- il y a 1 semaine
Retrouvez notre soirée spéciale « Incendie dans le Var », présentée par Brigitte Boucher, sur BFMTV, ce samedi 1er août 2026.
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00:00Feu stabilisé mais pas fixé, une bataille a été remportée ce soir par les pompiers mais pas la guerre, c
00:05'est ce qu'a dit le préfet du Var.
00:07Le combat continue pour les sapeurs-pompiers. Récoutons ensemble justement le préfet du Var, c'était sur BFM TV il
00:13y a quelques minutes.
00:14Ce soir en tout cas nous sommes satisfaits parce que les sapeurs-pompiers et toutes les personnes engagées dans les
00:21airs et à terre
00:23ont réalisé un véritable exploit en réussissant à mettre en oeuvre la stratégie telle qu'elle avait été définie hier
00:30soir.
00:31Nous restons prudents parce que le combat continue, les vents changent, ils sont parfois tournoyants, que la vérité d'un
00:42soir n'est pas forcément la vérité du lendemain matin.
00:44Mais ce qu'on peut dire c'est que les 24 heures qui viennent de se passer ont été des
00:49heures d'âpres combat et d'une bataille qui a été gagnée,
00:53qui est remportée ce soir même si ce n'est pas la fin de la guerre contre ce feu du
00:58gros Bessillon.
00:59Nous avons réalisé, les avions ont réalisé, les hélicoptères ont réalisé 450 largages aujourd'hui sur les communes de Corrance,
01:08de Montfort-sur-Argence, du Val.
01:10C'est un record et c'est un chiffre qui explique pourquoi le feu, qui n'est pas du tout
01:17fixé ce soir, est stabilisé.
01:20Il est resté dans son enveloppe et hier soir il y a eu des brûlages tactiques pour éviter que du
01:26combustible ne soit à disposition ce matin à la reprise du Mistral.
01:30Il y a eu des reconnaissances sous azimut, il y a eu de la pause retardant, que ces 450 largages
01:36sont venus compléter toute la journée
01:38avec le résultat que je viens de dire.
01:42Le bilan, alors qu'on était à 1500 hectares hier soir, nous sommes à 1800 hectares ce soir, ce qui
01:47prouve aussi comment l'enveloppe a été contenue.
01:52Bonsoir à tous et bienvenue dans BFM Grand Soir.
01:54Nous sommes ensemble jusqu'à minuit, une édition très largement consacrée aux incendies, celui du Var en priorité.
02:01Il a redémarré hier dans le massif du Gros-Bessillon, 1800 hectares ont été parcourus.
02:08La progression est contenue ce soir, la situation reste néanmoins extrêmement précaire et à très haut risque jusqu'à 22h
02:15à cause du vent et de la chaleur.
02:181700 pompiers sont toujours mobilisés, 5 canadaires, 3 dèches et 3 bombardiers d'eau également.
02:24En revanche, en Gironde, le feu est désormais fixé.
02:2790% des habitants ont pu rentrer chez eux à l'exception de ceux de l'Eche-Cap-Ferret.
02:31Le trafic ferroviaire est aussi rétabli, la vie reprend, mais les pompiers restent extrêmement vigilants face à une reprise éventuelle
02:38des feux.
02:40Les incendies sont globalement aujourd'hui sous contrôle, déclaration du Premier ministre Sébastien Lecornu.
02:48Nous allons vous faire vivre évidemment ces événements avec toutes nos équipes déployées sur le terrain,
02:52mais aussi de nombreux témoignages d'habitants, d'élus et nos experts en plateau.
02:57On prend tout de suite la direction de Montfort sur Argent dans le Var, bien sûr.
03:02Francesco Carvelli, vous êtes avec Emma Arnaud.
03:05Quelle est l'évolution de la situation ce soir ?
03:11Pour l'heure, l'évolution de la situation, c'est qu'il y a quelques reprises de feu, comme vous
03:15pouvez le voir sur ces images d'Emma Arnaud.
03:17On voit des flammes tout simplement prendre de la lévation de les hauteurs de 2, 3, 4 mètres qu'on
03:23peut apercevoir à plusieurs centaines de mètres.
