- il y a 7 semaines
En cette rentrée politique, plusieurs rendez-vous sont attendus ce samedi 29 août. Les universités d'été du Parti socialiste se poursuivent à Blois, tandis que plusieurs figures du bloc central se retrouvent dans l'Yonne pour l'université d'été du Laboratoire pour la République. Jordan Bardella fait également sa rentrée, à la foire de Châlons-en-Champagne.
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00:00Merci à Rémi et à l'ensemble des JS pour l'enthousiasme que vous mettez dans nos réunions.
00:12Merci aux secrétaires nationaux, merci aux bénévoles, merci aux permanents,
00:20merci à toutes celles et ceux qui, avec le service d'ordre, font que notre réunion puisse se tenir dans
00:24de si bonnes conditions.
00:25Vous avez toute notre gratitude. Je remercie également, évidemment, nos partenaires écologistes, communistes,
00:37de Debout, de L'Après, de Place Publique, de la GRS, d'avoir répondu présents.
00:43Vous êtes ici, chez vous, au cœur de la gauche, sur notre campus.
00:52Chers amis, chers camarades, cet été, la France a brûlé sous nos yeux.
01:00Ce n'était plus une métaphore.
01:03Des hectares de pain, de garigues, de chênes centenaires sont partis en fumée en quelques heures.
01:10Des villages évacués en pleine nuit.
01:13Et à chaque nouveau feu, la même sidération, celle de voir se consumer en quelques heures ce que des générations
01:22avaient mis des siècles à faire pousser.
01:25La même stupeur de voir périr piégés par les flammes des millions d'animaux, chevreuils, écureuils, lapins, c'est tout
01:33le vivant qui meurt.
01:35A quelques kilomètres de chez moi, la forêt de Fontainebleau, vieille de 40 000 ans, inspiration des impressionnistes,
01:47forêt dont Victor Hugo fut membre du comité de protection, a été, elle aussi, dévorée par les flammes.
01:54Sur ces bois calcinés repose la suie de nos lâchetés et le charbon de nos aveuglements.
02:00Nous avons vécu un été dans l'enfer d'une canicule dont nous savons qu'elle sera désormais non plus
02:06l'exception, mais la norme.
02:08Et si nous ne changeons rien, une étape vers pire encore.
02:15Enfer des incendies.
02:17Je ne crois pas qu'on devrait applaudir là.
02:19Parce que cet enfer, enfer des incendies, enfer des inondations, enfer des tornades, enfer des vies détruites.
02:32Je veux saluer ici nos maires, nos présidents de départements, de régions qui ont lutté et protégé nos concitoyens.
02:41Je veux évidemment avoir une pensée toute particulière pour notre camarade Martial Zaninetti, maire du Porge et les habitants de
02:53sa commune dont 183 habitations ont été détruites.
02:58Et évidemment, saluer le courage absolu des pompiers, des militaires, des agriculteurs, de tous ces bénévoles qui sont venus combattre
03:11les flammes à plus de 1000 degrés.
03:13Oui, vous pouvez les applaudir.
03:15Oui, ils méritent ces applaudissements.
03:31Bien sûr, je pense aussi au drame absolu que subit le Népal.
03:39Le monde entier est en proie aux conséquences de la crise climatique et la solidarité internationale se mobilise.
03:47Mais il ne suffira plus de dire notre peine ou de louer le courage.
03:53Il faut maintenant agir.
03:55En 2022, après les incendies historiques de Gironde, les ministres se sont déjà déplacés.
04:03Ils ont déjà promis de tirer les leçons, déjà annoncés, des moyens nouveaux.
04:08Quatre ans plus tard, la catastrophe est encore supérieure et les visites d'État ont surtout visé à masquer une
04:18improvisation coupable.
04:21Ils ont asséché les crédits aux collectivités, divisé par quatre le fond vert, reporté l'achat de Canadair.
04:30Toutes ces restrictions qui se voulaient économie ont, au final, conduit à des pertes qu'ils estiment eux-mêmes à
04:3715 milliards.
04:38Alors, qu'est-ce que c'est que ce plan d'urgence annoncé par le gouvernement ?
04:4312 millions d'euros pour les collectivités, quand l'achat d'un seul Canadair en vaut 47.
04:50Il faut reconstruire le porge, accompagner les enfants traumatisés, les habitants qui ne savent plus où dormir et qui doivent
04:58faire face aux assurances.
05:00Aider les entreprises sinistrées, leurs employés et toutes les communes touchées.
05:07Mais pourquoi reconstruire à l'identique, si c'est demain, pour connaître les mêmes conséquences ?
05:14Il faut désormais mettre un mot sur notre responsabilité, l'habitabilité.
05:21Rendre habitable, c'est garantir les conditions d'une vie digne, de l'eau disponible,
05:28d'un air respirable, des écoles où l'on puisse apprendre, des forêts vivantes, une agriculture capable de produire,
05:38des villes où l'on puisse encore marcher et vivre dehors.
05:42Le climat n'est plus une politique parmi d'autres.
05:46La transformation écologique doit imprégner toute notre action.
05:52Je le dis, l'heure du socialisme écologique a sonné.
06:00La bifurcation écologique doit d'urgence devenir un investissement national.
06:07Je propose de créer un grand fonds national et européen, doté de ressources permanentes,
06:15permettant d'investir sur 20 ou 30 ans dans la diversification des forêts, les sols, la circulation de l'eau,
06:24la restauration des zones humides, la prévention des incendies et des inondations,
06:30l'adaptation des villes et la protection des populations.
06:34Il faut programmer, planifier, car rien ne se fera en trois mois.
06:40Les annonces marketing sans l'endemain, ça suffit !
06:51L'environnement n'est vu par la droite et l'extrême droite que comme une dépense.
06:56C'est tout le contraire.
