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Encore auteur d'un match dingue face à l'Angleterre, Lionel Messi a emmené l'Argentine en finale de la Coupe du monde pour la deuxième fois d'affilée.

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00:00L'Argentine qui nous a refait le coup, messieurs, Walid et Eric, parce que, on va rappeler cette stat complètement
00:07folle,
00:084 matchs à élimination directe depuis qu'elle est sortie des poules, jamais l'Argentine n'a mené après la
00:1390ème minute.
00:14Alors elle s'est qualifiée deux fois en marquant dans le temps additionnel, mais en 16ème, qualification, victoire 3-2
00:21en prolongation face au Cap Vert,
00:233-2 contre l'Egypte au bout du temps additionnel en 8ème, 3-1 après prolongation face à la Suisse
00:30en quart,
00:30et donc vous l'avez revécu à l'instant, 2-1 hier, avec un but à quelques secondes du coup
00:38de sifflet final de l'arbitre.
00:3918 buts tout de même pour cette Argentine, meilleure attaque du tournoi.
00:44On a évidemment ausculté les performances argentines en début de tournoi, et c'est vrai qu'elle a eu du
00:50mal à nous enthousiasmer,
00:51Messi l'a fait gagner plusieurs fois, est-ce que finalement l'émotion procurée à chaque fois par cette dramaturgie
01:00des rencontres,
01:01elle a suffi à retourner les observateurs, les amoureux de football que vous êtes ?
01:05Est-ce que l'émotion procurée suffit à s'enthousiasmer pour cette Argentine ?
01:09Moi hier sportivement ils m'ont retourné, parce que je ne les imaginais pas faire ce match-là,
01:16encore plus après l'ouverture du score de Gordon, et là je ne parle que de foot,
01:20sportivement, parce que bien évidemment qu'il y a l'aspect émotionnel,
01:24et on sait qu'ils sont capables d'avoir une résilience de tout instant dans chaque match,
01:29et on l'avait déjà vu en 2022, mais là moi je trouve que même footballistiquement,
01:32techniquement, collectivement, il s'est passé un truc sur cette deuxième mi-temps,
01:35où moi je ne les imaginais pas mettre cul par terre, excusez-moi de l'expression,
01:38les Anglais pendant 30 minutes, encore plus avec Léo Messi, 39 ans, qui délivre encore deux passes D,
01:45la deuxième en plus faux pied, donc moi sincèrement, ce qu'ils ont fait hier avec la manière m'a
01:52vraiment déboussolé
01:54par rapport à ce que je pensais de cette équipe d'Argentine sur cette compétition,
01:57parce qu'ils avaient très bien commencé le tournoi, mais ça restait l'Algérie, ça restait l'Autriche,
02:02ça restait les phases de poule, et derrière le Cap-Vert et l'Égypte, pour moi ils s'étaient trop
02:06employés par rapport à leur statut,
02:09et je pensais qu'ils allaient à un moment donné le payer, à l'image de Messi qui a 39
02:13ans,
02:13et finalement non, et finalement non, donc ouais moi hier ils m'ont complètement retourné,
02:18moi je vais le dire, c'est une équipe, et il y a certains joueurs qui me sortent par les
02:25yeux,
02:25et par rapport à certains agissements, certains chants, mais le football, ce qu'ils font sur le terrain de football,
02:32sur cette compétition-là, heureusement que l'Argentine est là, c'est le storytelling autour de Messi,
02:37autour de l'Argentine, qui fait que cette Coupe du Monde-là elle est spéciale,
02:40parce que sinon, sincèrement, on s'enmerderait pas mal quand même, donc pour ça il faut les féliciter.
02:45Eric, c'est l'équipe qui t'a procuré le plus d'émotions dans ce Mondial ?
02:50Non, je n'irai pas jusque-là, mais par contre, ce que tu ne peux pas...
02:55Alors moi j'ai quand même l'impression, mais je peux perdre la mémoire,
03:00que Messi est plus fort sur cette Coupe du Monde que sur la dernière, me semble-t-il,
03:05Walid, peut-être que tu as plus de mémoire que moi...
03:07Je précise à nos auditrices, nos auditeurs, et à vous messieurs, qu'on va reparler de Lionel Messi à 21h,
03:12donc ne défrichez pas du tout le thème du petit.
03:16D'accord, d'accord, non, non, mais...
03:20Et surtout, j'ai l'impression, par rapport à la dernière Coupe du Monde,
03:23où il y avait eu aussi des matchs serrés,
03:25et où on s'est dit, cette équipe-là ne meurt jamais, même quand elle est...
03:31Là, c'est encore pire, là. Là, il y a eu, tu as énuméré une grande partie de leur match
03:36à élimination directe.
03:38Chaque fois, c'est un miracle.
03:40Et chaque fois, tu te dis, non mais, un miracle, ça va, deux miracles, un jour, ça va s'arrêter.
03:44Mais ça ne s'arrête jamais avec eux.
03:46Ça ne s'arrête jamais parce que, malgré tout, ils ont du talent, bien sûr qu'ils ont du talent,
03:51ils ont des grands joueurs, et ils ont ce truc de jouer leur vie sur chaque match,
03:56sur chaque ballon, sur ce qui peut être insupportable.
04:01Moi, le début de match, j'ai argenté hier soir, c'est insupportable.
04:04Je me demande comment les Anglais, à un moment donné,
04:06il n'y en a pas un qui met une reprise de volée dans les burnes d'un mec en
04:10face,
04:10je ne comprends pas comment c'est possible.
04:13Mais ça, c'est à l'arrivée, quand tu vas au bout, c'est à leur crédit.
04:17C'est insupportable, mais c'est à leur crédit.
04:19Parce que, et d'ailleurs, on a parlé de l'équipe de France,
04:25parce que même moi, je l'ai utilisé, alors que cette expression me gonfle,
04:28quand on disait, ils sont en mission, parce qu'on avait l'impression
04:30qu'une équipe de France, ils sont en mission, ils sont en mission.
04:33Non, mais être en mission, c'est ce que font les Argentins.
04:35Eux, ils sont en mission.
04:37C'est-à-dire que les mecs, ils laissent leur vie sur le terrain.
04:40Et s'il faut aller tacler de la tête, j'ai vu des mecs hier soir,
04:43faire des tacles de la tête quand ils étaient battus.
04:46Le qui s'y met au nez sur la barre à mi-temps, il disait du catch.
04:48Notamment, les mecs qui, voilà, c'est du catch.
04:51Et donc, c'est insupportable, sauf que ça montre que ces mecs-là,
04:54ils ont un truc à plus au niveau de l'état d'esprit,
04:57au niveau de ce que représente cette compétition et l'équipe nationale pour eux.
05:01Et moi, même s'ils me gonflent, j'aurais aimé voir notre équipe avoir,
05:07bon, pas jusque-là, parce que ce n'est pas possible,
05:09mais un dixième de ce qu'ils avaient dans la grinta, tu vois.
