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Tous les soirs et pendant tout l'été, les invités de #HDProsEte débattent des grands thèmes de l'actualité 

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00:00Bonsoir à tous, ravie de vous retrouver dans l'heure des pros été 2.
00:04Et pour commencer cette émission, on accueille avec plaisir Aurore Berger.
00:08Bonsoir.
00:08Bonsoir.
00:09Je rappelle que vous êtes ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes
00:12et de la lutte contre la discrimination.
00:14D'ici un instant, on va parler de ce vote, ce vote de la honte.
00:17Je pense qu'on peut l'appeler comme ça vendredi dernier,
00:19quand la gauche s'est opposée à la perpétuité pour les violeurs en série de mineurs.
00:24Mais on va revenir à l'actualité aussi du jour.
00:26Ce matin, vous étiez aux commémorations du Veldiv, 84 ans après la rafle.
00:31Vous-même, vous avez parlé d'une mémoire qui vacille trop souvent.
00:35Est-ce que vous avez l'impression aujourd'hui que certains veulent que cette mémoire vacille
00:39et veulent peut-être même aller jusqu'à effacer cette mémoire ?
00:42Oui, je pense qu'aujourd'hui, on voit bien qu'on a un affaissement collectif
00:45dans la capacité à transmettre ce qu'a été l'histoire de notre pays, du continent européen,
00:51l'histoire de la Shoah et les conséquences que ça emporte encore aujourd'hui.
00:55Ce matin, c'était très émouvant et très fort parce que nous avons aussi des rescapés qui ont témoigné.
01:00Et c'est d'autant plus émouvant qu'on se dit que dans quelques années,
01:03nous n'aurons plus des rescapés qui seront en capacité de dire
01:06« j'y étais, j'ai vu, j'ai entendu ».
01:09Donc ça veut dire que cette responsabilité, elle nous incombe aujourd'hui
01:12d'être les gardiens de cette mémoire, d'être les passeurs aussi de cette mémoire.
01:16Et puis, on est dans une semaine où on a vu une plaque commémorant des Justes.
01:21Les Justes, ce sont des Français ordinaires qui ont sauvé des Juifs.
01:26C'était des voisins, c'était des amis, c'était parfois des gens qu'ils ne connaissaient même pas.
01:30Et cette plaque qui a été dégradée par la haine et sans doute aussi par la bêtise,
01:35c'est une plaque de deux personnes, un homme et une femme,
01:38qui ont sauvé un enfant juif de 13 ans de la rafle du Veldiv.
01:42Et donc, c'est vrai qu'il faut aussi avoir cette mémoire vive,
01:45de la même manière quand une artiste, Barbara Butch,
01:48est prise à partie alors qu'elle fait son métier,
01:51c'est-à-dire apporter, je pense, de la joie à des milliers et des milliers de personnes
01:56et qu'elle ne peut pas être sur scène.
01:59Et qu'on en vient à avoir cette part de renoncement individuel et collectif
02:03en se disant « il vaut mieux que ça s'arrête »
02:06plutôt que d'interrompre et de dire « en fait, on ne reprendra pas
02:08tant qu'elle ne pourra pas remonter sur scène. »
02:10parce que c'est ça la réponse qu'on doit collectivement apporter.
02:13Oui, je crois qu'il ne faut pas avoir la mémoire qui flange.
02:15Vous avez parlé justement dans votre discours,
02:17et vous le faites encore maintenant, de soumission.
02:19Vous dites « les justes prouvent que la soumission n'était pas la seule voie ».
02:22On a peut-être l'impression aujourd'hui qu'on se soumet trop.
02:25Vous avez fait référence à ce concert « qui s'interrompt et ne reprend pas ».
02:28La plaque commémorative, vous le dites, vous-même, cela nous bouleverse.
02:31Mais quand on voit les réseaux sociaux,
02:33ce n'est pas tant condamné aujourd'hui cet acte antisémite.
02:35Est-ce que là, vous y voyez aussi de la soumission d'une partie des Français
02:39qui soit se soumettent, soit peut-être s'habituent à cet antisémitisme ?
02:42Oui, je pense que c'est le mot que vous venez d'employer.
02:44Il y a une forme d'habitude.
02:45Et cette habitude, elle est extrêmement dangereuse
02:47parce qu'il y a le risque de l'indifférence,
02:49de se dire « après tout, à quoi bon ? »
02:51À quoi bon une commémoration ?
02:53À quoi bon une cérémonie ?
02:54À quoi bon s'indigner ?
02:56Et donc, à quoi bon s'engager ?
02:58Et ce n'est pas grave.
02:59Laissons faire le cours des choses.
03:00Mais si on laisse faire le cours des choses,
03:01ça veut dire qu'on accepte l'idée
03:02que nos enfants n'apprendront pas de la même manière
03:05que ce que nous, nous avons appris
03:07et ce qui nous a été transmis.
03:09Ça veut dire que les valeurs qu'on a en partage,
03:11qui sont des valeurs républicaines,
03:13la question de la laïcité,
03:15ne seront plus en partage.
03:17Dans ces cas-là, il reste quoi ?
03:18Il reste quoi pour un pays qui tient et qui tient ensemble
03:20si on est en perte de repère ?
03:22Donc non, je pense qu'il ne faut aucune habitude
03:24parce que l'habitude, c'est aussi dire
03:26à nos concitoyens juifs
03:28que finalement, si nous, on s'habitue,
03:31le risque, c'est qu'eux ne se sentent plus appartenir
03:33à notre pays, à leur pays.
03:35Et je vois trop de Français aujourd'hui,
03:37trop de Français juifs, notamment,
03:38qui s'interrogent.
03:39Ils s'interrogent sur leur avenir en France
03:41et ils s'interrogent pourquoi ?
03:43Parce que justement, ils se disent
03:44que tout cela provoque de l'indifférence.
03:46Et donc, ça ne peut jamais provoquer de l'indifférence.
03:48Ni de la part de l'État,
03:49ni de la part du gouvernement.
03:51Et je pense que vous connaissez ma détermination
03:53et celle aussi du gouvernement.
03:54Et on va continuer à le faire.
03:56Et c'est pour ça que j'ai présenté un projet de loi
03:58pour aller encore plus loin
03:59dans le combat contre l'antisémitisme.
04:01Ce n'est pas par plaisir
04:02qu'on fait ce genre de projet de loi,
04:03mais par nécessité d'agir.
04:06Mais ça ne peut pas être le combat de l'État seul.
04:09Ça doit être le combat de tous les Français
04:11de se dire que justement,
04:12la lutte contre l'antisémitisme,
04:13ce n'est pas l'affaire des Juifs.
04:15C'est comme on en avait la démonstration,
04:16l'affaire des Justes.
04:17L'affaire de celles et ceux qui s'engagent.
04:19Vous avez cité les prises de parole.
04:21Il y avait notamment celle de Serge Klarsfeld.
04:22Je voudrais qu'on réécoute un passage.
04:24Il est président de l'Association des fils
04:25et filles des déportés juifs de France.
04:28Il a eu aussi une partie de son message
04:30qui était assez politique.
04:31On l'écoute.
04:33Repoussons les tribuns anti-juifs
04:36d'où qu'ils viennent.
04:37Et pour le 85e anniversaire
04:40de la rafle du Veldiv en 2027,
04:45souhaitons bien évidemment
04:46le commémorer dans une république
04:50condamnant et combattant l'antisémitisme
04:54et non dans une république
04:56où les Juifs auraient du mal à vivre
04:59en tant que Français et en tant que Juifs.
05:02Mon discours était très fort
05:04mais en réalité il fait aussi mal au cœur.
05:05Ça fait mal au cœur d'entendre Serge Klarsfeld
05:06en 2026 devoir être obligé
05:08de lutter de nouveau contre l'antisémitisme,
05:10de lutter contre ces actes antisémites.
05:13Et on a l'impression finalement
05:14que ce discours-là,
05:16il n'aurait pas eu à le tenir il y a 5-6 ans.
05:18En fait, je pense qu'on aurait espéré
05:19que ces discours,
05:20personne n'ait besoin de les tenir.
05:21Mais il y a eu le 7 octobre.
05:22Il y a eu le 7 octobre 2023 en Israël,
05:251200 personnes qui ont été assassinées,
05:2851 Français qui ont été assassinés.
05:30Et puis il y a eu un regain massif
05:32d'antisémitisme dans toutes les démocraties.
05:34Et la France, elle n'a pas été épargnée
05:35par cet antisémitisme.
05:37Et le combat de Serge Klarsfeld,
05:38le combat de beaucoup de rescapés,
05:40c'était déjà un combat
05:41pour faire entendre leur voix
05:42dans un moment où notre pays,
05:44à sortir de la Seconde Guerre mondiale,
05:46n'avait pas envie d'entendre cette voix-là,
05:48avait envie et besoin
05:49d'une forme de réconciliation.
05:51Et donc on passe à autre chose,
05:52qu'on tourne la page.
05:53Et puis progressivement,
05:54on les a entendus,
05:55on les a accueillis,
05:56on a écouté cette parole.
05:58Et ils espéraient,
06:00notamment sur le sol français,
06:02ne plus avoir jamais peur d'être juif.
06:04Et c'est ça qui s'est réactivé
06:06depuis le 7 octobre.
06:07C'est la peur d'être juif,
06:09la peur pour ses propres enfants
06:11de se dire,
06:11est-ce que nos enfants ont un avenir,
06:13nos petits-enfants,
06:14en le cas de Serge Klarsfeld,
06:15ont un avenir dans notre pays,
06:17dans leur pays.
06:17Et ça, ça devrait soulever une indignation
06:19qui est une indignation,
06:20évidemment, collective.
06:22Il ne devrait pas être juste nous
06:23sur un plateau de télévision
06:24ou uniquement Serge Klarsfeld
06:25dans une commémoration.
06:26C'est-à-dire que chaque Français
06:27devrait se sentir dépositaire
06:29de cet héritage-là
06:30et de ces valeurs-là.
06:31Et malheureusement,
06:32ça n'est pas le cas.
06:33Et malheureusement aussi,
06:34on a, on le sait bien,
06:35des partis politiques
06:36qui attisent cela.