03:25On voit également de la fumée noire à 3, 4 points précis sur ces collines du gros Bessillon.
03:32Et effectivement, on voit encore des allers-retours de dash pour lâcher du retardant.
03:37Et en attendant, sur la voie très reste, on voit également l'arrivée de beaucoup de colonnes de sapeurs-pompiers
03:42qui viennent,
03:42il faut le dire, de toute l'hexagone, que ce soit des sapeurs-pompiers qui viennent de Gironde, mais aussi
03:46des Alpes de Haute-Provence, de Hudson.
03:48En fait, vous le voyez, tous les moyens sont mis en œuvre pour tenter de contenir ce feu.
03:53Alors c'est une bataille de gagnés, disait tout à l'heure le préfet Duvar.
03:57Pour autant, le combat continue sur le terrain et ce sont les moyens terrestres qui vont permettre de continuer à
04:03contenir ce feu, ces flammes, cet incendie.
04:06Mais pour autant, il y a encore beaucoup de travail à faire.
04:09C'est une étape de franchime, il y a encore un combat à poursuivre.
04:12Et dans la foulée, on espère, c'est en tout cas les échanges que nous avons pu avoir avec les
04:17sapeurs-pompiers,
04:17parvenir à mieux maîtriser ces départs de flammes qui sont parfois de manière impromptue.
04:23Mais cette fois, ça va se passer dans la nuit avec une meilleure occupation du terrain,
04:27ce qui n'était pas possible tout au long de l'après-midi, comme on a pu le constater.
04:31Et on espère justement pouvoir arrêter de voir ces départs de feu intempestifs,
04:35ces fumées noires qui continuent de polluer un petit peu ce paysage du département Duvar.
04:42Merci Francisco Carveli, donc avec Emma Arnaud qui vous accompagne.
04:48Pénélope, Hérault, on va faire un petit point parce que ce qui était vraiment très critique,
04:52c'était les vents, c'était le Mistral qui rendait cette situation à haut risque jusqu'à 22h.
04:56Quelles sont les prévisions dont vous disposez ?
04:58Alors la bonne nouvelle, c'est qu'à l'heure où l'on se parle, effectivement,
05:01là, le Mistral, c'est quand même adouci.
05:04En l'occurrence, cet après-midi, on avait des rafales à 30-40 km heure.
05:08Là, on est plutôt autour des 10-15.
05:11Autant vous dire que c'est quand même une amélioration, il faut le souligner, c'est aussi important.
05:14Bon, maintenant, une fois qu'on a dit ça, pour la nuit, on va avoir une nuit tropicale.
05:19C'est-à-dire qu'on ne va pas descendre sous la barre des 22 degrés,
05:22donc effectivement, nuit tropicale qui s'annonce.
05:25Et donc, il y a évidemment un enjeu dans ce contexte d'éviter la propagation du feu cette nuit.
05:28Et puis demain, des températures caniculaires qui repartent encore à la hausse avec près de 38 degrés.
05:34Mais je dois quand même souligner ce vent qui va changer de direction,
05:38qui pourra apporter un peu plus d'humidité.
05:39On aura un vent de secteur sud-est, donc un vent marin.
05:42Mais bon, là encore, avec des rafales qu'il faudra surveiller 30-40 km heure.
05:47Voilà, changement de direction.
05:48C'est ce qu'a annoncé le préfet Simon Babre tout à l'heure, le préfet du Var.
05:52Et ce qui laisse donc espérer qu'effectivement, le feu, en tout cas, ne progresse pas dans cette direction actuellement.
06:00Stéphane Lessir, bonsoir.
06:01Vous êtes sapeur-pompier, porte-parole délégué départemental du syndicat Sud 1089.
06:08Quand on entend le préfet, ce soir, nous dire que le feu est contenu, que le feu est stabilisé,
06:16qu'est-ce que ça veut dire précisément ?
06:19Alors, ça veut dire que le feu n'évolue plus, ne se déplace plus.
06:22Mais la situation, pour autant, n'est pas du tout sécurisée.
06:26Vous l'avez très bien dit, le vent peut repartir.
