00:03Stéphane, c'est Emmanuel de Cyclisme Actu. De retour sur un grand tour, ça commence par un
00:09chrono. On vient de gagner sa 31e victoire sur le Tour de Pologne sur un chrono. Tous les
00:15sont au vert, c'est ça ? Oui, maintenant j'ai plus de confiance. C'est clair qu'il y
00:25a deux semaines ou il y a trois semaines, parce que après ma chute, à l'OMLOPE, c'était quand
00:32même une longue phase de réhabilitation. Et c'était bien de recourir et de recourir aussi au World Tour sur
00:41le circuit international. Et aussi d'être compétitif, comme je l'ai
00:45souhaité. Et d'avoir gagné en Pologne, c'était un grand soutenagement et une grande satisfaction. Mais aussi ça montre
00:58les attentes envers demain, envers la Vuelta, c'est clair. Mais c'est ce que j'aime bien. Quand je
01:06sais, je joue de bon, je joue de la victoire. Et c'est ça qui est l'objectif pour demain.
01:12Comment tu as vécu ces mois d'attente ou de soigner tes blessures, etc. ? Parce qu'on connaît ton
01:20caractère. T'as rongé ton frein, comme on dit ?
01:24En fait, si tu veux, dans la phase de réhabilitation, il y a certaines personnes qui me disent, il faut
01:29que tu te fixes un objectif, à quel point tu veux retourner à la compétition.
01:34Non, mais pour moi, en fait, je dis, mon objectif, c'est d'être mieux demain que je le suis
01:40aujourd'hui. Et être mieux la semaine prochaine que cette semaine.
01:44Et en fait, comme ça, on a travaillé. Vraiment, on a appris jour par jour, bloc d'entraînement, par bloc
01:51d'entraînement, pour essayer de faire le maximum,
01:54saut sans trop en faire. Parce qu'au final, c'est le corps qui a décidé à quelle vitesse la
02:02réhabilitation allait se passer.
02:03Et si tu te mets un objectif, tu as peut-être tendance à trop forcer, même si le corps n
02:09'est pas encore prêt.
02:09En fait, on a pu éviter de tout ça. Et pour ça, c'était, de notre point de vue, une
02:15réhabilitation presque parfaite.
02:17Parce que je n'ai jamais eu des gros soucis ou des inconvénients dans la phase de réhabilitation.
02:28Je n'ai jamais eu une inflammation parce que je suis allé trop vite ou quelque chose comme ça.
02:32Donc, oui, pour moi, c'était assez d'avoir en tête que je voulais retourner au plus haut niveau possible.
02:41Mais à quel point ça allait être ? C'était mon corps qui allait décider.
02:44Et là, je pense que le plus vite que j'aurais pu espérer à être là et de parler comme
02:53un favori pour la course de main, je ne crois pas.
02:57Je ne voudrais pas plus attendre mieux quand je suis tombé fin février.
03:03Mais après la septième et dernière étape du Tour de Pologne, si on regarde sur le papier, le chrono de
03:08la première étape de la Vuelta, il est un peu parfait pour toi, non ?
03:14Oui, il est bien, oui. Mais après, c'est des autres coureurs au départ, c'est des grands coureurs aussi.
03:21Donc, oui, mais oui, j'ai eu une chance de main, ça c'est clair.
03:28Est-ce qu'après ta chute au printemps, tu as craint de ne pas pouvoir participer à un grand tour
03:34cette saison ?
03:34Et en quoi c'est important pour toi et pour n'importe quel coureur de participer au moins à un
03:40grand tour au cours de la saison ?
03:43Oui, des fois j'ai eu des soucis si j'allais retourner au plus haut niveau, parce que j'étais
03:49en contact avec plusieurs autres coureurs qui se sont fracturés le fémur aussi.
03:54Et oui, certains d'entre eux, ils m'ont dit que ça les a pris deux ans à revenir à
04:00leur niveau normal.
04:01Et donc, oui, quand tu entends ça, ce n'est pas très encourageant.
04:07Mais comme j'ai dit, pour moi, le tour de France, ce n'était jamais vraiment en question que j
04:14'allais y participer.
