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  • il y a 2 jours
L'Iran a dévoilé des images du Guide suprême, non datées. Ces images ont été diffusées le 8 août.

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00:00Des images qui sont à prendre avec énormément de précautions, 5 mois de silence total et voilà que les médias
00:05iraniens diffusent aujourd'hui.
00:06Ce qui serait la toute première vidéo de Mojtabah Hamenei depuis qu'il a pris à la tête du pays
00:10et qu'il aurait été blessé par une frappe israélo-américaine.
00:13On le voit, vous le voyez, entouré de plusieurs personnes. Vidéo de 13 secondes seulement qui a été diffusée par
00:18un média proche du pouvoir.
00:19Aucune information donc n'a été avérée sur la date réelle de ces images.
00:23Et toujours d'après les médias iraniens, Mojtabah Hamenei qui aurait rencontré le président iranien pour ses 3 ans au
00:28pouvoir.
00:29Mais là encore, rien ne permet d'authentifier ces informations.
00:32On va retrouver Siavoj Ghazi depuis Téhéran.
00:35Justement, cette vidéo de 13 secondes aussi floue soit-elle sur son origine.
00:38Qu'est-ce qu'elle permet de nous apprendre ?
00:40Est-ce qu'on apprend que finalement on nous cache des choses sur l'état de Mojtabah Hamenei ?
00:47Non, en fait, la première phrase du président Téhéran, c'était qu'au début de sa nomination, durant la guerre,
00:54c'était difficile, qui était protégée et cachée pour éviter d'être la cible de frappes israéliennes ou américaines.
01:01Et que désormais, le contact est beaucoup plus facile.
01:05D'ailleurs, aujourd'hui, selon les agences de presse iraniennes,
01:08le président Téhéran a été reçu ou aurait été reçu par le groupe d'une suprême iranienne, Mojtabah Hamenei.
01:16Il y a aussi ces images, mais on ne sait pas si ces images ont été tournées avant sa nomination,
01:22avant la guerre ou après la guerre.
01:24On sait qu'il donnait des cours de théologie il y a encore un an et qu'il avait l
01:29'habitude d'être comme ça entouré par ses étudiants.
01:33Et puis, il y a un autre signe, une autre annonce qui a été faite aujourd'hui,
01:39puisqu'il a remplacé le chef du Conseil suprême de la Cité nationale, le général Zolradre,
01:46par Morsen Rezaïd, l'ancien commandant en chef des gardiens de la Révolution,
01:51qui prend la place du général Zolradre.
01:54C'est un homme dur qui prend la tête du Conseil suprême de la Cité nationale,
01:58qui a une position très anti-américaine.
02:02Ce sont des positions, des annonces qui sont en tête aujourd'hui.
02:06À la fois la rencontre avec le président Pézespian,
02:09l'aménuation d'un homme dur à la tête du Conseil suprême de la Cité nationale
02:13et ces images qui ont été utilisées par l'agence Faire.
02:16Merci beaucoup, Syavosh Ghazi, depuis Téhéran.
02:19On parle de tout ça avec vous.
02:22Guillaume Lascon-Jarias, vous êtes historien militaire, professeur à la Sorbonne Université.
02:26Cette vidéo de 13 secondes, dans le contexte iranien,
02:29est-ce que c'est plutôt un geste politique calculé ou une réaction à la pression et à des rumeurs
02:34?
02:34C'est à la fois les deux.
02:36C'est-à-dire que ça sert d'abord à un objectif en interne,
02:39face à un pouvoir qui est à la fois contesté,
02:43on a vu, on se souvient des grandes manifestations,
02:45mais aussi à une sorte d'inquiétude sur cette vacance,
02:49eh bien on répond avec une séquence extrêmement courte,
02:53comme vous l'avez précisé, 13 secondes,
02:55et puis surtout qui est totalement en décalage avec la situation réelle.
02:59On est effectivement dans une forme de cours qu'il donne,
03:04comme le faisait son père avant lui et l'inventeur de la révolution islamique,
03:09l'Ayatollah Khomeini.
03:11Donc en fait on est dans sa posture religieuse,
03:13on n'est pas du tout dans le rôle politique qu'il peut avoir.
03:16En revanche, ça sert sans doute les intérêts en interne,
03:19permettant de répondre aux rumeurs,
03:22et puis aussi de rasséréner peut-être ceux qui, dans la société,
03:27soutiennent encore le régime,
03:29il y en a toujours un petit peu,
03:30et puis surtout ça envoie à l'extérieur une image d'une forme de sérénité,
03:36là encore totalement construite,
03:37mais surtout, ça permet de saper les messages qui avaient été donnés
03:42et les informations, mais pas plus informées finalement,
03:45des Israéliens et des Américains qui disaient
03:47qu'il avait été sérieusement blessé dans des frappes en février ou en mars dernier.
03:51Et pourquoi avoir attendu 5 mois avant de diffuser ces images ?
03:54Et comment on peut être sûr de son authenticité,
03:56puisqu'évidemment on en doute aujourd'hui ?
