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00:00:00Guillaume Plé. Voilà plus d'un an que cette enquête a commencé autour de celui que tout le monde connaît.
00:00:04Et ce que vous allez découvrir dépasse largement sa seule personne, si je peux vous teaser.
00:00:08Pléry Contreverleté, il le déteste parce qu'il est désagréable, parce qu'il l'entend aller comme de la merde.
00:00:12Mais nous aussi on le déteste parce que c'est un prédateur en fait.
00:00:15Pendant des mois, nous avons recueilli des témoignages, recoupé des informations, analysé de nombreux documents
00:00:20et échangé avec d'anciens collaborateurs, journalistes, auteurs et observateurs de son parcours.
00:00:25Nous avons tout réuni ici.
00:00:27Car derrière l'animateur à succès, derrière Legend et ses millions de vues, se dessine tout un écosystème,
00:00:32un réseau d'influences, d'intérêts, de stratégies et de relations que le grand public ne perçoit pas forcément.
00:00:38Vous allez entendre des personnes qui n'ont jamais pris la parole publiquement.
00:00:40Vous allez découvrir des histoires couvrant chaque période, d'avant l'énergie jusqu'à Legend,
00:00:45en passant par le QG et même par des projets vite mis sous le tapis pour se faire oublier.
00:00:50Cette investigation raconte aussi comment certaines figures du business, des médias, du web et de la politique
00:00:54se croisent, collaborent et participent à construire des espaces d'influences toujours plus puissants.
00:00:59Et ça, autour de l'inarrêtable gameplay.
00:01:01Pourquoi les précédentes polémiques ne l'ont jamais réellement fragilisé ?
00:01:04Pourquoi si peu de personnes ont accepté de parler jusqu'à aujourd'hui ?
00:01:07Qui sont les acteurs inattendus que vous connaissez très bien sur YouTube ou pas ?
00:01:12Et qui gravitent autour de légendes, nourrissent son ascension et vice versa ?
00:01:16C'est ce que nous allons démêler.
00:01:17Merci à toutes les personnes qui ont accepté de témoigner, aux journalistes, spécialistes, aux auteurs
00:01:21et prétendues victimes qui ont contribué à construire ce gigantesque épisode.
00:01:26Nous n'avons pour objectif de condamner qui que ce soit.
00:01:28Notre but est simple, documenter, contextualiser et finir par révéler.
00:01:32Suilez bien jusqu'à la fin, ça va être intense.
00:01:35Bon à bientôt.
00:01:45Que vous soyez fan ou non de Guillaume Play, de légendes, peu importe pour l'instant.
00:01:49Ce qui nous intéresse ici, c'est autre chose.
00:01:50En 2026, que représente vraiment le business autour de ce média sur lequel vous êtes au moins une fois tous
00:01:56tombés ?
00:01:57Comment le modèle fonctionne-t-il ? De quoi vit-il ? Et surtout, à qui profite-t-il ?
00:02:01Pour comprendre ça, on va devoir passer par un peu de contexte.
00:02:03Restez avec moi quelques minutes, le croustillant arrive juste après.
00:02:07Légende est coproduite par une agence marketing appelée Influx.
00:02:10Sur le papier, rien extraordinaire.
00:02:11Une neo-agency qui signe des créateurs, négocie des sponsors, finance des projets,
00:02:15apporte un soutien logistique et met à disposition son expertise stratégique.
00:02:20Classique, en apparence.
00:02:21Ce que l'agence appelle son crew est en réalité un portefeuille très structuré,
00:02:25une figure forte dans chaque type de contenu.
00:02:27Lifestyle, médias, finances, divertissement.
00:02:29L'objectif n'est pas seulement de représenter des talents, mais d'occuper,
00:02:33méthodiquement, chaque segment d'influence rentable, ce qu'on appelle une verticale.
00:02:37Le plus impressionnant, c'est que cette version d'Influx n'a même pas 5 ans d'existence
00:02:42et elle s'impose déjà face à des acteurs installés.
00:02:44Si la dynamique continue, elle pourrait même très bientôt dépasser Bump,
00:02:48l'agence liée à Squeezie, voire frontalement concurrencée Webédia.
00:02:51Webédia, d'ailleurs, c'est précisément au sein de leur équipe que Guillaume Plé a évolué juste avant.
00:02:55Et si le temps n'est pas anodin, on y revient.
00:02:57L'artiste Norman !
00:03:02Bienvenue, ça fait plaisir de t'avoir.
00:03:03Merci pour l'invite, en tout cas.
00:03:05Je t'écoute tous les matins en venant ici.
00:03:08Derrière Influx, il y a un homme.
00:03:09Pour l'instant, vous savez quoi ? On va juste l'appeler Big Boss.
00:03:12Son identité, on la détaillera un peu après parce qu'il est la pièce stratégique dans l'ombre de Guillaume
00:03:17Plé.
00:03:18Alors, restons pour l'heure très factuelle.
00:03:19Big Boss, c'est quelqu'un qui a très tôt compris comment fonctionne la mécanique du business digital.
00:03:25Influx ne sort pas de nulle part.
00:03:26L'agence s'inscrit dans la continuité d'années d'expériences accumulées par son fondateur dans un précédent business,
00:03:31revendu d'abord à des Belges puis à des Américains.
00:03:34À l'époque, il opérait déjà sur le terrain de l'influence, mais côté marque, pas créateur.
00:03:38Voilà, c'est un moment où la communication digitale était en pleine phase pionnière.
00:03:42Le véritable tournant intervient quelques années avant la pandémie.
00:03:45C'est là que Big Boss rencontre le youtubeur anciennement connu sous le nom de Technews & Test.
00:03:49Aujourd'hui, Romain Laneri.
00:03:51Salut tout le monde, c'est Romain de la chaîne Technews & Test.
00:03:54On se retrouve aujourd'hui dans le setup de Vodka.
00:03:56GoPro verrouille le marché de la vidéo et impose son propre standard.
00:04:01C'est à ce moment précis que tout commence à prendre une autre dimension.
00:04:07Romain Laneri devient le véritable premier associé stratégique de notre mystérieux businessman dans cette nouvelle aventure.
00:04:14Il s'affiche officiellement partenaire dès 2018 avant de devenir l'an dernier directeur général d'une branche influx.
00:04:21On n'est plus dans une simple collaboration.
00:04:23On est dans de la structuration.
00:04:24Puis rapidement, un troisième visage apparaît à leur côté.
00:04:27Notre cher spécialiste, analyste Apple qui est régulièrement visible sur ses photos, Léo Duff.
00:04:33Apple a créé une interface si réaliste qu'elle attire l'attention et devient elle-même une distraction.
00:04:37Dans ce monde, tout se paye.
00:04:39Si vous ne payez pas, alors quelqu'un le fait à votre place.
00:04:41Pas de profil LinkedIn pour détailler son rôle, mais selon une source présente à l'époque,
00:04:45il aurait occupé le poste de Head of Content Marketing chez Influx.
00:04:49On se retrouve donc avec trois figures centrales, les trois piliers de l'agence.
00:04:53Rien de choquant.
00:04:54Le vrai sujet est ailleurs.
00:04:55Ces liens sont longtemps restés flous, loin d'être explicités aux internautes.
00:04:59Alors même que typiquement, les deux Youtubers cités étaient constamment exposés pour promouvoir et travailler personnellement chez Influx.
00:05:06Au-delà même d'être représentés en tant que talent.
00:05:08Ensemble, ils iront même jusqu'à lancer un podcast nommé Take Out.
00:05:12Aujourd'hui devenu Speak Easy by Influx.
00:05:14Un format orienté business numérique et stratégie digitale.
00:05:17Salut les gars.
00:05:18Salut.
00:05:19Salut Léo.
00:05:20La forme ?
00:05:21Ben ouais, très bien.
00:05:22La question du jour, c'est est-ce que...
00:05:24L'image est claire des créateurs mais aussi des opérateurs.
00:05:27Des postures d'experts adoptés par les talents Influx sous leurs invités qui ensemble semblent chercher à dessiner la météo
00:05:34de demain.
00:05:35Le véritable tournant arrive au moment Game Changer lorsqu'ils mettent la main sur Guillaume Play à l'été 2022
00:05:41pour une raison officieuse sur laquelle on reviendra.
00:05:44Au moment où Guillaume en fait a été contraint d'arrêter le QG produit par WebMedia.
00:05:48C'est à ce moment là que Big Boss commence à défendre activement des intérêts commerciaux de Guillaume.
00:05:52A cette époque, légende est loin d'exister.
00:05:55La seule structure que Guillaume porte, c'est sa société de production historique, locomotive prod.
00:05:59Et c'est précisément dans cette entre-deux que tout va se redessiner.
00:06:03Une connexion stratégique se planifie rapidement entre nos deux protagonistes.
00:06:06D'un côté un cerveau structuré, obsédé par les dynamiques du digital.
00:06:10De l'autre, un travailleur compulsif capable d'enchaîner les formats et les projets sans relâche.
00:06:15Et selon plusieurs témoignages, il partagera aussi un sort de valeur politique clairement à droite.
00:06:19Lors d'une soirée professionnelle à ce titre, Guillaume aurait lâché à un invité.
00:06:23Tu vois, Combini, je veux faire un Combini, mais pas de gauche.
00:06:27Avec le recul, quand on observe certaines lignes éditoriales, la phrase prend une réelle dimension.
00:06:31Et ironiquement, cette fixation sur le média multicolore réapparaît d'ailleurs dans une interview récente de Big Boss.
00:06:37C'était la mode des interviews courtes, des interviews sandwich pour ne pas citer la concurrence.
00:06:43Des trucs en une minute et demie où il faut faire rire les gens avec une série de cinq questions
00:06:48qui sont à peu près toujours les mêmes.
00:06:49Très rapidement, les deux hommes vont s'associer pour construire la structure qui donnera naissance à Legend.
00:06:54Une initiative promise à un succès fulgurant.
00:06:56Le pari est ambitieux et c'est tout droit.
00:06:59Selon les déclarations de M**** lors d'une interview accordée en 2025, plus d'un million d'euros auraient été
00:07:04investis dans le développement du projet.
00:07:07Et bien évidemment qu'ils y croyaient.
00:07:08Le double réseau Guillaume et Big Boss joue un rôle clé.
00:07:12Les connexions business, les relais d'influence, les opportunités et tout s'accélère.
00:07:16Le vrai décollage stratégique se ressent particulièrement en 2024 chez Influx.
00:07:21D'abord, grâce au lancement des épisodes payants via Légende, Légende Business.
00:07:25Amorcés en novembre 2023, les entreprises s'intéressent immédiatement.
00:07:29Les marques veulent leur place.
00:07:31Et le podcast enregistre lui-même simultanément ses premières envolées spectaculaires d'abonnements mensuels.
00:07:36Ensuite, une envolée, pourquoi ?
00:07:37Parce que le rooster commence à faire virvolter autour de figures déjà installées comme Léo Duff et Romain Laneri.
00:07:42Viennent s'ajouter Willow, Hardisk, Ludoc, Laurent Baffi, puis plus tard Mathias Bassino, directeur Europe de Trade Republic, côté commercial.
00:07:50Les créateurs No Business et le média Le Crayon.
00:07:53Je précise, je verbalise uniquement les profils réellement structurants dans leur discipline et dont la collaboration avec Influx est mise
00:08:00en avant de manière répétée.
00:08:01Si l'on observe l'ensemble des talents maintenant qui sont référencés dans l'écosystème Influx, un constat saute aux
00:08:07yeux, aux doigts des différentes verticales évoquées.
00:08:09Et à l'image de Légende, les lignes éditoriales semblent pencher plus volontiers vers un imaginaire politique plus bleu que
00:08:15rouge.
00:08:16Mode, tech, business, finance, luxe, les thématiques dominantes gravitent autour de la réussite individuelle, de l'investissement, de la performance
00:08:24et de l'entreprenariat.
00:08:25L'ensemble de l'orientation globale interroge quand on regarde le tableau.
00:08:29Légende met régulièrement en avant les forces de l'ordre et les militaires et donne la parole à des figures
00:08:33complotistes, à des représentants de mouvements sectaires, à des personnalités controversées, parfois même clairement situées à l'extrême droite.
00:08:40Soyons clairs, il n'y a aucun problème à inviter des policiers ou des militaires. Ce sont des métiers exigeants,
00:08:45exposés, souvent difficiles et méritent d'être entendus.
00:08:48Le malaise, encore une fois, n'est ailleurs. Il apparaît lorsque la mise en avant se transforme en glorification sans
00:08:55contradiction.
00:08:55Lorsque les récits sont déroulés sans contextualisation, sans questionnement sur les violences policières par exemple.
00:09:01Mise en perspective avec les tensions sociales actuelles, voilà, nuancées, interrogées, confrontées.
00:09:07C'est différent que produire du sensationnalisme ou flatter un imaginaire viriliste.
00:09:11En fait, il y a parfois cette impression d'un flirt avec certains codes masculinistes,
00:09:15alors jamais frontal, jamais assumé grossièrement, mais présent en filigrane dans la manière dont les récits sont mis en scène.
00:09:22Ce n'est d'ailleurs pas anodin de voir autant de contenu autour de l'armée, des armes à feu
00:09:26tout simplement,
00:09:27car un des témoins de notre enquête nous a confié que Guillaume Plein nourrirait une réelle fascination pour ce domaine,
00:09:32allant jusqu'à posséder lui-même un permis de porte d'armes.
00:09:35Tout ça, ça ne daterait pas d'hier, comme en atteste cette photo publiée sur son compte Facebook en 2013,
00:09:41le montrant en pleine session de stand de tir.
00:09:45Un élément qui, au moment où nous finalisons cette enquête, trouve un écho particulier dans l'article
00:09:49récemment publié par Le Monde ce 25 juin 2026 au sujet de Guillaume Plein.
00:09:53Deuxième point du malaise, dès qu'il est question de santé ou de profession médicale, médecin, agentiste, infirmier, psychologue,
00:09:59les intervenants sont presque exclusivement des hommes.
00:10:02À l'inverse, lorsqu'on aborde le travail du sexe, là ce sont essentiellement des femmes qui sont mises en
00:10:07avant.
