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  • il y a 2 mois
Au micro de Linfodrome, Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, dresse un constat sévère de la situation en Côte d’Ivoire.

Orpaillage clandestin, corruption, détournements, crise foncière… l’ancien Premier ministre aborde sans réserve les maux qui, selon lui, fragilisent le pays aujourd'hui.

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Transcription
00:00Le pays fonctionne sur un seul pied.
00:02Si vous n'êtes pas du RHDP, vous n'avez pas votre place dans la Côte d'Ivoire.
00:06Si vous êtes opérateur économique, vous n'avez aucun marché.
00:09Chaque fois même que vous allez entreprendre, on va vous mettre des bâtons dans les roues.
00:14Là où la Côte d'Ivoire s'apprête à franchir une nouvelle étape politique,
00:16les interrogations se multiplient sur l'avenir de l'opposition,
00:20la succession au pouvoir et les attentes d'une population en quête de justice,
00:24de cohésion et de progrès.
00:25Le président du Front populaire ivoirien et acteur majeur de la politique nationale,
00:28M. Pascal Afinguesa a décidé de livrer sa lecture des enjeux du moment,
00:32ses ambitions et sa vision pour la Côte d'Ivoire.
00:35Sans détour, il répondra aux questions qui traversent la Côte d'Ivoire.
00:38M. Pascal Afinguesa, bonjour.
00:40Bonjour.
00:44À l'occasion de la commémoration du 66e anniversaire de la session à l'indépendance de la Côte d'Ivoire,
00:50le président Ouattara s'est adressé à la nation.
00:52Quel regard portez-vous sur son discours ?
00:54Comme d'habitude, un discours vide en termes de contenu, en termes de perspective,
01:02en termes de proposition pour régler les graves problèmes auxquels le pays est confronté.
01:08On est resté dans les promesses comme si on était encore en campagne.
01:12Et donc, ce n'est un discours qui n'a rien apporté, en tout cas, à la situation actuelle du
01:17pays
01:18et qui n'offre aucune perspective par rapport à l'avenir.
01:22À vrai dire, qu'attendez-vous précisément que le chef de l'État dise
01:26ou quelles sont les questions politiques, électorales et sociales que vous avez voulu qu'il apporte lors de ce discours
01:32?
01:32Mais aujourd'hui, la première question importante, c'est d'abord la question de la réconciliation nationale.
01:38Parce que c'est une question fondamentale.
01:40On ne peut pas travailler ensemble et promouvoir le développement du pays si celui-ci est divisé,
01:47si les fils de ce pays ne s'entendent pas,
01:49si certains sont totalement exclus de la marche du pays,
01:53condamnés à séjourner en prison,
01:57chaque fois qu'ils s'expriment sur le sort de leur propre pays,
02:01chaque fois qu'ils font une critique,
02:03et si beaucoup d'entre eux, pour ces raisons, sont condamnés à l'exil
02:08et n'osent pas rentrer,
02:10si on a un environnement qui n'encourage pas les investisseurs à venir
02:15parce que l'État de droit n'est pas respecté aujourd'hui.
02:19Donc, ce sont ces questions-là qu'il faut régler.
02:21La question de la gouvernance, gouvernance politique,
02:24comment construire la démocratie, la paix, la liberté
02:28pour que les gens se sentent à l'aise, ils ne se sentent pas exclus
02:31et que chacun apporte sa contribution en fonction de ses compétences.
02:36Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
02:37Le pays fonctionne sur un seul pied.
02:39Si vous n'êtes pas du RHDP, vous n'avez pas votre place dans la Côte d'Ivoire.
02:44Si vous êtes opérateur économique, vous n'avez aucun marché.
02:47Chaque fois même que vous allez entreprendre,
02:49on va vous mettre des bâtons dans les roues.
02:51Sur le plan social, avec tout ce que nous observons,
02:54les désordres, les déguépissements sauvages,
02:56l'empaillage anarchique illégal,
03:00la corruption généralisée, le trafic de toutes sortes.
