00:00Oui, bonsoir. Effectivement, on va falloir tirer des enseignements, mais je crois qu'il faut quand même noter de manière
00:08forte,
00:09c'est qu'on a des services d'urgence qui fonctionnent. Il faut quand même le dire, ils fonctionnent d
00:14'une manière globale,
00:16que ce soit dans les chaînes de commandement et dans les chaînes d'efficacité.
00:19On a déplacé quasiment 300 000 personnes, donc ce n'est quand même pas rien, c'est organisé.
00:26Aujourd'hui, les moyens ont été déployés et ça fonctionne. Je pense qu'il faut quand même d'abord noter,
00:33ça c'est extrêmement important,
00:34parce qu'il y a des pays qui ne sont pas capables de le faire et sont nos voisins. Je
00:37pense aux Espagnols, ils ont encore des difficultés avec ça.
00:40Aujourd'hui, quelles que ce soit les crises que l'on a, aujourd'hui, ça se passe plutôt bien. Il
00:45faut quand même noter.
00:48Le colonel qui est présent, il le sait, moi je pense à féliciter tous ces hommes et les services des
00:55pompiers,
00:55d'une manière générale, et même tous les services qui sont intervenus pour la sécurité des gens et des populations,
01:00d'une manière générale, ainsi que tous les bénévoles qui sont sur le terrain.
01:03Vous parliez tout à l'heure des agriculteurs qui connaissent parfaitement le territoire,
01:06ils connaissent parfaitement le terrain, et aussi les populations qui sont touchées avec leur maison.
01:11Leur maison, évidemment, c'est un bien important, c'est un bien dans lequel on a souvent une histoire,
01:16et souvent on n'a pas du tout envie que ça, ça parte en fumée.
01:20Donc les gens qui protègent, ils ont plutôt intérêt à le faire,
01:23et ça, ça va ouvrir une vraie discussion, un vrai débat sur les entretiens qui peuvent être faits autour des
01:28constructions.
01:28Là, on le voyait sur ces images, la construction qui est à défendre,
01:32globalement, elle n'est pas complètement enclavée.
01:34Il y a quand même des espaces de végétation qui sont relativement loin,
01:38ce qui permet d'avoir une disponibilité et d'éviter les feux de broussailles à minima.
01:44Et ça, c'est ce genre de choses que l'on devra voir partout et qui doivent être mises en
01:48place.
01:48Et ça, c'est le service minimum.
01:50Mais ça, ça va être une vraie culture du risque qui est à mettre en place.
01:54Déjà, au niveau des écoles, avec les enfants, on peut faire pas mal de choses.
01:57Et puis aujourd'hui, s'interroger vraiment sur la réduction des risques,
01:59qui est un risque certain, qui est celui d'incendie maintenant,
02:02quand on voit que la forêt de Fontainebleau a brûlé il y a 15 jours.
02:05Donc là, ça commence à poser un véritable problème,
02:08parce qu'on est au niveau national confronté à tout ça,
02:11ainsi que les services de secours, ainsi que les pompiers et chaque citoyen.
02:14Donc, ça change la donne.
02:15Et je pense que ça, c'est des prises de conscience qui vont nous permettre de réduire les risques
02:20et puis de réduire aussi les impacts matériels,
02:22si encore une fois, sur les constructions au moins, ils sont peu importants.
02:26Et c'est ce dont il faut se féliciter,
02:28parce qu'en réalité, à l'échelle d'un pays,
02:31quelques dizaines, quelques centaines de maisons comme ça,
02:33c'est pas énorme par rapport à l'ampleur du sinistre.
02:36– Très concrètement, on ne cesse de le répéter,
02:39depuis que vous faisiez référence à cet incendie de Fontainebleau,
02:43cet incendie dans les Landes et en Gironde.
02:46Je parlais également de cet incendie en Bretagne,
02:49mais c'est pas comparable évidemment,
02:51mais ça brûle également en Corse.