06:59La transformation écologique est un gisement d'emplois et une nouvelle odyssée industrielle à construire.
07:07Alors il faut mettre le paquet sur les énergies renouvelables
07:10qui sont les seules à garantir un approvisionnement à la fois décarboné et vraiment souverain.
07:17Il faut faire ce que la France a su faire dans les années 70 avec la filière nucléaire.
07:24Elle doit maintenant le faire de la même manière avec les renouvelables.
07:30Nous devons changer notre manière de définir nos fondations.
07:34Nous savons très bien valoriser une route ou un réseau électrique,
07:39mais pas ces infrastructures sur lesquelles repose pourtant notre vie.
07:44Un sol capable de retenir l'eau, une forêt résistante au feu,
07:50une zone humide qui amortit une crue, une canopée qui protège une ville pendant une canicule.
07:56Nous appelons encore environnement ce qui est en réalité au cœur de notre sécurité collective.
08:04Notre système est devenu absurde.
08:08Seule la destruction est rentable.
08:11Nous donnons un prix à l'arbre lorsqu'il est coupé,
08:14mais pas lorsqu'il retient l'eau, stocke du carbone, protège un sol ou rafraîchit un territoire.
08:21Il faut inverser cette logique qui privatise le bénéfice de la destruction
08:27et fait payer à la collectivité le coût de la réparation.
08:44Le toxin doit sonner.
08:47Tout le monde doit s'y mettre.
08:49Il faut cumuler investissement public et privé.
08:53Je propose de suspendre le versement de dividendes
08:57pour toute entreprise qui ne s'engage pas résolument dans sa propre transformation écologique.
09:06Pas écolo, pas de cadeau.
09:10Assez perdu de temps.
09:18On nous dira écologie punitive.
09:23Mais la punition, elle est déjà là.
09:26Et cette dette-là, la dette écologique,
09:30personne ne pourra jamais l'effacer ni la rembourser.
09:34Voilà ce que devraient dire les agences de notation.
09:37Alors, soyons clairs.
09:40Malgré tout, l'écologie ne convaincra jamais
09:43si elle consiste à demander aux plus modestes
09:47d'abandonner un mode de vie qu'ils n'ont pas les moyens de quitter.
09:50On ne pénalise pas celui qui utilise sa voiture
09:54quand aucune alternative crédible n'existe.
09:59La justice sociale est la condition
10:02de la réussite de la transformation écologique.
10:06Notre projet ne peut pas être celui du moins pour tous.
10:11Il doit être celui d'une autre abondance.
10:13Plus de transports publics,
10:15plus de logements confortables,
10:17plus d'arbres, plus de services publics,
10:19plus de temps, plus de santé,
10:22plus de nature accessible,
10:25moins de gaspillage matériel
10:26et davantage de vie.
10:30Les libéraux veulent, paraît-il, une règle d'or.
10:34Nous leur en proposons une, simple.
10:37Vous avez déifié l'or noir.
10:39Eh bien, nous voulons maintenant sanctuariser l'or vert.
10:44Plus aucun budget, plus aucun budget de l'État
10:49ne devra être présenté s'il demande plus à notre terre
10:54que ce qu'elle peut nous donner.
10:57J'entends déjà le cœur des pleurnicheurs.
11:06Parfois réunis au même endroit à Roland-Garros.
11:14Tous ceux qui vous diront qu'ils vont maintenant quitter le pays
11:19parce que, décidément, nous soyons une gauche réfractaire au business.
11:26On nous promettra le FMI, la ruine, la désolation.
11:31Mais, rassurez-vous, rien de tout cela n'arrivera.
11:36En revanche, si nous ne faisons rien,
11:39vous vivrez, vous, vos enfants, vos petits-enfants
11:44et leurs enfants après eux,
11:46les pénuries et l'inflation sur les produits alimentaires,
11:49les conflits d'usage autour de l'eau,
11:52les passoires thermiques,
11:54le travail rendu impossible dans tous les métiers
11:57où la climatisation est absente,
12:00la dépendance énergétique.
12:18Chers amis, j'espère que nous serons moins chauds que le climat.
12:24Nous devons devenir une nation résolument verte.
12:28et parce que la France adoptera cette attitude implacable
12:32avec les pollueurs.
12:34Vous verrez, vous verrez,
12:37le monde l'adoptera.
12:39François Mitterrand avait cette si belle formule.
12:44Quand la France rencontre une grande idée,
12:49elles font le tour du monde ensemble.
12:51Je le crois toujours.
13:02Chers amis,
13:04je suis aussi venu vous parler d'un autre feu
13:07qui avance à la même vitesse,
13:10avec la même logique de dévastation
13:13et que nous regardons parfois avec la même sidération impuissante
13:17qui précède trop souvent
13:19le moment où il est déjà trop tard.
13:22Ce feu-là ne brûle pas les arbres.
13:26Il brûle ce que nous avons mis,
13:29nous, socialistes,
13:30et toute la gauche,
13:31à un siècle à construire.
13:34La sécurité sociale,
13:35l'école de la République,
13:37le droit d'asile,
13:38l'égalité devant la loi,
13:40le refus des discriminations,
13:42l'état de droit,
13:43ce feu qui vient de l'extrême droite
13:45n'a pas besoin de vent pour se propager.
13:47Il se nourrit de la peur,
13:49du ressentiment,
13:51des frustrations,
13:52et il faut bien le reconnaître,
13:55son meilleur combustible,
13:56c'est la politique menée
13:58depuis dix ans
14:00par Emmanuel Macron.
14:05Dans les années 2000,
14:08la richesse par habitant
14:09se positionnait 15%
14:12au-dessus de la moyenne
14:13des pays de l'Union européenne.
14:16Aujourd'hui,
14:17nous sommes en dessous de la moyenne.
