00:00Vous avez peur du monde qui vient ?
00:03Non, c'est tragique.
00:06C'est un monde encore plus de solitude pour vous ?
00:10Ah oui.
00:12Oui, je crois que ça...
00:14Je ne visage pas ça. Je ne visage pas l'avenir.
00:18C'est pas pensable, ça.
00:21Cette prolifération de l'être humain,
00:24qui est pire que celle du rage,
00:28c'est défroyable.
00:30Les bêtes ne changent pas.
00:32Les bêtes sont merveilleuses parce qu'elles sont en contact direct avec la nature.
00:37Ce qui aurait peut-être pu sauver l'humanité, je pense, c'est peut-être la femme,
00:41parce qu'elle est encore en contact avec la nature.
00:44Elle échappe aux lois,
00:48aux imbécilités émises par les anormaux.
00:53Elle est encore en contact avec la nature,
00:55mais elle n'a pas à voir au chapitre.
00:59Et les animaux, alors ?
01:01Les animaux vont disparaître.
01:03Il ne restera plus bientôt.
01:04En Afrique, c'est de l'hécatombe permanente.
01:07Ici, quand je suis venu ici,
01:08j'avais une trentaine de nids d'hirondelles.
01:12L'année passée, j'ai eu deux nids d'hirondelles,
01:13et pour la première fois, j'ai ramassé une nid d'hirondelle
01:16qui était tombée de son lit,
01:17qui était tellement si pauvrement alimentée,
01:20grâce au progrès de la science chimique,
01:26qui assassine la terre,
01:27qui assassine l'insecte,
01:29qui assassine l'oiseau,
01:30qui tue toute vie,
01:31qui assassine l'homme,
01:32on s'en apercevra peut-être trop tard.
01:35Grâce à cela, il n'y a plus d'oiseau.
01:37Dans ce parc que je suis arrivé en 1933,
01:41c'était merveilleux.
01:43Le printemps, c'était une orgie de champs d'oiseaux.
01:46C'était quelque chose de merveilleux.
01:48Aujourd'hui, il n'y en a plus.
01:49Je ramasse chaque printemps des oiseaux morts,
01:53tombés du lit,
01:55ou des oiseaux adultes
01:56qui ont mangé des insectes empoisonnés
02:00et qui meurent.
02:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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