04:15Ça aurait été trop tôt. Et après, on a discuté avec l'équipe que, oui, aussi en point de vue
04:22de la saison prochaine,
04:24que c'était le bon plan de faire la Vuelta, justement pour avoir cette charge quand même très, très importante.
04:33Et en fait, ça, on a dit, on verra en cours de route.
04:38Et en fait, j'ai déjà senti après le stage à Kigne que je n'avais aucun problème d'enchaîner
04:43des jours intenses.
04:46Et là, après le Pologne, oui, c'est clair, la saison qui était blessée, elle est toujours plus tendue, mais
04:51c'est comme ça.
04:52Et ça, ça ne changera pas d'ici la fin de saison.
04:56Genre la réhabilitation, si tu veux, elle n'est pas terminée parce qu'il y a encore une différence entre
05:02gauche et droite, vraiment au fessier.
05:06Mais sur le vélo, c'est un mouvement tellement complexe qu'en fait, ça n'empêche pas du tout d
05:11'être à mon maximum.
05:14Et donc, oui, je pense que la Vuelta, c'est bien parce que pour moi, il y a plein d
05:19'opportunités.
05:19Et avec Renaud, il y a aussi d'autres étapes qui sont intéressantes pour moi.
05:24Ça va être une bonne préparation pour les championnats allemands aussi.
05:27Mais aussi, en vue de la saison prochaine, je pense que c'est le bon plan.
05:32Stéphane, je sais que ce n'est pas officiel du côté de l'équipe, mais tu as quasiment le même
05:35âge que Julien.
05:37Avant d'être son coéquipier, tu as été un adversaire, ça a été un sacré adversaire pour toi sur tous
05:42les terrains.
05:44Qu'est-ce que tu peux nous dire de lui et de comment tu as vécu cette carrière en parallèle
05:52que vous avez eue ?
05:54Franchement, là, pour le moment, je n'ai pas encore parlé avec lui.
05:57En fait, je ne peux rien en dire.
06:01Après, tout ce que je peux dire, c'est quand, par exemple, on était en stage en début de saison
06:06ensemble à Tenerife.
06:08Déjà avant, on se connaissait très, très bien.
06:12Et oui, je l'ai toujours apprécié comme coureur et là aussi.
06:17Mais je ne sais même pas si c'est officiellement terminé ou pas.
06:20Donc, franchement, là-dessus, je n'en sais rien.
06:24Mais qu'est-ce qu'il représente pour toi ?
06:26Parce que tu es peut-être le Suisse le plus français, parce que tu as évolué dans une équipe française,
06:30etc.
06:31Julien Alaphilippe, ça représente quoi pour toi ?
06:35Franchement, pour moi, c'est un bon ami, c'est un bon collègue.
06:38On s'est toujours parlé, même avant qu'on n'était pas dans la même équipe.
06:43Parce qu'évidemment, la langue, ce n'était pas une barrière.
06:47Et oui, on s'est toujours apprécié.
06:49On a déjà couru ensemble dans les U23 autour de l'avenir.
06:54Et oui, après, il y a eu des années où il était vraiment, pour moi, 2019 autour de France.
07:01C'était incroyable ce qu'il a fait.
07:03Nous, on a des petits bopinots qui étaient aussi en lutte pour le podium, voir la victoire du Tour.
07:08Et par exemple, moi, je viens de souvenir l'étape vers Saint-Etienne,
07:11où les deux, ils étaient sur la chasse de Thomas Stegen.
07:15Ils ont repris du temps sur les favoris.
07:18Et pour moi, c'était des moments fantastiques que lui a vécu.
07:23Et moi, à travers, à être coéquipé de Thibaut Pinot, c'était quand même…
07:40La France, c'est une page du cycliste pour la France qui se tourne.
07:44Thibaut Pinot, Romain Bardet, Julien Alaphilippe.
07:47Comment on le voit de Suisse ?
07:50Mais comme j'ai dit, en fait, je ne sais même pas si la page est officiellement tournée.
07:56Donc, en fait, je ne peux encore rien dire là-dessus.
07:59Mais si un jour, c'est vraiment officiel, là, oui, je peux vous répondre.
08:07Merci Stéphane.
08:08Merci.
08:09Merci.
08:10Merci.
08:11Merci.
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