05:15Et ça, c'est pour ça qu'on va faire le débat sur qui est favori ou je ne sais
05:18pas quoi tout à l'heure.
05:18Je ne veux pas te teaser toute l'émission.
05:23Mais ça, ça prend mon compte quand même, quand on va voir les débats tout à l'heure.
05:26Ce truc qu'ils ont de plus, où ils ne sont jamais battus, ce n'est pas possible.
05:30L'émotion, les tripes des Argentins qui, évidemment, ont conduit à des scénarii complètement dingues en fin de rencontre
05:38et qui ont, il est vrai, contribué à retourner un petit peu l'opinion de certains observateurs
05:42qui jugeaient ce football un petit peu mesquin et réducteur.
05:47Pour terminer de régler cette question, est-ce que l'émotion suscitée suffit à faire aimer cette sélection ?
05:54On va poser la question à Ibrahim, qui a fait le 32-16 et qu'on accueille dans l'after.
05:57Salut Ibrahim.
05:58Salut.
06:00Ibrahim, est-ce que tu es là ?
06:02Oui, je suis là, je suis là.
06:03Tu es là.
06:05Ibrahim, ta réponse à cette question, je précise qu'on va évidemment parler de Lionel Messi dans un instant.
06:11Est-ce que, pour toi, l'émotion, ça suffit ?
06:14Ou est-ce que, bon, ce que nous a montré l'Argentine dans le jeu, si on enlève Messi,
06:18pourrait être une raison de dire que, bon, c'est bravo pour leur parcours, mais on n'est pas séduit
06:28?
06:28Non, séduit, après, tout dépend de la philosophie de football qu'on a.
06:33Mais ce que l'Argentine a montré hier, c'est un football, moi, personnellement, qui m'avait manqué.
06:38Vous savez, maintenant qu'il y a la VAR, il y a beaucoup de moins de vie sur le terrain,
06:41et les joueurs font beaucoup plus attention.
06:44Et là, cette grinta se vise, même les petits coups à droite, à gauche.
06:48Il y a des grands joueurs qui le faisaient, notamment, je pense à un Sergio Ramos, un des plus grands
06:52défenseurs de tous les temps.
06:53Pourtant, Sergio Ramos, il jouait beaucoup sur ça.
06:56Et personne ne disait rien, et tout le monde kiffait le personnage, tout le monde, voilà.
07:00Mais là, moi, personnellement, si on me demande si j'ai été conquis,
07:03on ne peut qu'être conquis par un supplément d'âme, par quelque chose d'autre que du football qui
07:08se passe sur le terrain.
07:09Parce que pour revenir à 15, 20 minutes à chaque fois, en coupe du monde,
07:14continuer mentalement à se battre pour un mec, pour Messi à chaque fois, tout donner pour lui.
07:20Moi, je n'ai jamais vu ça dans le football.
07:22Je n'ai jamais vu ça, et pour moi, on ne verra jamais qu'une équipe donne autant d'amour
07:26au joueur.
07:27Mais après, ça se comprend.
07:28Alors, justement, avant qu'on dérime sur Léo Messi, moi, je voulais poser une question à Eric,
07:32parce qu'on ne se connaît peu, Eric, mais je t'écoute souvent.
07:36Et surtout, je t'ai vu jouer, j'ai admiré l'OM dans lequel, notamment, tu as évolué.
07:41Est-ce que tu le prendrais mal si je te disais que, bon, Eric Dimeco, du temps de sa splendeur,
07:45n'aurait pas dénoté dans cette équipe d'Argentine cette espèce de caractère, de tempérament, de grinta ?
07:53Oui, comme on dit, tu étais un Argentin avant l'heure, toi, un petit peu, quand même.
07:56Oui, oui, ils ont toujours été comme ça, les Argentines, tu sais.
07:59Moi, j'ai le souvenir des années 1978, quand ils ont la Coupe du Monde chez eux.
08:02Je peux te dire qu'il fallait se les taper, c'est dans leur ADN.
08:05Non, non, non, mais...
08:06Est-ce que tu te reconnais parfois dans cette espèce d'engagement ?
08:09Non, mais je l'ai vécu, donc je peux en parler.
08:15Des fois, tu es dans une équipe, dans une ambiance,
08:20qui fait que tu es dans cette mentalité-là.
08:27Et donc, eux, ils l'ont déjà, moi, je pense que c'est dans les gènes,
08:31c'est-à-dire que le football est vécu comme ça là-bas, et les gamins, c'est dans leur
08:35gêne.
08:36Mais là, en plus, c'est exacerbé par tout ce qu'ils ont créé autour de Messi,
08:41sur la dernière Coupe du Monde, où il faut aller chercher la Coupe du Monde pour Messi.
08:45On est les soldats de Messi, on est les gardes du corps de Messi.
08:48Et en gagnant, en jouant comme ça, tu l'as en toi.
08:55Et quand je dis que moi, quand je regarde ces matchs-là, ça m'énerve,
08:59mais j'aurais aimé jouer dans cette équipe-là, parce qu'il se passe un truc.
09:03Et surtout, moi, j'ai toujours aimé dire qu'il y a des équipes talentueuses
09:08dans lesquelles j'ai joué, plus talentueuses que celles avec lesquelles j'ai gagné
09:13le plus grand titre, mais si je devais partir la guerre demain,
09:15je partirais avec cette équipe-là.
09:17Parce que justement, ça va plus loin que le sport, que la portée sportive.
09:23Et bien sûr que là, je parle en tant que supporter et suiveur du foot,
09:30mais quand tu joues dans une équipe comme ça, tu es obligé d'être dans cette grinta-là.
09:35Et d'ailleurs, il y a des joueurs qui sont des techniciens,
09:38et peut-être qui n'ont pas ce truc-là, et qui se transforment
09:40quand ils portent le maillot de l'équipe nationale.
09:43Mais c'est vrai que ce qui est fascinant, Eric, c'est que, déjà, pour moi,
09:45c'est des bourrins magnifiques.
09:47C'est-à-dire que ce qu'ils font sur l'après-midi-temps,
09:49ce qu'ils font sur l'après-midi-temps,
09:51ouais, c'est vrai que des fois, c'est trop caricatural,
09:53mais ce qu'ils font en deuxième mi-temps, les pieds leur appartiennent, à tous.
09:57C'est-à-dire que quand tu vois Paredes, McAllister,
10:00la rentrée de Rodrigo de Paul, Julien Alvarez, Messi,
10:03mais voilà, tous ces mecs-là, même Lissandro Martinez derrière,
10:06c'est des mecs avec le ballon, t'inquiète pas, ils savent quoi faire.
10:09C'est ce qui fait la magie du foot argentin depuis des décennies.
