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  • hace 7 horas
Moda y literatura, las dos pasiones de la royal se unen gracias a Chanel

Categoría

Celebridades
Transcripción
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00:30La historia erotica de la psychanalyse.
00:31Dans cette historia erotica de la psychanalyse,
00:33vous donnez une place non négligeable
00:36à la figure de Lou Andréa Salomé,
00:38figure femme du XIXe siècle,
00:41mais d'une modernité étonnante
00:44dans son attitude, son rapport au monde.
00:47On va lire quelques extraits de son œuvre.
00:49Vous allez vous partager la lecture.
00:51Nous vous écoutons.
00:55Lettre de Rainer Maria Rilk à Lou du 9 juin 1800.
01:01Je suis riche et libre
01:03et je revis en rêve à plein poumon
01:06chaque seconde de l'après-midi.
01:08Je n'ai plus aucune envie de sortir aujourd'hui.
01:12Je veux rêver de légers rêves
01:15et parer ma chambre de leur éclat
01:16comme de guirlande pour l'accueil.
01:19Je veux emporter dans ma nuit
01:21la bénédiction de tes mains sur mes mains
01:24et mes cheveux.
01:25Je veux parler, je ne veux parler à personne
01:28pour ne pas gaspiller l'écho de tes paroles
01:31qui tremblent tel un émail sur les miennes
01:33et les fait sonner plus tendres.
01:36Et le soleil couché,
01:37je ne veux voir aucune lampe
01:39pour allumer au feu de tes yeux
01:41mille bûchers secrets.
01:43Je veux m'élever en toi
01:45comme la prière de l'enfant
01:47dans la jubilation sonore du matin,
01:49comme la fusée parmi les astres solitaires.
01:52Je refuse les rêves qui t'ignorent
01:55et les désirs que tu ne peux
01:56ni ne veux exaucer.
01:59Je ne veux pas faire un geste
02:00qui ne te loue ni soigner,
02:02une fleur qui ne te part.
02:04Je ne veux pas saluer d'oiseaux
02:06qui ignorent le chemin de ta fenêtre,
02:09ni boire aux ruisseaux
02:10qui n'ont pas goûté de ton reflet.
02:13Je ne veux pas visiter des pays
02:15que tes rêves n'auraient pas parcourus
02:18comme des tomatures jevenues d'ailleurs,
02:21ni habiter tes cabanes
02:22qui n'auraient pas abrité ton repos.
02:26Je ne veux rien savoir du temps
02:28qui t'a précédé dans mes jours,
02:30ni des êtres qui y demeurent.
02:32Pour cela, s'ils le méritent,
02:34et parce que je suis trop heureux
02:37pour être ingrat,
02:38je déposerai sur leur tombe
02:41en passant quelques souvenirs fanés.
02:44Mais le langage qu'ils me parlent maintenant
02:46est celui des pierres tombales,
02:49et prononce-t-il un mot,
02:50je ne touche plus du bout des doigts
02:52que de froides lettres figées.
02:56J'estimerai ces morts heureux
02:58car ils m'ont déçu,
03:00mal compris, mal traité,
03:01et par ce long chemin de douleur
03:04conduit à toi.
03:06Maintenant, je veux être toi,
03:08et mon cœur brûle devant ta grâce
03:11comme la lampe éternelle
03:13devant la madone, toi.
03:16Finitschka
03:18Le soleil transperçait déjà
03:20le brouillard matinal
03:22et inondait Paris
03:23de cette délicieuse lueur d'aurore
03:25qu'engendre l'air humide
03:26sur les rives de la Seine.
03:28« C'est vraiment magnifique ! »
03:31s'écria Fénia s'arrêtant au milieu de la rue,
03:33mais elle poursuivit aussitôt
03:34très prosaïquement.
03:36« Si je pouvais avoir maintenant
03:38une tasse de café fort,
03:39je n'aurais pas besoin
03:40de rentrer chez moi à me coucher
03:41et la journée ne serait pas perdue. »
03:44« Vous ne semblez pas fatiguée,
03:46mais très lucide au contraire, »
03:47remarqua-t-il en la regardant.