06:38Il l'a dit très clairement,
06:39moi aussi,
06:39sur la question de l'extrême-gauche
06:40parce que depuis le 7 octobre,
06:42il faut bien le dire
06:43et le redire,
06:44et je l'ai dit d'ailleurs
06:45même à l'Assemblée nationale,
06:46il y a une responsabilité
06:49accablante et historique
06:50de l'extrême-gauche
06:51sur le risque de réenracinement
06:53de l'antisémitisme
06:54dans notre pays.
06:55Vous aviez parlé
06:56de cette plaque commémorative
06:57dans le 12e arrondissement
06:58qui a été dégradée.
06:59On voit un peu le même phénomène
07:00qu'avec la dégradation
07:02de la stèle
07:02en hommage à Ilan Halimi,
07:03c'est-à-dire que vous avez
07:04très bien parlé justement
07:05de nos compatriotes juifs
07:07qui hésitent à partir
07:07parce qu'on leur demande
07:08de s'effacer,
07:09comme on demande à une dipgé
07:10de s'effacer sur scène
07:12et on a l'impression
07:12qu'on va désormais plus loin.
07:14On veut aussi effacer
07:15la mémoire
07:16et une fois de plus,
07:16pas la mémoire
07:17de la communauté juive,
07:18la mémoire de la France entière
07:19parce que la question des justes,
07:20c'est une histoire nationale,
07:22évidemment.
07:23Oui, c'est effacer les noms,
07:24c'est effacer l'histoire
07:26et c'est à la fois
07:28de la haine absolue
07:29et de la bêtise absolue
07:31parce que là,
07:33ça n'a aucun rapport
07:34avec un conflit géopolitique,
07:36on ne peut pas nous refaire
07:37cette histoire-là,
07:38ça n'a aucun rapport
07:39avec une situation humanitaire.
07:41On parle d'hommes et de femmes,
07:43de Français
07:44qui, de toutes conditions sociales,
07:46de toutes origines,
07:47de toutes croyances,
07:48ont permis que 75%
07:50des Français juifs
07:51soient sauvés
07:52pendant la Seconde Guerre mondiale.
07:54Ils n'ont pas été sauvés
07:55du fait de l'État français
07:56justement parce que
07:57l'État français
07:58a fait le choix du pire
07:59et de la collaboration.
08:00Et vous l'avez rappelé
08:00d'ailleurs vous-même
08:01précisément dans votre discours.
08:02Parce qu'il y a des femmes
08:02et des hommes ordinaires
08:03qui se sont dressés.
08:04Ce qui veut dire
08:05qu'il y a toujours le choix.
08:06Il y a toujours le choix
08:07entre la soumission
08:09et au contraire
08:10cette part d'indignation
08:12nécessaire
08:12et cette humanité nécessaire.
08:14Et donc se dire
08:15qu'on a une tombe
08:16qui est profanée
08:18ou une stèle d'hommage
08:19à Ilan Halimi
08:20qui est profanée
08:20et qui a même conduit
08:22d'ailleurs ses parents
08:22à l'époque
08:23à faire le choix
08:23de ne pas l'enterrer en France.
08:26Il n'est pas enterré en France.
08:27Ça n'est pas par volonté au départ.
08:29Ça n'est pas par désamour
08:31de la France.
08:32C'est par peur
08:32que sa tombe
08:33puisse être profanée.
08:34Et quand on voit
08:35des arbres
08:36qui ont été tronçonnés
08:37en sa mémoire,
08:38des stèles d'hommage
08:38qui ont été abîmés,
08:39malheureusement
08:40on doit bien reconnaître
08:41que ses parents
08:42ont sans doute fait
08:43le choix qui s'imposait
08:44mais qui est un crève-cœur absolu
08:45d'avoir un enfant
08:47qui a perdu la vie
08:49sur notre sol
08:49et qui en plus
08:50ne peut pas être enterré
08:51sur notre sol.
08:52Donc là aussi
08:52ça devrait soulever
08:53une part d'indignation
08:55de chaque Français,
08:55de chaque parent
08:56dans notre pays
08:57de considérer
08:57que personne ne veut ça
08:59pour ses propres enfants
09:00et qu'encore moins
09:01on ne puisse accepter l'idée
09:02qu'une mémoire
09:03puisse être condamnée
09:04à l'oubli.
09:05Vous avez fait maintenant
09:06le diagnostic.
09:07On va parler
09:07des pistes de solutions.
09:09Vous avez mentionné
09:09ce projet de loi
09:10qui doit lutter justement
09:12et mieux criminaliser
09:12le racisme
09:13et l'antisémitisme.
09:15Est-ce que vous pensez
09:16vraiment qu'un texte de loi
09:17aujourd'hui
09:17peut faire en sorte
09:18qu'on arrive à éteindre
09:20ces idéologies
09:21qu'à force
09:21d'une réponse pénale
09:22vraiment ferme
09:23ça puisse en dissuader certains ?
09:25Ça ne suffit pas.
09:26C'est sûr que ça ne fait pas tout.
09:28Mais c'est quand même
09:28une nécessité.
09:29Ce matin,
09:29Patrick Lugman,
09:30avocat,
09:31qui est aussi le président
09:32du comité Yad Vashem,
09:34réexprimait aussi
09:34une part de doute
09:36vis-à-vis de l'institution judiciaire
09:37puisqu'il a été,
09:39je reprends ces mots,
09:40l'avocat
09:40dans l'affaire dite
09:41de la nourrice,
09:42c'est-à-dire
09:43quelqu'un qui a cherché
09:45à assassiner
09:46un couple
09:47dont elle gardait un enfant
09:48en argant d'ailleurs
09:49d'arguments antisémites.
09:51Sauf que la circonstance
09:53aggravante d'antisémitisme
09:54n'a pas été retenue.
09:55Ce qui interpelle
09:56évidemment.
09:57Et donc on a évidemment
09:58ce sujet-là
09:59de comment on garantit
10:00que quand c'est un mobile
10:02antisémite,
10:02ce mobile antisémite,
10:03il est bien une circonstance
10:04aggravante.
10:05Ça n'est pas la même chose
10:06de cibler quelqu'un
10:07et de cibler quelqu'un
10:08à raison
10:09de son identité réelle
10:11ou supposée,
10:11à raison de son origine,
10:13à raison de sa couleur de peau,
10:14à raison de son orientation
10:15sexuelle.
10:15C'est-à-dire qu'on cible
10:16délibérément.
10:17Et donc,
10:18il faut évidemment
10:19le garantir.
10:19Ce qu'on vient faire,
10:20ce que je viens de faire
10:21dans ce projet de loi,
10:22c'est notamment tout ce qui est
10:23cet antisémitisme d'atmosphère,
10:25ces dégradations,
10:27ces tags,
10:27ces gifles,
10:28ces crachats,
10:29c'est-à-dire tout ce qui fait
10:29que votre quotidien
10:30devient parfois irrespirable
10:32dans notre pays.
10:34Eh bien aujourd'hui,
10:35comme ça relève
10:35de simples amendes,
10:36de simples contraventions,
10:38on ne peut pas retenir
10:39le mobile d'antisémitisme
10:41ou de racisme
10:41quand c'est du racisme.
10:42Et c'est insupportable
10:43parce que ce n'est pas
10:44la même chose
10:44d'avoir un tag
10:46sur sa porte d'entrée
10:48en écrivant
10:48« la vie est belle »
10:49et un tag
10:50avec une croix gammée
10:51ou un tag
10:52qui vous cible délibérément
10:53parce que votre nom de famille
10:55vous fait penser
10:55que vous seriez juif.
10:56Et donc,
10:56il faut qu'on puisse avoir
10:58cette circonstance aggravante,
10:59qu'elle soit retenue systématiquement
11:01et donc que la sanction
11:02soit plus lourde.
11:03Ce qui veut dire pour moi
11:04deux choses,
11:05mieux protéger les victimes,
11:06mieux les reconnaître
11:08dans leurs droits,
11:09mais aussi lutter
11:10contre une part d'impunité.
11:11Parce qu'aujourd'hui,
11:12le sujet,
11:13il est aussi là,
11:13pas que sur le sujet,
11:14on y reviendra
11:15de l'antisémitisme
11:16et du racisme,
11:17c'est une part d'impunité
11:18des auteurs
11:18qui se disent
11:19que de toute façon,
11:20ils ne seront pas interpellés
11:22ou que s'ils le sont,
11:23ils ne seront pas interpellés
11:24avec une peine
11:24à la hauteur
11:25de la gravité des faits.
11:27Et encore une fois,
11:28dans notre pays,
11:29dans la République française,
11:30quand on cible quelqu'un
11:31à raison de son origine,
11:32de son identité réelle
11:33ou supposée,
11:34eh bien,
11:35ça doit entraîner
11:36une peine
11:36qui est aggravée,
11:38qui est alourdie.
11:39Donc c'est notamment
11:39ce qu'on vient faire
11:40dans ce projet de loi.
11:41Et puis tout le sujet
11:41de la haine en ligne,
11:42parce que malheureusement,
11:44on le voit,
11:44nos enfants,
11:44nos adolescents,
11:45ils sont baignés
11:46dans les réseaux sociaux,
11:47dans les plateformes.
11:48Des discours qui se diffusent
11:48très facilement.
11:49Pour le meilleur,
11:50mais souvent pour le pire.
11:51Et donc ça change
11:52leur représentation,
11:53ça change leur rapport
11:53à la vérité scientifique,
11:56historique,
11:56à la connaissance,
11:58mais aussi ils baignent
11:59dans des discours
12:00qui sont des discours de haine.
12:02Et aujourd'hui,
12:02on n'a pas la capacité
12:03ou on a l'impression
12:04surtout d'exhumer la mer
12:06à la petite cuillère
12:07à coup de signalement.
12:09Là, on donne
12:10avec ce projet de loi
12:11la capacité à Pharos.
12:13Pharos,
12:13les spectateurs comprennent,
12:14c'est vraiment
12:14le bras armé administratif
12:16de l'État
12:16qui peut imposer
12:18le retrait des contenus.
12:19Donc une insulte antisémite,
12:22elle pourra être supprimée
12:23parce que X,
12:24Facebook, Instagram
12:25n'aura pas d'autre choix
12:26que de supprimer
12:27ce contenu-là.