06:28La sécheresse, de toute façon, elle dure déjà depuis plusieurs semaines.
06:32On n'est que le 1er août.
06:33Il nous reste encore août, septembre, voire octobre.
06:35On va parler des feux jusqu'au mois d'octobre-novembre.
06:39Je vous le dis, la Gironde, on ne dira pas feu éteint.
06:41La Gironde, en plus, sa particularité, c'est d'être sur de la tourbe.
06:44Donc, il va falloir tout gratter, il va falloir tout arroser.
06:47Les journalistes seront tous partis, c'est ce que je disais encore hier à vos confrères,
06:50que nous, on sera toujours sur place, en train de tout éteindre.
06:53Et on peut annoncer que le feu est fixé, circonscrit, et puis il repartira.
06:58Il faut bien comprendre que ce n'est pas un on-off.
07:00On n'est pas sur un feu de barbecue.
07:01On est sur un feu de végétation, des densités énormes.
07:04Si vous prenez la Gironde, la particularité de la Gironde,
07:07c'est quand même que ce n'est que du résineux.
07:08C'est l'essence de térébenthine, essence, chaleur.
07:11Donc, les gaz s'enflamment et ça repartira.
07:14Donc, pour l'instant, oui, la situation est mieux.
07:17Et ça, il faut s'en réjouir.
07:18Il faut se réjouir qu'il n'y ait pas de population décédée.
07:22Il faut quand même s'inquiéter.
07:23On a quand même des pompiers professionnels, volontaires.
07:25Alors, il y a 1700 pompiers qui sont sur le pont, on pourrait dire.
07:29C'est un département complet.
07:30C'est beaucoup.
07:30C'est un département complet.
07:32Si je prends le département d'Ougien, Lyon, il y a 1700 pompiers volontaires et professionnels.
07:36Donc, ça dit de l'ampleur de cet incendie.
07:39Non, mais ce que je veux vraiment vous faire comprendre, c'est qu'aujourd'hui, on dit que c'est
07:41un feu exceptionnel.
07:42Demain, ce sera un feu, dans les futures années, ce sera un feu normal.
07:47Il y aura pire.
07:48On a eu 20 000 l'an dernier, il y a deux ans.
07:5140 000 cette année.
07:52Peut-être 60 000 dans un an, deux ans, trois ans, je n'en sais rien.
07:55Je n'ai pas ma boule de cristal.
07:56Mais des phénomènes climatiques dus au dérèglement climatique, on va en prendre tout le temps.
08:00On aura des épisodes sémnoles, on aura des feux de forêt, on aura des méga tempêtes en hiver.
08:04Il va falloir qu'on s'habitue à ça et qu'on se prépare.
08:06Et c'est là où on pêche.
08:07Ce n'est pas sur les hommes qui sont sur le terrain, les femmes et les hommes qui sont sur
08:10le terrain.
08:10Ça marche très bien, en fait.
08:11On a la même formation, il faut bien le comprendre.
08:14Que l'on soit à Lille, à Marseille ou à Nantes, on a exactement la même formation sur les feux
08:19de forêt.
08:19On en mange, on sait ce que c'est.
08:21On sait que c'est compliqué, que ça fait mal, mais on sait ce qu'on a à faire.
08:24Par contre, on a une impréparation et qu'il va falloir retravailler.
08:28Et ça, les syndicats le disent depuis des années, je le rappelle.
08:31On va retrouver Coralie, qui est témoin de cet incendie qui a repris vigueur hier dans le Var.
08:38Vous êtes à Corrance.
08:39Corrance qui est une des communes qui a été confinée.
08:44Et puis aujourd'hui, le préfet vient d'annoncer que vous pouvez désormais sortir de chez vous.
08:50Racontez-nous surtout cette reprise de feu que vous avez vue hier.
08:55Décrivez-nous.
08:57Bonsoir.
08:58Alors, effectivement, là, actuellement, je suis à Toulon.
09:01J'ai pu partir de Corrance.
09:03Et en fait, ça a démarré hier, en début d'après-midi, où nous avons aperçu plusieurs canadaires passer.
09:11Et nous avons entendu l'alarme résonner dans le village.
