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  • il y a 1 jour
Pour les deux humoristes, le rire est un véritable contre-pouvoir. Il serait donc indispensable de rire des milliardaires. Alors, l’économie est-elle un sujet d’humour ? "Le Nouvel Obs" a posé la question à Audrey Vernon, comédienne et humoriste, auteure du premier « one-woman show économique », et à Thomas Croisière, producteur, humoriste et animateur de « QE », jeu télévisé sur LCP dédié à l’économie.

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00:00Est-ce qu'on peut rire de l'économie ? Est-ce que c'est un thème d'humour ?
00:03Est-ce qu'on peut ? Oui, parce qu'on peut rire de tout.
00:06Et c'est surtout le sujet, c'est qu'il faut rire de l'économie.
00:09Parce que le rire, ce qui est fondateur dans le rire, c'est de se moquer du pouvoir.
00:14Et donc il y a eu un rire politique, il y a eu un rire religieux.
00:17Et aujourd'hui, le pouvoir, il est à l'argent.
00:18Donc il faut rire de l'économie.
00:21Du coup, ça m'a fait penser à une citation de Brecht.
00:23En fait, c'est Anna Arendt.
00:25Elle dit que les grands criminels politiques doivent à tout prix être mis à nu.
00:29Et surtout, être livré au ridicule, ce ne sont pas de grands criminels politiques,
00:33mais des hommes qui ont commis de grands crimes politiques,
00:35ce qui est quelque chose d'entièrement différent.
00:37Si les classes dominantes permettent à un petit escroc de devenir un grand escroc,
00:42il n'a pas droit à une position privilégiée dans l'histoire.
00:44C'est un extrait de « Les hommes dans les sombres temps »,
00:49un livre de Arendt où elle parle beaucoup de Brecht
00:51et de cette époque, comme elle l'appelle, de camouflage, qui sont les années 30.
00:56Et c'est vrai qu'il y a quand même beaucoup de similitudes
00:58entre notre époque et les années 30-40, malheureusement.
01:02Et je trouve que, oui, ce qu'a fait Brecht en tournant les grands criminels politiques en ridicule,
01:11c'est vraiment une des voies salutaires, je pense, pour leur enlever leur pouvoir.
01:15Et ce n'est pas très difficile, c'est vraiment des débiles.
01:18Donc c'est très facile.
01:20C'est-à-dire, moi, dans le spectacle, je n'ai rien besoin d'écrire.
01:23Juste, je prends le verbatim de Trump.
01:26Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas très dur, malheureusement, de rire de l'économie.
01:30Et des milliardaires.
01:31Et des milliardaires qui sont quand même une des classes les plus risibles,
01:36les plus néfastes que l'histoire ait jamais connue.
01:39C'est Jean Ziegler qui le dit très bien, que ce sont des tueurs en série.
01:42Jean Ziegler, vous voyez qui c'est, le sociologue suisse.
01:45Et pour moi, vraiment, de dire que c'est des tueurs en série, c'est très important.
01:49Moi, j'ai opiné sur Jean Ziegler, mais je ne sais pas du tout qui est cette personne.
01:53Je suis amoureuse de Jean Ziegler.
01:55Voilà, c'est pour ça que je suis dans le déni.
01:57C'est un sociologue suisse qui doit avoir 92-93 ans et qui a écrit
02:02« Le capitalisme expliqué à ma petite-fille en espérant qu'elle en verra la faim ».
02:06Et il a beaucoup expliqué et travaillé sur la faim dans le monde.
02:09Il a travaillé à l'ONU aussi.
02:10Il a été un camarade de Che Guevara.
02:13Et c'est quelqu'un qui montre que chaque enfant aujourd'hui qui meurt de faim est un enfant assassiné.
02:18Donc c'est celui qui m'a permis de dire que les milliardaires étaient des criminels.
02:24D'accord.
02:25Il m'a donné le courage de l'affirmer parce que lui, il l'a prouvé dans beaucoup de ses
02:30écrits.
02:31Et tu arrives à faire rire avec ça, en disant cette phrase-là ?
02:34En disant que c'est des tueurs en série ?
02:35Oui.
02:37C'est un travail de comédienne pas simple.
02:39C'est un travail… Ouais, mais j'ai une blague avec d'experts.
02:43Ça passe.
02:44Non, puis surtout, l'économie, elle fait partie de notre quotidien,
02:48enfin, dans chaque acte qu'on peut faire.
02:51Et on essaye systématiquement de nous faire croire qu'on n'est pas capable de comprendre.
02:55Et c'est surtout pour nous maintenir dans un état un peu d'infantilisation.
03:00Il y a aujourd'hui, il y a quand même 62% des Français qui estiment de rien comprendre à
03:03l'économie.
03:04C'est faux.
03:04Si on s'y intéresse un peu, et on peut le faire de façon très simple et très ludique,
03:09en regardant par exemple l'émission QE sur LCP, c'est notre ambition,
03:13mais on peut le faire aussi en s'amusant et en réfléchissant avec le spectacle d'Audrey,
03:18mais ou en lisant d'ailleurs le travail que vous faites.
