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  • il y a 2 mois
Le témoignage dans "24h en France" sur CNews du policier Pierre Picavet violemment agressé en sortant d’un bar gay à Paris

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Transcription
00:00Et puis dans un instant donc, Pierre Picavé, policier et président de FLAG, merci d'ores et déjà d'accepter
00:05de témoigner sur notre antenne.
00:07On revient évidemment au dernier développement dans l'affaire qui vous concerne.
00:10On a appris hier que l'homme de 20 ans, soupçonné de vous avoir violemment agressé à la sortie d
00:15'un barguet à Paris,
00:17on voit les images immédiatement après, et on sait que vous pourriez perdre un œil dans cette épreuve,
00:22eh bien il est ressorti libre. Alors oui, il est placé sous contrôle judiciaire,
00:26mais il est désormais libre après sa mise en examen.
00:30Pourtant, on précise quand même les qualificatifs retenus.
00:33Poursuivi pour violences aggravées et vols, c'est pas rien.
00:37La justice n'a donc pas ordonné son placement en détention provisoire, elle ne l'a pas jugé utile.
00:42Quelle est votre réaction, Pierre Picavé, au fait que votre agresseur soit en liberté dans la nature aujourd'hui ?
00:49Alors s'il fallait que je parle uniquement de moi en tant que victime et ce que j'ai vécu,
00:56quand l'homme, les premiers mots de l'homme, c'est « je vais te tuer, sale PD ».
01:02Ça, c'est ses premiers mots.
01:04Très rapidement, je me présente à lui et je le fais à trois reprises,
01:08où je sors ma carte de police et je lui dis « arrête, stop, je suis policier, arrête, stop ».
01:14Rien que ça, déjà, vous voyez, il y a des menaces de mort.
01:20Il y a le fait que je sois policier, que je l'annonce.
01:25Apparemment, je ne sais pas si c'est retenu dans les aggravations,
01:27mais en tout cas, de ce que j'ai entendu, ma fonction de policier n'a pas été retenue encore.
01:32Alors que ça aurait dû être une circonstance aggravante.
01:34Ça aurait dû être retenu à ce moment-là.
01:37Il y aurait dû y avoir, normalement, des violences volontaires avec armes
01:40sur personnes dépositaires de l'autorité publique par personnes ivres,
01:43puisque l'intéressé avait consommé de l'alcool.
01:46Donc vous vous dites quoi, aujourd'hui ?
01:47Vous vous dites « c'est encore l'impunité de ceux qui agressent ».
01:51Alors, moi, je vais être clair.
01:55La position du parquet, c'est réquisitoire.
02:01Et il y a eu la nomination, aujourd'hui, d'un juge d'instruction
02:04qui va travailler sur l'affaire.
02:06Bien sûr, moi, je ne manque pas de confiance auprès de la justice.
02:10Et effectivement, c'est assez...
02:12On parle quand même d'une tentative d'homicide.
02:15Vous voyez, il y a beaucoup de personnes qui me disent
02:17« mais c'est une tentative d'homicide, ce n'est pas juste des menaces de violence ».
02:19Vous pouvez avoir confiance et être en colère néanmoins
02:22parce que la victime doit l'être,
02:25même si peut-être que le policier, lui, est un peu moins surpris
02:28par l'issue de cette décision.
02:30J'ai effectivement ces deux positions.
02:32Cette position où j'ai essayé de gérer la circonstance
02:36comme étant policier.
02:37Et j'en suis fini victime de violences homophobes
02:43où j'ai eu tous ces blessures.
02:46Et effectivement, je reste très choqué
02:49et de ce qui m'est arrivé.
02:51Ça me perturbe beaucoup.
02:52J'en fais des cauchemars.
02:55Je souffre.
02:56Je prends des médicaments que je ne suis pas habitué à prendre
02:58et qui m'assomment,
02:58qui me font paraître très bizarre.
03:02Et voilà, oui, c'est très perturbant.
03:04C'est très perturbant.
03:05Comment on a justifié ?
03:06Pardon d'insister,
03:07mais c'est quand même quelque chose qui saisit beaucoup de gens.