12:28Je pense qu'il suffit
12:29d'ouvrir nos réseaux sociaux
12:30même après cette émission
12:31et on verra
12:32des centaines et des centaines
12:33d'insultes de tout type,
12:35y compris
12:36à caractère antisémite
12:37sans doute.
12:38Et donc,
12:39il faut un moment,
12:40là encore,
12:40qu'il n'y ait pas d'impunité
12:41parce que ce qui se passe
12:42en ligne,
12:43ça a des conséquences
12:44dans la vraie vie,
12:45ça a des conséquences
12:45sur nos enfants,
12:46sur nos adolescents
12:47et sur l'atmosphère aussi
12:48qui règne dans notre pays.
12:50Certains critiquent
12:51ce projet de loi
12:51et craignent une dérive,
12:53craignent le fait
12:53qu'il n'y ait pas
12:54un cadre suffisant,
12:55qu'on puisse porter atteinte
12:57à la liberté d'expression,
12:59notamment sur la question
13:00de l'éligibilité.
13:01Qu'est-ce que vous répondez
13:02à ces critiques ?
13:03J'imagine que vous les avez
13:04entendues.
13:04Est-ce qu'on est sûr aujourd'hui
13:05que le projet de loi
13:06est assez cadré
13:07pour que, certes,
13:08il réponde à tout ce que
13:09vous venez de dire
13:09mais qu'on n'aille pas plus loin ?
13:10Déjà,
13:11l'antisémitisme,
13:12ce n'est pas la liberté
13:13d'expression.
13:13On est bien d'accord.
13:13L'antisémitisme,
13:15c'est un délit.
13:16Le racisme,
13:17de la même manière.
13:18Donc, il ne faut pas
13:18confondre les choses.
13:20On peut avoir des débats
13:22extrêmement vifs
13:22et on continuera
13:23à avoir des débats
13:24extrêmement vifs.
13:25Par contre,
13:25on ne débat pas
13:26de l'antisémitisme,
13:27on le combat.
13:28Et je crois que ça,
13:29il faut qu'on s'accorde dessus.
13:30Il y a des pays
13:31qui ont fait d'autres choix.
13:32Les États-Unis,
13:33moi, je pourrais venir
13:33sur un plateau de télévision
13:34en expliquant que la Shoah
13:35n'a pas existé.
13:36En France,
13:37on ne peut pas faire ça
13:38et tant mieux.
13:39Et bien sûr, il y a bien.
13:39Et même en ne le faisant pas,
13:41vous voyez aujourd'hui
13:42à quel point l'histoire,
13:43encore une fois,
13:44est contestée,
13:45la vérité des faits
13:46est contestée
13:46et la difficulté
13:47à faire transmettre
13:49cette histoire-là.
13:50Donc, moi,
13:50je ne veux en aucun cas
13:51tenter une quelconque
13:52liberté d'expression.
13:53Au contraire,
13:54je souhaite la défendre,
13:55je souhaite défendre
13:55le pluralisme,
13:56le pluralisme des idées,
13:57le pluralisme médiatique.
13:58Par contre,
13:59je souhaite qu'on réaffirme
14:00des principes clairs.
14:01Et on le fait
14:02dans un cadre juridique.
14:03Moi, j'avais dit
14:03que je me conformerais
14:05à l'avis du Conseil d'État.
14:06Et je m'y suis conformée
14:08en tout point.
14:08Et donc,
14:09le Conseil d'État,
14:09il nous a fait réécrire
14:11aussi cette disposition
14:13sur l'inéligibilité.
14:14Et donc,
14:14on l'a suivi,
14:15cet avis.
14:15Et donc,
14:16il y aura deux cas possibles.
14:17Quelqu'un qui serait condamné
14:19parce qu'il contesterait
14:20l'existence même
14:22de la Shoah
14:23ou d'un génocide,
14:24eh bien,
14:24en effet,
14:25pourrait avoir une peine
14:26complémentaire d'inéligibilité.
14:27Quelqu'un qui dirait
14:28la Shoah n'a pas existé,
14:29est-ce qu'il est digne
14:30d'être un élu de la République ?
14:31Je crois que la réponse
14:32doit pouvoir être non.
14:33Et puis,
14:34quelqu'un qui serait condamné
14:35à de la détention
14:36pour des faits de racisme
14:37ou d'antisémitisme
14:38ne pourrait là aussi
14:40avoir une peine
14:41complémentaire d'inéligibilité.
14:42Vous voyez,
14:42c'est très structuré,
14:44c'est très cadré,
14:45c'est pas tentatoire
14:46à la liberté d'expression,
14:47mais ça rappelle
14:48des principes clairs.
14:49Je voudrais qu'on ouvre
14:50l'autre chapitre
14:51de votre actualité aussi,
14:53ce qui s'est passé
14:54notamment vendredi
14:55dans l'hémicycle
14:55sur le projet de loi
14:56relatif à la protection
14:58des enfants.
14:58un article particulièrement
15:00qui prévoyait
15:00la perpétuité
15:02pour les violeurs
15:03en série de mineurs
15:04et on a vu
15:05la gauche dans sa totalité,
15:07pas la France insoumise,
15:08toute la gauche,
15:09voter contre cet article.
15:11Comment on peut
15:11expliquer cela ?
15:12La même gauche
15:13qui demande
15:13une loi intégrale
15:14et c'est sans doute
15:15très bien
15:15pour les violences sexuelles
15:18contre les femmes
15:18et les enfants,
15:19mais qui dans l'hémicycle
15:20fait l'inverse.
15:21Moi je crois que
15:22j'ai rarement été
15:24aussi abasourdie
15:25en même temps
15:25aussi en colère
15:26en fait face à un vote
15:27parce que
15:28je ne vous comprends
15:29toujours pas
15:30comment il est possible
15:32dans notre pays
15:33de s'opposer au fait
15:34que des hommes
15:35qui ont violé
15:37à plusieurs reprises
15:38des enfants,
15:39des enfants de moins
15:40de 15 ans
15:41puissent échapper
15:43à la perpétuité.
15:44Dans cet hémicycle,
15:45avant le vote,
15:46quand j'ai plaidé
15:47pour cet article,
15:48j'ai pris l'exemple
15:48d'un cas
15:49malheureusement
15:51extraordinairement
15:51emblématique.
15:52Le cas dit
15:53le squarnec.
15:54Le squarnec
15:55a violé
15:59299 fois
16:00des enfants,
16:02des mineurs.
16:03Sauf que
16:03dans l'état actuel
16:04du droit,
16:05il pouvait au maximum
16:06avoir une peine
16:08de réclusion criminelle
16:09de 20 ans.
16:10Donc il a eu
16:10une peine de réclusion
16:11criminelle de 20 ans.
16:13Et donc ça veut dire
16:13qu'en s'opposant
16:15à cet article,
16:15en empêchant
16:17que cet article
16:17soit adopté,
16:18on explique que
16:19dans des cas
16:19comme celui-ci,
16:2020 ans ça suffit.
16:22Moi je considère
16:23que 20 ans ça ne suffit pas.
16:25Parce que je considère
16:25que chaque victime
16:27mérite d'être reconnue.
16:29On sait à quel point
16:30c'est extraordinairement
16:31difficile
16:32pour une victime
16:33de violences sexuelles,
16:34singulièrement un enfant,
16:35un adolescent,
16:36de révéler
16:37ce qu'il a eu à subir.
16:38Parce que celui
16:39qui lui fait subir le pire,
16:41c'est quelqu'un
16:41qu'il connaît,
16:42c'est quelqu'un
16:43qu'il aime,
16:43c'est un parent,
16:44c'est un ami,
16:46c'est un professionnel
16:46de santé,
16:47c'est un animateur
16:48du périscoïde,
16:49quelqu'un en qui
16:49on a confiance,
16:50quelqu'un qu'on tutoie,
16:52quelqu'un dont on ne se méfie pas,
16:54quelqu'un dont on pense
16:54même qu'il va nous protéger.
16:55Donc évidemment
16:56qu'il y a tout ce travail
16:58pour identifier,
16:59pour repérer,
17:00pour accompagner
17:01la parole des victimes.
17:02Mais une fois
17:03que la dénonciation
17:04est faite,
17:05une fois que l'auteur
17:06est identifié,
17:07qu'est-ce qui justifie
17:08une seule seconde,
17:10une seule minute
17:10que ces hommes-là
17:12ne puissent pas
17:13être condamnés
17:13à perpétuité ?
17:14Un cas comme le squarnec,
17:16est-ce qu'on pense
17:17sincèrement
17:17qu'il mérite
17:18de sortir dans 20 ans
17:20et qu'il n'emportera
17:22aucun nouveau risque
17:23pour la société ?
17:24À la gauche,
17:25vous diriez que la prévention suffit,
17:26c'est l'argument
17:27qu'on vous a opposé.
17:27Mais qu'il y ait de la prévention ?
17:29Déjà,
17:29en quoi l'un exclut l'autre ?
17:30En quoi l'un exclut l'autre ?
17:32Qui a dit,
17:33à quel moment a-je dit
17:34qu'il ne fallait pas
17:34de prévention ?
17:35Évidemment qu'il faut
17:36de la prévention.
17:37Évidemment qu'il faut
17:38intervenir dans les écoles
17:39pour permettre aux enfants
17:40de révéler leurs paroles
17:42et de dire
17:42s'ils ont eu à subir
17:43des violences sexuelles
17:44pour immédiatement
17:45les interrompre.
17:46Évidemment qu'il faut
17:47à un moment
17:48déconstruire ces schémas
17:49de domination
17:49qui font qu'on considère encore
17:51et que certains considèrent encore
17:53qu'on peut être
17:54un bon parent
17:54alors qu'on a été condamné
17:55pour des violences
17:57intrafamiliales,
17:57qu'on doit maintenir
17:58à tout prix un lien
17:59entre l'enfant et le parent,
18:00y compris si le parent
18:01a un risque et un doute
18:02qu'il ait commis
18:03des violences sexuelles.
18:04Évidemment.
18:05Mais on doit faire les deux.
