00:00Est-ce que vous pouvez nous dire quand est-ce que vous avez été évacuée et ce qui s'est
00:04passé pour vous ?
00:06Bonjour, alors nous on a été évacuée, on a anticipé notre évacuation de l'Age sur Ares le premier soir.
00:16Une fois arrivé sur Ares, on a pu dormir, on a des enfants, donc on a déjà évacué nos hôtes
00:23pour qu'ils puissent repartir chez eux
00:25puisque la situation devenait beaucoup trop critique.
00:27On est ensuite allé sur Ares parce qu'on a également un gîte pour passer la nuit sans penser.
00:33A aucun moment, à chaque fois, on a pensé que ça pouvait empirer de cette façon.
00:38Et encore au jour d'aujourd'hui, quand on voit les dégâts et quand on voit que ça approche de
00:43Bordeaux.
00:44Donc on a fait une première évacuation sur Ares.
00:47Puis le lendemain, Ares s'évacue, donc on part sur l'enton chez mon papa.
00:52Et là, je crois que c'était l'évacuation vraiment la pire puisque du coup, on a dû partir.
00:58Enfin, ça s'est fait très, très rapidement.
01:00En fin de journée, on a dû partir sur...
01:03On a été au parc des expositions de Bordeaux avec ma famille et dans un climat des plus anxiogènes.
01:11Et enfin, c'est une situation apocalyptique.
01:14C'est vraiment digne de séries, de films.
01:17C'est quelque chose qui est très, très angoissante.
01:21Et enfin, je pense que ça a un gros succès.
01:23On entend, Charlotte, la très forte émotion dans votre voix.
01:27Et on le comprend.
01:28C'est une situation extrêmement stressante et anxiogène que vous vivez.
01:32J'imagine que vous savez que la préfète a dit que même si le feu avait un peu perdu sa
01:37virulence,
01:37la menace restait très sérieuse.
01:39Et pour le moment, vraiment, il ne faut pas retourner dans ses habitations.
01:45Ah non, du tout.
01:45Nous, on a même pris la décision de quitter la région.
01:49On est partis dans le sud de la France.
01:50On a la chance d'avoir un ami qui nous prête son hébergement.
01:54Il y a une solidarité qui se fait, qui est extraordinaire.
01:57Et c'est vrai que merci aux pompiers, merci aux agriculteurs parce qu'ils sont là aussi.
02:03Et ils se battent avec tellement peu de moyens.
02:06Franchement, c'est une honte.
02:07Une honte que dans notre pays, on n'ait pas plus de moyens que ça pour les aider parce qu
02:11'ils se battent avec rien.
02:12Et ils sont encore sur le front.
02:14Et nous, on est là et on est un peu impuissants pour les aider.
02:19Charlotte, comment vous voyez les jours à venir ?
02:22Pour le moment, vous allez rester dans le sud de la France.
02:25Vous allez attendre que la situation se calme ?
02:27Alors oui, parce que de toute façon, on ne sait pas quand est-ce qu'on va récupérer nos hébergements.
02:32Si on les récupère, d'autant plus que c'est une activité aussi professionnelle.
02:36Donc, je ne sais même pas mon avenir.
02:38Je ne le connais pas au jour d'aujourd'hui.
02:40Là, on prend le temps de se reposer parce qu'on est très, très fatigué.
02:44Et on a besoin vraiment de se poser un petit peu en famille.
02:48Enfin, on a retrouvé de la famille à nous ici.
02:50Et donc, on attend un peu les directives pour pouvoir remonter.
02:54Et de toute façon, pour nous, la saison est foutue.
02:58C'est vraiment...
02:59Et puis, l'année prochaine, ça sera pareil.
03:01Parce que qui voudra venir nous voir ?
03:05Charlotte, c'est une question peut-être que vous ne vous posez pas immédiatement.
03:09Mais j'imagine qu'elle est tout de même dans votre esprit.
03:11Il y aura forcément un impact.
03:12L'impact financier pour vous va être très lourd.
03:15Ah oui, bien sûr.
03:16Nous vivons de ça.
03:18Nous avons une chambre d'hôtes.
03:19Nous avons un gîte.
03:20Au jour d'aujourd'hui, nous n'avons que des annulations.
03:22Donc, aujourd'hui, j'ai bien précisé à mes hôtes qui étaient inquiets
03:26que j'avais besoin de me reposer.
03:27Parce que je ne peux pas prendre de décision maintenant.
03:31Et puis, je ne sais même pas, en fait, où...
03:33Enfin, on n'a pas...
03:34Le feu n'est pas encore maîtrisé, n'est pas fixé.
03:36Donc, c'est très compliqué de voir, enfin, dire aux hôtes.
03:38Même s'il y a des gens qui veulent venir.
03:40C'est ça.
03:40C'est extraordinaire.
03:42Par contre, on compte beaucoup sur eux pour l'année prochaine.
03:44Parce que c'est vrai que je reçois énormément de messages de soutien.
03:47Mais le soutien, on va en avoir besoin.
03:49Enfin, les années à venir.
03:50Tout fin.
03:51Tout restaurateur, hébergeur, tout va devoir se reconstruire.
03:55Et on comptera sur vous pour venir nous aider.
03:58Parce que c'est là qu'on aura besoin de vous.
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