14:20La fable du ruissellement
14:23que l'on nous a tellement servi,
14:25plus les riches seraient riches
14:28et plus les gouttes
14:29vinaient par nourrir
14:31celles et ceux
14:33qui, au bas de l'échelle,
14:35n'attendent
14:35que leur ruissellement.
14:37Cette fable ne tient plus.
14:39Le chômage est reparti à la hausse.
14:40La dette se creuse
14:42et tout indique
14:43notre affaiblissement.
14:45Le macronisme
14:46a tourné le dos
14:47à notre passé
14:48de grandes puissances
14:49industrielles,
14:51scientifiques,
14:52sanitaires,
14:54diplomatiques.
14:56On est là !
15:00On est là !
15:03On est là !
15:09On est là !
15:10Alors oui, on est là !
15:12On est là !
15:14On est là !
15:44Chers amis,
15:45vous avez raison de dire
15:47que nous sommes là.
15:49Mais regardons tout de même
15:50les choses en face.
15:52À huit mois de la présidentielle,
15:54l'extrême droite
15:55n'a jamais été à un niveau
15:57aussi élevé.
15:58Elle n'est plus simplement
15:59à la porte du pouvoir.
16:00Elle a déjà mis un pied
16:02dans notre baillement.
16:03Elle prospère sur le terreau
16:05que nous connaissons si bien.
16:07La désindustrialisation
16:09qui a vidé nos villes moyennes.
16:10le constat d'un État
16:12qui a déserté
16:12certains territoires
16:13avant que l'extrême droite
16:15vienne elle-même
16:16y installer
16:17ses propres permanences.
16:18La peur du déclassement
16:19chez ceux
16:20à qui on avait promis
16:22que leurs enfants
16:23vivraient mieux qu'eux.
16:25Et comme les feux
16:27cet été,
16:29l'incendie politique
16:30avance vite
16:31parce que les conditions
16:32sont réunies.
16:33Une défiance sèche
16:35comme l'herbe en août.
16:37Un débat public
16:38qui s'embrase
16:39à la moindre étincelle
16:41des digues républicaines
16:42qu'on croyait
16:44des pare-feux
16:44et qui cède
16:46une à une.
16:48Ce n'est plus
16:49un risque lointain.
16:50C'est déjà
16:51une trajectoire.
16:53La question
16:54n'est plus
16:54de savoir
16:55si le feu
16:56peut arriver
16:57jusqu'à nous.
16:59Il est déjà là.
17:01Et je le dis
17:02avec une colère
17:03qui n'est pas feinte.
17:05Cette progression
17:06de l'extrême droite
17:07la droite
17:08dite républicaine
17:09n'y est pas
17:10pour rien.
17:11Elle y participe
17:12jour après jour
17:13qu'elle l'assume
17:14ou non.
17:16Elle a commencé
17:19par emprunter
17:20son vocabulaire
17:21puis
17:22ses obsessions
17:23puis
17:24de plus en plus
17:25souvent
17:26ses voix
17:27à l'Assemblée
17:28et au Sénat.
17:29Chaque fois
17:30qu'elle choisit
17:31de débattre
17:31sur le terrain
17:32de l'extrême droite
17:33plutôt que
17:34de le refuser
17:35elle légitime
17:36un peu plus
17:37cette idée
17:37que le terrain
17:39de l'extrême droite
17:41est le seul
17:41terrain possible.
17:43Chaque texte
17:44sur l'immigration
17:45chaque convergence
17:46qu'elle soit
17:47murmurée
17:48ou plus assumée
17:49est un pas
17:51de plus
17:51dans la même
17:53mauvaise direction.
17:55Et je leur dis
17:56on ne se rapproche
17:58jamais du feu
17:59sans s'y brûler
18:00et ceux
18:01qui pensent
18:02pouvoir emprunter
18:03les mots
18:04et les propositions
18:05de l'extrême droite
18:06sans en payer
18:07un jour le prix
18:08se trompent
18:09devant l'histoire.
18:13Applaudissements
18:14Applaudissements
18:17Applaudissements
18:34Applaudissements
18:36Voilà pourquoi nous devons dresser la digue, ne rien lâcher de ce qui fonde l'identité profonde de notre pays
18:49depuis la Révolution française.
18:51Nous sommes là, vous et moi, comme au premier jour, humbles mais fiers d'une histoire qui se confond avec
19:00celle de toutes les grandes conquêtes sociales.
19:02Nous sommes, c'est vrai, entrés dans le temps des ogres. Le pouvoir brut est de retour et ne se
19:11cache même plus.
19:12L'extrême argent, c'est cyniquement choisi l'extrême droite comme allié et réciproquement.
19:19C'est notre mission de les arrêter avant qu'ils ne nous dévorent. Nous assistons à une nouvelle mutation du
19:28capitalisme.
19:29Entendons-nous bien. Je ne parle pas ici des entreprises intermédiaires, des PME ou des petits entrepreneurs qui défendent leur
19:36métier avec passion.
19:38Je parle du système capitaliste incarné par les grands groupes, de la tech, de l'énergie, de l'agroalimentaire, souvent
19:45détenu par des fonds de pension sans âme.
19:47Le capitalisme des premières révolutions n'était pas le paradis, loin de là. Mais les combats du mouvement ouvrier, nos
19:57conquêtes politiques,
19:58avaient permis d'arracher des droits nouveaux et de mettre le partage de la valeur à l'agenda.
20:04Désormais, la planète brûle par l'avidité sans fin d'un néocapitalisme forcené qui ne voit dans la nature qu
20:17'un immense champ de profits financiers.
20:20Les nouveaux cannibales ne ressemblent pas aux industriels du XIXe siècle, ni même aux conglomérats du XXe.
20:28Ils portent le capitalisme dans sa forme prédatrice ultime.
