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  • il y a 12 heures
Avant son départ pour Paris, où il assiste ce lundi 13 juillet à une réunion de la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine, le président ukrainien a accordé un entretien exclusif à BFMTV. Le chef d'État y aborde longuement les questions de défense.

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Transcription
00:03Merci de nous recevoir à la veille d'une journée très particulière pour les Français.
00:07Parce que comme vous le savez, nous célébrons chaque année le 14 juillet notre fête nationale,
00:12avec des balles populaires, des feux d'artifice aussi.
00:15C'est original avec un défilé militaire.
00:19Oui, je sais, je sais. Mais c'est notre vie. C'est bien, c'est l'histoire.
00:24Et aujourd'hui, c'est un honneur pour nous de vous inviter. Nous vous en remercions.
00:30Oui, il y a un sens à cette invitation, parce que cette fête nationale, c'est l'occasion pour nous
00:35les Français de nous rappeler de deux faits importants.
00:38D'abord, que la liberté a un prix. Nous sommes battus pour l'obtenir.
00:42Et nous devrions être en mesure de la défendre si nécessaire.
00:46Et puis aussi, c'est le sens de ce défilé militaire.
00:49Une armée aussi bonne soit-elle, ne peut vaincre sans le soutien de sa nation.
00:55Vous le savez, mieux quiconque.
00:57Oui, bien sûr. Et vous pouvez démontrer, et vous allez le faire, je ne connais pas tous les détails, c
01:02'est votre président qui va décider.
01:04Mais je sais qu'il y aura des partenaires.
01:09Et c'est formidable d'avoir invité des représentants de l'Ukraine, de son armée, ses forces.
01:14Merci beaucoup.
01:26Oui, 25 combattants ukrainiens vont défiler sur les Champs-Elysées, aux côtés de 500 soldats de la coalition des volontaires,
01:32évidemment, de l'armée française.
01:36C'est peu, mais c'est significatif.
01:40C'est la reconnaissance que le combat que vous menez depuis 12 ans, et puis cette résistance à la tentative
01:47d'invasion totale par la Russie depuis 4 ans et demi, c'est un combat pour la démocratie et pour
01:52l'Europe.
01:57Notre rôle, nous, de reporter, c'est justement de tenter d'expliquer à nos compatriotes qui ont la chance de
02:02vivre en paix qu'ils peuvent avoir des ennemis, même s'ils ne le veulent pas.
02:07Et que si vous voulez continuer à vivre en paix, sans être agressif, il faut être fort.
02:12Vous savez de quoi je parle.
02:17Vous ne pouvez pas réaliser. Il faut expliquer aux gens.
02:23Ils réalisent que la guerre est là simplement lorsqu'elle est à 50 kilomètres de leurs frontières.
02:29C'est pour ça que je remercie les Français qui comprennent et qui soutiennent l'Ukraine.
02:37Mais ce n'est pas seulement la France, c'est le monde entier.
02:40Si la guerre n'est pas sur votre pays, sur votre terre, dans votre maison, vous ne pouvez pas le
02:47ressentir.
02:48Alors, d'un côté, c'est bien, hein ?
02:51Mais comment dire ? Vous ne pouvez pas sentir ni connaître le vrai prix de la paix.
03:02C'est pour ça que vous ne pouvez pas savoir ce que ça veut dire.
03:09C'est juste la vie ordinaire que vous pouvez perdre en une seule journée.
03:15C'est pour ça qu'il faut valoriser une paix sûre.
03:18Et le défilé, cette idée de nous inviter, de réunir la coalition des volontaires,
03:25de faire toute cette démonstration, tout ça est un très bon signal.
03:30Oui, parce qu'on pourrait penser qu'une seule section, ce n'est pas grand-chose.
03:35Mais c'est une première.
03:36C'est comme quand la France a donné les premiers blindés à Elix d'Isercé
03:40ou les premiers canons César.
03:46Bien sûr.
03:47Et désormais, nous ne parlons plus seulement de chars.
03:50On les utilise, hein ? Merci.