00:10:07Et parenthèse dans le même sens, rares sont les fois où les invités, et eux, ne sont pas amenés à
00:10:12devoir parler de leur sexualité.
00:10:14Cette analyse est d'ailleurs confirmée par une collaboratrice de Guillaume Plein.
00:10:18Pour Le Monde, elle confie la remarque a été faite à Guillaume qu'il n'y a pas beaucoup de
00:10:22femmes invitées,
00:10:23et qu'en plus les femmes qui étaient interviewées parlaient notamment de sexe.
00:10:27Mais Guillaume, il n'est pas du genre à faire gaffe à la parité.
00:10:29Ce contraste pose question à la profession infirmière par exemple,
00:10:33est historiquement et sociologiquement très féminisé.
00:10:36Selon la DRES, en 2021, elle contait environ 87% de femmes pour 13% d'hommes.
00:10:41Voilà, je laisse simplement ce chiffre ici.
00:10:43Il est donc étonnant que les femmes soient principalement sollicitées sur des thématiques liées à la sexualité,
00:10:48mais beaucoup plus rarement invitées lorsqu'il s'agit de parler sérieusement de santé.
00:10:52Alors que les docteurs et soignantes en France, c'est pas non plus ce qui manque.
00:10:56De la même manière, lorsqu'un gynécologue est convié à deux reprises
00:10:59pour partager nécessairement des anecdotes qui concernent les femmes,
00:11:02on peut s'interroger sur le fait qu'une gynécologue ne soit pas, elle aussi, à ce moment-là invitée
00:11:06à prendre la parole.
00:11:07Qu'est-ce que l'hymen concrètement et à quoi ça sert au départ ?
00:11:11Parce qu'il y a une utilité dans le corps.
00:11:12Non, il ne sert à rien l'hymen. Il est là, c'est un reliquat embryologique.
00:11:17Troisième point de gêne, l'écosystème influx est ce qui ressort de l'étude des talents signés.
00:11:21Comme on l'a dit Romain Laneri, avec lui on a là le monégasque par excellence,
00:11:25qui multiplie des formats centrés sur l'argent, les belles voitures, l'optimisation, la performance financière,
00:11:30jusqu'à même aller interviewer le patron de Total Energy dans un contexte perçu par certains comme une opération de
00:11:36rebranding.
00:11:37Cette transition ne va pas se faire toute seule et qu'elle est compliquée et qu'elle a des coûts.
00:11:39Ça commence un peu à rechigner les tracteurs agricoles, etc. parce qu'on commence à impacter le pouvoir d'achat
00:11:45des gens.
00:11:45C'est ça qui est difficile. Et c'est là que l'innovation doit intervenir puisque c'est pour ça
00:11:48qu'on se retrouve ici.
00:11:52À cela s'ajoutent des figures controversées, reçues, puis recrutées, comme Laurent Baffi, régulièrement critiqué pour son humour graveleux, parfois
00:11:59misogyne, etc.
00:12:01Ce qui ne laisse pas indifférent non plus, ça va être le rachat par Big Boss.
00:12:04Des parts du Média Le Crayon pointaient du doigt un nombre de fois incalculables pour leur proximité avec des sphères
00:12:09ultra conservatrices.
00:12:10Des parts reprises à ce terrain qui étaient actionnaires de 2023 à 2025.
00:12:14Et à cela s'ajoutent d'autres profils, Paul Barbossa, expert en tech avec ses conseils d'optimisation permanente,
00:12:19Alexis Vanden et un storytelling autour du luxe accessible.
00:12:23Hardisk qui est passé d'analyste d'effets spéciaux à conférencier business.
00:12:26Ludoc, qui malgré la qualité qu'il faut reconnaître en ses enquêtes, parle constamment de police.
00:12:31Ou encore Mathias Bassino au visage français de la banque très république.
00:12:35Vous voyez petit à petit l'espèce de constellation qui se dessine dans la sélection des profils et les types
00:12:40de contenus.
00:12:41Pris séparément, ok, chaque profil peut sembler insignifiant.
00:12:44Ensemble, il dessine une tendance culturelle et idéologique relativement homogène.
00:12:50Tous logés chez influx aux côtés de gameplay.
00:12:53Vous allez peut-être me dire non mais là TP franchement tu extrapoles.
00:12:56On y est.
00:12:57Big Boss n'est pas simplement un entrepreneur du digital lambda.
00:13:00Son parcours montre des liens étroits et assumé avec la droite française.
00:13:04C'est ce dont on va parler.
00:13:05Mais d'abord mettons un nom sur son visage.
00:13:07Big Boss s'appelle en réalité Manuel Diaz.
00:13:10Son nom ne vous dit certainement pas grand chose.
00:13:12Mais il est tout bonnement l'homme qui a piloté la stratégie digitale de Nicolas Sarkozy lors de l'élection
00:13:18présidentielle de 2012.
00:13:19Notamment en développant la présence de l'ancien président sur Facebook.
00:13:23Ce qui était novateur pour l'époque.
00:13:25Vous êtes aussi l'agence digitale qui a été choisie par l'UMP pour la campagne à venir.
00:13:32Construire des fondations pour rentrer dans la culture internet telle qu'elle s'envisage pour 2011, 2012 et les quelques
00:13:39années qui arrivent.
00:13:40Il y a presque un demi-million de français qui ont liké la page de Nicolas Sarkozy sur Facebook.
00:13:46Donc il y a quand même des français qui sont connectés avec lui.
00:13:49Son agence de communication de l'époque, imagina.fr, est choisie en janvier 2012 pour concevoir le nouveau site de
00:13:55l'UMP.
00:13:56En 2011, le Figaro le présentait comme le Seguela du numérique.
00:14:00En gros, une machine de guerre en marketing publicitaire.
00:14:02Et l'ancien magazine masculin très axé sur le luxe et la tech, l'Optimum, l'intègre même dans la
00:14:07liste des 50 personnalités qui vont changer la France.
00:14:10Voilà, rien que ça.
00:14:11On parle d'un certain musc du digital à la française.
00:14:14De quelqu'un qui depuis le cercle digital très restreint de la tech serait capable de transformer en profondeur le
00:14:19paysage multimédia national.
00:14:21Alors dans ce contexte, on comprend mieux la mécanique derrière les apparitions médiatiques autour de Nicolas Sarkozy chez Légende.
00:14:26Dont sa dernière autour de la promotion de son livre de prisonnier avec une exclusivité qui a été strictement accordée
00:14:32à Guillaume Plé.
00:14:34Émission exceptionnelle.
00:14:35Aujourd'hui on reçoit le président Nicolas Sarkozy qui a accepté notre invitation à l'occasion de la sortie de
00:14:39son livre qui s'appelle Le Temps des combats.
00:14:41Je vous vois rarement en interview, j'ai écouté toutes les interviews que vous faites mais vous en faites assez
00:14:44peu.
00:14:45C'est volontaire ?
00:14:46Oui.
00:14:46Aujourd'hui, émission exceptionnelle puisqu'on reçoit le président Nicolas Sarkozy qui a accepté notre interview.
00:14:52Je me suis invité la deuxième fois.
00:14:57Voilà du pain béni pour revenir sur un tas de dossiers controversés.
00:15:02Mais non, à cette occasion, pas de question de fond sur l'affaire des écoutes ni sur Big Malion pour
00:15:06lesquels l'ex-président a été, on le rappelle, condamné.
00:15:09Pas de mise en perspective sur le dossier Lidia non plus.
00:15:11Et c'est là que l'écart interpelle Légende qui construit habituellement ses formats sur des histoires atypiques, spectaculaires, qui
00:15:18va aller vraiment interroger frontalement des affaires pour chercher l'inédit.
00:15:22Pourquoi ne pas choisir d'interroger un ancien président qui plus est de la République française sur des faits historiquement
00:15:27graves ?
00:15:28Bah vous avez votre réponse hein.
00:15:29Avec Manuel Diaz, Nicolas Sarkozy est littéralement comme à la maison chez Légende et Influx.
00:15:34Derrière l'image d'un simple podcast à succès, c'est donc tout un écosystème d'influence, de réseau, de
00:15:39stratégie politique qui semble se dessiner.
00:15:42Mais de toute façon, tout l'écosystème Influx fonctionne en réseau.
00:15:44On n'est pas simplement sur des collaborations fit and fun, aussi entre inconnus, quand on a tout ce mélange
00:15:49de personnes.
00:15:50On est sur un système interconnecté.
00:15:52Quand Mathias Bassino intervient sur Légende pour parler de Trade Republic, tel un invité lambda qui a payé, on verra
00:15:59combien après.
00:15:59Alors qu'il évolue dans la même écurie que Guillaume Play, on ne peut pas faire comme si tout relevait
00:16:03du simple hasard éditorial ou d'un Légende business équitable.
00:16:07Après le 3, 4 ou 5ème.
00:16:09Quand le business influenceur là, Alec Henry, enchaîne Choroscopie, Speak Easy, tout comme dans d'autres exemples autres que lui.
00:16:16Pareil, qui se passe en circuit court ?
00:16:17Une boucle bien ronde qui va aussi inclure Manuel Diaz, qui va aller faire ses 1h37 d'interview de carrière
00:16:24chez ce même Alec Henry.
00:16:26Il dit ça comme ça, mais ce genre de matraquage médiatique, ça a déjà fait naître des présidents.
00:16:30Il ne manquerait plus qu'à créer un institut de sondage.
00:16:33Et puisqu'on parle affaire, parlons maintenant des formats d'interviews payantes sur Légende.
00:16:37D'après le Revenu Média, une info que vous êtes beaucoup à avoir vu passer, c'est qu'une interview
00:16:41sponsorisée pourrait coûter jusqu'à 79 000 euros à une marque.
00:16:45Le monde a de leur côté carrément affiché une facture.
00:16:48Sur le principe, si une entreprise investit et que l'opération lui rapporte davantage, c'est le fonctionnement classique de
00:16:54la publicité.
00:16:55Version 2.0, YouTube Adapted.
00:16:58Non, si on prend du recul, encore une fois, la vraie question est ailleurs.
00:17:01Elle est éthique.
00:17:01Les abonnés qui suivent Légende, pour ses formats de divertissement, storytelling, très prenant émotionnellement, construisent une relation de confiance avec
00:17:09Guillaume Play.
00:17:09Éduquent une habitude, un rendez-vous.
00:17:12Cette confiance devient un capitable, une audience à rediriger.
00:17:15Et lorsqu'il bascule vers le format business, consciemment ou pas, elle se retrouve face à qui ?
00:17:20Des entrepreneurs présentés dans un cadre valorisant, encouragés à dérouler leurs récits et leurs visions sans véritable contradiction.
00:17:27Au contraire, ils y convient même des invités pour appuyer leur discours marketé.
00:17:31Ça passe autant par des experts que des influenceurs.
00:17:34Ça veut dire quoi, expert à l'argent ?
00:17:35Alors, expert de la relation à l'argent, ça veut dire que je décrypte les comportements.
00:17:38Les comportements, c'est la partie visible.
00:17:40Autrement dit, tu veux ton Légende business ?
00:17:42Ok.
00:17:43Eh bien, sache que tu peux bénéficier d'une tribune où tu peux façonner le discours que tu souhaites transmettre
00:17:46à des centaines, de milliers de personnes.
00:17:48On voit bien, ce qui interpelle davantage, c'est que cette mécanique semble peu affectée par les réactions du public
00:17:52dans l'espace commentaire ou à travers l'onglet Communauté lors des annonces.
00:17:56Ces épisodes logoïsés en jaune sont littéralement remplis de critiques, de vérifications factuelles, de mises en garde ou de contre
00:18:03-arguments formulés par des viewers.
00:18:05Jamais ils ne sont calculés.
00:18:06Et encore eux, qui ne sont pas supprimés.
00:18:08Mais ils s'en foutent.
00:18:09Encore une fois, vérifier qui ira.
00:18:12Lire en toi, nous pouvons.
00:18:14Pour en finir avec ce type de sponsorisation, si le critère d'entrée principal est la capacité à payer la
00:18:19somme astronomique demandée.
00:18:20Qu'en est-il en interne de cette vérification ?
00:18:23Quelles diligences sont mises en place pour évaluer la solidité, la fiabilité ou les pratiques de l'entreprise mises en
00:18:29avant ?
00:18:29Y a-t-il un travail d'enquête contradictoire avant même qu'on nous propose un produit fini presque parfait
00:18:35?
00:18:35Ou bien le principe est-il simple ? Tant que le budget est là, le tapis rouge est déroulé.
00:18:40Mais là aussi, on nous apprend que certains invités peuvent faire modifier leurs interviews avant leur sortie.
00:18:45Ce qui calibre un récit totalement contrôlé et formaté comme on le soupçonne.
00:18:49C'est là que le business modèle de Légende à travers Légende Business interroge.
00:18:53Parce qu'à partir du moment où la confiance éditoriale amassée, levée ailleurs, sert de levier commercial vis-à-vis
00:18:59du public.
00:19:00Le strict minimum serait d'assurer une prise de responsabilité.
00:19:04Ok, si Manuel Diaz et Guillaume Plé apparaissent comme le duo stratégique derrière l'ascension fulgurante de Légende.
00:19:09Un troisième nom semble de plus en plus compléter ce triangle d'influence.
00:19:13Mathias Bassino, trader et ambassadeur chez Trade Republic, visage incontournable de cette néo-banque en France.
00:19:20A force de le voir défiler sur Légende, qu'il soit présent lors de la tournée, sponsorisé par Trade Republic,
00:19:25je pense que vous avez peut-être fini par connaître par cœur son discours.
00:19:28On va redétendre un petit peu en parler ici.
00:19:30Et pour cela, nous avons demandé à Gilles Petit, notre expert financier, de revenir sur le parcours de Mathias Bassino,
00:19:36son ascension médiatique, mais aussi sur ce que raconte réellement cette success story.
00:19:40Lorsqu'on a le regard de quelqu'un d'un peu plus critique et averti.
00:19:44En fait, Mathias Bassino, c'est l'ami de la famille.