03:21C'est-à-dire, c'est un moment, c'est pas compliqué l'économie.
03:23Et ça nous concerne tous, il ne faut surtout pas s'en détacher.
03:25Parce que le fait de comprendre nous permet de mieux connaître la société,
03:28de peut-être changer le monde, qui je pense, on partage cet avis-là,
03:33a besoin d'être un minima réaxé sur certaines valeurs.
03:38Et pour ça, il suffit de s'y intéresser, c'est très simple.
03:40Rire de l'économie, ça implique de mettre des chiffres ?
03:43Parce que souvent, qui dit économie dit chiffres, et ça fait souvent très peur.
03:47Est-ce qu'on peut s'en passer ?
03:493 428 milliardaires, 170 milliards de subventions multinationales,
03:5560 milliards de budget de l'éducation nationale.
03:58Moi, j'adore les chiffres.
03:59153 milliardaires français.
04:01153 ?
04:02Non, 53.
04:0353.
04:04Sans près, j'étais bon.
04:05Sans près.
04:07Un afghan.
04:10Un afghan ?
04:10Un afghan, oui.
04:12Il vient de rentrer dans la liste.
04:13Le continent africain, je crois que c'est moins de 20.
04:17Moins que la Suisse.
04:18Tu utilises les chiffres comme vecteur d'humour.
04:21Par-delà le texte.
04:23Par exemple, si on a plus de 9000 euros de patrimoine,
04:25on fait partie des 50% les plus riches du monde.
04:29Ah ouais ?
04:29Ouais.
04:30Ça, ça fait plaisir, non ?
04:32Ouais.
04:32Moi, ce qui m'avait frappé, c'est quand vous dites qu'il faut 31 ans
04:35pour compter jusqu'à un milliard et...
04:3711 jours pour compter jusqu'à un milliard.
04:38Et 11 jours pour compter jusqu'à un milliard.
04:40C'est pour ça que je dis que les millionnaires sont des prolétaires.
04:42C'est ça qui est assez marrant dans le spectacle aussi,
04:44c'est que je pense que les gens se rendent compte
04:48qu'ils font partie, en fait, de leur mini disparité salariale,
04:52le fait qu'il y en ait qu'il soit 4 ou je ne sais pas quoi.
04:56Comparé à l'absurdité de la fortune des milliardaires,
05:00je pense qu'il y a beaucoup de gens de droite qui sortent du spectacle
05:03et qui, tout à coup, se sentent hyper pauvres.
05:05Et ils se rendent compte qu'ils appartiennent à la même humanité, en fait.
05:08Mais c'est vrai que l'accarparement des richesses,
05:11aujourd'hui, quand j'étudie les chiffres,
05:13entre 2009, quand j'ai écrit le spectacle, et aujourd'hui,
05:16c'est un braquage, en fait.
05:19C'est-à-dire que ces gens devraient être en prison.
05:22On ne devrait même pas être en train d'en parler, quoi.
05:24On devrait juste être en train de les chasser.
05:26Mais en définitive, c'est ces gens le problème ?
05:28C'est le système ?
05:30Alors, Jean Ziegler a dit
05:32« Détester des personnes ne sert à rien.
05:34Il s'agit de comprendre l'ordre capitaliste du monde,
05:37qui est un ordre cannibale.
05:38Chaque être humain est donc investi à son égard
05:41du devoir d'insurrection. »
05:42Donc, effectivement, le problème, c'est le système,
05:45mais ils sont quand même très néfastes.
05:47J'avais vu une interview d'un gars qui disait
05:50qu'il y a des époques dans l'histoire
05:51où les sociopathes, ils étaient exclus du groupe,
05:56isolés et réduits, enfin, inactivés, quoi.
06:00Nous, on est quand même la seule société, actuellement,
06:03à mettre en valeur ces gens.
06:05Enfin, je veux dire, Donald Trump,
06:06que ce soit avec Epstein, avec tous les dossiers qu'il a,
06:09enfin, je veux dire, il ne devrait même pas
06:11avoir le droit de, je ne sais pas, moi,
06:13de tenir une boulangerie, quoi.
06:15Ah, il y a un truc de Tolstoy aussi que j'ai.
06:17Bon, vas-y, à toi.
06:17Non, mais moi, j'aime beaucoup l'idée de rire avec Tolstoy.
06:21Je veux bien t'écouter sur Tolstoy.
06:23Non, il y a une lettre, un truc assez marrant.
06:24Quelques mois avant sa mort, en 1909,
06:27Tolstoy reçoit une lettre d'un jeune avocat
06:30qui est le futur Gandhi, qui est complètement inconnu.
06:33Et Gandhi lui dit « J'ai lu votre lettre à un hindou,
06:35je la trouve bien. Est-ce que je peux la publier gratuitement
06:37pour ne rien à la lutte anticoloniale ? »
06:38Et Tolstoy lui dit « Ouais, super idée.