20:35Ils mangent la planète comme on dévore un capital, joyeusement, méthodiquement, en se distribuant des dividendes jusqu'à l'os.
20:44Le capitalisme numérique et énergétique a besoin de métaux critiques, de terres rares, de capacités de calcul, d'accès à
20:53une énergie abondante et stable.
20:55Il ne peut pas fonctionner sans lithium, sans cobalt, nickel, cuivre, graphite, gallium, silicium, et pour assurer sa domination.
21:04Ce capitalisme n'est plus seulement un système de production et d'échange.
21:08Il ne produit plus, il capte, il capte l'eau, l'énergie, les sols, les ressources rares.
21:15Les urgences collectives n'entrent plus dans ces préoccupations.
21:20Ce qui les enrichit, en réalité, nous affaiblit.
21:25Licenciés des salariés dont on ne connaît ni le visage ni le nom,
21:30barrés la route des baleines pour installer une plateforme de forage,
21:35exploiter la forêt d'Amazonie jusqu'à sa destruction totale.
21:40Tout cela relève de la même mécanique.
21:45Leur profit avant nos vies.
21:49Et ce qui est nouveau, chers camarades,
21:52ce qui est nouveau,
21:53c'est que les Etats-Unis d'Amérique,
21:57qui sont à la fois la plus grande démocratie du monde
22:01et la plus importante force militaire,
22:05s'affranchit désormais du droit international
22:07et menace l'ordre mondial pour imposer un nouvel ordre géopolitique.
22:12La liberté que promeuvent Trump et ses amis,
22:17c'est la liberté des nouveaux colons
22:19à la recherche de nouveaux esclaves
22:21pour servir de nouveaux empires.
22:24C'est le retour de la loi du plus fort.
22:27Eh bien moi, je veux porter avec vous la loi du plus juste.
22:52Il y a une différence fondamentale
22:58entre la droite, l'extrême droite et nous.
23:03Il nous répète à tue tête
23:04que la liberté serait l'absence d'entrave,
23:08l'absence de règles, de lois,
23:11qu'il suffirait de retirer l'Etat,
23:13qu'il faut limiter la redistribution
23:15pour libérer les énergies.
23:17La liberté consisterait simplement
23:19à ne pas être empêchée.
23:22Ce qu'ils nous vendent, en réalité,
23:25c'est la liberté du renard dans le poulailler.
23:28Pourtant, c'est la règle qui protège
23:31et donne à chacun les conditions de sa liberté.
23:35Et c'est précisément ce pare-feu,
23:37l'Etat social,
23:39que la droite et l'extrême droite,
23:41sous couvert de rendre aux Français leur liberté,
23:43s'apprêtent à démanteler.
23:46Elles agitent bruyamment
23:48la tronçonneuse de Milley et de Trump.
23:51Moins d'impôts,
23:52moins de protection,
23:54moins de services publics.
23:57Mais, pour nous autres,
24:00pour nous autres,
24:02qu'est-ce qu'est la liberté ?
24:04La liberté,
24:05c'est disposer réellement des moyens
24:08de devenir ce qu'on est capable d'être.
24:11En théorie, bien sûr,
24:14en théorie, bien sûr,
24:16la misère ne supprime pas la liberté,
24:18mais en pratique,
24:20elle la rend inaccessible.
24:23Le socialisme est d'abord
24:25une politique des capacités réelles.
24:28Il ne promet pas seulement l'égalité
24:31devant la loi.
24:33Il donne à chacun
24:35les moyens de sa liberté.
24:42Cette liberté
24:46ne tombe pas du ciel.
24:48Elle se construit
24:49et se protège.
24:51C'est tout le sens
24:52de ce que,
24:53face à la loi du plus fort,
24:56j'appelle la loi du plus juste.
24:57Non pas une loi
24:58qui contraint la liberté,
25:00mais la condition
25:01qui la rend possible.
25:03La sécurité sociale
25:05n'a jamais été une entrave
25:07à la liberté des Français.
25:09Elle est, au contraire,
25:10ce qui a permis
25:11à des millions d'entre eux
25:13de ne pas être esclaves
25:15de la maladie
25:16ou de la vieillesse.
25:19L'école gratuite
25:21n'a jamais confisqué
25:23la liberté des enfants.
25:25Elle leur a donné
25:28chaque digue
25:30que la gauche a bâtie
25:33au XXe siècle
25:34n'était pas une prison.
25:36Elle était un pare-feu.
25:38Et nous devons maintenant
25:40retrouver le fil historique
25:43du socialisme français.
25:45À chaque époque,
25:47la gauche,
25:48nous avons identifié
25:50une nouvelle frontière
25:51de l'émancipation.
25:53Hier,
25:54il fallait arracher,
25:56plutôt avant-hier,
25:57il fallait arracher
25:58l'enfant au travail.
26:01Hier,
26:01le salarié
26:02à l'arbitraire patronal.
26:04Le malade
26:05à la peur
26:06de ne pas pouvoir
26:07se soigner.
26:07Le vieillard
26:08à la misère.
26:10Sur tous ces conquis,
26:12il ne faut pas reculer,
26:13mais consolider.
26:15Mais aujourd'hui,
26:17oui,
26:18il faut consolider.
26:19Mais aujourd'hui,
26:20de nouvelles vulnérabilités
26:22apparaissent.
26:23l'accès à une alimentation
26:26de qualité,
26:27le logement,
26:28la dépendance,
26:29l'isolement,
26:31la précarité du travail,
26:32l'enfance mal protégée,
26:35les fractures territoriales.
26:36Notre devoir
26:37n'est pas simplement
26:39de conserver pieusement
26:41l'état social du XXe siècle.
26:44C'est déjà pas mal.
26:45mais il est
26:46d'en prolonger
26:47la promesse
26:48au XXIe siècle.
