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ÉducationTranscription
00:00:00Générique
00:00:30En 2009, à Belay, dans l'Ain, Vanessa vit seule avec ses deux enfants, depuis sa séparation.
00:00:38Elle a accepté d'héberger une de ses amies, Karine, qui traverse une période difficile.
00:00:47Mais le 29 juillet, tout bascule, lorsque la petite fille de Vanessa, Samia, chute du sixième étage.
00:00:56Pour les parents de la jeune fille, c'est un drame.
00:01:03Si la piste de l'accident est d'abord privilégiée, les enquêteurs vont se rendre compte que l'enfant a
00:01:10en réalité été poussé du sixième étage, volontairement.
00:01:16Et les soupçons se tournent alors vers Karine.
00:01:21Alors Vanessa, la maman de Samia, elle confie aux gendarmes qu'elle trouve très étrange le comportement de Karine, cette
00:01:28amie.
00:01:29Elle trouve qu'après ce drame qui a bouleversé tout le monde, Karine a une réaction froide, étrange, détachée.
00:01:38Elle n'exprime aucune émotion au moment des funérailles, de la veillée funèbre, etc.
00:01:43Elle ne dit rien, elle n'est pas affectée, elle ne verse pas une larme.
00:01:48Et en se penchant sur le passé de la jeune femme, les enquêteurs vont faire des découvertes stupéfiantes.
00:01:56Karine n'en serait pas à son coup d'essai.
00:02:01Celle qui a défrayé la chronique pendant plusieurs années, cacherait donc de lourds secrets.
00:02:10Alors ce qui fait basculer également l'enquête, c'est le témoignage de Brigitte, qui est la sœur de Karine.
00:02:16Elle va expliquer qu'en 89, déjà, sa sœur Karine avait été suspectée d'avoir poussé un jeune garçon de
00:02:244 ans, Alexandre, dont elle avait la garde.
00:02:26Pour elle, l'enfant est quand même source plus ou moins de malheur.
00:02:30Je pense qu'il fait obstacle à son bonheur.
00:02:32Il faut annuler l'enfant parce qu'il est source de malheur pour elle.
00:02:58Il est environ 19h30, 19h40.
00:03:02Il fait très chaud et très beau.
00:03:06Nous sommes dans une cité paisible de Belay, où tout le monde se connaît.
00:03:16Une voisine marche dans les allées et repère à quelques mètres d'elle quelque chose qu'elle ne peut pas
00:03:24définir.
00:03:25Elle s'approche.
00:03:28Au départ, elle pense que c'est une poupée, puis elle reconnaît le corps d'une fillette tombée, et à
00:03:34côté d'elle, une poupée.
00:03:37Elle jette un œil et pense au départ que c'est rien qu'une chute de l'enfant de sa
00:03:41propre hauteur.
00:03:42Immédiatement, on reconnaît la petite Samia.
00:03:50Elle va crier, appeler les parents qui se trouvent au sixième étage, donc le plus haut dans cet immeuble,
00:03:55et qui sont précisément à ce moment-là sur la terrasse de l'appartement.
00:03:58Donc ils vont entendre les cris de cette voisine.
00:04:00Le père de cet enfant va regarder au pied de l'immeuble ce qui se passe, pourquoi est-ce qu
00:04:05'on l'appelle,
00:04:05et il va descendre en catastrophe, évidemment, pour rejoindre son enfant qui est encore à ce moment-là au sol.
00:04:36Âgée de deux ans, Samia est la fille de Vanessa et Majdi.
00:04:42La famille a emménagé dans le quartier du Clos Morcel depuis maintenant plusieurs années.
00:04:49Avec ses deux frères aînés, Samia joue souvent dans les jardins de la cité.
00:04:57Samia est une petite fille que tout le monde connaît au Clos Morcel, que tout le monde adore d'ailleurs.
00:05:01Tout le monde parle de la petite louloute, d'ailleurs c'est son surnom qui ressort.
00:05:13Les parents sont séparés, mais ils sont parfaitement aimants, elle est parfaitement intégrée dans sa fratrie.
00:05:19Il n'y a aucune difficulté particulière de prise en charge éducative.
00:05:22C'est une famille qui s'aime, ou on s'aime, ou certes on se sépare, mais ça ne change
00:05:26rien sur la prise en charge des enfants.
00:05:28C'est une famille où tout va bien en quelque sorte.
00:05:32Séparée du père de ses enfants, Vanessa héberge depuis trois jours Karine, une de ses amies, qui traverse une période
00:05:41compliquée.
00:05:46C'est des anciennes voisines, elles se sont connues ces temps auparavant, elles ont été voisines à Belay.
00:05:57Elle semble s'entendre plutôt bien, ce n'est pas forcément les meilleurs amis du monde.
00:06:01Vanessa, la maman de Samia, elle lui dit, écoute, reste quelques jours, je t'héberge et après tu rentres du
00:06:07côté de Serres où tu habites.
00:06:11Karine, c'est quelqu'un de fragile.
00:06:13Elle a accumulé les relations sentimentales, pensant à chaque fois que c'était le prince charmant qui était là.
00:06:25Elle a eu trois enfants de trois pères différents, trois pères qui l'ont abandonné et qui ne se sont
00:06:30pas occupés, autre mesure, du sort de leurs propres enfants.
00:06:33C'est une femme qui a une carrière professionnelle assez simple, plutôt tournée vers les autres, puisqu'elle a travaillé
00:06:38en milieu hospitalier et travaillé dans des maisons de retraite.
00:06:42Elle a accumulé des petits métiers pour essayer de faire vivre ses enfants qui n'étaient pas aidés de la
00:06:49manière la plus extraordinaire par leur père.
00:06:54Âgés de 7, 8 et 11 ans, les enfants de Karine sont actuellement en visite chez leur père.
00:07:02Peu entourée, cette mère célibataire voit donc son séjour chez son amie Vanessa comme une bouffée d'oxygène.
00:07:14Sur son séjour, elle est plutôt enjouée, heureuse d'être là, de revoir les gens qu'elle avait pu côtoyer
00:07:19des années auparavant à Belay.
00:07:20Karine va séjourner chez la mère de Samia pendant deux ou trois jours.
00:07:25Aucune difficulté, une relation normale, de promenade, de déjeuner, de course en sang.
00:07:34Absolument une relation tout à fait normale pendant trois jours, aucun différent.
00:07:39Tout se passe plutôt bien, jusqu'au jour du terrible accident de Samia.
00:07:48Le 29 juillet, à la fin du repas, Majdi et son ex-compagne décident d'aller fumer une cigarette dans
00:07:56une sorte de petite logia à côté du salon.
00:07:58Karine, elle, reste manifestement dans le salon sur l'ordinateur et les enfants sont dans l'appartement.
00:08:06La petite Samia, en fait, jouait sur le lit de la chambre parentale et son frère aîné, qui est âgé
00:08:13de six ans, regarde la télé.
00:08:15Alors, il est comme les enfants de cet âge, il est vraiment focalisé sur la télé.
00:08:23Alors, Vanessa, la maman de Samia, appelle Karine, viens voir, peut-être pour fumer une cigarette aussi.
00:08:30Karine, elle passe la tête par l'entrebâillement, elle dit, j'arrive, je vais prendre mon téléphone.
00:08:35Et donc, elle retourne dans le salon pour chercher son téléphone.
00:08:39Et là, il se passe, alors selon le papa, une minute, peut-être deux minutes, je crois qu'il évalue
00:08:44qu'il a quasiment fini de fumer sa cigarette.
00:08:48Et Karine revient, donc, sur ce balcon.
00:08:52Et c'est dans cet entre-temps, en quelque sorte, que manifestement, l'enfant chute, peu de temps après le
00:08:57retour de Karine sur la terrasse.
00:09:26Les pompiers arrivent, ils tentent une réanimation.
00:09:31Elle avait des fractures au niveau des cervicales, probablement une hémorragie interne également.
00:09:39Les enquêteurs imaginent immédiatement que cette petite fille est tombée accidentellement de l'appartement du sixième étage.
00:09:46Et ils vont ouvrir une enquête classique d'accident.
00:09:49Ils vont vérifier simplement dans quelles conditions elle a pu effectivement tomber par cette fenêtre.
00:09:54Ils vont d'abord, dans ce cadre-là, faire une enquête de voisinage, entendre les différentes personnes à proximité.
00:09:58Mais aussi, plus généralement, sur la famille elle-même.
00:10:01Est-ce qu'ils ont pu entendre des difficultés dans l'appartement ?
00:10:04Est-ce qu'il y avait des difficultés de prise en charge éducative ?
00:10:06Est-ce qu'il y avait des difficultés de ce type-là ?
00:10:07Il s'avéra manifestement que ce n'était pas le cas.
00:10:11Ils vont faire aussi des vérifications techniques dans l'appartement.
00:10:14Et notamment sur les fenêtres de cet appartement.
00:10:17Ils vont relever notamment, dans l'embrasure de la fenêtre du salon,
00:10:20une empreinte digitale qui pourrait correspondre à l'empreinte d'un enfant.
00:10:32On sait qu'une chaise était proche de cette fenêtre du salon,
00:10:37qui était effectivement ouverte,
00:10:40mais avec des volets baissés sur à peu près,
00:10:43disons qu'il restait un jour d'une vingtaine de centimètres.
00:10:45Donc, ça paraissait pas impossible que la petite ait pu grimper sur cette chaise,
00:10:52essayer de voir se pencher.
00:10:54Ça paraissait pas complètement impossible, on va dire, au soir de l'accident.
00:11:00Sur la présence d'une chaise sous la fenêtre du salon,
00:11:02c'est important, du salon et non pas de la chambre,
00:11:06en réalité, quand ils arrivent, il n'y a plus de chaise.
00:11:07Il n'y a pas de chaise disposée.
00:11:09Mais au cours de l'enquête,
00:11:10ils vont entendre une des voisines qui est rentrée rapidement dans l'appartement
00:11:13pour venir au soutien des parents qui vivent un drame.
00:11:17Et cette voisine va expliquer qu'en rentrant dans l'appartement,
00:11:21elle a constaté la présence d'une chaise sous cette fenêtre
00:11:23et qu'elle-même a replacé, pour éviter un sur-accident,
00:11:26il y a des enfants, il y a d'autres enfants,
00:11:28elle a elle-même replacé la chaise sous la table et elle a fermé la fenêtre.
00:11:33Donc, on a à ce moment-là la quasi-certitude
00:11:37qu'il y avait bien une chaise sous la fenêtre du salon de l'appartement des parents.
00:11:47Dans l'appartement, les expertises se poursuivent.
00:11:51Après le salon, c'est au tour de la chambre parentale d'être inspecté.
00:11:58Les investigations qui sont faites dans la chambre
00:12:01permettent de relever qu'il n'y a aucun élément
00:12:03qui permette de considérer qu'un meuble a été déplacé,
00:12:05qu'une chaise a été tirée,
00:12:07qu'une table de nuit a été déplacée par un enfant
00:12:09pour monter jusqu'à la hauteur de la fenêtre.
00:12:12Il n'y a aucun moyen possible pour un enfant de 2 ans
00:12:15de grimper jusqu'à l'embrasure de cette fenêtre
00:12:18et de chuter dans le vide.
00:12:21La première hypothèse qui va être émise par les services d'investigation
00:12:24est assez simple.
00:12:25Cette petite fille serait montée sur un meuble, une chaise,
00:12:28il ne sait pas encore à ce moment-là forcément sur quel objet,
00:12:31aurait mis ses mains dans l'embrasure de la fenêtre
00:12:33et se serait propulsé à l'extérieur.
00:12:34Ça semble être un type d'accident finalement,
00:12:37malheureusement, qui n'est pas si rare que ça,
00:12:40avec des enfants de 2, 3, 4 ans
00:12:42qui se penchent à une fenêtre ou à un balcon et qui chutent.
00:12:45Ça arrive plusieurs fois chaque année en France,
00:12:47donc pour les gendarmes,
00:12:49ce n'est pas forcément quelque chose d'inhabituel.
00:12:53Au service de réanimation,
00:12:56une équipe est toujours auprès de Samia,
00:12:58grièvement blessée après sa chute de 15 m.
00:13:03A 21h, malgré les efforts des médecins,
00:13:07la fillette de 2 ans rend son dernier souffle.
00:13:15Il n'y a pas d'autopsie qui est demandée par le parquet de Belay à ce moment-là.
00:13:20On peut imaginer que le parquet de Belay a considéré
00:13:23qu'on était plutôt sur une thèse accidentelle
00:13:25et dès lors, ils estimaient que cette autopsie n'avait pas vocation à être faite,
00:13:28que d'ailleurs, l'examen de corps suffisait
00:13:31pour établir le lien de causalité certain
00:13:33entre la chute et la mort de cet enfant.
00:13:38L'enquête conclut rapidement à un accident,
00:13:43c'est-à-dire qu'il repère une chaise
00:13:47adossée à l'encadrement d'une fenêtre.
00:13:50Les premiers éléments de l'enquête
00:13:52disent que l'enfant est monté sur la chaise
00:13:55et a fait une chute accidentelle.
00:13:57Mais un peu plus tard, une voisine de l'immeuble d'en face
00:14:01va apporter un élément important à l'enquête.
00:14:07Elle va dire de façon très claire
00:14:08que cette petite fille n'est pas tombée de la fenêtre du salon,
00:14:12mais qu'elle est tombée de la fenêtre de la chambre.