03:03Ce sont ces questions-là que les Ivoiriens veulent voir régler.
03:06À vous entendre, c'est vous répondez,
03:08sinon vous abordez dans le même sens de ceux qui disent
03:11que le pays est en train d'être vendu.
03:14Totalement.
03:15Aujourd'hui, le pays est, je dirais, livré aux trafiquants
03:19de toute nature, venu de tous les horizons.
03:22Le pays est livré aux trafiquants.
03:24Trafic de drogue, trafic d'or et de pierres précieuses,
03:28trafic de terrain urbain, trafic de terre rurale,
03:33trafic même dans l'administration.
03:36Même à la santé, il y a le trafic.
03:38Sur les ordonnances, sur les médicaments,
03:42dans l'éducation nationale,
03:44aujourd'hui même pour être affecté d'un poste à un autre,
03:48il y a un trafic.
03:49C'est un pays de trafiquants.
03:50Et il faut mettre fin à tout ça.
03:52Parce qu'un pays ne peut pas fonctionner
03:53s'il est livré au trafic.
03:55Si on a le sentiment même qu'il n'y a pas un État
03:58qui organise les choses,
03:59qui veille à ce que les lois soient respectées,
04:02tout le monde se plaint de l'empaillage.
04:03Mais tout cela, ça s'est fait au vu, au-dessus du gouvernement,
04:06qui est censé gérer le pays.
04:07Et le laisser faire, le laisser aller,
04:10montre bien que le gouvernement ne gère pas le pays
04:12et que le pays est livré à qui veut.
04:15Donc les gens viennent, ils font ce qu'ils veulent.
04:16Et on dégage les Ivoiriens, comme à Zimbabwe,
04:20comme à Kumasi, on les dégage pour céder les terres
04:24à des étrangers, à des entreprises multinationales.
04:27Et tout ça dans le cadre du trafic.
04:28Mais le gouvernement dit qu'il ne peut pas avoir
04:32de développement sans qu'on le casse.
04:35Bon, ils n'ont pas dit qu'il partait casser expressement.
04:38Mais, quelque part, est-ce que ce dégépissement,
04:42ce n'est pas, comme dirait le gouverneur,
04:48ce n'est pas pour développer Abidjan ?
04:50Il faut voir.
04:51Est-ce que quand on a dégagé Yopougon et Jesko,
04:55on a reconstruit pour les populations ?
04:56Un gouvernement travaille d'abord pour les populations.
04:59Donc, si les populations sont installées
05:01à un endroit insalubre,
05:02la première chose, c'est de dire aux populations,
05:04on va travailler à améliorer vos conditions de vie.
05:08Donc, vous allez être obligés, temporairement,
05:11d'évacuer ces terres pour qu'on puisse aménager,
05:15de faire les drainages, et puis vous allez revenir.
05:18Et puis, on les case.
05:19On met en place un plan, un plan d'assainissement,
05:23un plan de modernisation.
05:24Mais on ne se précipite pas à 4h du matin
05:27avec des bulldozers pour raser tout un quartier
05:31en détruisant les biens des occupants
05:34et en contraignant les occupants
05:36à se retrouver sous la pluie, sur des bâches,
05:39comme si ce n'est pas pour les hommes
05:40que le gouvernement travaille.
05:42Donc, à travers ces dégagissements sauvages,
05:44le gouvernement montre la nature du régime.
05:47Ce n'est pas un pouvoir pour aider les Ivoiriens.
05:50Or, ces populations concernées
05:51sont souvent les plus vulnérables.
05:53Ceux qui n'ont pas les moyens
05:54de se construire une villa,
05:56ce sont ceux-là qui s'entassent
05:57dans ces quartiers précaires.
05:59Donc, ce sont ceux-là même
06:00qui ont besoin du soutien du gouvernement,
06:01de l'assistance du gouvernement,
06:03parce que ce sont les populations les plus fragiles.