03:10On vous voit, on voit à quel point vous êtes amochés aujourd'hui.
03:12On parlera des circonstances
03:14qui pourraient être potentiellement dramatiques
03:15pour l'usage de votre œil
03:16et donc avec des répercussions sur votre métier.
03:20Comment on a justifié cette décision judiciaire ?
03:22Ils vous ont donné la raison de cette remise en liberté ?
03:25Je n'ai pas eu directement le procureur, le juge.
03:29Je n'ai pas eu toute...
03:31La raison de la décision, je ne les ai pas eues encore.
03:33Et le qualificatif d'acte homophobe, il a été retenu ?
03:36Oui, apparemment, les violences
03:38en raison de l'orientation sexuelle réelle ou supposée
03:41ont été retenues.
03:43Également le vol.
03:45Et apparemment, il manquerait les violences
03:47sur personnes dépositaires
03:48qui n'auraient pas été...
03:51Donc ça, c'est quand même fou.
03:52Qu'on n'ait pas reconnu alors que vous racontez
03:54le récit est quand même très circonstancié.
03:57Vous dites, j'ai décliné mon identité.
04:00Ça aurait dû l'arrêter.
04:02Mais ça a peut-être même décuplé sa rage, en fait.
04:04Et c'est là que c'est étonnant
04:05qu'on n'ait pas retenu ça.
04:06Le fait déjà d'avoir dû répéter trois fois
04:08le fait que je sois policier,
04:09de sortir trois fois ma carte,
04:11ça a été pour moi une façon assez perturbante
04:15de voir l'individu agir comme ça, en fait.
04:18Et ma chance, c'est d'avoir un témoin.
04:20Parce que si je n'avais pas eu de témoin
04:22qui dit qu'effectivement,
04:24j'ai annoncé ma qualité de policier,
04:25que j'ai montré ma carte,
04:26eh bien, on aurait pu mettre en doute ma parole.
04:29Vous voyez ?
04:29Parce qu'on pourrait dire,
04:31maintenant, il invente...
04:33En tant que policier, il invente...
04:34C'est-à-dire que maintenant,
04:35la parole d'un policier n'est plus suffisante
04:37pour prouver sa bonne foi, en fait.
04:39Tout de suite, on est dans le...
04:40La preuve reste importante.
04:44Bon.
04:45On va revenir, évidemment, à l'agression.
04:48Vous sentez vite que quelque chose ne va pas
04:50ou il y a un réel effet de surprise
04:52dans la violence,
04:54la manière dont il se jette sur vous ?
04:55Sincèrement, au début, j'ai pensé à une blague.
04:57Quand l'homme se jette sur moi,
04:58je pensais que c'était un peu comme sur vous,
05:00en faisant boue.
05:01Vous voyez ?
05:01Et je me suis retourné en souriant.
05:04Et quand j'ai vu son regard
05:06et ses premiers mots,
05:07c'était « je vais te tuer, sale PD ».
05:09C'était ça, ses premiers mots.
05:11Ça n'a pas été...
05:12Il ne m'a pas demandé quelque chose.
05:14Ça a été « je vais te tuer ».
05:16Donc, ça m'a permis de reculer,
05:19d'analyser un peu ce qui se passait,
05:21de le voir avec cette bouteille à la main
05:25qu'il tenait
05:26et qu'il avait bien l'intention d'utiliser.
05:28D'ailleurs, c'est ce qu'il a fait
05:29puisqu'il s'est rapproché plusieurs fois de moi
05:30en donnant des coups dans l'air
05:32jusqu'à avoir la possibilité de m'atteindre.
05:36Et cette bouteille, très sincèrement,
05:38aurait pu me tuer.
05:40Un crâne, ça reste un crâne.
05:41J'ai une hémorragie interne au niveau du cerveau.
05:44Ça reste une réalité.
05:45Heureusement, merci,
05:47elle ne s'est pas plus propagée.
05:51Mais j'ai cette chance.
05:54Mais un coup de bouteille peut tuer.
05:56Une bouteille, surtout épaisse comme celle-ci,
05:58aurait pu me tuer, bien sûr.