00:14:32La voisine explique qu'elle a vu cette couette sécher
00:14:34sur la fenêtre de la chambre
00:14:36et qu'elle a vu le corps de cette petite fille
00:14:38basculer progressivement dans le vide
00:14:39et qu'elle l'a vu ensuite chuter.
00:14:43Donc on a à ce moment-là, grâce à ce témoignage,
00:14:45la certitude que cette petite fille
00:14:47n'est pas tombée du salon, mais bien de la chambre.
00:14:49Parce qu'il faut savoir que même si la thèse de l'accident
00:14:51était privilégiée au début,
00:14:53le corps de la petite Samia n'a pas été retrouvé
00:14:55à l'aplomb de la fenêtre du salon,
00:14:58mais à l'aplomb de la fenêtre de la chambre
00:15:00sur laquelle une couette était suspendue
00:15:02avec les fenêtres ouvertes,
00:15:03mais on ne comprenait pas comment la petite Samia
00:15:05aurait pu monter sur cette couette.
00:15:06Il n'y avait pas de meuble, il n'y avait rien.
00:15:08Et ça, ça change tout quand même.
00:15:10Parce que l'hypothèse de Samia
00:15:12qui grimpait sur cette chaise dans le salon
00:15:15et qui passait au travers d'un jour
00:15:18de 20 centimètres pour tomber,
00:15:20du coup, cette thèse-là ne tient plus.
00:15:22Et là, il faut donc aller essayer
00:15:24de trouver une autre explication
00:15:25et chercher plus loin pour les gendarmes.
00:15:28Donc, à partir de ce témoignage,
00:15:30on va changer de cadre d'enquête.
00:15:32On va basculer dans le cadre d'une enquête préliminaire
00:15:34pour des faits de meurtre sur mineurs de moins de 15 ans,
00:15:36puisqu'il convenait évidemment d'aller plus loin
00:15:39dans les investigations,
00:15:41de détailler aussi les personnalités,
00:15:43les trajectoires des gens qui étaient présents
00:15:44à ce moment-là dans l'appartement.
00:15:45Les parents ont été interrogés singulièrement à la mère
00:15:48sur la prise de risque de l'enfant
00:15:51par rapport à la fenêtre
00:15:53et elle a démenti tout comportement dangereux,
00:15:56tout comportement à risque.
00:15:59Concernant cette chaise,
00:16:01Vanessa explique que lorsque le repas s'est achevé
00:16:03et qu'elle a quitté le salon pour aller
00:16:06avec son ex-compagnon sur la véranda,
00:16:09il n'y avait pas de chaise sous la fenêtre,
00:16:10elle est catégorique.
00:16:14Vanessa explique aussi qu'avec son ex-compagnon,
00:16:17en famille, ils ont procédé à une sorte de reconstitution,
00:16:19si je puis dire,
00:16:20en essayant de voir si un enfant de l'âge de Samia
00:16:22était en capacité physique de déplacer une chaise.
00:16:24Alors déjà, c'est possible,
00:16:26mais ça prendrait beaucoup de temps.
00:16:27Ça a été vérifié par les gendarmes, évidemment.
00:16:29Ça fait ensuite beaucoup de bruit
00:16:30parce qu'un enfant de 2 ans n'est pas en capacité
00:16:32de soulever cette chaise.
00:16:33Ils auraient nécessairement entendu
00:16:34ce déplacement de la véranda.
00:16:36d'autant plus que dans cette même pièce,
00:16:39dans ce même salon,
00:16:41il y avait un enfant de 6 ans,
00:16:43le frère aîné de Samia,
00:16:45qui était en train de regarder la télé.
00:16:46Alors même focalisé sur la télé,
00:16:47même concentré,
00:16:49même si son angle de vision
00:16:50n'était pas tout à fait vers la fenêtre,
00:16:52il aurait quand même entendu la petite tirer la chaise.
00:16:55Et donc, il commence vraiment
00:16:56à se poser beaucoup de questions en ce moment-là.
00:17:00À l'issue des premières auditions,
00:17:03les gendarmes sont également très perplexes
00:17:05quant aux circonstances exactes du drame.
00:17:12Voilà, alors sur effectivement ce laps de temps
00:17:15pendant lequel Karine explique
00:17:17qu'être allée chercher son portable,
00:17:18il y a une distorsion dans les différentes auditions.
00:17:21Le couple explique que ça a duré plusieurs minutes,
00:17:24un temps certain.
00:17:26Ils expliquent aussi d'ailleurs que quand elle est revenue,
00:17:28elle était assez rouge,
00:17:29elle paraissait, elle était bizarre,
00:17:32c'est l'expression qu'ils utilisent.
00:17:34Karine, elle, va être entendue
00:17:35et elle va dire que c'est absolument pas comme ça
00:17:36que ça s'est passé,
00:17:37qu'elle est partie quelques secondes,
00:17:38qu'elle allait chercher son téléphone
00:17:39et qu'elle est revenue avec son téléphone
00:17:41immédiatement sur la terrasse.
00:17:43Alors Vanessa, la maman de Samia,
00:17:46elle confie au gendarme
00:17:47qu'elle trouve très étrange
00:17:48le comportement de Karine, cette amie.
00:17:54Elle trouve qu'après ce drame
00:17:55qui a bouleversé tout le monde,
00:17:56Karine a une réaction froide, étrange, détachée,
00:18:03elle n'exprime aucune émotion.
00:18:04Au moment des funérailles,
00:18:06de la veillée funèbre, etc.,
00:18:07elle ne dit rien,
00:18:08elle n'est pas affectée,
00:18:09elle ne verse pas une larme.
00:18:11Elle est très effacée,
00:18:12très absente
00:18:13dans ce moment de deuil compliqué.
00:18:14En même temps,
00:18:15elle va avoir des demandes aussi particulières
00:18:16puisque ça a beaucoup choqué les parents
00:18:19postérieurement,
00:18:20mais elle va dormir notamment
00:18:22dans la chambre de Samia.
00:18:24Les parents vont demander
00:18:25effectivement à Karine,
00:18:27ils vont lui proposer déjà
00:18:28de rentrer chez elle,
00:18:29ce qu'elle va refuser,
00:18:31elle va décider de rester sur place.
00:18:32Ils vont lui demander aussi
00:18:33d'arrêter de dormir
00:18:34dans le lit de leur fille.
00:18:37C'est vrai que quand on perd quelqu'un,
00:18:39quelle que soit sa personnalité,
00:18:41quelle que soit sa religion,
00:18:42quelle que soit sa pensée,
00:18:43souvent on érige la chambre
00:18:44ou les lieux d'intimité
00:18:45de la personne décédée
00:18:46comme une sorte de mausolée,
00:18:48c'est-à-dire d'endroits
00:18:48où on ne va pas,
00:18:49d'endroits qu'on respecte.
00:18:51Karine va entendre
00:18:53les demandes des parents,
00:18:54mais elle ne va absolument pas
00:18:55s'y plier puisqu'elle va continuer
00:18:56à dormir tous les soirs
00:18:58jusqu'à son départ
00:18:58dans le lit de Samia.
00:19:02La mère de Samia
00:19:03est interrogée
00:19:04sur la relation
00:19:05que Karine pouvait avoir
00:19:07avec ses enfants
00:19:08et elle dit
00:19:09qu'elle est parfaitement normale,
00:19:10pas plus enjouée,
00:19:15qu'indifférente,
00:19:16elle a un comportement
00:19:17assez...
00:19:20assez isotherme.
00:19:23Elle ne s'occupe pas
00:19:24particulièrement de Dimitri,
00:19:26pas particulièrement de Samia.
00:19:27Ils ont le sentiment
00:19:28qu'elle vient surtout
00:19:28pour les rencontrer,
00:19:29eux, adultes,
00:19:30et la fratrie,
00:19:32elle est là,
00:19:33elle vit avec eux,
00:19:34mais sans attention particulière
00:19:35et sans geste
00:19:36d'affection particulière.
00:19:41Les gendarmes
00:19:42vont poursuivre davantage.
00:19:43Ils vont apprendre
00:19:44que Karine avait un jour
00:19:46jeté par la fenêtre
00:19:48un lapin animal domestique
00:19:50de ses enfants,
00:19:52jeté par la fenêtre
00:19:54des serviettes hygiéniques,
00:19:57bref,
00:19:58des comportements
00:19:59troublants.
00:20:00Elle avait aussi
00:20:01une tendance
00:20:02qui est relevée
00:20:02par la famille de Samia,
00:20:05une tendance
00:20:05à la kleptomanie,
00:20:06tendance à voler
00:20:07et à contester ensuite
00:20:08lorsque manifestement,
00:20:09à l'évidence,
00:20:10elle avait soustrait des effets,
00:20:11elle contestait systématiquement
00:20:13l'avoir fait.
00:20:15Après chaque larcin
00:20:17de son ancienne voisine,
00:20:19Vanessa tempérait
00:20:20et finissait
00:20:22par lui pardonner.
00:20:24Les gendarmes creusent
00:20:26pour savoir
00:20:27s'il y a pu
00:20:27y avoir une difficulté
00:20:29dans les relations
00:20:30entre Karine,
00:20:32la mère de la victime,
00:20:34le père,
00:20:35un différent
00:20:36qui aurait pu dégénérer,
00:20:38ils ne trouvent absolument rien.
00:20:40Une relation normale,
00:20:41paisible,
00:20:42d'amis
00:20:43qui reçoivent
00:20:44une amie.
00:20:46Les gendarmes
00:20:47vont s'intéresser
00:20:48à la personnalité
00:20:49de Karine
00:20:49et bien sûr
00:20:50à son passé judiciaire.
00:20:52Ils vont relever
00:20:53trois mentions
00:20:54à son casier
00:20:54pour des vols,
00:20:57des attitudes
00:20:59qui sont plus proches
00:21:00de l'incivilité grave
00:21:02que du crime.
00:21:04Pour des infractions
00:21:05d'atteinte aux biens,
00:21:06vols, escroqueries,
00:21:08falsifications de chèques,
00:21:09elle a le profil
00:21:11plutôt de quelqu'un
00:21:13qui s'est adonné
00:21:14pendant un temps
00:21:15assez circonscrit
00:21:15à des actes
00:21:16de soustraction frauduleuse.
00:21:17Pas de violence,
00:21:19pas de passage à l'acte
00:21:20sur les tiers
00:21:20au casier judiciaire,
00:21:21essentiellement
00:21:21des atteintes aux biens.
00:21:24Mais néanmoins,
00:21:25le casier de l'intéressé
00:21:26va permettre
00:21:26aux gendarmes
00:21:27de commencer
00:21:27à tirer un fil
00:21:29d'une pelote
00:21:30qui va s'avérer dramatique.
00:21:32Alors,
00:21:33ce qui fait basculer
00:21:34également l'enquête,
00:21:35c'est le témoignage
00:21:36de Brigitte
00:21:36qui est la sœur
00:21:37de Karine.
00:21:38Karine,
00:21:39c'est l'aînée
00:21:39de la fratrie,
00:21:40il y a trois sœurs
00:21:41et un frère.
00:21:42Et cette Brigitte,
00:21:44elle révèle
00:21:45des faits troublants.
00:21:46Alors,
00:21:46elle vient voir
00:21:47les gendarmes
00:21:47et elle dit
00:21:48« ça fait des jours
00:21:48que je n'en dors pas,
00:21:50je sais que ma sœur
00:21:51y est pour quelque chose,
00:21:53dans la mort de Samia,
00:21:55c'est elle,
00:21:56elle a dû faire quelque chose. »
00:22:00Pour étayer
00:22:01cette accusation
00:22:02grave,
00:22:03gravissime,
00:22:04surtout venant
00:22:04d'une sœur
00:22:04qui connaît très bien Karine,
00:22:06elle va expliquer
00:22:07qu'en 89,
00:22:10déjà,
00:22:11sa sœur Karine
00:22:12avait été suspectée
00:22:12d'avoir poussé
00:22:13un jeune garçon
00:22:14de 4 ans,
00:22:15Alexandre,
00:22:15dont elle avait la garde.
00:22:33On est en 89,
00:22:35Karine,
00:22:35une quinzaine d'années.
00:22:37Brigitte se souvient
00:22:38que ce petit garçon
00:22:39avait expliqué
00:22:40que sa baby-sitter
00:22:41de l'époque
00:22:41l'avait invitée
00:22:43à s'approcher
00:22:44de la fenêtre
00:22:44de la maison
00:22:45au premier étage.
00:22:47Elle l'avait même aidée
00:22:47à se mettre debout
00:22:49dans l'embraseur
00:22:49de cette fenêtre
00:22:51et ce petit garçon
00:22:52racontait avoir été
00:22:53tout simplement poussé.
00:22:59Karine dit
00:23:00« Non, mais non,
00:23:01c'est pas moi,
00:23:02j'ai rien fait,
00:23:02l'enfance ici,
00:23:03elle m'a poussé. »
00:23:04Alors elle dit
00:23:04« Non, non,
00:23:05je sais pas ce qu'il a fait,
00:23:06il est monté,
00:23:07il a basculé,
00:23:07il a voulu jouer. »
00:23:09La famille a un peu
00:23:10des doutes,
00:23:11mais là aussi,
00:23:11comme c'est un enfant
00:23:12qui est un peu bougeon,
00:23:13qui est un peu hyperactif,
00:23:14qui est un peu casse-cou,
00:23:15il monte un peu partout,
00:23:16« Bon, pourquoi pas ? »
00:23:18Il serait monté,
00:23:19il ne se ragraie pas la fenêtre,
00:23:20il aurait basculé.