27:03Ça ne marche pas.
27:07On fera des pupitres
27:08un jour
27:08avec un truc
27:10pour mettre le verre d'eau.
27:11Aujourd'hui,
27:13un Français sur cinq
27:15renonce à bien manger
27:16faute de moyens
27:18pendant que
27:18l'agro-industrie
27:19dicte ce qui finit
27:21dans nos assiettes.
27:24Est-ce que
27:25la qualité
27:27de l'alimentation,
27:30est-ce que c'est juste
27:31que cette qualité
27:33dépende
27:33de vos revenus ?
27:36Est-ce juste
27:37qu'il y ait
27:38une malbouffe
27:39pour les plus pauvres
27:41et un accès
27:42à une nourriture
27:43de qualité
27:43pour les plus aisés ?
27:45Non !
27:47Je le dis
27:48avec vous,
27:48la liberté
27:49de bien manger
27:50ne peut dépendre
27:51du seul compte
27:52en banque.
27:53Une sécurité sociale
27:55de l'alimentation
27:57est déjà expérimentée
27:59à l'état
28:00embryonnaire
28:00dans plusieurs villes.
28:02Demain,
28:03elle peut prendre
28:04la forme
28:05d'un fonds national
28:06qui permette
28:07aux familles
28:08les plus modestes
28:09de faire leurs courses
28:10à des tarifs réduits
28:12pour une nourriture
28:13de qualité
28:13en quantité suffisante.
28:15et c'est cela
28:16que nous devons
28:17maintenant
28:17chercher
28:18à conquérir.
28:23Le socialisme
28:29ne peut pas
28:30être une tiédeur,
28:32une mollesse.
28:35Le socialisme
28:36est dans son essence
28:38même révolutionnaire.
28:40Alors,
28:41notre radicalité
28:44n'est pas
28:45tonitruance
28:46mais elle consiste
28:48à aller
28:48à la racine
28:50des choses.
28:51Quand le logement
28:52absorbe
28:54la moitié
28:54des salaires,
28:56quand l'école
28:57n'a plus
28:57les moyens
28:58d'empêcher
28:59la reproduction
29:00des inégalités,
29:02quand le travail
29:03ne permet plus
29:03de vivre décemment,
29:05quand l'héritage
29:06décide
29:07davantage
29:07d'un destin
29:08que le mérite
29:09ou le talent,
29:10nous ne pouvons pas
29:12nous contenter
29:12de poser des rustines
29:13sur l'injustice.
29:14Nous voulons,
29:15nous devons
29:16en supprimer
29:17les causes.
29:27Alors,
29:28tous ensemble,
29:31nous porterons
29:32dans cette campagne
29:34qui s'annonce
29:35cette radicalité
29:37tranquille
29:37mais tranchée,
29:39celle de François
29:40Mitterrand
29:40et de la gauche
29:42unie
29:42en 81.
29:44Cette radicalité
29:47souriante,
29:49celle de Léon Blum
29:50et du Front Populaire
29:52en 1936.
29:56L'Université !
29:57L'Université !
29:58L'Université !
30:00L'Université !
30:02L'Université !
30:03Cette radicalité
30:05méthodique,
30:08celle de Lionel Jospin
30:10et de la gauche
30:11plurielle
30:12en 1997.
30:16Qui oserait dire
30:18que les socialistes
30:20n'ont pas changé
30:21la vie ?
30:22Toutes les grandes
30:23lois sociales
30:24l'ont été
30:25sous nos gouvernements
30:26les cinq semaines
30:27de congés payés,
30:29la retraite,
30:30les 35 heures,
30:32la couverture
30:32maladie universelle,
30:35le revenu minimum,
30:36les droits
30:37dans l'entreprise
30:38et de l'abolition
30:40de la peine
30:41de mort
30:42avec Robert Badinter
30:44au mariage
30:45pour tous
30:46avec François Hollande.
30:48Nous avons donné
30:49à l'humanisme
30:51son accomplissement.
30:54et c'est nous
30:56qui porterons
30:58dès les prochains jours
31:00la loi intégrale
31:02contre les violences
31:03faites aux femmes
31:05avec
31:08Céline Thiebaud-Martinez,
31:11avec Boris Vallaud,
31:13avec Patrick Cannaire
31:14et c'est nous
31:16qui portons
31:17le combat
31:18des 160 000 mineurs
31:21qui sont aujourd'hui
31:22confiés
31:23à l'être chale
31:24à l'enfance
31:25avec Isabelle Santiago
31:27et Aïda Adizadeh.
31:34Oui,
31:36oui,
31:38il nous reste
31:39tant à faire.
31:42Et avant d'aller
31:43plus loin,
31:44je veux justement
31:45m'adresser
31:46à la jeunesse
31:47trésor d'une nation.
31:50Je suis
31:51le repère
31:52de quatre enfants
31:54d'une tribu de six
31:56avec ma compagne.
31:57Ma maison,
31:58je dois bien
31:59le confesser,
32:01est une auberge espagnole.
32:04Je dis ça
32:05pour nos amis
32:06du PSE
32:07qui sont parmi nous.
32:10Et un salut
32:12fraternel
32:13à notre camarade
32:14ami et modèle
32:16Pedro Sanchez.
32:32chers amis,
32:33oui,
32:34je voulais m'adresser
32:35à la jeunesse
32:35de notre pays
32:36parce que je mesure
32:39tout ce que nous
32:39ne lui avons pas donné.
32:43jeunesse de ce pays,
32:46nous vous devons
32:47des excuses
32:49sans ironie
32:50ni démagogie
32:52pour n'avoir pas su
32:54vous protéger
32:54du chaos
32:56écologique,
32:57pour n'avoir pas
32:58enrayé
32:59une pauvreté
33:00qui broie
33:01aujourd'hui
33:0110 millions
33:02de personnes
33:03et singulièrement
33:04plus de 4 millions
33:06parmi les moins
33:07de 30 ans.