09:15Et au moment de sortir, en fait, on s'est aperçu que le feu était beaucoup trop avancé.
09:19On n'a pas eu le temps de s'en aller.
09:21Oui, on a voulu.
09:22On a essayé d'aller jusqu'aux voitures.
09:23C'était trop tard.
09:24Le village était complètement affolé.
09:27Les personnes partaient de tous les côtés avec leurs bagages, leurs enfants à bout de bras.
09:32D'autres essayaient de prendre des vélos, des voitures, des motos pour essayer de s'en aller.
09:36Alors, c'était compliqué parce qu'en plus de ça, ça a bloqué l'accès aux pompiers.
09:39On ne savait pas trop où aller.
09:41On était un peu dans la précipitation.
09:43Le vent, enfin, le feu avançait très vite.
09:46Et du coup, on a été redirigé vers le château de Corrance où on a été confiné sous masque avec
09:53les autres habitants.
09:55Et une fois que la situation s'est un petit peu apaisée, on nous a demandé de regagner nos habitations
10:01respectives pour être confiné.
10:03Mais c'était très compliqué.
10:04On a passé une nuit d'horreur parce que, concrètement, on avait les flammes autour de nous.
10:09On savait qu'on était encerclés par les flammes.
10:12Et on n'avait plus d'eau, plus d'électricité, plus de réseau.
10:16Impossible de contacter nos familles.
10:17C'était très compliqué.
10:19Personne ne venait nous voir.
10:20On manquait.
10:21C'était une nuit très stressante.
10:23Très, très stressante.
10:24Vraiment.
10:24Coralie, dans quelle étape psychologique vous êtes aujourd'hui ?
10:27On sent évidemment la douleur et la difficulté que vous avez eue à vivre cet événement hier.
10:32Comment vous vous sentez là, aujourd'hui ?
10:35Je suis très émue parce qu'on a vu des choses qu'on ne devrait pas voir.
10:41C'était horrible.
10:43Des flammes gigantesques.
10:44Les personnes qui portent leur douleur en eux, on voyait la peur dans le regard des gens.
10:51Et personne ne savait quoi faire.
10:53En fait, on se sent impuissant à ce moment-là.
10:55Et c'est vraiment un sentiment horrible.
10:58Le fait d'être confiné, ça vous a procuré du stress supplémentaire ?
11:04De se dire qu'éventuellement, les flammes pourraient arriver jusqu'à vous ?
11:08Oui, complètement.
11:09Parce que déjà, on n'a pas dormi de la nuit.
11:11Et en plus de ça, au moment de vouloir essayer de dormir, on a regardé par la fenêtre et on
11:17voyait les flammes par la fenêtre.
11:19Donc on se disait, en fait, on est confiné dans un endroit.
11:21Parce que, je voudrais préciser ça aussi, on nous dit souvent que les villages autour, notamment Montfort, Château Vert, etc.,
11:31qui ont été évacués.
11:32Nous, nous n'avons pas été évacués.
11:33Nous avons été confinés.
11:34Donc c'est pire.
11:35En fait, on se dit qu'on est entourés par les flammes et que nous n'avons aucune issue.
11:39Puisque les routes qui permettaient l'évacuation des personnes étaient enflammées.
11:44Donc en fait, on n'avait pas d'issue de secours.
11:47Alors aujourd'hui, comment est la situation ?
11:49Là, par exemple, ce soir, vous voyez encore des flammes de chez vous ou ça s'est considérablement calmé ?
11:55Alors moi, là, actuellement, j'ai regagné Toulon, la ville de Toulon, parce qu'on a réussi à s'enfuir
12:01ce matin.
12:02Alors c'est ma cousine qui est venue nous chercher par un sentier qu'elle a réussi à trouver en
12:07voiture.
12:08Elle a réussi à venir nous chercher.
12:09Donc on a pris nos voitures et on s'est en allés.
12:12Mais c'était compliqué.
12:13Ça fumait encore au bord de la route.
12:16Les paysages étaient apocalyptiques.
12:18Vraiment, on nous réagit la fin du monde.
12:20Et nous, alors actuellement, je ne suis plus à Corrance.