18:07Et donc moi,
18:07je refuse
18:08qu'on ait cette logique binaire
18:09d'une gauche
18:10qui nous expliquerait
18:12tout sur la prévention uniquement
18:14et de la même manière,
18:15une même strain de droit
18:16qui m'expliquerait
18:17qu'il faut du tout
18:18sur le sécuritaire
18:18mais pas de prévention.
18:19Il faut faire les deux
18:20parce qu'il faut protéger
18:21nos enfants.
18:22Et protéger nos enfants,
18:23c'est de la prévention,
18:25c'est de la détection,
18:26c'est du repérage,
18:27c'est de l'accompagnement
18:27mais quand même,
18:28c'est aussi de la sanction,
18:30c'est aussi de la lutte
18:31contre l'impunité.
18:31Surtout dans les cas
18:31dont on parle
18:32qui sont très précis.
18:33Et quand moi,
18:34je rencontre les victimes,
18:35je sais bien
18:36que toutes les victimes
18:37ne plaident pas forcément
18:38pour la même chose.
18:39Je sais bien que chaque fois,
18:41c'est une histoire
18:41absolument singulière
18:43de ce qui leur est arrivé
18:44et de la capacité
18:45qu'elles ont eu
18:45à révéler leur parole.
18:47Mais puisqu'elles m'ont
18:47autorisé à en parler,
18:49Arnaud Gallet
18:49qui a fondé le mouvement
18:50Move Enfant,
18:51qui est l'un des mouvements
18:52les plus en soutien
18:54sur la parole des victimes,
18:56est en soutien
18:57de cette disposition
18:58sur la perpétuité.
19:00Angélique Cochy
19:01qui a fondé
19:01l'association Rebond
19:02sur les violences sexuelles
19:04dans le sport
19:04de la même manière.
19:05Sarah Habitbol
19:06qui était une des premières
19:07grandes sportives
19:08a témoigné des violences sexuelles
19:10qu'elle a eues à subir
19:10de la même manière.
19:12Donc encore une fois,
19:14qu'est-ce qui peut justifier
19:15qu'on s'y oppose ?
19:16Ou alors c'est de l'idéologie.
19:18Mais nos enfants,
19:19à un moment,
19:19ce qui va les protéger,
19:20ce n'est pas l'idéologie.
19:21Ce qui va les protéger,
19:22c'est la lutte
19:23contre l'impunité.
19:24Et donc,
19:25c'est pour ça
19:25que j'ai demandé
19:26au nom du gouvernement
19:26qu'il y ait un nouveau vote.
19:27Un nouveau vote
19:28qui aura lieu mardi.
19:28C'est très rare
19:28qu'on demande
19:29qu'il y ait une nouvelle délibération,
19:31qu'il y ait un nouveau vote.
19:31Mais mardi,
19:38j'espère qu'il y aura du monde
19:39dans cette émission.
19:39Parce qu'on n'était pas
19:40assez nombreux vendredi.
19:41Il y a un sujet
19:41où si la gauche l'a emporté,
19:42c'est aussi parce que
19:43le bloc central...
19:44Chacun doit être au rendez-vous.
19:45On était certes vendredi,
19:45mais il n'y avait personne.
19:46Mais ça ne justifie pas.
19:47Je le dis aussi.
19:48Chacun doit être au rendez-vous.
19:50Parce que c'est
19:50la dernière séance
19:52de l'Assemblée nationale
19:54avant les vacances parlementaires.
19:56C'est un moment
19:56qui sera important
19:57parce qu'on votera
19:58sur tout le texte,
19:59sur tout le projet de loi
20:00sur la protection de l'enfance
20:01et que juste avant,
20:02on aura ce vote
20:08à avoir une peine
20:09de perpétuité
20:10ou si on considère
20:12que 20 ans au maximum,
20:13ça suffit.
20:14Et je crois que là,
20:15chacun se fera son avis
20:16et que les Français
20:17se feront leur avis
20:19sur chaque député
20:20qui aura voté
20:21en son âme et conscience.
20:22Parce que là,
20:23ce n'est pas une logique
20:23de groupe politique.
20:24C'est une logique individuelle.
20:26C'est une logique d'humanité.
20:27C'est une logique de dignité.
20:29Est-ce qu'on est pour ?
20:30Est-ce qu'on est contre ?
20:31Et j'espère qu'ils seront
20:31nombreux en séance.
20:32Et oui, j'espère
20:33que les députés de gauche
20:37considéreront
20:37que le devoir d'humanité
20:38qui est le nôtre
20:39et de protection
20:40de nos enfants
20:40doit les conduire
20:42à voter en faveur
20:43de la perpétuité.
20:44Pour terminer,
20:45je voudrais qu'on lise
20:46un extrait de la tribune
20:47de Sophie.
20:48C'est la maman d'Enzo.
20:49Il avait été tué
20:50en 2023
20:51par des coups de couteau.
20:52Elle se fait un peu
20:53la porte-parole
20:53de toutes ces familles
20:54qui souffrent
20:54et qui perdent des enfants.
20:56Et elle adresse
20:56un message aux politiques.
20:57Elle dit
20:57« J'aimerais que sur un sujet
20:59aussi grave,
21:00tous ceux qui ont le pouvoir
21:00de faire évoluer la loi
21:02sachent se rassembler
21:03autour d'une seule
21:04et même cause,
21:07les différences de chacun
21:08parce que la douleur
21:09d'une famille
21:09n'a ni couleur politique
21:11ni étiquette. »
21:12En voyant ce qui s'est passé
21:13vendredi,
21:14on a l'impression
21:14que la gauche
21:15qui parle beaucoup
21:15des victimes,
21:16qui est manifeste
21:16devant le ministère
21:17de la Justice
21:18chaque lundi
21:18qui se montre
21:19un peu comme
21:20le porte-parole
21:20des victimes,
21:21là elle a plutôt fait
21:21de la politique politicienne.
21:22Il y a aussi un côté
21:23ça vient du gouvernement,
21:24ils n'ont pas envie
21:24d'aller dans votre sens.
21:25C'est si simple que ça.
21:26Mais un bon sujet,
21:27mardi,
21:27ce n'est pas une victoire
21:28d'Oran-Berger
21:29et une défaite
21:30d'Oran-Berger.
21:31Ce n'est pas ça
21:31la question
21:32qui est posée mardi.
21:33La seule question
21:34qui est posée mardi,
21:35c'est est-ce qu'on est
21:36à la hauteur
21:37de la protection
21:38qu'on doit
21:38à nos enfants ?
21:40Collectivement,
21:41non.
21:42Aujourd'hui,
21:42le compte n'est pas.
21:44Et donc,
21:44il faut,
21:45à un moment,
21:45qu'on y mette
21:46tous les moyens nécessaires,
21:47les moyens humains,
21:48les moyens budgétaires,
21:50dans la loi,
21:51réglementaires,
21:52éducation nationale,
21:53santé.
21:53Mais là,
21:53il y a un vote très clair.
21:54Oui ou non.
21:55Pour ou contre,
21:56la perpétuité
21:57pour les violeurs d'enfants.
21:58Et puis,
21:58moi,
21:58je veux saluer
21:59la dignité de ces mères.
22:00Que ce soit la mère d'Enzo,
22:01que ce soit la mère de Louis.
22:02Ce sont des femmes
22:03qui s'expriment,
22:03des mères qui s'expriment
22:04avec énormément de dignité.
22:06Je ne les ai jamais entendues
22:07crier vengeance.
22:08Je les ai toujours entendues
22:10demander justice.
22:11Et ça n'a rien à voir.
22:12Elles demandent la justice
22:13pour leurs enfants.
22:14Et je crois qu'on doit avoir,
22:15nous,
22:16la même dignité
22:17en étant au rendez-vous,
22:18en étant présents
22:19et en étant très claires
22:20aussi dans les valeurs
22:21qu'on défend
22:22et aussi quand on vote
22:23dans les votes qu'on a.
22:27changement de vote
22:28de la part de la gauche.
22:29Est-ce qu'il est réellement probable
22:31et est-ce que ça va plutôt
22:31se jouer finalement
22:32de votre côté ?
22:33Vous allez, j'imagine,
22:34mobiliser les députés
22:35pour leur rappeler
22:36que le Bloc central aussi
22:37doit être au rendez-vous.
22:38Je pense que tous les députés
22:38seront mobilisés,
22:39évidemment,
22:40du Bloc central,
22:41de la droite républicaine
22:42parce que chacun
22:42a compris l'importance
22:44que revêtait ce vote.
22:45Et donc,
22:45je pense que les parlementaires
22:46seront massivement présents
22:48mardi prochain
22:49et je l'espère sincèrement.
22:50Et oui,
22:50moi,
22:51jusqu'au dernier moment,
22:52j'espère évidemment
22:53que des votes
22:54pourront changer
22:55parce que je crois
22:56qu'encore une fois,
22:56ce n'est pas une logique
22:58idéologique,
22:58ce n'est pas une logique
22:59de groupe
22:59ou de parti politique,
23:01c'est encore une fois
23:02est-ce que oui ou non
23:03on est à la hauteur
23:04de la protection
23:04de nos enfants ?
23:05Et je ne dis pas
23:06que cette mesure
23:06règle tout,
23:07je n'ai jamais eu
23:07cette prétention
23:08mais je dis
23:09qu'il faut quand même
23:10commencer par là,
23:11commencer par la lutte
23:12contre l'impunité
23:13et en plus,
23:13je le rappelle,
23:14je me suis engagée
23:15avec le Premier ministre,
23:16nous nous sommes engagés
23:17sur une loi intégrale
23:18donc nous voulons
23:19aller au bout
23:19sur la loi intégrale
23:20mais on ne peut pas
23:25être présents
23:25sur cette séance
23:26qui était importante
23:27et ne pas être
23:29au rendez-vous
23:29sur ce vote
23:30donc je le dis,
23:31oui nous ferons
23:31la loi intégrale
23:32quoi qu'il arrive
23:33parce que c'est ce que
23:34nous devons aux victimes,
23:35c'est ce que nous devons
23:36aux Français
23:36mais je pense
23:37qu'il serait important,
23:39il serait sain
23:40pour notre société
23:41de montrer que
23:41sur des mesures
23:42qui je pense
23:43sont perçues par les Français
23:44comme des mesures
23:45de bon sens,
23:46de bon sens,
23:47on soit en capacité
23:48de se rassembler,
23:49ce n'est pas faire
23:50une faveur au gouvernement,
23:52c'est juste être
23:52au rendez-vous
23:53pour la protection
23:53de nos enfants.
