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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud revient sur l'interview accordée par François Fillon à Guillaume Pley pour "Legend".

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Transcription
00:00François Fillon, et ça c'est très intéressant, François Fillon, parce que le média Légende a publié une vidéo sur
00:05les réseaux sociaux ce dimanche avec François Fillon.
00:07Dans cet interview de deux heures, il est revenu sur l'affaire des emplois fictifs, qu'il estime lui avoir
00:11coûté l'élection présidentielle.
00:14Effectivement, on peut le penser.
00:16Et puis, le dernier passage est très intéressant parce qu'il annonce peut-être une campagne qui sera percutée par
00:23des affaires judiciaires.
00:24C'est Guillaume Plais qui a sorti une nouvelle vidéo ce dimanche.
00:27Écoutez ce que dit François Fillon, puisque cette affaire des emplois fictifs, dit-il, lui a coûté la présidentielle, mais
00:35effectivement, c'était à l'époque, plaide-t-il la normalité ?
00:41Dernier sujet qui, évidemment pour moi, est un sujet de regret, c'est que le Parlement a fonctionné comme ça
00:48pendant des décennies et des décennies.
00:50On a été élus en 1981, plus de la moitié des parlementaires avaient leurs conjoints comme collaborateurs.
00:58Et l'Assemblée nationale encourageait tout à fait cette pratique.
01:04Et ça, c'est le problème quand on est élus pendant très longtemps, c'est que je n'ai pas
01:07vu que ce qui était une pratique normale du Parlement depuis très très longtemps
01:14n'était plus accepté par la société.
01:18Au fond, qu'il y avait une sorte de changement de regard de la société sur ces sujets-là, ce
01:24que je n'ai pas vu.
01:25Et évidemment, ça a entraîné des conséquences graves, à la fois pour le pays et pour moi et pour ma
01:33famille.
01:33Pourquoi pour le pays ?
01:35Parce que mon premier regret, c'est d'avoir fait, avec cette histoire, perdre du temps à la France.
01:41L'élection d'Emmanuel Macron fait perdre du temps à la France.
01:46Elle a aggravé la situation de crise dans laquelle nous sommes.
01:50Et je pense que sans cette affaire, Emmanuel Macron n'aurait pas été élu président de la République.
01:55D'abord, il a raison, sans doute, et c'est pour ça que plane sur l'élection d'Emmanuel Macron
01:59l'accident, forcément.
02:01Et un accident dont on paye toujours les frais aujourd'hui.
02:03Alors, il biaise quand même un peu François Fillon, parce qu'il sous-entend que Pénélope Fillon travaillait beaucoup pour
02:09lui.
02:10Et qu'effectivement...
02:12On ne lui a pas reproché d'employer sa conjointe, sa femme.
02:14On lui a reproché de l'employer à ne rien faire.
02:17C'est-à-dire qu'elle a payé à rien faire.
02:18Ce n'est quand même pas la même chose.
02:19Et en disant que l'Assemblée...
02:20Mais si la justice n'a pas reconnu ça, visiblement.
02:23Elle ne faisait rien, quoi, en fait.
02:25C'était un complément de salaire.
02:27Oui, bon, voilà.
02:28Il dit que l'Assemblée nationale encourageait ce genre de pratiques.
02:31Non.
02:31Mais la véritable question...
02:32Elle la tolérait.
02:33Oui.
02:33Elle la tolérait.
02:34Fermez les yeux, quoi.
02:35Mais la véritable question que pose François Fillon, d'ailleurs, ça nous ramène à David Lysnard.
02:40Est-ce qu'il y a une voie pour le libéralisme en France ?
02:41Parce qu'il y a très, très peu de candidats libéraux.
02:43Il avait failli parvenir sur une ligne libérale.
02:46Est-ce que David Lysnard, par exemple, ou d'autres candidats peuvent incarner une sensibilité libérale en France ?
02:53Écoutez ce qu'il dit également sur 2027 et la justice qui peut intervenir dans les débats.
02:57Et ça, c'est peut-être plus intéressant ou en tout cas plus important pour l'avenir.
03:02L'élection de 2027 qui est en train de se préparer va donner l'occasion d'opérations du même type
03:11que celle qui m'a concerné.
03:13Vous pensez que ça va partir aussi, les requêtes politiques à droite et à gauche ?