12:22Mais en tout cas, j'ai eu des nouvelles un petit peu de mes cousines qui habitent le secteur.
12:27Et ils sont toujours confinés à l'heure actuelle.
12:30Et on va leur apporter des repas.
12:32On va leur apporter de l'eau.
12:34Et voilà.
12:35Mais à l'heure actuelle, ils sont toujours confinés.
12:37Elles sont inquiètes, vos cousines, là, que vous avez pu joindre ?
12:40Elles sont très inquiètes parce que la situation, elle n'évolue pas dans le bon sens.
12:45Ça continue.
12:46Il y a toujours des flammes.
12:47Il y a toujours le feu.
12:49Voilà.
12:49Vous faites confiance aux confiers quand même, qui travaillent, qui sont à pied d'oeufs pour se construire cette incendie
12:54?
12:55Oui, complètement.
12:56D'ailleurs, j'aimerais leur adresser un mot.
12:58Ils ont fait un travail remarquable.
12:59Et franchement, c'est inimaginable tout ce travail qu'ils fournissent.
13:04C'est incroyable.
13:06Et puis là aussi, la solidarité des personnes, des habitants.
13:10Tout le monde essaye de faire de son mieux.
13:12Et c'est très touchant.
13:15Votre espoir, désormais, c'est de rentrer chez vous, de pouvoir regagner votre maison ?
13:21Alors, actuellement, oui, j'ai regagné ma maison.
13:23Mais c'est parce que ce matin, on a pris la décision de s'en aller très tôt.
13:26Et on a réussi.
13:27Mais c'était dangereux.
13:30Voilà.
13:31Merci.
13:32Merci, Coralie.
13:33On aurait dit la fin du monde.
13:35Voilà ce que vous venez de déclarer sur BFM TV.
13:38Je vous ai vu faire nom de la tête, Stéphane Lessier, parce qu'elle disait, cette habitante, il n'y
13:45a aucune issue.
13:46Vous, vous avez l'air de dire qu'effectivement, on peut toujours quitter les lieux, même si on demande aux
13:51habitants de rester confinés ?
13:52Non, je voulais appuyer sur un terme qui est important, c'est le confinement.
13:57Coralie a l'impression que le fait d'être confinée, elle est en danger.
14:00En fait, si on ne l'évacue pas, elle l'a très bien dit d'ailleurs dans la deuxième partie
14:03de son propos, c'est que les routes sont en feu.
14:05Donc, en fait, on va l'exposer à un danger.
14:07Donc, à un moment donné, il vaut mieux, et ça se fait dans toutes les missions sapeurs-pompiers.
14:10On confine des fois et on évacue d'autres fois.
14:13On a des fuites de gaz où on va confiner les gens et on ne va pas les évacuer.
14:16En l'occurrence, il vaut mieux confiner dans un village.
14:18On sait que la population est là plutôt que de les voir tous partir dans tous les sens.
14:21Alors là, pour le coup, en Gironde, il n'y a qu'une route.
14:23Donc, il n'y a pas 50 routes.
14:24Mais projetez-vous sur le reste du pays.
14:26Il vaut mieux confiner les gens.
14:28On sait où ils sont.
14:28Quand la situation est maîtrisée par les sapeurs-pompiers, avec les forces de l'ordre, on peut les évacuer ou
14:33en rester là.
14:34Donc, je comprends très bien.
14:35Et ce qui est important, et je voudrais vraiment appuyer aussi là-dessus, c'est qu'on est en train
14:39de dépenser des milliards.
14:40Mais on dépense aussi des milliards dans les maladies post-traumatiques, en fait.
14:43Parce qu'elle l'a très bien dit.
14:44En fait, elle le vit très mal.
14:45Vous savez, quand vous avez 20 mètres de flammes en face de vous, vous soyez sapeurs-pompiers.
14:49Nous, on est formés pour ça, d'accord.
14:50Mais je peux vous dire que quand vous l'avez en vrai, entre la formation et la vérité, c'est
14:53autre chose.
14:54Et la chaleur.
14:54Et la chaleur, exactement.
14:55Toute la chaleur, le ressenti, cette odeur.
14:57Moi, j'étais à Montpellier ce week-end.