10:12C'est ce qui fait la beauté, parce que ça reste un pays de football incroyable, en fait.
10:17Moi, je l'ai déjà dit, mais toutes les dérives qu'il y a eu en 2022,
10:20voilà, ce qui s'est passé hors foot, moi, on m'a dégoûté de cette équipe.
10:24Je crois que c'est pour ça qu'on les tire les os, c'est plus pour ça que finalement...
10:27Mais si on doit être froid et parler que de sportifs et de ce qu'ils réalisent sur cette Coupe
10:33du Monde
10:33et sur ce qu'ils font en 2022, c'est extraordinaire.
10:36Et moi, ce que je trouve fascinant chez cette équipe, c'est que, tu vois,
10:40par exemple, nous, on se coltine certains Argentins que j'ai défendus,
10:43par exemple à l'Olympique de Marseille, Médina, Balerdi, Roulis,
10:47où, en fait, ce rôle, ce rôle un petit peu de grinta exacerbé
10:54dessert souvent leur performance en Ligue 1.
10:56Et moi, ce que je trouve dingue, c'est que cette émotion-là,
10:59quand ils sont avec l'Argentine, ils arrivent à survivre
11:03et à faire péter les plombs à l'adversaire.
11:06Alors que, voilà, il y a certains Argentins dans d'autres clubs
11:10où on ne le ressent pas.
11:11Moi, je l'ai déjà dit cette année, j'en ai marre de la grinta des Argentins à Marseille.
11:16Et c'est bon, à chaque fois, c'est la même chose.
11:18À chaque fois, c'est eux qui craquent et pas les adversaires.
11:22Et bien là, je regarde, contre l'Égypte, contre le Cap-Vert,
11:25contre l'Angleterre, ils sont dans ce rapport-là.
11:28Ça pleure, ça chouine, il y a de l'émotion.
11:30Mais à la fin, quand l'arbitre siffle, c'est l'Argentine qui est vainqueur.
11:35Et c'est-à-dire qu'ils arrivent un peu...
11:36C'est comme le joueur de tennis qui casse ses raquettes.
11:39Mais s'il casse ses raquettes et qu'il se remet dedans derrière, ça ne me dérange pas.
11:42Et bien eux, c'est ça.
11:42Moi, ils arrivent à être animés par cette ambiance-là.
11:46Ils emmènent ce match-là.
11:47Et c'est ça que moi, je suis plutôt confiant contre l'Espagne, on en parlera après.
11:50C'est qu'ils arrivent à se nourrir et à emmener l'adversaire là où ils ont envie.
11:54Et c'est là où ils sont très très forts.
11:57En effet, ça peut parfois desservir leur équipe lorsque c'est un joueur d'une équipe en club.
12:01Alors que là, quand c'est tout un groupe à l'unisson, en effet,
12:04ça porte des résultats un peu exceptionnels.
12:07Ibrahim, un petit mot de la fin avant de te remercier.
12:10Oui, après, quand on dit qu'on part à Marseille, là, c'est une grinta ordonnée.
12:15Ce n'est pas une grinta où on va de partout.
12:17Non, là, c'est ordonnée.
12:18C'est vrai.
12:19C'est elle est intelligente.
12:19Techniquement, ça reste propre.
12:21Elle est inscrite dans le logiciel.
12:23Voilà.
12:23Et pourtant, ils n'ont pas non plus des si grands joueurs que ça.
12:27Quand on reste comportement que son défense, ce n'est pas non plus des joueurs.
12:30Non, mais techniquement, ça reste…
12:31Après, oui, ça reste propre.
12:33Lissandro Martinez, c'est Manchester United, Romero, Tottenham, McAllister, Liverpool…
12:37Moi, le Manchester United, ça fait six mois.
12:38Non, mais même sans les clubs, c'est vrai que souvent, on parle de ce caractère.
12:44Le Baro Inker, les Chico.
12:46Alvarez, il coûte 150 bâtons aujourd'hui, si tu veux aller le chercher.
12:48Il y a des joueurs quand même.
12:49Attends, mais moi, je veux dire même à Léandro Paredes,
12:51qui passe pour un bourrin, mais qui est un joueur de football exceptionnel.
12:55Oui, mais je veux dire, il n'y a pas un Di Maria comme en 2022.
12:58Non, il n'y a pas un Di Maria qui est dessus.
13:00Alvarez, c'est un Neuf qui court partout.
13:02Mais voilà, il n'y a pas ces ailiers comme dans le foot de maintenant.
13:05Vous savez, Percutin, Piron Solor, Faux-Pieds.
13:07Pour le coup, c'est vrai.
13:08Ils ne les ont pas, l'Argentine.
13:09Mais c'est pour ça qu'on pose la question, et même depuis 2022.
13:11Parce que pour ceux qui ont connu, là, je parle aussi sous le contrôle d'Éric,
13:15sans convoquer Maradona, mais les Pablo Heimard, les Ariel Ortega,
13:19les Véron, les D'Alessandro, les Ricky Elmé.
13:23Bon, on se demande où sont passés ces mecs-là qui créent le déséquilibre
13:26par la passe, le dribble, la vista, et c'est vrai que...
13:30Redondo, fantastique.
13:31Et c'est vrai que, bon, ces profils-là ont un petit peu disparu
13:34au profit d'un bloc, d'une équipe un petit peu plus soudée,
13:39force est de constater que...
13:41On en parlera après, mais on ne faut pas en parler.
13:43Non, mais on en parle dans quelques instants.
13:45Je remercie Ibrahim d'être venu au 32-16,
13:48et d'être venu échanger avec nous dans l'after.
13:51A bientôt sur RMC.
13:52On accueille Ismaël, qui a patienté lui aussi, également.
13:55Salut Ismaël, bienvenue dans l'after.
13:58Merci, salut les gars.
13:59Ouais, moi j'écoutais ce que vous disiez,
14:02je suis d'accord sur 99% de ce que vous dites
14:04par rapport à cette grinta,
14:06par rapport au fait qu'ils ont quand même du bon jeu,
14:10qu'ils soient capables vraiment de se réveiller en fin de match
14:12et de proposer quelque chose d'extraordinaire,
14:13de nous créer de l'émotion.
14:15Mais je voudrais vous interroger sur
14:16où doit se trouver la limite de la grinta.
14:19C'est-à-dire qu'en fait, on voit que pour réussir
14:22à avoir cette agressivité-là,
14:23ils sont tout le temps, tout le temps à la limite
14:25de ce qui est autorisé au football.
14:28Ils dépassent même la limite.
14:30Oui, ils dépassent la limite.
14:31Alors, si tu regardes les réseaux...
14:32Parce que Fernandez, hier, à la septième minute,
14:34il est à la limite.
14:35Mais quand tu regardes sur les réseaux,
14:37tu vois des montages où tu vois que les actes
14:40où ils ont pu vraiment menacer l'intégrité physique des joueurs,
14:42où ils mettent des claques dans la tête, etc.
