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  • il y a 17 minutes
Retrouvez notre soirée spéciale "Le récit glaçant des aveux de Cédric Jubillar", présentée par Loïc Besson sur BFMTV ce mardi 21 juillet 2026

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Transcription
00:00Bonsoir Guillaume, bonsoir à tous. Avec à la une, les dernières révélations de Cédric Jubilard en avouant le meurtre de
00:06sa femme.
00:06Il décrit le moment où il l'a étranglé. Je voulais qu'elle se taise, je l'ai serrée, je
00:12ne voulais pas croiser son regard.
00:13Elle est tombée. Inerte sont ses mots. Attention évidemment, ils sont crus. Il m'a fallu quelques instants pour réaliser
00:19que je venais de tuer la mère de mes enfants.
00:22Alors c'est évidemment sa vérité à lui. Ce sont ses déclarations, mais c'est ce qu'attendaient les enquêteurs
00:28depuis près de 5 ans et demi maintenant.
00:30Le meurtrier de Delphine Jubilard qui explique comment il l'a tué. Le récit de cette nuit où tout a
00:35basculé. C'est résumé par Anna Tolstos.
00:39Il est 22h30 le 15 décembre 2020. Cédric Jubilard est couché. Il s'apprête à dormir, mais en ce moment,
00:47ses nuits sont difficiles.
00:48« Je dormais mal depuis quelques temps. Je me réveillais souvent la nuit et j'allais fumer une cigarette car
00:54j'étais stressé. On parlait de divorce avec Delphine. »
00:57Deux heures plus tard, la soirée vire au drame. Aux enquêteurs, ils précisent « Ce soir-là, je me suis
01:02réveillé dans la nuit, je pense vers 1h ou 1h30, mais je ne pourrais pas être plus précis.
01:06Je suis allé dans le salon et Delphine m'a tout de suite dit « Qu'est-ce que tu
01:10fous là ? » Je lui ai répondu « Qu'est-ce que ça peut te foutre ? » Comme
01:13tu as demandé le divorce, je n'ai plus de compte à te rendre. »
01:16La discussion s'envenime.
01:17« Elle m'a montré son téléphone en le brandissant vers moi. J'ai eu l'impression que c'était
01:21une photo d'elle un peu sexy, mais je n'ai pas bien vu.
01:24C'est parti en insulte. Elle m'a dit « T'es qu'une merde, un toxico de merde. Je
01:28fais bien de me barrer. Personne ne voudra de toi. » »
01:30Cédric Jubilard sort alors de ses gonds quand Delphine lui avoue.
01:34« Puis elle m'a dit quelque chose qui m'a fait péter les plombs. Maintenant, je peux l'avouer.
01:37J'en ai trouvé un qui me fait mieux l'amour que toi. »
01:40Il s'approche d'elle.
01:41« Je voulais qu'elle se taise. Je l'ai attrapée par le cou, je l'ai serrée et je
01:44lui disais « Tais-toi ».
01:46J'ai regardé mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard. Elle est tombée inerte.
01:50Il m'a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants. Je suis
01:55en panique. Je suis tétanisé. »
01:57Le corps de la mère gît dans le salon. Il raconte aux enquêteurs que ses enfants ne doivent pas la
02:02voir ainsi car ils lui en voudraient.
02:04« Je l'ai chargé sur mon épaule et je l'ai déposé dans le coffre de la voiture. J
02:08'ai descendu la rue au point mort pour ne pas réveiller les voisins. J'ai démarré en bas. Je ne
02:12savais pas où aller. Je n'avais pas d'objectif précis. »
02:15Cédric Jubilard se souvient alors d'un endroit propice, aperçu lors d'un chantier.
02:20« J'ai évacué de la terre entre deux monticules de terreau. J'ai utilisé mes mains pour faire ça.
02:25Comme c'était du terreau, c'était facile. J'ai creusé comme je pouvais et j'ai recouvert comme je
02:30pouvais. »
02:31Il retourne chez lui, jette le téléphone de Delphine, une paire de chaussures et un manteau dans la poubelle d
02:37'un voisin à 50 mètres de la maison.
02:40Alors évidemment, ce sont des mots crus, ce sont des mots difficiles à entendre, bien sûr, on l'imagine, pour
02:46les proches et la famille de Delphine Jubilard.
02:49Mais ce sont des mots forts. Paul Conge, merci d'être avec nous, journaliste au service police-justice de BFMTV.
02:55C'est vous qui nous permettez de révéler ces déclarations de Cédric Jubilard.
03:00Ce sont des aveux que les enquêteurs attendaient depuis près de six ans maintenant. »
03:05Le service police-justice de BFMTV qui a effectivement permis de mettre la main sur ce procès verbal.
03:10Et effectivement, ça fait cinq ans et demi qu'on attendait ces déclarations, on attendait ces aveux de Cédric Jubilard.
03:16Et là, il donne quand même un déroulé très précis, sa version à lui, de cette soirée, de cette nuit
03:22du 15 au 16 décembre 2020,
03:25où il raconte finalement un geste impulsif suite à une dispute, ce qu'avaient déjà un peu commencé à dire
03:30ses avocats dans leurs précédentes communications.
03:33Et il fournit vraiment le mode opératoire de ce meurtre, parce que c'est comme ça qu'il faut l
03:37'appeler,
03:37puisqu'il parle bien d'un étranglement. Il étrangle longuement, si on croit son récit.
03:42Et ensuite, il s'attelle à faire disparaître le corps, dit-il, pour que ses enfants, leurs enfants ne voient
03:48pas ce corps.
03:48Mais voilà, il fait quand même disparaître les traces.
03:51Il amène ce corps dans un champ qu'il hésite avoir repéré un peu plus tôt, en tout cas, dont
03:55il avait le souvenir.
03:56Et il enterre ensuite ce corps, dit-il, à main nue, sous un monticule de compost, un corps qui ne
04:01sera jamais retrouvé
04:03avant qu'il ne donne la localisation précise de cet endroit, de cette dernière sépulture, si j'ose dire.
04:09Et donc, voilà, en quelques mots, en quelques phrases, Cédric Jubilard, finalement, résout une énigme judiciaire
04:15qui, depuis cinq ans et demi, taraudait un peu tout le monde.
04:19C'est sa version, sa vérité à lui. Ce sont des déclarations. Il faut les prendre pour ce qu'elles
04:22sont.
04:23Et peut-être, peut-être, des éléments du dossier viendront-ils contredire ce qu'il a dit.
04:27Mais en tout cas, on a, pour une fois, pour la première fois, le récit détaillé d'un féminicide.
04:31Et ça, c'est très important, Fanny Vielle. Bonsoir. Merci d'être avec nous, avocate pénaliste au Barreau de Paris,
04:36parce qu'on a là un meurtrier qui décrit les dernières minutes de vie de sa victime,
04:42mais aussi les heures qui ont suivi sa disparition.
04:46Oui, et c'est vrai que c'était quelque chose d'attendu.
04:48Vous avez raison de rappeler qu'il s'agissait d'une énigme judiciaire.
04:53Alors, énigme à prendre avec des pincettes, parce qu'il a été condamné par la Cour d'assises en première
04:57instance.
04:58Mais c'est vrai qu'il manquait, évidemment, de pouvoir offrir une sépulture à cette pauvre femme.
05:03Et aujourd'hui, ça va être chose faite, même si les circonstances sont particulièrement sordides.
05:11Bonjour, Philippe Zankevitch. Merci d'être également avec nous, ancien gendarme et analyste, justement, de ces cold cases au sein
05:18de l'association Indicea.
05:20Quand même une information, finalement, qui est donnée par Cédric Jubilard.