03:17On a déjà le maire du Havre qui est mis en examen sur un sujet, Mme Le Pen, M. Villepin.
03:28Enfin, oui, oui, bien sûr, il y a...
03:30Ça va commencer ?
03:30Oui, bien sûr, ça a commencé.
03:32Ça a déjà commencé.
03:33Et ça pose une question qui est la motivation des magistrats.
03:41Ça, c'est...
03:42Vous vous rendez compte qu'un homme politique de première importance
03:46dise ça avec ce sentiment qu'on a tous,
03:49que les magistrats, et effectivement certains magistrats,
03:53en tout cas sont en croisade contre des hommes de droite,
03:56droite, disons-le, plus que des hommes de gauche,
04:00ça pose quand même un problème à notre démocratie.
04:03Alors, je n'ai pas la solution, bien évidemment.
04:05Non, non, non, mais toujours, en effet, c'est un dédiablement,
04:07il y a un sujet de biais possiblement idéologique d'une partie des magistrats,
04:11et puis après, il y a les députés qui leur ont offert la possibilité, dans la loi,
04:14d'avoir recours à ces procédures.
04:16C'est toujours pareil.
04:17C'est que c'est le politique qui est à l'initiative, malheureusement,
04:21et je pense qu'on est allé trop loin dans cette transparence à tout prix.
04:24Dernier mot de François Fillon,
04:26cette fois-ci, sur Emmanuel Macron,
04:28qui a beaucoup abîmé le pays,
04:29et c'est vrai qu'il y a consensus.
04:31Alors, il y a effectivement les résultats qui sont catastrophiques,
04:33et puis il y a l'état d'esprit du pays,
04:35qui effectivement, aujourd'hui, est fracturé,
04:38avec d'ailleurs une opposition qui va être peut-être le signe de la campagne
04:41entre les jeunes et les vieux.
04:42Moi, je suis très frappé.
04:44Ça montre, oui.
04:45Des jeunes et les vieux.
04:46C'est-à-dire, alors, ce n'est pas tous les jeunes,
04:48mais il y a une partie des jeunes qui détestent les vieux,
04:50une partie, une partie,
04:52qui détestent les boomers,
04:54qui leur reprochent d'avoir tué le pays,
04:56de s'être servi, d'avoir profité,
04:58d'avoir abîmé la planète.
05:01Et il y a toujours eu des différences entre les générations.
05:04Mais souvent, moi, je parle de la fracture générationnelle,
05:07ou de la lecture générationnelle,
05:08et je suis très frappé de la petite musique.
05:13Les vieux...
05:14Alors, c'est vrai que les jeunes,
05:15c'est difficile d'être jeune aujourd'hui.
05:16C'est difficile quand tu rentres dans la vie professionnelle,
05:19c'est difficile de se loger.
05:20Est-ce que c'était beaucoup plus simple pour nous ?
05:21Mais beaucoup, mais c'était 100 fois plus simple, Olivier.
05:24Pour l'avoir écrivé l'histoire ?
05:27Je ne pense pas du tout.
05:28Olivier.
05:29On était en pleine crise.
05:31On a le même âge,
05:32donc on a vécu, on a vécu cette période.
05:34Ça a peut-être été facile pour vous,
05:36je peux vous dire un truc.
05:37Moi, je n'ai pas eu l'impression
05:37de vivre une période particulièrement bénie.
05:39Olivier, je vais vous prendre un exemple.
05:41Oui.
05:41Et effectivement, un exemple personnel.
05:44Ça fait 40 ans que je suis arrivé à Paris.
05:46Je suis arrivé en septembre 1986.
05:47J'ai trouvé un appartement
05:49dans le sixième arrondissement tout de suite
05:50et je payais 500 francs.
05:53Exactement.
05:53Ce n'était pas très cher,
05:54c'était une chambre de bonne.
05:55Oui.
05:55J'ai trouvé tout de suite.
05:57Et quand j'ai eu cette chambre de bonne,
06:00j'ai donné le salaire sans doute de mon père
06:01et on me l'a donné tout de suite.
06:03C'était ça la réalité.
06:05Aujourd'hui, j'ai vu qu'il y a 70%
06:07de loyers en moins,
06:09de gens qui ne veulent plus rien voter,
06:11qui ne veulent plus rien louer.
