- il y a 5 jours
Les douze derniers mois ont été particulièrement chargés en grands textes législatifs au Parlement européen. Près de 300 ont été votés et, phénomène nouveau, les majorités sont apparues fluctuantes à Strasbourg en fonction des sujets... Alors qui a voté quoi, sur les grands sujets du moment - soutien à l'Ukraine, guerre au Proche-Orient, lutte contre le changement climatique ou immigration ? Caroline de Camaret et Thibault Henocque décryptent la nouvelle donne politique européenne avec Michel Derdevet, Président du think tank Confrontations Europe, qui vient de lancer le site Eurovotes, pour recenser le vote des députés européens, et Christophe Préault, directeur du site d'information « Toute l'Europe ».
Première partie : Caroline de Camaret reçoit Odile Renaud Basso, Présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent Michel Derdevet, Président du think tank Confrontations Europe, et Christophe Préault, directeur du site d'information « Toute l'Europe ».
Première partie : Caroline de Camaret reçoit Odile Renaud Basso, Présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent Michel Derdevet, Président du think tank Confrontations Europe, et Christophe Préault, directeur du site d'information « Toute l'Europe ».
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00:00France 24, LCP, Public Sénat, présente.
00:17Bonjour à tous, merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:22L'économie européenne est toujours fortement impactée par la guerre au Moyen-Orient.
00:26Les prévisions de printemps de la Commission européenne font tomber la croissance à 0,9%.
00:31En 2026, l'inflation est en hausse à 3%, même si le chômage remonte faiblement.
00:36Nous allons parler des perspectives économiques à partir d'une banque assez atypique,
00:42la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la BERD,
00:46créée en 1991 pour contribuer à la construction d'une ère post-communiste en Europe centrale et orientale.
00:53Elle est détenue par 77 pays, ainsi que par l'Union européenne, la Banque européenne d'investissement.
00:58Nous avons le plaisir d'accueillir aujourd'hui sa présidente depuis bientôt 6 ans, Odile Renaud-Basso.
01:04Bonjour.
01:05Bonjour.
01:05Je rappelle que vous étiez auparavant directrice générale du Trésor en France.
01:09Vous connaissez bien l'économie, autant dire.
01:12Vos propres perspectives de croissance, qu'est-ce qu'elle laisse apparaître de cette situation économique de l'Europe,
01:18de l'Est européen en particulier, que vous connaissez bien ?
01:21Alors, c'est clair que les perspectives de croissance ont globalement été revues à la baisse,
01:27qu'il s'agisse de l'Europe, mais aussi pour nous de l'ensemble des régions et des pays dans
01:32lesquels on intervient.
01:34Globalement, on vient de refaire nos prévisions de croissance.
01:37Et pour 2026, on a revu à la baisse de 0,5% en moyenne sur l'ensemble de nos
01:45pays, sur l'ensemble de notre région, les perspectives de croissance.
01:50Et puis, avec une révision un peu plus faible pour l'année 2027.
01:54Tout ça étant fondé sur l'impact de la situation au Moyen-Orient, une augmentation assez significative des prix du
02:02pétrole depuis trois mois,
02:03avec une volatilité assez importante en fonction de l'état des discussions, de la communication des différents acteurs intervenant dans
02:11ce conflit.
02:11Mais on voit bien plutôt des tendances à un impact négatif sur l'économie, avec des scénarios qui peuvent être
02:21assez différents sur l'inflation.
02:23On a vu la Banque centrale européenne déjà prendre une première mesure depuis trois ans de hausse des taux d
02:29'intérêt.
02:29Et donc, tout ça va avoir un effet plutôt de ralentissement sur l'économie mondiale.
02:34Alors, en tant que présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement,
02:37vous avez déclaré que le soutien gouvernemental apporté aux économies émergentes touchées par ce conflit au Moyen-Orient
02:44doit rester temporaire et ciblé, alors que les marches budgétaires se resserrent.
02:50Traduction dans les faits.
02:51Beaucoup de pays ont pris des mesures de soutien à la demande pour réduire l'augmentation des prix de l
02:58'énergie.
02:59Par exemple, des prix à la pompe.
03:02Globalement, les prix à la pompe dans l'ensemble de nos régions ont augmenté de 30%.
03:06Donc, il y a des gouvernements, pratiquement tous les gouvernements, ont pris des mesures d'atténuation
03:10pour plafonner l'augmentation des prix du gaz, des prix de l'électricité, des prix de l'essence à la
03:17pompe.
03:18Mon message est de dire qu'il faut que ces mesures soient temporaires et très ciblées,
03:22parce que ça peut coûter extrêmement cher.
03:24Et on a des pays qui ont des marges de manœuvre budgétaires limitées.
03:30Vous pensez à la France ? Vous pensez à l'Union européenne ?
03:34On n'intervient pas sur la France, mais c'est un raisonnement qui peut aussi s'appliquer à la France.
03:40La situation d'endettement dans beaucoup de pays a fortement augmenté après le Covid,
03:44avec l'impact de la guerre en Ukraine.
03:47Et donc, les marges de manœuvre sont assez limitées.
03:50Et la capacité des pays à prendre des mesures d'atténuation de l'augmentation des prix de l'énergie est
03:56assez faible.
03:57D'ailleurs, votre banque, elle, intervient beaucoup dans la région,
04:01notamment dans la reconstruction post-guerre de Gaza, estimée à 46 milliards d'euros.
