentrée en contact un jour
01:09avec une des personnes qui avait tatoué mon visage.
01:11Je me suis permise de demander
01:14comment est-ce qu'il a pu en arriver là.
01:16Il m'a expliqué que c'était son tatoueur
01:19qui traînait beaucoup sur Pinterest
01:21et qui avait trouvé ma photo sur ce fameux site
01:25et s'est permis d'en faire des croquis pour tatouer.
01:30Et c'est exactement comme ça
01:31que Alex War a choisi de reproduire le visage de Mélanie.
01:35Nous avons échangé avec le tatoueur italien
01:37qui n'a pas souhaité apparaître,
01:38mais nous a envoyé ses réponses par message vocaux.
01:59D'après ce que Mélanie a pu trouver,
02:01toujours au hasard,
02:02au moins une vingtaine de personnes
02:04auraient s'est réimmortalisées.
02:06On part du principe que je vous montre des photos
02:08uniquement de personnes que j'ai trouvées.
02:09Donc imaginez le nombre de tatouages
02:11sur lequel je ne suis juste pas tombée.
02:13Alors pourquoi particulièrement le visage de la jeune femme ?
02:15En réalité, j'ai utilisé le visage de la jeune femme
02:18parce que j'ai beaucoup aimé les tracts somatiques
02:20et les expressions.
02:21D'ici là, j'ai pris ce point
02:23mais je l'ai rediseigné à la main.
02:26Inicialement, je ne savais même pas
02:27qu'elle était une modèle.
02:28Mais je me souviens que j'ai réussi à trouver
02:30son profil sur Instagram
02:32et lui envoyé mes dessins
02:33où il y avait son visage comme référence
02:35en pensant qu'elle le faisait viagir.
02:39Bon, rappelons tout de même
02:40que Mélanie n'est pas mannequin
02:41mais créatrice de contenu
02:43et sa mésaventure n'est pas une exception.
02:45Une autre française a elle aussi retrouvé
02:47un tatouage très proche
02:48d'une photo qu'elle a postée.
02:52Il y a aussi cette jeune femme brésilienne.
02:57Le cas le plus impressionnant,
02:59une américaine, Brittany Willow.
03:09Comme dans l'histoire de Mélanie,
03:10ces femmes tombent sur les tatouages
03:12par hasard
03:12ou via des proches qui leur envoient.
03:14Et comme Mélanie,
03:15personne ne leur a demandé leur avis.
03:17Une faute selon cet avocat
03:18spécialisé en droits du numérique
03:20et propriétés intellectuelles.
03:21Les tatoueurs peuvent reproduire
03:23l'image de personne
03:24mais à partir du moment
03:24où elles ont l'autorisation de la personne.
03:26Il peut reprendre des visages
03:28qui sont tombés dans le domaine public.
03:30Par exemple, on peut mettre
03:31le tatouage du Che Guevara
03:33sans que ça puisse causer des problèmes.
03:35On peut parfaitement faire tatouer
03:36l'image par exemple de son compoing
03:38à partir du moment
03:38où on a son consentement express.
03:40Avec la multiplication des photos,
03:42selfies sur les réseaux sociaux,
03:44le risque d'être victime
03:45d'une atteinte à son image grandit.
03:47Des recours existent
03:48dans ce type précis de situation.
03:50À partir du moment
03:51où la personne est identifiable,
03:52même si son visage a été grimé
03:54par exemple par du maquillage,
03:55il y a une atteinte au droit à l'image
03:57qui existe.
03:57Toute personne qui est victime
03:59de ce type d'infraction
03:59peut aller du coup
04:00devant un tribunal judiciaire
04:02pour demander à la fois
04:03la cessation de l'atteinte
04:04à son droit à l'image,
04:05que le tatoueur par exemple
04:06arrête la reproduction de son image
04:08sur les réseaux sociaux.
04:09La personne peut évidemment
04:10demander des dommages et intérêts.
04:13Ces images,
04:13elles sont à l'opposé
04:14de la méthode de David Epascuarella.
04:16Il est tatoueur
04:17et réalise beaucoup,
04:18beaucoup de portraits.
04:19Entre 15 et 20 par mois.
04:21Ici, le projet,
04:22c'est une Vierge Marie.
04:23Et Angelo a bien sûr
04:24trouvé des inspirations
04:25sur Pinterest.
04:26Il m'a du coup
04:27fait comprendre
04:28que ça, c'était un visage,
04:29ce n'était pas vraiment
04:30un des visages
04:31de la Vierge Marie.
04:32Moi, on s'envoyait
04:33plusieurs modèles,
04:34dont la Kepa,
04:36qui est un œuvre d'art
04:38de Michel-Ange.
04:39Quand on parle d'un visage,
04:40c'est quand même
04:41toujours mieux
04:43retravailler l'unicité
04:44de l'unicité.
04:45Le visage même,
04:46parce que, voilà,
04:47tu ne sais jamais
04:47à qui appartient.
04:49Ça peut avoir
04:49un impact psychologique
04:50à découvrir après
04:51d'où il vient.
04:52Imagine la personne,
04:54il a un très beau portrait,
04:55mais la fille ressemble
04:56clairement à une actrice.