00:23:22Voilà, pourquoi pas ? »
00:23:24Alexandre va avoir
00:23:25des blessures assez sérieuses
00:23:26puisqu'il va être hospitalisé
00:23:2825 jours.
00:23:29Il va présenter
00:23:30un certain nombre
00:23:30de fractures.
00:23:32Et à la fin des années 80,
00:23:34c'était inimaginable
00:23:36que la petite Karine
00:23:38qui avait 16 ans
00:23:38jette le petit garçon
00:23:40par la fenêtre.
00:23:47C'est quelque chose
00:23:48que je crois
00:23:49les familles
00:23:49et la population générale
00:23:51ne pouvaient pas concevoir.
00:23:53Ce n'était pas concevable.
00:23:54Donc, en plus,
00:23:56c'était un train familial,
00:23:57ça s'est un peu arrangé
00:23:58comme ça,
00:23:58mais ils ne pouvaient pas
00:24:00porter plainte.
00:24:07Après les révélations
00:24:08chocs
00:24:09de la sœur de Karine,
00:24:11les autres membres
00:24:12de la fratrie
00:24:13vont revenir,
00:24:14eux aussi,
00:24:15sur un événement troublant,
00:24:17survenu
00:24:18alors qu'elle n'avait
00:24:19que 14 ans.
00:24:23Lors de l'audition
00:24:25du frère
00:24:25et de la sœur cadette
00:24:26de Karine,
00:24:27de nouveaux faits
00:24:29on va dire
00:24:29de même nature,
00:24:30en quelque sorte
00:24:31vont être révélés
00:24:32puisque les deux
00:24:32vont évoquer
00:24:33un passage
00:24:34à l'acte potentiel
00:24:35de Karine
00:24:36en 87
00:24:38sur un petit garçon
00:24:39qui avait d'ailleurs
00:24:40une maladie génétique grave.
00:24:43C'est un petit garçon
00:24:43qui avait du mal
00:24:44à s'exprimer,
00:24:45qui avait du mal
00:24:45à se déplacer,
00:24:46qui n'était pas autonome.
00:24:49Et le frère
00:24:50et la sœur de Karine
00:24:50vont révéler
00:24:52que Karine
00:24:53avait manifestement brûlé
00:24:54au fer
00:24:54à repasser
00:24:54ce petit garçon
00:24:55dans le dos.
00:25:13Ce jour-là,
00:25:14dans le cadre
00:25:14d'une visite
00:25:14très classique
00:25:15d'un repas,
00:25:16la famille de Karine
00:25:17vient manger
00:25:18dans la famille
00:25:19de Mathieu
00:25:19et ce jour-là,
00:25:21alors que les deux
00:25:21familles sont réunies,
00:25:22la mère de Mathieu
00:25:23va essayer
00:25:24de déshabiller son fils
00:25:25en fin de journée.
00:25:26Elle ne va pas arriver
00:25:26à enlever le tee-shirt
00:25:27qui adhère à la peau
00:25:28et elle va comprendre
00:25:30finalement en arrivant
00:25:31à enlever ce tee-shirt
00:25:32que son fils
00:25:32a été brûlé
00:25:33au troisième degré
00:25:34très profondément.
00:25:39Ce n'était pas
00:25:39une brûlure accidentelle
00:25:41parce que quand on tombe
00:25:42sur une cheminée
00:25:43ou sur un fer à repasser,
00:25:44dès qu'on est brûlé,
00:25:45on a le réflexe
00:25:46de s'éloigner
00:25:46de l'objet qui vous brûle.
00:25:48Là, l'enfant
00:25:48a été brûlé
00:25:49au troisième degré.
00:25:50Il a été admis
00:25:51au service
00:25:52des grands brûlés
00:25:53à Lyon.
00:25:56Une brûlure atroce.
00:25:59La chemise
00:26:00qui collait à la peau
00:26:01et plus de peau.
00:26:03Et elle va alors
00:26:04immédiatement
00:26:05s'interroger
00:26:05sur ce qui a bien
00:26:07pu se passer
00:26:07dans l'après-midi
00:26:08en sachant que ce petit garçon
00:26:09était de toute façon
00:26:10dans la capacité
00:26:11de se brûler tout seul.
00:26:12Il a de vraies difficultés
00:26:13à se déplacer,
00:26:14il a des difficultés
00:26:14d'autonomie.
00:26:15Il ne pouvait pas
00:26:16brancher un fer à repasser,
00:26:17il ne pouvait pas
00:26:18mettre en marche
00:26:19ce fer à repasser
00:26:20et s'appliquer lui-même
00:26:21directement en plus
00:26:21à un endroit
00:26:22très éloigné
00:26:23sur le dos
00:26:24se faire à repasser.
00:26:26Et immédiatement,
00:26:27les doutes
00:26:28vont se recentrer
00:26:28sur Karine.
00:26:33Karine va expliquer
00:26:34bien sûr
00:26:34qu'il s'agit
00:26:35d'une chute
00:26:36accidentelle de l'enfant
00:26:37sur le fer à repasser.
00:26:38et on va se satisfaire
00:26:40de cette déclaration.
00:26:41Il n'y aura pas
00:26:42d'enquête judiciaire
00:26:44qui va être ouverte.
00:26:45Personne ne va dénoncer
00:26:46ces faits
00:26:47à la police
00:26:47ou à la justice.
00:26:50Karine va contester
00:26:50ces faits
00:26:51en disant
00:26:51qu'elle n'a absolument
00:26:53pas brûlé
00:26:53ce petit garçon,
00:26:55qu'il est tout à fait
00:26:55possible que ce petit garçon
00:26:56l'ait fait tout seul
00:26:58et l'affaire
00:26:58s'en est arrêtée là
00:26:59en quelque sorte.
00:27:19À la gendarmerie
00:27:20de Belay,
00:27:21les enquêteurs
00:27:22poursuivent
00:27:23leurs investigations.
00:27:25Et plus elles avancent,
00:27:27plus leur attention
00:27:28se porte.
00:27:29sur Karine.
00:27:33Les gendarmes
00:27:34ont fait
00:27:34tout un tas
00:27:34de vérifications.
00:27:35Ils ont interrogé
00:27:36l'entourage
00:27:37de Karine,
00:27:38sa famille,
00:27:39ses proches
00:27:39et l'étau
00:27:40s'est resserré
00:27:41autour d'elle.
00:27:42On se rend compte
00:27:42qu'effectivement
00:27:44son passé,
00:27:45le fait qu'elle
00:27:46s'en soit prise
00:27:46à des enfants
00:27:47dans le passé
00:27:48durant son adolescence
00:27:50et notamment
00:27:50cette défenestration
00:27:51qui est évidemment
00:27:52tellement troublante.
00:27:55Évidemment,
00:27:56on se focalise
00:27:56maintenant sur Karine.
00:27:57Donc le 1er septembre 2009,
00:27:59les gendarmes
00:28:00vont chez elle
00:28:00à côté d'Ausserre
00:28:02et l'interpellent.
00:28:09Karine est surprise
00:28:10de ce placement
00:28:11en garde à vue.
00:28:12Pour elle,
00:28:12c'est un accident.
00:28:13C'est ce qu'elle va dire
00:28:14d'abord.
00:28:15Pour elle aussi,
00:28:18les choses se sont
00:28:18quasiment arrêtées
00:28:19à son départ.
00:28:20lorsqu'elle a quitté
00:28:21le Clomorcell et Belay,
00:28:23cette histoire était
00:28:24en tout cas
00:28:25dans son esprit terminée
00:28:26et elle est effectivement
00:28:27particulièrement surprise
00:28:28de voir la gendarmerie nationale
00:28:29venir la chercher
00:28:30chez elle.
00:28:33Lors de son édition d'anguette,
00:28:35Karine va expliquer
00:28:36qu'elle n'a effectivement
00:28:37pas tout dit
00:28:37concernant ces faits
00:28:39et qu'elle a vu
00:28:41Samia chuter
00:28:41par la fenêtre.
00:28:45Elle est retournée
00:28:45prendre son téléphone portable
00:28:47dans le salon
00:28:47et à ce moment-là,
00:28:48elle a vu la petite
00:28:49qui se penchait
00:28:50à la fenêtre
00:28:50de la chambre
00:28:52et elle a été
00:28:53un peu paralysée.
00:28:55Elle l'a vue tomber,
00:28:56elle s'est même approchée
00:28:56de la fenêtre.
00:28:57Elle raconte
00:28:58qu'elle s'est penchée
00:28:59et qu'elle a vu
00:28:59la petite chuter
00:29:00et s'écraser au sol
00:29:02et qu'elle était paralysée,
00:29:04qu'elle n'a rien pu faire,
00:29:04qu'elle est retournée
00:29:05avec les parents,
00:29:06qu'elle n'a rien dit
00:29:07pensant qu'on aurait pu
00:29:08l'accuser
00:29:09ou le reprocher
00:29:10de ne pas l'avoir retenue,
00:29:12d'avoir fait quelque chose.
00:29:18Après cette audition,
00:29:19les gendarmes
00:29:20à la demande du parquet
00:29:21d'ailleurs,
00:29:21vont décider
00:29:22de ramener Karine à Belay.
00:29:25Il y a un certain temps
00:29:25de route
00:29:26entre Serres et Belay.
00:29:27Ils vont tout simplement
00:29:28nouer un lien humain
00:29:30avec elle
00:29:30qui va conduire Karine
00:29:32à poser pendant ce transfert
00:29:34dans la voiture,
00:29:35pendant ses heures de route,
00:29:36qui vont l'amener
00:29:36à poser des questions étranges
00:29:37pour quelqu'un
00:29:38qui ne serait pas impliqué
00:29:39dans ces faits.
00:29:41Elle va interroger
00:29:42les gendarmes
00:29:42sur son devenir.
00:29:43Si je suis incarcéré,
00:29:45que vont devenir
00:29:46mes enfants,
00:29:47etc.
00:29:48Comme si elle devinait
00:29:49à l'avance
00:29:50qu'elle serait incarcérée.
00:30:02Karine ne va pas
00:30:03être entendue immédiatement.
00:30:04Elle va passer une nuit
00:30:05à la gendarmerie de Belay.
00:30:07La brigade de recherche
00:30:08va lui laisser un temps
00:30:09en quelque sorte
00:30:10de réflexion
00:30:11qui s'avérera
00:30:11plutôt prolifique
00:30:13parce que le lendemain,
00:30:13lorsqu'elle va être entendue
00:30:14en édition,
00:30:15Karine va expliquer
00:30:16que le 29 juillet,
00:30:19après le repas
00:30:21pris avec la famille
00:30:23de Samia,
00:30:24les parents vont aller
00:30:26sur la terrasse
00:30:26fumer une cigarette,
00:30:28qu'elle va rester
00:30:28dans le salon
00:30:29sur cet ordinateur,
00:30:30qu'elle va rejoindre
00:30:33un temps court
00:30:34les parents
00:30:34sur la terrasse,
00:30:36puis retourner
00:30:36dans le salon.
00:30:37Et lorsqu'elle est dans le salon,
00:30:38elle va voir
00:30:39dans la pièce en face
00:30:40Samia de dos
00:30:42à proximité
00:30:43du lit de ses parents.
00:30:47Elle va s'approcher
00:30:49de cet enfant
00:30:50de deux ans.
00:30:51Elle va la saisir
00:30:53par la taille,
00:30:53sans un mot,
00:30:55sans rien lui dire,
00:30:57sans raison
00:30:58en tout cas particulière.
00:31:01Elle va la soulever,
00:31:03s'approcher de la fenêtre.
00:31:06Samia est donc de dos,
00:31:07elle la tient comme ça
00:31:08et elle va la jeter
00:31:09dans le lit.
00:31:19Le 2 septembre 2009,
00:31:21plus d'un mois
00:31:22après la mort
00:31:23de Samia,
00:31:25Karine avoue
00:31:26donc les faits.
00:31:31Le manque d'émotion
00:31:32qu'avait Karine
00:31:34après la mort
00:31:34de Samia
00:31:35et qui a été,
00:31:35qui a troublé
00:31:36les proches,
00:31:38qui a été décrit
00:31:39par beaucoup de,
00:31:41beaucoup de gens
00:31:42de sa famille
00:31:42et beaucoup de proches,
00:31:45cette émotion-là,
00:31:46elle n'est pas présente
00:31:46non plus
00:31:47au moment où Karine
00:31:48fait ses révélations
00:31:49aux enquêteurs.
00:31:50C'est-à-dire que
00:31:51là, elle avoue
00:31:52l'effet,
00:31:52ok, c'est moi,
00:31:55mais elle ne s'effondre
00:31:56pas en larmes
00:31:57et ne dit rien.
00:31:59Les gendarmes
00:31:59lui demandent évidemment
00:32:00mais pourquoi vous avez
00:32:02fait ça ?
00:32:02Vous en vouliez
00:32:03à la maman ?
00:32:04Il y a quelque chose ?
00:32:06C'est quoi l'élément
00:32:07déclencheur ?
00:32:08Qu'est-ce qui vous a pris ?
00:32:09Qu'est-ce que vous avez
00:32:09fait cette petite ?
00:32:10Enfin, je ne sais pas.
00:32:12Je ne peux pas
00:32:14l'expliquer.
00:32:14Ça s'est passé,
00:32:15c'est tout.
00:32:17Voilà tout ce qui est dit.
00:32:18Karine est à ce moment-là
00:32:19effectivement très inquiète
00:32:21de l'image
00:32:23qu'elle va pouvoir projeter.
