00:00Nicolas Prudhomme !
00:01Bonjour à tous !
00:03Je vais pas dire le patron du Tour de France parce qu'on doit vous le faire tous les jours,
00:06non ?
00:07C'est sûr, c'est sûr. Surtout quand j'étais petit.
00:09On se trompait beaucoup de se tromper, il m'appelait Nicolas Prudhomme du coup.
00:13C'est pour ça que j'en joue.
00:14Et bien Nicolas, racontez-nous, nous sommes très heureux de vous accueillir dans Véloclub.
00:18Racontez-nous comment se passe ce Tour de France en fidèle lieutenant de Paul Sexas.
00:25Ce Tour de France se passe très très bien pour nous.
00:27C'est vrai qu'il y a Olav Koi qui a gagné ce premier sprint.
00:32Franchement, ça a retiré du stress.
00:35C'était vraiment très bien pour l'équipe et tout ça.
00:38Et bien sûr, Paul qui est vraiment dans le match pour le classement général.
00:43C'est vraiment bien quand on est équipier et quand ça marche comme ça pour son leader.
00:48Il a 10 ans de moins que vous. Il vous surprend, il vous épate ?
00:53Non, c'est vrai que 10 ans, enfin 9 ans exactement.
00:57Mais bon, on peut arrondir largement.
01:00Mais c'est vrai que c'est épatant. Il est mature, il sait se détacher.
01:04On sait aussi lui donner des conseils.
01:07Mais Paul est quand même de base un très grand passionné.
01:11Et toutes les courses, il les a déjà regardées.
01:13Et en fait, il a presque une expérience de la course parce qu'il les a tous regardées à la
01:17télé.
01:17Et avec votre talent, c'est une fierté aussi d'être son coéquipier, de l'aider ?
01:23C'est sûr. En plus, avec Paul, on a partagé un petit truc.
01:28En plus, c'est cette étape autour des aplines dernière.
01:32C'est vrai que j'avais bossé toute la semaine avec Paul.
01:34On était d'accord sur le fait qu'il me l'offrait.
01:39À l'époque, je pouvais encore entrer à la pédale sur lui, mais ce n'est plus le cas.
01:43Et c'est vrai que c'est lui qui a vraiment validé la dernière décision dans l'oreillette.
01:48Et ça montre son esprit humain qui est hyper important.
01:52C'était votre première victoire, Nicolas ? Autour des Alpes ?
01:55Exactement, oui.
01:56Donc ça a changé quelque chose, bien sûr.
01:57Ça m'a un petit peu débloqué, du coup.
01:59Du coup, Johan.
02:01Et du coup, est-ce que tu fais chambre avec Paul ?
02:04Non, non, là, c'est Aurel.
02:05Ok. Parce que c'est vrai qu'on ne met pas souvent en avant le travail des équipiers.
02:09Toi, tu as remporté une magnifique victoire l'année dernière sur le Giro.
02:12Tu t'éprouves plus de satisfaction à travailler pour un leader comme ça ou à t'exprimer toi perso ?
02:18Ben, c'est différent.
02:19Aujourd'hui, je suis quand même conscient que pour jouer pour le classement général, il m'en manque.
02:24Il m'en manque, voilà.
02:26Et non, avec Paul, de savoir que rien que le début de saison, tous les moments qu'on a vécu,
02:32que ce soit à Faunardèche, même autour du Pays Basque où il était un peu fou fou, il allait partout
02:38et il gagne.
02:39Je ne vais pas dire facile, mais il gagne bien.
02:41Oui, oui.
02:42Et ouais, non, c'est vraiment motivant de voir ça.
02:45Même quand je vois que je l'ai passé au pied de la redoute et qu'il arrive à suivre
02:48Poggy, c'est pas rien.
02:50Et toi, tu nous impressionnes aussi avec ton niveau.
02:52Est-ce que tu as l'impression que c'est le fait d'évoluer aux côtés de Paul Sexas qui
02:56élève aussi ton niveau où tu as vraiment encore l'envie d'aller plus loin dans la douleur ?