06:05À vous entendre, c'est comme 15 ans après
06:06l'avènement de M. Ouattara au pouvoir,
06:09rien n'a été fait,
06:10la Côte d'Ivoire souffre ou la Côte d'Ivoire...
06:13L'essentiel n'a pas été fait.
06:14D'accord.
06:15Parce qu'il ne suffit pas de faire des choses.
06:17Il faut faire ce qui est essentiel,
06:19ce que les uns et les autres attendent.
06:21Si vous faites des choses
06:22et que ça ne profite pas aux populations,
06:25c'est comme si vous n'avez rien fait.
06:27Aujourd'hui, la politique de M. Ouattara
06:28ne profite pas aux hommes.
06:30Elle profite aux multinationales,
06:32elle profite aux opérateurs économiques,
06:35elle profite aux institutions internationaux
06:37qui ont besoin du chiffre.
06:38Ah, ils ont fait 6% de croissance,
06:407% de croissance.
06:41Mais ça, là, qu'est-ce que c'est 7% de croissance
06:43si ça n'a pas d'impact
06:45sur la situation des populations ?
06:47La croissance, ce n'est pas le développement.
06:49Ce que les Ivoiriens veulent,
06:50c'est le développement, pas la croissance.
06:52C'est vrai que le développement
06:53doit s'inscrire dans la croissance.
06:54Mais si vous faites une croissance,
06:56et puis à côté,
06:57les gens ne peuvent plus manger
06:58maintenant trois fois par jour
07:00parce que tout a augmenté.
07:01Donc, ça veut dire que vous n'avez rien fait.
07:03Est-ce que c'est ce qui justifie
07:05la rupture avec le régime en place
07:08parce que vous étiez partenaire à un moment ?
07:10Est-ce que c'est parce qu'il ne développe pas
07:13pour les Ivoiriens que vous avez quittés
07:15ou il y a une autre raison ?
07:16La raison principale,
07:18c'est ce qui était à la base
07:20de ce partenariat,
07:20la réconciliation nationale.
07:22Nous n'étions pas partenaire
07:24par rapport à un programme
07:25de développement économique et social.
07:27Nous avons conclu cela
07:28pour amener le parti au pouvoir
07:31à aller dans le sens
07:32de la réconciliation.
07:33C'est pourquoi le partenariat
07:34a été intitulé partenariat
07:35pour la réconciliation nationale
07:37et la cohésion sociale.
07:38Parce que nous avons considéré
07:39que c'est une question essentielle.
07:41Et que si le gouvernement,
07:42si nous pouvons apporter
07:44une contribution
07:45pour amener le gouvernement
07:46à s'engager résolument
07:48dans cette voie,
07:49ce serait une bonne contribution
07:51à la stabilité dans notre pays.
07:53La réconciliation nationale
07:54devrait nous permettre
07:55au moins de régler
07:57ces problèmes-là
07:58et de faire en sorte
07:59que les élections de 2025
08:00se passent dans la paix,
08:02dans la stabilité.
08:02C'est pourquoi nous avons conclu.
08:04Mais au bout d'un an,
08:05nous nous sommes rendus compte
08:06que ce pouvoir-là
08:08était réfractaire
08:10à cette réconciliation.
08:11Ce n'était pas sa préoccupation.
08:13Donc nous avons estimé
08:15que c'est une tentative
08:17qui n'a pas prospéré,
08:19qui a échoué.
08:20Il fallait donc sortir de là.
08:21Certaines langues disent
08:23que ce sont les politiciens
08:24qui ne sont pas réconciliés,
08:25mais sinon les Ivoiriens
08:26sont réconciliés entre eux.
08:27Oui, mais ce sont ceux
08:28qui n'ont pas une exacte appréciation
08:31de la réalité en Côte d'Ivoire.
08:32C'est parce que les Ivoiriens
08:34ne sont pas réconciliés
08:35que les politiques
08:35ne sont pas réconciliés.
08:37La politique est le reflet
08:39de la situation à la base.
08:42Les hommes politiques
08:43se comportent
08:44pour rester dans la ligne
08:46de ce que les populations pensent.