02:53Il va falloir repenser un certain nombre de choses,
02:55parce que je parle sous la gouverne de Karine Durand,
02:58notre spécialiste météo,
02:59où il va falloir apprendre à vivre avec ces épisodes-là.
03:03Donc, il va falloir aussi apprendre peut-être
03:05à aménager différemment les maisons de demain, je suppose.
03:10Et ce n'est pas vous, en tant qu'architecte de l'urgence,
03:12qui allez me dire le contraire.
03:13– Alors, évidemment, les maisons, c'est une chose,
03:16mais il faut d'abord parler d'un vrai sujet,
03:19qui est le problème de l'urbanisme.
03:21Donc, l'urbanisme, c'est la manière dont on dispose
03:23à la fois des espaces qui sont construits,
03:26des espaces boisés, des espaces où on va vivre,
03:28d'une manière générale,
03:29et puis les espaces de transition, quels qu'ils soient.
03:32Donc, pour l'urbanisme, il y a quand même un vrai sujet,
03:35c'est que l'urbanisme, aujourd'hui,
03:38il est uniquement fait globalement par les maires.
03:41Je n'ai absolument rien contre les maires,
03:44sauf qu'un maire n'a pas forcément la compétence,
03:47parce que ce n'est pas son métier, tout simplement,
03:49de travailler à des options d'urbanisme
03:51et puis avoir des résultats qui soient parfois très désobligeants
03:55dans les 10 ans ou dans les 20 ans qui viennent.
03:58Et puis, pour faire court, je pense que l'urbanisme
04:03doit être pensé de manière beaucoup plus raisonnée
04:05qu'il n'a été.
04:07Aujourd'hui, on est en train de...
04:08On nous a...
04:10Comment dire ?
04:10Il y a une loi, la zéro artificialisation des sols,
04:14qui a été promulguée, sur laquelle, d'ici 2032,
04:18on devrait avoir moins de 50 % de surface d'extension.
04:22Or, ça ne s'arrête pas vraiment.
04:24Et puis, avoir une neutralité à terme.
04:26Quand on sait qu'on va être obligé de replanter,
04:28de voir le...
04:29Comment dire ?
04:30Pour éviter le réchauffement climatique,
04:31d'avoir des espaces boisés.
04:33L'État, en même temps, dit, voilà,
04:35on va faire...
04:35On va planter un milliard d'arbres d'ici une dizaine d'années.
04:39Bon, tout ça, c'est bien gentil.
04:41Mais en réalité, je crois que dans les faits,
04:42ça ne suit pas vraiment.
04:43Parce qu'il n'y avait pas encore la prise de conscience.
04:45Et j'espère qu'à l'occasion de ces événements,
04:48on va pouvoir avoir une prise de conscience globale
04:50de la collectivité, de la totalité de la société,
04:53et puis de tous les gouvernants,
04:55ainsi que des élus qui sont confrontés au problème
04:57et qui, ceux qui ne le sont pas,
04:59pourraient l'être demain matin.
05:00Et ça, on peut l'être...
05:02Concerner les feux de forêt, c'est une chose.
05:04Mais n'oublions pas que dans quelques mois,
05:06on va avoir des inondations.
05:07Parce qu'aujourd'hui, on est habitué à avoir
05:09à la fois des inondations,
05:10et juste après des feux de forêt,
05:11on n'a quasiment plus de transition entre les deux.
05:13Alors, quand vous mettez tous les risques
05:15qui sont bout à bout,
05:16quand vous faites l'analyse des plans d'occupation des sols,
05:19des PLU, ce qu'on appelle des plans locaux d'urbanisme maintenant,
05:23vous faites l'analyse de ces documents,
05:25ils ont été basés sur des choses
05:26qui sont très anciennes, en fin de compte.
05:28Et vu le changement climatique,
05:29vu ce qu'il se passe,
05:30il va falloir réinterroger tout ça
05:34pour essayer de trouver des solutions
05:36qui soient le plus adaptées,
05:37le plus acceptées,
05:39et puis le plus capable de réduire les risques
05:42auprès des populations.
05:43– Sous-titrage Société Radio-Canada
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