03:01Oui, c'est sûr que comme on dit, jusqu'à là, moi, j'ai vraiment de la chance parce que
03:05je franchis toujours une marche par une marche.
03:07L'année dernière, c'était une belle marche, mais c'est vrai qu'au final, on sent que l'équipe
03:12aussi se professionnalise et du coup, chaque année, je repasse un cap.
03:17Et là, oui, vraiment, je me sens bien.
03:19On t'a vu aller dans une échappée sur l'étape des angles.
03:22Tu étais avec Alex Baudin juste avant l'arrivée.
03:25Est-ce que tu auras la possibilité d'aller dans une échappée encore vers l'Alpes ou alors c'est
03:30toujours à côté de Paul désormais ?
03:32C'est vrai que quand on regarde jusqu'à l'année dernière, vraiment, moi, les échappées, c'est ce qui
03:37me motivait beaucoup.
03:37Mais c'est vrai qu'on a un très, très bel objectif avec Paul.
03:41On verra si j'y vais, ça sera dans la stratégie et potentiellement au point d'appui.
03:46Nicolas, on est à quatre jours de Paris de l'arrivée du Tour.
03:49Paul est quatrième général. Il est à 20 secondes du maillot blanc.
03:52Est-ce qu'il est là où vous imaginez qu'il soit ou est-ce qu'il vous surprend quand
03:56même sur ces deux premiers tiers de tour ?
04:00Clairement, il est où je le pensais.
04:03Après, c'est vrai qu'il y a un peu l'incertitude de ces trois semaines de savoir comment il
04:07les enchaîne.
04:07Mais le cyclisme a énormément évolué.
04:10Maintenant, on fait des exos, des séances dures tous les jours en stage.
04:14Et je vois comment il a enchaîné le stage en Sierra Nevada et même avant.
04:20Je n'étais pas inquiet sur ces fêtes qu'il enchaîne les trois semaines.
04:22Là, le gros objectif, évidemment, pour lui, c'est le podium, la troisième place.
04:27C'est ça, cette semaine, les cinq prochaines étapes, quatre prochaines étapes, c'est ça ?
04:33Ben oui, c'est ça, c'est de donner le maximum, le meilleur classement général possible.
04:39Après, quoi qu'il arrive, il n'y a pas de pression. Il n'a que 19 ans, c'est
04:42son premier grand tour.
04:43J'y crois pas, mais même s'il perd une place, ça sera quand même très réussi.
04:48Alors Nicolas, on vous a vu ce matin, vous étiez à Chambéry, en famille, parce que vous avez été licencié
04:54à Chambéry.
04:55Je ne me trompe pas.
04:56Ben moi, je suis né du coup en Normandie et puis j'ai déménagé pour rejoindre le CCF, qui était
05:02l'équipe réserve d'âge 2R à l'époque.
05:05Et du coup, je suis resté dans la région.
05:07C'est vrai qu'en tant que grimpeur, c'est un peu mieux sur le côté bassin chambérien.
05:13Et voilà, maintenant, j'ai ma copine qui est par ici.
05:16Du coup, ma famille, ils ont pris le train hier et ils sont chez moi, du coup, dans mon appart
05:20à Aix-les-Bains.
05:21Et ça faisait vraiment plaisir de les voir ce matin.
05:23Votre famille était plutôt passionnée par le foot, le vélo.
05:28Oui, c'est ça.
05:29Comme on peut dire, je suis un peu arrivé sur le terre sur le vélo.
05:32Et c'est vrai qu'il faut comprendre le vélo.
05:34Et du coup, ils ont appris avec moi.
05:36Ils apprennent encore avec moi comment fonctionne le vélo.
05:39C'est quand même un sport hyper exigeant, hyper prenant.
05:42Et voilà, ça fait plaisir.
05:44Ça veut dire quoi comprendre le vélo pour une famille qui n'est pas de ce milieu ?
05:50Comme j'ai dit tout à l'heure, il évolue énormément.
05:52Que ça soit sur les temps de repos, sur la nutrition aussi.