06:39Développer le concept de non-résistance au mal. »
06:42Et là, il y a une correspondance de sept lettres
06:43entre Tolstoy et Gandhi, que je trouve hallucinante.
06:45C'est genre, c'est dingue, quoi.
06:47Une correspondance entre Tolstoy et Gandhi.
06:49Gandhi qui n'est personne à ce moment-là.
06:50Et à un moment donné, dans une des lettres,
06:53Tolstoy lui dit un truc assez marrant.
06:55Il parle des colons anglais.
06:57Et il dit « Qu'est-ce que ça signifie, 30 000 personnes ? »
07:00Et pas des personnes du genre athlétiques,
07:02mais des personnes plutôt faibles et ordinaires,
07:04ont asservi 200 millions de personnes
07:07supérieurement dotées de pouvoirs spirituels et physiques.
07:11Ces chiffres ne montrent-ils pas
07:12que ce ne sont pas les Anglais qui ont asservi les Indiens,
07:14mais que ce sont les Indiens eux-mêmes.
07:16Et moi, je me dis « Voilà, nous, on est 8 milliards,
07:18il y a 3 428 milliardaires.
07:21On a un travail de libération à faire sur nous-mêmes. »
07:27Et ce que vient de faire Audrey est,
07:29pour moi, assez fascinant,
07:30parce que le rire est un contre-pouvoir.
07:34C'est comme les médias.
07:36Aujourd'hui, on est dans une ploutocratie,
07:38c'est-à-dire que le pouvoir est à l'argent.
07:40Et pour pouvoir bien rire d'un sujet,
07:41il faut savoir qu'on peut rire de tout.
07:43Il n'y a aucun interdit.
07:44Et oui, on peut faire rire avec l'économie.
07:46Oui, on peut faire rire avec des chiffres.
07:47Oui, on peut faire rire avec des milliardaires.
07:49Mais pour le faire bien,
07:51il faut se documenter.
07:52Il faut s'informer.
07:53C'est partout, tous les sujets qu'on veut aborder par le rire.
07:56Alors moi, ce sont des sujets plus légers,
07:57comme la pop culture parfois.
07:59Mais en tout cas, là,
07:59quand elle s'attaque à l'argent et aux chiffres,
08:02il faut se documenter.
08:03Et Audrey, c'est une femme
08:05qui travaille énormément ces sujets
08:06pour justement pouvoir pousser sa réflexion
08:09et le rire encore plus loin.
08:10Et après, on peut ne pas être d'accord avec ce qu'elle dit.
08:13Mais en tout cas,
08:14elle a des arguments et des contre-arguments.
08:16La vanne gratuite, en fait, n'existe pas.
08:18C'est-à-dire que la vanne est percutante
08:20à partir du moment où elle a du fond.
08:22Quel que soit le sujet, d'ailleurs.
08:23Que soit l'économie, que soit la politique,
08:24que soit la société, que soit la maladie, d'ailleurs.
08:27Et on peut rire, que soit Dieu,
08:29on peut rire de tous les sujets.
08:30Mais il faut le faire avec intelligence,
08:32avec fond, avec connaissance.
08:33Et ce qui est terrible aujourd'hui,
08:34c'est qu'on essaye un peu de nous confisquer
08:36beaucoup de la réflexion
08:37et de notre capacité de réflexion.
08:39Et ça passe par l'absence d'apprentissage.
08:41Et on essaye de nous faire croire
08:42qu'on n'est pas capable de comprendre
08:43ce qui se passe dans le monde.
08:44Alors que si, on est tout à fait capable,
08:46on est tous cortiqués pareils.
08:47On est tous capables d'agir, de réagir, de penser.
08:51Il ne faut pas se mettre dans ce sentiment
08:52un peu d'infériorité de
08:53« Oh là là, c'est trop compliqué pour moi ».
08:55Ce n'est pas compliqué.
08:56Il faut juste s'y intéresser.
08:57Et donc, pour ça, ça passe par l'école,
09:00ça passe par les lectures,
09:03plus ludiques, comme on essaye nous d'en faire
09:04dans nos spectacles ou dans nos émissions de télé.
09:07Mais il ne faut jamais renoncer.
09:08Parce que comprendre le monde,
09:09c'est pouvoir changer le monde.
09:10Et aujourd'hui, parfois,
09:11on nous empêche d'avoir cet accès
09:13à la compréhension du monde,
09:14peut-être un peu plus pour nous dominer plus facilement.
09:16Je ne sais pas ce que tu en penses, Audrey.
09:17Bergson, il dit « Le rire, c'est l'intelligence partagée ».
09:20Et moi, c'est vraiment ça que j'adore.
09:22C'est quand le public,
09:23quand on installe les prémices
09:25et que tout d'un coup,
09:26« Ah, il chope le truc avant nous ».
09:27Et que ça, c'est vraiment hyper jouissif.