08:48Parce que très souvent,
08:49les gens accusent
08:50les hommes politiques
08:50de ceci,
08:51mais au fond,
08:52les hommes politiques
08:53essaient toujours
08:53de capter
08:54l'adhésion des populations.
08:56S'ils voient
08:57que les populations
08:58vont dans une direction,
08:59ils essaient
09:00d'aligner leur position.
09:01Aujourd'hui,
09:02beaucoup de gens,
09:03et nous qui avons tenté
09:04d'ailleurs
09:05cette expérience
09:06de partenariat
09:07avec le Parti au pouvoir,
09:09nous n'avons pas été soutenus
09:10par beaucoup d'Ivoiriens.
09:12Parce que
09:12les Ivoiriens
09:13considèrent ce pouvoir-là
09:15comme un pouvoir
09:16clanique
09:16avec lequel
09:18beaucoup d'Ivoiriens,
09:19avec lequel
09:20il ne faut pas du tout
09:21commercer.
09:22Parce qu'ils savent
09:22que si tu t'affiches
09:24avec le RHDP,
09:25ils vont t'abandonner.
09:26Quand vous voyez
09:26que certains Ivoiriens
09:28se réjouissent
09:29du malheur
09:30d'autres Ivoiriens,
09:31c'est qu'il y a problème.
09:33Et que certains Ivoiriens
09:34souhaitent même
09:35la mort
09:35d'autres Ivoiriens,
09:37c'est qu'il y a problème.
09:38Vous avez réclamé
09:39durant plusieurs années
09:40une réforme,
09:41sinon même,
09:42je dirais,
09:42la dissolution
09:43de la CEI.
09:45C'est ça.
09:45On dira que c'est fait
09:46parce que le gouvernement
09:47a récemment dissous
09:48la CEI
09:49dont vous vous plaignez.
09:50C'est ça.
09:51Quelles sont,
09:53selon vous,
09:53les réformes prioritaires
09:54à engager
09:55pour garantir
09:56des élections
09:57transparentes,
09:57crédibles et inclusives ?
09:58Surtout que nous savons
10:00que les élections
10:00apportent toujours
10:01des problèmes.
10:02Mais la question essentielle
10:04des élections
10:04et de l'organe
10:06chargé des élections,
10:07c'est la question
10:08de la tendance
10:10du parti au pouvoir
10:11à vouloir
10:13instrumentaliser
10:13cet organe
10:15comme de toutes
10:15les autres institutions
10:16à son profit personnel.
10:18C'est cela
10:19la question essentielle.
10:20Parce qu'on parle
10:21de commission électorale.
10:22Pourquoi l'opposition
10:23revendique
10:24une commission électorale ?
10:25Parce que
10:26l'opposition
10:27a observé
10:28que le parti au pouvoir
10:31ne peut pas
10:31organiser
10:32des élections
10:33transparentes,
10:33inclusives
10:34et équitables.
10:35Là,
10:36cette tendance
10:36à vouloir
10:37manipuler
10:38les institutions
10:39pour toujours
10:40gagner.
10:40C'est cela
10:41le vrai problème.
10:42Et ce problème
10:42ne se pose pas
10:42seulement pour
10:43les élections.
10:44Ce problème
10:44se pose
10:45dans tous les secteurs
10:46de la vie nationale.
10:47Utiliser
10:47sa position
10:49dans les institutions
10:50pour les instrumentaliser
10:52à son profit
10:53personnel.
10:54Dans l'administration,
10:55nommez que
10:56ceux qui affichent
10:57leur adhésion
10:58au RHDP.
10:59Monsieur
10:59on dira
11:00que ce n'est pas
11:01nouveau.
11:01Mais ce n'est pas
11:01normal.
11:02Ce n'est pas comme ça
11:03que fonctionnent
11:04les pays occidentaux
11:05qui ont pris
11:05de l'avance.
11:06L'État doit être
11:07impartial.
