00:00Un canapé abîmé, une tapisserie défraîchie, un mur en délicescence, une toile d'araignée, une fenêtre qui n'existe pas,
00:10des arbres sans fleurs ni fruits, absence de feuilles, une lune prenant tout l'espace.
00:19Il n'y a pas que les vivants qui s'évanouissent dans le temps, maisons sans bruit, écoutez attentivement, vous
00:28verrez.
00:30Figé dans un bleu frileux, patatras, tout se casse la gueule, les aranéides s'en donnent à cœur joie, la
00:40nature seule se régénère.
00:43Le canapé continue à tomber en lambeaux, il ne lui reste que l'armature de fer, nudité des choses inanimées,
00:54un souffle d'air, une vie, un petit rien.
00:57S'accrocher à cet espoir vain, le trou dans le mur s'agrandit, des bouts de tapisserie jonchent le sol,
01:07une autre manière d'être.
01:09Dehors, la lune s'impatiente, prend de plus en plus d'espace, je me sens à l'étroit, dans quelque
01:19chose d'immense.
01:20Il fait froid, mes lèvres bleuissent, mes doigts s'engourdissent, le canapé continue sa lente décrépitude et me laisse dans
01:32mon inconfort.
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