23:54Et on suivra évidemment
23:55ce vote qui aura lieu
23:56vous le rappelez mardi.
23:57Merci beaucoup
23:58Aurore Berger
23:58d'avoir été l'invité
23:59de CNews,
24:00on s'interrompt
24:01le temps d'une pause
24:02et vous me retrouverez
24:02avec mes invités
24:03pour la suite
24:04de l'heure des pros.
24:05Restez avec nous
24:06à tout de suite.
24:09De retour pour la suite
24:11de l'heure des pros
24:11avec les invités
24:12qui m'ont rejoint
24:13notamment Lara Tchékov,
24:14bonjour.
24:15Bonsoir d'ailleurs,
24:15vous avez raison,
24:16journaliste au JDD,
24:17Louis Dragnel,
24:17bonsoir.
24:17Bonsoir Elodie.
24:18Journaliste européen
24:19et Mathias Leboeuf,
24:21j'ai arrivé,
24:21bonsoir.
24:22journaliste et philosophe.
24:24On va parler rapidement
24:25quand même
24:26de ce qui s'est passé
24:26dans l'enquête
24:28autour de la disparition
24:29de Delphine Jubilard
24:30puisqu'on l'a appris
24:31il y a quelques heures.
24:32Les ossements
24:33qui avaient été retrouvés
24:34puis analysés
24:35sont bien ceux
24:36de Delphine Jubilard
24:37sur le terrain.
24:38On retrouve Jean-Luc Thomas
24:39et Clément Lopez.
24:40Bonsoir et merci
24:40à tous les deux
24:41d'être avec nous.
24:42Jean-Luc,
24:43évidemment,
24:44c'est une nouvelle
24:44qui était attendue
24:46mais qui est aussi
24:46une délivrance
24:47pour la famille
24:48qui attendait
24:48de savoir
24:49et de pouvoir
24:50enfin faire son deuil.
24:55Effectivement,
24:56à la fois pour
24:57la famille proche,
24:59la famille plus éloignée
25:00mais aussi
25:00tous les amis
25:01de Delphine Jubilard,
25:03ses amis proches
25:04mais aussi
25:04ses amis de travail
25:06à la clinique
25:07d'Albi.
25:08Ce qui est sûr,
25:09c'est que
25:10le procureur général
25:11près de la cour d'appel
25:12de Toulouse
25:13l'a confirmé.
25:14donc Nicolas Jacquet,
25:17ce procureur général
25:18a confirmé
25:19que les ossements
25:21retrouvés
25:22dans le champ
25:22de Malloc
25:22dans le Tarn
25:23sont bien ceux
25:24de Delphine Jubilard
25:26selon les résultats
25:28ADN fournis
25:29par les experts
25:31de l'IRCGN
25:33à Pontoise.
25:35Donc,
25:37vous le disiez,
25:38les amis
25:38sont maintenant
25:40rassurés
25:41mais une autre
25:43version
25:44de l'affaire Jubilard
25:45va maintenant
25:46démarrer
25:47puisqu'il va
25:48forcément
25:49y avoir
25:50de nouveaux
25:51actes
25:51de procédure
25:53qui semblent
25:53totalement
25:54inévitables.
25:55Alors,
25:56est-ce qu'il va y avoir
25:57une nouvelle reconstitution ?
25:59Est-ce qu'il va y avoir
26:00de nouvelles recherches ?
26:03Tout cela,
26:03on va le savoir
26:04dans les prochains jours
26:06voire les premières semaines.
26:08Ce qui est sûr,
26:09c'est que le procès
26:10qui était prévu
26:10le 21 septembre prochain,
26:13quasiment
26:14dans deux mois,
26:15eh bien,
26:15a priori,
26:16il va être reporté.
26:18Merci beaucoup
26:19Jean-Luc Thomas.
26:19Merci à Clément Lopez
26:20qui vous a accompagné
26:21pour ce duplex.
26:22On reviendra évidemment
26:23sur cette actualité
26:24dans nos autres éditions.
26:25Je voudrais qu'on parle
26:26de nouveau,
26:27on en a dit un mot
26:28avec la ministre
26:29Aurore Berger,
26:29de ce concert
26:30de Barbara Butch.
26:32Elle est DJ
26:32et il a été interrompu
26:34par des militants
26:35pro-palestiniens.
26:36Cela s'est passé
26:37proche de Grenoble
26:38au festival Cabaret Frappé.
26:40Ce qu'on lui reproche
26:41d'avoir signé
26:41une pétition en soutien
26:43de la loi Yadan,
26:44la ville de Grenoble
26:45qui dit dénoncer
26:46ses agissements.
26:47Les détails
26:48avec Florian Doré.
26:54Le concert n'aura duré
26:56qu'une vingtaine
26:56de minutes
26:57avant d'être
26:58définitivement arrêté.
26:59Muni de drapeaux
27:00et de keffiers,
27:01près de 200 militants
27:02pro-palestiniens
27:03ont perturbé
27:04la prestation
27:04de l'artiste
27:05Barbara Butch
27:06avec des chants
27:07en faveur
27:07de la Palestine.
27:12Une action
27:13soutenue
27:14par la section
27:15grenobloise
27:15de la France Insoumise
27:16dont plusieurs
27:17de leurs membres
27:18étaient présents
27:19dans la foule.
27:20Les Grenoblois
27:20ont manifesté
27:21nombreux pacifiquement
27:22et Grenoble
27:23a décidé.
27:24Jamais nous nous
27:25tairons face
27:25au génocide à Gaza
27:26et à ceux
27:27qui soutiennent
27:27des lois
27:27pour faire taire
27:28les militants
27:28palestiniens.
27:29Barbara Butch,
27:31artiste connue
27:31pour son engagement
27:32LGBT
27:33et ciblée
27:34par les militants
27:34de LFI
27:35en raison de son soutien
27:36à la loi Yadan.
27:37Victime d'antisémitisme
27:39depuis l'enfance
27:39elle a signé
27:40une pétition
27:41en faveur de ce texte
27:42destinée
27:43à mieux lutter
27:43contre les nouvelles
27:44formes d'antisémitisme
27:45une proposition
27:46abandonnée depuis.
27:48L'association
27:49Retour de scène
27:50chargée de la programmation
27:51du festival
27:52assume la présence
27:53de l'artiste.
27:54Nous entendons
27:55et comprenons
27:56que la programmation
27:57de l'artiste
27:57suscite des réactions
27:59et sommes sensibles
28:00aux personnes
28:00que cela peut toucher
28:01ou heurter.
28:03Déprogrammer
28:03sur la base d'opinion
28:04est un acte fort
28:05qui reviendrait
28:06à faire
28:06des organisations
28:07culturelles
28:08des arbitres idéologiques
28:09au risque
28:10d'affaiblir
28:11à long terme
28:11la liberté artistique
28:13et le débat public.
28:14De son côté
28:15la ville de Grenoble
28:17condamne fermement
28:17les menaces
28:18et apporte son soutien
28:19aux organisateurs
28:20du festival.
28:23Et le ministre de l'Intérieur
28:24Laurent Nunez
28:25s'est exprimé
28:25à ce sujet
28:26sur les réseaux sociaux.
28:27Je condamne
28:28avec la plus grande
28:29fermeté
28:29l'interruption
28:30du concert
28:31de Barbara Bucci
28:32hier soir
28:32au festival
28:33Cabaret Frappé
28:34à Grenoble
28:34par des militants
28:35pro-palestiniens
28:36dont certains membres
28:37de la France insoumise.
28:38L'antisémitisme,
28:39les intimidations
28:40et les pressions
28:41n'ont pas leur place
28:42dans notre République.
28:43Empêcher une artiste
28:44de se produire
28:44est une atteinte
28:45inacceptable
28:46à la liberté d'expression
28:47et de création.
28:49Mathias Leboeuf
28:49envoie ces militants
28:51qui en sont fiers
28:51puisqu'un élu
28:52de la France insoumise
28:53revendique pleinement
28:54cette action
28:55s'en félicite.
28:56C'est une artiste
28:57qui a simplement
28:58signé une pétition
28:59pour soutenir
28:59la loi Yadant
29:00et au nom de ça
29:01selon eux
29:02elle n'a pas le droit
29:03de chanter
29:03et ils vont plus loin.
29:04Ils l'empêchent complètement.
29:06Ils ont interrompu
29:07ce concert.
29:07C'est absolument scandaleux.
29:09C'est anti-républicain.
29:11Et moi ce que j'aurais
29:12à leur dire
29:13c'est que c'est quand même
29:13curieux
29:15de défendre
29:16la liberté
29:17d'expression
29:18notamment
29:19contre la loi Yadant
29:20en empêchant
29:22les gens de s'exprimer.
29:23Donc il y a un paradoxe
29:24absolu
29:24qui me paraît être
29:25le terreau
29:26d'une espèce
29:27de terreur culturelle
29:30qui est véhiculée
29:32par ces militants.
29:33Moi personnellement
29:34je suis très sensible
29:36à la cause palestinienne.
29:39J'ai eu plusieurs fois
29:39ici l'occasion
29:41de rappeler
29:42la situation
29:43de la Palestine
29:44et parfois
29:45dans des débats
29:46très durs
29:46avec des gens
29:47qui n'étaient pas
29:48d'accord avec moi
29:49mais ça ne me viendrait pas
29:50à l'idée
29:50d'interdire
29:51tel ou tel
29:53parce qu'il n'est pas
29:53d'accord avec moi
29:54ou d'aller manifester
29:56contre un concert.
29:58Ça me paraît
29:59pour le coup
30:01très dangereux
30:02comme état d'esprit.
30:03Dangereux
30:04et puis c'est intéressant
30:05la Rachecov
30:05de voir
30:06comment la France insoumise
30:07notamment a évolué.
30:09lors des Jeux Olympiques
30:10l'appréciation
30:11de Barbara Bush
30:12n'est pas forcément
30:12plus à tout le monde.