09:30Il y a Simone Veil dans son « L'enracinement »
09:33qui parle du besoin de vérité.
09:35Elle dit « Les gens travaillent huit heures par jour.
09:37Ils n'ont pas le temps d'aller dans les grandes bibliothèques.
09:39On ne peut pas leur donner à manger du faux ».
09:41Et moi, je trouve qu'il y a un truc
09:41qui est vraiment très, très vertueux en France
09:44et qui est quand même lié à l'économie.
09:46C'est le système de l'intermittence du spectacle
09:48qui permet que les jours où je ne suis pas sur scène,
09:52je suis payée pour étudier.
09:54Et c'est pour ça aussi que j'essaye
09:55de faire des spectacles gratuits pour les luttes.
09:58Parce que je suis très reconnaissante
10:00envers les gens qui travaillent
10:01pour que je puisse, moi, lire,
10:03passer du temps à préparer les spectacles et tout.
10:05Notre système théâtral
10:08et notre système cinématographique et tout,
10:10il est unique au monde.
10:11Et quand je vois les théâtres
10:12qu'il y a dans toutes les petites villes,
10:14le fait de pouvoir aller
10:15dans des centaines de villes, de théâtres,
10:19partout, il y a des théâtres.
10:20En Italie, il n'y a plus ça.
10:21Il n'y a plus les théâtres dans toutes les villes.
10:22En Angleterre, il n'y a pas ça.
10:23Et les milliardaires,
10:25et ce qu'a fait Bolloré avec Canal, par exemple,
10:27c'est quand même de larmes de destruction massives,
10:29de la pensée, du cerveau.
10:32Vraiment, les inégalités,
10:33c'est un choix de société.
10:34Tu as une réplique de la folie des grandeurs
10:36qui est très célèbre,
10:37de Don Saluste, c'est Louis de Funès,
10:38quand il dit
10:38« Les riches, c'est fait pour être très riches
10:40et les pauvres, très pauvres ».
10:41Et donc ça, c'est un film des années 70.
10:44Et donc, déjà, ces inégalités
10:46qui font qu'aujourd'hui,
10:4762% des plus riches en France,
10:49enfin non, 1% des plus riches en France
10:51qu'avec 62% de la création de valeur,
10:53c'était l'année dernière,
10:54et des richesses,
10:55c'est un vrai sujet,
10:56c'est une vraie différence sociale.
10:58Et cet écart se creuse de plus en plus,
11:00c'est ce que tu disais
11:00quand tu as commencé à travailler.
11:03Ça vous inspire quoi
11:04qu'on arrive à un moment
11:05où un homme qui est très riche,
11:07qui est en couvre, là,
11:08du Nouvel Obs,
11:08arrive aux 1 000 milliards de dollars de fortune ?
11:12C'est des chiffres
11:13qui ne veulent plus rien dire.
11:14C'est-à-dire qu'à un moment,
11:15c'est ce que vous disiez tout à l'heure
11:17quand tu parles du fait
11:18que pour compter jusqu'à 1 milliard,
11:19il faut 31 ans.
11:20Là, maintenant, jusqu'à 1 000 milliards,
11:22donc il faut 31 000 ans,
11:24c'est ça,
11:25il faut donc 310 siècles.
11:28Ça devient totalement absurde
11:29et c'est des chiffres
11:30qui ne veulent plus rien dire,
11:31ne serait-ce que pour un être humain,
11:32ne serait-ce que pour un projet de société.
11:33Ça n'a plus de sens.
11:34C'est-à-dire que ça,
11:35pour le coup,
11:36ça passe par la financiarisation
11:38de l'économie.
11:39C'est-à-dire,
11:40ce qui a tué le capitalisme,
11:41c'est le libéralisme
11:42dans une certaine mesure.
11:44C'est-à-dire que le chiffre,
11:44j'ai neuf du chiffre
11:45et ces chiffres ne veulent plus rien dire.
11:46Et c'est pour ça
11:47qu'il faut continuer quand même,
11:48malgré tout,
11:52ces 1 000 milliards,
11:55comment ça se fait
11:55qu'ils ne vont que vers un point A ?
11:57Est-ce que peut-être
11:58on pourrait les dériver
11:59vers un point B,
11:59un point C, un point D ?
12:00Et ça, ça exige aussi
12:01qu'on s'entende tous ensemble
12:03pour comprendre
12:04ce qui se passe dans notre société
12:05et de faire en sorte
12:06qu'on vive mieux ensemble.
12:07Ce n'est pas possible,
12:08tu n'es pas d'accord avec moi ?
12:08Ah si.
12:09Pour autant,
12:10de ce que je comprends
12:11de ce que vous dites,
12:12c'est parler d'économie,
12:13c'est finalement parler de politique.
12:15Bien sûr.
12:15On est à un nom d'une présidentielle.
12:17Est-ce qu'il y a un enjeu
12:19de porter
12:21un humour incisif
12:24en matière économique
12:25et politique ?