04:05En Cisjordanie, depuis 2024, vous avez investi 200 millions d'euros,
04:09le double du montant des cinq précédentes années.
04:12Vous ne vous désengagez pas.
04:14Donc, vous avez même annoncé déployer 5 milliards d'euros dans les pays touchés par les répercussions de la guerre
04:20en Iran.
04:21Moi, je considère que notre banque, et c'est aussi le point de vue d'actionnaire,
04:24on a un rôle contracyclique.
04:26C'est-à-dire qu'on a une banque de développement, une banque multilatérale de développement,
04:30et notre rôle est vraiment d'aider les pays à faire face à des situations plus difficiles
04:37quand le secteur privé, quand les investisseurs privés vont avoir tendance à se retirer
04:43et à être moins capables de prendre du risque.
04:47On doit faire tout ça, évidemment, en mesurant nos propres risques.
04:49Est-ce qu'on doit préserver notre force financière ?
04:52On est une institution avec un très bon rating, triple A, etc.
04:56C'est très important pour nous, mais on a la capacité, compte tenu d'autres bilans,
05:01d'apporter un financement et de continuer à soutenir nos clients
05:05dans des situations qui sont plus difficiles.
05:08C'est pour ça que, par exemple, pour les pays affectés par le conflit au Moyen-Orient,
05:14on a adapté nos instruments pour pouvoir apporter des soutiens en liquidité,
05:18et des financements d'urgence à nos clients pour les aider face, par exemple,
05:22à l'augmentation des prix de l'énergie, l'augmentation des prix des importations
05:26qu'ils peuvent subir quand il y a une dépréciation de la monnaie.
05:29Donc, on est actifs en situation de crise.
05:34Et le cas le plus marquant de ce point de vue-là est évidemment l'Ukraine,
05:37où on continue d'investir dans le pays en guerre.
05:41Mais, quand même, concentrons-nous sur des pays où se sont tenus,
05:45en particulier, votre assemblée annuelle de la Baird début juin, Riga, Lettonie.
05:49Vous avez déclaré, Lettonie, Estonie, Lituanie ont été les plus belles résistiques
05:53de la transition d'une économie centralisée, donc soviétique,
05:57vers une économie de marché, ainsi que de l'élargissement de l'Union européenne.
06:01Reconnaissons quand même qu'il reste des problèmes de corruption dans ces pays baltes,
06:04qu'ils ont en plus une peur viscérale de la Russie,
06:07qui les incitent à investir presque exclusivement dans la disfance aujourd'hui.
06:11C'est des pays qui ont effectivement connu une transformation extraordinaire,
06:15avec aujourd'hui, par exemple, une capacité d'innovation,
06:19des start-up qui réussissent extrêmement bien sur les marchés internationaux, etc.
06:25Ils sont, pour un certain nombre d'aspects,
06:28même en avance par rapport à d'autres pays de l'Union européenne,
06:32ils connaissent des sujets, ils ont connu des sujets de blanchiment, etc. dans le passé,
06:38mais il y a des mesures qui ont été assez strictes,
06:40de renforcement des contrôles dans le système bancaire, etc.,
06:44qui ont été prises, qui ont permis de vraiment remettre à niveau,
06:48et donc c'est des pays dont le potentiel économique aujourd'hui est important,
06:51le dynamisme économique est important.
06:53Ils sont, par contre, effectivement, négativement impactés par le fait qu'ils sont proches de la Russie,
07:00c'est des pays qui ont fait partie du bloc soviétique,
07:02donc pour lesquels l'indépendance était vraiment une réalité extrêmement importante.
07:09On a vu, avec la guerre en Ukraine,
07:13une moindre appétence des investisseurs internationaux pour investir dans ces pays,
07:17parce qu'ils sont vus comme étant proches et possiblement affectés par la guerre.
07:23Et deuxièmement, eux-mêmes doivent effectivement faire un effort de défense,
07:27d'augmentation des dépenses de défense, comme tous les pays européens.
07:32Ils sont en avance et ils investissent particulièrement beaucoup dans ce domaine.
07:36Et donc, d'où l'intérêt pour eux d'avoir des investisseurs comme nous,
07:40qui continuent à soutenir le secteur privé,
07:44parce que c'est aussi des économies qui sont de taille assez petite.
07:46Et donc, par exemple, les marchés financiers manquent toujours de liquidité,
07:50ce sont des marchés qui sont un peu étroits.
07:51Donc, notre action aide à, vise vraiment à aider à développer les marchés financiers,
07:57le financement en capital risque, le financement en fonds propres
08:00et la transition énergétique qui est extrêmement importante pour ces pays.
08:04Parce qu'ils étaient historiquement très dépendants de la Russie,
08:08connectés au système russe.
08:09Et là, ils se sont connectés au système européen
08:10avec beaucoup d'investissements dans les renouvelables en particulier.
08:12Alors, vous le disiez, le soutien à l'Ukraine,
08:14c'est l'une de vos priorités avec 10 milliards d'euros déployés.
08:17D'ailleurs, c'est l'une aussi des priorités de l'Union européenne.
08:20La guerre en Ukraine est aux portes de l'Europe et elle s'éternise.
08:23Depuis le 11 juin, sa durée a dépassé celle de la Première Guerre mondiale.
08:29Une guerre qui pèse sur le moral des habitants.
08:32C'est aussi une guerre psychologique qui se joue.