05:56Parce que c'est vrai qu'en Normandie, je ne vais pas faire de pubs,
05:58mais on sait qu'il y a beaucoup de crème fraîche et beaucoup de beurre.
06:02Donc ça peut être déjà sur la nutrition.
06:04Mon père a du coup été bouché, donc il aime bien aussi le pâté.
06:08Il aime bien la viande rouge et tout ça.
06:11C'est entre autres la nutrition et aussi quand on a 18 ans,
06:17c'est pas aller faire à la fête tous les week-ends.
06:19C'est vrai que les championnats de Normandie, quand je les ai gagnés,
06:22j'étais à des 18 ans d'un pote la veille, mais ça marche plus ça maintenant.
06:27Et voilà, c'est quand même un sport hyper exigeant.
06:31Là, on va vivre les dernières étapes avec notamment celle qui fait peur à tout le monde.
06:35C'est celle de samedi, la seconde arrivée à l'Alpe d'Huez.
06:39Vous l'avez redouté ?
06:41J'ai monté l'Alpe la première fois en reco, du coup, il y a trois semaines.
06:46C'était vraiment l'école qui me manquait.
06:48Je m'attends vraiment à énormément de public.
06:51La redouté ? Non, on a hâte de voir si on peut faire quelque chose.
06:57Et moi, j'y crois et on va en discuter avec Paul.
07:01Merci beaucoup Nicolas d'être venu nous voir.
07:04En tout cas, t'as bonne mine.
07:06On dirait pas que t'as fait déjà 16 étapes.
07:09Non, mais c'est vrai.
07:11Parce que nous, on est maquillés, mais lui, il n'est pas maquillé.
07:13Il est la meilleure mine que nous.
07:15J'ai de la crème solaire.
07:16Et puis, je remercie votre équipe aussi.
07:19Parce que Paul est venu.
07:21Vous êtes venus.
07:22On a reçu Olaf aussi.
07:23Il y a des équipes qui ne jouent pas le jeu.
07:25On reçoit tous les plus grands cyclistes.
07:26Il y en a.
07:27On n'a toujours pas Leni Martinez.
07:29On n'a toujours pas Kevin Vauclin.
07:31Donc voilà, je tiens quand même aussi à le dire.
07:33C'était le coup de gueule de Laurent Ligue.
07:35Oui, mais c'est pas de la faute des coureurs.
07:37Les coureurs verraient bien.
07:38Non, c'est pour ça que je parlais des équipes.
07:40Voilà.
07:40Les coureurs veulent bien, mais les équipes font blocage.
07:43Le vélo ressemble davantage maintenant au foot.
07:45Avant, tu passais, t'envoyais un texto au coureur.
07:47Le coureur venait.
07:48Maintenant, tu es obligé de passer par des attachés de presse.
07:50Et les attachés de presse ne libèrent plus les coureurs.
07:52Ben voilà.
07:52Ils ne répondent pas déjà.
07:54Ils sont là pour ça.
07:55Il y en a qui ne répondent même pas.
07:56Ils sont là pour dire non à la place du coureur.
07:57Oui, c'est vrai.
07:58Oui, c'est vrai.
07:58On est trop gentils, on n'ose pas dire non.
08:00Mais bon, c'est aussi une occasion devant 2,5 millions de téléspectateurs.
08:05Ben voilà, c'est une grosse exposition.
08:07Oui, et puis on ne va pas retenir Nico trop longtemps.
08:10Mais quand on est coureur du Tour, on est content d'avoir un peu de la lumière aussi.
08:14Moi, je n'ai pas peur de le dire.
08:16J'aimais bien les caméras.
08:17Mais c'est de la reconnaissance aussi d'être mis en avant.
08:19Surtout quand on est un équipier plutôt qu'un leader.
08:23Eh bien, ça fait plaisir.
08:24C'est de la reconnaissance.
08:25C'est important.
08:25Et je pense que les sponsors sont vraiment contents d'être vus également.
08:28Et nous sommes heureux de vous accueillir, vous les champions cyclistes.
08:31Merci beaucoup Nicolas.
08:32Merci.
Commentaires