00:00Pour parler de la disparition d'une légende du football anglais,
00:04Kevin Keegan est décédé aujourd'hui à l'âge de 75 ans,
00:08deux ballons d'or, une grosse carrière de joueur d'entraîneur aussi,
00:12et puis une empreinte importante laissée sur le football anglais.
00:15Il y a quelques jours de cela, on s'amusait à faire notable
00:18les fameuses tables des meilleurs joueurs par nation.
00:20Je pense qu'il a incontestablement, lui, à la table anglaise,
00:25avec les Bobby Moore, Beckham et compagnie.
00:27Bobby Charlton.
00:28Charlton.
00:28Dude Bélingham.
00:30Peut-être, on va savoir.
00:32En tout cas, on va en parler avec Sheriff Guémour,
00:36qui connaît bien Kevin Keegan.
00:37Si Sheriff n'est pas spécialisé qu'en football néerlandais, il faut le savoir.
00:40Oh Sheriff, plaisir de l'entendre.
00:41Salut Elche.
00:42Salut Gilbert, salut Walid, salut Kevin.
00:45Salut à tous.
00:46Alors là, on parle d'un temps que certains auditeurs de l'after n'ont pas connu.
00:52Parce qu'on parle d'un joueur qui a brillé, années 70, années 80.
00:59Oui, je l'ai vu en plus, je l'ai vu en vrai.
01:01Il était venu jouer avec Hambourg contre une équipe portugaise, je crois que c'était le Sporting Lisbonne.
01:08Parce qu'il y avait des associations, les Portugais de Paris,
01:11qui chaque année organisaient toujours un match au stade de Colombes, où j'habite.
01:13Et il y avait invité, c'était un match Sporting contre Hambourg en 78.
01:22Et donc je l'avais rencontré, j'étais jeune, j'étais un gamin,
01:27et j'étais tout content parce que c'est une idole de jeunesse.
01:29Avec Kreuth, Gert Müller et Kevin Keegan.
01:34Alors quel type de joueur c'était ?
01:35C'était un attaquant, Kevin Keegan ?
01:37Si tu devais le décrire, essayer peut-être de le comparer avec des mecs d'aujourd'hui,
01:40ce serait... Qu'est-ce que tu pourrais me dire ?
01:43Alors d'abord, il n'était pas grand, il était petit, il était 1,73 m.
01:47C'était un mec très tonique, très dynamique, attaquant.
01:53Je réfléchissais justement à un peu le profil qu'il avait, je dirais,
01:58entre Wayne Rooney et Michael Owen.
02:00Tu vois, un peu deuxième attaquant.
02:04Alors ce qu'il y a de marquant avec Kevin Keegan,
02:07c'est qu'il a marqué l'ADN du foot anglais des années 70-80,
02:13c'est-à-dire un gros 4-4-2 à plat,
02:17deux attaquants, c'est-à-dire un grand balègue
02:19et un petit ou un moyen qui tourne autour.
02:22Et à Liverpool, le grand balègue, c'était John Toshak, un gallois,
02:26et Kevin Keegan tournait autour.
02:28Et il s'entendait super bien.
02:30Alors sur le terrain, dans la vie, il ne s'entendait pas du tout,
02:32mais ça, c'est, ça ne nous regarde pas.
02:35Et en fait, Kevin Keegan, c'est ça, c'est le 4-4-2 à l'anglaise,
02:39qui a inspiré après le tourisme scandinave, l'Afrique du Sud.
02:44Et ça marchait du tonnerre de Dieu,
02:45parce qu'il s'est révélé avec le grand Liverpool des années 70,
02:49qui a éliminé…
02:50Liverpool, c'est son club.
02:52C'est le club où il a le plus joué,
02:55auquel il est le plus identifié.
02:56C'est là qu'il est devenu super star.
02:58Alors, bizarrement, ces deux ballons d'or, il les a eus avec Hambourg,
03:01et non pas avec Liverpool.
03:02Et quelque part, ça correspond bien à l'esprit de Liverpool,
03:06où les individualités, les honneurs individuels,
03:10on n'aime pas trop ça.
