00:00Si on me donnait une seconde chance, je referais exactement le même geste.
00:02Je suis Leandro Paredes, finale de la Coupe du Monde 2026.
00:04Nous sommes entrés sur le terrain avec le statut de champion en titre.
00:06Nous allons tout donner pendant 120 minutes, mais cette fois, le miracle n'a pas eu lieu.
00:08J'ai pris une grande inspiration, j'ai remis mon maillot en place, les règles du sport de haut niveau,
00:12je les connais.
00:12Quand on gagne, on célèbre tous ensemble, quand on perd, on l'assume seul.
00:15Même si la douleur est immense, il faut toujours savoir rester digne.
00:17Mais ensuite, Gavi passait près de moi et me lançait une phrase pleine de provocations.
00:20Aujourd'hui, il n'y avait ni arbitre ni l'avare pour aider Messie.
00:22A cet instant précis, mon esprit s'est figé.
00:23Toutes les frustrations accumulées, toutes les injustices, ressentis, toute cette colère que j'avais gardée en moi,
00:27tout a explosé en une seconde.
00:29Je me fichais de la diffusion mondiale.
00:30Je me fichais de la cérémonie du champion.
00:31Fisserait le point.
00:32Je me suis retourné, et j'ai avancé par lui.
00:33Ce coup est parti.
00:34Un coup que je regretterais peu, être aux yeux du monde, mais que mon cœur a choisi à cet instant.
00:38La scène qui a suivi est devenue incontrôlable.
00:40Scaloni est arrivé immédiatement pour m'en venir.
00:41Même bloqué par mes coéquipiers, je continuais à avancer.
00:43Mes yeux étaient fixés dans sa direction.
00:44Tu peux prendre le trophée, tu peux célébrer autant que tu veux.
00:47Mais cette phase, tu n'avais pas le droit de prononcer.
00:48Tu n'avais pas le droit de manquer de respect à notre capitaine.
00:51À un homme qui a consacré la moitié de sa vie au football argentin.
00:53Un joueur qui a tout donné pour ses maillots, simplement pour servir ton moment de gloire.
00:56Je joue au football professionnel depuis plus de 10 ans.
00:58J'ai commencé dans les centres de formation à l'Argentine.
00:59J'ai traversé l'Italie avec la Roma, la France avec Paris.
01:01Avant de poursuivre mon chemin à la Juventus.
01:03Toute ma carrière, j'ai été ce milieu de terrain qui fait le travail dans l'ombre.
01:06Celui qui récupère les ballons, celui qui se bat pour les autres.
01:07Je n'ai jamais eu un talent considéré comme exceptionnel.
01:09Je n'ai jamais été le joueur au transfert record.
01:11Mon nom a toujours été associé au travail, aux interceptions, aux tirs au but.
01:14Pas à l'Uiri-Grançard.
01:15Porter le maillot bleu et blanc de l'Argentine, jouer aux côtés de Messi,
01:18c'était un rêve que j'aurais jamais osé imaginer en solitaire adolescent, devant ma télévision.
01:20Avec la sélection nationale, j'ai toujours connu mon rôle.
01:23Je couvre les espaces laissés libres.
01:24Je prends mes responsabilités dans les moments de pression.
01:26Et quand quelqu'un cherche un conflit, je suis le premier à défendre les miens.
01:29Vous pouvez dire que nous avons été moins forts.
01:30Vous pouvez vous manquer de notre échec en tant que champion de titre.
01:31Mais vous ne pouvez pas utiliser les accusations les plus basses
01:33pour salir les efforts d'une légende qui a consacré toute sa vie au football.
01:36C'était probablement la dernière coupe du monde de Messi.
01:37Nous sommes arrivés avec énormément d'espoir.
01:39Nous repartons avec une immense déception.
01:41Mais l'histoire du football argentin ne s'arrête jamais après une seule défaite.
01:42Enzo et McAllister portent déjà l'humilité sur leurs épaules.
01:45L'Otaro et Julien Navares continuent de progresser et deviennent toujours plus dangereux en attaque.
01:48La nouvelle génération reprend maintenant le drapeau bleu et blanc pour continuer à l'aventure.
01:50Ce carton rouge, et même les sanctions que la FIFA pourrait m'infliger ensuite,
01:52je les accepterai toutes.
02:09Le drapeau bleu et blanc ne perdra jamais ses couleurs après une seule défaite.
02:11L'histoire de l'Argentine est encore loin d'être terminée.
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