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  • il y a 6 heures
Plus de 350 personnes, dont de nombreuses femmes et leurs enfants, occupent depuis près d'un mois le parvis du Samu social de Paris. Ces personnes ont rejoint les salariés du Samu social, en grève depuis le 23 juin.

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Transcription
00:00On danse le béton, c'est fou, c'est fou, c'est fou, c'est fou, c'est fou.
00:07Plus de 350 personnes sans abri occupent le parvis du Samu Social depuis près d'un mois.
00:13Ici, dans le 13e arrondissement de Paris, je peux voir de nombreuses familles, des femmes seules.
00:18Près de 150 enfants en bas âge sont présents.
00:21Des mères avec de très jeunes enfants dorment sur le parvis, d'autres dans le parking du bâtiment
00:27et dans les couloirs et les sous-sols du Samu Social de Paris.
00:30Aïcha est ici depuis plusieurs jours avec ses trois enfants âgés seulement de 7, 4 et 3 ans.
00:36C'est compliqué pour eux parce que là, moi personnellement, j'ai juste peur des questions.
00:41À partir du moment où ils vont vouloir savoir où ils sont et ce qu'ils font là, c'est
00:46terminé.
00:47Vous allez leur répondre quoi ?
00:52En France, on n'a pas le droit de remettre quelqu'un à la rue sans lui proposer une solution
00:55de relogement.
00:56Et c'est ce qui s'est passé pour toutes ces personnes.
00:58C'est un hébergement d'urgence, bien souvent en Ile-de-France.
01:00Elles ont commencé à construire leur vie, elles ont scolarisé leurs enfants, elles ont trouvé souvent un travail précaire.
01:05Elles ont lancé toutes leurs démarches administratives, juridiques, médicales.
01:08Tout est lancé ici et d'un coup on les remet à la rue.
01:11Depuis deux ans, on voit vraiment une augmentation folle du nombre d'enfants à la rue.
01:14Une augmentation folle aussi du nombre de nourrissons à la rue.
01:16Et aujourd'hui, un nourrisson de trois mois n'est plus considéré comme prioritaire.
01:22À l'anniversaire de ces trois mois, sa famille et lui sont remis à la rue.
01:25Et en fait, toutes les personnes qui occupent ce parvis sont des personnes qui sont remis à la rue chaque
01:29jour.
01:30Et chaque jour, nous on accueille environ une quinzaine de personnes, trois à quatre familles par soir,
01:35parce qu'elles ont leur fin de prise en charge qui leur a été signifiée.
01:37Tout a démarré par la grève des salariés du SAMU Social de Paris le 23 juin dernier,
01:42qui vise à protester contre la remise à la rue de plus de 800 personnes.
01:46C'est la première fois que c'est demandé aux collègues du 115 de remettre des gens à la rue.
01:51Souvent, derrière le 115, les gens ont tendance à imaginer une armada de collègues.
01:55En l'occurrence, les nombres de collègues qui répondent au téléphone ne sont pas du tout assez nombreux
01:59pour le nombre d'appels par jour qui s'élèvent à plus de 3000 appels.
02:04Donc en fait, quoi qu'il arrive, ces conditions de réponse sont dégradées.
02:08Et il faut savoir que parmi les appels répandus et décrochés, en réalité, très souvent, nos collègues sont amenés à
02:16répondre non
02:16la plupart du temps dans la journée, puisqu'on n'a pas assez de place.
02:19La préfecture de la région Île-de-France avait lancé une évacuation pour déloger ses familles le 28 juillet dernier.
02:25Mais l'opération n'a pas abouti. Les familles ont refusé de quitter le parvis.
02:30Face aux propositions de la préfecture, qui leur proposait par exemple d'aller trois semaines en hébergement d'urgence,
02:36loin de Paris, comme à Bourges ou encore à Marseille.
02:39Ils ne préviennent pas. Ils arrivent avec des grosses bus. Ils disent, on va aller rentrer et on va aller
02:46vous déposer derrière Marseille.
02:48C'est après Marseille. Ici, on a des donateurs. On a des produits, des toilettes pour s'entendre, tout ce
02:53qui va avec vous.
02:54Mais lorsqu'on ira là-bas, on n'aura rien. Personne ne saura qu'on existe. Là, ici, on sait
02:59qu'on existe.
03:00On nous dit qu'il y a des discussions entre la mairie de Paris et l'État pour chercher des
03:05solutions.
03:05Mais nous, aujourd'hui, on n'a aucune information concrète, aucune proposition officielle.
03:08J'ai contacté la préfecture d'Ile-de-France, qui n'a pas répondu à mes questions.
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