05:24On le rappelle que ce n'est que sa version, mais enfin, elle était manquante jusqu'à présent.
05:28C'est que Delphine Jubilard est morte au premier jour de sa disparition.
05:33C'est ce qu'il raconte.
05:34Oui, certainement. Après, c'est dire le concernant. On ne peut pas le vérifier.
05:39Ce qui va pouvoir amener au juge dans ses propos qu'il va pouvoir préciser, malheureusement, ça sera sa version
05:46qui lui appartient.
05:47Donc, est-ce qu'on aura la vérité vraie ? Non, puisque maintenant, c'est ainsi.
05:53Donc, le problème, c'est qu'on n'a pas tous les éléments encore, notamment sur le déroulement précis de
06:01ce qui s'est passé.
06:02Donc, ça va prendre du temps, parce que le juge va le reconvoquer.
06:06Ce n'est pas en une journée ou en deux jours qu'on va tout avoir.
06:09Donc, il va reconvoquer à nouveau Cédric Jubilard.
06:12Il va y avoir des rapprochements avec les preuves que les enquêteurs ont eues,
06:16les renseignements qu'ils ont pu obtenir pour pouvoir un petit peu progresser dans la procédure,
06:22pour aller au bout du jugement.
06:25Maître Dorothée Bissassia Bernstein est également avec nous.
06:27Bonsoir, avocate pénaliste.
06:30Cédric Jubilard décrit ce qu'il présente comme un moment de bascule, aussi, y compris pour lui.
06:37Ça fait partie, bien sûr, d'une stratégie.
06:40Stratégie, en tout cas, ce qui est évident, c'est que les éléments de langage sur tout ce qui concerne
06:46l'intention
06:47ou l'après-méditation sont soigneusement sélectionnés.
06:51Ce qui est certain, c'est que révéler et dénoncer ou avouer une version à ce stade,
06:58c'est quand même très dangereux, en tout cas beaucoup plus risqué pour lui qu'aux premiers jours de l
07:04'enquête.
07:05Pas seulement parce qu'on est moins bien vu par les acteurs judiciaires,
07:09mais surtout parce qu'en réalité, il va être confronté, et c'est déjà le cas,
07:13avec des éléments matériels antérieurs, et ces éléments matériels, par exemple,
07:17ne sont pas toujours exploités, je parle sous le couvert de monsieur le gendarme.
07:22Quand on voit les facturations détaillées, ce qu'on appelle les FADET ou les bornages,
07:26on cherche quelque chose, donc on va aller chercher quelque chose.
07:29Et chercher, par exemple, cette zone-là précise, ça vous permet de localiser d'éventuels déjà repérages.
07:35Et pour lui, si on prend l'hypothèse qu'il a construit cette version
07:40pour éviter d'être poursuivi pour homicide volontaire,
07:44pour lui, ça va être compliqué, parce qu'il ne sait peut-être pas ce qu'il y a dans
07:47le dossier
07:48qui pourrait, en tout cas, le confondre.
07:50Et typiquement, le fait d'aller repérer cet endroit, ou en tout cas d'y aller,
07:53demain, que vont faire les enquêteurs ?
07:55Ils vont aller reprendre toutes ces facturations d'avant,
07:58les bornages d'avant, pour voir s'il y allait souvent ou pas,
08:01si c'est l'unique fois depuis un mois.
08:02Vous pensez qu'il ne le sait pas, qu'il ne connaît pas le dossier qui le concerne ?
08:05C'est difficile d'anticiper sur une version où on va déjà devoir dire
08:10qu'il est une heure, qu'il se réveille, donc il n'y avait pas une dispute
08:13depuis des heures, qu'il pourrait dire une préméditation.
08:16De prévoir aussi qu'il est descendu au point mort,
08:19que c'est pour ça qu'on ne l'a pas entendu.
08:20Des choses qui relèveraient de la préméditation,
08:22il essaye de les contrer peut-être,
08:24et il va forcément se retrouver à un moment...
08:26Et puis, bon, en détention, je pense que le dossier,
08:29je crois que ma consoeur le connaît aussi bien que moi,
08:32le problème du volume des dossiers pénaux,
08:35c'est plusieurs tomes, je ne suis pas sûre qu'il ait en tête tous les jours.
08:38Il a sûrement été conseillé, je suppose, j'espère,
08:40par ses avocats, ses nouveaux avocats,
08:42qui, eux, je suppose, ont une vision peut-être exhaustive
08:44quand même de ce dossier pénal,
08:46qui certes a beaucoup de tomes, mais bon,
08:47qu'ils doivent maîtriser, j'espère.
08:48Après, s'il corps est là-bas, et qu'il est là-bas,
08:51il faut bien faire avec.
08:52Donc, qu'il ait borné là-bas ou pas, on...
08:55Alors, puisqu'on parle justement des différentes versions
08:57de Cédric Jubilard, Lisa Adef, jusqu'à présent,
09:00il a menti, et à plusieurs reprises.
09:02Oui, beaucoup, et dès le premier jour,
09:04puisque le 16 décembre 2020, à 8h du matin,
09:07à peine quelques heures après avoir signalé
09:09la disparition de sa femme à la gendarmerie,
09:12Cédric Jubilard appelle son beau-frère Sébastien,
09:15qui sent Cédric Jubilard agressif.
09:17Il lui dit, où est ta sœur ?
09:19Je sais qu'elle est chez toi, je vais appeler les flics.
09:22Et le lendemain, il va voir Cédric Jubilard avec un cousin,
09:25sans rien dire à Cédric Jubilard, il l'enregistre.
09:27Et cet échange est représentatif, si je puis dire,
09:29des zigzags du récit, ou plutôt du mensonge.
09:32Vous vous en souvenez certainement,
09:34depuis le début de l'affaire, Cédric Jubilard
09:35assurait que quand Delphine disparaît,
09:38il dort, selon son récit,
09:40il ne l'a donc pas vue.
09:424 à moins 10, 4 à moins le quart,
09:44c'est la petite qui m'a réveillé.
09:45Tu t'es réveillé comme ça ?
09:46Non, c'est la petite,
09:47elle avait perdu la sucette,
09:48donc je me suis levé.
09:49Puis là, tu vois,
09:50personne dans le lit.
09:52Je me suis dit, elle s'est endormie sur le canapé, tu vois.
09:55Elle s'est endormie, tu vois,
09:57personne.
09:57Bon, elle est au WC,
09:59pas fait gaffe,
10:00c'est sale de bain.
10:02Puis là, j'ai commencé un peu à l'appeler.
10:05Je fais, t'es là ?
10:05T'es par là ?
10:07Rien.
10:08Rien, tu vois, pas de réponse.
10:09Tu n'as pas eu le WC qui s'est réveillé ?
10:10Non, je n'ai pas créé.
10:11Tu sais, je n'ai pas...
10:13Et là, tu m'as dit,
10:14tu es sorti, tu es descendu d'accord ?
10:15Je suis descendu au sous-sol.
10:17Pareil, tu vois,
10:18il n'y avait pas de lumière,
10:18c'était tout noir.
10:19Je fais, t'es là ?
10:20Je suis descendu, j'ai fait le tour.
10:22Je fais, putain,
10:22elle est allée voir les étoiles filantes
10:23comme elle m'avait parlé, là.
10:25Et vous allez entendre la suite
10:27de cet enregistrement.
10:28Cédric Jubilard,
10:29il donne des détails surprenants
10:31sur la tenue que portait
10:32Delphine Jubilard.
10:33Et très vite,
10:34soyez attentifs,
10:35il se reprend.
10:36Qu'est-ce qu'elle avait
10:38comme chaussures ?