30:13À ce moment-là
30:14on voit
30:14la France insoumise
30:15qui monte au créneau
30:16qui la défend
30:17qui explique
30:17qu'elle représente
30:19aussi une certaine France
30:20et donc elle est mise en avant
30:21c'est presque une égérie
30:22de la France insoumise.
30:23À ce moment-là
30:24et pas de vol
30:25ils découvrent
30:25qu'elle signe
30:26une pétition
30:27pour soutenir
30:28la loi Yadant
30:29et donc là
30:30c'est plus possible
30:30c'est-à-dire que
30:31cette égérie-là
30:32en fait elle devient
30:32un ennemi
30:34à combattre.
30:34C'est-à-dire que même
30:35entre eux maintenant
30:35ils arrivent à se dévorer
30:36finalement.
30:37Alors en fait
30:38c'est une tribune
30:39qu'elle a signée
30:40parce qu'elle s'inquiétait
30:41de la montée
30:41de l'antisémitisme
30:42en France
30:42pas parce qu'elle soutenait
30:44ce projet de loi
30:45L'ayant elle-même subi
30:46et comme elle le raconte.
30:47Quand bien même.
30:48Moi j'ai pas entendu
30:49d'autres artistes
30:49la soutenir
30:50dans cette histoire
30:51Barbara Bush.
30:52On n'entend pas
30:53les artistes
30:54prendre la parole
30:55pour la soutenir.
30:57En fait
30:57on en vient
30:58à un moment
30:59où on réduit
30:59au silence
31:00une artiste
31:01dont les idées
31:02ne plaisent pas
31:03et en fait
31:03on constate
31:04effectivement
31:04les méthodes
31:05d'intimidation
31:06des militants
31:08de la France insoumise
31:09qui sont finalement
31:10toujours les mêmes
31:11ils piétinent
31:12la liberté de la presse
31:13ils piétinent
31:13la liberté des médias
31:14et ils piétinent
31:15la liberté d'expression
31:17toujours avec les mêmes
31:17méthodes d'intimidation.
31:19Là ce qui est intéressant
31:21de noter
31:21c'est que finalement
31:23Barbara Bush
31:24qui incarne quand même
31:25une certaine gauche
31:26progressiste
31:27de par les combats
31:28qu'elle défend
31:29à savoir
31:30le féminisme
31:32l'antiracisme
31:33le combat des LGBT
31:34etc.
31:35Là on voit
31:36finalement
31:36c'est une partie
31:38de la gauche
31:38qui en vient
31:39à manifester
31:42de la haine
31:44des propos haineux
31:45contre elle
31:46finalement
31:47au nom d'un autre
31:48combat jugé
31:49bien plus supérieur
31:50pour eux
31:51qui est
31:52l'antisionisme
31:53finalement
31:53donc l'antisémitisme
31:55étant donné que
31:55Barbara Bush
31:56est de confession
31:58juive
31:59ce n'est pas la première
31:59fois par ailleurs
32:00que l'on assiste
32:01à ce genre
32:02de scènes
32:03qui sont à mon sens
32:04révoltantes
32:05on se souvient
32:06du concert
32:07à la Fie Harmonie
32:11des Israéliens
32:13où il y avait eu
32:14des fumigènes
32:15des slogans
32:15pro-palestiniens
32:16ça arrive également
32:18fréquemment
32:18dans les concerts
32:19d'Amir
32:20qui est systématiquement
32:21appelé au boycott
32:23et encore plus récemment
32:24une artiste israélienne
32:26Sigalit Landau
32:26qui a été également
32:28boycottée
32:28lors d'une exposition
32:29qu'elle présentait
32:31dans le Vaucluse
32:32le précédent aussi
32:34est à craindre
32:35Louis Dragnel
32:36parce que comme le disait Lara
32:37il y a déjà eu
32:37beaucoup d'appels
32:38au boycott
32:39mais comme le disait
32:40d'ailleurs Aurore Berger
32:41là ils ont réussi
32:41véritablement
32:42à interrompre ce concert
32:43et quelque part
32:44à gagner la partie
32:45ils ne voulaient pas l'entendre
32:46ils ne l'ont pas entendu
32:47longtemps
32:48le risque c'est que maintenant
32:49ils tentent de récidiver
32:50en se disant
32:50peut-être qu'en y allant
32:51plus nombreux
32:52là c'est un festival
32:53c'est pas une énorme salle
32:54de concert non plus
32:54mais en y allant plus nombreux
32:55on pourrait récidiver
32:56on pourrait faire
32:57interrompre plus de concerts
32:58absolument
32:58la liste égrenée
32:59par Lara Chekhov
33:00est déjà un peu longue
33:02objectivement
33:02de tout ce qui est annulé
33:04contrarié
33:04menacé
33:06interrompu
33:07et moi je sais
33:08que par exemple
33:08les préfets
33:09dans les départements
33:09dès que maintenant
33:10il y a un artiste
33:11de confession juive
33:12ou réputé parfois
33:13parfois d'ailleurs
33:14c'est des gens
33:14qui sont très éloignés
33:15de la foi
33:16mais qui sont d'origine juive
33:18et bien eux
33:19ils sont très inquiets
33:19parce qu'ils se disent
33:20on va devoir mettre
33:21beaucoup plus d'effectifs
33:22de policiers de gendarmes
33:23et évidemment
33:24se pose la question
33:25malheureusement
33:26à chaque fois
33:26de l'annulation
33:27trouble à l'ordre public
33:28et on voit bien
33:30que là il y a aussi
33:31ce qui est assez étonnant
33:32dans cette histoire
33:33moi Barbara Butch
33:34vous savez ce que j'en pense
33:35j'ai jamais apprécié
33:37j'avais été extrêmement choqué
33:39par tout ce qu'elle avait fait
33:40au moment de la cérémonie
33:41d'ouverture des Jeux Olympiques
33:42c'est vraiment pas du tout
33:43mon style
33:44je ne sais pas comment le dire
33:45mais pour autant
33:47quand on est attaché
33:48à la liberté
33:49on est attaché à la liberté
33:50c'est pas notre style
33:51mais ça ne nous gêne pas
33:51qu'elle aille faire
33:52évidemment
33:53il faut qu'elle puisse se produire
33:56où elle le souhaite
33:57moi ce qui me choque énormément
33:58c'est que vous voyez
33:59la ville de Grenoble
34:00aurait dû s'engager
34:00par exemple à dire
34:01il n'y aura plus
34:02de débordement
34:03il n'y aura plus
34:04d'interruption
34:04ça n'arrivera plus
34:05la ville de Grenoble
34:06ne s'est pas engagée
34:07parce que dénoncer
34:08le fait que ce soit pas bien
34:09merci
34:09parce que le problème
34:10c'est que ça se situe
34:11à Grenoble
34:11et à Grenoble
34:12non mais il faut mettre
34:13les pieds dans le plat
34:14c'est une ville écolo
34:16LFI
34:17et donc pour la municipalité
34:18qui est élue
34:19par ces gens là
34:20il est inconcevable
34:22entre guillemets
34:22de donner le point
34:23ou de défendre
34:24ou de soutenir
34:25une artiste
34:26qui était huée
34:26par leurs propres électeurs
34:27c'est ça le problème
34:28et tant qu'en fait
34:29on recule comme ça
34:31symbole après symbole
34:32et bien ce sont eux
34:33qui gagnent
34:33vous savez
34:33c'est qu'une question
34:34de rapport de force
34:35il y a un gagnant
34:36un perdant
34:36il n'y a pas de
34:39des crayons
34:40et de l'autre côté
34:41des méchants
34:41et ceux qui ont des crayons
34:42sont plus forts
34:43que les méchants
34:43ça ça existe
34:44vraiment que dans
34:46une toute petite partie
34:47de la littérature
34:48et vous avez raison
34:48Lara de rappeler
34:49qu'il y a eu peu
34:50d'artistes
34:50qui l'ont soutenu
34:51mais comme il y avait
34:51assez peu d'artistes
34:52aussi qui avaient soutenu
34:53Amir
34:54lors de tous ces appels
34:55au boycott
34:56je voudrais qu'on change
34:57de sujet
34:57et qu'on évoque maintenant
34:58cette tribune
34:59elle est dans les colonnes
35:00du journal du dimanche
35:01c'est la tribune
35:02de la maman d'Enzo
35:03Enzo il avait 15 ans
35:04quand il a été
35:05poignardé mortellement
35:07en 2023
35:08pour ce qu'on appelle
35:09un mauvais regard
35:10et donc sa maman
35:11elle a tenu
35:12à partager
35:13sa peine
35:14et un certain nombre
35:15de réflexions
35:16elle demande notamment
35:17une justice
35:18plus rapide
35:19et qu'on écoute
35:20davantage
35:20les victimes
35:21on va regarder d'abord
35:22les précisions
35:23d'Inès Alican
35:26Trois ans après
35:26la mort d'Enzo
35:27le temps judiciaire
35:29n'a toujours pas permis
35:30à sa famille
35:30de tourner la page
35:32pour Sophie sa mère
35:33l'attente est devenue
35:34une seconde épreuve
35:35Les procédures s'éternisent
35:37sans que rien ne change
35:38pour nous
35:39notre vie est restée
35:40suspendue au 22 juillet
35:412023
35:42chaque jour qui passe
35:43sans procès
35:43est un jour de plus
35:44où cette date
35:45continue de s'imposer
35:46à nous
35:46pourquoi les familles
35:47de victimes
35:48doivent-elles vivre
35:48dans une attente
35:49interminable
35:50sans savoir
35:51quand elles pourront
35:51enfin être entendues
35:52par une cour d'assises
35:53Elle dit avoir
35:54pris connaissance
35:55du projet de loi
35:56sur la justice criminelle
35:58et le respect
35:58des victimes
35:59une réforme
36:00qui permet de raccourcir
36:02les délais de jugement
36:03qu'elle accueille
36:04avec espoir
36:04mais qu'elle estime
36:06encore insuffisante
36:07Les victimes ont besoin
36:08d'une justice plus rapide
36:09d'un accompagnement
36:10à la hauteur
36:11de ce qu'elle traverse
36:12et d'une réponse pénale
36:13à la hauteur
36:14de la gravité
36:14des crimes commis
36:15Aujourd'hui
36:16son message s'adresse
36:18à tous les élus
36:19sans distinction
36:20J'aimerais que sur un sujet