14:44Bon, après, il y en a qui disent,
14:45ouais, c'est le complot,
14:47la Coupe du Monde est pour eux, machin.
14:48Je ne veux pas rentrer là-dedans.
14:49Je me dis juste que les arbitres se sont dépassés
14:51à chaque fois qu'il y a un match de l'Argentine.
14:52C'est ça.
14:52Parce qu'on pourrait se dire,
14:54bon, c'est une fois, deux fois.
14:55Après, si ça arrive quatre fois,
14:56les gens disent,
14:56ah ben oui, c'est arrivé quatre fois,
14:57c'est que c'est acheté,
14:58c'est que c'est vendu, c'est le complot.
14:59Non, c'est que les arbitres,
15:00ils sont tous dépassés de la même manière
15:03par ce type de football
15:04où ils sont à la fois hyper offensifs
15:06à aller jouer le ballon en priorité,
15:08mais à chaque fois, ils embarquent tout.
15:10Ils mettent une claque au passage,
15:11ils mettent un pied au passage.
15:12Et en fait, je me dis, pour vous,
15:14quelle est la limite de cette green card
15:16qu'on trouve belle, en fait ?
15:17Jusqu'où on doit l'accepter, en fait ?
15:19Ce qu'hier soir, quand même,
15:21ce qui est terrible,
15:22c'est que le premier joueur
15:23qui prend une carte au jaune,
15:24c'est un anglais hier soir.
15:25Je ne sais plus à quelle minute,
15:26mais vous l'adorez,
15:27parce que j'ai envoyé des textos à mes potes.
15:29Mais hier soir, il y a quand même des fois,
15:30ils ont quand même mis des cartons jaunes
15:31aux Argentins.
15:31Non, non, mais qu'un anglais
15:34prenne le premier carte au jaune hier soir,
15:35c'est quand même,
15:35il faut le faire avec ce qu'ils ont fait
15:36en début de match,
15:37justement, où ils testent
15:40et l'adversaire
15:41et l'arbitre
15:42pour savoir jusqu'où ils peuvent aller.
15:44Je peux te le dire,
15:45c'est comme ça que ça marche,
15:46on l'a fait,
15:47les règles n'étaient pas les mêmes à l'époque,
15:48tu pouvais aller plus loin qu'aujourd'hui
15:50et on l'a tous fait.
15:52Tu testes toujours
15:53jusqu'où tu peux aller
15:54par rapport à l'arbitre.
15:54Tu vois, les arbitres ont essayé
15:56de rentrer dans le jeu aussi.
15:57Ils ont essayé de faire pareil.
15:58La première fois,
15:59au début du Mondial,
15:59on a vu une équipe
16:00qui essayait de faire la même chose
16:01que les Argentins.
16:01Ils n'ont pas réussi.
16:03Ils ont montré moins bien fait.
16:04Ils sont attentionnés.
16:05Pour répondre à ta question,
16:06j'ai l'impression
16:07que les arbitres
16:08sur cette Coupe du Monde,
16:10ils sont un peu prisonniers
16:11du parti pris
16:13qui a été pris par,
16:14je pense, la FIFA,
16:16puisqu'on nous l'a expliqué,
16:17de laisser jouer,
16:18laisser jouer,
16:19laisser jouer.
16:19Sauf que laisser jouer
16:21quand il y a un contact
16:23avec exactement
16:25ce qui se passe
16:26chez Noël Ligueing,
16:27c'est-à-dire qu'il y a
16:27un contact entre deux joueurs,
16:29un contact licite,
16:30on va dire,
16:31avec un mec qui tombe,
16:32il y a coup franc.
16:33Donc ça, c'est insupportable.
16:34Ça casse le jeu.
16:35Le jeu aurait été
16:37hyper haché, c'est sûr.
16:37Voilà, c'est hyper haché.
16:39Et donc là,
16:39le parti pris de laisser jouer,
16:40c'était justement
16:4216 bords de contact,
16:43il y a des contacts et tout.
16:44Sauf qu'ils se sont pris,
16:46ils se sont laissés
16:47prendre au piège
16:48où du coup,
16:49les trucs qui sont anti-jeu,
16:51l'anti-jeu,
16:52le vrai anti-jeu,
16:53ils ne l'ont pas sanctionné.
16:54Parce que je suis désolé
16:55quand tu arrives
16:56et que tu m'ens taquet
16:57au mec
16:57quand il a lâché le ballon,
16:58normalement,
16:59tu dois être coup franc
17:00au bout de deux fois,
17:02carton jaune.
17:02Si les arbitres,
17:03ils avaient sifflé plus rapidement
17:05en mettant les cartons jaunes
17:06plus rapidement,
17:07je pense que les Argentais
17:08auraient été obligés
17:09de rentrer dans le rang
17:10à ce niveau-là.
17:11On les a laissés
17:14parce qu'ils ont été
17:15prisonniers du parti pris,
17:16on laisse jouer.
17:17Mais eux,
17:18on laisse jouer,
17:19eux, ils te testent.
17:21Imagine-toi
17:21dans les championnats amateurs,
17:23si tu as une équipe
17:24qui joue comme ça,
17:26comme tu vois,
17:27comme tu dis,
17:27tu dis dans les championnats amateurs,
17:28oui, ça arrive justement,
17:29mais ça finit en bagarre général
17:30parce qu'en fait,
17:31les mecs ne supportent pas
17:31de se faire rentrer dedans comme ça
17:32et après,
17:33ça devient n'importe quoi.
17:34Et en fait,
17:35moi, je m'interroge,
17:36est-ce qu'on laisse le curseur
17:38au bon endroit ?
17:39Il les laisse vraiment
17:40faire beaucoup.
17:42Et là,
17:42si on regarde
17:42le deuxième but des Argentins,
17:44il y a le commentaire
17:45d'RMC hier
17:47qui dit à la radio,
17:49je ne sais plus
17:50quel est le joueur argentin
17:51qui se met à boiter là,
17:52il dit,
17:52il a des crampes.
17:53Mais en fait,
17:54tu regardes le détail
17:55de l'action,
17:56il n'a pas des crampes.
17:56D'abord,
17:57il y a un premier Argentin
17:58qui lui met un coup d'épaule
17:59au moment où il démarre.
18:00Du coup,
18:00il se retrouve
18:01à avoir une seconde de retard.
18:02Il arrive quand même
18:03à prendre le ballon
18:04juste avant Messi.
18:06Mais Messi,
18:06il lui écrase le pied.
18:07Et lui,
18:08au lieu de tomber
18:08et de faire
18:09j'ai une faute,
18:10il commence à essayer
18:11de continuer à jouer l'action
18:12parce qu'il voit
18:12que le ballon est parti
18:13et qu'il est resté en jeu
18:14et il commence à sauter
18:15sur une jambe.