12:26Surtout la dernière année,
12:27on va pouvoir le faire.
12:28Ah, t'en es là, toi ?
12:30Un peu.
12:31Ben oui,
12:31l'homme superflu.
12:32C'est-à-dire qu'ils veulent nous réduire.
12:35L'homme n'est fait que pour travailler
12:37et nous enlever tout le reste.
12:38Mais c'est déjà ce que disait Marx
12:40à l'époque,
12:41c'est-à-dire qu'il faut juste vivre.
12:44Rien de superflu,
12:46rien d'au-delà,
12:47pas de théâtre,
12:47pas de cinéma,
12:48pas de culture,
12:49pas d'art,
12:50pas de religion,
12:51pas de spiritualité.
12:52Et ils veulent nous réduire
12:53vraiment à notre valeur
12:54la plus mécanique.
12:57Il étant ?
12:58Il étant ?
13:00Ah, intéressant.
13:02Il étant
13:06ceux qui sont en faveur
13:07du progrès,
13:08du profit,
13:09de la destruction
13:10de la planète
13:11et de toujours
13:12plus d'argent,
13:13plus d'argent,
13:14plus d'argent.
13:15Ils transforment
13:15les êtres humains
13:17en, je ne sais pas quoi.
13:19En outils ?
13:20En outils.
13:22Après, il y a des choses
13:23que moi,
13:23je trouve intéressantes
13:24comme concept.
13:25Quand on communique,
13:27j'adore le concept
13:27de croissance négative.
13:30Qu'est-ce que ça veut dire
13:31la croissance négative ?
13:32Est-ce qu'on est capable
13:33de dire que c'est
13:34de la décroissance ?
13:35Ce serait peut-être
13:36plus simple.
13:36Il y a des mots
13:37qui existent,
13:37mais on dit
13:37croissance négative.
13:38Ils disent ça ?
13:39Oui, c'est la croissance
13:40négative.
13:40Oh là là !
13:41C'est drôle.
13:42Croissance négative.
13:43Ils ont vraiment
13:44le droit de dire nymphes ?
13:46Oui, et surtout,
13:47ça nous maintient
13:47dans une espèce
13:48de flou
13:48et d'incompréhension.
13:50C'est pour ça que
13:51vulgariser ces choses-là,
13:52en parler,
13:53communiquer bizarrement
13:53comme on est en train
13:54de faire là,
13:55parce que ce qui est marrant,
13:56c'est qu'on est là
13:57pour parler de chiffres
13:57et d'économies.
13:58Et très vite,
13:59on parle de politique,
14:00tu vois ?
14:01Je ne pense pas
14:01que ce soit bizarre.
14:02C'est juste bizarre
14:04parce qu'on dit
14:05des choses vraies.
14:06Et comme ils disent
14:07tous des choses fausses,
14:08ça paraît bizarre.
14:10Mais sauf que nous,
14:11ce qu'on dit,
14:11ce n'est pas bizarre.
14:12Et j'ai encore le droit
14:13de dire un truc
14:14de Hannah Arendt ?
14:14Oui, bien sûr.
14:17Dans Les hommes
14:18dans Les sombres temps,
14:19où elle raconte
14:20ces années 30-40
14:21en Allemagne,
14:22elle dit
14:23« Tout cela était bien réel
14:25puisque cela avait lieu
14:26publiquement.
14:27Cela n'avait rien
14:28de secret ni de mystérieux.
14:30Cependant,
14:31ce n'était pas du tout
14:32visible par tous
14:33ni du tout facile
14:34à percevoir
14:35car jusqu'au moment précis
14:37où la catastrophe
14:38atteignait tout
14:38et tout le monde,
14:39elle était dissimulée
14:41non par la réalité
14:42mais par les paroles,
14:43les paroles trompeuses
14:44et parfaitement efficaces
14:45des personnages publics
14:47qui trouvaient
14:48une explication satisfaisante
14:50aux événements préoccupants
14:51et aux craintes justifiées.
14:53C'est hyper beau, non ?
14:54C'est-à-dire qu'en fait,
14:56tous ces personnages publics
14:57qui parlent dans les médias,
14:59ces news,
15:00c'est camouflé la réalité.
15:02C'est-à-dire faire croire,
15:03par exemple,
15:04là, aller vers
15:05plus 4 degrés
15:06et dire
15:06« On va s'adapter »,
15:08ben non,
15:08on ne va pas s'adapter.
15:10Personne ne va s'adapter
15:11à plus 4 degrés
15:12donc on devrait tous
15:14être en légitime défense, là.
15:16On est dans une situation
15:17où il faut qu'on
15:18s'auto-organise.
15:19C'est intéressant
15:20ce que tu dis
15:20sur le langage
15:21et sur le flot d'informations
15:22parce qu'aussi,
15:23on se noie un peu
15:24dans ce flot d'informations,
15:26de messages,
15:27de mots,
15:27de verbiage.