00:32:26Que penser d'une femme
00:32:28qui jette un enfant
00:32:28de 2 ans
00:32:29par une fenêtre
00:32:29sans raison
00:32:30ou même avec des raisons
00:32:31d'ailleurs ?
00:32:33Elle est très inquiète
00:32:34de ça.
00:32:36Elle évoque assez peu
00:32:37le drame
00:32:38qu'ont vécu
00:32:38les parents de Samia.
00:32:39Elle évoque assez peu
00:32:40aussi Samia elle-même.
00:32:41Ça paraît peut-être
00:32:43assez abject
00:32:43de ne pas immédiatement
00:32:44avoir un mot
00:32:45pour les parents.
00:32:45mais c'est au final
00:32:46assez compréhensible aussi.
00:32:48Elle est confrontée
00:32:50à sa responsabilité pénale
00:32:51et elle est confrontée
00:32:52à son avenir
00:32:52et elle s'inquiète
00:32:53évidemment pour l'avenir
00:32:54de ses propres enfants.
00:32:56Elle est mise en examen
00:32:56par le juge d'instruction
00:32:57et elle renouvelle
00:32:58ses aveux.
00:33:00Elle est incarcérée
00:33:01à la maison d'arrêt
00:33:01de Dijon.
00:33:09dans la petite commune
00:33:11du département de Lain
00:33:13l'émotion
00:33:14est à son comble.
00:33:21le 8 septembre 2009
00:33:22la famille a organisé
00:33:23une marche silencieuse
00:33:24dans les rues de Belay.
00:33:27C'était un événement
00:33:29particulièrement poignant
00:33:30je crois on peut le dire.
00:33:31donc la famille avait
00:33:34des fleurs blanches
00:33:34et moi j'ai vraiment
00:33:40entraîné de souvenirs
00:33:41de cette maman
00:33:45elle avait un voile
00:33:47c'est vrai que pendant
00:33:48tout le temps de cette marche
00:33:49qui a duré quand même
00:33:50facilement une petite heure
00:33:53elle avançait vraiment
00:33:54comme une ombre
00:33:56moi ça me faisait penser
00:33:57vraiment à un tableau
00:33:58à ce qu'on appelle
00:33:58une mater dolorosa
00:33:59c'était vraiment
00:34:00toute la peine de la mère
00:34:01qui avait perdu son enfant.
00:34:05La famille de Karine
00:34:06son frère, ses soeurs
00:34:08seront présents
00:34:10apporteront leur soutien
00:34:11à ceux qui sont les victimes
00:34:12de leur propre soeur.
00:34:14C'est un moment
00:34:14de grande solidarité
00:34:15c'est un moment très fort
00:34:17qui a été vécu comme tel
00:34:18par la ville de Belay
00:34:19et par les parents de Samia
00:34:20et cette présence
00:34:21oui a été soulignée
00:34:22c'est important effectivement.
00:34:29Mais trois mois
00:34:30après le drame
00:34:31alors que l'instruction
00:34:33suit son cours
00:34:34et que la famille de Samia
00:34:36tente de faire son deuil
00:34:38Karine revient
00:34:39sur ses aveux.
00:34:43dans ce crime
00:34:44vraiment
00:34:45qu'on peut qualifier
00:34:46de pire crime
00:34:48qui puisse exister
00:34:48avoir tué une enfant
00:34:50de deux ans
00:34:51elle reporte
00:34:52une fois de plus
00:34:52la responsabilité
00:34:53sur quelqu'un d'autre.
00:34:55Elle va écrire une lettre
00:34:56au juge d'instruction
00:34:57pour se rétracter
00:34:59dire qu'elle n'est pas coupable
00:35:01qu'elle a voulu
00:35:03endosser la responsabilité
00:35:04pour le compte du père
00:35:06de Samia
00:35:07qui dit-elle
00:35:08était sous le coup
00:35:10de produits stupéfiants
00:35:11et sous l'emprise
00:35:12de produits stupéfiants
00:35:13aurait commis
00:35:14ce geste accidentel
00:35:15sur Samia.
00:35:15Elle dit qu'il est arrivé
00:35:16dans l'appartement
00:35:17qu'il était ivre
00:35:19qu'il avait fumé du chichon
00:35:20je crois que c'est le terme
00:35:21qu'elle emploie
00:35:22pris de la cocaïne
00:35:24qu'il avait pris la gamine
00:35:26sur ses épaules
00:35:26pour jouer
00:35:27et qu'elle était tombée
00:35:28et qu'ensuite
00:35:28il l'avait menacée
00:35:29c'est les mots qu'à l'emploi
00:35:31menacée
00:35:32en disant
00:35:33dis que c'est toi
00:35:34sinon je vais te tuer
00:35:35etc.
00:35:36et ça l'écrit noir sur blanc
00:35:37au juge
00:35:37quelques mois après les faits.
00:35:44C'est une accusation
00:35:46absolument inadmissible
00:35:47qu'elle porte à ce moment-là
00:35:48contre le père même
00:35:50de Samia
00:35:51qui vit un drame absolu
00:35:53et le magistrat instructeur
00:35:55va évidemment décider
00:35:56de la réentendre rapidement
00:35:58pour qu'elle puisse étayer
00:35:59cette nouvelle version
00:36:00qu'elle entendait
00:36:01servir à la justice
00:36:02mais dès qu'elle est entendue
00:36:03par le magistrat instructeur
00:36:05sans doute
00:36:06excellemment conseillée
00:36:07aussi
00:36:08elle va dire
00:36:08que tout ça c'est pas vrai
00:36:09que c'est bien elle
00:36:11qu'elle a écrit ce courrier
00:36:14à un moment
00:36:15où elle était perdue
00:36:16et qu'il fallait évidemment
00:36:18mettre cette version de côté
00:36:19qui n'était absolument
00:36:20pas la réalité
00:36:21elle va revenir
00:36:22sur sa version d'origine
00:36:23en admettant sa responsabilité.
00:36:26Au même moment
00:36:28Brigitte
00:36:28la sœur de Karine
00:36:30se présente de nouveau
00:36:31à la gendarmerie de Belay
00:36:33elle a des révélations à faire
00:36:35concernant son fils
00:36:37Yanis
00:36:42Elle dit qu'il y a quatre ans
00:36:43auparavant
00:36:44en 2004
00:36:45mon fils
00:36:46a été victime
00:36:47d'une piqûre d'insuline
00:36:49il est tombé dans le coma
00:36:51il a été en réanimation
00:36:52pendant plusieurs semaines
00:36:54le pronostic vital
00:36:55était engagé
00:36:56et je suspecte
00:36:57ma sœur Karine
00:36:58de lui avoir injecté
00:37:00cette piqûre
00:37:05c'est une nouvelle enquête
00:37:06qui est ouverte
00:37:06tout simplement pour se garder
00:37:08la possibilité
00:37:09de faire une garde à vue
00:37:09puisqu'on a vu que
00:37:10sur les premiers faits
00:37:11cette garde à vue
00:37:11avait prospéré
00:37:12donc on garde un cadre
00:37:14judiciaire
00:37:14nous permettant
00:37:15de faire une garde à vue
00:37:16par la suite
00:37:18c'est un dossier très compliqué
00:37:19puisque c'est des faits
00:37:20qui ont plus de cinq ans
00:37:23Karine n'habite plus
00:37:25dans l'appartement
00:37:25où les faits ont lieu
00:37:26elle va être entendue
00:37:28sur ces faits là
00:37:29elle va les contester
00:37:31fermement
00:37:31en disant que c'est sans doute
00:37:33son propre enfant
00:37:34son propre fils
00:37:35qui pour jouer au docteur
00:37:37aurait piqué son cousin
00:37:39avec cette seringue
00:37:41donc les enquêteurs
00:37:41vont décider de deux choses
00:37:43de d'abord évidemment
00:37:44réentendre tout le monde
00:37:45ce qui va être assez intéressant
00:37:46et ensuite de travailler
00:37:48sur l'acte d'injection
00:37:50en tant que tel
00:37:51est-ce qu'un enfant
00:37:52de l'âge de Florian
00:37:53à l'époque
00:37:54est en capacité
00:37:55d'injecter de l'insuline
00:37:56un petit garçon
00:37:57ils se rendent compte
00:37:58que tous les témoignages
00:37:59concordent
00:38:00aient rangé
00:38:01son insuline
00:38:02tout en haut du frigo
00:38:03et là
00:38:04il s'avère que c'est impossible
00:38:05que l'enfant de Karine
00:38:06présent ce jour là
00:38:07qui avait cinq ans
00:38:09était trop petit
00:38:09il n'aurait pas pu
00:38:10se saisir
00:38:11de ce stylo à insuline
00:38:13où il était rangé
00:38:14et de s'en servir
00:38:15d'autant plus
00:38:16que c'est un système
00:38:17assez compliqué
00:38:18il faut déverrouiller
00:38:20un cran
00:38:20appuyer
00:38:21enlever un capuchon
00:38:22donc ils en déduisent
00:38:23que non
00:38:24un enfant n'a pas pu
00:38:25faire ça pour jouer
00:38:27comme Karine
00:38:28semble le dire
00:38:28et elle va
00:38:29à nouveau incriminer
00:38:31une nouvelle personne
00:38:33c'est sa soeur Brigitte
00:38:34elle va dire
00:38:35à mon avis
00:38:37si c'est pas
00:38:37c'est pas moi
00:38:39vous me dites que Florian
00:38:40n'était pas là
00:38:41c'est pas Florian
00:38:42donc c'est
00:38:43si ce n'est pas moi
00:38:43et si c'est pas Florian
00:38:44c'est forcément
00:38:45la propre mère
00:38:47de Yanis
00:38:47qui a opéré
00:38:48cette injection
00:38:49pour une raison
00:38:50que je ne peux pas
00:38:51vous expliquer
00:38:51elle va dire
00:38:52vous savez
00:38:52parfois les gens
00:38:53font des choses
00:38:54étranges
00:38:55dans la bouche
00:38:55de Karine
00:38:57assez savoureux
00:38:58quand même
00:38:58mais c'est ce qu'elle
00:38:59va dire
00:38:59elle va accuser
00:39:00sa soeur
00:39:05donc Karine
00:39:06évidemment
00:39:06on s'interroge
00:39:07sur son passé
00:39:08pas que sur les faits
00:39:10qu'elle a pu commettre
00:39:10mais également
00:39:11ce qu'elle a pu vivre
00:39:12et elle a décrit
00:39:14une enfance
00:39:15une adolescence
00:39:16au sein d'un foyer
00:39:17voilà
00:39:18où la situation
00:39:19était difficile
00:39:20parce que son papa
00:39:22qui était un ancien ouvrier
00:39:23travaillant dans le BTP
00:39:24je crois
00:39:25était en longue maladie
00:39:26c'est à ce moment là
00:39:27où ils sont venus
00:39:27s'installer d'ailleurs
00:39:28dans le buger
00:39:29dans des petits villages
00:39:30autour de Belay
00:39:32elle raconte
00:39:33que le papa
00:39:34était violent
00:39:34elle a eu le sentiment
00:39:36pendant toute son enfance
00:39:37d'être en quelque sorte
00:39:38mise à l'écart
00:39:39de la famille
00:39:39de ne pas être considéré
00:39:41comme ses frères
00:39:42et sœurs
00:39:43d'être en quelque sorte
00:39:44l'enfant qu'on n'aimait pas
00:39:49elle va décrire
00:39:50une enfance
00:39:50à la causette
00:39:51où elle travaille
00:39:54véritablement
00:39:54à plein temps
00:39:55pour la bonne tenue
00:39:56de la maison
00:39:57s'occupant
00:39:58des repas
00:39:58du ménage
00:39:59de ses frères et sœurs
00:40:00elle a joué le rôle
00:40:01tout simplement
00:40:02de mère
00:40:03de femme de ménage
00:40:04d'intendante
00:40:05qu'elle a eu une enfance
00:40:08quasiment inexistante
00:40:09de ce fait là
00:40:10ses deux sœurs
00:40:11et son frère
00:40:12ont pas tout à fait
00:40:13la même vision des choses
00:40:14eux ils parlent
00:40:15effectivement
00:40:16de leur maman
00:40:16qui était battue
00:40:17de certaines difficultés
00:40:19dans le foyer
00:40:20mais pas véritablement
00:40:22de violence sur eux
00:40:23elle ment complètement
00:40:23elle fabule
00:40:25elle se fait le film
00:40:26elle raconte une histoire
00:40:27dans laquelle
00:40:27elle est l'héroïne
00:40:29et ses frères et sœurs
00:40:31disent que c'est faux
00:40:32qu'elle n'a jamais été maltraitée
00:40:34qu'elle n'a jamais été rejetée
00:40:35qu'elle n'a jamais été
00:40:37moins aimée
00:40:37avec les autres
00:40:39en plus
00:40:39c'est un peu bateau
00:40:40de toujours dire
00:40:41que les gens ont des problèmes
00:40:42parce qu'ils ont eu
00:40:43une enfance difficile
00:40:45beaucoup d'entre nous
00:40:46nous avons eu
00:40:46des enfances très difficiles
00:40:48et c'est pas pour ça
00:40:49qu'on devient
00:40:50qu'on devient criminel
00:40:52qu'on devient
00:40:53meurtrier
00:40:53assassin
00:40:54et autres
00:40:54donc c'est un raccourci
00:40:57qui passe
00:40:58chez les mauvais avocats
00:40:59aux assises
00:41:00mais qui au niveau
00:41:01psychologique
00:41:02ne s'exprime pas
00:41:03sous ces termes
00:41:06si Karine
00:41:07a multiplié
00:41:08les petits boulots
00:41:09tout au long de sa vie
00:41:11à 36 ans
00:41:12et au chômage
00:41:14depuis deux ans
00:41:14elle semblait
00:41:16se satisfaire
00:41:17de sa situation
00:41:19c'est plutôt
00:41:20son noisiveté
00:41:21qui est décrite
00:41:22depuis quelques années
00:41:23elle vivait plutôt
00:41:24d'allocations
00:41:24d'aides sociales
00:41:25elle travaillait plus trop
00:41:26il y avait tous
00:41:27ces petits larcins
00:41:28ces escroqueries
00:41:29avec ces chèques volés
00:41:32Karine
00:41:32c'est quelqu'un de fragile