08:35Odile Renaud-Basso, votre banque Laberte finance des projets énergétiques,
08:40suit ses attaques russes pour démoraliser les populations
08:43sur des infrastructures électriques.
08:45Vous financez 135 installations des abris de protection
08:50pour les transformateurs électriques.
08:52Ça, c'est important de reconstruire pendant la guerre ?
08:55Oui, c'est très important de reconstruire pendant la guerre
08:57et notamment sur tout ce qui est ces grandes infrastructures
08:59qui sont fondamentales à la vie quotidienne des personnes,
09:04des habitants de l'Ukraine et aussi au fonctionnement de l'économie.
09:08Par exemple, le fait d'avoir accès à l'électricité,
09:11d'avoir accès au chauffage, d'avoir accès à l'énergie en général,
09:14d'avoir des trains qui fonctionnent, d'avoir des routes qui sont à peu près,
09:19qui peuvent être dans un état correct.
09:22Tout ça, c'est extrêmement important pour les habitants de l'Ukraine,
09:26pour les entreprises en Ukraine, etc.
09:29Et pour que la vie quotidienne puisse continuer dans ce pays.
09:34Vous parliez de la démoralisation, mais ce qui me frappe aussi,
09:37moi j'ai beaucoup été en Ukraine, c'est la résilience,
09:41c'est-à-dire la détermination des Ukrainiens à continuer et à défendre leur pays,
09:48leur indépendance, leur autonomie et à poursuivre les efforts,
09:54malgré les difficultés, pour ce faire.
09:57C'est assez frappant quand on regarde la situation de l'Ukraine,
10:00le fait qu'il y a évidemment une première vague de personnes
10:03qui ont quitté le pays au début de la guerre, avec les familles, etc.
10:06Mais l'hiver dernier a été extrêmement difficile en termes de chauffage,
10:12d'électricité, il y avait vraiment des conditions extrêmement dures
10:17au plan de la vie quotidienne.
10:19Et pourtant, malgré tout, il y a très peu d'Ukrainiens qui ont quitté le pays
10:23et la plupart sont restés dans le pays pour le défendre.
10:26Donc cette résilience est un élément fondamental
10:30qui explique la capacité du pays à continuer à se défendre
10:34et à regagner de la capacité de défense et de dérange dans la période récente.
10:41L'Ukraine ambitieuse de lever 257 millions d'euros via la privatisation cette année.
10:48D'ailleurs, votre banque Laberde entend soutenir ses efforts de privatisation
10:52des banques ukrainiennes et d'autres industries nationales.
10:55L'Ukraine n'est-elle pas, en pleine guerre, en train de brader un peu son économie,
11:00voir ses terres agricoles, d'affaiblir son service public ?
11:02C'est quand même la question qu'on est en droit de se poser.
11:04Je pense que c'est important et que l'économie ukrainienne a besoin d'investissements étrangers.
11:09C'est-à-dire qu'ils ont, pour que l'économie puisse se développer,
11:14on reste toujours quand même dans des domaines de croissance positive.
11:16Donc on est en économie qui a connu un très gros choc,
11:19mais il reste, après la première année, une réduction du PIB de 30 %,
11:24à réussir à remonter, à avoir des croissances avec des taux positifs.
11:29Et donc de ce point de vue-là, avoir des investissements étrangers,
11:32c'est un afflux de financement, un signe de confiance d'abord,
11:36mais aussi un afflux de financement et la capacité de développer des nouvelles capacités.
11:40Les entreprises publiques ont un rôle très important en Ukraine,
11:43dans les grands secteurs, y compris le secteur bancaire.
11:48Les entreprises publiques sont importantes.
11:50Et donc pouvoir apporter des capitaux privés,
11:53ça va permettre aussi de relancer et de soutenir les investissements dans le pays.
11:59Donc l'État et le secteur public tout seul ne peuvent pas faire face
12:03à l'ampleur des besoins d'investissement.
12:05Et donc d'où l'importance de ces financements privés.
12:08Il y a d'ailleurs une entreprise privée française très importante,
12:12détenue par Xavier Niel,
12:13qui a fait le plus grand investissement étranger en Ukraine
12:17depuis les dix dernières années dans le domaine des télécoms l'année dernière.
12:21Xavier Niel, Xavier Niel.
12:23Voilà, Xavier Niel, qui était vu comme un signe extrêmement positif
12:26de confiance aussi dans la capacité de l'économie ukrainienne
12:31de se développer et de croître malgré le contexte.
12:35Alors les États-Unis restent le principal actionnaire de votre banque,
12:38la Baird, suivi du Royaume-Uni, un peu moins de 9%.
12:42L'Union européenne et la Banque européenne d'investissement
12:45détiennent sous 6,2% du capital.
12:48Est-ce que l'administration Trump,
12:51qui a largement engelé les paiements d'aides étrangères
12:53et le soutien aux banques multilatérales de développement,
12:56a également remis en question votre équilibre,
12:59Odile-Renaud-Basso ?
13:00Les États-Unis sont effectivement le premier actionnaire.
13:02En fait, ils ont plus de 11% en règle générale.
13:09Ils sont des actionnaires importants pour nous
13:11et ils ont au contraire souscrit à l'augmentation de capital
13:14qui avait été dessinée en 2023 au moment de la guerre
13:19pour financer, pour nous aider à soutenir les investissements en Ukraine
13:24et dans l'ensemble de nos pays d'opération.