18:16Et Messi,
18:17derrière,
18:17on lui redonne la balle,
18:18il centre et il y a but
18:19et il y a 2-1
18:19et c'est plié.
18:20C'est un exemple.
18:21Mais il y a deux petites fautes
18:23et en fait,
18:23on ne les voit pas ces fautes
18:25parce qu'elles sont tellement
18:25dans la green tag
18:26de « je me bats,
18:27je me dépêche
18:28d'avoir la balle avant l'autre ».
18:29C'est un talent.
18:30On regarde le ballon.
18:30Oui, c'est ça,
18:31c'est culturel.
18:32C'est un savoir-faire.
18:34Si en fait,
18:35on arrivait à le faire,
18:36c'est comme les coups francs
18:38d'Arsenal
18:39ou les corners d'Arsenal.
18:40Il y a marquant sur corner,
18:40il y a marquant sur corner.
18:41Ils ont trouvé une astuce.
18:43Si tous les clubs
18:43pouvaient faire comme eux,
18:44ils le feraient.
18:45Voilà,
18:46avec la limite
18:47et le règlement.
18:47Merci beaucoup Ismaël
18:49d'être venu au 32-16
18:50et changer ton point de vie
18:51sur RMC
18:53avec Walid et Eric.
18:55Eric,
18:56je parle sous son contrôle
18:56parce qu'il y a
18:57évidemment la résilience,
18:59la solidité,
18:59l'abnégation
19:00et puis il y a
19:01un certain Lionel Messi.
19:03Évidemment,
19:03toi aussi,
19:04tu as joué,
19:05tu as combattu sur le terrain
19:06parce qu'aussi peut-être
19:07il y avait des artistes
19:08devant toi
19:09qui t'inspiraient,
19:10dont tu savais
19:11qu'ils avaient la possibilité
19:12de te faire gagner le match.
19:14Alors c'est vrai
19:15qu'on a été patients,
19:16nous tous,
19:17observateurs,
19:18pour froisser personnes,
19:20notamment ceux
19:21qui ont écrit
19:21l'histoire du jeu,
19:22celles et ceux
19:23qui les ont observés,
19:25admirés,
19:25mais là,
19:27je ne vais pas vous demander
19:27si le débat sur le goutte,
19:29le meilleur joueur de l'histoire
19:31est terminé,
19:32est enterré,
19:32mais est-ce que
19:34c'est la question
19:35que je vous pose ?
19:36– On peut te répondre,
19:36j'ai besoin
19:37que le débat est clos,
19:38non ?
19:38– Tu sais,
19:40moi,
19:40tu prêches évidemment
19:41un convaincu,
19:42Walid est bien placé
19:42pour le savoir.
19:43– T'es plus eu que nous,
19:44toi Eric,
19:44parce que nous,
19:44on ne peut pas se fémé,
19:45etc.
19:46– Voilà,
19:46parce qu'en effet,
19:47il faut respecter un petit peu
19:48toutes les sensibilités
19:50et toutes les époques.
19:51– Non mais la question,
19:52c'est,
19:52il y a encore des gens
19:53qui,
19:54même s'ils vous disent
19:55oui,
19:56oui,
19:56d'accord,
19:56c'est le meilleur joueur de l'histoire,
19:57mais qui te disent
19:59oui,
19:59je ne l'aime pas.
20:00Est-ce que moi,
20:00la question que je vous pose,
20:01c'est quand on aime le foot,
20:02est-ce qu'il est possible
20:03de ne pas aimer Lionel Messi ?
20:04Je vous rappelle,
20:05deux passes décisives hier,
20:06il n'a pas marqué,
20:07mais bon,
20:07huit buts
20:08comme meilleur buteur du mondial,
20:10quatre passes décisives,
20:11sur l'ensemble de sa carrière
20:12en Coupe du Monde,
20:12c'est 21 buts
20:13et 12 passes
20:14en 33 matchs,
20:15c'est-à-dire
20:15une goal contribution,
20:17comme disent les Anglais,
20:18une par match
20:19dans chaque match
20:20de Coupe du Monde.
20:21Est-ce qu'on peut
20:22ne pas aimer Lionel Messi
20:23lorsqu'on aime le football ?
20:25– Alors,
20:25c'est à moi
20:26que tu poses la question.
20:26– Oui,
20:27j'ai vu,
20:27chère toi.
20:27– D'accord.
20:29Écoute,
20:29en effet,
20:30alors moi,
20:30je ne suis pas,
20:32donc je suis un vieux monsieur,
20:34j'ai été
20:36biberonné
20:37à l'Ajax
20:38des années 70,
20:40au Liverpool,
20:43mon idole
20:44de toujours,
20:45encore aujourd'hui,
20:46c'est Cruyff,
20:46parce que
20:48c'était plus
20:48qu'un joueur de foot,
20:49c'était
20:50un Beatles
20:51qui jouait au foot,
20:52tu vois,
20:52c'était
20:53dans les années 70,
20:54il y avait
20:55ce truc-là,
20:58ces mecs-là,
20:59l'Ajax,
20:59à l'époque,
21:01sortait du cadre
21:01du foot
21:02et était un peu
21:03de ce que nous,
21:04on voulait ressembler
21:05à ces mecs-là,
21:06les coupes,
21:06les machins,
21:07et il n'y avait pas
21:08autant de matchs
21:09à la télé,
21:09il n'y avait pas
21:10tout ce qu'on a
21:10aujourd'hui.
21:11Donc,
21:12pour moi,
21:12c'est le mec ultime
21:13et puis surtout,
21:15le charisme,
21:17sa philosophie du jeu,
21:19quand il était joueur
21:20et quand il est devenu
21:20entraîneur,
21:21parce qu'on sait tous
21:22qu'il a inspiré
21:24ce qui est devenu
21:25le Barça,
21:25il a inspiré Guardiola,
21:27voilà,
21:28donc,
21:29et ce qui a joué
21:30contre Messi,
21:31entre guillemets,
21:33c'est ce côté
21:34un peu,
21:36parce qu'il est hors
21:37de question
21:38de dire que Messi,
21:39tout le monde a vu
21:40que c'était
21:40un talent pur,
21:41extraordinaire,
21:42tout ce que tu veux,
21:43sauf qu'il y avait
21:44ce côté,
21:46la personne en dehors
21:47du joueur de foot
21:48qui était,
21:50entre guillemets,
21:51je ne voudrais pas être,
21:52mais...
21:52un peu fade,
21:53un peu tiède,
21:54je ne voulais pas
21:56employer un mauvais mot
21:57pour ne pas être repris
22:00et caricaturé,
22:01mais Tia Rezot,
22:01tu vois,
22:03voilà,
22:03un peu fade...