33:08pour vous avoir
33:10trop souvent
33:11négligé
33:11plutôt que de répondre
33:13aux angoisses
33:14de votre génération.
33:17Alors,
33:17je vous le dis
33:18et je le dis
33:19en notre nom
33:20à tous
33:21parce que je sais
33:22que nous partageons
33:23ce point de vue.
33:25Je ne peux,
33:27nous n'accepterons pas
33:28l'effondrement
33:29psychique
33:30de notre jeunesse.
33:30un lycéen
33:32sur cinq
33:32confie,
33:34hélas,
33:34avoir eu
33:35des pensées
33:36suicidaires.
33:38Cette dégradation
33:39amplifiée
33:40depuis la Covid
33:41tient à l'angoisse
33:44climatique.
33:4470% des jeunes
33:46se déclarent
33:47éco-anxieux
33:48au harcèlement
33:50numérique,
33:50aux inégalités
33:52et aux discriminations.
33:53Alors,
33:54nous proposerons
33:55un retour
33:56massif
33:57des psychologues
33:58scolaires
33:58et de tous
33:59les encadrants
34:00capables
34:01d'alerter,
34:02d'apaiser
34:02et de soigner.
34:12Je ne peux pas,
34:14nous ne pouvons pas
34:15accepter
34:16que des enfants
34:17soient battus,
34:18violés
34:19dans le silence
34:20des familles,
34:21écrasés
34:22par la honte
34:22et l'inertie
34:23des services sociaux
34:25exsanguins.
34:26Alors,
34:26à ces enfants,
34:28je le dis,
34:30je vous crois
34:31par principe
34:33contre vents
34:34et marées,
34:35je vous crois.
34:44Au pays
34:45des hussards
34:47de la République,
34:49nous voulons
34:49des classes
34:50à 19 élèves
34:52pour donner
34:53à chacun
34:53sa chance
34:54et mener
34:55le grand combat
34:56pour l'éducation.
34:59celui que
35:01la militante,
35:02l'activiste
35:03pakistanaise
35:05Malala
35:06Yousas
35:08Tsai
35:08je ne sais pas
35:10si je prononce
35:10bien
35:11et je m'excuse
35:11déjà auprès d'elle
35:12si elle nous écoute.
35:15Pris Nobel
35:16à 17 ans
35:17et qui
35:18à la tribune
35:20des Nations Unies
35:21avait prononcé
35:22cette phrase
35:23magnifique.
35:24un enfant
35:26un professeur
35:27un livre
35:29et un stylo
35:30peuvent changer
35:31le monde.
35:44pour les enfants
35:45qui arrivent
35:46le ventre vide
35:47à l'école
35:49je veux
35:51un petit déjeuner
35:53gratuit
35:53dans les écoles
35:55nous le ferons
35:57en consultation
35:59avec les maires
36:00la période
36:02appelle
36:02des mesures
36:03tranchées
36:04et concrètes
36:05nous sommes
36:07le pays
36:08de racines
36:09Hugo
36:09Zola
36:10Dumas
36:11Baudelaire
36:11Duras
36:11Sussonard
36:12Vuillard
36:12Mathieu Slimani
36:14j'en oublie tant
36:16et je veux
36:18avec vous
36:18que nous redonnions
36:19le goût
36:20et le plaisir
36:21de lire
36:21qui est le meilleur
36:23antidote
36:23aux écrans
36:31pardon de convoquer
36:33un souvenir personnel
36:33mais enfant
36:35mon père
36:36nous lisait
36:37à voix haute
36:38les pièces de théâtre
36:39et les livres
36:39qu'il aimait
36:40un souvenir
36:41qui m'a armé
36:42pour la vie
36:42et c'est un grand
36:44service public
36:45de la lecture
36:45que je vous invite
36:46aujourd'hui
36:47à créer
36:48en y associant
36:49les auteurs
36:50les créateurs
36:51les poètes
36:52les comédiens
36:53au service
36:54des plus beaux textes
36:55ouvrir la culture
36:57à tous
36:58c'est offrir
36:59à chacun
36:59sa liberté
37:06je veux
37:08que chaque enfant
37:10dispose
37:11d'un capital
37:12républicain
37:12qui permette
37:14notamment
37:14à ceux
37:15qui ont quitté
37:16le système scolaire
37:17prématurément
37:17de disposer
37:18d'une seconde chance
37:20pour se former
37:21se reconvertir
37:22ou créer
37:23son activité
37:24professionnelle
37:29économiser
37:30sur nos enfants
37:31c'est faire
37:33tourner
37:33le monde
37:34à l'envers
37:36il faut
37:37assumer
37:38oui
37:39il faut assumer
37:41la bataille
37:42de la fiscalité
37:44l'impôt
37:45n'est pas
37:46une punition
37:46il est
37:48la cotisation
37:49que nous versons
37:51à la civilisation
37:52commune
37:56l'impôt
37:59l'impôt
38:00n'est pas
38:01un gros mot
38:01l'impôt
38:03finance
38:03ce que
38:04personne
38:05ne peut
38:06financer
38:06seul
38:07enfin
38:08je parle
38:10pour le commun
38:11des mortels
38:11mais pour
38:12tous les autres
38:14l'école
38:15la santé
38:17la justice
38:18la sécurité
38:19toutes ces infrastructures
38:21qui créent
38:23la solidarité
38:23entre toutes et tous
38:25sont financées
38:26par l'impôt
38:27et nous devons donc
38:28maintenant veiller
38:29aussi à ce bien commun
38:30remettre de la progressivité
38:32là où elle a reculé
38:34évaluer systématiquement
38:36les centaines
38:37de milliards d'aides
38:38et de niches fiscales
38:39conditionner
38:40les aides publiques
38:41à des obligations
38:42précises
38:43en matière
38:44d'emploi
38:45de salaire