13:26Et donc, les États-Unis ont décidé de souscrire à cette augmentation de capital
13:30auquel on souscrit l'ensemble, la quasi-totalité des autres actionnaires.
13:33Et donc, c'est un signe de soutien à l'institution.
13:37Je pense qu'un de leurs intérêts pour l'institution,
13:42c'est notre focalisation, notre mandat,
13:44qui est de développer le secteur privé dans les économies
13:48dans lesquelles on intervient.
13:48Pour soutenir le développement économique,
13:51c'est une particularité de la merde
13:52qui était liée au moment de sa création, etc.
13:55et qui reste toujours au cœur de ce qu'on fait.
13:59Et je pense que ça fait écho à une vision des priorités américaines.
14:04Vous parlez de priorités américaines.
14:06Le financement de l'économie verte a représenté 58%
14:09du volume total d'investissement de votre banque en 2024.
14:12Un record.
14:14Tandis que la part des projets genrés était de 47%.
14:17Deux thématiques que rejette vivement cette administration Trump
14:21qui ne croit ni au réchauffement ni aux luttes féministes.
14:23Ça vous pose un problème ?
14:25On a une majorité d'actionnaires européens,
14:28d'actionnaires comme le Royaume-Uni, le Canada, le Japon,
14:32qui restent extrêmement focalisés
14:34et qui considèrent que pour une banque multilatérale de développement,
14:37continuer à soutenir la transition énergétique
14:41et la décarbonisation de l'économie,
14:43est un élément, est une priorité, doit rester une priorité,
14:46de même que le soutien pour l'égalité hommes-femmes,
14:50le fait de faciliter l'accès des femmes au marché du travail,
14:55à la formation, etc.
14:56Donc la majorité de nos actionnaires continuent de soutenir ces priorités
15:01et donc effectivement, ces objectifs ont été réaffirmés.
15:05Et c'est d'une certaine façon l'intérêt des institutions multilatérales
15:08où on a des règles de décision avec des actionnaires,
15:11des décisions qui sont prises à la majorité.
15:13Et donc pour nous, ça reste des priorités extrêmement importantes
15:17et on voit aussi que ça répond aux besoins des pays dans lesquels on intervient.
15:21On voit l'intérêt aujourd'hui de nos pays d'opération
15:25pour investir plus dans les renouvelables,
15:27investir plus dans le solaire ou l'éolien et les batteries
15:31parce qu'ils voient ça comme une façon de garantir leur sécurité énergétique.
15:34On voit aujourd'hui le risque d'être trop dépendant du pétrole ou du gaz
15:38venant d'ailleurs avec des risques géopolitiques majeurs.
15:41Et donc il y a une accélération qu'on accompagne d'investissements
15:46pour l'efficacité énergétique,
15:47mais aussi pour la diversification vers les renouvelables.
15:50La Banque Européenne de Reconstruction et de Développement
15:53s'intéresse beaucoup à l'Afrique aussi, le continent miroir.
15:57Une croissance moyenne de 4,7% à faire palir évidemment à un Européen en 2026
16:03pour quelques économies africaines clés couvertes par votre action
16:07donc Côte d'Ivoire, Ghana, Bénin, Nigeria, Kenya, Sénégal.
16:10Vous confirmez leur résilience. À quoi tient cette résilience ?
16:14Je pense que ce sont des économies qui sont d'abord
16:17qui ont une forte croissance démographique,
16:18donc ça a un effet de dynamique.
16:20qui sont aussi très adaptables,
16:23avec une flexibilité importante,
16:26une capacité d'innovation importante.
16:28C'est très impressionnant de voir dans certains pays
16:30l'importance prise par exemple par l'économie digitale,
16:35les paiements digitaux.
16:36C'est le cas au Kenya par exemple,
16:37où ils sont d'une certaine façon beaucoup plus avancés
16:40que des pays européens en la matière.
16:41Et donc, il y a des fragilités importantes qui sont liées au niveau de pauvreté,
16:47aux conditions de vie de la population, aux questions de santé,
16:50d'accès aux biens essentiels, etc.
16:51Donc, il y a des défis majeurs pour le continent africain,
16:55mais il y a aussi un potentiel extrêmement important,
16:58et d'où l'intérêt pour une banque comme la nôtre,
17:03de voir comment on peut soutenir le secteur privé,
17:06les investissements dans les PME via le secteur bancaire, etc.
17:11Merci Odile Renobasso,
17:13présidente de la Banque européenne de reconstruction et de développement,
17:17pour cet entretien.
17:18Merci à vous de l'avoir suivi.
17:19Vous restez en notre compagnie tout de suite.
17:21C'est le débat avec les chaînes parlementaires.
17:30Bienvenue pour cette émission de fin de saison.
17:32Nous sommes installés dans les studios de Public Sénat.
17:34Alors, nous vous proposons une opération vérité sur les grands textes adoptés
17:39et les positionnements politiques à méditer pendant le break d'été.
17:44L'année 2026 a été particulièrement chargé en grands textes législatifs.
17:49Près de 300 votés et ça n'est pas fini.
17:52Phénomène nouveau, les majorités sont fluctuantes au Parlement de Strasbourg
17:57en fonction des sujets.
17:58Avant une élection présidentielle française en 2027,
18:02où il sera beaucoup question, comme à l'accoutumée d'Europe,
18:06eh bien on veut savoir qui vote quoi ?