15:28On est dans une espèce
15:29de tension permanente,
15:31une émotion permanente
15:32qui nous empêche
15:33d'être dans la réflexion.
15:34Et c'est vrai
15:34que de pouvoir se dire
15:35« Tiens, on peut prendre,
15:36en comprenant les choses,
15:38un petit pas de côté,
15:39un petit temps de réflexion
15:40et pas se dire
15:40« Tiens, aujourd'hui,
15:41on va être paniqué
15:42pour la dette.
15:42Demain, on va être paniqué
15:43pour les 4 degrés
15:44de réchauffement climatique.
15:45Après-demain,
15:46ça va être
15:46le nombre de missiles
15:48qui va être envoyé,
15:49le nombre d'enfants tués. »
15:50C'est chaque jour
15:51à son chiffre dramatique
15:52qui fait qu'on oublie
15:53les chiffres d'avant.
15:54Et donc,
15:54pouvoir se concentrer
15:55de temps en temps
15:56sur des sujets
15:56et leur compréhension,
15:57sortir du verbiage
15:58et revenir à des choses
15:59au fond assez simples
16:01parce que les concepts économiques,
16:02ils sont simples.
16:04Le concept même
16:04du capitalisme,
16:05il est simple.
16:06Il a d'ailleurs été totalement
16:10perverti
16:10par le libéralisme.
16:11À l'époque,
16:12Ford disait que
16:13je pense que le plus petit salarié
16:15de sa structure
16:16ne devait pas gagner
16:16moins de 25 fois
16:17ce que lui gagne.
16:19Donc,
16:20c'était un rapport
16:20de 1 à 25
16:21entre en bas de l'échelle sociale
16:23et 25 au haut
16:25de l'échelle de l'entreprise.
16:26Aujourd'hui,
16:26on est dans des chiffres
16:27qui ne veulent tellement plus
16:28rien dire
16:29où cet écart a explosé.
16:32Donc,
16:32là aussi,
16:33qu'est-ce que ça veut dire
16:34créer de la valeur
16:35et à qui elle est redistribuée
16:36et pourquoi ?
16:37Pourquoi je gagne
16:39moins que l'autre ?
16:42Qu'est-ce qu'on rémunère
16:43en fait dans le travail ?
16:44Et est-ce qu'aujourd'hui,
16:45le travail est vraiment rémunéré ?
16:47C'est aussi un vrai sujet de société.
16:48Est-ce qu'on peut devenir riche
16:49par son travail ?
16:50Aujourd'hui,
16:51je ne crois pas.
16:51On peut survivre
16:52par son travail.
16:53Et ça rejoint ce que tu racontais,
16:55c'est-à-dire de dire
16:55l'homme est fait pour travailler
16:568 heures par jour
16:57et surtout,
16:58il faut qu'il n'ait pas
16:59d'autres occupations
17:00parce qu'on va exploiter
17:01ce travail
17:01et ça va partir ailleurs
17:03que dans la valeur
17:04de son travail.
17:05Je ne sais pas
17:05dans quoi je me suis lancé.
17:08Et dans le milliardaire précédent ?
17:11À ton contact,
17:12je me gauchise dangereusement,
17:14je trouve.
17:16Dans le milliardaire 1,
17:18il y avait une scène
17:18un peu marrante.
17:19C'est de mon spectacle d'avant,
17:22la veille du mariage
17:23avec le milliardaire.
17:24J'imaginais la cérémonie
17:25de mariage
17:26et j'imaginais
17:29que j'arrivais devant l'hôtel
17:31avec mon mari et tout.
17:32Et puis que tout à coup,
17:33il y avait
17:33« Je m'oppose à ce mariage. »
17:36Et puis moi,
17:36je disais
17:36« Oncle Karl ? »
17:38« C'est rien, chérie,
17:38c'est mon oncle,
17:39un communiste.
17:40Oncle Karl,
17:40qu'est-ce que tu fais là ?
17:41Je pensais que tu étais mort. »
17:42Et puis lui, il disait
17:43« Tu ne peux pas épouser
17:44un capitaliste
17:44qui vit du travail des pauvres.
17:45Les capitales
17:46suent le sang et la boue
17:47par tous les ports. »
17:49Puis moi,
17:49je me moquais de lui
17:50en disant
17:50« Waouh !
17:51Un rapport de 1 à 20
17:53entre un ouvrier
17:54et son patron. »
17:54Enfin, je disais
17:55à ton époque,
18:02« Je vais être aussi riche
18:03que Bill Gates
18:03en travaillant au SMIC français.
18:05Il me faudrait 3,3 milliards d'années. »
18:07Désolée,
18:08j'ai un peu la flemme.
18:09Un ouvrier chinois,
18:10il aurait dû commencer
18:10à bosser au Big Bang.
18:11Non, mais tu vois,
18:12c'est hyper intéressant.