03:52Mais maintenant, on s'est battus pour avoir tant de chars, les Abrams,
03:57plein de chars différents venus d'Allemagne, des États-Unis, de France,
04:01plein de choses différentes.
04:03On s'est battus pour les avoir la première année de la guerre,
04:07mais aujourd'hui, c'est la cinquième année de cette guerre.
04:10Et vous voyez ce que ça donne ?
04:12C'est une guerre bien trop longue, ça c'est certain.
04:14Mais on ne parle plus de chars.
04:16On se concentre sur la sécurité de notre espace aérien.
04:20Comment on peut le défendre ?
04:21Comment on peut aussi détruire les systèmes de contrôle de l'espace aérien russe ?
04:26Sinon, ils ne comprennent pas ce que ça veut dire d'avoir une guerre chez soi.
04:30Les gens ne le ressentent pas.
04:33Oui, c'est important.
04:34Nous l'avons encore entendu cette nuit avec ces frappes sur Kiev.
04:37La capitale est systématiquement prise pour cible depuis un mois maintenant.
04:42Juste à la nuit, encore,
04:45Oui, cette nuit encore, des missiles balistiques, encore.
04:48Pas seulement à Kiev, mais dans de nombreuses autres régions.
04:52Ils savent ce qu'ils font.
04:54Ils ont perdu l'initiative sur le champ de bataille.
04:57Attention, ils n'ont pas perdu la guerre, hein.
04:59Mais ils ont perdu l'initiative.
05:01Et vous savez, hier, nous avons discuté avec le chef d'état-major des armées,
05:06Sierski,
05:08et nous avons regardé l'état de la ligne de front depuis le début de l'année.
05:17Alors, les Russes ont avancé, lentement,
05:21Mais ils ont avancé.
05:24Puis, c'était notre tour.
05:28C'était très serré.
05:31Et durant cette période, ils ont perdu 150 000 hommes.
05:36La Russie.
05:37Ils ont perdu 150 000 hommes pour 50 kilomètres.
05:42Si vous comparez ce qui a été occupé, libéré, c'est 55 kilomètres.
05:47Et pour avoir ça, Poutine a payé 150 000 hommes.
05:51C'est ça, la vraie guerre.
05:53Ses frappes, ses missiles balistiques qu'il utilise,
05:56c'est pour démontrer qu'il mène sa guerre.
05:59Mais bien sûr, c'est affreux.
06:02C'est sa décision.
06:04Sa décision.
06:05Et c'est une tragédie pour nous.
06:10Oui, vous payez vous aussi le prix du 100.
06:13Et nous avons payé un lourd prix, bien sûr.
06:19Effectivement, je pense que c'est important de rappeler à nos téléspectateurs
06:22qu'au début de la guerre, vous aviez en fait besoin de tout, de tanks, de canons.
06:27Alors qu'aujourd'hui, l'Ukraine produit ses propres drones,
06:33ses missiles capables de frapper jusqu'en Russie.
06:40L'Ukraine n'est plus le mendiant dont certains se moquaient.
06:43Votre armée, votre industrie de défense, se sont considérablement renforcées.
06:51Nous avons désormais l'armée la plus forte,
06:55ou l'une des plus fortes dans le monde.
06:58Mais elle fait face aux conditions les plus dures.
07:02Oui, nous avons besoin de véhicules blindés,
07:04de drones, de chars, d'artillerie,
07:08d'outils de guerre électronique, de radars.
07:12Nous avons plein de besoins.
07:21Mais où en sommes-nous maintenant ?
07:24Nous avions besoin de tout ça, évidemment,
07:26parce que c'est la guerre qui le veut.
07:29C'est comme de la nourriture.
07:30En fait, c'est de la nourriture pour la défense.
07:34Nous avions besoin de toutes ces livraisons.
07:37Nous avions aussi besoin de paquets d'aides financières.
07:41Mais il faut établir des priorités.
07:45En ce moment, les chars ne sont pas une priorité.
07:48Donc on ne va pas en payer pour en avoir.
07:52Bien sûr, l'Ukraine peut maintenant produire des blindés,
07:55parmi les meilleurs.