05:58Vous dites qu'il avait une bouteille à la main.
06:01Oui.
06:01Est-ce que, a posteriori,
06:04vous pensez que c'était une sorte de guet-apens
06:05parce qu'il avait repéré la boîte en question
06:07ou c'est juste par opportunisme,
06:09il a vu ça,
06:10des gens sortir de cet endroit qu'il a identifié
06:13et c'est là qu'il a décidé de vous agresser ?
06:16Et à savoir que, la veille,
06:19moi, j'ai été invité à participer
06:22au revivage de la flamme à l'Arc de Triomphe
06:24en présence des militaires,
06:26des pompiers,
06:26de la police nationale,
06:28du préfet,
06:28du directeur général de la police nationale.
06:30J'ai participé à cette cérémonie,
06:34j'étais très fier d'y être
06:34en tant que représentant d'association
06:36parce que je suis président de l'association FLAG.
06:39Après cette cérémonie,
06:41je suis allé dans le marais rejoindre des amis
06:44pour boire un verre avec eux
06:45et à cet endroit, rue des Lombards,
06:49j'ai croisé les policiers de la BAC en civil
06:54et un collègue me dit
06:57« Fabien, tu es là, ça fait plaisir de te voir,
07:00on discute et je dis « tu fais quoi ? »
07:01et il me dit « on est en surveillance du gars là-bas ».
07:05Un homme, je pense ne pas faire d'erreur
07:09mais je pense que cet homme,
07:11c'est exactement celui qui m'a agressé.
07:13Attendez, vous êtes en train de dire
07:14que la veille, il était déjà ?
07:16À 21h, oui.
07:17À vos trousses, sur vos traces ?
07:19Non, pas sur mes traces, à moi.
07:20En tout cas, il faisait déjà l'objet d'une surveillance
07:23de la part de la BAC en civil
07:26qui voyait que son comportement n'était pas normal
07:30puisque quand je lui dis « il fait quoi ? »
07:32Il m'a dit « il va de personne à personne
07:34et on ne sait pas ce qu'il veut, ce qu'il fait. »
07:36Alors peut-être, moi j'ai été agressé à 4h du matin.
07:39L'homme, il faisait l'objet d'une surveillance de la BAC
07:42à 21h la veille.
07:44Peut-être qu'en ce temps-là,
07:46soit la BAC a été saisie sur une affaire,
07:48soit ils n'ont rien eu à le reprocher
07:49pour pouvoir le contrôler.
07:50Mais en tout cas, l'homme, à mon avis,
07:52est resté dans la région du Marais
07:55à rechercher quoi ?
07:57Donc vous êtes quasi sûr là, aujourd'hui,
07:59que c'est lui ?
08:00En fait, c'est ce que vous avez dit aux enquêteurs ?
08:01Moi, en tout cas, c'est ce que je pense.
08:04Je pense que ce jeune homme
08:05qui faisait l'objet de surveillance de la BAC,
08:08c'est ce même jeune homme.
08:09Il vous a vu ce jour-là ?
08:10La veille ?
08:11Non.
08:11Il ne vous a pas identifié plus que ça ?
08:13Donc c'est le hasard ?
08:14Il était à 30 mètres de nous
08:16quand on discutait avec le collègue,
08:17le surveillé de loin,
08:18avec d'autres collègues le surveillés de loin également.
08:20Et quand vous sortez de ce bar,
08:21vous êtes seul ?
08:22Vous êtes accompagné ?
08:23Ou vous êtes tout seul ?
08:24J'étais seul.
08:24Effectivement, la rue du Renard
08:27était complètement vide.
08:28Parce que je sors de la rue Simon Mufran,
08:31je prends à gauche,
08:32je me retrouve rue du Renard,
08:33j'arrive à un croisement,
08:35et là, cet homme me saute dessus.
08:37Et je ne comprends rien.
08:38Et heureusement,
08:40et vous voyez,
08:41c'est tombé sur moi.
08:41Ça aurait très bien pu tomber
08:42sur mon bon samaritain Benjamin
08:44qui m'a aidé,
08:45qui m'a protégé.