22:04Manquait un peu de charisme,
22:05c'est ce qu'on disait de lui,
22:06en dehors du temps,
22:07manquait un peu de charisme
22:08et quand on parlait
22:10des R9,
22:12de Ronaldinho,
22:13qui étaient aussi
22:14des joueurs extraordinaires,
22:15qui...
22:16il y avait toujours
22:17ce côté-là
22:19où,
22:19ouais,
22:19mais Maradona,
22:20puisqu'on l'a...
22:22et on le compare encore,
22:24Maradona,
22:24avec tous ses excès,
22:25avec sa personnalité,
22:27qui a construit son mythe,
22:29en plus du joueur,
22:30voilà.
22:31Mais là,
22:31aujourd'hui,
22:31j'ai quand même l'impression
22:34que...
22:36ce qu'il arrive à faire
22:37à son âge
22:38et ce qu'il a fait
22:38avec la sélection
22:39et qu'il va peut-être
22:40refaire dimanche,
22:41imaginez s'il est
22:42deux fois champion du monde
22:43entre 35 et 40 ans,
22:45le mec.
22:46Après avoir gagné
22:47tout ce qu'il a gagné
22:47en club
22:48et tous les records
22:49qu'il a mis
22:49de but,
22:50de machet,
22:50et tout et tout,
22:51imaginons...
22:51Et même sans ça,
22:53je pense qu'il a tué
22:55un peu le débat,
22:57là,
22:57non ?
22:57Enfin,
22:57j'ai l'impression...
22:59Le débat n'est pas...
22:59Le débat n'existe plus
23:00depuis 2022,
23:01moi,
23:01mais après,
23:02là,
23:02ce qu'il fait en 2026,
23:04c'est...
23:04Pour moi,
23:06c'est encore plus fort
23:07que ce qu'il a fait
23:07il y a 4 ans
23:07parce que je le trouve
23:08encore plus fort
23:09dans ce qu'il apporte
23:10Mais pour te répondre
23:11à ta question,
23:11parce que c'est un débat
23:12qui est hyper intéressant
23:13et beaucoup se la posent,
23:15la question,
23:16moi,
23:17je pense qu'il était
23:18plus fort en 2022.
23:19Quand je dis plus fort,
23:20il y a une nuance,
23:21c'est-à-dire qu'il pouvait
23:21faire plus de choses,
23:22il pouvait prendre le ballon,
23:24conduire la balle plein axe,
23:25il avait 4 ans de moins,
23:27d'accord ?
23:28Mais moi,
23:28je pense que son tournoi
23:302026 est pour l'instant
23:31plus fort
23:32qu'en 2022.
23:34C'est-à-dire que
23:34ce qu'il fait contre l'Egypte,
23:36ce qu'il fait contre l'Algérie,
23:37contre l'Autriche,
23:38ce qu'il fait hier
23:39contre l'Angleterre,
23:40et puis il y a aussi
23:40un côté où...
23:41Pour moi,
23:41en 2022,
23:42il était attendu,
23:43c'était sa dernière compétition,
23:45l'Argentine était favorite,
23:46il venait de gagner
23:472021 la Copa America,
23:49Coupe du Monde au Qatar
23:50où on avait dit
23:51le PSG,
23:52c'est le tapis de course,
23:53il va arriver
23:53en grande, grande forme.
23:55Là,
23:55on l'a oublié,
23:57je ne sais pas,
23:57il faisait...
23:58Il y a beaucoup de gens
23:59qui ne croyaient pas
23:59dans la Coupe du Monde
24:00qui disait...
24:01On l'a oublié,
24:02l'Inter Miami,
24:05le mec terminé,
24:07il va faire son business
24:07avec Apple,
24:08je ne sais pas ce qu'il va le faire,
24:09etc.,
24:10ce n'est plus un joueur de foot,
24:11ça ne nous intéresse plus,
24:12merci Messi
24:12pour tout ce que tu as fait.
24:14Là,
24:14il revient sur la pointe des pieds,
24:15les échos qu'on a
24:16avant l'Algérie,
24:17c'est qu'il a joué 20 minutes
24:18sur un amical,
24:19on ne sait pas
24:19combien de temps
24:21il va jouer ce soir,
24:22est-ce qu'il va être titulaire,
24:23il met triplé
24:24et depuis le début
24:25de la compétition,
24:26en fait,
24:27sur chaque match,
24:28il est décisif,
24:29sur chaque match,
24:30il impacte son équipe
24:31et là,
24:32face à une équipe
24:32d'Angleterre
24:33où il y a quand même
24:34un joueur,
24:35Elliot Anderson,
24:35qui va aller à City
24:37pour 130 millions d'euros,
24:38il y a des mecs
24:39à 70, 80, 90 bâtons
24:41à toutes les lignes,
24:42ils montrent
24:42que c'est le meilleur joueur du match
24:43et que c'est le meilleur joueur
24:45du tournoi.
24:46Parce que pour moi,
24:47qu'il gagne ou pas
24:47le match contre l'Espagne,
24:50il est pour moi
24:50le meilleur joueur du tournoi
24:51à 39 ans.
24:54En fait,
24:54c'est surréaliste.
24:55C'est ça qui est fou,
24:56en fait,
24:57ça qui est terrible.
24:58Et moi,
24:58sur l'histoire,
24:59moi je ne vais pas être
25:00dans l'injonction,
25:00chacun fait comme il veut.
25:01Oui, mais est-ce que
25:02tu t'arrives à comprendre
25:02quand on te dit
25:03j'aime pas Messi ?
25:04Si on ne parle que de football,
25:06c'est pour moi impossible.
25:07Pour moi,
25:07tu as le Covid du football
25:08si tu n'aimes pas Messi.
25:09C'est-à-dire que tu ne sens rien.
25:10C'est-à-dire qu'il n'y a rien,
25:11il n'y a pas...
25:11Si tu veux parler
25:12de leur foot,
25:13ouais,
25:13quand il parle,
25:14il ne me fait rien
25:15par rapport à d'autres.
25:16Voilà,
25:17tu parlais de Cruyff,
25:18Eric,
25:18tu parlais de Maradona.
25:20Oui,
25:20il n'a pas ce côté rockstar,
25:21il n'a pas ce côté rockstar Messi.
25:23Mais moi,
25:24en fait,
25:24ce qui me parle,
25:25c'est le football,
25:26c'est le terrain.
25:26Moi,
25:27je ne suis pas à Secret Story,
25:27moi,
25:28je ne suis pas à Love Story,
25:28je n'ai pas besoin
25:29d'être attaché à...
25:30Messi ne me connaît pas,
25:31je ne le connais pas.
25:32C'est-à-dire qu'à un moment donné,
25:33je n'ai pas été en...
25:34Voilà,
25:34on n'est pas intime,
25:35on n'est pas...
25:36Moi,
25:36je m'attache à ce qu'il fait
25:37sur le terrain
25:38depuis 25 ans.