07:57Bon, il y a quelques différences.
07:59Ce ne sont peut-être pas les plus confortables,
08:01mais ça fonctionne.
08:05Mais maintenant, nous n'achatons plus de blindés à ces entreprises
08:08qui sont très bien et qui vont d'ailleurs les exporter.
08:12Nous avons signé des accords autour des drones.
08:17On produit tout maintenant.
08:20Les drones, l'artillerie, les blindés.
08:27Le canon de 155, il est au standard autant.
08:31On peut le produire.
08:33Mais on a décidé de faire baisser sa production
08:37parce que ça coûte de l'argent.
08:42Aujourd'hui, entre un drone et un canon de 155,
08:47on choisit le drone.
08:49Et on passe du 155 à l'armement plus longue distance.
08:56Sinon, ça ne marche pas.
08:58Donc voici où nous en sommes.
09:01Il y a eu beaucoup de changements.
09:04Mais je ne sais pas si les gens réalisent
09:06que notre doctrine est de chercher à nous défendre.
09:14Pas de chercher à occuper.
09:18C'est la défense.
09:20C'est pourquoi nous choisissons nos priorités
09:23en nous fixant sur une chose très basique,
09:26se défendre.
09:31J'aimerais parler de la menace balistique.
09:34Elle est attaquée toutes les nuits.
09:36On l'a vu aussi lors de la guerre de golf.
09:38l'Iran a utilisé des missiles balistiques à grande échelle.
09:42Aujourd'hui, l'Europe est confrontée à cette menace potentielle.
09:46Et la question aujourd'hui,
09:47ce n'est pas seulement de défendre l'Ukraine,
09:48c'est comment pouvons-nous organiser notre défense
09:52pour protéger nos populations de cette menace.
09:55Je pense que le problème de la guerre moderne,
10:03de la guerre technologique,
10:05est qu'il n'y a plus de distance.
10:07Les distances, c'est maintenant une question de mois,
10:11pas d'années.
10:12Les drones, les missiles de croisière,
10:15les missiles balistiques,
10:16c'est déjà de 1000 à 3000 kilomètres.
10:21C'est vrai que la Russie a des missiles balistiques très forts
10:25et qu'ils ont, ou qu'ils auront bientôt la possibilité
10:28d'envoyer des missiles à 5000 kilomètres.
10:37C'est juste une question de temps.
10:43Mais nous aussi, nous travaillons sur les missiles balistiques.
10:48On a déjà de bons résultats.
10:50On n'en parle pas beaucoup parce qu'on est en train de les tester.
10:57Mais la priorité est de se défendre.
11:00C'est pour ça qu'on travaille sur les systèmes anti-balistiques,
11:04les systèmes de défense aérienne.
11:08Mais évidemment, en travaillant sur la défense aérienne,
11:12on construit des missiles balistiques
11:14qu'on pourra utiliser comme tels,
11:16et pas seulement pour se défendre.
11:20Mais la priorité, c'est la défense.
11:32Tout ça, l'Europe le comprend.
11:35La Russie a des missiles
11:36qui peuvent toucher n'importe quelle ville européenne.
11:39C'est pour ça que l'Europe doit avoir sa propre défense anti-balistique.
11:44Ce sera moins cher que les patriotes,
11:46et il faut que ce soit similaire.
11:49Effectivement, l'un n'exclut pas l'autre.
11:51Si vous pouvez avoir les deux,
11:52c'est pas plus mal.
11:53Vous avez des seins pétés ?
11:55Bon, pas assez de seins pétés.
11:57Mais c'est une bonne défense.
11:58Vous nous en avez livré.
12:06On a donc des seins pétés.
12:08Je voudrais d'ailleurs saisir cette opportunité
12:10pour rappeler à Emmanuel
12:12qu'on attend toujours une nouvelle batterie anti-missiles.
12:16On l'attend toujours.
12:20Non, je lui suis reconnaissant.
12:22Nous avons des relations parfaites.
12:27Mais la nouvelle génération de Sampéthée
12:30sera vraiment anti-balistique.
12:33C'est ça que nous attendons
12:35et qui doit venir en Ukraine.