14:59Je sentais le feu de Bordeaux.
15:01Je vous dis simplement que les gens appelaient le 18 pour dire « il y a le feu ».
15:04Non, c'était l'odeur de Bordeaux qui se déplaçait.
15:06Vous voyez la distance ?
15:07Donc, on est vraiment sur un phénomène, certes exceptionnel,
15:10mais on doit aussi expliquer aux populations qu'elles ont un rôle à jouer,
15:14qu'elles ne peuvent pas faire tout et n'importe quoi,
15:16et qu'elles doivent aider les sapeurs-pompiers.
15:18Je ne dis pas d'aller éteindre le feu à notre place.
15:20En tout cas, respecter les consignes.
15:21Exactement.
15:22Celles qui sont données.
15:22Voilà, si on le fait, si les autorités, pour le coup, décident ça,
15:25c'est qu'il y a une raison, il faut faire confiance à l'État pour ça.
15:27Miguel Musquet, vous êtes spécialiste de la prévention des risques naturels.
15:32Qu'est-ce qu'on enseigne finalement à ces habitants
15:34qui sont dans des lieux, des endroits qui peuvent être menacés,
15:38soit par les incendies, mais aussi par d'autres catastrophes naturelles ?
15:42C'est la notion d'exercice, de culture du risque.
15:45C'est l'exercice qui permet vraiment de vivre dans sa chair,
15:48comme vous le disiez très bien, ce que ça va demander d'être confiné.
15:51Ça peut paraître contre-intuitif, mais ce qu'il faut avoir en tête,
15:54c'est que l'exercice, il a pour but d'avoir des réflexes.
15:57C'est-à-dire qu'on n'est pas à chercher l'information,
16:00qui j'appelle, quel numéro, quelle fréquence, quelle radio j'écoute, etc.
16:03L'exercice, il est obligatoire aujourd'hui, maximum tous les cinq ans.
16:07Dans la loi Matras, il est inscrit qu'à l'échelle des intercommunalités,
16:13ces communes doivent rédiger ce qu'on appelle des plans intercommunaux de sauvegarde,
16:16d'ailleurs à Bordeaux, Métropole, et du côté du Médoc Atlantique,
16:21ou de la Cobane, du côté de la Gironde,
16:24ces intercommunalités ont inscrit un document dans lequel elles sont solidaires entre elles,
16:30ce qu'elles doivent faire, qui s'occupe de quoi, de la nourriture,
16:32ce qui facilite pour avoir été sur le terrain toute la semaine, croyez-moi,
16:36ces élus sont en première ligne.
16:38Ce sont ceux qui assurent la nourriture, l'approvisionnement en eau, l'hébergement,
16:43héberger tous ces pompiers, il faut imaginer les lipicaux qu'il faut déployer,
16:46les gymnases qu'il faut réquisitionner, et tout ça, ça ne profite pas.
16:49Et c'est grâce à ces exercices que ces élus acquièrent ces compétences,
16:53c'est grâce aussi à ces exercices que la population acquiert les bons réflexes
16:57pour qu'en cas d'aléa, quel qu'il soit, là on est sur du feu,
17:01ça aurait pu être un tsunami, ça aurait pu être une crue, une inondation,
17:07et même qu'elles puissent vraiment faire ce qu'il faut,
17:09et qu'on puisse avoir aussi des personnes qui ont des compétences
17:12pour les soins, pour les transmissions, avec des radiamateurs en sécurité civile,
17:15par exemple, d'accompagner aussi sur la nourriture,
17:19sur la distribution d'eau potable, parce que c'est aussi ce qui va souvent manquer.
17:23Vous voyez, je regardais avant le plateau les puissances radiatives,
17:26c'est-à-dire l'énergie qui a été émise par ces feux,
17:30on est à 6200 mégawatts en pic sur ce feu-là.
17:336200 mégawatts, c'est six tranches de centrales nucléaires.
17:36Ça fait 3 millions de Français potentiellement alimenter l'électricité
17:39si on doit convertir et avoir une équivalence.
17:41Un Canadair va larguer 56 000 litres d'eau.