00:19:47L'oncle qu'on invite à déjeuner le dimanche en famille et qui vient vous expliquer un petit peu la
00:19:53vie.
00:19:53Il se présente comme étant trader.
00:19:55On l'imagine tout de suite miser des milliards, un petit peu comme Leonardo DiCaprio sur les marchés internationaux.
00:20:02Alors, il était dans une salle de marché, mais il était dans une salle de marché où on n'échange
00:20:06pas forcément des milliards.
00:20:07Il était dans une salle où on élabore, on construit tout simplement des produits financiers.
00:20:12Mathias Bassino, c'est quelqu'un qui a un background de vendeur et de marketing.
00:20:17Donc, son principal travail, c'était d'imaginer qu'elle pouvait être la bonne idée du moment pour investir dans
00:20:24un produit financier qu'on allait construire, tout simplement.
00:20:27Monsieur et Madame Tout-le-Monde n'a aucune connaissance de ce que c'est qu'une vraie salle de
00:20:32marché.
00:20:33Donc, il joue sur cette petite ambivalence et puis il vient gentiment vous expliquer que l'inflation, phénomène qui existe
00:20:40depuis que le capitalisme existe,
00:20:42ça va quand même attaquer vos économies et qu'il faudrait vraiment faire attention et que ça serait peut-être
00:20:47bien d'investir en bourse.
00:20:48Ce faisant, qu'est-ce qu'il vous propose ? Il vous propose des recettes qui existent, je ne vais
00:20:52pas dire depuis la nuit des temps, mais qui existent depuis très longtemps.
00:20:54L'investissement en bourse, ce n'est pas quelque chose de nouveau. Simplement, l'investissement en bourse, c'est quelque
00:20:59chose qui fait peur.
00:21:00Lui, Mathias, arrive avec un discours qui est rassurant, avec des produits qui peuvent être incitatifs, je pense notamment au
00:21:10compte rémunéré.
00:21:10Avant de songer à investir son argent, si vous avez peur, pourquoi pas prendre un compte rémunéré ?
00:21:16Le compte rémunéré, c'est très bien, mais ce n'est pas une idée nouvelle.
00:21:19Il y a des néobanques qui se sont lancées dans la décennie 2010 en France.
00:21:25Proposer des livrets rémunérés, vous pouvez en trouver aussi dans les banques, mais les banques ne les mettent pas forcément
00:21:29en avant
00:21:30parce que le compte rémunéré a un premier inconvénient, c'est que les intérêts que vous touchez sur ce compte
00:21:36-là sont redevables d'impôts.
00:21:39Donc, une partie des intérêts que vous allez toucher, ça va être des impôts à payer.
00:21:43Donc, ce n'est pas un produit très sexy.
00:21:45Et c'est un produit d'autant moins sexy qu'on vous propose quand même des taux qui ne sont
00:21:49jamais très élevés.
00:21:50On ne vous propose pas du 10%, on va vous proposer du 2, voire du 3, voire du 4.
00:21:55Et quand on vous propose en plus du 3 ou du 4, généralement, ce sont des taux qu'on appelle
00:21:59boostés.
00:22:00Pour une campagne, ça va durer 2, 3, peut-être 4 mois. Et puis ensuite, ça va s'arrêter.
00:22:06Ce qu'il faut savoir, c'est que ces taux sont possibles parce que Trade Republic dépose son argent auprès
00:22:13de la Banque Centrale Européenne.
00:22:15Et puisqu'elle dépose son argent auprès de la Banque Centrale Européenne,
00:22:18qui est le nôtre au final, qui est celui du client, cet argent est rémunéré.
00:22:23Le taux de la Banque Centrale, il est revu à peu près toutes les 6 semaines.
00:22:26En ce moment, c'est 2%. Ça fait longtemps que c'est 2%.
00:22:29Mais il a été jusqu'à 4%, par exemple.
00:22:32Donc il n'est pas impossible qu'un jour, Trade Republic vous propose un taux à 4 boosté à 6.
00:22:37Mais ce ne sera pas parce que Trade Republic vous fait une fleur.
00:22:39Ce sera parce que la Banque Centrale Européenne a décidé de rémunérer de façon plus importante
00:22:44les dépôts que Trade Republic fait auprès d'elle.
00:22:47Et finalement, aujourd'hui, Trade Republic, avec le concours de Mathias Bassino,
00:22:53c'est du storytelling, c'est on raconte une histoire.
00:22:56Les éléments sont vrais, finalement.
00:22:59L'inflation, il y en a, mais elle a toujours existé.
00:23:01Le système des retraites dont on vous parle presque quotidiennement
00:23:04en vous disant que ça va se casser la figure.
00:23:06Et c'est un storytelling d'ailleurs qu'on a retrouvé beaucoup dans le Bitcoin.
00:23:09On vous disait, mais de toute façon, si vous voulez vous sauver et sauver votre vie, il faut avoir...
00:23:14Investis dans les cryptos, tout ça, tout ça.
00:23:16Et c'est ça, voilà.
00:23:16Et c'est le même storytelling.
00:23:17C'est un storytelling un peu apocalyptique.
00:23:20C'est-à-dire que demain, vous allez sortir de chez vous
00:23:22et vous ne pourrez plus avoir d'argent, vous ne pourrez plus accéder à votre argent.
00:23:25C'est plus simple d'aller parler à Legend, Guillaume Play, qui ne connaît rien à la finance,
00:23:30que d'aller parler à un véritable journalier financier
00:23:32qui va vous poser des questions certes pointues, mais qui auront de l'intérêt
00:23:36et qui risquent en plus de vous mettre en difficulté.
00:23:38Est-ce que c'est un appel à l'invitation ?
00:23:40Est-ce que tu aimerais discuter avec eux ?
00:23:42Pourquoi pas, oui, mais imaginez un Mathias Bassino à qui on dit,
00:23:46écoutez, vos produits, ils ne sont rien de révolutionnaires.
00:23:50Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
00:23:51La seule chose moderne chez Trade Republic, c'est le développement de leur application
00:23:55qui vous incite, avec un système de récompense digne des meilleurs jeux portables,
00:24:00à investir votre argent sans nécessairement mesurer le risque qu'il y a derrière.
00:24:03Et ça, Gilles va revenir vous l'expliquer mieux que moi.
00:24:06Trade Republic utilise quelque chose qui a été identifié par les autorités,
00:24:11comme l'autorité des marchés financiers notamment,
00:24:13mais aussi l'autorité européenne qu'on appelle l'ESMA.
00:24:17Ils utilisent un concept qui est celui de la gamification.
00:24:20Des récompenses quand vous investissez et quand votre investissement a réussi.
00:24:27Alors, le problème avec la gamification, c'est que des études ont été menées.
00:24:30La distribution de trophées incite les gens à prendre de plus en plus de risques.
00:24:35Vous recevez un message qui vous dit investissez sur les actions Nvidia par exemple,
00:24:42c'est l'intelligence artificielle, c'est le moment ou jamais.
00:24:45Vous investissez, vous avez des petits flocons qui apparaissent, des confettis, des choses comme ça,
00:24:52qui vous disent bravo, vous êtes dans la dernière tendance et c'est super et tout.
00:24:57Et l'investisseur perd de vue quand même une chose qui est très importante, c'est la notion de risque.
00:25:02Trade Republic n'arrête pas de parler des risques que court votre argent,
00:25:06mais en même temps, autour des produits qu'elle met en avant, notamment pour investir en bourse,
00:25:10surtout pour investir en bourse, qu'elle propose, c'est d'oublier les risques.
00:25:14Donc on est dans un comportement qui est assez schizophrène en fait.
00:25:20Pour ceux qui ne savent peut-être pas, le podcast le plus connu de France est arrivé après la grande
00:25:25période Le QG,
00:25:27une émission elle aussi à succès, diffusée pendant quatre ans et produite par Webédia.
00:25:31Pour que tout le monde qui verra cette vidéo comprenne bien l'enjeu, peu importe la génération,
00:25:35je prends 30 secondes pour expliquer rapidement ce qu'est Webédia.
00:25:38Webédia, c'est l'un des plus gros groupes médias digitaux de France et même d'Europe.
00:25:41Créé en 2007, le groupe a construit un véritable empire autour des médias en ligne et des créateurs de contenu.
00:25:47Concrètement, Webédia possède ou exploite des marques comme Allociné pour le cinéma,
00:25:51Gvideo.com, Gaming, Pure People, People Pure Media, Media et bien d'autres.
00:25:56Mais surtout, Webédia a été l'un des premiers groupes à racheter des entreprises,
00:26:01vous connaissez la fameuse histoire de Mexico, à industrialiser le YouTube français.
00:26:05Ça va évidemment commencer par Squeezie, Cyprien ou encore basculer sur Michou, McFly et Carlito.
00:26:10Plus récemment, Bylan, Nico.
00:26:12Voilà, différentes périodes.
00:26:14C'est littéralement une machine structurée.
00:26:16Studio, équipe de production, régie publicitaire intégrée, réseau de diffusion, apport de partenariat avec les marques.
00:26:22Quand vous êtes chez Webédia, vous ne jouez plus dans la cour d'un créateur indépendant qui va galérer.
00:26:28Non, tout est tracé.
00:26:29Vous êtes adossé à un groupe coté avec des investisseurs internationaux et une logique industrielle.
00:26:34Donc, quand une émission comme Le QG, produite par eux, s'arrête brutalement en pleine saison 4 et à la
00:26:41semaine prochaine,
00:26:41sans communication officielle, ça interroge parce que ce n'est pas anodin.
00:26:44Merci à tous les groupes. On se retrouve la semaine prochaine de Le QG.
00:26:48Je vous embrasse pas.
00:26:49On parle d'un groupe habitué aux stratégies calibrées, aux lancements millimétrés et aux clôtures maîtrisées.
00:26:55Et dans quelques minutes, c'est ce sur quoi on va les creuser.
00:26:58Mais juste avant, parlons d'un projet presque oublié, The Game.
00:27:10Et bonsoir tout le monde !
00:27:11Salut direct !
00:27:12Aujourd'hui avec un invité dans un instant qui arrive dans deux minutes.
00:27:17Soyez les bienvenus tout le monde.
00:27:17On vous offre 1000 euros comme chaque soir en répondant à cette question avec votre téléphone.
00:27:21Vous allez pouvoir jouer.
00:27:22On est dans le studio aujourd'hui, ça fait longtemps qu'on n'était pas.
00:27:24On est à la maison.
00:27:25A l'origine, si Webédia contacte Guillaume Play, c'est pour développer une application quiz.
00:27:29À l'époque, voilà, c'est la mode.
00:27:31L'idée, un live mêlant en discussion libre façon Twitch, humour de plateau, puis un quiz final avec de l
00:27:37'argent à gagner financé par la publicité.
00:27:40On se retrouve demain à 19h30.
00:27:42On vous offrira aussi 1000 euros.
00:27:43On sera en direct de chez l'un d'entre vous.
00:27:45Si l'on cherche aujourd'hui à en retrouver des traces, celles-ci sont particulièrement millimétrées.
00:27:49Je ne veux pas vous mentir que de l'autre côté, on a pu mettre la main que sur une
00:27:52seule rediffusion publique
00:27:53qui totalise environ 8000 vues, donc ça fait longtemps que pas grand monde l'a dû.
00:27:58Vraisemblablement resté en ligne par un oubli.
00:28:00Le reste a disparu des radars.
00:28:02Donc voilà, ce projet a existé.
00:28:04De son côté, quand Guillaume Play évoque cette période, il le fait brièvement, presque en accéléré.
00:28:10Le QG, je l'ai mis six mois à préparer dans une pièce sans fenêtre.
00:28:13Ce n'est pas une anecdote fausse.
00:28:15Je l'ai fait au sous-sol de Webedia dans une pièce dans le parking.
00:28:19Littéralement, dans une pièce.
00:28:20En dessous, on avait un sous-sol.
00:28:21C'est un jeu pour les portables en dessous.
00:28:24Et j'ai mis quelques mois à préparer ce truc-là.
00:28:26L'échec est discret, mais il est réel.
00:28:28Après ce faux départ, panique à bord, il faut absolument rebondir.
00:28:32Webedia ne vont pas mobiliser toute l'équipe que Guillaume a recrutée derrière Locomotif Prod pour rien.
00:28:37Et c'est là que va naître le QG, de manière un peu bricolée.
00:28:41Et ce qui va nous l'illustrer, c'est certains dires et un détail qui va intriguer.
00:28:45Le nom Le QG aurait été piqué au nom de la boîte historique de Pascal Sautens.
00:28:51Regardez bien les dates, c'est éprouvé.
00:28:53Quand tu as appelé ta boîte Le QG, qui t'a donné l'idée ?
00:28:56Je lui ai dit « Ouais, Pascal, je voudrais créer un truc, YouTube, qu'est-ce que t'en penses
00:28:58? Ça peut cartonner ? »
00:28:59Je lui ai dit « Ouais ! »
00:29:00Je lui ai dit « T'as le nom de... Je cherche un nom. »
00:29:01Je lui ai dit « C'est quoi ? »
00:29:02Je lui ai dit « Moi, j'ai appelé ma société le QG, le QG de training. »
00:29:04Et je lui ai dit « C'est le QG, l'avantage, c'est que voilà, c'est le quartier
00:29:06général, c'est là où tout le monde se réunit. C'est pas mal. »
00:29:09Et il me dit « Ouais, c'est pas mal, ouais, j'avoue. »
00:29:10Voyez, je suis réfléchi.
00:29:11Je lui ai dit « Mais grave, viens ! »
00:29:12À l'époque, ils étaient relativement proches.
00:29:14Et là encore, on a un guillaume pas très...
00:29:16Ah !
00:29:17Ça marche pas avec le storytelling qui nous a servi.
00:29:20Un nom, un concept.
00:29:21Alors, on a pris le QG parce que j'adore le quartier général, le mot quartier général, c'est un
00:29:25peu militaire.
00:29:26J'adore tout ce qui est armé, etc.
00:29:28Et dans le style du plateau...