12:38Mais ce n'est pas assez pour l'Europe.
12:40Il nous en faut des moins chers.
12:42Il nous en faut plus, plus, plus.
12:45C'est bien ce qui a été discuté
12:47au sommet de l'OTAN à Ankara.
12:48Comment organiser un système commun
12:51dans lequel les briques de chacun de nos pays
12:53puissent fonctionner les unes avec les autres,
12:56les radars, les missiles ?
13:01Nous avons un projet en cours,
13:03un projet anti-balistique.
13:06On va le partager avec nos partenaires
13:08parce qu'il s'agit de nous défendre.
13:10Ce n'est pas juste du business.
13:12C'est une question de sécurité.
13:14C'est plus important.
13:21On va travailler avec la France,
13:24avec la Suède,
13:27avec le Danemark,
13:28avec l'Italie,
13:30la Norvège
13:31et d'autres pays.
13:33En tout, ce sont huit pays
13:36qui peuvent partager de nombreux détails.
13:38C'est comme un Lego.
13:42un Lego anti-balistique.
13:45Le plus important dans ce que nos partenaires
13:48nous demandent de faire,
13:49c'est la partie missile.
13:52Donc, l'Ukraine va produire des missiles.
13:57Ok.
13:58Nous pouvons faire des radars.
14:01Je sais que vous pouvez faire des radars.
14:03On compte sur vous,
14:04on compte sur Safran
14:05et d'autres représentants de votre industrie.
14:12Je ne sais pas à quoi ressemblera le texte,
14:16mais quand je serai à Paris
14:17pour la coalition des volontaires,
14:23Il y aura une réunion sur ce projet.
14:38Les leaders,
14:40les conseillers à la Sécurité nationale,
14:43les grands patrons
14:45de toutes ces entreprises,
14:49Il faut ces réunions trilatérales
14:52parce que sinon,
14:53ça ne fonctionnera pas.
15:01C'est pour ça que je veux le faire maintenant à Paris.
15:03Il y a une telle opportunité
15:05avec cette connexion,
15:07avec Emmanuel,
15:09qui va permettre d'organiser cette réunion.
15:11Et si nos tests fonctionnent,
15:14ce nouveau système,
15:15il arrivera dès 2026.
15:19Ce sera formidable
15:20et très utile.
15:25Ensuite,
15:26il faudra en augmenter le nombre.
15:28Si nous sommes copropriétaires
15:30ou quelque chose du genre,
15:35comme une John Venture,
15:36avec 8 pays
15:38qui partagent les détails
15:40de ce système,
15:51nous aurons les lignes de production
15:54dans tous ces pays.
15:56Ce sera 5 ou 7 fois plus rapide.
15:59Aujourd'hui,
16:00si on veut reconstituer nos stocks,
16:01la question de la production,
16:02c'est fondamental.
16:04Nous voulons produire quelque chose
16:06et nous voulons des licences
16:07pour les SAMPT.
16:10On a des centaines de sites de production.
16:12On veut des licences
16:14pour des missiles SOL-R.
16:16Emmanuel me soutient là-dessus.
16:18Il y aura, je l'espère,
16:20une coproduction franco-ukrainienne.
16:23Et puis, il y a la licence
16:25des missiles patriotes,
16:27comme l'a dit le président Trump.
16:31Nous devons aller
16:32dans différentes directions.
16:34Si nous voulons une Europe en sécurité
16:36avec un bouclier aérien
16:38très solide,
16:40pas juste pour quelqu'un,
16:42mais pour tout le monde,
16:44eh bien, il faudra
16:45que quelqu'un paye,
16:47que quelqu'un produise,
16:49que quelqu'un vende.
16:51et c'est bien comme ça.
16:53J'espère qu'on aura du succès.
17:01Nous commençons la seconde partie
17:02de l'interview dans le jardin
17:04parce que nous devions passer
17:05par un escalier un petit peu abrupt
17:06et personne ne voulait vraiment
17:08se casser la jambe.