00:41:34c'est difficile à dire
00:41:37quand on repense
00:41:40à l'acte qu'elle a commis
00:41:41mais c'est une écorchée
00:41:42de la vie
00:41:43elle s'est vite retrouvée
00:41:44dans l'incapacité
00:41:45d'élever trois enfants
00:41:47avec de faibles moyens
00:41:48avec cette structure
00:41:51psychologique
00:41:53démantelée
00:41:54et donc bien sûr
00:41:54les services sociaux
00:41:55se sont inquiétés
00:41:57et ont pris en charge
00:41:58les enfants
00:41:59pour les éloigner
00:42:00à un moment donné
00:42:00de cette mère
00:42:01qui était dans l'incapacité
00:42:03de s'en occuper
00:42:04ce qui n'a pas empêché
00:42:05Karine
00:42:06de toujours aimer
00:42:06ses enfants
00:42:09aimante
00:42:09avec ses trois enfants
00:42:10elle aurait même dû
00:42:12en avoir un quatrième
00:42:13mais un tragique événement
00:42:15l'en a empêché
00:42:16en 2000
00:42:18Karine fait une fausse couche
00:42:20à six mois et demi
00:42:21de grossesse
00:42:27c'est extrêmement important
00:42:28la perte de cet enfant
00:42:30dans la trajectoire
00:42:31de Karine
00:42:31pour expliquer
00:42:32peut-être
00:42:32ses passages à l'acte
00:42:34mais elle va expliquer
00:42:37que la mort d'Anthony
00:42:38c'est comme ça
00:42:39qu'elle le dit
00:42:39n'est pas du tout
00:42:40liée à son propre comportement
00:42:42mais qu'elle a été victime
00:42:43de violences conjugales
00:42:47les explications médicales
00:42:48et de son entourage
00:42:49sont toutes autres
00:42:50alors ils disent
00:42:51que c'est plutôt sa faute
00:42:52c'est-à-dire que
00:42:52cette Karine
00:42:53est diabétique
00:42:55donc il fallait vraiment
00:42:56qu'elle prenne son traitement régulièrement
00:42:58qu'elle surveille son alimentation
00:42:59qu'elle surveille son poids
00:43:00sa grossesse est une grossesse à risque
00:43:02elle est suivie par les médecins
00:43:04et elle va progressivement
00:43:05se soustraire de ce suivi médical
00:43:07elle ne va pas respecter
00:43:09les propositions médicales
00:43:11en tout cas les injonctions médicales
00:43:12qui lui sont faites
00:43:13notamment sur le fait
00:43:14d'arrêter une activité
00:43:15de réguler son alimentation
00:43:16de prendre son traitement
00:43:18à l'insuline
00:43:19avec des tempos clairs et marqués
00:43:21et elle va perdre cet enfant
00:43:23elle va lui donner un prénom
00:43:24Anthony
00:43:25elle va accoucher
00:43:27d'un enfant mort-né
00:43:34C'est quelque chose
00:43:35qui visiblement l'a marqué
00:43:37parce que
00:43:38sur les réseaux sociaux
00:43:39on sait que
00:43:40quelques peu de temps
00:43:41avant les faits
00:43:41elle avait mis la photo
00:43:42de la tombe
00:43:43de cet enfant
00:43:46sur son profil
00:43:47elle avait même mis
00:43:48une mention
00:43:50qui disait grosso modo
00:43:52qu'il n'y a rien de mieux
00:43:55que de serrer un enfant
00:43:56dans ses bras
00:43:56et c'est une phrase
00:43:58qui a posteriori
00:44:00avec la mort de Samia
00:44:01évidemment prendra
00:44:02toute autre tonalité
00:44:07Alors dans cette affaire
00:44:09Karine ne livre pas de mobile
00:44:10ne livre pas d'explication
00:44:11donc bien évidemment
00:44:13on attend une réponse
00:44:15donc ce qui s'avère primordial
00:44:16c'est les expertises
00:44:18psychologiques, psychiatriques
00:44:20il y en a deux
00:44:21il y a une expertise
00:44:22et une contre-expertise
00:44:23qui est faite
00:44:24c'est une femme
00:44:25qui a abordé
00:44:26l'examen
00:44:26la situation d'examen
00:44:27sans aucune difficulté
00:44:29qui a bien compris
00:44:30pourquoi
00:44:31on l'a rencontré
00:44:40Elle pense
00:44:41qu'elle ne peut pas
00:44:42être capable
00:44:42d'avoir commis
00:44:43un tel acte
00:44:44en même temps
00:44:45elle sait très bien
00:44:45qu'elle était seule
00:44:46à ce moment-là
00:44:47avec l'enfant
00:44:48et que visiblement
00:44:49c'est quand même
00:44:51une des possibilités majeures
00:44:53qu'elle soit
00:44:53à l'origine de l'acte
00:44:55elle est vraiment
00:44:56dans une espèce
00:44:57de dénégation
00:44:59mais voilà
00:44:59de reconnaissance
00:45:00de non reconnaissance
00:45:01elle est un peu
00:45:02dans cet entre-deux
00:45:03Les experts relèvent
00:45:06que manifestement
00:45:07cette femme
00:45:07n'est pas prise
00:45:08dans des phénomènes délirants
00:45:09qu'elle est en prise
00:45:10avec la réalité
00:45:11qu'elle comprend les interdits
00:45:13Les psychiatres expliquent
00:45:15que Karine nourrirait
00:45:17un lien étroit
00:45:18entre le mal et l'enfance
00:45:19c'est lié
00:45:20à la façon dont elle a vécu
00:45:22elle-même son enfance
00:45:23c'est lié
00:45:25également
00:45:25à ce déficit d'intérêt
00:45:27qu'elle explique
00:45:29avoir subi
00:45:30en tout cas vécu
00:45:30lorsqu'elle était
00:45:31beaucoup plus jeune
00:45:32et manifestement
00:45:33elle supporte assez mal
00:45:35de ne pas être
00:45:36au centre
00:45:36des attentions des autres
00:45:38et elle supporte
00:45:39de fait
00:45:39assez mal
00:45:41d'être avec des enfants
00:45:42qui sont eux-mêmes
00:45:43au centre
00:45:43des attentions des autres
00:45:44Pour elle
00:45:45l'enfant est à même
00:45:46source
00:45:46plus ou moins de malheur
00:45:48je pense qu'il fait
00:45:49obstacle à son bonheur
00:45:50il faut annuler l'enfant
00:45:51parce qu'il est
00:45:53source de malheur
00:45:54pour elle
00:45:54quand on regarde
00:45:56un peu
00:45:57sa trajectoire
00:45:58c'est surprenant
00:46:02En juin 2010
00:46:03près d'un an
00:46:05après la mort
00:46:06de Samia
00:46:06une reconstitution
00:46:08des faits
00:46:09a lieu
00:46:09dans l'appartement
00:46:10de Vanessa
00:46:15J'ai prévenu
00:46:16Karine
00:46:16que le moment
00:46:16allait être
00:46:17très douloureux
00:46:18qu'il y aurait
00:46:19d'abord un accueil
00:46:20violent
00:46:21ça a été le cas
00:46:22puisqu'on a entendu
00:46:23des cris à mort
00:46:24à mort
00:46:24avec un cordon
00:46:25de sécurité
00:46:26digne
00:46:26d'une reconstitution
00:46:28d'un acte terrorisme
00:46:31c'est surtout
00:46:32un face à face
00:46:32un face à face
00:46:34dans une pièce
00:46:35fermée
00:46:35entre les parents
00:46:37de Samia
00:46:37et Karine
00:46:40et c'est évidemment
00:46:41très difficile
00:46:42Karine va
00:46:43adopter
00:46:44une position
00:46:46de retrait
00:46:48elle va
00:46:48refuser de faire
00:46:49les gestes
00:46:52si Karine
00:46:52refuse de coopérer
00:46:54physiquement
00:46:54à la reconstitution
00:46:56elle confirme
00:46:57avoir déplacé
00:46:58la chaise
00:46:59sous la fenêtre
00:47:00du salon
00:47:05si elle déplace
00:47:06cette chaise
00:47:06si elle la met
00:47:06sous la fenêtre
00:47:08c'est qu'elle a
00:47:08parfaitement conscience
00:47:09qu'il va y avoir
00:47:10une enquête
00:47:12elle sait
00:47:12qu'il va y avoir
00:47:12des vérifications
00:47:13elle sait
00:47:14qu'il va y avoir
00:47:14des investigations
00:47:15elle sait
00:47:16qu'il y a un péril pénal
00:47:16et elle sait
00:47:17dès lors
00:47:18que ce qu'elle a commis
00:47:18est totalement interdit
00:47:20et parfaitement dramatique
00:47:36le 21 septembre
00:47:38le procès de Karine
00:47:40s'ouvre devant
00:47:41la cour d'assises
00:47:41de Lens
00:47:42elle doit répondre
00:47:44du meurtre
00:47:44de Samia
00:47:45et de la tentative
00:47:46de meurtre
00:47:47de Yanis
00:47:48son neveu
00:47:50les affaires
00:47:51de Mathieu
00:47:52et Alexandre
00:47:53sont quant à elles
00:47:55prescrites
00:47:59il y a une grande tension
00:48:00parce que
00:48:01tous les proches
00:48:03de la famille
00:48:03de Samia
00:48:05ont revêtu
00:48:05un t-shirt
00:48:06à peu près identique
00:48:07avec imprimé
00:48:08une photo
00:48:08de l'enfant
00:48:09c'est une affaire
00:48:10tellement particulière
00:48:11bon
00:48:12le meurtre
00:48:13d'un enfant
00:48:14c'est quand même pas
00:48:15tous les jours
00:48:15que ça arrive
00:48:16et puis surtout
00:48:17tout le monde
00:48:17est là
00:48:18tout le monde
00:48:18attend des réponses
00:48:22lorsque Karine
00:48:23arrive dans le box
00:48:25des accusés
00:48:27peu de gens
00:48:28la reconnaissent
00:48:29elle est transformée
00:48:30physiquement
00:48:31elle s'est épaissie
00:48:34le regard
00:48:36fuyant
00:48:38il y a un silence
00:48:41impressionnant
00:48:43tous les regards
00:48:45sont fixés sur elle
00:48:46et d'emblée
00:48:47le ton
00:48:48est dur
00:48:52et j'ai demandé
00:48:53à Karine
00:48:54de tenter
00:48:54d'apporter
00:48:55des éléments
00:48:55de réponse
00:48:57j'ai également
00:48:58dit à Karine
00:48:59que le procès
00:49:00était nécessaire
00:49:01pour elle
00:49:01parce que
00:49:03il lui permettrait
00:49:04de savoir
00:49:04où elle en est
00:49:05elle était prête
00:49:07elle était prête
00:49:09craintive
00:49:09apeurée
00:49:10prête
00:49:11son seul soutien
00:49:12c'était moi
00:49:15et elle passe
00:49:16on va dire
00:49:17les deux jours
00:49:17de procès
00:49:18sans dire grand chose
00:49:20elle parle d'une voix blanche
00:49:21sans émotion
00:49:23elle parle d'elle
00:49:24de son enfance
00:49:25elle confirme des choses
00:49:26elle dit oui
00:49:27elle dit non
00:49:28elle dit je sais pas
00:49:30mais
00:49:32elle passe un peu
00:49:32à côté de son procès
00:49:33là clairement
00:49:37lorsque la mère
00:49:38de Samia
00:49:39dépose à la barre
00:49:39effectivement
00:49:40elle dépose avec
00:49:41beaucoup de dignité
00:49:42et explique
00:49:43avec beaucoup de clarté
00:49:44son malheur
00:49:45elle explique aussi
00:49:46le drame que vivent
00:49:47ses enfants
00:49:48et notamment
00:49:48un de ses enfants
00:49:49Dimitri
00:49:50qui ne comprend pas
00:49:51l'absence de sa soeur
00:49:52qui s'en est responsable
00:49:53presque coupable
00:49:54de la mort
00:49:54de sa petite soeur
00:49:55et qui souhaiterait
00:49:57que l'ensemble
00:49:58de la famille
00:49:58la rejoigne
00:50:00c'est un grand moment
00:50:01d'un grand moment
00:50:01de dignité
00:50:02de souffrance
00:50:06à la barre
00:50:07Vanessa
00:50:08interpelle Karine
00:50:09mais son ancienne amie
00:50:11ne parvient pas
00:50:12à expliquer son geste
00:50:17dans notre humanité
00:50:18à chacun de nous
00:50:19il y a aussi
00:50:19cette composante là
00:50:20on a aussi
00:50:21des perversités
00:50:23on a aussi
00:50:24des traits de personnalité
00:50:26qui peuvent parfois
00:50:27nous amener
00:50:28à commettre des actes
00:50:30dramatiques
00:50:31gravissimes
00:50:31et cette femme
00:50:32elle s'est construite
00:50:33c'est des traits
00:50:34de personnalité
00:50:35c'est pas une maladie mentale
00:50:36c'est des traits
00:50:37de personnalité
00:50:37c'est sa personnalité
00:50:39qui s'est construite
00:50:40sur cette détestation
00:50:41de l'enfant
00:50:42elle a tué cet enfant
00:50:43en connaissance de cause
00:50:45elle n'était pas poussée
00:50:46par une force extérieure
00:50:47son lien à la réalité
00:50:49n'était pas altéré
00:50:50elle n'avait pas
00:50:51de pathologie mentale
00:50:51tous les médecins le disent
00:50:52c'est une femme
00:50:55qui a commis un acte
00:50:58inhumain
00:50:58voilà
00:51:02et donc quand on arrive
00:51:03au terme de ce procès
00:51:04le président de la cour d'assises
00:51:05il se tourne vers elle
00:51:07et il leur pose la question
00:51:10mais d'une manière
00:51:10on va dire un peu indirecte
00:51:12un peu détournée
00:51:13qui est assez habile finalement
00:51:14c'est à dire qu'il lui dit
00:51:17écoutez Karine
00:51:18si demain soir
00:51:19la cour et le jury
00:51:20vous déclarent
00:51:22coupables de la tentative
00:51:23d'empoisonnement
00:51:23de votre neveu
00:51:25est-ce qu'elle aura commis
00:51:27une erreur judiciaire ?