00:29:30Ok, pour bien comprendre la philosophie et la naissance derrière légende, il faut un petit peu revenir là aussi sur
00:29:35le QG.
00:29:36Co-présenté avec Jimmy Labeu, l'émission s'étend de 2019 à 2022 et cumule 94 épisodes, hors émission présidentielle.
00:29:44Le concept, un plateau hybride entre divertissement et interview, accueillant soit des grandes célébrités, soit des profils au métier atypique.
00:29:51En résumé, un prototype de légende à deux têtes avec un public en studio et des séquences jeux.
00:29:58L'échec précédent est rattrapé.
00:30:00Les audiences sont littéralement au rendez-vous.
00:30:02Tout semble fonctionner.
00:30:03Et pourtant, tout s'arrête brutalement.
00:30:06L'épisode 94 avec un hacker européen sort sans annonce particulière.
00:30:11Pas de clap de fin.
00:30:13Pas d'épisode spécial.
00:30:14Pas de message de au revoir.
00:30:16Rien.
00:30:16Même quand il avait dû prématurément, là aussi, annoncer l'arrêt de son émission sur énergie, il avait un petit
00:30:24peu plus prévenu, quoi.
00:30:25On ne l'a pas encore annoncé, mais on s'en va à la fin de l'année d'énergie.
00:30:29Et en fait, ils ont décidé que ça s'arrête un petit peu plus tôt.
00:30:32C'est ça.
00:30:32Surprise.
00:30:33Voilà.
00:30:34Petite cadeau.
00:30:35Je vais te dire, moi, je suis très heureux.
00:30:37C'est la vie.
00:30:37Et j'ai vécu cette année extraordinaire à énergie.
00:30:40Donc, que du bonheur.
00:30:42Et donc, on arrête vendredi, finalement.
00:30:44Plutôt.
00:30:45Ah, vendredi, oui.
00:30:46Dans ce type de production, il est important de réaliser, vraiment à cette échelle, une fin est normalement scénarisée.
00:30:52Un dernier invité marquant, un rewind, un all-star, une rétrospective, un mot de l'équipe.
00:30:58Là, c'est Silence Radio.
00:30:59Quelques mois plus tard, alors Guillaume prendra la parole.
00:31:02Sa version des faits nous est expliquée, mais elle peine à convaincre.
00:31:06On n'était pas assez flexible.
00:31:07C'est-à-dire que je tournais toutes les six semaines, six émissions, en deux jours.
00:31:11Et bien, par exemple, Brad Pitt qui passe à Paris dans une avant-première,
00:31:14je ne pouvais pas le recevoir puisque le jour J,
00:31:16eh bien, le studio n'était pas disponible à Webédia puisqu'il était disponible pour d'autres émissions,
00:31:20pour d'autres trucs, pour des tournages de pub, etc.
00:31:23Du coup, j'ai quitté Webédia au mois de juin, en bon terme,
00:31:26il n'y a pas de problème, ni avec Jimmy Labeu d'ailleurs.
00:31:28Pourquoi un récit brusque ? Pourquoi la disparition totale de Jimmy Labeu ?
00:31:31Pourquoi le départ de Guillaume, carrément du groupe Webédia ?
00:31:34Aucun communiqué officiel du groupe là-dessus.
00:31:36Quant à Jimmy Labeu, il évoquera brièvement cette période fin 2023,
00:31:39mais plusieurs signaux intrigues.
00:31:41Absence de soutien public lors du lancement de Légende,
00:31:43des abonnements sur Instagram,
00:31:45réactions ambiguës lors de l'autoroast organisé par McFly et Carlito début 2023.
00:31:50Forcément, ça se passe comment ?
00:31:52Je ne vais pas m'étaler, mais ça se passe bien.
00:31:56Et quand tu veux arrêter, tu penses que tu vas faire quoi après ?
00:31:59Mix and twist.
00:32:00Mélanger deux trucs qui ne vont pas ensemble.
00:32:03Oh là là là là !
00:32:08C'est génial !
00:32:11C'est génial !
00:32:12Ça fait du bien !
00:32:13De présenter l'émission ensemble, Guillaume et moi.
00:32:16Je ne peux pas lui en vouloir, il m'a quitté pour quelqu'un de très connu,
00:32:20une vraie star, Eric Zemmour.
00:32:24Mais comme je disais, ça fait du bien !
00:32:26Parce qu'il y a des choses que je pensais que je n'aurais jamais dit, tu vois.
00:32:28Attention, derrière les caméras, l'ambiance serait complètement différente.
00:32:32D'anciens membres de l'équipe décrivent deux personnalités qui n'ont rien à voir.
00:32:36Un tandem qui semble fonctionner professionnellement à l'écran,
00:32:39mais des visions et une ambiance de travail qui n'aurait pas été vécue de la même manière en coulisses.
00:32:44Si on doit évoquer des faits qui seraient similaires,
00:32:48il faut dire qu'on y viendra dans le chapitre concerné,
00:32:50mais de manière globale, Guillaume Plé en off, c'est quelqu'un qui est pointé comme pas très agréable.
00:32:55Et s'il y en a un qui l'a remplacé et qui en a témoigné,
00:32:58c'est Emmerick qui ne supportait clairement pas son comportement.
00:33:02Je pense que Guillaume Plé, c'est le pire.
00:33:03C'est un type qui ne respecte pas les petites personnes.
00:33:06A lui, c'est un ***.
00:33:07C'est-à-dire qu'il arrive, le mec de la sécu, il le snob.
00:33:10Non, c'est pas un gars bien du tout.
00:33:11Mon dieu, mais quelle horreur !
00:33:12Donc moi, c'est des comportements qui m'exaspéraient.
00:33:14Et avec vous, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:33:16Moi, je m'en rappelle, c'était le jour de la rentrée.
00:33:19Il y avait tous les grands ponts.
00:33:20Il y avait Manu, il y avait Guillaume Plé, je crois qu'il y avait Kohé dans le bureau,
00:33:23et il y avait moi.
00:33:24J'arrive, Guillaume Plé me serre la main, il me broie les mains.
00:33:26Tu vois ce que je veux dire ?
00:33:27En mode, c'est chez moi ici.
00:33:29Je me rappelle lui avoir mis un petit coup de tête dans le bureau,
00:33:31devant les patrons d'énergie.
00:33:33Un petit coup de tête ?
00:33:33Ouais, un petit coup de tête léger.
00:33:34C'est-à-dire ?
00:33:34Un petit coup de tête, tu veux pas que je te le mette quand même ?
00:33:37Mais vous rigolez ?
00:33:37Non, je te jure, c'est en déconner, c'est en déconner.
00:33:39Si, petit coup de tronche, tranquille.
00:33:41Putain, on était au cinquième, il y avait tous les directeurs.
00:33:43T'imagines le grand patron, Gaël Franckère, Morgan Serrano.
00:33:45Jean-Paul Bourgou, Gaël Sikker.
00:33:46Il y avait tout le monde.
00:33:47Il y avait tout le monde.
00:33:48C'est levé comme un seul homme, là.
00:33:49Je suis redescendu, je suis viré.
00:33:51Ok.
00:33:51Selon plusieurs témoignages recueillis auprès de sources anonymes et d'anciens collaborateurs
00:33:55du QG et d'autres périodes antérieures et postérieures, ça fait du monde.
00:33:59L'arrêt brutal autour de toute cette collaboration, que l'on peut ressentir presque comme un bannissement,
00:34:04serait intervenu dans un contexte de signalement interne grave concernant le comportement de l'animateur
00:34:10avec une ou plusieurs collaboratrices.
00:34:12Toujours selon plusieurs témoignages, la situation a été traitée en interne et la collaboration aurait pris fin dans la foulée.
00:34:18Alors écoute, moi j'ai bossé à Webédia.
00:34:21J'ai vu un papier, en gros, avec une petite liste de youtubeurs, de personnes, de créateurs de contenu,
00:34:25qui sont bannis de Webédia.
00:34:26Pour un temps, je ne sais pas.
00:34:28Ça peut être un mois, deux mois, un an.
00:34:29Peut-être à vie, je ne pourrais pas te le dire.
00:34:31Mais en tout cas, j'ai vu son prénom, justement.
00:34:33Et en gros, il ne pouvait pas accéder aux autres étages de Webédia, mis à part le rétrécé,
00:34:38parce qu'il avait le QG, donc c'était quelques mois avant qu'il termine le QG.
00:34:42Je pense qu'il devait terminer son contrat avec eux et ensuite dégager qu'il l'a enregistré.
00:34:46Et puis il partait très très vite.
00:34:47Dis-moi, je me sors de ce Webédia, je me suis renseigné auprès de gens qui étaient là à cette
00:34:52époque-là.
00:34:53Personne ne veut trop en parler pour être franc.
00:34:55Ce qui est sûr, c'est que c'est très touchy.
00:34:56Et ils m'ont dit qu'ils ont arrêté, on va dire, avec Guillaume Play, parce qu'il y avait
00:35:02des petites affaires, quoi.
00:35:02Il y avait des petits trucs qui n'étaient pas clairs et ils ne voulaient pas trop reprendre le risque
00:35:05qu'il s'est passé avec Norman.
00:35:06Et là, comme ça, ce qui fait rebond, c'est que d'autres éléments dans le passé pas si lointain
00:35:11de Guillaume,
00:35:12que beaucoup semblent avoir oubliés, soulèvent de sérieuses questions dans ses formats, dans son divertissement.
00:35:17En 2013, alors âgé de 28 ans, il avait suscité une vive polémique.
00:35:20À l'époque, ces séquences montraient des jeunes femmes embrassées dans la rue sans consentement, par surprise.
00:35:25Alors apparemment, au milieu, il y en avait des actrices, ok, mais mine de rien, des images qui choquent, qui
00:35:30ont mobilisé
00:35:31et qui ne montraient pas du tout le bon exemple aux jeunes qui les regardaient.
00:35:35C'est pas que des jeunes.
00:35:36Pour un homme approchant la trentaine, un tel comportement problématique comme ça, difficile d'associer ça à une erreur de
00:35:42jeunesse.
00:35:43Hier, Guillaume Play, qui est animateur sur MC The Rising Star, qui a été très vulgaire.
00:35:47Je ne peux même pas citer sur Auropein ce qu'il a dit, mais voilà, il a été très vulgaire
00:35:50sur Enora.
00:35:51Ah parce qu'elle a gonzé ça, elle me casse les c*****.
00:35:53Qui c'est à laquelle ?
00:35:54La Enora, là.
00:35:55Elle est belle.
00:35:55Elle est aigrie parce qu'on est numéro un le soir et dernière le soir en radio, ça y est
00:36:00la meuf, elle est qu'elle a la télé.
00:36:01Elle est opposée, ça tire peut-être.
00:36:03Ah non mais, c'est bon, c'est pas parce qu'on la nique en radio que je nique ailleurs
00:36:07non plus.
00:36:08Bah je sais pas, on peut l'appeler peut-être.
00:36:09À force de parler de grosses productions, d'agences, d'influences, avec des millions d'euros en investissement, on en
00:36:15oublierait presque une réalité.
00:36:16Celle du coup de l'indépendance, la vraie.
00:36:18Celle qui nous garantit une liberté de ton sans compromis, loin des conflits d'intérêts.
00:36:22Celle qui vous assure transparence et nuance dans les propos, malgré le manque de confort que cela implique.
00:36:28Je sais pas si vous l'avez remarqué, mais cette vidéo n'est pas sponsorisée.
00:36:30En fait, comme une grande partie de nos contenus, car nos enquêtes et analyses nous ferment des portes.
00:36:35Et avec celle-ci, comme vous pouvez le constater, depuis un an et demi, maintenant nous les produisons avec une
00:36:39extrême exigence.
00:36:40Cela malgré l'insécurité financière que ça crée.
00:36:42Je ne vous l'ai jamais caché, mais je préfère le préciser, je ne suis pas tout seul derrière cette
00:36:45chaîne.
00:36:46Mais il y a une poignée d'humains qui accordent leur temps libre pour construire ces vidéos que vous considérez
00:36:50d'utilité publique,
00:36:51par simple engagement citoyen, en espérant qu'un jour peut-être ça portera ses fruits, par la force du peuple.
00:36:56Que tout cela, on arrivera un minimum à en vivre.
00:36:58Parce qu'en effet, en apportant leur plume, analyse, expertise, regard critique, matériel,
00:37:02pour filmer sur chaque épisode, les vrais responsables, au-delà de moi, du succès d'estime et de la survie
00:37:07de la chaîne,
00:37:08sont par exemple Gaspard, auteur, Alan, sociologue, Lucas, journaliste, Hugo derrière la caméra.
00:37:13Bref, et d'autres humains au-delà de la production pure, qui prêtent généreusement main forte.
00:37:16Et le problème dans cette véritable équipe de production très complète, polyvalente,
00:37:20je vous assure, c'est que personne n'est rémunéré, même moi, je le suis pas en fait.
00:37:24Au contraire, j'accumule plein de petits métiers pour tout réinjecter sur la chaîne, et je vais être franc, on
00:37:28tient plus.
00:37:29Si seulement je pouvais compter sur les marques qui sponsorisent 90% du YouTube Game en un claquement de doigts,
00:37:34je le ferais.
00:37:34Mais on veut impacter, et vous connaissez ma position sur beaucoup de ces partenariats et sur certains annonceurs.
00:37:39S'ils ne cochent pas nos exigences éthiques et de transparence, je n'en veux pas.
00:37:43Je vous le dis, je préférais arrêter la chaîne et trouver un 35 heures bien stable.
00:37:47Et j'y ai déjà pensé.
00:37:48Après cette vidéo et ses répercussions, je n'ai aucune idée de comment continuer.
00:37:51Alors, le dernier espoir, c'est vous, hein.
00:37:53La tépaisance qui parfois me suivait depuis des années.
00:37:55Ok, c'est simple, on avançait une peignote ulule dont vous pouvez suivre l'avancement.
00:37:59Le premier objectif est fixé à 12 000 euros.
00:38:01Mais si sur les 120 000 abonnés, 5 000 personnes seulement donné une fois 5 euros, on atteindrait les 25
00:38:07000.