10:38Des espèces de boots,
10:41des trucs chauds.
10:42Non, mais c'est des trucs très chauds.
10:45C'est des trucs chauds l'hiver, quoi.
10:46Et le pyjama dessous.
10:53C'est ce que je suppose.
10:55C'est ce que je suppose.
10:56Emmêlé dans ses mensonges,
10:58c'est vrai que Jubilard s'efforce
10:59de garder la même ligne directrice
11:01dans son discours,
11:02mais ses émotions,
11:03elles, parfois,
11:04délivrent un autre message.
11:05Écoutez.
11:09Courage, hein ?
11:10Tu sais qu'on est là.
11:11Oui, je sais que vous êtes là.
11:12Je suis.
11:13Cherche comme tu peux.
11:14Fais, cherche tout ce que je t'ai dit,
11:15Cédric.
11:16D'accord ?
11:18Oui.
11:19Fais tout ce que tu peux
11:20pour la retrouver,
11:21s'il te plaît.
11:23Si t'as quelque chose,
11:24si t'as,
11:25fais tout.
11:25J'essaye d'aider au mieux
11:27comme je peux tout le temps.
11:28Fais ce que tu peux.
11:29Alors là, Lisa,
11:30on entend Cédric Jubilard
11:31en train de pleurer.
11:32Il avait aussi la force
11:33de faire chanter
11:35la famille,
11:36de Delphine.
11:36Oui, avec des menaces
11:37très claires,
11:38notamment une.
11:38Si la famille de Delphine
11:39parle à la presse,
11:40Cédric Jubilard promet
11:41de ne plus leur confier
11:42les enfants pendant les vacances.
11:44C'est à ce moment précis
11:44que Sébastien, justement,
11:46commence à soupçonner
11:47Cédric Jubilard.
11:48Et autre élément déconcertant,
11:49souvenez-vous,
11:50quand Cédric Jubilard
11:51participait aux recherches
11:53à deux reprises.
11:54Il était sur les lieux
11:55le 23 décembre 2020
11:56et le 17 mai 2021.
11:58Cédric Jubilard
11:59contribue aux battus
11:59et la deuxième fois,
12:01il quitte les lieux
12:01avant même le début
12:03des recherches.
12:04Certaines personnes
12:05qui ont côtoyé
12:05Cédric Jubilard,
12:07dont l'une de ses ex-compagnes,
12:08estiment qu'il venait aux battus
12:10pour se montrer uniquement.
12:12Son récit est glaçant,
12:14celui qu'il a livré
12:15il y a quelques jours
12:17aux enquêteurs.
12:18Ça l'est tout autant
12:19quand on regarde
12:20ces dernières déclarations.
12:22En effet,
12:23Joseph Agostini,
12:24bonjour.
12:24Vous êtes psychologue
12:25et psychanalyste,
12:26auteur du livre
12:26Dans l'ombre des tueurs.
12:29Cédric Jubilard,
12:30à un moment,
12:30dans le premier extrait,
12:31où on l'entend
12:32derrière le téléphone,
12:33il parle notamment
12:34de sa fille
12:35où il dit
12:35qu'elle avait perdu sa sucette,
12:37quelque chose
12:37de très banal
12:38cette nuit-là.
12:39Ce qu'il raconte,
12:40désormais,
12:42qu'il reconnaît
12:43avoir tué sa femme,
12:45il raconte finalement
12:46que la mère
12:47de ses deux enfants
12:48elle est en train
12:48d'agoniser
12:49et pour autant
12:51il ne la lâche pas.
12:53Et ça dure.
12:54Et ça dure.
12:55Et il ne se rendra compte
12:56qu'après,
12:56c'est ce qu'il dit,
12:57il réalisera
12:58qu'il vient de tuer
12:59la mère de ses enfants.
13:01Oui,
13:01mais vous savez,
13:03dans ces moments-là,
13:04il y a ce qu'on appelle
13:05un mécanisme de défense
13:06qui s'appelle
13:07le clivage
13:08et la personnalité
13:09se coupe littéralement
13:10en deux.
13:10C'est-à-dire,
13:10on est dans le quotidien
13:11le plus profane
13:12avec la petite
13:13qui perd la sucette,
13:14avec la vie qui va,
13:16qui continue.
13:16Et puis,
13:17une humiliation.
13:19Et je dirais
13:20qu'au fond,
13:21quand on reçoit un coup,
13:23une humiliation,
13:23une violence morale,
13:25on est tous enclin
13:26à une forme de violence.
13:27Une violence verbale,
13:29une envie de couper court
13:31à ce qui est dit.
13:32Mais on ne passe pas
13:33à l'acte.
13:34c'est-à-dire,
13:34le passage
13:35à l'acte criminel
13:37concerne certaines personnalités
13:39narcissiques,
13:40en l'occurrence,
13:40qui refusent de renoncer,
13:43qui sont dans l'omnipotence,
13:45qui sont dans le refus aussi
13:46de considérer l'avenir,
13:47l'avenir de la personne
13:48au moment d'une séparation amoureuse.
13:50C'est vrai qu'il s'agit d'accepter.
13:52C'est une vexation,
13:53c'est une blessure
13:54très importante
13:55pour chacun d'entre nous.
13:56Et Cédric Jubilard
13:57a, semble-t-il,
14:00refusé cette chose-là,
14:02refusé l'évidence,
14:03refusé l'impasse amoureuse
14:05et choisi le passage
14:06à l'acte criminel.
14:07C'est une chose
14:08de passer à l'acte,
14:09c'est une chose aussi
14:10d'aller jusqu'au bout.
14:11Parce que, évidemment,
14:13tout ça est évidemment sordide.
14:15Mais pour le coup,
14:16c'est une réalité.
14:18Ce sont les dernières déclarations
14:19de Cédric Jubilard
14:21lorsqu'il raconte
14:23qu'il a tué sa femme
14:24en l'étranglant.
14:26Là, il se passe
14:27un laps de temps
14:28assez important
14:28où à aucun moment
14:29il ne desserre l'étreinte.
14:32Oui, ça, c'est évident.
14:33Il a vraiment...
14:34Ça a duré longtemps.
14:35C'était même
14:35une partie d'agonie
14:38pour Delphine Jubilard
14:39parce que, vraiment,
14:41c'est quelque chose,
14:42un étranglement,
14:42c'est vraiment...
14:43On va loin.
14:44On va loin
14:44et dans la haine,
14:46on sert énormément.
14:48Est-ce qu'on va pouvoir...
14:48On sert énormément
14:49et on sert longtemps aussi.
14:50Très longtemps.
14:50Oui, longtemps.
14:51Sans que ça laisse le temps
14:52au moment de réaliser
14:53qu'on est quelque chose
14:54en train de faire
14:55quelque chose de très grave.
14:56Voilà, on coupe la respiration,
14:57on coupe le système sanguin
15:00du cerveau.
15:01C'est vraiment...
15:02La personne agonise,
15:03la pire connaissance.
15:04Bon, maintenant,
15:04il va falloir définir
15:05si vraiment c'est un...
15:07C'est vraiment comme ça
15:08que ça s'est passé.
15:08On ne le sait pas trop.
15:10Et sur le plan criminologique,
15:11également,
15:12c'est tout à fait particulier
15:13parce que ça exige
15:14une détermination
15:15et une impossibilité
15:16d'être intimidé aussi
15:18par ce qu'on vient de faire.
15:20C'est vrai que quand on commet
15:21des actes,
15:22parfois, on est dissocié.
15:23C'est-à-dire,
15:23l'acte n'est pas nous-mêmes.
15:25On ne s'identifie pas
15:26à ce qu'on est en train de faire.