06:12Mais je ne suis pas en train de vous dire
06:13que c'est un exemple tout simple.
06:14Aujourd'hui, dans une société idéale,
06:15je dis qu'idéaliser la période
06:18où vous aviez 20 ans,
06:19c'était très bien
06:20parce que vous aviez 20 ans.
06:21Non, mais je vous donne un exemple précis.
06:23Voilà.
06:23Sur le logement, vous avez raison.
06:25Mais c'est essentiel.
06:26Trouver du boulot,
06:27vous avez trouvé du boulot facilement,
06:29ce n'était pas évident de trouver du boulot.
06:30Olivier, j'ai parlé ce matin,
06:31je suis allé au Bocal ce matin.
06:33J'ai parlé avec les jeunes gens.
06:35Il y avait un jeune journaliste qui est là,
06:37il cherche un appartement.
06:39C'est l'enfer.
06:39Ça, c'est vrai.
06:40C'est essentiel.
06:41Ah oui ?
06:42C'est essentiel.
06:44C'est essentiel, en fait.
06:46Il cherche un appartement dans Paris
06:47à 800 euros, 1000 euros
06:48de trouver quelque chose.
06:50Mais c'est l'essentiel.
06:51Et il t'explique que même son père
06:53qui gagne, sa mère, etc.,
06:54ça ne suffit pas.
06:55Tu as 2000 demandes.
06:57Je ne sais pas combien de demandes, d'ailleurs.
06:59Donc, la vie était plus simple.
07:01La vie était plus simple.
07:03Tout était plus simple.
07:04Tu rentrais dans une rédaction sans badge.
07:06Tu pouvais parler aux gens,
07:07avoir un stage, etc.
07:08Tout était plus simple.
07:09On ferme la parenthèse,
07:11on écoute Fillon sur Emmanuel Macron
07:13qui a beaucoup abîmé le pays.
07:16Je pense qu'Emmanuel Macron
07:17restera dans l'histoire
07:18comme quelqu'un qui a
07:20beaucoup, beaucoup abîmé le pays.
07:22Il l'a abîmé d'abord
07:24avec cette idée
07:25qui est une fausse bonne idée
07:28du en même temps,
07:29du il n'y a pas de gauche,
07:30il n'y a pas de droite,
07:31on va réunir tous les gens
07:32de bonne volonté
07:33pour gouverner le pays.
07:34Le problème, c'est qu'une démocratie,
07:36ça fonctionne sur la base
07:37de l'alternance.
07:38C'est-à-dire que
07:39la différence entre une démocratie
07:41et une dictature,
07:42c'est qu'à un moment donné,
07:42dans une démocratie,
07:43vous pouvez vous débarrasser
07:45de vos dirigeants.
07:46Dans une dictature,
07:46vous ne pouvez pas.
07:47Quand vous avez tué la droite
07:49et que vous avez tué la gauche
07:51et que vous avez créé
07:53cette espèce d'hypercentre,
07:54il n'y a plus d'alternance possible,
07:56sauf à faire confiance
07:58aux extrêmes.
07:59Bon, elle s'est tuée
07:59parfois toute seule,
08:00la droite.
08:01T'as envie de lui dire,
08:01François Fillon,
08:03franchement,
08:04c'est un peu tuée toute seule.
08:05Parce qu'on va écouter
08:06tout à l'heure Juppé
08:07face à Philippe Devilliers.
08:10Juppé, c'était juste
08:10le Premier ministre.
08:12Donc, sur des sujets,
08:14sur l'Europe
08:15et sur l'immigration,
08:16ils se sont trompés,
08:18je le disais tout à l'heure,
08:19complètement.
08:20Même dans l'affaire Fillon,
08:21la droite,
08:21comment elle a réagi
08:22à ce moment-là,
08:23déjà, ça annonçait
08:24le désastre à venir.
08:25On est passé de Fillon
08:26qui a fait 20% à droite
08:27à Valérie Pécresse en 2022
08:29qui fait moins de 5%.
08:31C'est aussi ça l'explication.
08:32Bon, le sondage
08:33avec Emmanuel Macron
08:34qui a perdu 9 points.
08:35J'ai vu.
08:36Alors ça, c'est pas si fréquent.
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