18:08Oui, c'est la question à laquelle on va tenter de répondre avec nos invités
18:11sur les grands sujets du moment.
18:13Le soutien à l'Ukraine, la guerre au Proche-Orient,
18:16la lutte contre le changement climatique ou l'immigration.
18:18Sur ces points, la traditionnelle majorité au centre,
18:22allant du Parti populaire européen aux sociodémocrates,
18:25en passant par Iñou,
18:26est parfois concurrencée par une alliance droite-extrême droite.
18:30Vous l'avez constaté, Michel Berdevé, bonjour.
18:33Bonjour.
18:33Président du think-tank Confrontation Europe.
18:35Constaté avec un nouvel outil, le site Eurovote,
18:38un outil qui recense les votes de tous les députés européens.
18:42Vous présidez aussi la Maison de l'Europe à Paris.
18:45Et puis pour l'effort de pédagogie, avec nous aussi Christophe Préau.
18:49Bonjour, directeur du site d'information.
18:51Toute l'Europe consacrée à l'actualité européenne,
18:54avec de nombreux graphiques et des cartes, on en verra quelques-uns.
18:57Et puis vous publiez aussi le mensuel « L'Europe »,
19:00le dernier numéro en kiosque et consacré aux ingérences étrangères.
19:04Alors l'année européenne a été très marquée par des questions,
19:07évidemment, de politique étrangère,
19:09avec une guerre à nos portes en Ukraine.
19:11On a beaucoup insisté sur le veto d'un certain Victor Orban en Hongrie,
19:15empêchant un consensus européen.
19:17Mais si on regarde ce qui se passe au niveau des partis,
19:20au Parlement européen,
19:21tous les partis hors les extrêmes ont voté les prêts à l'Ukraine.
19:26On va regarder ce graphique.
19:28Mais on perçoit quand même beaucoup de réticences à l'extrême droite,
19:32massivement contre, Jordan Bardet l'a compris,
19:35et une gauche radicale très partagée,
19:38moitié-moitié, Manon Aubry qui s'abstient par exemple.
19:41Vous avez tout à fait raison, Caroline.
19:42Effectivement, c'est un des textes révélateurs du débat
19:45et des différences de fond,
19:49parfois des positions différentes au sein des différents groupes politiques.
19:53Le vote a été acquis favorable à un soutien financier à l'Ukraine
19:57par 473 voix pour et 140 comptes.
20:01Mais dans les 140 comptes, quand on regarde,
20:03on a par exemple le groupe des Patriotes pour l'Europe
20:06et les Français dans ce groupe qui votent contre très clairement,
20:09de même que le groupe ESN, qui est un groupe d'extrême droite.
20:12Et puis la gauche, vous l'évoquiez, Caroline, elle est très divisée.
20:15Et le groupe La Gauche, il vote pour, par 17 voix, compte par 21.
20:21Et les Français du groupe La Gauche, dont Manon Aubry que vous évoquiez, ça tienne.
20:25La gauche, c'est le groupe de gauche radicale.
20:28C'est le groupe de gauche radicale, bien sûr,
20:29à distinguer du groupe socialiste et démocrate,
20:31qui est le groupe central que Thibault évoquait tout à l'heure.
20:35Alors ce conflit ukrainien, Christophe Preau,
20:37a donné un coup d'accélérateur au sursaut des Européens
20:40pour une défense autonome.
20:42Le sujet a alimenté de nombreux conseils européens ces derniers mois.
20:45Mais on constate encore des disparités, on va le voir sur cette carte,
20:48entre les ex-pays communistes, notamment aux voisins de l'Ukraine,
20:51très en soutien, notamment la Pologne,
20:53et d'autres plus en retrait, notamment au sud,
20:55comme on le voit sur cette carte de toute l'Europe.
20:58Ça a été, malgré tout, l'année d'une accélération,
21:01d'un soutien suffisant à l'Ukraine.
21:03C'était l'année d'une accélération du soutien à l'Ukraine
21:07et aussi du renfort des dépenses de chaque État
21:10au sein de sa défense et des équipements militaires.
21:15Le pourcentage du PIB dédié aux dépenses de défense,
21:20tel que le souhaitent les Américains pour les États membres dans l'OTAN,
21:25il est aujourd'hui tous au-delà des 2 %,
21:27ce qui n'était pas le cas.
21:29Même les Espagnols, les Portugais,
21:32ce n'était pas le cas auparavant,
21:32avec un pays leader en pourcentage du PIB,
21:35c'est-à-dire la Pologne, qui a 4,3%.
21:36En sachant que 4,3% du PIB de la Pologne,
21:39en valeur absolue, c'est moins que les 2,6% de la France, par exemple.
21:44C'est vrai que le soutien à l'Ukraine a été renforcé
21:47avec cette prise de conscience que l'Union européenne
21:49doit aussi aujourd'hui assumer ses capacités,
21:52ses capacités de défense avec l'OTAN,
21:55à côté de l'OTAN, en contrepoint de l'OTAN
21:57et avec un pays leader aujourd'hui qui est la France,
21:59puisque c'est le seul pays du Conseil de sécurité de l'ONU
22:02appartenant à l'Union européenne
22:02qui a l'arme nucléaire aujourd'hui.
22:04Alors l'autre guerre, c'est la guerre au Proche-Orient.