15:27Or, pendant toutes ces minutes,
15:28il y a bien une obstination farouche
15:31à être dans cet acte criminel.
15:32Mais alors là,
15:33quand on reprend ses propos,
15:33il dit,
15:34je regardais mes pieds
15:34parce que je ne voulais pas
15:35croiser son regard.
15:36Oui, il le faisait.
15:37C'est-à-dire,
15:38oui, d'accord,
15:38mais ses mains parlaient pour lui.
15:40Moi, je trouve que c'est peut-être là
15:41quand il dit
15:41qu'il regardait ses pieds.
15:43C'est peut-être là
15:43que, justement,
15:44c'est un peu travaillé
15:45parce que, quand même,
15:46aux assises, souvent,
15:47les psychiatres et psychologues
15:49viennent expliquer
15:50pourquoi 20 coups de couteau,
15:52pourquoi si longtemps.
15:53Et ils expliquent quand même,
15:55je me rappelle
15:55d'un très jeune garçon
15:56de 18 ans,
15:57qu'en fait,
15:58c'est sidérant aussi.
15:59Le passage à l'acte,
16:00la facilité avec laquelle
16:01vous venez de passer à l'acte
16:03peut créer un moment de choc.
16:05Le fait de venir expliquer
16:06qu'on regardait ses pieds,
16:07c'est assez,
16:08finalement, singulier.
16:10Mais le phénomène,
16:11il est quand même
16:12de dissociation
16:13et il peut quand même
16:13entraîner une sidération
16:15pendant un laps de temps
16:16assez long.
16:17Sur un plan psychologique,
16:18vous avez tout à fait raison.
16:19C'est-à-dire,
16:19le fait de se souvenir
16:20de ce qu'il faisait
16:21en dit long
16:22parce qu'effectivement,
16:24souvent,
16:25en matière de choc émotionnel,
16:26on est comme étranger
16:28à ce qu'on fait.
16:29Effectivement,
16:29il se souvient.
16:30Ça permet de rappeler,
16:31en effet,
16:31que tout ça participe
16:32à une stratégie de défense.
16:34Le fait de le dire
16:35qu'il a réalisé
16:38qu'après coup,
16:38ce qu'il venait de faire,
16:39qu'entre guillemets,
16:40il le regrettait déjà,
16:41qu'il ne le regardait pas
16:42dans les yeux
16:43au moment où il était
16:44en train de l'étrangler.
16:45Ce qu'il cherche à faire,
16:46clairement,
16:46c'est à écarter
16:47la thèse,
16:48la piste
16:48de la préméditation.
16:50C'est difficile
16:52parce qu'on comprend
16:54avec difficulté,
16:55en fait,
16:55ce qui est un peu
16:56en train de se jouer
16:57en termes de stratégie
16:58de défense
16:58pour être transparente.
17:00On peine un peu
17:01à imaginer
17:03qu'il ne puisse pas
17:03se poser,
17:04par exemple,
17:04la question
17:05de la préméditation
17:05lorsqu'on a entendu
17:07à de nombreuses reprises
17:08des témoignages
17:09de personnes
17:10qui indiquent soit
17:11qu'ils ont reçu
17:12les aveux
17:13de Cédric Jubilard
17:14qui disait
17:15en avoir marre
17:17et à un moment donné
17:19s'être dit
17:19que ça suffisait
17:20et aussi
17:21le témoignage,
17:22par exemple,
17:22de sa mère
17:24qui vient expliquer
17:25qu'il lui a même dit
17:26je vais la tuer.
17:27Donc,
17:27c'est vrai que là,
17:29il y a quelque chose
17:30d'un peu presque
17:30en décalage
17:32avec ces éléments
17:32qu'on a tous
17:33puisqu'ils sont
17:34aujourd'hui dans les médias
17:35et qu'on a son témoignage
17:36qui est à chaque fois
17:37rappelé sur votre plateau.
17:39Avec ce qui est en train
17:40de se jouer
17:41de la part de sa défense,
17:42c'est-à-dire d'essayer
17:42d'expliquer que tout ça
17:43serait une sorte
17:45de passage à l'acte
17:46par un débordement
17:47d'émotions
17:48qui en plus
17:49est contredit,
17:50on l'a rappelé,
17:51et ma consoeur a eu raison
17:52de le dire,
17:53Dorothée Bizon-Kaberstein
17:54par quelque chose
17:55qui effectivement
17:56est de l'ordre
17:56d'interroger.
17:58Oui,
17:58regarder ses pieds,
17:59être capable
17:59d'écrire
18:01tout point par point.
18:03C'est vrai
18:03que c'est particulier.
18:04Moi,
18:05j'avais assisté
18:06quelqu'un
18:06qui avait été auteur
18:07d'un féminicide
18:09dans le cadre
18:10de mon travail
18:11et c'est vrai
18:12que lui indiquait
18:13que c'était un flou,
18:15c'est-à-dire qu'il avait
18:16un moment
18:17qu'il n'était pas
18:18en capacité
18:18de décrire
18:19et là,
18:20je remarque
18:20que ça n'est absolument
18:21pas le cas
18:22puisque M. Jubilard
18:24explique un peu
18:24finalement
18:25par le menu
18:26l'intégralité
18:27de ce qui lui est passé
18:28par la tête
18:28de ce qu'il a fait.
18:29C'est curieux, oui.
18:30Alors,
18:30il y avait déjà
18:31des éléments
18:32qui provenaient
18:33de témoignages extérieurs
18:34où on avait compris
18:35que le couple
18:36avait des difficultés.
18:38D'ailleurs,
18:39c'est aussi
18:40ce que raconte
18:40Cédric Jubilard
18:41dans ses aveux.
18:43C'est parti en insulte.
18:44Elle m'a dit
18:45« T'es qu'une merde,
18:46un toxico de merde,
18:47je fais bien de me barrer,
18:48personne ne voudra
18:49de toi. »
18:50Pourquoi Cédric Jubilard
18:51raconte ces échanges-là ?
18:52Parce que selon lui,
18:53c'est ce qui l'a poussé
18:54finalement à avoir
18:55cet excès
18:56de colère,
18:57de violence
18:58en tout cas
18:58qui l'a poussé
18:59au pire.
19:00Elle m'a dit
19:01quelque chose
19:01qui m'a fait péter
19:02les plombs,
19:02dit-il encore
19:03« Maintenant,
19:04je peux te l'avouer,
19:05j'en ai trouvé un
19:06qui me fait mieux
19:07l'amour que toi. »
19:09Ce sont les propos
19:09de Delphine Jubilard
19:10que raconte
19:13Cédric Jubilard.
19:14Encore une fois,
19:14c'est sa version,
19:15Paul Conge,
19:16mais en tout cas,
19:17là,
19:18il présente
19:18une explication
19:20à son passage à l'acte.
19:21C'est sa version,
19:22il n'y aura pas grand monde
19:23pour la contredire
19:24malheureusement,
19:24mais c'est vrai
19:25qu'il décrit
19:25depuis le départ
19:26dans ses aveux
19:27un geste totalement impulsif
19:28où il parle de panique,
19:29il ne regarde pas
19:30ce qu'il fait,
19:31comme si tout ça
19:31finalement était
19:33le produit de l'instant
19:34quelque part.
19:35Il pète les plombs.
19:36Et pourtant,
19:37après,
19:37il s'attèle très minutieusement
19:38à effacer les traces,
19:40à transporter le corps,
19:41à l'enterrer,
19:41à se laver les mains,
19:43à jeter le téléphone,
19:44dit-il,
19:45à jeter les vêtements
19:45de son épouse
19:46et puis ensuite,
19:47il prend le soin
19:48de mentir
19:48pendant 5 ans et demi.
