00:00Mon plus gros cacheur, c'était 5 millions.
00:02Je ne fais rien d'autre, je n'ai jamais travaillé de ma vie, à part ça.
00:04À cause de cette absence partenaire, j'avais ce qu'on appelle la dépendance affective.
00:09J'ai cette peur-là de l'abandon.
00:11Bonjour Yôkamedia, je suis Stéphanie Nyangon, artiste fun, textile.
00:15Généralement, les gens ont référence au vêtement, mais c'est de l'art.
00:19J'ai 26 ans et je suis cambrunaise.
00:21De base, je n'étais pas une artiste.
00:22Au matin, on m'a dit, écoute, tu vas aller dans une école d'art et tu seras artiste.
00:27Et jusque-là, je ne réalisais pas.
00:28C'est quand je mets mes pieds dans cet institut que je réalise qu'effectivement, je serai artiste.
00:33Quand j'entre à l'IFA, c'est pour devenir décoratrice pour mes parents.
00:36Donc, e-design était ce tremplin-là entre ce que j'apprenais à l'IFA et ce que j'allais
00:41apprendre en décoration.
00:42Sauf que je n'avais aucun talent en décoration, donc j'abandonne les études-là.
00:47Pour arriver à ce niveau-ci, il a fallu vraiment que je me rende compte que je ne sache pas
00:51toujours dessiner,
00:52malgré toutes les années que j'ai passé dans ces instituts.
00:58Je suis aveugle de mes propres œuvres.
01:00Pour que je crée une œuvre, il est possible qu'elle puisse partir d'une émotion, d'une image, d
01:04'un mot.
01:04Tout dépend de ce que je veux représenter.
01:06Tout dépend aussi de mes émotions à l'instant.
01:08En réalité, toutes mes œuvres m'effraient déjà.
01:10Comme je l'ai dit dans le départ, je ne sais pas dessiner.
01:12Donc, chaque fois que je finis une œuvre, je suis stupéfaite.
01:15La santé mentale dans mon travail, ce n'est pas que lié à mon vécu.
01:20Effectivement, j'ai vécu de la dépression, j'ai vécu une période très somme dans ma vie.
01:24Mais c'est aussi lié à ce que j'ai eu à voir.
01:26Je suis quelqu'un de très sensible.
01:27Dans mon enfance, j'ai vécu sans mes parents.
01:30Donc, ma mère n'était pas là, mon père, je ne l'ai pas connu.
01:32Donc, en grandissant, j'ai ressenti ce manque, en fait.
01:34J'ai commencé à m'attacher aux hommes à cause de cette absence partenelle.
01:38J'avais ce qu'on appelle la dépendance affective.
01:41Ça m'a fait entrer dans des dépressions totales.
01:43Mais j'ai guéri, hein.
01:45Bon, c'est vrai qu'on n'est guéri pas totalement de la santé mentale.
01:47Bon, moi, j'ai guéri grâce à mes œuvres.
01:49Parce que chaque fois que je produis une œuvre, un sentiment que je déverse.
01:52Bon, déjà, je pense que la santé mentale au Cameroun ou en Afrique est négligée.
01:56Et je crois que ce n'est même pas connu, ici.
01:58Si ça n'en va pas, on te dit, écoute, tu te débrouilles, hein.
02:00C'est vrai, tu te débrouilles.
02:01Sur ma bio Instagram, on verra des smileys.
02:04Déjà, pour moi, c'est un langage universel.
02:06Alors, moi, je me sers de ça pour justement représenter ce que nous, on tente de cacher.
02:10Ça me permet de voyager, d'exposer mon travail.
02:13Et oui, je suis fière de ce que j'ai pu accomplir jusqu'à aujourd'hui, en fait.
02:18Je peux dire que je ne peux pas vivre sans mon art.
02:20C'est impossible.
02:20Je parle beaucoup au Sénégal.
02:22C'est vrai qu'il peut arriver, la France et autres.
02:25Mais j'aime la Côte d'Ivoire.
02:26J'aime beaucoup les Ivoiriens.
02:27Ils sont un peu comme nous, oui.
02:28Mon style d'art n'est même pas connu.
02:30Je ne crois même pas qu'il soit considéré comme l'art au Cameroun.
02:33Ils me disent, c'est loin, hein.
02:34Même si demain, ils me voient même très loin.
02:36Moi, je me vois et m'expose au Louvre.
02:38Grand musée, la Paris-Lamasse, là-bas, ils m'ont exposé.
02:40On peut être beau, on peut être belle.
02:42On peut être grand, court, c'est pas riche, pauvre.
02:44Mais on a toujours un geste qui nous rappelle qui nous sommes.
02:47Je ne fais rien d'autre.
02:48Je n'ai jamais travaillé de ma vie à part ça.
02:50Mon plus gros cacheur, c'était 5 millions.
02:52Par contre, c'est une œuvre qui m'a valu 5 millions.
02:54Généralement, mes œuvres sont tout cotées à 2 millions de grammatres.