11:08Les institutions
11:08de l'État
11:09doivent être neutres
11:10et traiter les citoyens
11:11sur le même pied
11:12d'égalité.
11:13Si vous ne faites pas ça,
11:14vous créez des problèmes,
11:15vous créez des tensions,
11:16vous créez des conflits.
11:17Et c'est pourquoi
11:17le pays a des problèmes.
11:19Parce que ceux
11:19qui sont au pouvoir
11:20ne veulent pas respecter
11:22l'État de droit,
11:23ne veulent pas respecter
11:24la neutralité
11:25des institutions,
11:26ne veulent pas comprendre
11:27que les institutions
11:27qui les gèrent
11:28ne sont pas à leur service,
11:30mais au service du peuple.
11:31Et donc c'est pour ça
11:32que la commission électorale
11:33pose problème.
11:34Donc la première chose,
11:35c'est de mettre en place
11:36une institution
11:37qui n'est pas contrôlée
11:38par le parti au pouvoir,
11:39qui n'est contrôlée
11:40par aucune force
11:41politique,
11:42sociale ou financière.
11:43Voilà la règle.
11:44Maintenant,
11:44comment ça va être structuré ?
11:46Les acteurs politiques
11:47peuvent discuter.
11:48Et donc c'est pour cela
11:49que nous avons des propositions
11:51et nous invitons
11:51le gouvernement
11:52vraiment à la table
11:53de négociation.
11:54Parce que la question
11:54est trop importante.
11:55Toutes les crises
11:56que nous avons connues
11:57depuis l'instauration
11:59du multipartisme
11:59sont liées aux élections.
12:01Toujours dans le volet politique,
12:03on a vu l'échec
12:04du Front commun.
12:05On m'a dit.
12:06Quel bilan
12:08vous tirez
12:08de cet échec-là ?
12:10C'est une expérience
12:12qui nous enseigne
12:14qu'il faut que l'opposition
12:16s'unisse
12:17sur ces questions essentielles.
12:19Je suis persuadé
12:20que si le Front commun
12:21avait réuni
12:22tous les courants
12:23de l'opposition,
12:24le résultat
12:24aurait été différent.
12:25Et donc,
12:26c'est l'enseignement
12:27que nous tirons.
12:27Mais il faut aussi
12:28reconnaître que
12:29sur ces questions-là,
12:30nous avons commencé tôt.
12:31Mais nous ne nous sommes
12:32pas rassemblés
12:33suffisamment tôt.
12:34Et donc,
12:34il faut aussi,
12:35par rapport,
12:36par exemple,
12:36à 2028 et 2030,
12:38qu'ici et maintenant,
12:40les partis politiques
12:41de l'opposition se rassemblent,
12:42notamment,
12:43par exemple,
12:43pour exiger
12:44le dialogue politique.
12:45et je voudrais vraiment
12:46vous dire que,
12:47si nous concerne
12:48au Front populaire ivoirien
12:50et à la coalition
12:51pour l'entraînement politique,
12:52nous avons déjà engagé
12:54des initiatives
12:54en direction
12:55des autres partis politiques
12:57pour qu'on puisse
12:57se retrouver rapidement
12:58et qu'on voit
12:59comment nous allons
13:02agir
13:03pour que le gouvernement
13:04accepte
13:05le dialogue politique
13:06et que nous puissions
13:07éventuellement
13:08faire une proposition commune
13:10ainsi concerne
13:11le futur organe électoral.
13:12Parlant de sucession
13:13de M. Ouattara,
13:15est-ce que vous avez l'impression
13:16que le régime
13:17est en train d'installer
13:18le petit frère
13:19ou, si vous voulez,
13:20Télébrahima
13:21comme successeur ?
13:22Si vous évoquez
13:23cette hypothèse,
13:23ça veut dire que vous-même
13:24vous en avez l'impression.
13:26Il y a une réalité
13:27que tout est en train
13:29de se mettre en œuvre
13:31pour que ce soit
13:32le petit frère
13:34qui puisse être
13:35le candidat
13:37et éventuellement
13:38le futur responsable
13:40du pays.