25:40Pas 10 ans,
25:40pas 15 ans,
25:41pas 20 ans,
25:4225 ans.
25:43C'est-à-dire que...
25:44Il faut se le dire,
25:46quand même,
25:46que c'est complètement fou.
25:47Tu sais à qui tu parles,
25:48donc forcément,
25:48tu m'arraches un sourire.
25:50Moi,
25:50je pense même que
25:51même les haters de Messi,
25:53hier soir,
25:54en fait...
25:55Parce que moi,
25:56je pense que
25:56ceux qui ne sont pas fans de Messi
25:58vivent des semaines
26:00et des mois
26:01depuis 25 ans,
26:02terribles.
26:03Parce que moi,
26:03je trouve que...
26:04en fait,
26:04ne pas réussir à apprécier
26:05un joueur
26:06qui est aussi fort
26:07qui est le plus grand joueur
26:07de tous les temps,
26:08je trouve ça terrible.
26:09Mais je pense que même hier,
26:10en fait,
26:11tu regardes et tu te dis
26:12t'aimes ou t'aimes pas,
26:13t'aimes le personnage
26:14ou pas le personnage
26:15qui t'a rien fait ou pas,
26:16si on parle d'or-foot,
26:17c'est impossible
26:18de ne pas crier
26:19à la 97ème minute.
26:21Sinon,
26:21tu n'aimes pas ce sport.
26:22Pour moi,
26:22sinon,
26:23tu n'aimes pas ce sport.
26:25Pour moi,
26:25c'est terrible.
26:26C'est terrible.
26:27Eh bien,
26:27merci d'avoir mis des mots
26:28sur ce que j'ai dans la tête
26:35mais toi qui courais
26:36un peu plus
26:36pour justement
26:37pour compenser
26:38ce que les artistes
26:39de ton équipe,
26:40les Chris Waddle,
26:41les Abedipelé,
26:41Jean-Pierre Papin,
26:42j'en sais rien,
26:43ou autres gineaux
26:44d'équipe de France,
26:46ça t'aurais accepté
26:48quand même
26:49de jouer pour un tel mec
26:50parce qu'il faut rappeler
26:51qu'il...
26:52J'espère que quand tu poses
26:54la question,
26:54tu connais la réponse.
26:56Tu lui aurais mis
26:56une petite bichette
26:57en lui disant
26:57écoute,
26:58il faut courir un peu plus
26:59ou t'aurais accepté ?
27:01Non,
27:01mais ce débat-là,
27:02tu sais,
27:03on l'a fait
27:03on a dû le faire
27:05sur d'autres joueurs
27:06ou dans d'autres contextes
27:07puisque ça existe
27:10encore aujourd'hui
27:11dans le football
27:14mais le mec
27:15qui te fait gagner,
27:18tu te saignes pour lui.
27:20Voilà,
27:20tu te saignes pour lui
27:22parce que...
27:22Ou alors à moins
27:23que tu es en concurrence
27:26ou en conflit
27:26avec ce joueur-là.
27:28Tu peux être en concurrence
27:28parce que tu es un artiste aussi
27:30et que lui,
27:31il est tellement fort,
27:32il prend toute la lumière
27:32et toi à côté,
27:33tu n'existes pas.
27:33Donc peut-être
27:34que ces joueurs-là,
27:35mais d'après moi,
27:36ça n'existe plus.
27:39Mais par contre,
27:41moi je comprends
27:43le comportement
27:44de ces coéquipiers
27:46qui se sont mis
27:47à son service
27:47et qui sont les...
27:48On parlait de garde du corps
27:50pour être péjoratifs,
27:51mais c'est des super footballeurs
27:53quand ils lâchent
27:54ce côté un peu
27:56bastonneur-là.
27:58Mais ça me problème.
28:00Mais moi,
28:00tu sais,
28:01je l'ai souvent dit,
28:01moi,
28:03j'ai supporté
28:05dans ma carrière
28:06des caprices
28:07de star
28:07entre guillemets
28:08qui étaient
28:08moins importantes
28:09qu'aujourd'hui.
28:10Ce n'était pas
28:11le même football.
28:12Le joueur à l'époque
28:14n'était pas
28:14le fond de commerce
28:15d'un club
28:16et n'avait
28:17pratiquement pas
28:17de valeur marchande
28:19qui lui permettait
28:20mais tu avais des comportements
28:21et on ne citera pas
28:22de noms de mecs.
28:23Mais moi,
28:23un mec qui me fait gagner
28:25tous les matchs
28:26ou deux matchs sur trois
28:27ou trois sur quatre,
28:29si le lendemain,
28:30il ne veut pas venir
28:30au décrassage
28:31parce qu'il a perdu
28:31pour la quatrième fois
28:32sa grand-mère
28:35et qu'il...
28:36À l'entraînement,
28:37il y a des matins,
28:38il reste sur la table
28:38de massage
28:39parce que je sais que...
28:40Mais moi,
28:41je n'ai pas de soucis.
28:42Repose-toi,
28:42repose-toi,
28:43tu me fais gagner
28:43parce qu'en plus
28:44de te faire gagner des titres,
28:45ces mecs-là,
28:46ils te font gagner des sous
28:47quand même.
28:49On n'en parle pas beaucoup
28:51parce que c'est tabou
28:52mais quand tu gagnes
28:54des gros titres
28:55et des matchs,
28:55ils gagnent beaucoup d'argent
28:56encore plus aujourd'hui
28:57parce qu'ils en gagnent
28:58encore plus
28:58en tant que salaire,
28:59en tant que truc.
29:00Mais moi,
29:00à mon époque,
29:01la prime de match
29:02était beaucoup plus importante
29:04dans le ratio
29:05de ce que tu gagnais
29:06qu'aujourd'hui.
29:06C'est-à-dire que
29:07avec les salaires aujourd'hui...
29:09Moi,
29:10tu gagnais un match
29:11quand tu fais...
29:12Je ne sais plus,
29:14je n'arrive plus à être
29:14le rapport entre l'euro
29:15et le machin
29:16mais c'était
29:16c'était beaucoup...
29:17Mais moi,
29:17le mec,
29:18il me fait gagner des matchs,
29:18moi,
29:19mais il faut rester
29:20tous les jours
29:20à l'entraînement,
29:21il faut rester dans le vestiaire,
29:22il ne vient que pour les matchs
29:23et moi,
29:23je saute à pied joué
29:24sur les autres
29:25pour que toi,
29:25tu puisses mettre les buts.
29:26Sans problème,
29:27sans problème,
29:28mais avec grand plaisir
29:28même en plus.
29:29Non, non,
29:30mais d'ailleurs,
29:31tu vois le comportement
29:33des joueurs,
29:33même les talentueux
29:34autour de Messi
29:37se mettent à être
29:38des chiens enragés
29:41parce qu'il a...
29:43Et alors en plus,
29:45vous avez vu comment il...