00:38:08Ce qui, selon ce qu'on a à budgétiser, nous permettrait sur au moins une année de tous pouvoir un
00:38:12petit peu respirer.
00:38:13Et même lancer des bêtes de format qu'on a déjà cogité, qu'on ne peut pas réaliser.
00:38:17Si vous pensez que ce mindset et cette entraide collective a encore de beaux jours devant elle,
00:38:21alors, vous pouvez nous aider.
00:38:23Si vous nous faites confiance, nous continuerons à prendre les risques, à approfondir les recherches,
00:38:27à passer des centaines d'heures sur chaque dossier, à recouper.
00:38:30Nous aurons aussi la force, si nos enquêtes comme celle-ci nous créent des soucis, de lutter.
00:38:35Et si un jour, on parvient à en vivre durablement, putain, ça sera grâce à vous.
00:38:40Merci pour votre attention.
00:38:44Comment naît Legend ?
00:38:45Et bien même si Guillaume aurait été écarté par Webmedia, il n'est pas question pour lui de disparaître du
00:38:50paysage.
00:38:51Il continue donc à monétiser son image via sa propre prod, en collaborant avec quelques structures,
00:38:56parmi lesquelles on a retrouvé la Marine Nationale ou encore Orano.
00:38:59Pour Orano, d'ailleurs, il avait reçu, précédemment, le directeur général, quelques temps plus tôt dans le QG,
00:39:04et en fait, voilà, ça avait complètement bien marché, une grosse vague de recrutement, donc...
00:39:09Bon, et là, je suis désolé, mes petites facettes politiques du TP exigent, on va un petit peu s'attarder
00:39:13sur Orano.
00:39:13Entreprise majeure du lobby nucléaire, elle est condamnée dans le passé pour des faits de corruption en Mongolie,
00:39:18mise en cause concernant des opérations au Niger.
00:39:20Épinglée à plusieurs reprises pour des questions sociales ou une publicité trompeuse en faveur du nucléaire.
00:39:26Voilà, ce n'est pas l'objet central du tout, mais disons simplement que ça éclaire certaines choses dont on
00:39:31parlait avant et prépare la suite.
00:39:32Micro-bomb dans le temps, l'annonce de Légende.
00:39:35Vient le moment où Légende est alors officiellement lancée.
00:39:38Manuel Diaz, Guillaume Plé et une équipe de co-auteurs présentent le concept comme le podcast de demain.
00:39:44On nous promet un format bienveillant, censé donner la parole à celles et ceux qu'on n'entend pas assez,
00:39:49censé montrer des personnalités sous un angle inédit, révéler lui-même derrière la célébrité.
00:39:54L'idée est séduisante, faire parler des anonymes tout en gardant une petite touche qui appâte de spectaculaire.
00:39:59Les débuts sont propres, il faut le reconnaître, l'image est maîtrisée, la suite en revanche devient plus ambigu.
00:40:05Car comme le dit le proverbe, le pouvoir ne corrompt pas, il révèle.
00:40:09Selon une pincée de sources anonymes plus ou moins proches, au-delà de l'argent, la véritable faille serait l
00:40:16'obsession des chiffres, chez Guillaume Plé.
00:40:17Une quête de performance où plusieurs personnes décrivent une culture du sacrifice de l'humain au profit des chiffres.
00:40:23Et je me permets de citer parce que oui, il y aura tout un chapitre en fait qui sera réservé
00:40:27à vraiment se concentrer sur les paroles des concernés.
00:40:29Toutes les personnes qui sont entre lui et le succès, on est des échecs à sa réussite, des maillons faibles.
00:40:34Lorsque la ligne est fixée, les auteurs doivent s'y plier. Les interviews doivent ressembler à ça et parler de
00:40:40ça.
00:40:41Finalement, peu à peu, la promesse de donner la parole à tout le monde, quasiment sans filtre et guidé par
00:40:46la spontanéité, glisse vers une logique beaucoup plus simple.
00:40:49Faire parler ce qui génère le plus de clics.
00:40:52La mécanique des thèmes.
00:40:54En janvier 2026, nous avons entrepris d'analyser les 50 vidéos les plus populaires de la chaîne.
00:40:59Un constat s'impose, une présence massive de figures comme Philippe Boxo finalement et méthodiquement,
00:41:04pas si éloignées de Stéphane Bourgouin qui venait beaucoup à l'époque sur énergie et tournait autour aussi des sujets,
00:41:10les crimes, c'est-à-dire les killers.
00:41:12Alors, si l'on retire ces vidéos, en ce début d'année, près de 30% du top 50, soit
00:41:16environ 15 vidéos,
00:41:18tournent autour de la sexualité féminine, de sujets liés aux...
00:41:21aux mineurs ou à l'industrie du X.
00:41:24On pourrait parler de cas isolés ou de performances ponctuelles, mais non.
00:41:28Parce que lorsqu'un échantillon aussi large fait apparaître une telle concentration,
00:41:32il devient difficile d'ignorer une forme de surreprésentation structurée.
00:41:36Puis comme on le disait, une source liée à l'équipe d'auteurs affirme même qu'il s'agissait d
00:41:40'une orientation assumée.
00:41:41Mais plutôt que de tirer des conclusions hâtives et loin du concret que je ne peux vous apporter,
00:41:46plus que ça, nous avons choisi de confier l'analyse de ces données à Léa Chou,
00:41:50qui a calculé tout ce qui ressort de la chaîne Légende.
00:41:53Elle est sociologue et créatrice de contenu.
00:41:55Elle va vous proposer une lecture plus rigoureuse et factuelle.
00:41:58Enchantée, c'est Léa Chou. Ma spécialité, c'est la sociote du travail et de l'influence.
00:42:02Plus précisément, j'analyse des formats et pratiques YouTube.
00:42:05Et j'ai été missionnée pour analyser la structure de Légende et essayer de comprendre ce qu'il y a
00:42:09quand on enlève tout l'enrobage.
00:42:10C'était un petit challenge que j'ai trouvé hyper intéressant parce que personnellement, je ne connais pas du tout
00:42:15la chaîne Légende.
00:42:15Ce que j'ai fait, c'est que je suis allée sur la chaîne et que j'ai commencé à
00:42:18regarder un petit peu les grands titres.
00:42:20Dans ces vidéos, on retrouve 17 vidéos classées dans Business, 18 dans Story et 39 dans le format Légende.
00:42:27Soit une moyenne d'environ 4 vidéos par semaine sur la période étudiée.
00:42:31Quand j'ai récupéré tous les sous-titres, j'ai ouvert R en fait et j'ai écrit un code.
00:42:34Et c'est là que la magie opère puisque comme vous pouvez voir, j'ai enfin les sous-titres qui
00:42:37apparaissent comme ça.
00:42:38Qui permet donc de faire ressortir les noms communs et les noms propres les plus utilisés, les verbes et les
00:42:43adjectifs.
00:42:43Vous pouvez voir les mots les plus utilisés dans chaque format, donc Business, Légende et Story.
00:42:48Je précise que ça reste quand même à prendre avec des pincettes puisqu'on est sur un truc très en
00:42:54surface.
00:42:54Néanmoins, je trouvais que le partage de juste ce peu de recherches était quand même très intéressant.
00:42:59Donc voici ce qui ressort un petit peu de mon analyse et de l'analyse textuelle.
00:43:02C'est que donc pour le format Légende classique, on retrouve donc souvent des personnalités connues autour du récit
00:43:07qui mettent souvent en scène un quotidien.
00:43:10Donc on a des récits du quotidien avec d'un côté les femmes qui vont majoritairement plus souvent témoigner autour
00:43:15du relationnel.
00:43:15Et pour les hommes, on va plus être tourné sur des discours du quotidien ou autour de ce que j
00:43:20'ai nommé la criminalité
00:43:21mais qui peut être la justice, le danger, on est sur de l'insécurité relationnelle ou physique.
00:43:26Et sur les 41 personnes présentes dans le format, donc sur cette période étudiée, 28 sont des hommes.
00:43:32Et on note que dans cette playlist par rapport aux autres, il y a une présente plus importante de femmes
00:43:36et des personnes issues de minorités.
00:43:38Et dans ce format Légende classique, les personnes sont présentées à travers leur métier, globalement de leur capital symbolique.
00:43:43Ensuite, en ce qui concerne le format Légende story, ça semble être centré sur toujours la sécurité
00:43:48avec tout un thème autour de la criminalité, de la justice et aussi lié à la famille.
00:43:54On retrouve beaucoup de mots comme papa, maman, frère, soeur.
00:43:57Ici, on rentre vraiment dans une intimité beaucoup moins symbolique et beaucoup plus intime
00:44:01où on cherche donc d'aller au plus profond, enfin on est sur le sujet de la famille
00:44:06qui, à mon avis, produisent un effet assez anxiogène.
00:44:10Et je trouve que ce n'est pas anodin d'avoir tous ces titres à la suite.
00:44:12À mon sens, on est sur un format drame.
00:44:14Sur les 18 vidéos, 12 concernent des hommes majoritairement blancs,
00:44:18présentés davantage comme donc des Monsieur tout le monde.
00:44:20Là, on essaye de toucher un public précis.
00:44:23Et chaque format Légende essaye de toucher un public précis.
00:44:25Et en dernier, nous avons donc le format business
00:44:27qui aborde principalement les sujets de l'immobilier, de la banque, de l'IA.
00:44:32En top mot, on a aussi Bitcoin, on a Amazon, on a Apple.
00:44:36Et là, on a plutôt ce format sous l'angle de révélation de secrets,
00:44:40comme les petits secrets que personne ne vous aurait dit et ainsi de suite.
00:44:43Qui est le plus intéressant, c'est que sur les 17 vidéos publiées,
00:44:46on compte 17 hommes blancs présentés comme des spécialistes.
00:44:49Je précise aussi qu'il y a un autre travail beaucoup plus approfondi sur le sujet
00:44:52qui est sorti au moment où j'étais en train de finaliser cette vidéo avec TPZ.
00:44:56Et qui a été fait donc par Vincent d'Internet et Juliette Brigene,
00:44:59qui ont aussi enquêté sur les thèmes de Légende et qui ont publié cette enquête dans Le Monde
00:45:03avec davantage de temps et de moyens.
00:45:06Et d'après ce que j'ai pu en lire, il me semble qu'on retrouve un petit peu cette
00:45:09conclusion générale
00:45:11que les thèmes transversaux de la chaîne YouTube Légende
00:45:15semblent être donc la criminalité, la santé et l'entrepreneuriat.
00:45:19Et tout ça porté avec un vocabulaire très storytelling et très sensationnel.
00:45:23Et ça, c'est mon avis strictement personnel.
00:45:25Et moi, j'ai eu cette impression que du coup,
00:45:27Légende chercherait à extraire toujours plus d'intimité avec des parcours qui sont assez rares et dramatiques
00:45:33pour ensuite mettre en avant en creux des solutions plutôt libérales.
00:45:37La ligne éditoriale qu'on nous promet pourtant semble bien loin d'être neutre.
00:45:42Et mettre en avant ce qui performe ne se limite pas au sujet sociétaux,
00:45:46mais s'étend aussi aux valeurs portées par l'écosystème.
00:45:48Le choix des invités, l'angle de traitement, les types de questions, les publications sur Instagram.
00:45:52En fait, sur tout l'écosystème Légende, des choix sont faits.
00:45:55Et l'un dans l'autre, des choix de ne pas inviter, de ne pas parler, de ne pas relayer.
00:46:00Le succès de Légende.
00:46:02Malgré les critiques récurrentes sur la qualité des interviews,
00:46:05le succès de Légende est réel.
00:46:07Les stratégies et le matraquage portent leurs fruits.
00:46:09Contrairement à nous qui sortons une vidéo tous les...
00:46:12Je ne sais même pas.
00:46:14On n'a pas le même débit.
00:46:15Mais on va remettre les pendules à l'heure.
00:46:17Ce succès ne sort pas de nulle part.
00:46:18L'émission s'inscrit dans une tendance beaucoup plus large.
00:46:21L'explosion du format podcast, l'allongement du temps d'écoute,
00:46:24la recherche d'authenticité,
00:46:26et aussi de volonté de sortir du cadre des célébrités complètement déconnectées.
00:46:30Le public publicite ces formats longs et incarnés,
00:46:32et cela avec ou sans Légende.
00:46:35Autrement dit, Légendes sont loin d'avoir inventé la vague,
00:46:37mais ils l'ont bien surfé au bon moment.
00:46:40Un des ingrédients qui s'ajoutent à cette recette du succès
00:46:43tient aussi en partie sur un type d'invité.
00:46:46Ce presque devenu Paria.
00:46:47Ceux qui viennent se racheter une image auprès du grand public
00:46:50que tout le monde, à temps tournant, observe.
00:46:52Et à ce propos, j'ai profité de recevoir l'Anna Kareja, sémiologue,
00:46:56lors de ma précédente enquête, pour lui poser une question toute simple.
00:46:59Qu'est-ce que Légendes selon ton analyse ?
00:47:01Le Média Légendes, c'est un média rebranding par excellence.
00:47:04Les politiques, les personnalités vont sur le média pour acquérir une certaine notoriété,
00:47:10et surtout pour retravailler leur discours.
00:47:12Le branding, c'est quoi ?
00:47:13On a une image de marque qui est potentiellement négative par rapport à des crises,
00:47:16des scandales et autres qui vont nous toucher des polémiques et autres,
00:47:18et on va essayer de redorer notre image en passant par différents canaux.
00:47:21On choisit son discours et finalement, c'est nous qui driveons.
00:47:24C'est un petit peu différent d'un échange avec un journaliste classique,
00:47:27sachant que Guillaume Plain n'est pas journaliste, ne n'oublions pas,
00:47:29il est communiquant, ça oui, donc c'est-à-dire qu'il va vendre de la publicité.
00:47:32Par contre, il ne va pas vendre de l'information, ou en tout cas apporter de l'information.
00:47:36Lui, ce qu'il va faire, c'est qu'il va évoquer la crise d'une personne,
00:47:40Carlos Ghosn, Nicolas Sarkozy, ex-président par exemple,
00:47:43pour faire la promotion également de son livre,
00:47:44et va davantage cadrer l'interview sur l'homme.