08:46Ça aurait pu tomber sur lui.
08:48Et comme je dis,
08:49ces personnes
08:50qui se font agresser de cette façon,
08:52moi je le vois,
08:53toutes les victimes que je rencontre
08:54dans le cadre de l'associatif,
08:56ces personnes qui sont LGBT
08:58ou qui sont dans une situation personnelle
09:02qui peut être trans ou autre,
09:05ces personnes-là,
09:07quand elles se font agresser,
09:08elles n'ont pas mon réflexe de reculer.
09:10Et même moi,
09:10je l'ai frappé, ce jeune homme.
09:11Vous savez, vous défendre en plus.
09:13Je sais me défendre.
09:14Et bien souvent,
09:15les personnes,
09:15ce qu'elles font,
09:16c'est qu'elles se protègent comme ça,
09:18elles se font frapper,
09:19elles ne reçoivent que des coups
09:20et on les retrouve dans un sale état,
09:22bien sûr,
09:23comme je peux être aujourd'hui, bien sûr.
09:24Parlons de votre œil aujourd'hui aussi,
09:25parce qu'il est en péril.
09:27Vous nous avez dit
09:28qu'il y a une opération potentielle,
09:31mais en tout cas,
09:32ce n'est pas sûr pour l'instant.
09:33On attend quelques jours encore.
09:35Est-ce que ça pourrait avoir
09:36un impact sur votre activité ?
09:39Alors, c'est mon œil directeur.
09:41Déjà.
09:42Donc, ça veut dire quoi en termes de...
09:43Alors, c'est quand je...
09:45Là, cet œil-là,
09:46j'ai du mal un petit peu
09:49à me diriger dans l'espace.
09:52C'est mon œil directeur.
09:53Effectivement, hier,
09:54je suis allé à l'hôpital des 15-20
09:56faire vérifier mon œil
09:58à la demande du neurochirurgien
09:59qui m'a examiné.
10:03Et ce qui a été dit à l'hôpital,
10:05c'est que l'état de mon œil
10:08ne nécessitait pas urgemment
10:10une intervention
10:11ni une opération
10:12dans le sens
10:13où ce n'est pas la rétine
10:14qui est décollée
10:15ou qui nécessiterait
10:17une action immédiate.
10:19Mais cet œil,
10:22je vais me faire opérer
10:23quoi qu'il en soit
10:24le 7 septembre
10:25parce que j'ai une fracture
10:26de la base
10:27de mon orbite.
10:31De l'orbite.
10:31Ça, c'est nécessaire.
10:32Ça, c'est nécessaire.
10:33Et après, encore après cette opération,
10:36je devrais retourner
10:37faire des vérifications ophtalmiques
10:40parce qu'on ne sait pas
10:42précisément ce que j'ai.
10:43J'ai encore une très grosse,
10:45des très grosses traces de sang
10:46et le peu qu'on a essayé
10:48d'ouvrir mon œil,
10:49vous voyez,
10:50tout peut être blanc.
10:51Et bien, pour moi,
10:52quand on ouvre mon œil,
10:53je ne sais pas cette couleur-là,
10:54tout est jaune,
10:55tout est trouble.
10:55On ne sait pas
10:56si le nerf optique est touché,
10:57en somme.
10:58Ça pourrait être la raison.
11:00Mais vous êtes inquiet
11:02pour l'avenir
11:03de votre profession ?
11:04Vous voyez,
11:06je suis là devant vous.
11:07J'essaie d'être fort,
11:09d'être fier.
11:09Mais au fond de moi,
11:11je suis un humain.
11:13Je suis blessé.
11:14Je suis inquiet.
11:15Je fais des cauchemars.
11:18Je stresse.
11:19Hier, j'étais dans le quartier.
11:21J'ai deux personnes
11:22qui m'ont reconnu.
11:24J'ai pleuré face à eux.
11:26Je ne suis pas d'intempérament
11:28à pleurer comme ça.
11:29Voyez-le.
11:30Mais ça touche.
11:32Ça me perturbe.