38:46d'investissement
38:47et de localisation
38:48de l'activité
39:06il n'y a pas
39:07de hasard
39:08il y a des choix
39:10chaque réduction
39:11fiscale
39:12non évaluée
39:13est une école
39:14qui n'ouvre pas
39:15un service
39:16d'urgence
39:16qui ferme
39:17la fiscalité
39:18c'est le miroir
39:20qui nous est tendu
39:21qui nous dit
39:22qui nous dit
39:23qui nous avons décidé
39:24de protéger
39:25en priorité
39:26tout est question
39:28de choix
39:29nous avons
39:32découvert
39:33pendant la crise sanitaire
39:37que la France
39:38ne produisait
39:39plus le paracétamol
39:41qu'elle consommait
39:42ce n'est pas
39:44ce n'est pas
39:44un accident
39:44de l'histoire
39:45c'est le résultat
39:47de 40 années
39:48de délocalisation
39:50au nom
39:51du profit
39:52et au détriment
39:53de notre système
39:54de santé
39:57la même
39:59vulnérabilité
40:00traverse
40:02notre défense
40:03la loi
40:04de programmation
40:04militaire
40:05le pilier
40:06européen
40:07de défense
40:07ce ne sont pas
40:08des défis
40:09réservés
40:10aux experts
40:11un continent
40:12qui ne peut pas
40:13assurer
40:14sa propre sécurité
40:15n'est pas
40:16un continent
40:17libre
40:17il est un continent
40:19qui négocie
40:20sa liberté
40:21avec ceux
40:23qui ont gardé
40:24les moyens
40:25de la leur
40:26alors nous ne voulons
40:27pas
40:28d'une Europe
40:29qui dépende
40:29des humeurs
40:30erratiques
40:31du locataire
40:32de la maison blanche
40:33nous sommes
40:34nous serons
40:35aux côtés
40:36de la résistance
40:37ukrainienne
40:38pour défendre
40:40leur
40:40et notre
40:41liberté
40:41c'est ça
40:43la France
40:44c'est ça
40:54la France
40:56et j'en viens
40:58précisément
40:59à ce que
41:00l'extrême droite
41:02essaie
41:03sans cesse
41:03de nous voler
41:04notre identité
41:07l'extrême droite
41:09a fait de ce mot
41:10son arme
41:10favorite
41:11en le rétrécissant
41:13jusqu'à l'étouffement
41:14une identité
41:16fermée
41:17rabougrie
41:18figée
41:18qui exclut
41:19plus qu'elle ne
41:20rassemble
41:21alors
41:22relisons
41:24relisons
41:25Patrick Veil
41:26Amine Malouf
41:27Edouard Glissant
41:28l'identité
41:30française
41:30ne s'est
41:32jamais
41:32construite
41:34dans la pureté
41:35elle s'est construite
41:36dans la
41:37relation
41:51nous sommes
41:52une France
41:53qui n'est
41:55ni éternelle
41:57ni nouvelle
41:59mais vivante
42:02un pays
42:03dont l'identité
42:05a évolué
42:06au fil des siècles
42:07qui s'est métissé
42:09un pays
42:10qui s'est enrichi
42:11de ses apports extérieurs
42:12aucune couleur de peau
42:14aucune religion
42:16aucune généalogie
42:18ne définit
42:19l'appartenance
42:20à la nation
42:31nous sommes
42:33nous sommes
42:34toutes et tous
42:36les héritiers
42:38des soldats
42:39de Valmy
42:40des résistants
42:41du Vercors
42:42des combattants
42:43de Birakheim
42:44dès lors
42:45que nous épousons
42:46les valeurs
42:47de la République
42:48je le sais
42:50et vous aussi
42:50plus que jamais
42:52parce que le racisme
42:54l'islamophobie
42:56l'antisémitisme
42:57explose
42:57dans notre société
42:59nous devons
43:00nous battre
43:01contre les préjugés
43:03il n'est pas
43:04acceptable
43:05qu'une partie
43:06de la population
43:08ait moins de chances
43:09de réussite
43:10moins d'accès
43:12à l'emploi
43:12il est indigne
43:14qu'une partie
43:15de nos compatriotes
43:16se voit
43:17dénier
43:18le droit
43:19de se sentir
43:19pleinement français
43:21génération
43:22après génération
43:27alors
43:29personne
43:30je dis bien
43:32personne
43:33ne nous reprendra
43:35le mot de nation
43:35la nation
43:37n'est pas
43:38l'addition
43:39de ceux
43:39qui se ressemblent
43:41elle est
43:42l'organisation
43:43politique
43:44de nos différences
43:45autour
43:46d'un destin
43:47commun
43:48c'est la défense
43:50commune
43:51d'un idéal
43:52qui se résume
43:53de quatre mots
43:55liberté
43:56égalité
43:58fraternité
44:00laïcité
44:06notre patriotisme
44:08n'a rien à voir
44:11avec le nationalisme
44:14le nationalisme
44:16a besoin d'ennemis
44:17pour fabriquer
44:18de l'unité
44:19le patriotisme
44:21républicain
44:22lui
44:22construit
44:23de l'unité
44:24en donnant
44:25à chacun
44:26une place
44:27dans le récit
44:28commun
44:31et
44:32ces racines
44:35communes
44:36c'est notre
44:37état social
44:39qui les tisse
44:39la sécurité
44:42sociale
44:42l'école
44:44les services
44:45publics
44:45ce ne sont pas
44:46des dépenses
44:47ce sont les seuls
44:49lieux qui restent
44:49où un enfant
44:50de cadre
44:51un enfant
44:51d'ouvrier
44:52partage
44:53encore quelque chose
44:54voilà pourquoi
44:55nous tenons
44:55à la
44:56amicité
44:56scolaire