03:49« Vous n'éprouvez guère de peine
03:51à passer une nuit blanche. »
03:53Elle inclina la tête.
03:55« Je suis habituée, » dit-elle,
03:57« c'est la nuit que je travaille le mieux,
03:59quand tout est silencieux
04:00autour de vous. »
04:02« Mais c'est fou d'entendre une chose pareille
04:04de la part d'une jeune fille, »
04:05répliqua-t-il, presque irrité,
04:07« car il était très mécontent.
04:08Mais moi qui vous parle,
04:09j'ai échappé à tous mes livres d'études
04:11comme au pire des esclavages.
04:13Et vous, une femme,
04:14vous vous y attelez avec plaisir ? »
04:17« Pourquoi cela serait-il une corvée ? »
04:20Elle leva vers lui des yeux étonnés.
04:22« Tout cela, qui élargit notre champ de vision,
04:25nous ouvre la vie,
04:26nous donne l'indépendance ? »
04:27« Non, si quelque chose en ce monde
04:29ressemble à une libération,
04:31c'est bien le travail de l'esprit. »
04:34Elle est bien capable de passer
04:36le chemin du retour en pleine rue,
04:37dans le brouillard du matin,
04:39à nous lancer dans une discussion philosophique
04:42sur l'importance des études intellectuelles
04:44dans la vie,
04:45pensa-t-il avec amertume.
04:47Et il répliqua avec tout l'accent
04:49de sa conviction profonde.
04:51« Mais mademoiselle,
04:52mais vous vous trompez réellement,
04:54c'est au contraire
04:55ce qu'il y a de plus étroit,
04:57de plus opprimant au monde.
04:58Et cela va de soi, à vrai dire.
05:01La science passe complètement
05:02à côté de la réalité de la vie,
05:04avec toutes ses couleurs,
05:06toute sa plénitude,
05:07toute sa diversité,
05:09riche en contradictions.
05:10Elle ne saisit de tout cela
05:12qu'une pâle et mince silhouette.
05:14Plus vos méthodes de connaissance
05:16sont pures, sévères et sûres,
05:17plus conscients, plus grands,
05:19et votre renoncement à saisir réellement
05:21fut-ce la plus petite parcelle de vie.
05:23Aussi le savant qui s'est voué à ce service
05:25s'est-il contrainte à se mortifier lui-même,
05:28à passer son existence derrière son bureau
05:30et à souffrir de chlorose spirituelle.
05:35Tout en parlant,
05:36il songeait que le chemin de l'autel
05:38était très court
05:39et il emprunta à tout hasard un détour
05:42bien que le ciel commençât à se couvrir.
05:44Fenia ne remarqua ni les nuages,
05:47ni les détours.
05:49« Pour nous autres femmes,
05:51pour nous autres qui avons depuis si peu de temps
05:53le droit de faire des études,
05:55il n'en est absolument pas comme vous le dites,
05:57le contredit-elle,
05:58tout absorbé par son affaire.
06:00Pour nous, cela n'est nullement une assaise
06:03et une existence derrière un bureau.
06:04Comment cela serait-il possible ?
06:06C'est au contraire, pour nous,
06:08un moyen d'engager le combat,
06:10pour notre liberté,
06:11pour nos droits,
06:12de plonger au milieu de la vie.
06:14Celles d'entre nous qui s'adonnent à l'étude
06:16ne le font pas avec la tête,
06:18avec la seule intelligence,
06:20mais avec toute leur volonté,
06:22de tout leur être.
06:23Elles ne conquièrent pas seulement de la science,
06:25mais de la vie,
06:26pleines de tous les mouvements de l'âme.
06:28À vous entendre,
06:30on dirait que la science est une occupation
06:31pour vieillards et pour ermites.
06:34Mais c'est peut-être vous le vieillard.
06:36Chez nous, la science éveille l'enthousiasme
06:39de toutes celles qui sont fortes,
06:41jeunes et vives.
06:42Merci beaucoup pour cette sublime lecture.
06:45J'aimerais commencer par vous demander,
06:47Sarah Chiche,
06:48quel est le premier livre de Lou,
06:50Andréa Salomé, que vous avez lu ?