11:34Bien sûr,
11:34vous voyez,
11:35là, je suis avec vous.
11:37Mais après,
11:38je vais faire en sorte
11:38de prendre soin
11:39et de me préserver.
11:42Là, je fais vraiment ça
11:43parce que je le fais
11:45en tant que...
11:45Parce qu'il y a des victimes.
11:46Il faut les représenter.
11:47Vous les défendez aussi,
11:48ces victimes ?
11:49Je les défends,
11:49ces victimes,
11:50parce que je suis président
11:51d'une association
11:52qui protège
11:53et qui va contre
11:54toutes les discriminations
11:55et pas seulement les LGBTphobies.
11:57Mais après,
11:57vous allez calmer le jeu
11:58un peu pour vous reposer.
11:59Oui.
11:59Je crois que j'ai vraiment
12:00aussi besoin de...
12:02J'ai eu beaucoup de soutien.
12:03Ça, franchement,
12:04ça m'a vraiment touché aussi.
12:05De soutien
12:06de mon ministre,
12:10des institutions,
12:12de Mme Berger,
12:15que je rencontre très souvent
12:17dans le cadre
12:18de mon association
12:19pour le droit des personnes.
12:21et ça, ça m'a bouge.
12:22Des collègues,
12:23des Français au sens large.
12:24J'imagine que tout le monde,
12:25pas que les politiques.
12:26Sincèrement,
12:26j'ai 250 messages
12:28en retard à lire
12:28et à répondre.
12:30Bon, ça,
12:30ça fait chaud au cœur.
12:31Sabrina Philippe,
12:32évidemment,
12:33on ne sort pas indemne
12:34d'un truc pareil.
12:36Sa reconstruction personnelle,
12:38au-delà de que c'est
12:39quelqu'un d'agguéri quand même
12:40à travers son métier,
12:41ça va prendre du temps.
12:43Il y a la réparation
12:44évidemment du corps
12:45et puis il y a la réparation
12:46psychologique aussi.
12:48J'espère que vous pourrez
12:49bénéficier d'un soutien
12:50psychologique
12:51et de séances,
12:52notamment,
12:53il y a des thérapies
12:55spécifiques pour le trauma,
12:56pour les traumatismes.
12:57On pense à l'EMDR ?
12:58Exactement.
13:00Qui,
13:01avec quelques séances,
13:02peuvent permettre
13:03quand même de nettoyer,
13:04je dirais,
13:05le mental
13:05de ce qui s'est passé.
13:07Des images
13:08qui peuvent réapparaître.
13:09Parce que là,
13:09vous êtes forcément,
13:11je pense,
13:11sous le coup
13:12d'un stress post-traumatique
13:14avec des réminiscences,
13:15des rêves,
13:16des visions
13:16où vous êtes sensible
13:18au bruit,
13:18vous êtes sensible
13:19à certaines situations.
13:21Et pour ne pas
13:21que ça perdure,
13:23il faut,
13:24je pense,
13:25s'être prise en charge
13:26psychologique
13:27de façon à ce que
13:28vous ne le traîniez pas
13:29sur du long terme.
13:30On vous a déjà dit
13:31que ce serait peut-être
13:32une voie à suivre.
13:33Vous connaissiez,
13:34j'imagine aussi.
13:34J'ai déjà été contacté,
13:36vous voyez,
13:37le tribunal m'a mis en contact
13:39à une association
13:40d'aide aux victimes
13:41qui m'a contacté hier.
13:43Les rencontres avec
13:44les psychologues,
13:45les médecins sont en cours.
13:46J'ai eu énormément
13:46également de soutien
13:47d'autres associations LGBT.
13:50Je pense notamment
13:51à Enips
13:52qui a des psychologues,
13:56des psychiatres
13:56qui pourront m'aider.
13:58Là,
13:58je prends des médicaments
13:59qui sont très lourds.
14:01C'est des stupéfiants
14:02que je prends actuellement.
14:03C'est du scénon.
14:05C'est la base de morphine,
14:06des choses comme ça.
14:06C'est pour la douleur aussi.
14:07Oui,
14:07c'est pour la douleur.