00:47:48Finalement, on a plus un président, un ex-président de la République qui a été condamné,
00:47:52on a un homme comme tout le monde.
00:47:53Et ça, ça s'intègre dans une communication globale.
00:47:56Carlos Ghosn, c'est une personne qui a souffert finalement.
00:47:59Rejda Dati, également, c'est une personne qui a souffert.
00:48:01Ça omet toute la réalité sur place, les condamnations, les procès en cours.
00:48:05Merci Lana d'avoir mis des mots sur ce qu'on est sûrement beaucoup à partager.
00:48:10Mais au vu de cette analyse, une question demeure encore.
00:48:12Pourquoi on continue massivement à consommer légende, à regarder du Guillaume Pley ?
00:48:17Surtout lorsqu'on lit tant de personnes le critiquées dans ses propres espaces commentaires du podcast sur YouTube,
00:48:22qu'il y a aussi clivant, les polémiques, les dossiers.
00:48:25Et bien c'est justement ce que va explorer Alan Simon, si vous avez bien suivi docteur en sociologie et
00:48:30co-auteur de cette vidéo,
00:48:31dans son magnéto.
00:48:33Je voudrais essayer d'expliquer un sentiment qui peut être assez paradoxal,
00:48:36qu'on peut avoir face à certains gros succès médiatiques actuels.
00:48:39Comment est-ce possible que des formats comme Légende ou Touche Pas Mon Poste, si on les compare,
00:48:44continuent de cartonner alors que leurs animateurs, Guillaume Pley ou Cyril Hanouna,
00:48:48peuvent être très critiqués, voire parfois rejetés dans le débat public ?
00:48:51Ce paradoxe, en réalité, n'en est pas vraiment un si on l'aborde sociologiquement.
00:48:55Parce que ce qui fidélise le public, ce n'est pas uniquement l'animateur,
00:48:59c'est surtout le format, le rythme et le rituel.
00:49:01Les travaux en sociologie des médias sur la télévision,
00:49:04notamment ceux de Dominique Mel ou Eric Maigret,
00:49:07montrent que les médias ne fonctionnent pas seulement comme des producteurs de contenu,
00:49:11mais comme des organisateurs du quotidien.
00:49:13C'est-à-dire qu'une émission diffusée très régulièrement devient un repère temporel,
00:49:18presque un réflexe, et on ne regarde plus vraiment pour quelqu'un,
00:49:21mais parce que c'est leur et donc parce que ça fait partie de la routine.
00:49:24C'est exactement ce qui se passe avec TPMP ou avec Légende sur YouTube,
00:49:28qui publie à un rythme très soutenu une vidéo le mercredi, le vendredi et le dimanche.
00:49:34À force de répétitions, le format se dépersonnalise de ces animateurs.
00:49:38On ne parle plus de l'émission de Hanouna, par exemple, ou de celle de Guillaume Play,
00:49:42mais d'un espace médiatique identifiable qui peut être un lieu de clash, de confidence,
00:49:47de récits exclusifs et de tensions attendues.
00:49:50Les recherches sur la routinisation des médias, notamment du professeur britannique Roger Silverstone,
00:49:55montrent aussi que plus un contenu est fréquent, plus le public développe une forme de tolérance.
00:50:00Les polémiques, les scandales, les dérapages sont perçus comme des épisodes supplémentaires d'une série sans fin,
00:50:06rapidement absorbés par le flux continu d'informations qui sort au quotidien.
00:50:10Mais il n'y a pas que la routine, il y a aussi ce que moi j'appelle un processus
00:50:14de désincarnation,
00:50:15c'est-à-dire la capacité d'un format à créer une distance symbolique entre le créateur et le contenu.
00:50:20Autrement dit, réussir à faire en sorte que le public ne consomme pas toi, mais ce que ton émission met
00:50:26en scène.
00:50:26Si on regarde bien, ni Hanouna ni Guillaume Play n'incarnent totalement leur concept, même s'ils l'animent.
00:50:32Dans Légendes, ce qui captive, ce sont les invités, leurs récits, des paroles qu'on entend rarement ailleurs.
00:50:38Et dans TPMP, ce sont les interactions, les rôles autour de la table, la mise en scène collective du débat
00:50:44et du divertissement.
00:50:45Dans les deux cas, le spectateur assiste à une scène. Il peut ne pas aimer l'animateur, mais quand même
00:50:50consommer le contenu.
00:50:51A l'inverse, sur YouTube, certains créateurs fonctionnent autrement.
00:50:54Quand les vidéos sont plus rares et très centrées sur la personnalité comme Squeezie ou Amixem,
00:50:59le public s'attache directement à la personne. L'attachement devient presque affectif.
00:51:04Et là, si la figure centrale déçoit, c'est tout le projet qui peut vaciller.
00:51:08C'est exactement ça, le processus de désincarnation. Créer un concept qui peut te survivre, même si ton image se
00:51:14dégrade, même si tu es absent ou remplacé.
00:51:16Un format où ta personnalité, qu'on l'aime ou qu'on la déteste, n'impacte plus directement les chiffres
00:51:22de l'audience.
00:51:23Il y a bien une chose qu'on ne peut pas retirer à Guillaume, c'est sa longévité. De énergie
00:51:27à Legend, il a plus de 15 ans de carrière.
00:51:30Et une présence constante sur tout type d'antenne. Il a en quelque sorte l'image de l'animateur nouvelle
00:51:35génération.
00:51:36Et les faits sont là. Il a traversé les époques médiatiques sans disparaître.
00:51:39Et la question qui touche toujours de telles figures, si problème a lieu, est-ce que ça peut durer ?
00:51:44Eh bien, la réponse est simple. Cela dépendra en grande partie de la génération qu'il a vu énergé.
00:51:49Nous, la Gen Z, celle avec laquelle il a construit une partie de son histoire.
00:51:53Celle avec qui il a établi un parasocial, puis un trans parasocial.
00:51:56Même si il est vrai qu'avec Legend, on observe un repositionnement vers un public plus âgé, pour des raisons
00:52:01stratégiques assez évidentes,
00:52:03de santé où je veux en venir, l'enjeu ne se situe pas uniquement du côté de l'animateur. Il
00:52:07se situe aussi chez nous.
00:52:08À quel point sommes-nous prêts à regarder en face ce que devient une figure qui nous a accompagnés durant
00:52:14notre adolescence ?
00:52:15À quel point sommes-nous prêts à déconstruire, voire potentiellement cancel, quelqu'un qui a fait partie de notre paysage
00:52:21intime ?
00:52:21Quelqu'un qu'on écoutait tous les soirs ? Quelqu'un qui nous rend nostalgiques ? Quelqu'un qu'on
00:52:25a idolâtré ?
00:52:26Nombre d'entre nous ont grandi avec des références et des expériences pas toujours très cool et similaires durant l
00:52:32'adolescence.
00:52:32Une période d'insouciance, de blessures ouvertes où le divertissement a alors occupé une place centrale.
00:52:38Des soirées à écouter la radio, à regarder des émissions, à se sentir inclus dans une bande, même à distance.
00:52:44Tout ça établit un sentiment d'appartenance qui, même fictif, renforce l'attachement.
00:52:49Forcément que personne n'a envie de voir ça.
00:52:52Madeleine de Croust se fissurer.
00:52:56Eh bien, nous y sommes. Ce que vous allez entendre maintenant, ce sont des témoignages de personnes qui ont travaillé
00:53:02aux côtés de Guillaume Pley, couvrant différentes périodes,
00:53:05de l'ère énergie au QG, l'après-QG, puis légende.
00:53:08En passant par ces collaborations télévisées de très courte durée avec, par exemple, Cyril Hanouna ou Faustine Bollard, dont, d
00:53:14'ailleurs, on vous a retrouvé des petits extraits.
00:53:16On m'avait vraiment attendu au tournant, j'avais présenté à Guillaume Pley, à qui ça avait été aussi un
00:53:20peu compliqué.
00:53:21Et donc, je ne garde pas du tout un bon souvenir, à part avec notre jury.
00:53:24Voilà, mais moi, c'était un peu la souffrance.
00:53:27On a arrêté l'émission aussi, parce que sur les équipes, je commençais à voir des personnes dans mes équipes
00:53:32qui se plaignaient et qui me disaient qu'il y avait de gros problèmes avec lui.
00:53:35Et la deuxième chose, Guillaume, ça fait 15 ans que je le connais, c'est que je n'ai pas
00:53:38entendu, et je connais peut-être 30 personnes qui ont travaillé avec lui.
00:53:40Il y a un consensus dans le métier pour dire que c'est infâme de travailler avec lui, que ce
00:53:44soit les patrons, les stagiaires, les collaborateurs.
00:53:47Donc, au bout d'un moment...
00:53:48J'ai fait partie du groupe Énergie pendant un certain temps et effectivement, il y avait quand même... Enfin, ce
00:53:52n'était pas des espèces de, on va dire, de témoignages comme ça isolés.
00:53:55Il y avait quand même beaucoup, beaucoup de rumeurs, de bruissements sur ce genre de comportement, d'humiliation et c
00:54:02'est vrai que...
00:54:02Ces récits dessinent le portrait d'un homme qui ne laisse personne indifférent.
00:54:07C'est pour cela que la grande majorité des personnes que l'on a reçues ont souhaité garder plus ou
00:54:11moins...
00:54:12Anonymat.
00:54:12Par le fait même de parler, elles craignent que la simple reconnaissance d'une voix ou d'un détail ne
00:54:17les expose à des pressions.
00:54:19Qu'elles soient juridiques, mais pas que.
00:54:21D'autant plus que certains occupent aujourd'hui des postes dans le paysage de l'audiovisuel ou médiatique qui pourraient
00:54:28les desservir.
00:54:28Cette enquête est le fruit d'un travail rigoureux mené sur plusieurs semaines. Chaque récit a été recoupé, contextualisé, confronté
00:54:34aux autres témoignages ainsi qu'aux éléments rendus publics depuis 2023.
00:54:38Et si une telle prudence a été rendue nécessaire, c'est avant tout pour protéger les intervenants, le contenu, autour
00:54:44de cette grande raison qui prédomine la peur.
00:54:47La peur de s'exposer à quelqu'un ou un système perçu comme influent, disposant d'un réseau conséquent et
00:54:52de moyens suffisants pour exercer des pressions, notamment juridiques, comme on le verra juste après.
00:54:56La peur aussi de devoir justifier publiquement, après parfois des années, de voir leurs intentions et leurs vérités racontées, remises
00:55:03en cause.
00:55:04Et enfin la peur d'être entraînée tout simplement dans un conflit qu'elles pensaient avoir laissé derrière elles, mais
00:55:09dont beaucoup n'ont jamais vraiment été guéris.
00:55:12Je prends compte de temps, c'est important, mais beaucoup n'ont ni l'envie ni l'énergie de revivre
00:55:16ce qu'elles ont traversé, ni de subir une éventuelle vague de harcèlement de la part de quiconque.
00:55:21Voilà, je pense que vous êtes désormais bien armés sur les raisons pour lesquelles certaines voix ont été modifiées et
00:55:26certains détails volontairement retirés.
00:55:28Et puisque je vous ai promis du concret pour saisir la peur qui entoure l'écosystème de Guillaume Plé, il
00:55:32suffit d'observer le modus operandi de Manuel Diaz, le big boss d'Influx.
00:55:36Mon équipe et moi avons déterré une petite histoire locale qui pourrait s'apparenter à une culture de la pression.
00:55:42En effet, Manuel Diaz, passionné de basket, était passé par la direction du club de basket de Limoges CSP.
00:55:48Et ce qui s'est passé offre une illustration assez frappante.
00:55:51Alors que, à raison, la gestion du club suscitait la colère des supporters et de la presse régionale, comme le
00:55:57populaire du centre, France Bleu et le populaire,
00:55:59la moindre pic satirique qui le ciblait, même sous forme de simple tweet, faisait l'objet de mises en demeure
00:56:04immédiates visant les publications.
00:56:07Ces démarches vécues comme des tentatives d'étouffer la contradiction révèlent quand même une méthode marquée à utiliser la menace
00:56:15judiciaire, y compris pour des affaires de fer d'ampleur.
00:56:18Ayant connaissance de ça, vous comprenez bien pourquoi ça compte pour notre enquête.
00:56:22Ce précédent local est tout simplement le miroir des réticences que nous avons rencontrées.
00:56:26Et aujourd'hui, il faut se dire que l'homme a bien plus de succès.
00:56:29Il est évident que face à un environnement perçu comme ultra procédurier, tout le monde y réfléchisse à deux fois
00:56:34avant de parler, de s'engager, de révéler.
00:56:39Quand j'ai bossé avec Guillaume, je dirais que c'était plus marqué sur son mode de management.
00:56:45C'était le sentiment d'un schéma que je répétais.
00:56:48Au début, il y a eu une phase de séduction totale.
00:56:51Il me disait qu'il m'adorait, il me mettait en avant, il me flattait.
00:56:55Et du coup, il y a eu une sorte de proximité qui s'est installée et moi j'ai baissé
00:56:59ma garde.
00:57:00Et j'ai accepté de repousser mes propres limites avec le sourire parce que j'étais persuadé d'avoir une
00:57:06forme de relation privilégiée avec lui.
00:57:08Et du coup, il me répétait souvent d'être à la hauteur de chez Jean Bouchon.
00:57:12Il fallait pas le décevoir parce que voilà.
00:57:14Donc j'ai cherché de vraiment coller exactement à l'image qui m'attendait de moi tout à ce qui
00:57:20est du sourire.
00:57:21En fait, d'un coup, son attitude complète, elle a changé.
00:57:24Il est devenu gustant, il est devenu parfois blessant.
00:57:28Et pour moi, je faisais vraiment la douce froide.
00:57:30Déjà parce que la pression était devenue constante.
00:57:32En fait, mon travail, qui me trouvait génial la veille, semblait ne plus rien valoir.
00:57:38Et bien, il me faisait souvent sentir que je devais tout.
00:57:41Et en fait, il insinuait que toute ma réussite dépendait uniquement des vies.