17:45Donc il faut imaginer toute l'eau qui est nécessaire pour pouvoir éteindre ces feux.
17:49Les moyens à l'échelle de la puissance du feu sont ridicules,
17:53mais ils sont nécessaires pour pouvoir au moins à minima le contenir
17:56et éviter malheureusement qu'ils fassent des dégâts et des morts.
17:59On va retrouver Célia Vallée qui est avec l'adjointe à la mairie de Montfort-sur-Argent.
18:05Là-bas, on a transformé effectivement des lieux pour accueillir des personnes évacuées.
18:12Alors on est à quelques centaines de mètres sur la commune de Montfort-sur-Argent.
18:16Vous voyez, on va la fumer de là où on est.
18:19Quelques centaines de mètres de l'incendie.
18:20Ici, effectivement, on est dans une cave, une cave à vin,
18:22qui s'est transformée en poste de commandement,
18:25en endroit un peu de repli et de réconfort pour les pompiers,
18:28pour les gendarmes, pour tous ceux qui veulent venir ici.
18:31Il y a des dons, effectivement.
18:32Et on va essayer de poser la question à Stéphanie.
18:35Excusez-moi Stéphanie, vous êtes un peu débordée.
18:37Vous êtes au téléphone.
18:38Bon, d'accord, on reviendra vous voir dans cinq minutes.
18:39On va vous montrer ce qui se passe ici.
18:41Regardez, il y a des dons, il y a de la nourriture,
18:43il y a des lingettes pour les pompiers,
18:45il y a également des sanitaires.
18:46C'est ici, leur point de repli,
18:48là où ils peuvent trouver du réconfort.
18:50Stéphanie, racontez-nous comment ça se passe ici, alors.
18:53Donc ici, il y a le PC des pompiers.
18:58Et ensuite, on est la base de ravitaillement des pompiers aussi.
19:05On a à peu près entre 500, 600, voire plus pompiers qui viennent
19:13pour récupérer à manger, à boire, se reposer aussi un petit peu.
19:20Ce sont des dons de la mairie, des associations.
19:23D'où viennent toutes les victuailles qu'on voit sur les images de Margot Vizade ?
19:27Alors, on a une partie, tout ce qui est sandwich depuis quelques temps
19:34est livré directement par le SDIS, donc par les pompiers eux-mêmes,
19:40qui est réparti sur les différents points.
19:44Et une partie de l'eau aussi, mais après tout ce qui est le reste,
19:50fruits, gâteaux, chips, etc.
19:54Tout ça, ce sont des dons.
19:57Ce sont des dons, et c'est aussi des achats aussi de la commune,
20:05et des dons de particuliers, d'associations,
20:08et qui viennent un peu de différents...
20:13Vous en croyez pas forcément ici, à côté, quoi.
20:15Merci beaucoup. On vous laisse, parce que vous êtes au point d'accueil
20:18de ce poste de commandement, de ce point de repli.
20:20Il est au vert depuis une dizaine de jours maintenant.
20:22Il avait refermé plus ou moins alors que le feu était fixé,
20:25mais forcément, vous l'avez compris, il y a eu besoin de le réouvrir.
20:28Donc voilà, les pompiers peuvent venir ici se reposer et se ravitailler.
20:32Merci, Célia Vallée.
20:34C'est la solidarité dont nous parlait cette habitante aussi tout à l'heure,
20:37et puis cette organisation, Gaëlle Musquet, que vous évoquiez aussi.
20:41Stéphane Lessir, je voudrais que vous nous commentiez ces images
20:45qu'on voit en direct à l'écran, des images de Montfort-sur-Argent dans le Var,
20:49avec cette importante fumée noire qui se dégage de la forêt.
20:54Qu'est-ce que ça veut dire ?
20:56Là, l'image est figée.
20:57Ce qui serait intéressant, c'est de voir le développement de la fumée,
20:59c'est-à-dire voir si elle est dense, si elle se développe rapidement.
21:02C'est-à-dire qu'en fait, plus vous allez voir...
21:03Alors, l'image est en direct, donc ce n'est pas figée.
21:05Donc, ce n'est pas figée, je pensais que c'était juste à l'image.
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