36:21aussi grave
36:22tous ceux qui ont le pouvoir
36:23de faire évoluer la loi
36:24sachent se rassembler
36:25autour d'une seule
36:26et même cause
36:27celle des victimes
36:28Peu importe les sensibilités
36:30ou les différences
36:30de chacun
36:31parce que la douleur
36:32d'une famille
36:33n'a ni couleur politique
36:34ni étiquette
36:35Sophie souhaite
36:36que plus aucune famille
36:37n'ait à vivre
36:38une attente aussi longue
36:39après la perte
36:40d'un enfant
36:41Son espoir
36:42que son histoire
36:43fasse avancer
36:44la place des victimes
36:45dans la justice française
36:48Je vous invite vraiment
36:49si vous ne l'avez pas déjà fait
36:50à lire cette tribune
36:51je voudrais qu'on s'arrête
36:53sur certains des mots
36:54de cette maman
36:54Nous ne sommes pas
36:55des faits divers
36:56Nous sommes des familles
36:57à qui l'on a arraché
36:58un enfant
36:59Lara Chekhov
37:00On repense à cette phrase
37:01du président de la République
37:02On lave le cerveau
37:03aux Français
37:03avec des faits divers
37:05C'est peut-être la meilleure réponse
37:06celle d'une famille
37:07de victimes
37:07de dire
37:07Non, nous ne sommes pas
37:08des faits divers
37:09et nous voulons des solutions
37:10Utiliser le terme
37:11de faits divers
37:12pour les politiques
37:12c'est pratique
37:13Par définition
37:14un fait divers
37:14on ne peut pas vraiment le résoudre
37:15Ce que dit cette maman
37:16c'est qu'il y a un vrai sujet derrière
37:18et elle en appelle
37:18justement aux politiques
37:19pour tenter
37:20qu'on arrête
37:21d'égréner la liste
37:21des prénoms
37:22des adolescents
37:22que cette société perd
37:24Oui et cette mère parle
37:25pour ne pas qu'on oublie
37:26le nom de son enfant
37:28Ce sont des familles
37:29qui ont besoin de parler
37:31qui ont besoin d'alerter
37:34et très peu de médias
37:35à l'époque
37:35avaient parlé
37:36de cette affaire
37:37du petit Tenzo
37:38c'était d'ailleurs
37:38le tout premier numéro
37:39du JDD
37:40qui titrait justement
37:42Nous ne sommes pas
37:43un fait divers
37:45Et puis c'est vrai
37:46qu'on constate récemment
37:48que ce sont beaucoup de mères
37:49beaucoup de mamans
37:50qui prennent la parole
37:51pour rappeler
37:52la mémoire de leur enfant
37:54et pour qu'on ne les oublie pas
37:56parce que souvent
37:57les familles de victimes
37:58après des drames
37:59comme celui-là
38:00se sentent oubliées
38:01se sentent délaissées
38:02et c'est ainsi
38:04pour tous les drames
38:04On entendait beaucoup
38:05de témoignages
38:06de victimes des attentats
38:07de Nice par exemple
38:08qui se sentaient également délaissées
38:09délaissées par les médias
38:10délaissées par
38:11les responsables politiques
38:13etc.
38:14La maman d'Elias
38:15d'ailleurs Stéphanie Bonhomme
38:17intervient beaucoup
38:18dans les médias
38:20pour alerter justement
38:21la mère de Louis
38:22qui a été lynchée
38:23à Narbonne
38:24a pris la parole
38:25dans les colonnes
38:26du JDD
38:26il y a trois semaines
38:28également
38:28en martelant
38:29qu'elle voulait
38:30que Louis soit
38:31le dernier enfant
38:32qui soit tué
38:33pour rien
38:34et puis pour venir
38:35à ce drame
38:38qu'a vécu
38:39la maman
38:40du petit Enzo
38:42peut-être juste rappeler
38:44que le meurtrier
38:44d'Enzo
38:45qui avait 15 ans
38:46au moment des faits
38:48aujourd'hui
38:49a été remis
38:50en fait en liberté
38:51avec un contrôle
38:52judiciaire strict
38:53la famille attend encore
38:54trois ans et demi
38:55après l'effet
38:55la date du procès
38:57et le code pénal
39:00des mineurs
39:00est très clair
39:01et dit la chose suivante
39:01quand il
39:02si un mineur
39:03est soupçonné d'un crime
39:04il peut en cours
39:05d'instruction
39:06être emprisonné
39:07pour une durée
39:07temporairement
39:09de six mois
39:10qui peut être prolongé
39:11jusqu'à un an maximum
39:12donc le meurtrier
39:12d'Enzo
39:13a été emprisonné
39:15pendant un an
39:16et depuis
39:16il est en liberté
39:18donc finalement
39:19qu'est-ce qui s'est passé
39:20depuis trois ans
39:20il y a eu Elias
39:22il y a eu Liana
39:22il y a eu Thomas
39:23il y a eu Benoît
39:24il y a eu Philippine
39:26il y a eu Lola
39:27et j'oublie peut-être
39:28des prénoms
39:28oui malheureusement
39:29mais dans tous les cas
39:30ce sont des enfants
39:31qui à chaque fois
39:32ont été tués
39:33par des multirécidivistes
39:35ou alors par des individus
39:36qui ont été libérés
39:38avant le terme
39:38de leur peine
39:40et à chaque fois
39:41ce sont les mêmes
39:42défaillances
39:42de l'Etat
39:43et vous parlez justement
39:44de la justice
39:45et cette maman
39:46le fait également
39:47elle a cette phrase
39:48qui dit beaucoup de choses
39:49lorsqu'un enfant
39:50est assassiné
39:50la justice ouvre un dossier
39:52les parents
39:52eux commencent une peine
39:53qui ne se termine
39:54jamais
39:55parce que lui aussi
39:56elle explique
39:57que cette justice
39:57elle se demande parfois
39:58si elle est faite
39:59pour les victimes
40:00et les familles de victimes
40:01ou pour les coupables
40:02parce qu'elle dit
40:03qu'eux ils attendent
40:04comme le disait Lara
40:04une date enfin
40:06pour avoir un procès
40:07qu'eux ils ont pris
40:08évidemment perpétuité
40:09dans cette tristesse
40:10quand on voit
40:10que quand ce sont des mineurs
40:12et bien finalement
40:12ils sont relâchés
40:13assez vite
40:14et c'est un peu
40:14une double peine
40:15pour ces familles
40:15parce que non seulement
40:16il y a ce deuil
40:17insurmontable
40:18et en plus une justice
40:19qui prend du temps
40:19avec toute sa lourdeur
40:20ce qui est vrai
40:21c'est que le point commun
40:22quand même
40:22de toutes les familles
40:23de victimes
40:23c'est le sentiment
40:24d'injustice
40:25alors que ce sont des gens
40:26qui sont le plus confrontés
40:28à la justice française
40:28et c'est là
40:29où il y a un énorme problème
40:30et c'est là
40:31où il faut aussi
40:32que la justice
40:32se remette en question
40:33il n'y a pas que la politique
40:35certes la justice applique
40:36les lois qui sont votées
40:38par le Parlement
40:38mais je pense qu'il y a
40:39une vraie remise en question
40:40à faire de la part
40:42des gens qui font
40:43qui rendent la justice
40:44au nom du peuple français
40:45si aujourd'hui
40:46il y a une telle déconnexion
40:47une telle souffrance
40:47des victimes
40:48et un tel désamour
40:50plus large
40:51de la part des français
40:52vis-à-vis de l'institution judiciaire
40:53c'est bien qu'il y a un problème
40:54et vous savez
40:55quand vous n'êtes pas comprise
40:56quand vous dites quelque chose
40:58ou quand vous rendez des décisions
41:00ce n'est pas que les autres
41:01qui ont tort
41:01et les autres
41:02qui ne comprennent pas
41:03et qui doivent attendre
41:04le temps
41:05et je pense qu'aujourd'hui
41:07les familles n'en peuvent plus
41:08de cette injustice
41:09n'en peuvent plus
41:10à chaque fois
41:10d'être obligées de dire
41:11je fais confiance
41:12à la justice de mon pays
41:14j'ai toute confiance
41:15je ne parlerai pas
41:16je ne veux pas
41:17exploiter la souffrance
41:18d'un tel ou d'une telle
41:19on ne va pas faire
41:20de récupération
41:20et c'est ça qui est en train
41:22d'exploser
41:22c'est ça qui est en train
41:23de péter complètement
41:24le politique
41:25on voit bien
41:26est plutôt désemparé
41:27face à toutes ces familles
41:28de victimes
41:29qui s'expriment
41:30qui réclament des comptes
41:31qui alertent
41:32et qui n'attendent plus
41:33la permission
41:34de crier leur douleur
41:35et c'est ça
41:36à quoi on est en train
41:37d'assister
41:37on l'a vu au moment
41:38de l'affaire Liana
41:39ce n'est pas terminé
41:40il y a quelques moments
41:42un peu
41:42où on a l'impression
41:43de franchir une étape
41:45mais en réalité
41:46on voit bien
41:47que le système
41:47n'a pas changé
41:49j'espère de tout cœur
41:50que la prochaine élection
41:51présidentielle
41:52permettra pour le coup
41:53ce véritable changement
41:54parce qu'on a l'impression
41:55que ce n'est jamais
41:56le bon moment
41:57pour changer
41:58pour changer de braquet
41:59pour changer le budget
42:00donner une nouvelle impulsion
42:01et je pense que
42:02seule la présidentielle
42:04peut permettre
42:05de faire un grand changement
42:06Justement une autre citation
42:08une société ne devrait jamais
42:10avoir à enterrer ses enfants
42:11dit la maman Denzo
42:12chaque enfant assassiné
42:13est un échec
42:14pour toute une société
42:15et oublier son prénom
42:16serait un deuxième échec
42:18vous le disiez
42:19Lara justement
42:19elle dit
42:19qu'elle veut qu'on se rappelle
42:21de son fils
42:22c'est vrai Mathias Leboeuf
42:23que pendant longtemps