22:07Et là, les Européens ont été pris de court,
22:10bien sûr partagés,
22:11entre des pays de l'Union européenne
22:12qui reconnaissent l'État de Palestine,
22:15on va le voir sur cette carte,
22:16et ceux qui ne la reconnaissent pas.
22:18Et pendant ce temps, j'ai envie de dire,
22:20au Parlement européen,
22:21et bien toute la gauche jusqu'à Rignoux
22:24a voté pour une résolution de soutien à Gaza.
22:28Mais à droite, c'est une autre histoire.
22:30Le Parti populaire européen,
22:32le grand parti qui est centriste,
22:35est très divisé.
22:36Les Allemands votant contre en majorité.
22:39Et l'extrême droite est contre aussi,
22:42ou s'abstient.
22:43On revient au point que vous évoquiez tout à fait,
22:45un début d'émission,
22:46c'est-à-dire cette porosité entre le groupe du PPE
22:49et les trois groupes d'extrême droite,
22:51et les 56 députés allemands du PPE
22:53qui ont voté contre cette résolution de soutien à Gaza,
22:57ça a été un peu à l'étonnement
22:59d'un certain nombre de parlementaires plus anciens
23:01qui étaient habitués à ce que sur des sujets
23:03de politique extérieure de ce type,
23:05il y ait un PPE en soutien à une position
23:08qui était une position qui n'était pas...
23:08Là, c'est un clivage gauche-droite au Parlement européen
23:11qui s'affirme et qui n'était pas traditionnel.
23:13Qui se reconstitue donc avec effectivement
23:15le groupe Renew qui est au milieu
23:16et qui majoritairement rejoint la position
23:19qui était la position des groupes de gauche.
23:20Il y a aussi des clivages nationaux
23:22qui jouent par exemple pour le vote des Allemands,
23:23c'est aussi une position qui est singulière,
23:25qui est celle de l'Allemagne.
23:26Exactement.
23:26Ça se mélange.
23:27Exactement.
23:28On l'a vu aussi, cette majorité alternative,
23:31telle qu'elle a été appelée par certains
23:32sur des sujets économiques et de société,
23:34Christophe Pré, on l'a constaté,
23:36entre droite, donc à extrême droite,
23:38notamment sur ce qu'on appelait les directives omnibus.
23:41L'une d'elles qui revient sur le devoir
23:43de Vigilance des entreprises a été votée le 16 décembre 2025,
23:47remportée, on le voit, grâce au vote
23:49de toutes les droites de l'hémicycle,
23:51428 pour, 218 contre.
23:53Toute la gauche était contre,
23:55de la gauche sociale-démocrate au vert.
23:58Le Renew, le PPE et toute l'extrême droite
24:01a voté pour.
24:02C'est cette alliance qui ne dit pas son nom
24:05pour détricoter une part de l'héritage
24:07du changement contre le changement climatique
24:09initié par le Pacte Vert qu'on a vu à l'œuvre cette année.
24:12– Je ne sais pas si elle ne dit pas son nom,
24:13mais en tout cas, elle avance à visage découvert.
24:18Le vote, en fait, il est lié à une simplification
24:21et allègement des charges administratives
24:22pour les entreprises qui, on ne détricote pas,
24:26je pense, c'est un petit peu fort comme terme,
24:28mais c'est fait effectivement pour faire en sorte…
24:30– C'est un vote qui, au fur et à mesure,
24:31ont pu donner cette impression.
24:32– Exactement, il faut faire en sorte que les entreprises
24:36allègent leurs charges administratives dans le reporting,
24:39notamment dans leurs conditions de transition énergétique
24:43ou de conditions aussi sociales.
24:44Donc on allège cette charge-là.
24:47C'est un sujet extrêmement important
24:48et aussi parce qu'il est un petit peu instrumentalisé
24:51par la droite et l'extrême droite
24:53qui met un peu en portée tendard
24:56de l'accompagnement des entreprises,
24:57la compétitivité, c'est alléger les charges d'entreprise.
25:00On est d'accord, mais comme si la gauche
25:01ou les autres parties ne se préoccupaient pas des entreprises.
25:04Et donc, voilà aujourd'hui le sujet.
25:06Et puis aussi, c'est un sujet qui oppose,
25:08mais c'est là le débat aussi,
25:10d'un côté, la compétitivité et les emplois
25:13face à la transition environnementale.
25:16Donc si vous mettez les deux en opposition,
25:18il est clair que la capacité à être compétitif
25:23gagne plus de terrain dans le grand public
25:25que la capacité à faire la transition environnementale.
25:27Et c'est des conditions très électoralistes
25:30sur lesquelles M. Lavandereyenne
25:32a aussi un peu tourné qu'Azac.
25:34Il faut quand même se souvenir
25:35que c'est elle l'instigatrice du pacte vert
25:37et qu'aujourd'hui, sur l'autel de la compétitivité,
25:41c'est vrai qu'on sacrifie un petit peu
25:43certaines règles de transition environnementale.
25:46Oui, parce qu'il ne fait pas très chaud dans ce studio,
25:48mais alors il fait très chaud dehors quand même.
25:50Un petit peu encore.
25:50Et là, on a l'impression que dans les textes législatifs,
25:55c'est plutôt un détruicotage du pacte vert.
25:58Mais ça renvoie surtout, par rapport à ce que Christophe prévoquait,
26:01à l'accord de Turnberry, quasiment il y a un an,
26:03où la présidente de la Commission dit
26:05on va acheter pour 750 milliards d'énergie fossile
26:09aux États-Unis pour contrecarrer la dépendance russe.