44:57quand l'école
44:58se ferme
44:59sur elle-même
44:59c'est la nation
45:01entière
45:02qui perd son ciment
45:09défendre
45:10l'état social
45:11c'est défendre
45:12le seul endroit
45:13où l'on continue
45:14de faire nation
45:15ensemble
45:16voilà pourquoi
45:17les services
45:18publics
45:19sont aussi
45:20des institutions
45:21démocratiques
45:23une
45:26maternité
45:27une école
45:28une gare
45:29un bureau de poste
45:31un tribunal
45:32un commissariat
45:33ne sont pas seulement
45:34des lignes budgétaires
45:35ils disent
45:36à chaque citoyen
45:38où que tu habites
45:40tu comptes
45:41tu comptes
45:42oui pour la république
45:46et quand ils
45:47disparaissent
45:49ce n'est pas seulement
45:50un service
45:51qui s'éloigne
45:52c'est la république
45:53elle-même
45:54qui devient plus lointaine
45:55et c'est dans ce vide
45:57que s'installe alors
45:58le ressentiment
45:59l'abandon
46:00et tous ceux
46:01qui ne croient plus
46:01que la démocratie
46:03peut encore
46:03les protéger
46:05car ce qui se joue
46:06derrière chaque incendie
46:07que j'ai décrit
46:08c'est une bataille
46:09pour l'imaginaire
46:11regardez bien
46:12Poutine
46:13Xi Jinping
46:14Trump
46:15ce sont des hommes
46:16qui ont compris
46:17l'intérêt
46:18de confisquer
46:19l'imaginaire
46:20d'un peuple
46:20pour décider
46:22de ce qui est racontable
46:24de ce qui est pensable
46:25de ce qui est désirable
46:27l'autoritarisme
46:28du 21ème siècle
46:30ne commence pas
46:32forcément
46:32par des chars
46:33et des canons
46:34il commence d'abord
46:36par des récits
46:37qu'on nous impose
46:38par une histoire
46:38qu'on nous vole
46:39et défendre la liberté
46:41aujourd'hui
46:42c'est aussi défendre
46:43notre droit collectif
46:45à raconter
46:46notre propre histoire
46:48c'est défendre
46:49la culture
46:49et la liberté
46:51de l'information
46:56les forces autoritaires
46:59prospèrent
47:00lorsqu'elles réussissent
47:02à convaincre
47:03qu'il n'existe plus
47:03d'avenir commun
47:04seulement des menaces
47:06des ennemis
47:07et des déclins
47:08alors affirmons-le
47:10un autre futur
47:11est possible
47:13la politique
47:14est la capacité
47:15d'un peuple
47:16à imaginer
47:17ensemble
47:18un avenir
47:18qui n'existe pas encore
47:19et à décider
47:20de le construire
47:25l'état
47:26l'état
47:26doit se comporter
47:28en stratège
47:29protecteur
47:30et organisateur
47:32du temps long
47:32un état
47:34qui ne se contente pas
47:35ou plus
47:36de compenser
47:38les dégâts
47:38après coup
47:40un état
47:42qui fixe
47:43des priorités nationales
47:44investit
47:45dans de nouvelles
47:46odysées industrielles
47:48anticipe
47:49organise
47:49les conditions sociales
47:51garantit
47:52l'égalité
47:52entre les territoires
47:53et protège
47:54les biens essentiels
47:56il nous faut retrouver
47:58la capacité
47:58à penser
47:59à 10 ans
48:01à 20 ans
48:02à 30 ans
48:03l'un des drames
48:05de nos démocraties
48:06est qu'elles savent
48:08ce qui les menace
48:09mais qu'elles continuent
48:10à gouverner
48:11à l'horizon
48:12du prochain trimestre budgétaire
48:15gouverner
48:16c'est aussi
48:17représenter
48:18les générations futures
48:19qui par définition
48:21ne votent pas encore
48:24gouverner
48:25ne devrait jamais
48:26consister
48:27à sacrifier
48:28l'avenir au présent
48:35cela passe
48:37par le budget
48:38qui vient
48:39j'assume
48:41d'avoir
48:42cherché
48:42avec Boris
48:44et tous nos camarades
48:45du groupe socialiste
48:46à l'assemblée
48:47avec nos camarades
48:48du groupe
48:49socialiste
48:50au sénat
48:51j'assume
48:52et nous assumons
48:52d'avoir
48:53cherché
48:54à obtenir
48:56un compromis
48:57sur le budget
48:57précédent
48:58nous avons tenu
48:59des avancées
49:00la suspension
49:02de la réforme
49:02des retraites
49:05le repas
49:06à un euro
49:07aussi cher
49:08à Fethia
49:09Fethia
49:09Keloahashi
49:12la hausse
49:13de la prime
49:14d'activité
49:15pour les salariés
49:15modestes
49:17nous avons obtenu
49:19que l'on ne touche pas
49:20aux franchises médicales
49:21que les pensions
49:22de retraite
49:22ne soient pas
49:23sous-indexées
49:24que les prestations
49:26sociales
49:26RSA
49:27allocations
49:28des adultes
49:28handicapés
49:29ni même
49:30vieillesse
49:30allocations
49:31pour le logement
49:32ne soient pas gelées
49:34que plusieurs centaines
49:36de milliers
49:37de salariés
49:38non imposables
49:40ne rentrent pas
49:40dans l'impôt
49:41sur le revenu
49:44sur tous ces sujets
49:45nous avons obtenu
49:47qu'en 2026
49:48le musée des horreurs
49:49demeure une fiction
49:51de la réunie
49:51de la réunie
49:51qui est en train de s'en
49:51Merci.