06:52Et que devez-vous, aujourd'hui,
06:54encore à cette lecture ?
06:55J'avais 16 ans,
06:56et un jour, au cours de mes promenades,
06:58je m'arrête dans une librairie,
06:59et j'aperçois un livre coquille d'œuf,
07:02avec une femme,
07:04belle comme un tableau de Klimt,
07:05sur la couverture,
07:06et un titre très intriguant,
07:07« Eros ».
07:08Je ne connaissais absolument rien
07:10de Lou, Andréa Salomé.
07:11Je me procure le livre.
07:12Je suis saisie d'emblée
07:15par la grande liberté de ton
07:18de cette femme,
07:19dont je ne connaissais rien.
07:20Et je crois que cette rencontre
07:23dans l'adolescence,
07:24dans un moment où,
07:25comme à cet âge-là,
07:27on peut chercher des modèles
07:30identificatoires,
07:31a été pour moi le lieu
07:32d'une déflagration
07:33qui, aujourd'hui,
07:34encore n'a pas cessé.
07:36Et vous, Charlotte ?
07:37Quel est le premier livre
07:38de Lou, Andréa Salomé,
07:39que vous avez lu ?
07:40Alors, la découverte de Lou,
07:44c'est grâce à Karl Lagerfeld
07:46que j'ai pu la faire,
07:47puisque c'était l'été
07:50de mes 17 ans.
07:52J'étais dans sa maison,
07:53à Biarritz,
07:55et Karl aimait beaucoup
07:58le poète Rilke.
07:59Et il m'a très rapidement
08:01parlé de cette femme incroyable,
08:04Lou, Andréa Salomé.
08:05Et il m'a dit
08:06qu'il fallait absolument
08:08que je découvre cette femme.
08:10Et le lendemain matin,
08:12j'ai retrouvé,
08:14devant la porte de ma chambre,
08:16un sac rempli de livres.
08:17Et il y avait un roman de Lou
08:21qui s'appelle Utah,
08:23qui est un de ses derniers romans
08:24qu'elle a écrits
08:25à la fin de sa vie.
08:27Qu'est-ce qui vous a attiré
08:28quand vous l'avez découverte ?
08:30C'est une liberté
08:32tellement rare,
08:33c'est-à-dire qu'elle s'autorise
08:35tous les détours,
08:36elle joue avec sa propre identité.
08:38Et j'ai été frappée
08:39par la liberté de l'écriture
08:42de Lou, Andréa Salomé.
08:44Et quelque part,
08:44c'est une écriture très moderne,
08:46puisque c'est une forme
08:47d'autofiction.
08:49Elle se raconte
08:50à travers un personnage
08:51de manière encore plus intime
08:53que dans ses écrits autobiographiques.
08:56On se demande un petit peu
08:57comment une femme,
08:59à cette époque quand même,
09:00qui a vécu une partie de sa vie
09:02au XIXe siècle
09:03et une grande partie aussi au XXe,
09:05comment elle a su s'émanciper,
09:07se libérer des cadres rigides
09:09dans lesquels on assigne la femme
09:11à cette époque ?
09:13C'est qu'elle a tout de suite compris
09:15que les études,
09:17la quête intellectuelle,
09:20lui permettrait d'asseoir sa souveraineté,
09:22qu'elle ne pourrait pas déjouer
09:24les préjugés des hommes,
09:25les opinions sur les femmes
09:29si elle-même n'avait pas
09:30un esprit aiguisé comme une lame
09:32et si elle n'était pas
09:34une travailleuse acharnée
09:37dans le domaine intellectuel.
09:39Ensuite, je dirais que
09:40l'autre point important
09:42pour comprendre son émancipation,
09:44c'est en fait
09:46la multiplicité des liens.
09:48C'est-à-dire de cultiver
09:50cette multiplicité
09:51qui permet de faire bouger les frontières
09:53et quelque part
09:55de pouvoir finalement
09:59s'émanciper
10:00de quiconque
10:02essaierait de l'enfermer
10:03dans une définition trop claire.
10:06Charlotte, tout à l'heure,
10:07vous nous avez lu
10:07une lettre d'amour
10:09de Rainer Maria Rilk
10:10à Lou.