26:12Et c'est vrai qu'avec le recul, à un an de distance,
26:14on voit bien que peut-être que les rails
26:17qui avaient été tracés dans le Grimdi,
26:19dans le pacte vert, auraient pu être conservés
26:21plutôt que ces propos et cet engagement.
26:23Certes, non-binding, pas obligatoire.
26:25Oui, les rails, c'est ce qu'on voit derrière vous.
26:27C'est le renouvelable.
26:29Exactement.
26:29C'est le renouvelable.
26:30Et c'est un axe qui fait la force de l'Union européenne
26:33dans la compétition mondiale.
26:34Elle aurait pu rester sous cette voie-là.
26:36Alors, un des grands sujets qui ont traversé
26:38cette année politique en Europe, c'est l'immigration.
26:40Les Européens font un constat commun d'une difficulté
26:43à réguler les entrées et à expulser les migrants
26:46en situation irrégulière.
26:47On voit d'ailleurs sur ce comparatif de toute l'Europe
26:50que la France est notamment en défaut sur cette question.
26:54Cela a suscité une réponse forte de certains pays
26:56de l'Union européenne menée par l'Italie, l'Autriche
26:59et plus surprenant le Danemark social-démocrate
27:01qui ont poussé pour un durcissement,
27:04notamment à travers la directive retour.
27:06Et là aussi, un vote a marqué cette année sur le sujet.
27:09C'était au mois de mars dernier, Michel Derdevé.
27:12Le PPE, là encore, a changé de majorité
27:14en bénéficiant des voix de la droite radicale
27:16pour faire adopter ce texte qui prévoit
27:18de renvoyer des migrants dans des centres
27:20hors de l'Union européenne, dans des pays sans lien
27:24parfois avec eux.
27:25La France avait pris position contre cette mesure.
27:27C'est un vote très symbolique de cette alliance
27:30des droites sur cette thématique cette année.
27:32Oui, et c'est un sujet qui n'est pas sorti de l'actualité
27:34au mois de mars, puisqu'il y a sept semaines encore,
27:36on voit que le commissaire Brunard a été interpellé
27:38par le Parlement européen sur le fait qu'il a reçu
27:41une délégation de responsables afghans à Bruxelles
27:44pour voir comment le hub migratoire pourrait fonctionner
27:47pour renvoyer des Afghans qui seraient en situation irrégulière
27:51sur les territoires européens.
27:52Oui, c'est un sujet clivant.
27:53C'est un sujet qui même a clivé dans les grands groupes politiques,
27:56dans les groupes importants, comme le groupe Renew.
27:58Les Français du groupe Renaissance,
28:01ils ont hésité entre trois positions.
28:03Certains ont voté pour la création de ces hub migratoires,
28:07d'autres contre, d'autres sont abstenus.
28:09On voit bien que le débat, il n'est pas uniquement
28:11entre les socialistes danois,
28:13qui certes ont été très minoritaires dans les groupes socialistes,
28:15mais tous les groupes sont impactés.
28:16Mais là aussi, le fait dominant et majeur,
28:19c'est le glissement du PPE vers les trois groupes
28:22de ce que vous qualifiez la droite radicale.
28:24Alors, vous avez avec Rovote,
28:27Michel Derdevé, confrontation,
28:29donc on le rappelle,
28:30un agrégateur de présence au Parlement européen et de vote,
28:35sachant que les chefs de file de délégation,
28:37on va les voir,
28:38ils sont censés être très très souvent là.
28:40Mais on regarde quand même leur agrégateur de présence au vote.
28:44Manon Aubry, qui tient finalement la première place,
28:4890,5%,
28:50Valérie Eyé, 89,8%,
28:54donc pour le groupe Renew.
28:56Pour ce qui est du groupe de François-Xavier Bellamy,
29:00effectivement, le Parti populaire européen,
29:0284,3%.
29:04Raphaël Glucksmann,
29:07évidemment associé aux socialistes et démocrates,
29:1083,1%.
29:12Et Jordan Bardella, dernier en tout cas des chefs de file,
29:16avec 77,8% de présence au vote.
29:20On a beaucoup dit d'ailleurs, Christophe Préaud,
29:21que Jordan Bardella était aux abonnés absents au Parlement européen,
29:25s'intéressant uniquement à son destin national.
29:27Est-ce qu'il s'est un peu rattrapé cette mandature ?
29:33Son positionnement n'est pas le même dans cette mandature aussi que dans la précédente.
29:36Ça, c'est clair.
29:36D'abord, il travaille dans des commissions différentes.
29:38C'était la commission des pétitions dans la précédente mandature,
29:41qu'une commission, certes noble,
29:43parce qu'elle se préoccupe surtout des pétitions des citoyens,
29:48mais qui a moins d'action et moins de travail que dans celle où il est aujourd'hui,
29:51et plus importante, qui est celle des affaires étrangères.
29:53Il y a un positionnement, c'est sûr, de l'extrême droite et du Rassemblement national,
29:57de légitimité nationale et aussi de légitimité européenne.
30:00Donc, effectivement, ils sont présents, ils travaillent.
30:05Le moins possible, c'est ça ?
30:06Non, ils sont présents, ils donnent l'impression de travailler.
30:11En tout cas, je ne me permets pas de porter le jugement.