42:24les familles de victimes
42:25se faisaient plutôt discrètes
42:26il était assez rare
42:27de les entendre
42:27dans les médias
42:28et aujourd'hui
42:29on voit tout autant de familles
42:30qui ont besoin
42:30de parler de leur combat
42:31et de se dire
42:32notre enfant ne peut pas
42:33être mort pour rien
42:35c'est à dire qu'évidemment
42:35il n'y a jamais aucune raison
42:37de perdre un enfant
42:38mais qu'ils se disent
42:38il faut que ça puisse faire
42:40avancer les choses
42:41et ces prises de parole
42:41pour les politiques
42:42forcément on imagine
42:43que ça les secoue un peu
42:44là on n'est pas dans
42:45la politique politicienne
42:46on est dans le concret
42:46Oui c'est ça
42:47qui est à la fois très fort
42:49et très émouvant
42:49et effectivement
42:50les victimes prennent la parole
42:51parce qu'elles veulent faire
42:52avancer les choses
42:53nous ne sommes pas
42:55un fait divers
42:56ou des faits divers
42:57effectivement
42:58ce sont des vies brisées
42:59Oui
43:00des familles entières
43:01des familles entières
43:02et derrière ces vies brisées
43:03il y a des individus
43:04qui sont à reconstruire
43:05qui sont à réparer
43:06qui sont à accompagner
43:07aussi
43:08et donc
43:09les deux questions
43:10qui sont posées
43:11à travers cette tribune
43:12c'est le temps
43:13le temps judiciaire
43:14et bien évidemment
43:15que le temps judiciaire
43:16est beaucoup trop long
43:17il devrait y avoir
43:18des procédures accélérées
43:20pour ce genre de cas
43:21qui impliquent notamment
43:22des homicides sur mineurs
43:24d'autant plus
43:24qu'effectivement
43:26la détention provisoire
43:27sur mineurs
43:28est limitée
43:29donc le sentiment
43:30d'injustice
43:31croit d'autant plus
43:32puisque
43:33celui qui a commut
43:34l'homicide
43:35est mis sous contrôle judiciaire
43:38en liberté
43:38sous contrôle judiciaire
43:40on a l'impression
43:40qu'il y a une forme
43:41d'impunité
43:41donc il y a forcément
43:42de l'incompréhension
43:43qui aggrave
43:45le mal-être
43:46de ces familles
43:47et puis
43:47le deuxième volet
43:48c'est l'accompagnement
43:49et moi je trouve
43:50que la justice
43:51effectivement
43:52pour le coup
43:52pêche énormément
43:54d'autant plus
43:55que le laps de temps
43:56est long
43:57ces familles
43:57sont livrées
43:58à elles-mêmes
43:58avec leur deuil
43:59avec l'absence
44:00d'informations
44:01souvent même
44:02sur l'avancée
44:02du dossier
44:03et elles doivent
44:05faire d'autant plus
44:07avec ça
44:07avec non seulement
44:08leur peine
44:09mais avec
44:10ces circonstances
44:11aggravantes
44:11de la peine
44:12en quelque sorte
44:13donc effectivement
44:15maintenant
44:15les victimes
44:16prennent beaucoup
44:17la parole
44:18souvent les mamans
44:19d'ailleurs
44:19beaucoup plus
44:20que les papas
44:22et c'est une bonne chose
44:23et j'espère que ça fera
44:24changer les choses
44:26et qu'effectivement
44:27l'élection présidentielle
44:29sera au cœur
44:30de ce débat
44:31parce qu'il faut
44:32on peut imaginer
44:33une structure
44:34qui accompagnerait
44:35les familles
44:37de victimes
44:38et notamment
44:39de mineurs
44:39encore une fois
44:40et puis
44:41le cas
44:44de la détention
44:45provisoire
44:45des mineurs
44:46ou de l'accélération
44:47des procédures
44:47doit être au cœur
44:48des questionnements
44:50sur le fonctionnement
44:51de la justice
44:51et justement
44:52je vous rappelle
44:53que cette tribune
44:54est donc à retrouver
44:54dans les colonnes
44:55du JDD
44:56on va terminer
44:57en parlant toujours
44:58de justice
44:59sous un autre angle
44:59et du syndicat
45:00de la magistrature
45:01on va regarder
45:02cette réaction
45:02de Bruno Retailleau
45:04le candidat
45:04des républicains
45:05à l'élection présidentielle
45:07puisqu'il a repéré
45:08que ce magistrat
45:10membre du syndicat
45:11est allé
45:12à une conférence
45:12de presse
45:13de la France
45:14insoumise
45:14et il le dit
45:16il appelle à manifester
45:17contre une loi
45:17votée démocratiquement
45:18cette collusion
45:19avec l'extrême gauche
45:19doit cesser
45:20il faut profondément
45:21réformer l'exercice
45:22syndical
45:23des magistrats
45:24dans une vidéo
45:25Louis effectivement
45:26ce même magistrat
45:28qui explique
45:28que la loi
45:29alors qu'elle a été votée
45:30ne serait pas selon lui
45:31démocratique
45:32parce qu'elle ne va pas
45:33dans son sens
45:33qu'il faut signer la pétition
45:35qu'il faut manifester
45:36donc on a quand même
45:37un magistrat
45:38certes un syndicaliste
45:39qui nous appelle
45:39à ne pas respecter la loi
45:40absolument
45:41et qui le fait
45:42surtout
45:42moi je trouve
45:43que c'est la forme
45:43il le fait
45:44à l'occasion
45:44d'une réunion politique
45:46estampillée
45:47avec un parti
45:47dans lequel
45:48il dit se retrouver
45:49et en fait
45:50ce genre de personnes
45:52détruisent
45:53ce qui reste
45:54de l'image
45:54de la justice
45:55parce que
45:56derrière tout ça
45:56il y a aussi
45:57énormément de magistrats
45:58qui font super bien
45:58leur boulot
45:59qui n'ont pas de moyens
46:00qui font du mieux
46:01qu'ils peuvent
46:02qui appellent
46:02les centres de détention
46:03qui sont déjà pleins
46:04et qui font
46:05vraiment comme ils peuvent
46:06et je trouve
46:07que le syndicat
46:09de la magistrature
46:09en particulier
46:11abîme
46:11parce qu'il est
46:13toujours
46:13au service
46:14d'une politique
46:15au service
46:15d'un parti politique
46:16la France insoumise
46:17et c'est ça
46:18qui fait beaucoup
46:18de mal à la profession
46:19moi je ne suis pas
46:21contre en soi
46:22que des magistrats
46:23et des organismes
46:24représentatifs
46:25qui le permettent
46:25de faire remonter
46:27des problèmes
46:28sur des conditions
46:29de travail
46:29sur un texte
46:30qui est difficilement
46:31compréhensible
46:31ce qui me gêne
46:32beaucoup plus
46:33c'est la surpolitisation
46:34et on a l'impression
46:35que plus on leur reproche
46:37d'être surpolitisés
46:38plus ils accélèrent
46:39et plus ils donnent
46:40l'impression
46:40de vouloir aller
46:41dans le mur
46:41et d'entraîner avec eux
46:42tout le reste
46:42de la magistrature
46:44rappelons-le
46:44l'immense majorité
46:46des magistrats
46:47sont des personnes
46:48super honnêtes
46:49intègres
46:49qui ne comptent pas
46:50leurs heures
46:51qui donnent
46:51toute leur énergie
46:52et qui font ça
46:53comme si on rentrait
46:54dans les ordres
46:54c'est quasiment une vocation
46:55il nous resterait peu de temps
46:56mais en quelques secondes
46:57Mathias sur ce sujet
46:59comme on le disait
46:59les français font déjà
47:00peu confiance en leur justice
47:01quand on entend des magistrats
47:02qui demandent de ne pas
47:03respecter les lois
47:04ça n'aide pas
47:04à faire confiance
47:05en la justice
47:06Oui d'autant plus
47:07qu'ils le font
47:08lors d'une conférence de presse
47:10qui est initiée
47:11par un parti politique
47:12c'est ça essentiellement
47:13qui me gêne
47:14c'est-à-dire qu'à la limite
47:15que les magistrats
47:16aient une certaine liberté
47:17de parole
47:18et de liberté de critique
47:19pourquoi pas
47:20mais qu'il y ait
47:21une collusion très forte
47:22avec des partis
47:23c'est extrêmement inquiétant
47:25et c'est dommageable
47:26imaginons que ça se passe
47:27de l'autre côté
47:27à l'extrême droite
47:28tout le monde se rêve en debout
47:29on imagine les réactions
47:31donc soyons honnêtes
47:31c'est vrai qu'il y a un problème
47:33après
47:33juste une chose
47:34sur le tweet
47:35de Bruno Retailleau
47:37il y a quand même
47:38une approximation
47:39Bruno Retailleau
47:40parle du principal
47:41syndicat de magistrats
47:42c'est faux
47:44Oui
47:44c'est 30% des syndicats
47:4633%
47:46et l'USM
47:47qui est l'autre syndicat
47:48de magistrats
47:49représente plus de 66%
47:51donc laisser croire
47:53que la justice
47:54est gangrenée
47:55par des magistrats rouges
47:5733% c'est beaucoup
47:58quand même
47:59c'est beaucoup
48:00il y a 60%
48:02des magistrats
48:02qui s'autorisent un peu tout
48:03vous avez 10 secondes
48:04je suis désolée
48:05on arrive
48:05en fait
48:05sur 30%
48:06des magistrats syndiqués
48:07ce sont 25%
48:08des magistrats
48:08qui votent pour le syndicat
48:09de la magistrature
48:11oui
48:11mais effectivement
48:12il y a quand même
48:12un syndicat
48:13qui est majoritaire
48:14et qui n'est pas
48:15celui-ci
48:16merci d'avoir vu
48:17la nuance
48:17on arrive au terme
48:19de cette heure
48:19des pros 2
48:20merci beaucoup
48:21à tous les trois
48:21d'avoir été mes invités
48:23tout de suite
48:24vous retrouvez
48:24Enquête d'Esprit
48:25bonne soirée
48:26sur CNews
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