10:11Ils ont eu
10:12une liaison
10:14très intense.
10:16Alors, justement, Sarah,
10:17que doit
10:19Lou à Rilk
10:20et Rilk à Lou ?
10:22Quand ils se rencontrent,
10:24c'est une femme
10:25très courtisée,
10:27adulée,
10:28qui se refuse souvent.
10:30Et lui est un jeune homme,
10:32elle a 36 ans,
10:33il en a 22.
10:34Eh bien, c'est lui
10:35qui va réussir
10:36à la conquérir,
10:38mais il la conquiert
10:39par une sorte
10:40de continuité d'écriture,
10:42c'est-à-dire que
10:42lisant ses poèmes,
10:44elle va décider d'abord
10:45de le débaptiser.
10:47Non, tu ne t'appelleras plus René,
10:49tu t'appelleras Rainer.
10:50Et ensuite,
10:52elle lui dit
10:53qu'il faut qu'il se débarrasse
10:56de cette gangue
10:56un petit peu empesée
10:58qui fait que, certes,
10:59ce qu'il écrit
11:00est très plaisant,
11:01mais que, bon,
11:02ça ne passera pas
11:02à la postérité.
11:03Et donc, c'est véritablement
11:05grâce à Lou Andréa Salomé
11:06que Rilke va devenir
11:09l'immense poète
11:11que l'on connaît.
11:12À partir de 1911,
11:14elle s'intéresse
11:15très activement
11:16à la psychanalyse.
11:17Elle exerce
11:18comme psychanalyste
11:19quelques années plus tard.
11:20Quel rôle a-t-elle joué
11:23dans la psychanalyse
11:24à son époque,
11:25Sarah Chiche ?
11:26Quand elle rencontre Freud
11:27en 1911
11:28au congrès de Weimar
11:29et qu'elle arrive
11:30tout sourire devant lui,
11:33ils ont certes
11:34le même âge,
11:35cinquantaine d'années,
11:36mais enfin,
11:36quand elle lui dit
11:37auréolé de sa réputation
11:40sulfureuse,
11:41maintenant,
11:41je veux dédier ma vie
11:42à la psychanalyse,
11:44cela le fait bien rire.
11:46Mais le rire
11:46s'estompera très vite
11:48quand il découvre
11:49l'acharnement
11:50et l'engagement
11:51avec lequel
11:53elle va étudier
11:54l'analyse,
11:55s'installant à Vienne,
11:57assistant à des présentations
11:59de malades
11:59allant dans les hôpitaux
12:00et suivant les enseignements
12:02de Freud,
12:03ce sera la première femme
12:04à être admise
12:06dans les fameux cercles
12:08du mardi
12:09et il est vrai
12:11que sa contribution
12:12sera tout à fait essentielle
12:14à plus d'un titre,
12:15notamment au gré
12:16de la correspondance,
12:17la longue correspondance
12:18qu'elle aura
12:19avec Freud.
12:21Alors,
12:21la psychanalyse
12:22a un rôle important
12:23mais aussi la philosophie.
12:24Quel était le rôle
12:26de la philosophie
12:27dans sa vie,
12:28Charlotte ?
12:29Elle a un esprit
12:30parfois peut-être
12:31plus philosophique
12:32que psychanalytique
12:33puisqu'elle a tendance
12:34à chercher
12:35un sens plus englobant
12:37et quand elle rencontre
12:39Nietzsche
12:40par la suite,
12:41elle a une grande
12:41culture philosophique
12:43et c'est ça
12:43qui va impressionner
12:45Nietzsche.
12:46Charlotte,
12:46quel rôle donne Lou
12:48à la maternité ?
12:49Puisque c'est une question
12:49importante dans sa vie.
12:51Elle définit la maternité
12:53comme l'accomplissement
12:54d'une femme,
12:55l'accomplissement
12:56de la féminité
12:59et elle s'y refuse.
13:00C'est-à-dire
13:01qu'elle refuse
13:03d'être mère
13:04tout en disant
13:06que c'est l'accomplissement
13:07d'une femme.