29:46Parce qu'on parlait d'un mec
29:47qui n'avait pas trop de charisme
29:48et tout,
29:49sauf qu'avec le statut
29:50qu'il a aujourd'hui
29:51et l'aura qu'il a,
29:52il a ce truc-là
29:53sur le terrain où...
29:55Tu as vu hier soir,
29:55quand il mime Robert De Niro,
30:00il fait une moue
30:01un peu à la Robert De Niro.
30:02Et là,
30:03dès qu'il se met debout
30:04comme ça,
30:04alors là,
30:05les autres,
30:05écoute-moi,
30:06ils sont prêts à tuer
30:07pour lui.
30:08Et t'as dit croire
30:09qu'au moment où il a fait ça,
30:10ça a été certain même
30:11sur Instagram,
30:12t'as envie de te dire,
30:13c'est le moment
30:13où l'on peut être
30:14à faire du match.
30:14Il y a des moments d'aura,
30:16parce qu'on dit
30:16pas de charisme,
30:17etc.,
30:17mais il y a des moments d'aura
30:18dans le match.
30:18Certains disent.
30:19Ouais, certains disent,
30:20c'est un peu les critiques,
30:21mais il y a des moments d'aura
30:24sur le match
30:24où il y a notamment
30:27quand Elliot Anderson,
30:28le Shark,
30:29la fin de première mi-temps,
30:31et qu'en fait,
30:31il remet ses chaussettes
30:32et il y a 10 mecs
30:33qui vont à 10 000
30:34sur les Anglais
30:35et lui,
30:36il est là,
30:36en train de remettre
30:37ses chaussettes,
30:37comme s'il calcule les personnes.
30:39La séquence,
30:40elle est complètement nain.
30:41Il y en a une autre
30:42où avant l'égalisation
30:43de Enzo Fernandez,
30:44il regarde à chaque fois
30:45le chronomètre.
30:46À chaque fois,
30:47il regarde le grand tableau
30:49d'affichage en haut
30:49en disant,
30:50il reste combien de temps là ?
30:51Poteau, poteau, poteau,
30:52il va nous rester combien de temps ?
30:53Et derrière,
30:54en fait,
30:54il arrive à liquider le match
30:55sur deux situations.
30:57Non,
30:57c'est plus ce qu'il fait
30:58avec Bellingham,
30:59en mode,
31:00ah ouais d'accord,
31:00les jeunes,
31:01c'est comme ça qu'ils parlent maintenant,
31:02vous êtes comme ça ?
31:03Ah d'accord,
31:03ok,
31:03bon,
31:03tu vas voir ce qu'il va se passer.
31:04Le rectus,
31:05il est exceptionnel.
31:05Et je crois que c'est Thierry Henry
31:06qui a dit sur Fox
31:08qu'en gros,
31:09à l'entraînement,
31:10il n'aimait pas l'injustice
31:11ou il n'aimait pas les gens
31:12qui parlaient
31:13et à l'entraînement,
31:14derrière,
31:15tu le payais cash
31:15les 10 minutes d'après
31:17parce qu'il te mettait triplé
31:19ou deux ou trois passes décisives,
31:20c'est ce qu'il a fait encore
31:21hier en demi-finale.
31:23Et quand tu vois
31:23les réactions
31:24de Giuliano Simeone,
31:25le fils Simeone à la fin,
31:26ce qu'il dit sur lui,
31:27ce que ça représente
31:28de jouer pour lui et tout,
31:31ça dépasse.
31:32Il joue avec une légende vivante.
31:34Il joue avec une légende vivante
31:35et ils se battent pour lui.
31:38Et on aurait été...
31:39Tu sais, Simon,
31:42puisque l'histoire est connue
31:43aujourd'hui
31:43et que ça avait failli se faire,
31:45bon,
31:45il y avait des histoires
31:45extra-sportives,
31:46mais du coup,
31:47moi, j'ai failli jouer
31:48avec Maradona.
31:48Avec Maradona, bien sûr.
31:49Il avait failli venir à l'OM.
31:51C'est après la Coupe du Monde 90,
31:53c'est ça ?
31:54Je ne me souviens plus,
31:55mais on peut retrouver
31:56dans les archives.
31:57Après Naples, en tout cas.
31:58Voilà, oui,
31:59il devait venir,
32:00il avait trouvé la maison.
32:03Michel Delgaux était allé là-bas
32:04et tout et tout.
32:04C'était à cause de la Camorra
32:06que ça ne s'était pas fait
32:07parce que malheureusement,
32:09Maradona,
32:09c'était plus que joueur à Naples.
32:13Donc, nous,
32:14on avait évoqué le sujet,
32:15mais tu ne peux pas savoir
32:15ce que c'est
32:17que de me dire
32:19le soir quand je me couchais,
32:21je vais jouer avec Maradona.
32:22Non, mais c'est...
32:24Je vais être un gros truc,
32:25mais tu es...
32:26Tu as des érections nocturnes
32:29quand on te dit
32:30que tu vois.
32:32Voilà.
32:33Donc, imagine les mecs,
32:34le petit Simeon est là,
32:36qui a été bercé par...
32:38Tu joues à côté de lui,
32:40mais j'imagine même pas
32:41les mecs
32:42comment ils vivent le truc là.
32:43Et on aura été,
32:45nous, observateurs,
32:46témoins privilégiés
32:47quand même
32:48d'avoir assisté à ça.
32:49Non, des plais aux haters
32:50comme dit Walid.
32:52Et voilà,
32:53c'est passionnant
32:53de vous écouter,
32:55messieurs.
32:56Parce que pour en parler,
32:57mais ce qui se dit
32:58et pas que sur les réseaux sociaux,
32:59même dans des médias sérieux,
33:00moi j'ai entendu ça,
33:01favorisé par la FIFA,
33:02la Fou du Monde a donné,
33:05hier le match,
33:06encore une fois,
33:06contre l'Angleterre.
33:07Le parcours,
33:08le Cap Vert,
33:08l'Égypte.
33:09J'aimerais bien voir
33:11beaucoup de grands joueurs
33:12actuels,
33:13qui sont dans la forme
33:13de leur vie,
33:14faire les 15 derniers minutes
33:15qu'il a fait contre l'Égypte.
33:16À 39 ans.
33:17À 39 ans,
33:17à 0-2.
33:19Alors qu'il ne sort jamais
33:20parce qu'on sait
33:21qu'il déteste ça
33:21et que si tu es le sélectionneur,
33:22tu ne prends pas le risque
33:23de le froisser.
33:25Et l'histoire,
33:25en finale,
33:26peut être dingue,
33:27Simon.
33:27Face à son pays d'adoption,
33:28l'Espagne,
33:30le Barça,
33:30face à l'ami Niamal
33:32qui est un peu son enfant.
33:35Mais le storytelling
33:37de la finale
33:38est complètement fou.

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