04:58Et ça peut arriver.
04:59Pour éviter
04:59toute déconvenue,
05:00David puise évidemment
05:01son inspiration d'œuvre.
05:03D'ailleurs,
05:03son Pinterest,
05:03qui lui arrive d'utiliser,
05:05ressemble davantage
05:05à une galerie d'art.
05:06Je préfère quand même
05:07un modèle généré par IA
05:08et corrigé,
05:09toujours corrigé,
05:10toujours,
05:11qu'un modèle copier-coller
05:12de Pinterest,
05:13si on le va corriger
05:14avec le doute
05:14que c'est quelqu'un d'autre.
05:16Tu vraiment dois choisir.
05:18Mais à préférer,
05:19les créations originelles,
05:20toujours.
05:21Mais s'il doit choisir
05:22des visages réels,
05:23il refuse de faire
05:24du copier-coller.
05:24En augmentant la douceur,
05:26les contrastes,
05:26j'ai totalement modifié
05:27ces traits.
05:28Est-ce que là,
05:29tu dirais que la personne
05:30où tu as pris l'image,
05:31elle est reconnaissable ?
05:32Non, pas du tout.
05:33Pas du tout,
05:33impossible de la reconnaître.
05:36reprendre le visage
05:37de plusieurs personnes
05:38et de personnes réelles,
05:40mais la condition,
05:42c'est que ce nouveau visage
05:43ne puisse pas ressembler
05:44de manière très proche
05:45à quelqu'un qui existe.
05:47Pour trouver l'inspiration,
05:48Alex Swartz,
05:49qui a fait de Mélanie Samuse,
05:50reconnaît avoir modifié
05:51son processus créatif.
05:53Si, pour moi,
05:53d'autor,
05:54il y a une habitude
05:54de prendre des modèles
05:56réales pour disegner.
05:58Parce que,
05:58qui fait un style
05:59réaliste,
06:00il cherche à s'attendre
06:01à l'imagine réelle.
06:02Donc,
06:03de quelque part,
06:04il devait prendre ce point.
06:05on utilisait Google,
06:07mais dans ces années,
06:09il s'est utilisé
06:09beaucoup plus d'intéressants.
06:10Aujourd'hui,
06:11avec l'aventur
06:12de l'intelligence artificielle,
06:14nous créons
06:15des vols
06:15avec beaucoup de facilité,
06:17demandant les expressions
06:18et les gestes
06:19que le client demande.
06:20On obtient des images
06:22avec une facilité majeure
06:24de quand on a besoin
06:25de chercher
06:25des références de Google.
06:27Mais même avec l'IA,
06:28les risques
06:29de voir son image reprise
06:30existent.
06:31Seul mot d'ordre,
06:32la vigilance
06:32et quelques petits réflexes numériques.
06:34ne pas se retrouver
06:35dans ce type de situation,
06:36c'est-à-dire
06:37qu'une image soit reproduite
06:38par exemple par un tatoueur.
06:39Évidemment,
06:39sur les réseaux sociaux,
06:40il vaut mieux avoir
06:40un profil qui est en privé
06:42et quand on est en public,
06:44il faut réagir rapidement.
06:45On peut tout à fait également
06:46faire ce qu'on appelle
06:47des recherches inversées,
06:48c'est-à-dire
06:48reprendre son image,
06:49aller sur Google
06:50et regarder
06:51ce qu'il y a en recherche.
06:52Ça peut être parfois
06:52très instructif.
06:54On a des clients
06:54qui se sont aperçus de ça
06:55simplement
06:56en cherchant l'entreprise
06:57sur le chat GPT.
06:58La muse Magréel
06:59reconnaît aussi
06:59les risques qu'elle a pris.
07:01Ce que je n'ai pas évoqué
07:01comme situation,
07:03c'est qu'il y a
07:03certaines photos,
07:04certaines une ou deux,
07:05vraiment.
07:06Je devais avoir 17 ans dessus,
07:07donc légalement mineure.
07:10On n'a pas forcément
07:11conscience
07:11de certaines choses,
07:12on poste.
07:13Ce sont des photos
07:14de portraits,
07:15donc rien de bien grave.
07:18Mais je pense
07:19qu'il faut faire attention
07:19à ce qu'on poste.
07:20Ça peut être utilisé
07:21à mauvais escient,
07:22donc faire vraiment
07:23attention à ça.
07:24Mélanie refuse
07:25de tenter la recherche inversée,
07:26préférant garder
07:27la surprise des découvertes
07:28au fil des scrolls.
07:29Cette histoire l'amuse
07:30et comme pour ces inconnus
07:31qui l'ont dans la peau,
07:32elle en rira à vie.
07:33Je sais que c'est très commun
07:34dans des relations
07:35qu'il y ait des personnes
07:36qui peuvent tatouer
07:36des initiales ou des visages.
07:37Là, en l'occurrence,
07:38moi, c'est des inconnus.
07:40Donc je trouve
07:41que c'est déjà rigolo.
07:43C'est une belle anecdote
07:44à raconter à mes enfants
07:45plus tard, je pense.