03:12Alors, paradoxalement, c'est à Hambourg,
03:15où il est allé à partir de 77-78,
03:20c'est là qu'il y a eu ces deux ballons d'or.
03:22Et deux ballons d'or d'affilé,
03:23ça vous classe un personnage, quand même.
03:25Pour ceux qui ont posé des questions sur sa valeur,
03:29non, non, c'est un très grand attaque.
03:32Shérif, Gilbert et Walid,
03:34je l'ai déjà dit, mais je pense que vous ne le savez pas,
03:36c'est tellement un grand, grand joueur
03:38qui a quand même inspiré des familles d'amoureux du football
03:41pour le prénom de leurs enfants.
03:43Et donc, si Kevin Diaz s'appelle Kevin Diaz,
03:45c'est notamment parce que ma mère aimait bien Kevin Keegan.
03:48Ah oui ?
03:49Eh bien, voilà.
03:52Donc, mon père, tu te rappelles du défenseur arrière-gauche
03:55Roberto Carlos, le brésilien ?
03:56Je crois que c'était un central-gauche ou un arrière-gauche.
03:59Roberto Carlos.
04:00Le vrai Roberto Carlos ?
04:01Non, Roberto Carlos des années 80,
04:03Shérif, il y avait bien un Roberto Carlos, non ?
04:05Un Roberto Carlos ?
04:07Ou un Carlos Alberto.
04:09Non, Carlos Alberto, bien sûr.
04:12Excuse-moi, Carlos Alberto.
04:13Il va taper sur les doigts, ton père.
04:15Latéral droit.
04:16Voilà, latéral droit, je savais que c'était un latéral.
04:18Eh bien, lui, il voulait m'appeler Carlos Alberto,
04:20ma mère a dit non, non, ça fait trop portugais,
04:22on va l'appeler Kevin pour Kevin Keegan.
04:25Donc, il est fort fan de foot, à un moment ?
04:26Ah bah oui, là, c'est la famille de...
04:29Ça, c'est des familles de foot, là.
04:30Ah ouais ?
04:31C'est des grosses familles de foot.
04:34Bon, bah écoute, ça montre le joueur qu'il était, quoi.
04:36Ça montre le joueur qu'il était, quand même.
04:37Est-ce qu'il y aura des dudes ?
04:38Est-ce qu'il y aura des dudes dans les prochaines années ?
04:41Jude, c'est ton nouveau Neymar ou pas ?
04:42Ah, c'est pas loin d'être mon nouveau Neymar.
04:44Ah ouais, mais c'est moi, c'est moi, c'est moi, le spectacle.
04:48Mais c'est ton nouveau joueur où on peut pas aller chercher la suite ?
04:51Non, non, il y a eu Modric aussi, quand même.
04:52Oui, d'accord, mais là, c'est Jude, c'est le joueur Kevin Diaz, là.
04:56Ouais, Jude, c'est l'élégance, en même temps, le charisme.
04:58Je pensais que Mme Diaz était fan de Kevin Costner, moi.
05:02Kevin Keegan.
05:03Kevin Keegan.
05:04Alors, on va parler également de Kevin Keegan, coach,
05:08parce qu'il a eu une carrière de coach, notamment à Newcastle,
05:12où il a eu David Ginola comme joueur.
05:14Et David Ginola a été tout à l'heure sur RMC, on peut l'écouter.
05:17Keegan faisait partie des légendes du football,
05:21de par les épopées européennes.
05:24Ça a été un des rares joueurs anglais à cette époque-là,
05:28à s'expatrier, notamment en Allemagne, à Hambourg,
05:31où il a eu un parcours...
05:33Voilà, il n'était pas parti juste pour changer de pays,
05:37il est parti pour réussir avec un club allemand.
05:40Vous l'avez souligné, il a été double ballon d'or,
05:43donc c'est quelqu'un qui a marqué sa génération en tant que footballeur.
05:48Donc, oui, c'est une légende du jeu.
05:52Je disais récemment à quelqu'un,
05:55quand j'avais en 76 l'épopée de la SNT-Etienne,
05:59quand ils ont rencontré Liverpool,
06:03le Liverpool de Keegan, Thierry-Marc Dermott,
06:06c'est à ce moment-là, j'avais 9 ans,
06:08que c'est à ce moment-là que j'ai dit à mon père
06:10que je voulais être footballeur professionnel.