00:51:30et là Karine
00:51:33on sent une petite hésitation
00:51:34elle hésite quelques secondes
00:51:36et dit non
00:51:39ce sont des aveux
00:51:40ce sont des aveux indirects
00:51:44bien que les affaires
00:51:45de Mathieu
00:51:46et Alexandre
00:51:47soient prescrites
00:51:48le président de la cour
00:51:51tente d'obtenir
00:51:52des réponses
00:51:55il poursuit
00:51:56le ferrard passé
00:51:59l'enfant handicapé
00:52:00brûlé dans le dos
00:52:02cet enfant
00:52:03qui avait 4 ans
00:52:03vous avez poussé
00:52:05vous avez défenestré
00:52:07oui
00:52:09je ne nie pas
00:52:12je ne nie pas
00:52:13elle dit
00:52:17l'audience
00:52:17s'est déployée
00:52:19sur 3 journées
00:52:20à l'issue
00:52:20de ces 3 jours
00:52:21on pouvait tous considérer
00:52:23que Karine
00:52:24reconnaissait les faits
00:52:25j'ai requis
00:52:2530 années
00:52:26de réquisition criminelle
00:52:26la concernant
00:52:28la cour d'assises
00:52:29a délibéré
00:52:30sur cette affaire
00:52:31et a rendu
00:52:33une décision
00:52:33conforme aux réquisitions
00:52:34qui avaient été sollicité
00:52:36une condamnation
00:52:37de 30 années
00:52:38de réquisition criminelle
00:52:39sans obligation de soins
00:52:43Karine
00:52:45n'a rien dit
00:52:49je me suis tourné
00:52:51vers elle
00:52:53et je lui dis
00:52:54faites appel
00:52:56faites appel
00:52:57elle est partie
00:52:58silencieusement
00:53:04sur les conseils
00:53:05de son avocat
00:53:06Karine
00:53:07fait appel
00:53:08mais après
00:53:10quelques jours
00:53:10de réflexion
00:53:11elle renonce
00:53:12et accepte
00:53:14finalement sa peine
00:53:33la famille de Samia
00:53:34quant à elle
00:53:35sortira de ce procès
00:53:37avec une immense frustration
00:53:40celle de ne pas savoir
00:53:41pourquoi
00:53:42leur fille est morte
00:53:48on ne peut pas forcer
00:53:49la réponse
00:53:49et la question
00:53:50du pourquoi
00:53:51si on pouvait
00:53:51sonder les âmes
00:53:52et sonder l'âme
00:53:52de Karine
00:53:53on l'aurait fait
00:53:55on aurait extirpé
00:53:56de son coeur
00:53:56les raisons
00:53:57de ses passages
00:53:57à l'acte
00:53:57mais on n'a pas encore
00:53:58les moyens techniques
00:53:58de le faire
00:53:59et la seule personne
00:54:00qui pouvait les apporter
00:54:00c'est elle
00:54:01ses réponses
00:54:01elle ne l'a pas fait
00:54:02elle le fera peut-être
00:54:02un jour
00:54:03je l'espère
00:54:04pour les parents
00:54:05de Samia
00:54:05je l'espère aussi
00:54:06pour Brigitte
00:54:07pour la mère
00:54:08et le père
00:54:09d'ailleurs
00:54:09de Yanis
00:54:10mais Karine
00:54:13était soit
00:54:14dans la capacité
00:54:15de répondre
00:54:15à ces questions
00:54:15soit souhaitait garder
00:54:17ses réponses secrètes
00:54:20c'est comme ça
00:54:48Sous-titres par Jérémy
00:54:54Samitre-les-Remparts
00:54:55est un petit village
00:54:56comme il y en a
00:54:57beaucoup en Provence
00:54:59qui finalement
00:55:00est organisé
00:55:01autour d'une place
00:55:01principale
00:55:02où tout le monde
00:55:02se retrouve
00:55:03et ce soir-là
00:55:05le drame
00:55:06s'est noué
00:55:06autour de cette place
00:55:07en plein coeur
00:55:08de l'été
00:55:12ce soir du 16 juillet
00:55:14aux environs
00:55:15de minuit
00:55:16minuit moins le quart
00:55:18plusieurs témoins
00:55:20entendent
00:55:20un grand bruit
00:55:21un grand fracas
00:55:22qui déchire un peu
00:55:23la nuit
00:55:27il y a une personne
00:55:28qui sort
00:55:30immédiatement
00:55:31dès qu'elle entend
00:55:32le bruit
00:55:32et qui constate
00:55:34qu'une voiture
00:55:35est encastrée
00:55:36contre la clôture
00:55:38d'une villa
00:55:42il voit surtout
00:55:43un homme
00:55:44avec le haut
00:55:44de son corps
00:55:45à l'intérieur
00:55:46et le bas
00:55:46de son corps
00:55:46à l'extérieur
00:55:48coincé entre
00:55:50la rambarde
00:55:50la portière
00:55:51et le véhicule
00:55:54et la victime
00:55:55est en train
00:55:55de suffoquer
00:55:56au moment
00:55:56de l'arrivée
00:55:57des premiers intervenants
00:56:00les pompiers
00:56:00arrivent
00:56:01ils pensent
00:56:02à un accident
00:56:03parce que c'est
00:56:03ce qu'on leur a indiqué
00:56:04donc leur priorité
00:56:06c'est de dégager
00:56:06le corps
00:56:07et de tenter
00:56:08de ranimer
00:56:08la victime
00:56:11il est en arrêt
00:56:12cardioventilatoire
00:56:13il est raflé
00:56:15sur toute la partie gauche
00:56:17les pompiers
00:56:17comme leur premier réflexe
00:56:19a été
00:56:19après avoir
00:56:20bougé la voiture
00:56:21de tirer la victime
00:56:22la première pensée
00:56:23des pompiers
00:56:24c'est nous
00:56:25en le traînant
00:56:25qu'ils l'avons blessé
00:56:31on l'emmène
00:56:32à l'hôpital européen
00:56:33il est dans le coma
00:56:36la victime
00:56:37n'est pas connue
00:56:38de la part
00:56:39de ces témoins
00:56:40en revanche
00:56:41on retrouve
00:56:42dans son véhicule
00:56:43des éléments
00:56:44qui permettent
00:56:45de l'identifier
00:56:45notamment
00:56:46ses papiers d'identité
00:57:02à 56 ans
00:57:04Bernard
00:57:05est célibataire
00:57:06et n'a pas d'enfant
00:57:08depuis maintenant
00:57:10une trentaine d'années
00:57:11il vit dans un foyer
00:57:13de travailleurs
00:57:14à Istres
00:57:23c'était un monsieur
00:57:24qui est très gentil
00:57:25qui est décrit
00:57:25par sa famille
00:57:26comme un nounours
00:57:33mon frère
00:57:34comment je veux
00:57:34le décrire
00:57:37une personne simple
00:57:38très nature
00:57:41qui vit
00:57:42avec ses moyens
00:57:44c'était quelqu'un
00:57:45qui avait un gros cœur
00:57:46toujours prêt
00:57:47à aider
00:57:47prochain
00:57:49ses proches
00:57:50sa famille
00:57:51avec ses moyens
00:57:52lui bien sûr
00:57:54travailleur
00:57:55le gros nounours
00:57:56on va dire
00:57:58c'est quelqu'un
00:57:58qui est décrit
00:57:59par son employeur
00:58:00comme un monsieur
00:58:00extrêmement sérieux
00:58:01toujours ponctuel
00:58:02et toujours très gentil
00:58:03parce qu'il est chauffeur
00:58:04de navettes
00:58:05et il est toujours
00:58:06très gentil
00:58:07avec les jeunes
00:58:07du village
00:58:08c'est quelqu'un
00:58:09qui aime
00:58:10s'aviner
00:58:10les week-ends
00:58:18son loisir
00:58:19favori
00:58:19semble-t-il
00:58:20c'est faire
00:58:20la tournée
00:58:21des bars
00:58:21le week-end
00:58:22dès qu'il a terminé
00:58:23son service
00:58:25et ici
00:58:25on l'appelait
00:58:26tantôt Bernardo
00:58:27tantôt Bernardoche
00:58:28donc voilà
00:58:28quelqu'un qu'on connaît
00:58:29bien
00:58:29quand même
00:58:30dans les bars
00:58:31de Saint-Mitre
00:58:36il n'a jamais eu
00:58:38la joie
00:58:39le bonheur
00:58:39de goûter
00:58:41aux belles choses
00:58:42de la vie
00:58:42parce que financièrement
00:58:43quand on n'a pas
00:58:43les moyens
00:58:44c'est compliqué
00:58:45mais il n'a jamais
00:58:46demandé une caisse
00:58:46à qui que ce soit
00:58:47qui s'est toujours
00:58:48débrouillé par lui-même
00:58:49tout à son honneur
00:58:52originaire d'Alsace
00:58:54Bernard est très proche
00:58:56de son frère Jean-Marc
00:58:58qui vit toujours
00:58:59dans l'est de la France
00:59:02c'est un monsieur
00:59:03très solitaire
00:59:04qui est très discret
00:59:07qui parle peu de sa vie
00:59:08qui ne s'épanche pas beaucoup
00:59:11quasiment tous les dimanche
00:59:12je savais qu'à 8h
00:59:13quand le téléphone soniait
00:59:14enfin à 20h
00:59:15je savais que c'était Bernard
00:59:17donc forcément
00:59:17je disais à mon ex-épouse
00:59:20quand je suis encore marié
00:59:20ou à ma conjointe actuelle
00:59:23voilà il n'y en a pas
00:59:23une heure
00:59:24vous savez
00:59:26dans la nuit du 16
00:59:28au 17 juillet
00:59:30Jean-Marc
00:59:31est alerté
00:59:33son frère Bernard
00:59:35vient d'avoir
00:59:36un grave accident
00:59:37de la route
00:59:39on m'a téléphoné au glou
00:59:41on m'a dit
00:59:41voilà Bernard
00:59:42il a eu un accident
00:59:44il est à Marseille
00:59:48il entre la veille et la mort
00:59:49je ne sais pas
00:59:49s'il va s'en sortir
00:59:50il faut que tu viennes
00:59:51le plus rapidement possible
00:59:54alors que Bernard
00:59:55est entre la vie
00:59:57et la mort
00:59:57à l'hôpital européen
00:59:59de Marseille
01:00:00les policiers
01:00:01arrivent
01:00:02sur les lieux
01:00:03de l'accident
01:00:11la voiture
01:00:11la voiture
01:00:12qui est toujours
01:00:13encastrée
01:00:13dans le mur
01:00:14de la villa
01:00:15elle est complètement
01:00:16défoncée
01:00:17tant à l'avant
01:00:18gauche
01:00:19qu'à l'avant
01:00:20droit
01:00:20le pare-choc
01:00:21est défoncé
01:00:22et le moteur
01:00:23tourne
01:00:24la clé
01:00:25est coincée
01:00:26dans le Neyman
01:00:30il constate
01:00:31côté passager
01:00:32à l'avant
01:00:33du véhicule
01:00:33la présence
01:00:34d'une petite hachette
01:00:35et divers objets
01:00:36ainsi qu'un
01:00:38gilet jaune
01:00:39fluo
01:00:47les premières auditions
01:00:49des premières personnes
01:00:50qui interviennent
01:00:51sur le lieu
01:00:51n'apportent rien
01:00:52puisqu'elles vont
01:00:54toutes décrire
01:00:55la même chose
01:00:57on a entendu
01:00:58un grand boom
01:00:58on s'est rendu
01:00:59sur les lieux
01:01:00et on a vu cet homme
01:01:01coincé
01:01:02entre la rombarde
01:01:02et son véhicule
01:01:07en interrogeant
01:01:08les témoins
01:01:09sur place
01:01:09mais également
01:01:10le patron
01:01:11de Bernard
01:01:12les policiers
01:01:13tentent d'établir
01:01:14son emploi du temps
01:01:22pour Bernard
01:01:23c'est une journée
01:01:23classique
01:01:24il commence
01:01:25sa matinée
01:01:25il est un peu
01:01:26plus de 7h du matin
01:01:27il va travailler
01:01:28il est chauffeur de bus
01:01:30pour les navettes
01:01:31gratuites
01:01:32de la ville d'Istre
01:01:33il travaille
01:01:34jusqu'à 14h12
01:01:35à peu près
01:01:35il termine son service
01:01:36après nous avons
01:01:37quand même
01:01:38une période
01:01:38entre guillemets
01:01:39de blanc
01:01:39puisqu'on ne sait pas
01:01:40comment va se dérouler
01:01:41l'après-midi
01:01:41on n'a aucune indication
01:01:44il prend sa voiture
01:01:45et il va
01:01:47faire la toilette des barres
01:01:50c'est quelque chose
01:01:51d'un peu un rituel
01:01:52pour lui
01:01:53on sait pas véritablement
01:01:54vers quelle heure arrive
01:01:55la victime
01:01:56dans le centre
01:01:57de Saint-Mitres
01:01:59ce qu'on sait
01:02:00c'est que
01:02:00vers 22h30
01:02:02il entre dans le bar
