00:00On danse le béton, c'est fou, c'est fou, c'est fou, c'est fou, c'est fou.
00:07Plus de 350 personnes sans abri occupent le parvis du Samu Social depuis près d'un mois.
00:13Ici, dans le 13e arrondissement de Paris, je peux voir de nombreuses familles, des femmes seules.
00:18Près de 150 enfants en bas âge sont présents.
00:21Des mères avec de très jeunes enfants dorment sur le parvis, d'autres dans le parking du bâtiment
00:27et dans les couloirs et les sous-sols du Samu Social de Paris.
00:30Aïcha est ici depuis plusieurs jours avec ses trois enfants âgés seulement de 7, 4 et 3 ans.
00:36C'est compliqué pour eux parce que là, moi personnellement, j'ai juste peur des questions.
00:41À partir du moment où ils vont vouloir savoir où ils sont et ce qu'ils font là, c'est
00:46terminé.
00:47Vous allez leur répondre quoi ?
00:52En France, on n'a pas le droit de remettre quelqu'un à la rue sans lui proposer une solution
00:55de relogement.
00:56Et c'est ce qui s'est passé pour toutes ces personnes.
00:58C'est un hébergement d'urgence, bien souvent en Ile-de-France.
01:00Elles ont commencé à construire leur vie, elles ont scolarisé leurs enfants, elles ont trouvé souvent un travail précaire.
01:05Elles ont lancé toutes leurs démarches administratives, juridiques, médicales.
01:08Tout est lancé ici et d'un coup on les remet à la rue.
01:11Depuis deux ans, on voit vraiment une augmentation folle du nombre d'enfants à la rue.
01:14Une augmentation folle aussi du nombre de nourrissons à la rue.
01:16Et aujourd'hui, un nourrisson de trois mois n'est plus considéré comme prioritaire.
01:22À l'anniversaire de ces trois mois, sa famille et lui sont remis à la rue.
01:25Et en fait, toutes les personnes qui occupent ce parvis sont des personnes qui sont remis à la rue chaque
01:29jour.
01:30Et chaque jour, nous on accueille environ une quinzaine de personnes, trois à quatre familles par soir,
01:35parce qu'elles ont leur fin de prise en charge qui leur a été signifiée.
01:37Tout a démarré par la grève des salariés du SAMU Social de Paris le 23 juin dernier,
01:42qui vise à protester contre la remise à la rue de plus de 800 personnes.
01:46C'est la première fois que c'est demandé aux collègues du 115 de remettre des gens à la rue.
01:51Souvent, derrière le 115, les gens ont tendance à imaginer une armada de collègues.
01:55En l'occurrence, les nombres de collègues qui répondent au téléphone ne sont pas du tout assez nombreux
01:59pour le nombre d'appels par jour qui s'élèvent à plus de 3000 appels.
02:04Donc en fait, quoi qu'il arrive, ces conditions de réponse sont dégradées.
02:08Et il faut savoir que parmi les appels répandus et décrochés, en réalité, très souvent, nos collègues sont amenés à
02:16répondre non
02:16la plupart du temps dans la journée, puisqu'on n'a pas assez de place.
02:19La préfecture de la région Île-de-France avait lancé une évacuation pour déloger ses familles le 28 juillet dernier.
02:25Mais l'opération n'a pas abouti. Les familles ont refusé de quitter le parvis.
02:30Face aux propositions de la préfecture, qui leur proposait par exemple d'aller trois semaines en hébergement d'urgence,
02:36loin de Paris, comme à Bourges ou encore à Marseille.
02:39Ils ne préviennent pas. Ils arrivent avec des grosses bus. Ils disent, on va aller rentrer et on va aller
02:46vous déposer derrière Marseille.
02:48C'est après Marseille. Ici, on a des donateurs. On a des produits, des toilettes pour s'entendre, tout ce
02:53qui va avec vous.
02:54Mais lorsqu'on ira là-bas, on n'aura rien. Personne ne saura qu'on existe. Là, ici, on sait
02:59qu'on existe.
03:00On nous dit qu'il y a des discussions entre la mairie de Paris et l'État pour chercher des
03:05solutions.
03:05Mais nous, aujourd'hui, on n'a aucune information concrète, aucune proposition officielle.
03:08J'ai contacté la préfecture d'Ile-de-France, qui n'a pas répondu à mes questions.
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