13:41C'est d'abord
13:42une question interne
13:43au RHDP,
13:45mais aussi
13:46nous concerne.
13:46Dans tous les cas,
13:47nous avons ce devoir
13:49de nous battre
13:51pour empêcher
13:52que ce rêve
13:54ne se réalise,
13:55pour empêcher
13:56que la Côte d'Ivoire
13:57bascule
13:58dans un système dynastique.
14:00Ça, c'est vraiment
14:01notre devoir
14:01et nous allons
14:02nous battre
14:03pour éviter cela.
14:05Déjà, nous souffrons
14:06du caractère envahissant
14:08de la famille
14:09de M. Ouattara
14:10dans l'appareil d'État,
14:11à la primature,
14:13dans les institutions,
14:15dans les directions
14:16générales
14:17des entreprises.
14:19C'est excessif.
14:20Il ne faut pas
14:20que cela
14:22devienne
14:23une institution
14:24et que la Côte d'Ivoire
14:26soit prise en otage
14:27par une famille.
14:29Chaffi,
14:29on va aborder
14:30le délicat sujet
14:32de l'oppaillage clandestin.
14:35L'État dit
14:35que nous sommes
14:36tous coupables.
14:37Que répondez-vous
14:37à l'État
14:38qui dit
14:38que nous sommes
14:39tous coupables
14:40de l'oppaillage clandestin ?
14:41Je considère même
14:42que c'est une insulte
14:43aux Ivoiriens
14:44qu'un pouvoir
14:44dise que tout le monde
14:45est coupable.
14:46Ce n'est pas tout le monde
14:46qui gère l'État.
14:47Ce n'est pas tout le monde
14:48qui a été élu
14:49à la tête de l'État.
14:49Ce n'est pas tout le monde
14:50qui siège
14:51dans l'appareil
14:53gouvernemental,
14:53dans les ministères.
14:54Ce n'est pas tout le monde
14:55qui dirige
14:55l'armée,
14:56la police
14:57et la gendarmerie.
14:57C'est parce que
14:58tout le monde
14:59ne peut pas le faire
15:00qu'on élit
15:01des personnalités
15:02pour le faire
15:04à la place des autres.
15:05Et si
15:05les choses
15:06ne marchent pas,
15:08on ne peut pas
15:08imputer la responsabilité
15:09à tout le monde.
15:10C'est le gouvernement
15:11qui a l'administration
15:12territoriale
15:13pour veiller
15:13à ce que
15:14la loi soit respectée
15:16sur l'ensemble
15:16du territoire.
15:17On dit que les chefs,
15:18les populations
15:19sont pour l'oppaillage,
15:20surtout dans votre région
15:21où l'oppaillage...
15:23Oui, mais si les gens
15:24s'adonnent,
15:25on ne peut pas,
15:25quand quelqu'un
15:26va voler,
15:27on ne va pas dire
15:28que le voleur,
15:30la victime du vol
15:31est responsable.
15:33Si on vole
15:34les citoyens,
15:35c'est que la sécurité
15:36des citoyens
15:37n'est pas garantie.
15:38Et c'est l'État
15:39qui doit garantir
15:40la sécurité,
15:41qui doit faire en sorte
15:42qu'il n'y ait pas de vol,
15:43qui doit faire en sorte
15:44qu'il n'y ait pas
15:44d'oppaillage clandestin,
15:45qui doit faire en sorte
15:46qu'il n'y ait pas
15:47de détournement
15:47de dénié public,
15:48qui doit faire en sorte
15:49qu'il n'y ait pas
15:50de trafic de drogue
15:51dans le pays.
15:52Donc si tout cela se passe,
15:53le gouvernement
15:54doit reconnaître
15:55sa responsabilité,
15:56sa faillite
15:57et c'est ce qui
15:59doit être consacré
16:00et non vouloir
16:02se dédouaner
16:03en disant
16:03que tout le monde
16:04est responsable.