03:57En Réunion, on n'est pas du tout du tout certain
04:00que ces images soient authentiques.
04:02Il s'est quand même passé des événements assez importants
04:06qui auraient vus normalement et de manière totalement normale
04:11se remplaçant du guide suprême à la mort de son père,
04:15par exemple, assisté au funérail.
04:16Il n'y était pas.
04:17Et on se souvient que jusqu'à présent,
04:19les informations de sa vie, de son existence,
04:25étaient faites finalement par lecture officielle à la télé.
04:28Mais on n'a pas entendu sa voix.
04:30Et puis là, finalement, on a une image dont il est incapable de dire
04:33finalement si elle date d'avant ou de maintenant.
04:37Didier Idjadi, vous êtes sociologue réfugié politique iranien.
04:42Savez-vous comment ces images sont accueillies en Iran ?
04:44Et cette absence prolongée du guide suprême pendant 5 mois,
04:47on le disait, sans aucune image, sans aucune vidéo,
04:49est-ce qu'elle a eu un impact concret sur la gestion du pouvoir en Iran ?
04:53Écoutez, il s'agit d'un mensonge d'État.
04:56Les images que vous avez diffusées à l'instant,
05:00ce sont des images anciennes,
05:02ce sont des séances de son cours religieux
05:07entourées par un certain nombre d'élèves religieux,
05:11si vous voulez, là.
05:12Et donc, ce type d'image, on l'a vu à plusieurs reprises dans le passé,
05:17si vous voulez.
05:18Donc, de toute façon, ça date avant la guerre.
05:21Et d'autre part, effectivement, aujourd'hui,
05:23le pouvoir islamiste en Iran cherche à satisfaire,
05:28si vous voulez, les demandes d'une petite partie
05:31de la base sociale qu'il a,
05:34c'est-à-dire à peu près 9% de la population,
05:38selon des études diffusées récemment,
05:40qui constituent la base sociologique du régime.
05:44Et eux, ils demandent à ce qu'il y ait, effectivement,
05:46une certaine transparence.
05:48Ils demandent où est donc Mojtaba,
05:50non seulement au niveau de ce fragment de la population,
05:54mais également entre les différents leaders
05:58ou responsables religieux,
06:00également avec des mots différents et variés,
06:04à chaque fois, on est en train d'évoquer
06:07et y a-t-il un retour de la part de Mojtaba ou pas.
06:11Et si Pesachian, à nouveau, a évoqué qu'effectivement,
06:16il a rencontré, on a eu cette information depuis ce matin surtout,
06:20c'est parce qu'en fait, il n'y a aucune preuve, si vous voulez.
06:23Quelques-uns, ils disent qu'on a déjà rencontré,
06:26mais il n'y a aucune image, il n'y a aucun son véritable
06:31et que donc, ils sont également dans la continuité de ce mensonge,
06:35si vous voulez.
06:36Selon encore les informations du régime,
06:39il est en contact avec trois à quatre personnes
06:43qu'on ne les connaît pas du tout
06:45et que par conséquent, soit disant pour la question de sécurité,
06:50il ne vient pas sur la scène publique là,
06:54mais néanmoins, comme ça a été dit également sur le plateau,
06:57au minimum, il est gravement blessé
07:00et que par conséquent, le régime ne peut pas le montrer
07:04dans cet état de blessure
07:07et que par conséquent, il cherche par les différents moyens
07:10effectivement à satisfaire son entourage.
07:15Merci beaucoup d'avoir été en direct avec nous, Didier Idjadi.
07:19Alors, cette opacité totale autour de Mojtaba Ramenei,
07:22est-ce qu'elle fragilise sa légitimité
07:23et qui gouverne réellement en Iran à l'heure actuelle ?
07:26Alors, en réalité, il y a deux réponses à ça.
07:28La première, c'est qu'on savait qu'il était relativement proche
07:30de certains milieux économiques.
07:32Donc, ces milieux économiques, on sait,
07:34et ça se voit notamment dans les nouvelles exigences
07:38du pouvoir iranien, qu'il faut relancer l'économie
07:40parce que cette économie, elle était quand même
07:42très largement affaiblie et elle l'est encore
07:44par les suites de la guerre, finalement,
07:46même si c'est encore une guerre larvée.
07:48Puis, on dit aussi qu'il est proche
07:49des gardiens de la révolution.
07:51Donc, en fait, ce sont ces deux blocs
07:53qui ont tout intérêt à ce que le guide suprême
07:56soit toujours vivant.
08:00La réalité, c'est que ça sert un récit
08:03et dans une guerre des récits,
08:05dans une guerre qui est informationnelle,
08:07cette présence, qu'elle soit vraie
08:09ou qu'elle soit fausse, la question n'est pas là.
08:11C'est ce que les gens vont croire
08:13et c'est comme ça qu'il faut l'interpréter.
08:14Une guerre des récits, effectivement.
08:15Merci beaucoup, Guillaume Lascon-Jariel,
08:17d'avoir été en direct avec nous.
08:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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