17:10C'est aussi notre rôle
17:12en tant que journaliste
17:13d'expliquer à l'opinion publique
17:15ce choix de la France
17:17de soutenir l'Ukraine
17:18parce qu'une guerre est en cours en mode.
17:23Vous savez, les gens oublient,
17:25vraiment.
17:27Je sais que le rôle
17:28de l'explication
17:29est très important.
17:31Ça vaut pour les gens
17:32du monde entier.
17:33Ils ont tous
17:34leurs questions intérieures.
17:36Et c'est pour ça
17:37que vous devez rappeler
17:39pourquoi il faut aider l'Ukraine.
17:41Parce que l'Ukraine
17:42est en train de défendre
17:44la sécurité en Europe.
17:46C'est pour ça
17:47que la guerre est loin
17:47de la France, par exemple,
17:49et elle le restera,
17:50j'en suis sûr,
17:51grâce à ce mur
17:52qu'on appelle Ukraine.
18:04Le général de Gaulle
18:06disait que l'histoire
18:07c'était la rencontre
18:08entre une volonté
18:10et un événement.
18:13L'événement vous a été
18:15imposé par la Russie.
18:16La volonté,
18:17c'est votre réaction
18:19le jour où Vladimir Poutine
18:20a décidé de lancer
18:21l'invasion totale
18:23de l'Ukraine.
18:24Les États-Unis
18:25vous avaient proposé
18:26de vous évacuer
18:27et vous avez refusé.
18:32Pourtant,
18:32rien ne vous avait préparé
18:34à la guerre.
18:35Vous étiez un artiste.
18:37Mais en refusant
18:38de fuir,
18:39en refusant
18:39de céder à la peur,
18:41vous avez prouvé
18:42que tout le monde
18:42était capable
18:43de résister.
18:47Alors d'abord,
18:48est-ce que ça a été
18:48difficile pour vous
18:49de prendre cette décision
18:50ou alors au contraire
18:51ça a été naturel
18:52et puis aujourd'hui,
18:54quatre ans et demi plus tard,
18:55alors que des soldats ukrainiens
18:57vont défiler
18:58sur les Champs-Elysées,
18:58quel effet ça vous fait
19:00et comment vous vivez
19:01ce moment ?
19:12C'est très difficile
19:15de faire le lien.
19:17Quand vous prenez
19:18des décisions,
19:21moi personnellement,
19:22je ne me suis pas dit
19:24maintenant je dois prendre
19:26une décision historique.
19:29non, bien sûr.
19:32Dans nos vies,
19:34comme nos parents
19:35nous l'ont appris,
19:35on doit savoir
19:37comment se comporter,
19:38comment vivre.
19:40C'est une question
19:41de caractère.
19:47ce n'est pas la vie ordinaire,
19:49bien sûr,
19:50puisque c'est la guerre.
19:52Mais dans les situations
19:53difficiles,
19:54vous devez être
19:55vous-même,
19:57sans penser à vous-même.
20:00C'est une chose importante.
20:02Vous devez faire
20:03ce que vous avez à faire.
20:07donc ce que j'ai fait,
20:09ce n'est pas une chose
20:09héroïque,
20:11contrairement aux soldats
20:11qui sont allés
20:12sur la ligne de front
20:13en sachant
20:14qu'ils pouvaient mourir.
20:20Et ils le font encore.
20:23Ce sont des gens héroïques,
20:25absolument.
20:27Et je crois que je suis
20:29une personne responsable.
20:35Je devais rester
20:36parce que je suis le président.
20:38C'est mon boulot.
20:40Et je dois le faire
20:41parce que c'est ma responsabilité.
20:44En accord avec la Constitution,
20:46en accord avec la loi
20:48et bien sûr,
20:50en accord avec mes émotions personnelles.
20:52J'aime mon pays.
20:56Ces braves sont allés
20:57sur la ligne de front
20:58parce que certains
21:00étaient soldats.
21:01Mais beaucoup n'étaient pas
21:03des soldats.
21:04Des ingénieurs,
21:06des enseignants,
21:07des médecins
21:08sont allés faire
21:09ce que leur pays
21:10leur demandait,
21:12se défendre.