19:50Donc, il a un comportement,
19:50dit-il,
19:51irrationnel au départ,
19:52mais très irrationnel
19:52par la suite
19:53où il va méthodiquement
19:55faire en sorte
19:56que personne ne pense
19:57qu'il soit à l'origine
19:57de la disparition
19:58de son épouse.
19:59Oui, parce que ça fait aussi
19:59partie des autres éléments
20:01qui intéressent,
20:02bien sûr,
20:02les enquêteurs.
20:04Comment il a tué sa femme ?
20:06Ce sont les dernières minutes
20:07de vie de Delphine Jubilard.
20:08Et puis,
20:08les heures qui ont suivi,
20:10comment il a cherché
20:11à dissimuler le corps.
20:13Et là,
20:14il donne une explication
20:16toute prête à l'emploi,
20:17j'ai envie de dire,
20:18parce que ça fait aussi,
20:18bien sûr,
20:19partie des questions
20:20que se posent
20:20les enquêteurs
20:22en vue d'envisager
20:23une éventuelle
20:24préméditation.
20:25Alors,
20:26ce qui est certain
20:26en ce moment,
20:27c'est que les enquêteurs
20:27vont chercher
20:28la manière
20:29dont elle a été tuée.
20:32Alors,
20:32il parle d'étranglement,
20:34on n'a pas tous les éléments,
20:35on n'a pas l'ensemble
20:36des restes
20:37de Delphine Jubilard,
20:38parce que,
20:39bon,
20:39il y a ce fameux
20:40ossoïde
20:40qui est donc,
20:41s'il est rompu,
20:42forcément,
20:43ce qu'on a derrière.
20:44Voilà,
20:44c'est une preuve
20:45irrémédiable
20:46que c'est un étranglement
20:47et un étouffement.
20:48Mais on ne l'a pas.
20:49Mais on ne l'a pas.
20:50Donc,
20:50le problème,
20:51c'est qu'on ne va pas pouvoir,
20:52je pense,
20:53avoir la certitude
20:56scientifique
20:56du décès
20:57de Delphine Jubilard.
20:58On n'aura que les propos
20:59de son mari.
21:01Après,
21:01excusez-moi,
21:02mais il y a quand même
21:02une chose,
21:03quand on n'a pas
21:04des choses dans un dossier,
21:05quand on a,
21:06les éléments ne sont pas là,
21:08on peut aussi se dire
21:09qu'est-ce qu'on devrait trouver.
21:11Et typiquement,
21:12un étranglement,
21:13ça crée des lésions de défense.
21:14C'est-à-dire qu'une personne
21:15qui,
21:16pendant 4 minutes,
21:17agonise,
21:17elle se défend.
21:18Donc,
21:18on a des lésions sur les mains,
21:20on a des lésions sur les avant-bras,
21:21sur son visage.
21:22Et vraisemblablement,
21:23s'il avait présenté
21:23ces lésions-là,
21:24il aurait sans doute
21:26fait l'objet.
21:27Enfin,
21:27en tout cas,
21:28ça aurait été constaté.
21:28Je ne crois pas que ça l'a été.
21:29Donc ça,
21:30c'est vrai que c'est
21:30un vrai point d'interrogation.
21:31Il a parlé d'une clé.
21:33Il a même mimé
21:33à son ami.
21:36Comment il avait fait ?
21:36Il a fait une clé.
21:38Vraisemblablement,
21:39il n'aurait pas étranglé
21:39de ses mains.
21:40Il a parlé d'une clé.
21:41Ce sont des propos rapportés.
21:42Voilà,
21:42donc c'est encore quelque chose
21:43qui a été rapporté.
21:45Donc,
21:45il va pouvoir,
21:46parce que c'est un joueur,
21:48donc il va pouvoir dire
21:49ce qu'il veut
21:49et finalement,
21:50oui,
21:50on n'aura pas,
21:51parce qu'à la base,
21:53il n'acceptait pas
21:54que sa femme puisse partir
21:55et refaire sa vie
21:56et revivre mieux.
21:58Ça,
21:58c'est déjà radical.
21:59En tout cas,
21:59le mode opératoire
22:00qu'il décrit,
22:01à savoir la strangulation,
22:02est compatible
22:02avec les éléments
22:04qui ont été relevés
22:05au domicile des jumelaires,
22:06à savoir qu'il n'y a pas
22:07d'éclavos sur 200,
22:08de traces de 100,
22:08l'impact de balles,
22:09d'armes blanches,
22:10par exemple,
22:11qui auraient été retrouvées.
22:12Tout a été placé
22:13au Bluestar.
22:13C'est ce produit
22:14qui permet de révéler
22:15les traces de 100,
22:16même quand elles ont été effacées.
22:16Il n'y a jamais rien eu
22:17Il n'y a jamais eu
22:17des traces de 100
22:18compatibles avec
22:19une scène de crime,
22:20une scène de meurtre.
22:21Donc là,
22:21pour le coup,
22:21la strangulation,
22:22au moins,
22:22rentre,
22:23disons,
22:23dans les clous
22:23de ces explications
22:24et dans les clous
22:25des constatations
22:26faites par les enquêteurs.
22:27Mais les regrets
22:28qu'il exprime désormais
22:30vont quand même
22:38tout à l'heure.
22:39C'est-à-dire que
22:39cette ligne de défense,
22:41le procès,
22:42c'est quand même une danse.
22:43Il faut la mener.
22:44Et cette ligne de défense,
22:45il y a une temporalité
22:47particulière
22:48dans chaque procès.
22:49Il dit ça
22:50au moment précis,
22:52justement,
22:53où il ne peut plus
22:54convaincre personne.
22:55C'est-à-dire,
22:55il est tellement
22:57comme ça dans le...
22:58Il est à nu, quoi.
23:00Il est à vif.
23:01Il ne peut pas,
23:01en quelque sorte,
23:02et il ne pouvait
23:03à ce moment-là
23:04verser que
23:05dans ce type d'aveu.
23:06Il était acculé
23:08à ce type d'aveu.
23:09Avec des regrets
23:10très limités
23:10parce qu'on sent poindre
23:13la thèse
23:15des violences réciproques
23:16et de la femme critique.
23:20S'il l'invente,
23:21on parle de l'hypothèse
23:21où il inventerait
23:22un dialogue,
23:23elle lui aurait dit,
23:24et c'est ce qu'il va chercher
23:25pour finalement
23:27Amado et émouvoir tout le monde,
23:28elle lui aurait dit
23:29qu'elle avait trouvé
23:29un homme qui lui faisait
23:30mieux l'amour.
23:31Donc, il se dirait quand même
23:32que c'est vraiment
23:33quelque chose
23:34que tout le monde
23:34serait susceptible
23:36de trouver vraiment
23:38justifiant
23:39un acte de colère.
23:40C'est pas machiste.
23:41C'est en tout cas
23:42assez révélateur.
23:43Il a eu quand même
23:44cinq ans et demi
23:44pour pouvoir faire,
23:46si je peux dire,
23:46son scénario
23:48et aller pour...
23:49Et des bêtises
23:50parce qu'il a quand même...
23:50Et ces déclarations
23:51que l'on voit encore,
23:53j'ai réalisé
23:54que je venais de commettre
23:55quelque chose d'abominable,
23:56je pense beaucoup
23:56à mes enfants,
23:57j'ai peur qu'ils m'en veuillent,
23:59qu'ils ne veulent plus
24:00me parler.