14:08Je ne peux plus croire
14:09que quand ça se réveille,
14:10j'ai très mal.
14:11L'avocat que vous êtes,
14:13Maître Ben Soussan,
14:15peut-être qu'il veut
14:15s'adresser à lui
14:16pour la suite de l'affaire.
14:17Qu'est-ce que ça vous inspire
14:18comme commentaire,
14:19déjà,
14:19cette remise en liberté ?
14:22Les bras nous en tombent
14:23un petit peu,
14:24vu le discours
14:25très circonstancié
14:26qu'il a apporté
14:26aux enquêteurs.
14:27Oui,
14:28c'est clair.
14:29L'aurore de l'acte
14:31est manifeste.
14:32Mais malheureusement,
14:34si on veut comprendre
14:35cette situation,
14:36l'aurore de l'acte
14:37n'est pas le support
14:39de la mise en prison
14:41et de la détention provisoire.
14:43Ce n'est pas un problème
14:44de déficit de justice.
14:46C'est un problème,
14:47peut-être,
14:48face à l'opinion publique,
14:50qui peut effectivement
14:50avoir cette réaction
14:51que vous avez,
14:52que tout le monde a.
14:53C'est un problème
14:54d'écart
14:57entre la situation émotionnelle
14:59et la loi.
15:00C'est un problème,
15:01là,
15:02purement légal.
15:03Et si vous me permettez...
15:04Vous lui dites,
15:04la loi considère
15:05que ce n'est pas si grave
15:07au point de justifier
15:08sa détention.
15:08La loi,
15:09malheureusement,
15:10n'a pas comme support
15:11l'émotion de l'acte.
15:13La loi est organisée
15:14de la manière suivante.
15:15Et la justice
15:16va bien évidemment
15:18l'appliquer.
15:18Et ce qui est important,
15:20la loi,
15:20elle est passée
15:21sur l'article 137
15:22du Code de procédure pénal.
15:23C'est la présomption
15:24d'innocence.
15:25Derrière la présomption
15:26d'innocence,
15:27tout de suite,
15:28se met la règle
15:29de la liberté.
15:31Derrière la règle
15:32de la liberté,
15:33se met tout de suite
15:34la règle
15:34de la non-détention
15:36provisoire.
15:36J'entends.
15:37Et ensuite,
15:37il y a un processus
15:38à présent.
15:39Et puis d'individualisation
15:40aussi de la peine.
15:41Ici,
15:41on sait,
15:41concernant son profil,
15:42que ce jeune homme
15:43de 20 ans
15:44de nationalité française
15:45était,
15:47avec un casier judiciaire,
15:48vierge,
15:48ce qui a dû jouer
15:49en sa faveur
15:50et qui a dû...
15:51Il était connu
15:52des services de police,
15:52mais aucune condamnation.
15:54C'est ce qui justifie
15:54sans doute
15:55le placement
15:56sous contrôle judiciaire
15:57mais la remise en liberté.
15:58Pour vous,
15:58ce n'est pas la justification.
15:59Un dernier mot,
15:59très rapide.
16:00Malheureusement,
16:01non.
16:01Pourquoi ?
16:02Parce qu'en matière
16:03délictuelle,
16:03le principe,
16:04si on continue le raisonnement,
16:05en matière délictuelle,
16:06le principe,
16:07c'est la non-détention
16:08provisoire.
16:09D'accord ?
16:09D'accord ?
16:10Ensuite,
16:11on a encore une clé.
16:12On a une clé,
16:13c'est inférieur à 3 ans
16:14ou supérieur à 3 ans.
16:15Là,
16:15on est supérieur à 3 ans.
16:17Et ensuite,
16:18il y a une autre clé
16:19qui est la liste,
16:20effectivement,
16:21de l'encadrement.
16:22Et c'est dans la liste
16:23de l'encadrement
16:23qu'ils ont jugé
16:24que c'était suffisant.
16:25Vous êtes le collègue de Pierre,
16:28vous êtes policier également.
16:30Qu'est-ce que vous avez
16:31envie de lui dire
16:31et qu'est-ce que ça vous donne
16:34comme sensation aujourd'hui ?