13:08Et quelque part,
13:09ce qu'elle nous dit aussi
13:11en la refusant,
13:12c'est aussi
13:13l'admiration
13:14qu'elle a pour les femmes
13:15qui ont le courage
13:17de faire don
13:18de leur corps,
13:19don d'une partie
13:20d'elle-même
13:20pour faire advenir
13:21un être autonome.
13:23Et elle donne
13:24justement
13:25à la maternité
13:27un rôle métaphorique.
13:29C'est-à-dire que
13:29c'est à la fois
13:30une métaphore
13:32de l'âme féminine
13:33mais aussi
13:33de la création artistique.
13:34Et en en faisant
13:35une métaphore aussi
13:36de la création artistique,
13:37elle rapproche
13:39l'homme et la femme aussi
13:40dans le fait
13:41qu'ils partagent
13:43quand même
13:44une expérience
13:45qui dépasse
13:46tout simplement
13:47notre propre individualité.
13:49Qu'est-ce qui continue
13:50de nous fasciner
13:51chez Lou Andréa Salomé
13:52aujourd'hui ?
13:53Je pense qu'elle nous fascine
13:54parce que
13:56quelque part
13:57on l'envie un peu.
13:58Enviez pas dans le sens
13:59où on voudrait
13:59la même vie qu'elle
14:00mais cette espèce
14:02de désinvolture,
14:03d'audace.
14:04Et donc,
14:05elle a cette capacité
14:06à casser tous les codes.
14:08Elle ne cherche pas
14:09à plaire.
14:10Elle se contrefiche
14:11du candidat.
14:12Elle ne veut pas
14:13se soucier
14:13de ce que pensent
14:14les autres.
14:14Et vous,
14:15Sarah Chish,
14:15vous avez écrit
14:16des romans.
14:17Est-ce que l'écriture,
14:18selon votre expérience
14:20à vous,
14:20peut être un tremplin
14:22vers la liberté ?
14:24Un tremplin
14:25et un abîme
14:26vers la liberté.
14:27Mais un abîme
14:28dans lequel on se jette
14:29avec joie
14:31et avec rigueur.
14:33Ce qui est fascinant
14:34chez Lou Andréa Salomé,
14:36c'est qu'elle a écrit
14:37des romans,
14:38des essais,
14:39toutes sortes de choses
14:40et qu'elle est devenue
14:42analyste
14:44en ne renonçant
14:45jamais au reste.
14:48Je dois à Lou Andréa Salomé
14:50quelque chose
14:51qui concerne
14:51une certaine éthique
14:52de vivre,
14:53un certain courage
14:54d'être,
14:55un certain courage
14:56de risquer sa vie
14:58et aussi la découverte
15:00que l'identité
15:01est peut-être
15:01la plus grande
15:02des fictions
15:02puisque toute sa vie,
15:03elle n'a eu de cesse
15:04que de passer
15:05d'une identité à l'autre,
15:07d'un rôle à l'autre,
15:08d'un homme à l'autre
15:09en ne renonçant
15:10à rien ni à personne.
15:11C'est vrai
15:11qu'elle a toujours
15:12décidé de conduire
15:14très librement
15:15sa vie.
15:16Elle le dit,
15:17je ne serai jamais
15:19un modèle
15:19pour quiconque
15:21mais je dirigerai
15:22ma vie
15:22selon ce que je suis,
15:24advienne que pourra.
15:25Elle s'était mesurée
15:27au plus grand génie
15:29de son temps.
15:30Elle avait osé y aller.
15:31J'étais quand même
15:32fascinée
15:33par les rencontres
15:34qu'elle avait pu faire
15:35et ce n'est pas
15:36pour minimiser
15:37son œuvre.
15:38Je dis ça.
15:39Mais parce qu'elle a fait
15:40de sa vie
15:40une œuvre d'art.
15:41Ce lien tellement fort
15:43entre son œuvre
15:44et sa vie
15:45et à la fois
15:46où elle a toujours
15:47réussi
15:48à dissimuler
15:50des éléments,
15:51à nous laisser
15:53toujours
15:54dans le mystère
15:55de qui est cette femme
15:56et je trouve
15:58que c'est très très rare.
16:00En tout cas,
16:01ça a été
16:01une grande découverte.
16:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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