24:01C'est vrai qu'on est obligé
24:01de penser aux enfants
24:03d'Elphine Jubilard
24:04et Cédric Jubilard,
24:05ces deux enfants
24:07dont le fils,
24:08d'ailleurs,
24:09avait témoigné,
24:10avait expliqué
24:10qu'il avait entendu
24:11une dispute
24:12de ses parents
24:12la nuit de sa disparition.
24:15Et désormais,
24:15ce sont ces enfants
24:17qui entrent aussi
24:17dans les déclarations
24:19de Cédric Jubilard.
24:20Oui, et puis il dit
24:21j'ai peur qu'ils m'en veuillent,
24:22je pense qu'on est
24:22un peu au-delà de ça,
24:23déjà, à vrai dire.
24:25Il avoue avoir tué leur mère,
24:26avoir enterré
24:27tous un tas de compost,
24:28vont-ils lui en vouloir ?
24:29Probablement.
24:30De fait, c'est vrai
24:31que son fils,
24:32depuis le début,
24:33déclare qu'il a assisté
24:34à une dispute le soir,
24:35le soir des faits,
24:35même si Cédric Jubilard
24:36s'est attelé
24:37à vraiment démentir
24:39ce propos en disant
24:40qu'il s'était trompé de jour,
24:41trompé de date,
24:41que ce n'était pas
24:42la bonne période.
24:43Maintenant, peut-être
24:44pourra-t-il à nouveau
24:45revenir là-dessus ?
24:47C'est vrai que les enfants,
24:48ils assistent à tout ça,
24:49ils sont malheureusement
24:50au courant
24:51de tous les détails
24:52scabreux maintenant
24:53de cette affaire,
24:54la question des offres,
24:54On sait d'ailleurs
24:54comment ils vont,
24:55comment ils sont pris en charge
24:57depuis ?
24:58Il y a une administratrice
24:58qui s'occupe d'eux,
24:59il y a ses avocats,
25:00son avocat notamment
25:01Maître Boguet à Toulouse
25:02qui, en l'occurrence,
25:05colportent leur parole
25:06et qui est en lien avec eux.
25:08On ne sait pas vraiment
25:09dans quel état ils sont,
25:10on imagine
25:10que c'est dans un moment
25:12extrêmement compliqué
25:13où finalement
25:14la réalité se dévoile
25:16et ils savent maintenant
25:18ce que leur père a fait.
25:19Alors la justice
25:20n'avait pas attendu
25:21évidemment les aveux
25:23de Cédric Jubilard
25:25parce qu'il y avait déjà
25:25des éléments
25:26mais enfin désormais
25:27il y a ces aveux
25:29décrits en détail
25:31par le meurtrier
25:32de Delphine Jubilard.
25:34Est-ce que ça va permettre
25:35potentiellement aux enquêteurs
25:36de faire de nouvelles recherches
25:38pour trouver des éléments
25:40matériels
25:41qui pourraient appuyer
25:42ou non
25:44les aveux
25:44de Cédric Jubilard ?
25:46Oui, ça va être important
25:47pour eux
25:47de travailler encore.
25:49Ce qu'on peut remarquer
25:50c'est que la justice
25:51a été au bout
25:52comme on dit
25:53sans aveux
25:54sans corps
25:55de Delphine Jubilard.
25:57On a quand même été
25:58au bout.
25:59Maintenant,
26:00ce qui va se passer
26:01c'est qu'il va y avoir
26:01des rapprochements
26:02qui vont être faits
26:03avec les enquêteurs
26:04d'après les dires
26:05d'après les témoignages
26:06ce qu'il va falloir.
26:06Ça va être un peu
26:07ça va prendre du temps.
26:09C'est pour ça que
26:09dès le départ
26:10je pensais aussi
26:11que le 21 septembre
26:12n'était pas possible
26:13d'aller au bout
26:14parce que
26:15entre le fait
26:17déjà d'identifier
26:18les restes humains
26:20ensuite
26:20de rapprocher
26:21de convoquer
26:22C'était très rapide
26:25mais il va falloir
26:25reconvoquer
26:26Céry Jubilard
26:27en trois jours
26:28on a su
26:28qu'il s'était
26:29évidemment
26:29maintenant
26:29il va falloir
26:31travailler
26:32pour connaître
26:32un petit peu plus
26:33ce qui s'est réellement passé
26:34d'après les dires
26:35de ce qu'il va déclarer
26:36au juge
26:37et faire des rapprochements
26:38et des témoignages
26:39parce que
26:40c'est pas fini encore
26:41je pense qu'il y a encore
26:42du travail à faire
26:44pour justement
26:45corroborer bien
26:45les éléments
26:46et que ça soit bien réuni.
26:47D'ailleurs
26:48ce procès
26:50devant la cour
26:51d'assises d'appel
26:52a été officiellement
26:54reporté
26:55aujourd'hui
26:55et il aura lieu
26:56il aura lieu
26:57au premier semestre
26:582027
26:58de ce qu'on sait
26:59probablement
27:00avant le mois d'avril
27:01reporté
27:02parce que
27:02il y a des actes
27:03d'enquête
27:03à entreprendre
27:04pour notamment
27:04vérifier
27:05les déclarations
27:06de Cédric Jubilard
27:07respecter le contradictoire
27:08donc ça met un peu de temps
27:09là la date du 21 septembre
27:10était clairement
27:11trop rapprochée
27:12pour faire ce travail
27:12les vérifier
27:13et les évaluer
27:14aussi ces aveux
27:15et ces déclarations
27:16de Cédric Jubilard
27:17est-il sincère ou non
27:18c'est bien sûr aussi
27:19une des questions
27:19qui se pose
27:21nous ne pouvons pas
27:22y répondre
27:23mais est-ce qu'il va y avoir
27:24aussi de nouvelles
27:26expertises psychiatriques
27:27bien sûr
27:27il va y avoir
27:28de nouvelles expertises
27:29psychiatriques
27:29et psychologiques
27:30pour déterminer
27:31à qui on a affaire
27:32parce qu'effectivement
27:33on est sur une personnalité
27:34très trouble
27:35il nous laisse peu passer
27:38c'est très difficile
27:39à dire
27:40au fond
27:40on sait qu'il y a
27:41comme ça
27:42un narcissisme
27:42extrêmement blessé
27:43on sait que c'est une personne
27:45qui a très mal supporté
27:46le fait d'être
27:48trompé
27:48mais
27:50comment a-t-il
27:52franchi
27:53le cap du passage
27:53à l'acte criminel
27:54on a encore
27:55assez peu d'éléments
27:56là-dessus
27:57il justifie quand même
27:58deux actes
27:59il justifie
27:59vous en parliez tout à l'heure
28:00mettre
28:02le meurtre
28:02de sa femme
28:03en expliquant
28:04effectivement
28:04qu'il y a une forme
28:05de jalousie
28:05pour son nouveau
28:06compagnon
28:07et il justifie aussi
28:08la dissimulation du corps
28:09parce qu'il explique
28:10que c'est parce qu'il a peur
28:12que ses enfants lui en veuillent
28:12et dit
28:13il fallait que je la cache
28:14qu'est-ce que ça dit ça
28:15de Cédric Jubilard
28:16c'est surtout
28:17la temporalité
28:19encore une fois
28:19de la ligne de défense
28:20qui dit quelque chose
28:21parce qu'effectivement
28:22quand on est pris
28:23en flagrant délit
28:24quand on s'effondre d'abord
28:26moi je dois dire
28:27une chose effectivement
28:28sur un plan psychologique
28:29quand on tue sa femme
28:30et quand on a une personnalité adaptée
28:31on s'effondre
28:32on ne peut plus parler
28:33on est sidéré
28:34on est comme dépassé
28:35par son agir violent
28:37le fait de ne pas s'effondrer
28:39le fait de ne pas dire
28:42dire ce qu'il en est
28:43pendant tant d'années
28:44révèle aussi quelque chose
28:46de la personnalité
28:46sur un plan psychopathologique
28:48parce que fatalement
28:49il y a quelque chose
28:49qu'on est capable
28:50de retenir en soi
28:51il y a quelque chose
28:53qu'on est capable
28:53de ne pas dire
28:54à ses propres enfants
28:55pas seulement à la justice
28:57aux médias
28:57il est quand même aussi
28:58question de père à enfant
29:00quelque chose
29:01qui ne s'est pas dit
29:02au risque de leur faire du mal
29:04au risque de les détruire
29:06psychiquement
29:06parce que c'est le cas
29:07c'est d'ailleurs pour ça
29:08que évidemment
29:08cette déclaration
29:09lorsqu'il dit