16:36Est-ce que vous aussi,
16:37vous dites,
16:37mon Dieu,
16:38mais encore une fois,
16:39c'est injuste ?
16:41Notre parole
16:42n'est pas assez prise en compte ?
16:43C'est certain.
16:45Pierre,
16:45on l'a eu beaucoup au téléphone.
16:46Pierre,
16:47ce n'est pas un inconnu.
16:47Évidemment,
16:48Alliance Police Nationale,
16:49on le connaît bien
16:50de par son excellent travail
16:51au sein de FLAG.
16:53Alliance Police Nationale,
16:54on est le seul syndicat de police
16:55à avoir créé une délégation nationale LGBT.
16:58Donc,
16:58on travaille souvent en commun.
16:59Mais qu'est-ce que vous voulez lui dire ?
17:00Adressez-vous à lui directement ?
17:01Il est là à côté de vous.
17:02Pierre,
17:03on a déjà beaucoup discuté ensemble
17:04mais il le sait très bien.
17:05Nous,
17:06c'est vrai qu'Alliance Police Nationale,
17:08on s'étonne quand même
17:09de cette remise en liberté
17:10de cet individu.
17:11C'est quand même,
17:12alors la loi,
17:13je l'entends,
17:13je crois qu'elle est très mal faite.
17:15Quel niveau de violence ?
17:16Ça,
17:16vous pouvez souligner.
17:17Aujourd'hui,
17:18c'est ça le détail.
17:19Quel niveau de violence il faut
17:20quand il y a un visage fracturé,
17:23on a peur qu'il perde son oeil,
17:25il y a un téléphone de volet également.
17:27Mais quel niveau de violence il faut
17:28pour mettre quelqu'un en détention provisoire ?
17:30La loi est mal faite
17:31et je crois qu'il faut le dire.
17:33Et évidemment,
17:33Pierre le sait,
17:34il bénéficie de tout le soutien
17:35et on a été là au début
17:36et on sera là jusqu'à la fin pour lui.
17:37C'est vraiment pas très rassurant,
17:39y compris pour ceux qui nous regardent
17:41parce qu'il y a un côté un peu désespérant.
17:43Mais alors qu'est-ce qu'il faut ?
17:44La loi est mal faite.
17:45Vous dites aussi ça ?
17:46La loi est mal faite,
17:46Pierre Picavé ?
17:48Oui,
17:49peut-être.
17:49Parce que vous savez,
17:50madame,
17:51un simple vol,
17:52c'est trois ans de prison.
17:55Je vais voler votre téléphone,
17:57je risque trois ans de prison,
17:58mais c'est jamais le cas.
17:59Si je suis attrapé,
18:01je vais passer au tribunal
18:02et ça va rarement si haut.
18:06Non mais là,
18:06vous n'allez peut-être pas pouvoir retravailler,
18:08en tout cas dans votre qualité
18:09de poil libre de policier,
18:10il y a des répercussions très sérieuses.
18:11Sincèrement,
18:11madame,
18:11je croise les doigts,
18:12j'espère revenir rapidement
18:14à mes fonctions de policier
18:15et vous voyez,
18:16je n'ai pas hésité,
18:18alors que je n'étais pas en service,
18:19à le dire que j'étais policier.
18:20Je n'ai jamais eu honte
18:21de dire qui je suis.
18:23Je suis également gendarme de réserve,
18:24vous voyez,
18:25je suis fier
18:25de mon parcours professionnel
18:30et voilà,
18:31je sais que j'ai été très bien soutenu.
18:33En tout cas,
18:34merci beaucoup.
18:35Nous,
18:35on est ravis
18:36et très heureux
18:37que vous ayez accepté
18:39de nous parler.
18:40On vous souhaite vraiment
18:40le meilleur
18:41dans votre rétablissement
18:42et on souhaite évidemment
18:44une issue
18:44des plus favorables
18:46qui vous rende justice
18:47à vous
18:47dans ce procès.
18:48Merci,
18:49Pierre-Piquet,
18:49vraiment d'avoir pris le temps.

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