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00:00Une des choses dont on parle à Namur ces dernières années, c'est parfois l'évolution qui n'est pas
00:04proportionnelle
00:05entre le sentiment d'insécurité et l'insécurité objective.
00:10Et donc finalement, il y aurait-il une perception des Namurois d'être moins en sécurité qu'ils ne le
00:17sont objectivement ?
00:18Il faut comprendre pourquoi, si la situation criminelle n'a pas évolué, pourquoi ce sentiment évolue ?
00:28Si on a renforcé la visibilité policière par le recrutement de nouveaux policiers ces dernières années,
00:34pourquoi est-ce que la perception de la visibilité policière n'évolue pas de la même manière ?
00:38Il faut s'attaquer à comprendre ça parce que le comprendre sera évidemment la meilleure manière de s'adapter.
00:44Le recrutement dans l'absolu, ce n'est pas une solution en soi s'il n'est pas accompagné d
00:50'une analyse opérationnelle
00:51sur comment est-ce qu'on engage les moyens pour faire face aux besoins.
00:54Ça représente énormément pour moi d'être chef de corps à Namur, énormément.
00:59Est-ce que ça représente plus dans la manière dont j'ai grandi dans cette police parce que je suis
01:05une femme ?
01:06À titre personnel, pas, parce que je n'ai jamais eu de plafond de verre à briser dans les différents
01:14services dans lesquels j'ai évolué.
01:15J'ai toujours été accueillie, respectée, considérée en tant que personne et jamais ramenée à un genre.
01:22Et en ce sens-là, je n'ai pas plus d'émotion ou plus de fierté parce que je suis
01:29une femme.
01:30Si je garde un truc qui marque au sens d'efficacité policière, la proximité sans aucun doute.
01:34Un bon agent de quartier formé, équipé et qui a le temps d'aller parfois seul dans son quartier peut
01:40sauver la vie.
01:41Des unités spéciales les plus formées qui peut-être un jour devront casser cette porte sans savoir ce qu'il
01:46y a derrière.
01:48Moi, j'ai fait donc mes stages à Namur.
01:49Et ce qui m'a marquée de cette période, c'est que comme tout est nouveau, tout est énorme.
01:56Et donc, sur ces six mois de stage, j'ai fait à peine quelques jours en proximité avec un agent
02:00de quartier qui est maintenant pensionné,
02:01mais qui s'appelait Marcel et Marcel était déjà pas très loin de la pension.
02:06Et on était à deux dans la voiture et il entend à la radio une bagarre générale entre jeunes sur
02:12un terrain de basket.
02:13Et il me dit, c'est sur mon quartier, on y va.
02:16Et moi, je me dis, t'es sûr, Marcel ? On n'est que deux.
02:19Si vraiment, et voilà, j'ai pas osé lui dire, et c'est très bien, je l'ai suivi.
02:24Marcel est sorti de sa voiture et la bagarre, effectivement, a été en cours.
02:29Et qu'est-ce que vous êtes en train de faire ?
02:31Et la bagarre, elle s'est arrêtée nette.
02:33Et les gamins ont dit, Marcel ne le dit pas à maman.
02:38Et je me dis, après, à chaque fois que je suis intervenue sur des bagarres générales,
02:44avec des jeunes de l'intervention, qui, d'office, l'appréhendent différemment
02:48parce qu'il n'y a pas cette connaissance réciproque,
02:50et combien de dossiers d'accident de travail j'ai signés,
02:53et combien de PV pour rébellion ou coût à fonctionnaire j'ai visés.
02:57Je me dis, finalement, si on avait plus de Marcel, peut-être qu'on aurait moins ce genre de dossier
03:01-là.
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