29:10j'ai peur que mes enfants
29:11m'enveuillent
29:12paraissent peut-être
29:13un peu décalés
29:14on a l'impression
29:14qu'il minore
29:15dans ces moments-là
29:16on a l'impression
29:17que voilà
29:17j'ai peur que les enfants
29:18m'enveuillent
29:18comme quand on a cassé un verre
29:20c'est presque dérangeant
29:22très sincèrement
29:23je crois qu'il faut le dire
29:24c'est dérangeant
29:24ce type de propos-là
29:26comme si finalement
29:28en plus
29:29pardonnez-moi
29:30mais il faut quand même
29:31remettre un peu les choses
29:32dans leur contexte
29:32il vient de tuer sa femme
29:33la première personne
29:35à qui il pense
29:35c'est ses enfants
29:36peut-être que ça devrait
29:37d'abord être sa femme
29:39qu'il vient d'abattre
29:40plutôt que ses enfants
29:42et dans un deuxième temps
29:43effectivement conscientiser
29:44qu'il a privé
29:46ses enfants
29:47de leur mère
29:48mais je veux dire
29:49je considère
29:51que tenir
29:51ces propos-là
29:52en pensant
29:53parce qu'on a l'impression
29:54que finalement
29:55ça menuise un peu
29:57son geste
29:58ou en tout cas
29:59que c'est une tentative
30:00d'explication
30:00comme si ça pouvait
30:02être une explication
30:04je trouve ça
30:05plus que dérangeant
30:06et je crois
30:07qu'il faut absolument
30:08écarter toute forme
30:09de justification
30:10sur les féminicides
30:12de la même façon
30:13qu'il faut écarter
30:14toute romance
30:15avec le terme
30:16de crime passionnel
30:17sur ce genre de fait
30:18d'autant que
30:20justement
30:20il y a aussi
30:21quelque chose
30:22sur un plan psychologique
30:23au sujet
30:23de la considération
30:24de l'altérité
30:25c'est-à-dire
30:26c'est l'autre
30:27qui le tue
30:28de l'autre
30:28il n'en est pas question
30:30il est plutôt question
30:30de l'entourable
30:31il dit complètement
30:33que la femme
30:34avait mérité
30:35d'être éliminée
30:36et c'est seulement
30:36la mère
30:37qui regrette
30:38la disparition
30:39et finalement
30:40il vient justifier
30:41complètement son acte
30:43en disant
30:43elle m'a dit des choses
30:44qui étaient à tout rose
30:45mais ce faisant
30:46j'ai tué la femme
30:48je regrette
30:48d'avoir fait du mal
30:49à la mère
30:49c'est un peu ça
30:51le résumé
30:51de ses déclarations
30:52mais j'aimerais quand même
30:53qu'on revienne
30:54un instant
30:54en effet sur
30:55les déclarations
30:56sur la dissimulation
30:57qui intéresse aussi
30:59et qui interrogent
31:00toujours les enquêteurs
31:01d'autant que ça intervient
31:02quelques jours seulement
31:03après la découverte
31:04des premiers ossements
31:06du corps
31:07de Delphine Jubilard
31:08lui dit qu'il l'a fait
31:09sur un coup de tête
31:10dans la précipitation
31:11parce qu'il voulait
31:12évidemment cacher
31:13le corps
31:13de leur mère
31:15à ses enfants
31:16il y a quand même
31:17des éléments troublants
31:18qui ont été révélés
31:20ce matin
31:21et qui semblent montrer
31:23qu'il avait fait
31:23déjà
31:24dans les jours
31:25précédant
31:25la disparition
31:27le meurtre
31:27de Delphine Jubilard
31:31quelques recherches
31:32quelques recherches
31:33alors si on reprend
31:33juste ses aveux
31:34il explique effectivement
31:35qu'il met le corps
31:36de Delphine Jubilard
31:37dans le coffre
31:37de la voiture
31:38et qu'ensuite
31:38il descend au point mort
31:39et il se rend
31:39jusqu'à ce champ
31:41ce champ
31:41dont on était
31:42d'ailleurs
31:42il y a quelques jours
31:43ce champ
31:44dit se souvenir
31:45tout à coup
31:45soudainement
31:46il y avait un monticule
31:46là-bas
31:47et bon
31:47c'est ce monticule
31:48qu'il va choisir
31:49pour y enterrer
31:50du coup
31:50la dépouille
31:51de sa femme
31:52il s'avère que
31:54dans le dossier
31:54d'instruction
31:55il y a des éléments
31:56qui montrent
31:56qu'en fait
31:56le téléphone
31:57de Cédric Jubilard
31:58a été géolocalisé
32:00à quelques dizaines
32:01centaines de mètres
32:02de ce champ
32:02une dizaine de jours
32:03plus tôt
32:03le 5 décembre
32:05ce qui pourrait
32:06accréditer l'idée
32:07qu'il a peut-être
32:07fait un repérage
32:08ce jour-là
32:09alors lui il dit
32:10qu'il était là
32:10dans le cadre
32:10de ses activités
32:12de plaquistes
32:13pour un chantier
32:14mais en tout cas
32:15c'est une certaine
32:15question qui va lui
32:16être posée
32:17et qui posera
32:18donc la question
32:19nécessairement
32:19de la préméditation
32:20de son geste
32:22impulsif
32:22mais si repérage
32:23il y a
32:24et bien ça ne peut pas
32:24être qu'un geste impulsif
32:25c'est nécessairement
32:25qu'il y a aussi
32:26autre chose derrière
32:28d'ailleurs est-ce qu'on sait
32:30si son corps
32:31a immédiatement
32:32été dissimulé
32:34à cet endroit
32:34ou si ça a été fait
32:35plusieurs jours
32:36après le décès
32:37alors a priori
32:38pas forcément de raison
32:39de ne pas croire
32:40en tout cas
32:40cette partie-là
32:41de son récit
32:42à savoir que le soir même
32:43la nuit des faits
32:43du 15 au 16 décembre 2020
32:45il fait très froid
32:45dans le terne
32:46à ce moment-là
32:46mais il dissimule
32:48donc ce corps
32:49en creusant un main nue
32:49dit-il
32:50dans un monticule de compost
32:51mais c'est un très gros
32:52monticule de compost
32:54et qu'il dissimule en dessous
32:56il se trouve qu'après
32:57pendant 5 ans et demi
32:58personne ne voit rien
33:00personne ne voit rien
33:00c'est très surprenant
33:01parce que
33:02quand on va sur place
33:03on se rend compte
33:04que juste à côté
33:05il y a une départementale
33:06qui passe
33:06c'est un niveau très fréquenté
33:07qui va jusqu'à Albi
33:08c'est un secteur de chasse
33:09où beaucoup de chasseurs passent
33:10il y a aussi un chemin
33:12sans doute le chemin
33:13qu'a pris Cédric Jubilard
33:13qui longe
33:14le champ
33:15qui est un chemin
33:15en bitume
33:16qui lui aussi
33:17est fréquenté
33:18c'est vrai que finalement
33:18ce corps n'était pas si bien
33:20dissimulé que ça
33:21et pourtant
33:22personne ne l'a aperçu
33:24et c'est effectivement
33:26très troublant
33:26et quand on reprend
33:27tous ces éléments
33:28qui sont livrés
33:29dans des déclarations
33:31assez froides
33:32de fait
33:32parce que ça intervient
33:33plus de 5 ans
33:34après les faits
33:36où Cédric Jubilard explique
33:37pourquoi il a tué sa femme
33:39comment il l'a tué
33:40et comment ensuite
33:41il a cherché
33:41à se débarrasser du corps
33:42c'est troublant
33:43parce qu'on a le sentiment
33:45dans ses propos
33:46dans sa déclaration
33:47dans ses aveux
33:47qu'il n'y a aucun temps mort
33:49qu'il n'y a pas de pause
33:50il dit lui-même
33:51qu'il réalise
33:52qu'il vient
33:53de réaliser le pire
33:56à travers une étreinte
33:57un étranglement
33:58qui a évidemment
33:59forcément duré
33:59puisque c'était
34:00un étranglement mortel
34:01et tout de suite
34:02il a le réflexe
34:04de dissimuler le corps
34:05et tout de suite
34:05il prend la route
34:06manifestement
34:07il prend sa voiture
34:08et lui revient en tête
34:10un endroit
34:10qu'il avait déjà vu
34:11manifestement
34:12et vers lequel
34:14il pourrait dissimuler
34:15le corps
34:15est-ce que ça
34:16ça vous paraît crédible ?