00:57:46Et le pire, c'est que moi derrière, je finis par le croire.
00:57:49C'est pour ça que je dirais que Guillaume semblait avoir beaucoup de mal avec la concurrence de son pote.
00:57:53Et que j'ai voulu poser des minutes, j'ai rien valoir à mes droits.
00:57:57Pour moi, j'ai senti que lui, il vivait vraiment comme une trahison personnelle.
00:58:01Et qu'il vivait une disponibilité totale qui, pour moi, dépasse le cadre professionnel pratique.
00:58:08J'ai souvécu une ambiance de compétition permanente avec mes autres collègues
00:58:12où il fallait tout le temps prouver sa loyauté.
00:58:15C'est quelque chose très important pour Guillaume, la loyauté.
00:58:16Et ça passait par une pression sur les horaires, par exemple.
00:58:20Parce que je n'arrêtais jamais à une société américaine, le dimanche, en soirée.
00:58:24D'ailleurs, il y avait une sorte de culpabilisation parce que, par exemple,
00:58:27jusqu'avant les jours serrés, parfois, il nous a comprendre que les vrais bosseurs, eux, ils seraient là.
00:58:31En tout cas, forcément, certains de mes collègues se sentaient obligés d'accepter pour ne pas s'entendre et que
00:58:36je suis exclu du groupe.
00:58:38Ceux qui restaient tard, bien après les horaires de bureaux classiques, étaient très souvent valorisés,
00:58:43alors que les autres étaient dénus.
00:58:45En même temps, chacun se dirait que sur certains projets, ça conduit à l'épougement et c'est normal.
00:58:49On me demandait parfois un calculable de version pour des détails que personne ne relevait.
00:58:54Et moi, il m'est même arrivé d'ailleurs d'être mal à l'âge avec certaines demandes qu'il
00:58:59avait
00:58:59où on voyait que la recherche du buzz semblait prendre le pas sur tout le reste, quoi.
00:59:04Parfois même sur ma propre éducation.
00:59:05C'est quand il voit les premiers chiffres, quand il voit les premiers sous, que là, c'est un barret.
00:59:10Il est obsédé par, s'il voit 100 000, il veut 500 000.
00:59:14Et quand il voit 500 000, il veut 1 million.
00:59:16Quand il voit 1 million, il en veut 3.
00:59:17Et c'est un éternel insatisfait.
00:59:19Et donc, toutes les personnes qui sont entre lui et succès, on a 10 échecs à son succès.
00:59:26Guillaume, c'est quelqu'un qui veut avoir tout le contrôle.
00:59:28Et surtout, s'il y a moins de choses qui ne lui conviennent pas, on est les fautifs à 100%.
00:59:34Toutes les équipes ont une pression énorme sur les épaules, presque 24-24.
00:59:38C'est-à-dire qu'on s'endort avec des vocaux de Guillaume et on se réveille avec des vocaux
00:59:42de Guillaume.
00:59:42Quand tu travailles chez les gens, c'est...
00:59:44Tu vis, tu manges, tu respires les jambes.
00:59:47Quand on est plus au barret, il y en a plusieurs qui sont partis pour ça.
00:59:50Des internants, des souvenirs...
00:59:52Il y en avait marre, en fait, de bosser sous tension.
00:59:53Tu sais, genre, tout le monde rigole.
00:59:55Quand il rentre dans la pièce, tout le monde ferme bien sa gueule.
00:59:57Et on est là, tête dans le PC, et on écrit des merdes.
00:59:59Bah, t'as tout le monde qui avait un ennemi commun.
01:00:01Tu sais comment ça se passe.
01:00:03Ça peut vite piailler dans n'importe quelle boîte,
01:00:05quand il y a un lien de subordination et que le manager est un petit peu insupportable.
01:00:09Tout le monde se lie par un truc.
01:00:10C'est que le gars est insupportable.
01:00:11Et lui, il était particulièrement insupportable.
01:00:13Il mettait des tensions, il mettait de la pression, il avait des coups de nerfs.
01:00:16Il a eu des coups de nerfs mesurés.
01:00:18Parce que l'image, c'est 1%, tu vois.
01:00:20Il sait jamais...
01:00:22Il lève pas la main, il lève pas le...
01:00:24Tu sais, il est...
01:00:25Enfin, il est sec.
01:00:26Il était nerveux, piquant, méchant, blessant, tu vois.
01:00:28Le truc, c'est qu'il commençait à avoir une sale réputation à Webédia.
01:00:32Les gens, ils veulent pas bosser avec lui parce qu'ils savent que c'est un caractériel.
01:00:37Et ce qui ressort aussi, et ce que je pense qui est vrai, si t'es pas directeur, si t
01:00:43'as pas une manne financière importante, ou si t'as pas un gros tas de followers, bah t'es pas
01:00:48grand monde en fait, t'es personne quoi.
01:00:49A la longue, bah évidemment, pendant que je suis devenue intenable, moi j'ai vu plusieurs de mes collègues très
01:00:55proches, en sous-franches, parfois au bord des larmes, ça a été très très dur.
01:01:00Et après, j'avais un long stage à la fois de mal-être et de remise en question, bah j
01:01:05'ai baissé les bras, quoi.
01:01:05En fait, après le moment où j'ai su que mes efforts ne changeraient à rien, bah on vient, on
01:01:09taffe avec la boule au ventre, on fait des enchemus, mais rien ne change.
01:01:12Et euh, c'était une période qui était vraiment difficile pour moi, et qui tout à fait, on finit par
01:01:18être isolé pour plein de raisons.
01:01:21Et j'ai compris que, bah moi, à un moment donné, c'est que je pars pour le protéger, quoi.
01:01:24En se basant sur ces différents témoignages, qui font d'ailleurs écho à l'enquête de Street Press sortie en
01:01:282023,
01:01:29on peut supposer que Guillaume Pley est un patron ambitieux et que son désir d'ascension fait des dégâts sur
01:01:33son entourage professionnel.
01:01:34Et plus vous êtes en bas de l'échelle, plus vous semblez être insignifiant, comme va nous le raconter un
01:01:38ancien stagiaire de l'époque Énergie.
01:01:40Et puis, autre expérience vraiment marquante, c'est qu'un jour, on recevait Soprano dans l'émission,
01:01:45si je ne dis pas de bêtises, c'était pour son album L'Everest.
01:01:47On avait mis par terre une naisse synthétique sur demande de Guillaume Pley, je tiens à le préciser.
01:01:51Et puis, on avait fait une super déco, enfin, c'était vraiment quelque chose de classe, de stylé.
01:01:54Ce qui est là-dedans, c'est qu'à un moment donné, il nous a dit, ouais, pour sortir, on
01:01:57va glisser, on va se casser la gueule,
01:01:58trouver un moyen, aller chercher les fringues qui sont en haut.
01:02:00Donc, en gros, il y avait un gros carton avec plein de t-shirts vieux usagés dans le bureau.
01:02:05Je suis allé là-bas et j'ai dit, bon, il veut que je vais mettre par terre, je vais
01:02:07par terre.
01:02:08Dans tous ces t-shirts-là, moi, je n'avais pas vu, mais il y en avait un qui était
01:02:10un t-shirt dédicacé par plein de fans.
01:02:12Et là, il commence à péter un plomb contre moi en me disant, mais c'est quoi ces conneries ?
01:02:15Pourquoi tu fais ça par terre ?
01:02:16Il était vraiment con. Et là, il m'a allumé et puis je suis parti en pleurant.
01:02:19Mais il faut savoir que Guillaume Pley, à ce moment-là, il n'a aucune compassion pour rien.
01:02:23De toute façon, honnêtement, son équipe, elle est bonne à lui chercher ses soucis quand il se les faisait livrer
01:02:29sur Uber Eats,
01:02:30trouver des sons pour son émission et sinon, il ne nous calculait pas.
01:02:33De toute façon, c'était le genre de mec qui arrivait dix minutes avant son émission et dès que son
01:02:36émission était terminée, il se barrait.
01:02:38Pourquoi est-ce que ça m'a fait pleurer ? Premièrement, parce qu'il y a une humiliation qui est
01:02:41vraiment violente.
01:02:42Il faut vraiment se mettre à ma place à moi et puis de tous les stagiaires qui sont passés avant
01:02:46moi et après moi,
01:02:47parce que je ne suis pas le seul à avoir fini dans ces cas-là.
01:02:49Et puis, il faut aussi se dire que moi, j'avais payé une école 15-20 000 balles et que
01:02:52j'étais persuadé à ce moment-là
01:02:53que Guillaume Pley allait saquer toute ma réputation, que je n'allais pas pouvoir travailler dans le milieu de la
01:02:58radio.
01:02:59Et donc, forcément, tout ça a mis bout à bout, ça m'a fait complètement craquer.
01:03:02De ce que nous dit notre interlocuteur, Guillaume Pley aurait agi de la même manière avec plusieurs stagiaires
01:03:07dans des cadres professionnels où les témoins étaient multiples.
01:03:10Au bout d'un moment, ça devait bien se savoir, hein ?
01:03:14Moi, j'avais le directeur de l'école que je faisais, une école pour devenir animateur radio,
01:03:18à qui j'ai dit « je pense que je vais arrêter la radio ».
01:03:20Il m'a dit « non, mais on sait très bien comment ça se passe avec Guillaume Pley
01:03:22et si ça tenait qu'à moi, personne n'ira en stage chez lui ».
01:03:25Dans le milieu, à mon sens, plus personne n'est dupe.
01:03:29Plus personne n'est dupe, tout le monde est au courant qu'il ne faut pas aller bosser là-bas.
01:03:33J'ai eu l'occasion, au cours de ces dernières années, de rencontrer des gens qui n'avaient pas la
01:03:39même expérience de moi,
01:03:40mais qui le connaissaient aussi.
01:03:41Donc, qui ont bossé soit sur le QG, soit sur Legend et tout, qui m'ont tous raconté la même
01:03:46chose quoi.
01:03:46Et en fait, quand tu rencontres des gens et que tu leur dis « ah, t'as bossé avec cette
01:03:52personne »,
01:03:53ils te disent « ouais, il y a toujours un petit moment de flottement de regard, genre « ok, ok,
01:03:57ok, on peut en parler ».
01:03:58Cite-moi une collaboration de Guillaume Pley qui a bien terminé avec Jimmy Dabeu, avec toute l'équipe d'énergie,
01:04:03avec Cyril Hanouna.
01:04:04Je ne vois pas une seule fois que ça s'est bien terminé.
01:04:06Tout ce qu'on vient d'aborder, Romane, journaliste chez Street Press, l'avait déjà initiée dans son papier.
01:04:10J'ai pu m'entretenir avec elle pour qu'elle nous raconte les off de son enquête.
01:04:15On publie, il y a quelqu'un qui m'a appelée en anonyme et qui m'a dit « je
01:04:19ne vous donnerai pas mon nom, c'est dead ».
01:04:21Mais ça, c'est juste le truc qui m'a vraiment choquée moi en tant que journaliste.
01:04:25Après, ça arrive souvent, les gens aient peur de parler.
01:04:27Il y avait déjà eu des prises de parole sur les réseaux sociaux, des gens qui, sous leur vrai nom,
01:04:33expliquaient que Guillaume Pley avait été un patron qui te poussait au burn-out, toxique et autoritaire et tout.
01:04:40Et je me suis dit « mais pourquoi les gens ont si peur ? »
01:04:43D'après ce qu'on nous rapporte, le clan autour de Guillaume Pley n'a pas l'air de se
01:04:46laisser faire quand on les attaque.
01:04:47On peut supposer que cette présumée pression dissuade certaines victimes de parler car beaucoup veulent passer à autre chose
01:04:53et n'ont pas la force de se lancer dans des procès épuisants et financièrement dangereux.
01:04:58Voici désormais la parole de deux femmes aux témoignages qui se ressemblent.
01:05:01Pour les plus sensibles, je vous affiche des trigger warnings.
01:05:07Je vais contrôler les pieds.
01:05:09Je le déteste parce qu'il est désagréable, parce qu'il leur parle comme de la merde.
01:05:12Mais nous, on le déteste parce que c'est un prédateur.
01:05:15J'ai commencé à être fan with Guillaume en 2012.
01:05:18J'avais 14 ans à l'époque.
01:05:19J'étais très très naïve.
01:05:22Moi, j'ai toujours adoré, j'ai toujours adulé, etc.
01:05:26Et c'est que depuis pas si longtemps que ça que j'ai ouvert les yeux en tant qu'adulte
01:05:31et que je me dis que c'est un mec problématique.
01:05:33Et que je me suis rendue compte que ce qu'il faisait à l'époque, c'était pas normal.
01:05:36Et comme je dis ce qu'il faisait à l'époque, c'est-à-dire qu'il draguait, il nous
01:05:39draguait.
01:05:40Alors pas que moi, je connais d'autres aussi.
01:05:42Par message, il nous posait des questions déplacées alors qu'il avait 30 ans et que nous, on était mineurs.
01:05:47Et moi, à l'époque, ça me dérangeait pas parce que j'étais très naïve et que je croyais au
01:05:50prince charmant.
01:05:52Mais maintenant, je trouve ça complètement déplacé et dégueulasse.
01:05:56Moi, ça a commencé, donc j'avais 14 ans.
01:05:58Et comme il disait qu'on me pouvait...
01:06:00Enfin, quand je dis que je le connais, en fait, c'est parce que je l'ai vu...
01:06:03Enfin, je l'ai compté, mais je l'ai vu 30 fois que j'ai perdu le film.
01:06:07Je l'ai vu au moins une quarantaine de fois entre 2012 et 2017.
01:06:13Voilà, de mes 14 ans à mes 19 ans, en tout, j'ai dû le voir entre 40 et 50
01:06:16fois, je pense.
01:06:17Donc au début, je venais le voir devant Énergie parce qu'il disait tout le temps à ma radio,
01:06:21qu'on pouvait passer, dire bonjour devant les studios, etc.
01:06:26Et en fait, à force d'y aller, en fait, lui, il donnait beaucoup d'importance à ses fans, surtout
01:06:31aux filles.
