00:00– Oui, malheureusement, c'est moi qui leur ai appris la nouvelle.
00:02Je l'ai appris par voix de presse, et donc j'ai voulu,
00:05dès lors que certains journalistes m'ont appelé et m'ont contacté,
00:08les prévenir avant qu'ils ne l'apprennent.
00:11Nous n'avons pas été prévenus et nous le regrettons, évidemment.
00:14Comment est-ce qu'ils réagissent ?
00:15Ils réagissent avec un sentiment contrarié.
00:18Ils sont à la fois soulagés, il faut le dire,
00:20il y a une forme de soulagement de pouvoir se recueillir auprès d'une sépulture,
00:24de pouvoir faire le deuil, de pouvoir aller sur une tombe,
00:26pleurer, parler à Delphine, et en même temps, évidemment,
00:31un sentiment de colère immense.
00:33Cette torture n'a que trop duré.
00:35On parle de 5-6 années de torture.
00:38Je vous rappelle qu'en droit de la guerre,
00:40lorsqu'un ennemi tombe au combat,
00:45le camp ennemi est obligé de rendre le corps.
00:48Et vous voyez qu'on a outrepassé même le cadre de la guerre,
00:51puisque Cédric Jubilard a confisqué ce corps pendant 5-6 ans.
00:53Aujourd'hui, on parle de restitution du corps,
00:56et on en a débattu sur votre plateau il y a quelques secondes,
00:59on parle en réalité de deux fémurs.
01:01Donc quand je dis que la famille de Delphine va pouvoir se recueillir
01:03sur une sépulture et sur le corps de Delphine,
01:05on parle en l'espèce de deux fémurs.
01:08Donc évidemment, c'est parfaitement insuffisant
01:11et ça ne fait qu'ajouter de la colère à cette torture
01:15qui n'a que trop duré.
01:16– Avant que ce sentiment de colère ne ressurgisse,
01:22quelle a été leur toute première réaction, Maître Bati ?
01:24Quand vous leur avez appris, est-ce qu'il y a eu un grand silence ?
01:26Ils ont été sous le choc ?
01:29Ce moment-là, ça s'est passé comment ?
01:30C'est quelques secondes.
01:31– Alors je vois sur votre bandeau, en l'espèce,
01:36qu'il y a un sentiment de soulagement,
01:38voilà, c'est corrigé, il y a un sentiment de colère immense.
01:41C'est vraiment le sentiment qui prédomine.
01:45Écoutez, ils ont été abasourdis,
01:47ils ont été choqués, ils ont été soulagés.
01:49Ce sont des sentiments contraires,
01:51ce sont des sentiments qui viennent se mêler, se mélanger.
01:56Personne n'a jamais douté de la culpabilité de Cédric Jubilard.
01:59Il a fallu ouvrir le dossier et le lire
02:01pour qu'à la première seconde,
02:02on comprenne que la culpabilité de Cédric Jubilard
02:05était acquise dans ce dossier.
02:06Et on nous a expliqué pendant un an, deux ans, trois ans, quatre ans, cinq ans
02:11que nous disions n'importe quoi, que ce dossier était vide.
02:14Nous avons été décriés, nous avons été traînés dans la boue
02:17et on a même dit que l'on participait à une énorme erreur judiciaire.
02:22Donc aujourd'hui, si vous voulez, ce que mes clients disent,
02:24c'est que la culpabilité, elle était acquise
02:26et que de ce point de vue, ils n'apprennent rien.
02:29Maintenant, sur la restitution du bout de corps,
02:32quand ils ont appris que nous avions retrouvé Delphine,
02:37ils ont pu imaginer qu'ils allaient se recueillir sur un corps.
02:40Aujourd'hui, ils comprennent qu'ils vont se recueillir
02:42sur un fémur ou deux fémurs, c'est tout à fait particulier.