18:12Ces chiffres-là,
18:14qui sont des chiffres
18:15de vulgarisation,
18:17qui sont des ordres
18:18de grandeur,
18:19ils sont assez fascinants
18:19et nous permettent
18:20de mieux comprendre
18:21le monde dans lequel on vit
18:22et comment il se construit
18:23dans ses rapports de force,
18:24dans ses clés de répartition.
18:26Se dire effectivement
18:26qu'il va falloir donc
18:27commencer à travailler
18:28au moment du Big Bang
18:29pour avoir la même fortune
18:31que Bill Gates aujourd'hui,
18:33qui a commencé, lui,
18:34très concrètement
18:34dans les années 70, je pense.
18:36Ça raconte quelque chose
18:37de notre société.
18:37Et c'est des choses
18:38assez simples au fond.
18:39C'est des ordres de grandeur.
18:40Pas avoir peur
18:41de regarder ces chiffres
18:42pour qu'on comprenne
18:43ce qu'ils disent.
18:45Non, puis il y a des mécaniques
18:46qui te touchent tous les jours.
18:47Tu vois, quand on parle d'inflation,
18:48est-ce que tu sais
18:49ce que c'est que l'inflation ?
18:50Si on ne t'a pas appris,
18:51tu ne sais pas.
18:51C'est l'augmentation
18:52du prix des choses.
18:53Et très concrètement,
18:53ça veut dire quelque chose
18:54chez toi.
18:55D'un seul coup,
18:55tu as ton essence
18:56qui était à 1 euro.
18:58Je vous rappelle
18:58que les gilets jaunes
18:59sont sortis sur les ronds-points
19:00au moment où l'essence
19:02allait passer à 1,50 euro.
19:03Aujourd'hui,
19:04elle est à 2 euros.
19:05Où va cet argent, en fait ?
19:07Pourquoi, d'un seul coup,
19:08l'essence augmente ?
19:09D'où ça vient,
19:10cette inflation ?
19:11Et l'essence,
19:12où ça impacte les transports,
19:14où ça impacte également
19:16notre alimentation,
19:17tous les biens qu'on va faire.
19:18Et donc, d'un seul coup,
19:19on va te dire
19:19que c'est 2,4.
19:20Et puis, en année,
19:21c'est 3,2.
19:23Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
19:24Et surtout, toi,
19:24qu'est-ce que ça veut dire
19:25par rapport à ton quotidien ?
19:26C'est-à-dire que si ton salaire
19:27n'est pas aligné sur l'inflation,
19:28c'est de la perte de pouvoir d'achat.
19:30Donc, qu'est-ce que ça veut dire
19:31la perte de pouvoir d'achat
19:32dans ton quotidien ?
19:33Ça veut dire que
19:33là où tu commençais à compter
19:35le 22 du mois,
19:36tu vas peut-être compter
19:36le 18 du mois.
19:38Et comment on peut résoudre ça ?
19:39Donc, il y a plein de concepts,
19:42finalement, assez simples
19:43qui nous percutent tous les jours
19:45qu'il faut prendre le temps
19:46de comprendre et d'apprendre.
19:48Et comme ça,
19:48on a un petit peu moins peur du monde.
19:49Parce qu'une fois qu'on comprend,
19:51on peut trouver des solutions.
19:52Enfin, on peut les mettre en place,
19:53on peut adhérer à un projet commun
19:55en disant, mais cette personne-là
19:57qui prend la parole sur ce sujet-là,
19:58je suis d'accord avec elle.
19:59Et donc, je vais aller voter
20:01pour son programme économique.
20:02Plus qu'un programme politique,
20:03aujourd'hui, je pense qu'il est important
20:05d'avoir un programme économique.
20:06Parce que le pouvoir,
20:07aujourd'hui, il est dans l'économie.
20:08Tous nos hommes politiques
20:10sont très, très bienveillants
20:11avec les gens qui ont de l'argent.
20:13Donc, c'est là que ça se passe,
20:15je crois.
20:15Oui, c'est vrai.
20:16Et puis, bon,
20:16il y a quand même des choses
20:17qui donnent de l'espoir, l'Espagne.
20:19Il y a un super gars aussi en Angleterre
20:21qui s'appelle Zach Polanski, je crois,
20:23et qui est en train d'électriser l'Angleterre.
20:25C'est le leader écolo.
20:27Il y a quand même des leaders dans le monde
20:30qui commencent à avoir une pensée
20:32un peu plus égalitaire, féministe.
20:36Humaniste.
20:36Fiste.
20:38Humaniste, ouais.
20:39Et donc, il y a quand même
20:40des possibilités d'avoir de l'espoir.
20:44Je pense que vraiment, les inégalités,
20:45c'est une des pires choses au monde.
20:48J'adore un texte aussi de Pierre Clastres
20:49qui s'appelle
20:50La société contre l'État.
20:51On peut, en fait, penser
20:54hors de ces cadres-là.
20:55Il y a l'exemple des ZAD,
20:57il y a l'exemple des apathistes.