30:16Et donc, on a aussi cette ambition.
30:18Jordan Bardella porte une ambition présidentielle, au moins en France.
30:23Il porte aussi cette présence-là au sein du Parlement européen
30:29et de légitimité et de légitimation, si je puis dire,
30:32aussi des extrêmes droites au sein du Parlement.
30:36Parce qu'il est le chef de file des Patriotes pour l'Europe.
30:39Il est quand même le président du groupe Patriotes pour l'Europe,
30:42qui est le troisième groupe parlementaire au sein du Parlement européen.
30:47C'est 85 eurodéputés de 13 nations différentes.
30:51Donc, ça pose aussi un petit peu la responsabilité.
30:54Et donc, il est forcément présent.
30:56Il participe aussi à des réunions, à la conférence des présidents.
31:00Comme Valérie Hayé, qui est présidente du groupe Rignoux.
31:02Comme Manon Aubry, qui est co-présidente du groupe de la gauche.
31:06Son statut de président de groupe l'oblige aussi à une certaine présence.
31:11Et puis, on donne les consignes de vote.
31:12Expliquez-nous en deux mots.
31:13Il y a quand même des consignes.
31:15Quand on est présent en groupe, on donne les consignes de vote
31:19quand on est installé au premier rang sur les votes au moment des sessions plénières.
31:23Et puis, petite précision aussi,
31:26les émoluments de chaque eurodéputé sont liés aussi à la présence.
31:31Ça, il faut aussi le savoir.
31:32Ça peut jouer.
31:33D'ailleurs, Michel Derdevé, votre site recense la présence,
31:36en deuxième indicateur, des eurodéputés en ouverture de séance.
31:39Ça donne des chiffres très élevés, souvent 90%.
31:43Ça, ce sont des députés bosseurs ?
31:44Ou bien est-ce que certains s'éclipsent très vite après avoir émargé ?
31:48Le deuxième scénario que vous évoquez peut effectivement se réaliser.
31:52Mais ce qui est important à travers le site Eurovote aussi,
31:54c'est un complément de celui qui est évoqué,
31:56c'est de voir le nombre de rapports que les parlementaires réalisent ou prennent en charge.
32:02C'est-à-dire être présent en vote, arriver à Bruxelles ou Strasbourg
32:05et signer une feuille de présence,
32:07ça ne veut pas dire être actif au Parlement européen.
32:09On est reconnu au Parlement européen par ses pairs.
32:12Quand on prend des rapports, quand on s'investit,
32:14quand on travaille avec les collègues qui sont des shadow rapporteurs,
32:17qui sont des rapporteurs officieux pour les autres groupes politiques,
32:20et c'est cette maïotique du Parlement européen qui est passionnante
32:24et que Eurovote nous permet de mieux cerner,
32:26parce qu'on va regarder groupe par groupe, député par député,
32:30commission par commission, qui fait quoi ?
32:32Et vous savez, le Parlement européen, c'est vraiment une maison de verre.
32:35Et par cet outil qui sera à usage des journalistes, mais pas que,
32:40on espère favoriser le fait d'une meilleure compréhension
32:43de ce qui se passe dans cette enceinte.
32:44Alors on termine très vite sur une carte de toute l'Europe,
32:49des pays d'Europe dirigés par l'extrême droite,
32:51qui grossit d'année en année,
32:53tous ces pays qui n'ont plus de cordon sanitaire,
32:56d'ailleurs entre la droite et l'extrême droite,
32:58et l'Union européenne qui en même temps donne quelques signes d'impuissance.
33:01Est-ce que ça nous dit quoi sur le vote en France en 2027,
33:05très rapidement l'un et l'autre ?
33:07Ça nous dit ce qui se passe dans les autres pays européens,
33:10c'est-à-dire qu'effectivement, à chaque élection,
33:11cette carte-là, elle ne reflète pas non plus la montée en puissance
33:15de ces partis dits populistes et extrêmes,
33:17de gauche ou droite d'ailleurs, à chaque élection,
33:19que ce soit par exemple au Portugal dernièrement le parti Chega,
33:22qui a poussé la présidentielle à un deuxième tour,
33:23alors que ce n'était pas arrivé depuis 40 ans,
33:26chaque élection, il y a toujours une place plus importante
33:29et qui trouve forcément une explication
33:32dans les non-réponses des partis traditionnels
33:35ou aussi dans la situation dans laquelle vit aujourd'hui l'Union européenne
33:38et dont les politiques doivent appérativement se préoccuper.
33:41En tout cas, ce qu'il faut, je crois,
33:43pour tout le téléspectateur,
33:44il faut être vigilant à l'onde de mai 2027
33:46sur le fait qu'on ne peut pas avoir un double discours
33:49entre ce qu'on fait et ce qu'on vote à Bruxelles ou Strasbourg
33:52et ce qu'on va dire aux électeurs français.
33:54Et un outil comme Eurovote, ça vise à ceux qu'on puisse éventuellement
33:58fast-checker, vérifier la cohérence du raisonnement
34:03et de l'action politique de tel ou tel leader
34:05entre son action européenne et son action nationale.
34:07On reviendra justement sur ces questions de double vote
34:11et de double discours, très intéressantes.
34:13Merci à vous d'avoir bien illustré ce débat.
34:15Merci à tous et bonne suite de programmes sur nos chaînes
34:18et bonnes vacances.
34:19Sous-titrage Société Radio-Canada
34:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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