06:12Donc, c'est des joueurs qui m'ont donné envie de faire ce métier,
06:17parce que quand je les voyais jouer, je me disais,
06:20oui, non seulement je vais être footballeur professionnel,
06:23mais j'aimerais un jour fouler les pelouses de Première Ligue.
06:28Voilà, David Ginola qui a été entraîné ensuite par Kevin Keegan.
06:30Alors, est-ce qu'il était aussi bon entraîneur que joueur, Shérif ?
06:35Ça s'est joué à pas grand-chose, en fait.
06:38C'est la saison 95-96.
06:41Tadine Castle qui est en tête du championnat,
06:43je crois qu'ils ont 12 points d'avance sur le deuxième.
06:47et là, il y a un mind game, comme disent les Anglais,
06:52c'est-à-dire un combat psychologique très fort
06:56entre Keegan et Alex Ferguson.
07:01Et Alex Ferguson, c'est le roi du mind game.
07:04Donc, il a commencé à pourrir Newcastle en disant,
07:07vous allez voir, ils vont s'écrouler, ils vont s'écrouler,
07:09ils vont s'écrouler.
07:10Et Keegan a fait l'erreur de rentrer dans ce jeu-là.
07:15Et l'avance s'est considérablement réduite.
07:18Après, il s'est quasiment à égalité.
07:20Ferguson n'a pas arrêté de taper sur Keegan.
07:22Et Keegan a montré sa faiblesse, en fait.
07:25Et alors, est-ce que ça s'est reproduit sur ces joueurs ?
07:28On ne le sait pas.
07:29Mais à l'arrivée, c'est Manchester qui a gagné,
07:32qui a été champion d'Angleterre,
07:33avec un ou deux points d'avance sur Newcastle.
07:36Et ça a complètement changé la carrière de...
07:39Et le disait lui-même, Keegan,
07:41si Newcastle avait été champion d'Angleterre cette année-là,
07:46non seulement il aurait changé de statut, évidemment,
07:48mais surtout, il comptait, avec le titre de champion d'Angleterre,
07:51déjà jouer à l'été champion,
07:53et puis surtout, faire un méga recrutement.
07:55Alors, il avait déjà pris Ginola, Aspria.
07:58Et sinon, pour être franco-français,
08:00il avait fait venir aussi Anelka et Benardia
08:03à Manchester City au début des années 2000.
08:05Ah, il était coach de City, oui.
08:07Avant l'époque, évidemment, Emirati.
08:10Oui, et je voulais rajouter un mot.
08:12En fait, il y a, dans le côté un peu de sa destinée un peu sombre,
08:19Keegan a joué aussi en équipe d'Angleterre dans les années 70.
08:21Il a fait partie de l'équipe d'Angleterre
08:25qui ne s'est pas qualifiée à la Coupe du Monde 74 et 78.
08:28C'est pour ça que la postérité n'a pas retenu
08:33Kevin Keegan comme un très grand du football anglais.
08:35Alors qu'il l'est, mais comme il n'a pas retenu à cette génération,
08:39il a raté deux Coupes du Monde.
08:40Il a joué celle de 82, mais il était blessé.
08:43Et voilà, c'est le trou énorme du foot anglais
08:48de ne pas cette qualité en 74-78.
08:51Mais pour en venir à l'entraîneur,
08:53c'est un bon entraîneur à l'anglaise.
08:55Ce n'est pas non plus quelqu'un qui est allé révolutionner le foot.
08:59C'est un bon manager à l'anglaise,
09:01qui avait des bonnes idées,
09:03qui savait manager un groupe.
09:05Et puis comme je l'ai dit,
09:06malheureusement, il s'est affronté à l'expert du son.
09:10Et on sait que Duralex, c'est d'Alex.
09:14On va finir là-dessus.
09:15Merci, merci Tché.
09:16Ça va.
09:17À très bientôt dans l'after.
09:18Merci beaucoup, chérie.
09:19Salut les gars, bonne émission.
09:20Ciao, ciao.