21:01Et je pense que les milliardaires
21:03sont en train de rétrécir notre imaginaire.
21:05Alors qu'en fait,
21:07il y a plein d'autres façons de vivre.
21:08Il y a des sociétés matriarcales.
21:10On pourrait être beaucoup plus...
21:11Ça, ça marche vraiment,
21:12les sociétés matriarcales ?
21:13Ouais, ça marche.
21:15Moi, l'homme blanc de plus de 50 ans,
21:17je ne suis pas convaincu.
21:19Tu veux dire, est-ce que ça fonctionne ?
21:20Tu rigoles ou quoi ?
21:21Oui, bien sûr.
21:22Tu as vraiment cru que j'étais au premier degré ?
21:24Oui.
21:25Oh la vache.
21:26Je suis donc très bon comédien.
21:28Et ça, ça me rassure.
21:30Excellent comédien.
21:30Je pense qu'il faut qu'on arrive
21:34à rêver de nouveau.
21:37Il y a un très beau texte d'Oscar Wilde
21:38qui s'appelle
21:39L'âme humaine sous le régime socialiste
21:42qu'on peut trouver sur Wikisource.
21:44Et c'est vraiment un super texte
21:46très étonnant d'Oscar Wilde
21:48contre les inégalités, justement.
21:49Et à un moment donné,
21:50il a une très belle phrase.
21:51Il dit
21:51« Il n'y a qu'une catégorie de gens
21:53qui pensent plus à l'argent que les riches
21:55et ce sont les pauvres.
21:56Les pauvres ne peuvent penser à autre chose.
21:58C'est dans cela que consiste
21:58la malédiction de la pauvreté. »
22:00Et je trouve que c'est vraiment
22:00une très belle phrase.
22:01Et c'est une telle perte de temps,
22:04cette blessure qu'on impose
22:06à nos contemporains
22:08qui sont sous-payés, maltraités.
22:10Il y a aussi la question du racisme
22:12dans l'économie.
22:13Notre économie ne fonctionne
22:14que sur la colonisation et le racisme.
22:16Donc on est obligé de penser
22:18des colonisations,
22:20anti-racisme.
22:21Et c'est ça aussi
22:22que les milliardaires...
22:22Je crois que...
22:25Donc il y a 400 femmes
22:26dans la liste de Forbes.
22:27Il y a 17 personnes noires.
22:3017.
22:32C'est...
22:33Sur 3428.
22:36Et de se dire que...
22:39Comment il s'appelle là ?
22:40Warren Buffett, il a dit
22:41« Il y a bien eu une guerre des classes
22:43ces 20 dernières années
22:44et c'est ma classe qui a gagné. »
22:46Et là, en fait,
22:47ceux qui ont gagné...
22:48C'est la classe qui veut dire
22:49c'est la classe des riches.
22:50C'est la classe des riches.
22:51Oui.
22:51Oui, c'est ma classe.
22:52En même temps, toi,
22:53tu cites des grands penseurs.
22:54Moi, j'aimerais citer Didier Super.
22:56Qui dit quand même...
22:57Qui est un grand penseur.
22:58Qui est, je pense,
22:59le plus grand philosophe
23:00du 21e siècle.
23:02Et il a écrit un texte fondateur
23:03qui s'appelle
23:04« Il y en a marre des pauvres »
23:06qui dit
23:07« Il y en a marre des pauvres.
23:09Les pauvres,
23:10quand ils jouent au loto,
23:12ils réfléchissent même pas
23:13à ce qu'ils cochent. »
23:16Je ne sais pas
23:17si ça t'a convaincu
23:17cette punchline
23:18de Didier Super.
23:21Je n'ai pas compris.
23:22Ben, s'il réfléchissait,
23:24il cocherait les bonnes cases
23:25et il pourrait gagner
23:26à l'euro million
23:26et il serait plus pauvre.
23:28Ok.
23:29Moi, j'ai vraiment
23:32beaucoup, beaucoup d'admiration
23:33pour Didier Super.
23:35En tant que penseur
23:36de l'économie et de la société.
23:37Concluons sur Didier Super.
23:39Ce qui est très important,
23:40moi, c'est en tout cas
23:41la chose dont je suis convaincu,
23:43c'est qu'aujourd'hui,
23:44il faut arrêter d'avoir peur.
23:45Tu parlais du rêve
23:46et pour pouvoir rêver,
23:47il ne faut pas avoir peur.
23:48Sinon, on fait des cauchemars.
23:49Et pour ne pas avoir peur,
23:50il faut comprendre les choses
23:52et rire des choses.
23:53Le truc le plus terrifiant
23:55dans un film,
23:56si tu te mets à rire
23:58en regardant un truc
23:58qui te terrifie,
23:59d'un seul coup,
23:59ça ne te fait plus peur.
24:01Donc, n'ayons pas peur
24:02du monde,
24:03n'ayons pas peur de l'économie,
24:04n'ayons pas peur de rire
24:05pour construire demain
24:07un monde meilleur.
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