01:06:32Enfin, je pense.
01:06:33Et du coup, il me reconnaît seule.
01:06:36Le fait qu'il me reconnaît, c'est qu'il me faisait des compliments.
01:06:39Ah, ça me fait plaisir que tu sois là, ça me fait plaisir de te faire et tout.
01:06:42Et bien, j'étais complètement piquée.
01:06:45Et je me disais, ah là là, il m'a reconnue.
01:06:47Du coup, je me sentais importante.
01:06:49Et à l'époque, il y avait Instagram.
01:06:52Donc, c'est à cette époque-là qu'il a commencé à suivre un peu ses fans sur Instagram, donc
01:06:57moi.
01:06:57Maintenant, avec Durqueux, je me rends compte qu'il suivait surtout les filles qu'il trouvait mignonnes.
01:07:01Moi, pour le contexte dont j'écoutais ces émissions radio depuis 2014, donc il faut savoir que je suis née
01:07:06en 2000, donc j'avais 14 ans.
01:07:08À cette époque-là, ils faisaient des visites de studio.
01:07:11J'avais l'occasion d'y aller puisqu'on allait à Paris avec mes parents, donc j'avais 15 ans.
01:07:16Donc, je suis allée visiter les studios.
01:07:18Donc, Guillaume faisait visiter.
01:07:19On était en petit groupe.
01:07:20Et en fait, à partir du moment où il m'a vue, on va dire, dans les studios d'énergie
01:07:24du haut de mes 15 ans, on va dire, il a commencé à avoir une approche différente avec moi.
01:07:29Et en fait, il a commencé à m'envoyer des messages privés pendant plusieurs mois.
01:07:33Et en fait, il faut savoir qu'il faisait des événements souvent, des meet-ups.
01:07:37J'ai vu plusieurs fois plusieurs événements, en fait, les années qu'il suivait, quoi.
01:07:41Et en fait, à chaque fois, du coup, il m'envoyait des messages.
01:07:44J'étais fan de ce qu'il faisait, etc.
01:07:45Donc, j'étais super contente d'avoir cette proximité, on va dire, avec la personne que j'admirais à l
01:07:51'époque, quoi.
01:07:51Vraiment, ça a duré de mes 15 ans à mes 19 ans, on va dire, où il m'envoyait régulièrement
01:07:56des messages avec des compliments,
01:07:58en me disant que j'étais super jolie, qu'en gros, il avait hâte que j'ai 18 ans aussi,
01:08:05donc de manière très un peu subtile.
01:08:07Mais voilà, c'était vraiment dit, j'ai hâte qu'il soit majeur, on sait tous pourquoi il me disait
01:08:11ça.
01:08:12Tous les ans, quasiment, il me demandait, ah, t'es quel âge maintenant ?
01:08:14C'était un peu très étrange, d'ailleurs, avec du recul.
01:08:17J'ai réalisé que c'était extrêmement grave, très tard, parce que, je sais pas, pendant des années, j'étais
01:08:23un peu...
01:08:24Enfin, voilà, j'y pensais pas forcément, et je continue à imaginer.
01:08:28Et je pense que vers 2021, 2022, je me suis vraiment dit, ah oui, là, avec du recul, tout qui
01:08:34s'est passé, c'est vraiment bordaire, quoi, on va dire.
01:08:37Sachant qu'il avait... On a 14 ans d'écart, donc quand j'en avais 15, il avait déjà presque
01:08:42la trentaine, enfin un peu moins, mais voilà.
01:08:44Quand j'ai eu 18 ans, il m'a envoyé des messages extrêmement explicites, très, très explicites.
01:08:49Il a voulu qu'on se voit en tant que fille de 14, 15 ans, eh ben, on a aussi
01:08:53cette faiblesse et cette admiration.
01:08:55Et oui, ça servait beaucoup, du coup, pour avoir ce qu'il voulait, je pense, au final.
01:08:59Moi, à titre personnel, j'ai jamais accepté ces avances, je l'ai jamais vue seule, parce que j'avais
01:09:05quand même cette conscience de me dire, c'est pas normal.
01:09:06J'ai eu cette chance, je pense, de la jamais l'avoir vue toute seule et jamais avoir accepté ces
01:09:10demandes de rendez-vous, on va dire.
01:09:12Même quand j'ai eu 18 ans, je l'avais pas forcément envie, c'est-à-dire, du coup.
01:09:15Peut-être six mois après vos 18 ans, il me parlait toujours, il a su que j'avais eu 18
01:09:20ans.
01:09:20Et en fait, il m'a proposé de qu'on se date, en fait, tout simplement.
01:09:25Bon, il était déjà en couple à l'époque, déjà avec sa femme.
01:09:27Il m'a proposé de venir me chercher, qu'on aille au restaurant tous les deux et qu'après, il
01:09:31me repose, etc.
01:09:32Bon, voilà. Il m'a proposé un date, littéralement, et il m'a...
01:09:36Je trouve que je trouve extrêmement salade, surtout pour le moment.
01:09:39Il m'a dit, je pense qu'on aura très envie de s'embrasser.
01:09:42C'est ça qui m'a fait des clics de, ah ouais, non, là, c'est très fière, ce qui
01:09:44se passe.
01:09:45Et à part ce soir-là, du coup, après, il n'y a plus du tout eu de contact parce
01:09:48que ça m'a vraiment...
01:09:50Ça m'a pas traumatisée. Enfin, je vais bien à l'actuel, mais ça m'a vraiment dégoûtée.
01:09:53Ça m'a vraiment ouvert les yeux sur la personne qui était déjà depuis toutes les années...
01:09:56Tout ce qu'il fait depuis des années, plus ce truc-là, quoi.
01:10:00Des années qu'il attend, du coup, que je sois majeure en demandant, en attendant.
01:10:04Enfin, c'est super malsain, quoi.
01:10:07Il y a une fois où je suis venue le voir, et cette fois-ci, j'étais toute seule.
01:10:10Parce que souvent, quand on y allait, on était en groupe à plusieurs.
01:10:12J'avais 17 ans, donc j'étais presque majeure.
01:10:16Et j'avoue qu'à l'époque, comme j'étais folle amoureuse de lui,
01:10:20parce qu'il est très fort, son grand charismatique,
01:10:23j'avais qu'une hâte, c'était d'avoir 18 ans pour qu'on puisse sortir ensemble.
01:10:27Voilà, je suis complètement timbrée.
01:10:29Et Dieu merci, ce n'est jamais arrivé.
01:10:32Mais une fois que j'étais allée le ventre, j'avais 17 ans.
01:10:35D'ailleurs, j'ai une des photos sur Instagram qui date de ce jour-là.
01:10:40où il m'avait dit qu'il s'était acheté une nouvelle voiture.
01:10:43Il m'a dit, mais je te la montrerai quand tu auras 18 ans, je t'emmènerai faire un tour.
01:10:46Et on parlait dans le hall d'énergie, donc devant le mec de l'accueil,
01:10:49qui devait se dire, mais Guillaume, c'est vraiment un grand dégueulasse.
01:10:51Je suis spéciale à ses yeux.
01:10:53Alors qu'en fait, déjà, il devait dire ça à plein d'autres meufs.
01:10:56Et qu'en fait, il voulait juste baiser.
01:10:57Clairement, il n'avait rien à foutre de moi, comme toutes les autres, je pense.
01:11:03Moi, j'ai eu la clarté d'esprit et la super bonne idée.
01:11:07En fait, il me parlait sur Snap.
01:11:08Il était très malin, c'est qu'il me parlait sur Snap.
01:11:10Forcément, les messages, au bout de 24 heures, il se supprimait.
01:11:13Il y avait très bien ce qu'il disait.
01:11:15Et en fait, j'y ai pensé à enregistrer certains messages.
01:11:18En fait, il m'appelait beaucoup « ma baby », « ma jolie », « ma beauté »,
01:11:22avec des émojis et tout.
01:11:23J'ai fait une photo de la discussion avec un autre téléphone.
01:11:26Je ne sais pas pourquoi, j'ai eu ce réflexe de me dire
01:11:28« Ok, je prends une photo, ça fait des preuves, etc. »
01:11:30Et en fait, ce qui est bien sur le screenshot que j'ai,
01:11:32c'est qu'on voit vraiment les tâtes.
01:11:33Les jours où il m'envoyait du coup « ma baby », etc.
01:11:37Je pense qu'il a eu conscience que ce n'était vraiment pas top ce qu'il disait,
01:11:40mais même qu'il le faisait, quoi.
01:11:42Il s'en sentait très bien parce qu'il arrivait à ce que ça ne sorte pas trop.
01:11:45On lève les messages, on parle à personne, enfin voilà.
01:11:47J'ai entendu beaucoup de choses à son sujet,
01:11:49comme quoi c'est un pervers narcissique,
01:11:52comme quoi il est horrible avec ses équipes,
01:11:54il fait pleurer les gens.
01:11:55Et moi, c'est ça qui m'énerve encore plus.
01:11:58Face au public, il joue les mecs adorables,
01:12:00il a réussi à piller tout le monde
01:12:02et qu'en fait, par derrière, il est absolument exécrable.
01:12:05Oui, en fait, le problème avec Guillaume Play,
01:12:07c'est qu'au premier abord, c'est quelqu'un d'extrêmement jovial,
01:12:12il a l'air très gentil, très bienveillant, très à l'écoute.
01:12:16Et c'est le piège, c'est que, comme je disais,
01:12:19on ne peut pas savoir en regardant quelqu'un au premier coup d'œil.
01:12:23Et c'est aussi pour ça qu'à l'heure d'aujourd'hui, il n'est toujours pas tombé.
01:12:25Et c'est compliqué pour les victimes de faire entendre leur voix
01:12:29quand on est face à un personnage public comme ça,
01:12:31qui est globalement apprécié par tout le monde.
01:12:33L'image de « Je rendre idéal » de Guillaume Play et sa longévité dans l'industrie de la radio
01:12:37nous constituent une image positive qui est extrêmement dure à contrebalancer.
01:12:42Toutes les personnes qui ont témoigné dans cette vidéo nous présentent un autre visage
01:12:45et il y en a peut-être d'autres qui gardent le silence.
01:12:49Si ça vous arrive, vous n'êtes pas seul et vous pouvez en parler.
01:12:53Et ce n'est pas parce que vous avez l'impression que derrière vous pourriez être victime de représailles
01:13:01parce que vous êtes en début de carrière, parce que vous n'avez pas encore fait vos preuves dans ce
01:13:06milieu-là.
01:13:06C'est un milieu qui est difficile, qui est difficile à vivre, qui peut être vraiment compliqué.
01:13:11Et notamment quand on est des femmes et quand on est issu de minorités.
01:13:15Il faut en parler et moi ce que j'aimerais montrer aujourd'hui c'est que plus on dénoncera de
01:13:22tels agissements
01:13:23et moins il y aura d'impunité dans ce milieu-là.
01:13:26Donc en fait il faut continuer, il ne faut pas avoir peur, il faut en parler.
01:13:29Il faut en parler aux personnes autour de vous, il faut en parler à vos amis, il faut en parler
01:13:34à votre famille.
01:13:35Et en fait il faut que la honte change de camp.
01:13:38Et maintenant pendant les réseaux sociaux, je pense que c'est hyper important de pouvoir parler
01:13:43et éliminer ces parasites finalement parce que ça crée des traumas,
01:13:47ça crée des femmes qui ne sont pas violents à leur peau pendant des années, des décennies,
01:13:51parce qu'elles n'en parlent pas forcément.
01:13:52La honte c'est du côté des hommes justement qui font ce genre de choses,
01:13:56que ce soit des pédagogues, ou alors ce que vous voulez.
01:13:58Il y en a énormément et c'est même souvent ceux qu'on ne sonne pas forcément.
01:14:01La parole peut aussi être remise en doute, mais même bien tout il ne faut pas lâcher
01:14:05parce que dans tous les cas c'est rarement qu'une seule utile.
01:14:08Il y a toujours plusieurs utiles, toujours plusieurs personnes qui ont vécu des choses similaires
01:14:12et je pense qu'à prendre le courage d'en parler déjà, je pense que ça fait du bien à
01:14:16la personne
01:14:17et ça fait aussi du bien à d'autres personnes qui peuvent se lancer du coup.
01:14:19Ça peut faire comme effet boule de neige en fait.
01:14:22Plus il y en a de personnes, plus la personne tombera facilement et au moins il y aura de victimes
01:14:26quoi.
01:14:27Parce que ce genre de personnes, quel que soit leur âge et le temps qui passe,
01:14:32elles n'arrêteront jamais de faire des victimes on va dire.
01:14:35J'ai décidé de témoigner sans cacher ma joie parce que Guillaume en fait c'est un mec qui se
01:14:42croit de toute puissance,
01:14:43c'est un mec qui a pris la confiance depuis beaucoup trop longtemps et en fait il ne faut pas
01:14:49se taire,
01:14:49il ne faut pas se cacher, il ne faut pas avoir peur d'un mec comme lui.
01:14:53Parce que déjà l'union fait la force donc si on est nombreux contre lui, il ne peut rien faire.
01:14:58Lui il se processe derrière ses avocats et je ne sais quoi.
01:15:01Comment dire, il ne faut pas accepter sa position de victime.
01:15:04Il faut montrer qu'on sait ce qu'il a fait.
01:15:08C'est un gros dégueulasse et qu'on n'accepte pas en fait.
01:15:13On ne veut plus le laisser faire et en fait si on ne dit rien, si on se cache,
01:15:18il y a des mecs comme lui qui vont continuer.
01:15:21Il faut montrer qu'on n'accepte plus ce genre d'attitude d'un prédateur qu'à 30 ans
01:15:26qui va draguer des petites minettes mineures sur les réseaux sociaux.
01:15:30Voilà, si on se tait, il n'y a rien qui va changer en fait.
01:15:33Libérez votre parole, nous vous écouterons.
01:15:35Merci pour l'attention, l'interaction et la mobilisation sur la cagnotte.
01:15:39Chaque don compte sur la tépaisance.
01:15:40Sous-titrage Société Radio-Canada
01:15:43...