00:00Le départ d'Roberto a fait beaucoup beaucoup de mal.
00:02Les gens aujourd'hui, moi ils m'arrêtent, ils me disent
00:03« Mais dis, on lui en veut à Roberto parce qu'on y a cru et il nous a lâché.
00:07»
00:07Qui connaît Roberto Desherbi, je peux te garantir, c'est pas quelqu'un qui lâche.
00:11C'est quelqu'un qui fight tous les jours.
00:13Tu fais un match à Bruges, tu joues ta place en Ligue des Champions,
00:17mais vous vous rendez compte ou pas ?
00:19Quand je vois Roberto, je me dis « C'est fini, je vois sa tête. »
00:23Il est même pas révolté, il est, tu sais, meurtri.
00:26Après on est à Clafontaine, je te rappelle, on était à Clafontaine.
00:29Là je vais les voir, je parle avec 4-5 leaders, je leur dis « Les gars,
00:34on ne peut pas foutre la saison par terre, c'est trop important pour le club. »
00:38Il y avait Kondo, Hodgeberg, Balerdi, Aubard.
00:42Je leur dis « Les gars, si vous avez un problème avec le coach, dites-le moi.
00:47Laissez tomber que c'est mon ami, que je l'adore.
00:50Si vous avez un problème avec le coach, je m'arrange avec lui et on va trouver la solution.
00:56Si c'est avec moi le problème, les gars.
00:59Peut-être que ce qu'on demande, ce n'est pas possible.
01:02Les gars, je n'ai aucun problème.
01:05Je m'en vais comme je suis venu.
01:07Si c'est autre chose, je suis là.
01:10Mais dites-moi pourquoi vous choisissez vos matchs.
01:12Qu'est-ce qui se passe ? »
01:13Et là, les joueurs, ils sont là, ils te disent « Non, mais on n'a pas de problème.
01:16On ne comprends pas nous non plus.
01:18C'est dur. »
01:19On arrive tant bien que mal à continuer parce que les joueurs sont partis le voir à Clairefontaine
01:24pour lui dire « Coach, reste avec nous.
01:26On sait que tu as des envies de partir, mais on a besoin de toi, etc. »
01:30Moi, je le vois.
01:31Je dis « Coach, moi, je te comprends.
01:33La vérité, c'est que je suis abattu, moi aussi.
01:35On a failli sur ça, sur la mentalité.
01:37On n'arrive pas à leur donner ce que nous, on a à l'intérieur.
01:39Comme il disait lui, ce feu-là qui doit t'animer quand tu fais une carrière de ce niveau-là.
01:44Je dis « Écoute, je suis à l'écoute.
01:44Dis-moi ce que tu veux faire. »
01:46Et il me dit « Non, j'ai envie de me battre, mais c'est dur. »
01:49On continue.
01:50Et là, au Paris Saint-Germain, tu fais un match.
01:56Je ne peux même pas te dire comment.
01:57Parce qu'en fait, la vérité, c'est que ce match-là, si tu en prends neuf, il n'y
02:02a rien à dire.
02:03On n'a pas su, à un moment donné où c'était un petit peu la tempête,
02:07peut-être encore plus préservé le coach pour qu'il puisse travailler.
02:12Parce que moi, je suis persuadé que si le coach avait réussi à tenir un petit peu,
02:17peut-être que la fin aurait été différente.
02:18Sauf que la vérité, quand il dit « Je veux partir », je le comprends.
02:22Et moi-même, je lui dis « Coach, je suis dégoûté, mais tu as raison. »
02:24Et quand je parle au joueur, « Non, on l'adore, le coach. »
02:26« Mais comment ça, tu l'adores, tu ne l'écoutes pas ? »
02:28En fait, c'était tellement incompréhensible.
02:30Moi-même, je lui dis « Coach, tu veux partir. »
02:33Je suis venu avec toi.
02:35C'est notre échec, je pars avec toi.
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