16:05Si tout le monde
16:05est responsable,
16:06donc dégager,
16:07tout le monde
16:07va venir gérer le pays.
16:08M. Afingis,
16:09nous sommes au thème
16:10de notre entretien.
16:11On ne peut
16:12vous aborder
16:13sans évoquer
16:14la question de
16:15est-ce que
16:16M. Gbagbo
16:16et vous,
16:17vous vous êtes rapprochés
16:19ces temps-ci ?
16:20Oui,
16:20on s'est rapprochés
16:21par rapport
16:22à une situation
16:23comme celle
16:23de 2013,
16:242014.
16:26Mais la réalité,
16:27c'est qu'on appartient
16:28maintenant à deux
16:29partis politiques différents.
16:30Le Front populaire ivoirien
16:32ainsi me concerne,
16:32le PPSI
16:33ainsi concerne
16:34le président Gbagbo.
16:35C'est la réalité politique
16:37et c'est par rapport
16:38à cette réalité politique
16:39qu'il faut voir
16:40comment on travaille
16:42ensemble
16:43pour faire avancer
16:44la Côte d'Ivoire.
16:45Parce que ce qui est important,
16:46c'est cela.
16:47Au-delà de la manière
16:49dont nous sommes organisés,
16:51ce qui est important,
16:52c'est comment nous travaillons
16:54pour faire avancer
16:55le pays.
16:55Et donc,
16:57le rapprochement
16:58est une bonne chose
16:59parce qu'elle permet
17:01d'ouvrir
17:02toutes les perspectives.
17:03Nous sommes au thème
17:04de notre entretien
17:05Est-ce que vous avez
17:06un dernier mot ?
17:07Mais le dernier mot,
17:08c'est d'abord
17:09de vous remercier
17:09de cette opportunité
17:11que vous nous offrez
17:12de nous adresser
17:14aux Ivoiriens
17:15et au-delà des Ivoiriens
17:16en opinion nationale
17:17et internationale.
17:18Dire à nos compatriotes
17:20que la Côte d'Ivoire
17:21a un tournant
17:23de son histoire,
17:23a une période délicate
17:26de son histoire.
17:27Bientôt 20 ans
17:28que le RHDP au pouvoir,
17:30que le président
17:31Alassane Ouattara
17:32gère ce pays.
17:3320 ans,
17:34je dirais même
17:34que c'est trop.
17:35Le moment
17:36d'expérimenter
17:37une autre forme
17:38de gestion
17:38est arrivé.
17:39Mais pour cela,
17:40il faut que nous
17:40nous mobilisions
17:41pour que les élections
17:42qui vont avoir lieu
17:43dans les années à venir
17:44soient des élections
17:46qui permettent
17:46véritablement
17:47aux Ivoiriens
17:47de s'exprimer.
17:48Nous nous plaignons
17:49aujourd'hui
17:49de l'empaillage,
17:50nous nous plaignons
17:51de beaucoup de choses,
17:52mais nous devons
17:53comprendre que la solution
17:54à tous ces dérapages,
17:55à toutes ces situations,
17:56réside dans le choix
17:57des hommes
17:58qui nous gouvernent
17:59à la tête du pays.
18:00Donc,
18:01il faut que nos compatriotes
18:03soient prêts
18:03à prendre leur part
18:04dans les grandes batailles,
18:06les batailles fondamentales
18:07qui vont permettre
18:08de garantir
18:09dans les années à venir
18:10et en particulier
18:11en 2030
18:11des élections
18:13inclusives,
18:14libres et transparentes.
18:15Mesdames et Messieurs,
18:16c'est avec plaisir
18:17que nous avons accueilli
18:19M. Afin Guessant,
18:21président du Front populaire
18:22Ivoirien.
18:23Ici, pour enfin,
18:24notre entretien
18:25et si vous avez aimé,
18:26c'est de liker
18:27et de partager.
18:29D'ici là,
18:29portez-vous bien
18:30et puis,
18:31au revoir.
18:31Au revoir.

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