21:13Et moi,
21:14je devais défendre ma place.
21:15C'est très compréhensible,
21:17mais je crois
21:18qu'on n'a pas fait
21:19un mauvais travail
21:20parce que ce mardi,
21:23notre armée
21:24participera
21:24participera
21:24à votre défilé.
21:27C'est aujourd'hui
21:28l'une des plus fortes.
21:30Et nos forces armées,
21:31c'est le visage
21:32de notre pays.
21:34C'est un honneur
21:35pour moi.
21:43Oui, en fait,
21:44vous êtes totalement réorganisé.
21:45Vous avez gagné
21:46énormément en autonomie
21:47sur le plan militaire.
21:49Aujourd'hui,
21:49vous êtes capable
21:50de frapper profondément
21:52en Russie
21:52avec vos propres missiles.
21:54Est-ce que vous croyez
21:54qu'il existe une chance,
21:56finalement,
21:56une opportunité
21:57d'obtenir
21:58à défaut de la paix
21:59un cessez-le-feu ?
22:03Oui, on en a besoin.
22:08On a besoin de la fin de la guerre.
22:11La première étape,
22:12oui, ça peut être
22:13la fin totale de la guerre.
22:14J'espère que ça peut arriver.
22:16On travaille là-dessus.
22:17Mais la première étape,
22:18c'est un cessez-le-feu.
22:20Et ça, ça peut arriver.
22:25Mais c'est très difficile
22:26parce qu'il y a
22:27beaucoup de partis.
22:28Il y a deux partis,
22:29la Russie
22:31contre l'Ukraine.
22:35Mais il y a aussi
22:37de nombreux représentants
22:38qui nous soutiennent
22:39ou qui font la médiation
22:41ou qui sont contre nous.
22:44Et la difficulté principale
22:46est que ces deux partis,
22:49comment dire,
22:50on n'a pas d'unité.
22:53On a des vues différentes
22:54sur la vie.
22:57Mais on a une vue unique
22:59sur un point.
23:02On a besoin
23:03d'un cessez-le-feu.
23:05On a besoin
23:06de finir cette guerre.
23:08Il y a une partie,
23:09la Russie,
23:10qui n'en veut pas.
23:11Ils le montrent
23:12juste par des mots.
23:14Mais un cessez-le-feu,
23:15ce ne sont pas
23:16juste des mots.
23:17C'est une étape
23:17très spécifique.
23:19On doit le sauver.
23:20Tenir ce cessez-le-feu,
23:21c'est très difficile.
23:23On voit ce qui se passe
23:24en Iran, etc.
23:26Ce n'est pas...
23:27C'est formidable
23:28d'obtenir un cessez-le-feu,
23:30mais c'est votre mission
23:31historique.
23:33Une fois que vous avez
23:34obtenu un cessez-le-feu,
23:36vous devez le tenir
23:37et ensuite
23:38le transformer,
23:40en tout cas,
23:40je l'espère,
23:41en une fin de guerre.
23:44Et là,
23:45vous avez une paix
23:45réelle,
23:46une paix forte,
23:48construite avec
23:49des garanties
23:49de sécurité,
23:50etc.
23:52Mais pour sauver
23:53la vie des gens,
23:54première étape,
23:55cessez-le-feu.
23:56On a besoin
23:57des deux parties.
23:58Alors bien sûr,
23:59Poutine est un menteur
24:00lorsqu'il parle
24:01des jours anciens,
24:02de cette guerre
24:03et d'à peu près
24:03tout ce qui concerne
24:04le cessez-le-feu,
24:05parce qu'il a besoin
24:06d'une victoire.
24:13Pour lui,
24:14la victoire,
24:14c'est bien sûr
24:15l'occupation
24:16de l'Ukraine,
24:20mais il a compris
24:21qu'il ne pouvait pas.
24:23Je pense qu'il a déjà
24:23estimé qu'il ne le pouvait pas.
24:28En ce moment,
24:29en tout cas.