01:02:03de la place du village
01:02:052h seulement
01:02:06après son arrivée
01:02:08dans le bar
01:02:09Bernard
01:02:10est découvert
01:02:11inanimé
01:02:12près de sa voiture
01:02:16on pense
01:02:17qu'il a fait
01:02:17un malaise cardiaque
01:02:18en étant roulant
01:02:19mais la position du corps
01:02:21mettant en doute
01:02:22un accident
01:02:26le corps
01:02:26il a
01:02:27les jambes
01:02:28qui sont
01:02:29à l'extérieur
01:02:29du véhicule
01:02:30et l'autre partie
01:02:31du corps
01:02:31à l'intérieur
01:02:32c'est un peu curieux
01:02:33comme position
01:02:34pour conduire
01:02:35une voiture
01:02:35on commence à se poser
01:02:37des questions
01:02:48le lendemain
01:02:49de son accident
01:02:50Bernard
01:02:52meurt
01:02:53à l'hôpital européen
01:02:54de Marseille
01:02:55des suites
01:02:56de ses blessures
01:03:00malheureusement
01:03:01il est décédé
01:03:01j'ai pas eu le temps
01:03:02de le voir
01:03:04une autopsie
01:03:05va alors
01:03:06être effectuée
01:03:08pour établir
01:03:09les raisons
01:03:10de son décès
01:03:12le taux d'alcoolémie
01:03:13va révéler
01:03:141,46 g
01:03:15d'alcool
01:03:16dans le sang
01:03:16ça veut dire
01:03:18bien évidemment
01:03:18que lorsqu'il a été
01:03:20amené à l'hôpital européen
01:03:21le taux était plus élevé
01:03:22puisque le taux
01:03:23baisse
01:03:24au fur et à mesure
01:03:25là il avait bu
01:03:26beaucoup plus
01:03:27que de raisons
01:03:33il y a une autopsie
01:03:34qui est réalisée
01:03:35par le médecin légiste
01:03:36et qui va conclure
01:03:37à une compression
01:03:38de la cage thoracique
01:03:39qui va entraîner
01:03:40un arrêt cardio-respiratoire
01:03:42et qui va entraîner
01:03:42le décès
01:03:43malheureusement
01:03:44de la victime
01:03:48j'ai été convoqué
01:03:49chez la commissaire
01:03:50donc malheureusement
01:03:51il y avait un dossier
01:03:52qui était ouvert
01:03:52sur la table
01:03:53avec des photos
01:03:53et j'ai pu jeter un oeil
01:03:54et j'ai vu son corps
01:03:56j'avais compris
01:03:59la violence
01:04:00parce qu'elle a déçu
01:04:01bien
01:04:06excusez-moi
01:04:20des questions vont se poser
01:04:22parce qu'encore une fois
01:04:23ce n'est pas un problème cardiaque
01:04:25c'est bien un problème d'asphyxie
01:04:28qui manifestement trouve sa cause
01:04:30dans le fait
01:04:30que la malheureuse victime
01:04:32a été comprimée
01:04:34entre le véhicule
01:04:35et le mur
01:04:36et dans ce cas-là
01:04:37la question va se poser
01:04:39de savoir
01:04:39dans quelles conditions
01:04:40elle a pu être amenée
01:04:41à se trouver ainsi
01:04:42dans cette position
01:04:44il y a des traces rouges
01:04:45des écorchures
01:04:46d'armarbrasion
01:04:47au niveau des genoux
01:04:48c'était comme si c'était
01:04:49quelqu'un qui s'était traîné
01:04:50qui avait traîné ses genoux
01:04:51au sol
01:04:53alors qu'une autre personne
01:04:54conduisait
01:04:55et c'est ce qui est aussi noté
01:04:58par le médecin
01:04:59et qui permet aussi
01:05:00de questionner
01:05:02sur la façon
01:05:03dont les faits
01:05:04se sont véritablement déroulés
01:05:08et les enquêteurs
01:05:10vont immédiatement
01:05:11arriver à cette conclusion
01:05:12ce qui était apparu
01:05:15initialement
01:05:16comme un accident
01:05:17cache en réalité
01:05:19un crime
01:05:20et l'objet
01:05:21de l'enquête
01:05:22va dès lors
01:05:22de cerner
01:05:24les circonstances
01:05:25et les responsabilités
01:05:26dans la commission
01:05:27de ce crime
01:05:30dès lors
01:05:31les policiers d'Istre
01:05:33entendent le patron
01:05:34et les employés du bar
01:05:36dans lequel la victime
01:05:38a été vue
01:05:38ce 16 juillet
01:05:42il y a des serveuses
01:05:43dans le bar
01:05:44qui sont présentes
01:05:45et l'une d'elles
01:05:46expliquera
01:05:47avoir vu
01:05:48Bernard
01:05:49entrer
01:05:50passablement énervé
01:05:51et
01:05:52tenir une hache
01:05:54qui est en fait
01:05:54une petite hache
01:05:58le gérant du bar
01:05:59il explique
01:06:00que Bernard
01:06:00semblait déjà
01:06:01alcoolisé
01:06:02qu'il a bu
01:06:03deux pastis
01:06:04au sein de son bar
01:06:05et que la victime
01:06:06lui a demandé
01:06:07s'il connaissait
01:06:07justement
01:06:08un jeune homme
01:06:10qui semblait
01:06:10lui faire peur
01:06:11et qui le cherchait
01:06:13depuis quelques heures
01:06:14au sein du village
01:06:17avec ce témoignage
01:06:19les policiers
01:06:20savent désormais
01:06:21que ce soir là
01:06:22Bernard
01:06:23craignait
01:06:24un homme
01:06:25mais une autre révélation
01:06:27va s'avérer
01:06:28déterminante
01:06:29pour l'enquête
01:06:32lors de leur
01:06:33deuxième audition
01:06:34certains témoins
01:06:35reviennent
01:06:36un petit peu
01:06:37sur leur déclaration
01:06:38initiale
01:06:39notamment celui
01:06:40qui s'avérera être
01:06:41le témoin principal
01:06:42et qui explique
01:06:44en fait
01:06:45que antérieurement
01:06:46au grand bruit
01:06:47qu'il a entendu
01:06:47il avait entendu
01:06:48des éclats de voix
01:06:50comme une dispute
01:06:51entre deux hommes
01:06:52et il a tout de suite
01:06:53reconnu
01:06:54la voix de celui
01:06:56qui sera identifié
01:06:57plus tard
01:06:58comme étant
01:06:58Valentin
01:07:02il est torse nu
01:07:03et il est très énervé
01:07:07le témoin central
01:07:08descend alors
01:07:08dans la rue
01:07:09il essaye de s'expliquer
01:07:11avec le jeune homme
01:07:11en lui disant
01:07:13il faut que tu partes
01:07:14de là
01:07:14qu'est-ce que tu as
01:07:15encore fait
01:07:15et là Valentin
01:07:17lui dit
01:07:17il lui explique
01:07:18qu'il est poursuivi
01:07:19par un homme
01:07:19armé d'une hache
01:07:23le témoin
01:07:24ne voit personne
01:07:25il retourne chez lui
01:07:26fumer une cigarette
01:07:27et voit à ce moment-là
01:07:29Valentin
01:07:30courir vers une voiture
01:07:31qui était garée
01:07:33sur la chaussée
01:07:34mais moteur allumé
01:07:35portière ouverte
01:07:38donc il voit
01:07:39Valentin entrer
01:07:40dans la voiture
01:07:40et crier quelque chose
01:07:42comme
01:07:42je vais d*** ta bagnole
01:07:44sale fils de p***
01:07:45quelque chose comme ça
01:07:47au moment où Valentin
01:07:48est dans la voiture
01:07:49et où il enclenche la première
01:07:50le témoin voit
01:07:52un autre homme
01:07:53cette fois courir
01:07:54vers le véhicule
01:07:55et s'agripper
01:07:56à l'habitacle
01:07:57à la portière
01:07:58et la voiture
01:07:59quand même démarrée
01:08:00il voit bien
01:08:01que Valentin
01:08:02enclenche la première
01:08:03la voiture roule
01:08:04sur une trentaine de mètres
01:08:05et brusquement
01:08:06change de direction
01:08:07part sur la gauche
01:08:08et va s'encastrer
01:08:09dans le mur de la villa
01:08:24ces nouveaux éléments
01:08:25et ce témoignage clé
01:08:27amènent les enquêteurs
01:08:29à s'intéresser
01:08:30de plus près
01:08:31à Valentin
01:08:34c'est une personne
01:08:36qui n'a pas réussi
01:08:37à faire des études
01:08:39et l'a tenté
01:08:40de faire le travail
01:08:41de boulanger
01:08:44mais à ce moment-là
01:08:46il a enchaîné
01:08:47le petit boulot
01:08:50il boit de l'alcool
01:08:52avec des copains
01:08:54pour passer du temps
01:08:56ça c'était le côté positif
01:08:59mais il est également
01:08:59décrit comme quelqu'un
01:09:01de turbulent
01:09:02dans le cadre
01:09:03voilà
01:09:03dans le cadre du village
01:09:07il est issu d'un milieu populaire
01:09:10son père avait déjà eu
01:09:12des problèmes
01:09:12avec la justice
01:09:13il est décrit par sa mère
01:09:15comme étant un fugueur
01:09:18assez immature
01:09:19et il a eu des ennuis
01:09:21avec la justice
01:09:21il a eu des comportements
01:09:23violents
01:09:24avec ses compagnes
01:09:26aussi
01:09:27quasi judiciaires
01:09:29condamnation
01:09:30c'est une des raisons
01:09:31pour lesquelles
01:09:32effectivement
01:09:32il est connu
01:09:33à l'intérieur de Saint-Mitre
01:09:38en plus du témoin principal
01:09:40une autre personne
01:09:42accable Valentin
01:09:44il s'agit de son ex-petite amie
01:09:46qui a passé
01:09:47une partie de la journée
01:09:48du 16 juillet
01:09:50avec le suspect
01:09:54elle était avec Valentin
01:09:55depuis le milieu
01:09:57d'après-midi
01:09:58même s'ils étaient séparés
01:09:59depuis deux mois
01:10:01ils avaient souhaité
01:10:02se voir
01:10:02pour faire un petit peu
01:10:03le point
01:10:03sur leur relation amoureuse
01:10:05qui par le passé
01:10:06avait été très tumultueuse
01:10:10dans la soirée
01:10:11alors pareil
01:10:12il se retrouve au bar
01:10:13et en fait
01:10:14il a interdit de bar
01:10:15à Saint-Mitre
01:10:16il faut le savoir
01:10:16parce qu'il avait créé
01:10:17quelques incidents
01:10:19antérieurement
01:10:19donc il a interdit de bar
01:10:21ce qui veut dire
01:10:22qu'il reste dehors
01:10:25l'atrice se retrouve seule
01:10:27avec elle
01:10:27à l'extérieur du bar
01:10:28il essaie de terminer
01:10:30les cubis
01:10:31et très rapidement
01:10:32elle dit
01:10:33qu'elle voit la victime
01:10:36s'adresser à eux
01:10:38et venir réclamer
01:10:40à Valentin
01:10:41des explications
01:10:42pour des insultes
01:10:43qu'il aurait proférées
01:10:44précédemment
01:10:45mais elle n'en sait pas plus
01:10:47et elle relate
01:10:48comment Valentin
01:10:49l'était
01:10:49l'attitude qu'il avait
01:10:51l'attitude
01:10:52très fanfaronne
01:10:53et très agressive
01:10:54vis-à-vis de Bernard
01:10:57elle dit que la victime
01:10:59est apeurée
01:10:59parce que Valentin
01:11:00c'est quand même
01:11:01un beau jeune homme
01:11:03grand jeune homme
01:11:04gaillard
01:11:04musclé
01:11:05et la victime
01:11:06c'est une personne
01:11:07de 56 ans
01:11:10et elle essaie
01:11:11de raisonner
01:11:11Valentin
01:11:12qui lui
01:11:13veut en découdre
01:11:15le terme est peut-être
01:11:15un peu fort
01:11:16mais c'est un peu
01:11:17l'idée qu'elle a
01:11:17et comme elle connaît
01:11:18Valentin
01:11:19elle sait que c'est
01:11:19quelqu'un
01:11:20qui peut être violent
01:11:20et qui part très vite
01:11:24elle décide elle-même
01:11:26de le quitter ce soir-là
01:11:29de rentrer chez elle
01:11:32ils se perdent de vue
01:11:33et ensuite effectivement
01:11:34Bernard se finit au bar
01:11:36à 23h
01:11:37et fait part de ses craintes
01:11:39au gérant du bar
01:11:52à partir de là
01:11:53les enquêteurs
01:11:54vont sceller
01:11:55leur conviction
01:11:56en tout cas