34:18mais ça
34:19c'est-à-dire
34:21qu'il y a quand même
34:21quelque chose
34:22qui est très important
34:23à dire
34:24quand on tue
34:25on s'invente
34:27toujours
34:28un mobile
34:28il y a quelque chose
34:29la possibilité psychique
34:31de se raconter
34:32une histoire
34:33et là en l'occurrence
34:34c'est l'humiliation
34:35c'est un sévice moral
34:38il le vit
34:39comme tel
34:39c'est-à-dire
34:40cet homme
34:41s'est retrouvé
34:42trompé
34:42insulté
34:43par cette femme
34:44et il a
34:45en quelque sorte
34:46pris suffisamment
34:47de haine
34:48avec lui
34:48pour rationaliser
34:50son acte
34:51le déplacement du corps
34:52c'est quelque chose
34:53de tout à fait particulier
34:54sur un plan psychologique
34:55parce qu'il faut aussi
34:56chosifier l'autre
34:57il faut considérer
34:58que l'autre est un objet
34:59et avoir la force psychique
35:01de l'annuler
35:03en quelque sorte
35:04de l'effacer
35:05parce que sinon
35:05on appelle les secours
35:07quand on a commis
35:08un tel acte
35:08on ne peut pas faire autrement
35:11que chosifier l'autre
35:12pour faire ce qu'il a fait
35:14c'est vrai qu'il y a
35:15deux choses
35:16en particulier
35:17deux points
35:17qui vont être étudiés
35:19et pris en compte
35:19aussi lors de ce procès
35:21c'est évidemment
35:22le passage à l'acte
35:24le meurtre
35:24et puis le fait ensuite
35:26de le dissimuler
35:27de ne penser à aucun moment
35:29à appeler les secours
35:31évidemment ça rentre aussi
35:32en compte cet aspect-là
35:33c'est difficile
35:34de livrer une version
35:35pour échapper
35:36à l'intention
35:38ou à la préméditation
35:40et en même temps
35:41d'avoir
35:42une impulsion
35:43comme ça
35:43mais de réagir après
35:45en meurtrier
35:45ou en assassin
35:46parce qu'effectivement
35:49ce que vous dites
35:50et effectivement
35:51ce qu'on voit nous
35:52dans les procès d'assises
35:53si vous passez à l'acte
35:55dans un moment
35:55comme ça
35:56sidérant criminel
35:57après
35:57la subjectivité
35:59de l'autre
35:59vous rattrape
36:00et là
36:00cette objectivation
36:02elle a lieu même
36:02en amont
36:03puisque d'ailleurs
36:04il a lui-même
36:05conçu cette narration
36:07pour permettre ce crime
36:08c'est une sorte
36:08de moment suspendu
36:09exactement
36:10mais il va durer
36:11le temps
36:12sans doute avant
36:13jusqu'à peut-être
36:15aujourd'hui
36:15où en fait
36:16là la mère
36:17de ses enfants
36:18celle qu'il n'aurait pas
36:21voulu tuer
36:22elle n'existe pas vraiment
36:23quand il creuse
36:24dans du compost
36:25ou quand il la charge
36:26dans la voiture
36:27ou quand il a
36:27la présence d'esprit
36:29dit-il lui-même
36:30de descendre au point mort
36:32il y a tout un tas
36:33comme ça
36:33d'éléments
36:35qui relèvent
36:35effectivement
36:36plutôt d'une préparation
36:37que d'un instant
36:38comme ça
36:39de passage à l'acte fou
36:40il est capable
36:41de faire face
36:42à la réalité
36:44sans cette sorte
36:45d'impossibilité
36:47d'y croire
36:47de métaboliser
36:48l'événement
36:49c'est ça
36:50juste un dernier mot
36:51lorsque vous avez
36:52découvert
36:53ces aveux
36:53ces déclarations
36:54de Cédric Jubilard
36:56vous vous dites quoi
36:57de votre expérience
36:59finalement
36:59c'est assez classique
37:00de la part d'un meurtrier
37:02ou c'est une stratégie
37:03quand même
37:04particulièrement finement élaborée
37:05il faut toujours être prudent
37:07parce qu'on ne peut pas
37:07faire de comparaison
37:08ou de profil type
37:09je pense qu'il faut vraiment
37:10accepter la personnalité
37:12et la personnalisation
37:13de la peine
37:13et de chacun
37:15dans son geste criminel
37:16et ce qui l'a amené
37:17à conduire ce geste criminel là
37:19maintenant
37:20ce qui est sûr
37:21c'est que c'est plutôt inédit
37:22de nier
37:23pendant toute l'instruction
37:25qui a duré plusieurs années
37:26de nier à l'audience
37:28y compris
37:28devant ces enfants
37:30qui demandent à leur père
37:31parce qu'ils semblent convaincus
37:32qu'il est coupable
37:33de la disparition
37:34de leur mère
37:35et ensuite
37:37de le révéler
37:38par le biais
37:38d'un courrier
37:39qu'on envoie
37:39à ces avocats
37:40qui ont changé
37:41juste avant
37:42son audience en appelle
37:43pour le moins inédit
37:45oui ça
37:45je pense que
37:46tout le monde
37:47est d'accord
37:48sur ce plateau
37:48et il aurait été bien plus malin
37:50d'ailleurs
37:51au moment de l'audience
37:52sans qu'on puisse faire
37:53toutes les vérifications
37:54nécessaires
37:55et qu'on prenne juste
37:56ce moment de vérité
37:57merci à tous
37:58d'être venus sur
37:59le plateau
38:00pour nous éclairer
38:01sur ces déclarations
38:03assez fracassantes
38:04et ces nouveaux aveux
38:05de Cédric Jubilard
38:06près de 6 ans
38:07donc après
38:08la disparition
38:09et donc le meurtre
38:10de son épouse
38:12Delphine Jubilard
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