24:33Le second point,
24:34s'il n'occupe pas
24:35l'Ukraine,
24:36quel objectif
24:37peut-il vendre
24:38à sa société,
24:40qu'il a d'ailleurs
24:41lui-même contribué
24:42à radicaliser,
24:44à travers les médias,
24:46qui sont sous son contrôle total.
24:52Ses objectifs ?
24:55En premier,
24:56le Donbass,
24:57occuper le Donbass.
24:58Et maintenant,
24:59son entourage militaire
25:00lui dit qu'il peut le faire
25:02et tout son entourage
25:04personnel
25:04lui dit qu'il lui faudra
25:07bon,
25:07personne ne sait
25:08combien de temps.
25:09Oui,
25:13la mobilisation.
25:15Des millions de gens.
25:19Des millions de Russes
25:21tués si ça prend
25:22trop de temps.
25:23C'est ce qu'il estime.
25:27Donc,
25:28quelle victoire
25:28peut-il donner
25:29à sa société ?
25:31Et à partir de là,
25:33il va devenir
25:33très dangereux.
25:34Et pas seulement pour nous.
25:36Il peut y avoir
25:36une escalade.
25:38Et jusqu'où peut aller
25:39cette escalade ?
25:40Ça peut être une guerre
25:42dans une autre direction.
25:46Il va dire
25:47« On va remplir
25:47tous nos objectifs,
25:48on va occuper,
25:49mais geler la ligne de front
25:51parce qu'on a
25:51d'autres objectifs. »
25:54Et il va tenter
25:56d'occuper un autre endroit,
25:57d'autres personnes
25:58et tuer à nouveau,
26:00tuer des gens.
26:04Contrôler l'OTAN
26:05ou pas,
26:05c'est pas le sujet.
26:06Il s'agit d'impliquer
26:07plus de pays
26:08dans la guerre.
26:09C'est quelque chose
26:10qu'il peut faire.
26:18Et c'est pour ça
26:19qu'on doit obtenir
26:20ce cessez-le-feu
26:20en premier lieu.
26:23C'est plus important
26:25d'avoir le cessez-le-feu
26:26comme première étape.
26:33Nous pouvons nous asseoir
26:36pour discuter
26:36de cette possibilité.
26:38Il peut l'offrir
26:39à sa nation.
26:42On voudrait s'asseoir
26:43ensemble
26:43ou on ne le voudrait pas.
26:45On ne s'aime pas.
26:47Nous sommes des gens
26:47différents,
26:50des parties différentes.
26:51Ils sont des ennemis
26:52pour nous.
26:53Nous sommes des ennemis
26:54pour eux.
26:54On comprend tout cela.
26:56Ce sont eux
26:57qui ont commencé.
26:58Ils ne veulent pas
26:58reconnaître qu'ils ont commencé,
26:59mais ça n'a pas d'importance.
27:02S'il veut donner
27:03une chance au monde
27:04et avance à sa nation,
27:05à toutes ses familles
27:06qui ont perdu leurs soldats,
27:08leurs fils,
27:08leurs filles,
27:09etc.
27:10Énormément de monde.
27:14Je vous l'ai dit,
27:15depuis le début de l'année,
27:16150 000 morts.
27:19Les Russes.
27:21C'est à eux de voir.
27:22C'est à lui de penser
27:23à tous ces gens.
27:24Ce n'est pas à moi.
27:29quand vous allez voir défiler
27:31vos soldats sur les Champs-Elysées,
27:32vous serez assis
27:33à côté du président Macron.
27:35Qu'est-ce que vous attendez
27:36de lui ?
27:37Comment est-ce que la France
27:39peut vous aider ?
27:40Quelle est la chose
27:40la plus importante
27:41que la France puisse faire
27:42pour l'Ukraine ?
27:45Parfois,
27:46parfois,
27:47j'espère ne pas perdre
27:49ce que nous avons.
27:50C'est très important,
27:52ce qu'on a construit.
27:54Bon, d'abord,
27:55cette relation est basée
27:56sur deux peuples.
27:57Qu'est-ce que ça veut dire ?
27:59C'est partager des valeurs.
28:02Oui, nous voulons entrer
28:03dans l'Union européenne.