01:11:56sur sa suspicion
01:11:57et vont l'interpeller
01:11:59Valentin
01:11:59au domicile
01:12:00de son père
01:12:01où il l'avait décidé
01:12:02d'aller vivre
01:12:03après les faits
01:12:05quand il l'interpelle
01:12:07le premier réflexe
01:12:08de Valentin
01:12:08c'est de nier les faits
01:12:10il a simplement
01:12:11comme tous les autres
01:12:12entendu un bruit
01:12:13et qu'il est venu
01:12:13de donner un coup de main
01:12:14au pompier
01:12:15pour extraire la victime
01:12:16du véhicule
01:12:20avant petit à petit
01:12:23de reconnaître
01:12:24progressivement
01:12:25ce qui s'est passé
01:12:25tout en minimisant
01:12:28la version des faits
01:12:30de Valentin
01:12:30elle est cohérente
01:12:31par rapport
01:12:32aux différents témoignages
01:12:33où il explique
01:12:34que ce jour-là
01:12:35comme les jours précédents
01:12:36il est dans son village
01:12:36sur la place
01:12:37qu'il a été importuné
01:12:39alors pour des raisons
01:12:40qu'on ignore
01:12:41par un monsieur
01:12:42d'une cinquantaine d'années
01:12:44que ce monsieur
01:12:45à l'issue
01:12:45d'une première altercation
01:12:46l'a recherché
01:12:48dans le village
01:12:49Mouillet-Vune H
01:12:49et ce à plusieurs reprises
01:12:52et puis qu'à l'issue
01:12:53de ses recherches
01:12:55il ne l'a plus vu
01:12:58et lorsqu'il était
01:12:59avec sa petite amie
01:13:00sur la place du village
01:13:01ce monsieur serait revenu
01:13:03pour l'importuner
01:13:04une nouvelle fois
01:13:09Valentin explique
01:13:09qu'une fois
01:13:10que son ex-compagne
01:13:11est partie
01:13:12il est resté
01:13:12dans le village
01:13:13il avait déjà croisé
01:13:14la victime
01:13:15à plusieurs reprises
01:13:16et il avait déjà
01:13:18commencé à fumer
01:13:19puisqu'il a avoué
01:13:20ce jour-là
01:13:20avoir fumé
01:13:215 juin
01:13:25il avait bien bu
01:13:26déjà depuis la fin
01:13:27de l'après-midi
01:13:28il a continué de boire
01:13:29il est allé à l'arrière
01:13:30du bar principal
01:13:31du coeur du village
01:13:32et en fait
01:13:33il a passé
01:13:34l'essentiel
01:13:35de sa soirée
01:13:35à terminer
01:13:36les cubis
01:13:37qui étaient jetés
01:13:38à l'arrière
01:13:38du bar
01:13:41aux environs
01:13:42de minuit
01:13:43Valentin
01:13:44quitte les lieux
01:13:46c'est alors
01:13:47que quelques mètres
01:13:48plus loin
01:13:49il croise
01:13:50une nouvelle fois
01:13:51la route
01:13:52de Bernard
01:13:54comme rapporté
01:13:56par le témoin
01:13:57principal
01:13:57des insultes
01:13:58fusent
01:13:59entre les deux
01:14:00Valentin
01:14:01voit la voiture
01:14:01moteur allumé
01:14:02et explique
01:14:04qu'il a
01:14:05comme vrillé
01:14:06dans sa tête
01:14:07la seule chose
01:14:08à laquelle il a pensé
01:14:09c'est embêté
01:14:10comme il le dit
01:14:11je vais te n***
01:14:11la bagnole
01:14:12sale fils de p***
01:14:13il prend la voiture
01:14:14et il démarre
01:14:15mais sans avoir
01:14:16une idée bien précise
01:14:17de ce qu'il va faire
01:14:18avec
01:14:20et puis
01:14:20la victime
01:14:21s'est accrochée
01:14:22au véhicule
01:14:23et lui a fait perdre
01:14:24le contrôle
01:14:24du véhicule
01:14:25qui est venu
01:14:26s'encastrer
01:14:26dans le mur
01:14:33lui-même
01:14:33dans ses explications
01:14:34ne comprend pas
01:14:35puisqu'il dit
01:14:35ce monsieur
01:14:36moi je ne le connais pas
01:14:37il ne me connaît pas
01:14:38on n'a jamais eu
01:14:38d'altercation avant
01:14:40mais il est arrivé
01:14:41fortement alcoolisé
01:14:42dans le village
01:14:42et a décidé
01:14:43de m'enjureiller
01:14:44pour des raisons
01:14:46que j'ignore
01:14:46en tout cas
01:14:46qu'il n'a pas expliqué
01:14:48enfin il n'a pas donné
01:14:49d'explication
01:14:49en tout cas
01:14:49sur l'origine
01:14:50de cet événement
01:14:54vous êtes face
01:14:55à deux personnes
01:14:57vraiment d'âge
01:14:58totalement différent
01:14:58qui n'avaient pas lieu
01:14:59qui n'avaient pas
01:15:00de raison
01:15:00de se rencontrer
01:15:01et de se côtoyer
01:15:02mais vraiment
01:15:02qu'une raison
01:15:04et donc ce qui choque
01:15:05c'est oui
01:15:06effectivement
01:15:06cette espèce
01:15:07de violence gratuite
01:15:08d'arriver à cette extrémité
01:15:09à un acte
01:15:11alors qu'il n'y avait
01:15:12pas de motif
01:15:13il n'y avait pas
01:15:14de haine
01:15:14de harme
01:15:15ils ne se connaissaient pas
01:15:21pour moi la souffrance
01:15:22elle aurait été moins
01:15:23dure à accepter
01:15:24si on lui aurait
01:15:25tiré une balle
01:15:25dans la tête
01:15:26là il a été traîné
01:15:27sur 30 mètres
01:15:29je ne sais pas
01:15:29si vous imaginez
01:15:2930 mètres
01:15:31il a été traîné
01:15:32contre un mur
01:15:34jusqu'à ce que
01:15:35sa cage thoracique
01:15:35éclate
01:15:37et qu'il entraîne
01:15:37naturellement
01:15:38à baisser
01:15:39perte de connaissance
01:15:40et puis la mort
01:15:43et on va me faire croire
01:15:44que ce n'était pas
01:15:44intentionnel
01:15:46ça ne va rien comprendre
01:16:06quand je suis arrivé
01:16:06au tribunal
01:16:07et que j'ai vu
01:16:07que la partie adverse
01:16:09était là
01:16:10j'ai eu un choc
01:16:11parce qu'en fin de compte
01:16:13la personne en question
01:16:14était là
01:16:16non seulement
01:16:16sans bracelet
01:16:17sans menottes
01:16:18sans rien du tout
01:16:18par contre
01:16:19il était à mon égo
01:16:21il était comme moi
01:16:22il se promenait
01:16:22il allait aux toilettes
01:16:23il faisait ce qu'il voulait
01:16:24il était libre
01:16:24en fin de compte
01:16:27il comparait libre
01:16:28sous contrôle judiciaire
01:16:29parce qu'entre temps
01:16:30il y a une requalification
01:16:31des faits
01:16:31il ne comparait plus
01:16:32pour homicide involontaire
01:16:34mais pour violence involontaire
01:16:36ayant entraîné la mort
01:16:37donc ça ne justifiait plus
01:16:39qu'il reste en détention
01:16:40et d'ailleurs
01:16:41c'est quelqu'un de complètement
01:16:42transformé
01:16:42qui a aussi décroché
01:16:44un travail
01:16:46un CDI
01:16:47il travaille dans une
01:16:49dans une boulangerie
01:16:50et ça se passe très bien
01:16:51il a une nouvelle copine
01:16:59il a conscience depuis longtemps
01:17:01de la situation
01:17:02dans laquelle il se trouve
01:17:03et des faits
01:17:03qui lui sont reprochés
01:17:04c'est un moment difficile
01:17:05pour lui
01:17:06il ne cache rien
01:17:08il répond aux questions
01:17:09du président
01:17:10avec une certaine émotion
01:17:12la voix tremblante
01:17:15et à aucun moment
01:17:16il ne regarde
01:17:17la partie civile
01:17:18il pleure
01:17:19souvent
01:17:20quasiment chaque fois
01:17:21qu'il prend la parole
01:17:22il finit en laveur
01:17:22et ses mots
01:17:25sont mal assurés
01:17:28l'attitude de Valentin
01:17:30touche les jurés
01:17:31et au cours de l'audience
01:17:32les débats vont prendre
01:17:34une nouvelle tournure
01:17:36les avocats de la défense
01:17:38vont notamment
01:17:39pointer du doigt
01:17:40le fait que Bernard
01:17:42était armé
01:17:43d'une hache
01:18:12mon frère
01:18:15et à mon sens
01:18:16c'est le fait
01:18:16qu'on aurait pu éviter
01:18:17ce drame
01:18:18parce que
01:18:19avant
01:18:20la mort
01:18:21malheureuse
01:18:22de Bernard
01:18:23il y a eu
01:18:24toute une série
01:18:24de personnes
01:18:25qui ont vu
01:18:26un homme avec une hache
01:18:27en train d'en chercher
01:18:29un autre
01:18:29et pas une fois
01:18:30l'une de ces personnes
01:18:33n'a la présence d'esprit
01:18:34d'appeler
01:18:35la police
01:18:36et de l'avis
01:18:38général
01:18:39il aurait suffi
01:18:40d'un coup de fil
01:18:41pour éviter
01:18:43un terrible drame
01:18:46après 4 heures
01:18:47de délibéré
01:18:48le verdict
01:18:50est révélé
01:18:52c'est un verdict
01:18:53très rare
01:18:54qui a été rendu
01:18:55par la cour d'assises
01:18:56parce que
01:18:57l'avocat général
01:18:58avait requis
01:18:5815 années
01:18:59de réclusion criminelle
01:19:01la cour d'assises
01:19:02après nous avoir
01:19:03entendus
01:19:04en défense
01:19:04a suivi
01:19:06notre argumentation
01:19:08qui ne visait pas
01:19:09à exonérer
01:19:10Valentin
01:19:11de toute responsabilité
01:19:14le président prononce
01:19:157 ans de prison
01:19:16dont 4
01:19:17avec sursis
01:19:18probatoires
01:19:19c'est le soulagement
01:19:20dans les rangs
01:19:21de la défense
01:19:22mais même à ce moment-là
01:19:24Valentin
01:19:25a la même attitude
01:19:26que les 3 jours
01:19:26durant
01:19:27il reste contri
01:19:28la tête baissée
01:19:30tout juste
01:19:31un regard
01:19:32vers sa maman
01:19:34mais pas
01:19:35pas des fusions
01:19:36rien de tout ça
01:19:41je suis horrifié
01:19:43je suis horrifié
01:19:44je suis horrifié
01:19:45je suis horrifié
01:19:49il n'y a pas de mots
01:19:50pour ça
01:19:53moi je m'attendais
01:19:54à 10 ans ferme
01:19:57c'est ce qu'il méritait
01:20:01mon frère n'avait pas
01:20:0295 ans
01:20:0398 ans
01:20:04donc il avait encore
01:20:043 ans à vivre
01:20:06il était à 3 ans
01:20:07de la retraite
01:20:08il avait au moins 15 ans
01:20:09encore à vivre
01:20:10voire 20 ans
01:20:10qui sait
01:20:14il a perdu sa vie
01:20:17la personne
01:20:18qui a fait en sorte
01:20:18qu'il ne soit plus là
01:20:21elle a purgé
01:20:21un an et méprisant
01:20:22vous vous rendez compte
01:20:29moi ça
01:20:29ça m'a détruit
01:20:30une partie de ma vie
01:20:44il y a 5 ans
01:20:45il y a eu rue du Loire
01:20:45il y a eu rue du Loire
01:20:46il y a eu lieu de Tlin
01:20:48je descendais pas souvent
01:20:49en Provence
01:20:50mes congés
01:20:51allés vont se voyer
01:20:51c'était festif
01:20:52on allait au restaurant
01:20:53on buvait un ou deux verres
01:20:54ensemble
01:20:55voilà c'était
01:20:58le dimanche soir
01:20:59me manque
01:21:02j'ai ce sentiment
01:21:03d'injustice
01:21:08et je pense pas que
01:21:12j'aurai toujours au fond
01:21:13moi
01:21:14ça m'empêchera pas
01:21:15de vivre
01:21:16parce que
01:21:16la vie continue
01:21:17bien sûr
01:21:18mais
01:21:20c'est compliqué
01:21:21le quotidien
01:21:22c'est compliqué
01:21:23il y a pas un moment
01:21:24j'ai des photos
01:21:25de mon frère
01:21:25chez moi
01:21:26dans ma chambre
01:21:27à coucher
01:21:27sur le chevet
01:21:28au salon
01:21:29il est là
01:21:29il est avec moi
01:21:31il est là
01:21:35et que je l'aime
01:21:37il est là
01:21:41au revoir
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