28:04Nous pensons que nous pouvons
28:05être avec la France.
28:06Nous sentons que nous pouvons
28:08être de très bons amis.
28:10Comme des voisins,
28:11même s'ils ne sont pas voisins.
28:16C'est vrai que la France
28:18a été souvent la première
28:19à ouvrir la voie
28:20pour fournir à l'Ukraine
28:21des moyens
28:22que d'autres hésitaient
28:23à lui donner.
28:25Je vais parler d'émotions.
28:27J'ai une très bonne relation
28:28personnelle avec Emmanuel.
28:29Ça, c'est le point numéro un.
28:33Parce que le président d'un État
28:35envoie chaque jour
28:36des messages à son pays,
28:43à sa nation.
28:46Et du coup,
28:47la nation soutient l'Ukraine.
28:50Et l'Ukraine est reconnaissante
28:52envers la nation
28:52et son leader.
28:57Alors, pourquoi ces émotions ?
28:59Pourquoi une relation
29:00aussi forte ?
29:02Grâce à notre attitude
29:04personnelle ?
29:05Grâce au respect ?
29:07Grâce à l'aide ?
29:08Oui, les missiles Scalp,
29:10les chars légers.
29:12Pas les chars lourds,
29:13mais bon.
29:14Mais aussi des missiles
29:15qui sont très importants
29:16pour nous
29:17et plein de choses en plus.
29:23Les décisions de l'Union Européenne,
29:25le soutien financier,
29:27etc.
29:30Parfois, il fallait l'unanimité.
29:35Et là, sous le leadership
29:37de son président,
29:38la France a joué
29:38un grand rôle
29:39dans ce dialogue.
29:4619 milliards !
29:47C'est une décision
29:48de l'Union Européenne.
29:50Mais ce que je comprends,
29:51c'est que la France
29:52et certains autres leaders
29:54ont beaucoup plaidé
29:55pour notre cause.
29:58Ils ont poussé
29:58pour plus de soutien
29:59à l'Ukraine.
30:06Pendant la première année
30:08de la guerre,
30:08qui est venu en Ukraine ?
30:10Les leaders sont venus,
30:11le président français,
30:13le premier ministre italien.
30:14Vous vous souvenez ?
30:16La Roumanie,
30:17la Grande-Bretagne,
30:19le chancelier allemand.
30:20Ils sont venus.
30:24Alors bien sûr,
30:25l'Union Européenne
30:26nous a aidés.
30:27C'était très important.
30:28Nous sommes très reconnaissants
30:29pour ça.
30:35et les Français le comprennent.
30:39Alors évidemment,
30:40il y a de nombreuses voix
30:41différentes en France
30:42et quand on parle
30:44de ce dont on a besoin,
30:45vous êtes évidemment
30:46en démocratie.
30:47Mais nous ne voulons pas
30:48perdre ce qui a été construit.
30:52Ça inclut les missiles
30:54SMPT.
30:55Manuel sait que nous avons
30:57besoin de ces missiles
30:58intercepteurs.
30:58cinq fois,
30:59on a besoin de ça.
31:00On a besoin de ça.
31:01On a besoin de ça.
31:01Emmanuel n'oublie pas.
31:04En tout cas,
31:04il faut sauver ce que nous avons construit
31:06et il faut continuer.
31:08On va tout faire pour obtenir
31:10un cessez-le-feu de cette année.
31:13Et sinon,
31:14nous continuerons.
31:16Nous savons que vous avez des élections,
31:19vous allez avoir
31:19un nouveau leader.
31:24Et c'est pour ça que je dis
31:25que chaque leader,
31:26et c'est une bonne chose,
31:28chaque leader a sa propre vision.
31:31Mais c'est très important
31:32de ne pas détruire
31:33ce qui a été construit.
31:35C'est ce que je voulais dire.
31:36C'est ce que je voulais dire.
31:37C'est ce que je voulais dire.
31:37Let's make that wish.
31:39Thank you, Mr. President.
31:40Thank you so much.
31:40Thank you very much.
31:41Thank you very much for coming.
31:43Thank you very much.
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