- il y a 5 jours
Cette semaine, Moselle Tour pose ses caméras dans le Pays de Sarrebourg. Au programme de ce premier épisode, la découverte ou redécouverte du plus gros vitrail de l'artiste Chagall : La Paix, installé sur l'intégralité d'un mur de la Chapelle des Cordeliers à Sarrebourg. Une oeuvre qui fête cette année, ses 50 ans d'existence !
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:01Regardez Moselle Tour avec le parc animalier de Sainte-Croix.
00:09Découvrez le meilleur de la Moselle avec la communauté de communes de Sarrebourg-Moselle Sud.
00:16Ah, vous êtes là. Je vous attendais justement pour redémarrer cette nouvelle semaine.
00:20Qui dit nouvelle semaine, dit nouveau territoire.
00:23Et cette fois-ci, nous allons sillonner le pays de Sarrebourg-Moselle Sud.
00:27Première étape, nous allons voir un vitrail emblématique qui fête ses 50 ans cette année.
01:00...
01:12Bonjour Benjamin. Bonjour.
01:14Merci beaucoup de nous accueillir dans ce si bel endroit.
01:17On a toujours plaisir à revenir pour observer cette œuvre derrière.
01:21Le vitrail de Chagall, le plus imposant qu'il ait fait de mémoire.
01:26Est-ce que vous pouvez déjà revenir un petit peu en arrière pour nous Benjamin ?
01:30Et nous expliquer comment ce vitrail est arrivé ici ?
01:33Alors l'histoire est à la fois simple et en même temps compliquée.
01:36Parce qu'on a les parties, j'allais dire, administratives, les commandes,
01:39les échanges de courriers qui expliquent un petit peu pourquoi Chagall vient ici.
01:42Mais on n'a pas l'humain.
01:43C'est-à-dire qu'on n'a pas les témoignages.
01:44On ne sait pas exactement comment l'articulation entre Pierre Mesmer,
01:49maire de Sarrebourg et premier mitre à cette époque-là.
01:51Donc là, on est en 1973.
01:54On ne sait pas exactement quelle est leur relation,
01:57si par exemple Malraux intervient ou pas.
01:59On sait juste que Chagall est proposé par l'architecte des monuments historiques Renard
02:03qui a déjà travaillé avec Chagall sur les vitraux de la cathédrale de Metz.
02:07Donc au moment où il y a des travaux importants
02:10et le questionnement sur l'avenir de la chapelle des Cordeliers à Sarrebourg,
02:14cet architecte des monuments historiques propose donc que Chagall intervienne
02:17pour créer cette œuvre assez singulière
02:20qui n'est pas simplement un vitrail inséré dans un mur.
02:24Il prend tout le mur.
02:25Ce qui donne cette allure un peu étrange
02:28et il écrase la chapelle.
02:31C'est-à-dire qu'en fait, il devient le tableau accroché dans la chapelle
02:34avec une chapelle qui s'efface derrière lui.
02:37Il fallait combler de toute façon ce trou-là ?
02:40Il fallait combler puisqu'effectivement tout le reste avait été détruit.
02:44La partie nef et les parties d'ancien couvent derrière
02:48qui étaient devenues entre-temps une caserne militaire.
02:51Mais l'idée, c'était vraiment d'avoir une création unique.
02:54Donc on aurait pu le combler par exemple avec un mur et puis des vitraux posés un petit peu dans
02:59tous les sens,
02:59comme on l'a à certains endroits.
03:02Mais Chagall lui a souhaité un vitrail plein sur l'ensemble en fait de l'ouverture,
03:07ce qui donne cette dimension assez énorme et assez unique,
03:11avec en plus derrière d'autres vitraux qui ont été réalisés par Chagall,
03:14ceux-là, qui eux s'effacent pour laisser vraiment l'idée de l'œuvre unique qui est derrière.
03:19Je vous propose qu'on aille regarder un petit peu plus les détails
03:21parce qu'il y a pas mal de petites choses cachées pour le coup.
03:24Exactement.
03:26Alors l'idée du vitrail ici, c'est d'avoir une vision globale qu'on a de loin
03:31et en même temps toute une série de détails qu'on a de près.
03:35Par exemple, là l'entrée dans Jérusalem, en haut la crucifixion,
03:40la scène d'Adam et Ève avec le serpent, là la prophétie d'Isaïdi.
03:44En fait, toutes ces scènes sont des scènes qu'il a déjà réalisées,
03:47qu'il a déjà peintes la plupart du temps ou dessinées et qu'il a mélangées
03:52avec cet esprit central, ce bouquet rouge et très coloré au centre,
03:58racontant le paradis Adam et Ève.
04:00Mais à la demande de Pierre Mesmer, il a rajouté en partie basse
04:05Sarbourg et la représentation de Sarbourg qu'on reconnaît par la chapelle des Cordeliers,
04:09par le monument aux morts et par trois serres qui ont été représentées là sur la partie verte.
04:16On les découvre et bleues au milieu.
04:18Ces trois serres sont les symboles de Sarbourg.
04:20Pensez-vous que les habitants à l'époque avaient conscience que ce vitrail allait devenir un véritable emblème
04:25et un chef-d'œuvre comme on l'entend aujourd'hui en tout cas ?
04:29Alors conscience sans doute, parce que quand même Pierre Mesmer avait fait des choses en grand.
04:34Il avait associé évidemment le conseil municipal, Chagall avait préparé des maquettes
04:40qui avaient été présentées au conseil municipal.
04:43Pierre Mesmer, dans la plupart de ses écrits avec Chagall
04:48ou avec surtout l'architecte des monuments historiques, disait à chaque fois
04:51« Les Sarbourgeois seraient contents d'avoir les trois serres présentées ».
04:56Donc on sent que c'est une volonté de Pierre Mesmer d'associer la ville.
05:00C'est un symbole de fierté et lui le sait tout de suite.
05:03Il a cette sensibilité-là, il est premier ministre, il est au contact de Balraux depuis des années.
05:07C'est quelqu'un qui est ouvert à l'art contemporain, qui est ouvert à ce genre d'artiste.
05:11Chagall, à ce moment-là, est déjà une personne mondialement connue.
05:15Il est à la fin de sa vie, Chagall, il est déjà très âgé.
05:18Et c'est vrai que c'est un cadeau inouï pour la ville de Sarbour,
05:23qui est sans doute lié au positionnement de Pierre Mesmer comme premier ministre.
05:26C'est incontestable.
05:27C'était en 1976 qu'il a été finalisé, c'est bien ça ?
05:30C'était entre 1973 et 1976, 1973 au moment où l'idée commence à vraiment se figer,
05:34les premières décisions, le montage budgétaire et après aussi toute la partie dessin, la partie technique,
05:41puisque Chagall va évidemment le dessiner, le préparer,
05:45mais il sera réalisé avec une technique très spécifique par les ateliers marque à Reims.
05:49Ça prendra évidemment un certain temps et le paradoxe, c'est que finalement en 1976,
05:54le vitrail est installé, mais Chagall ne le verra jamais installé, il n'est jamais venu à Sarbour.
06:00Mais beaucoup d'autres personnes sont venues depuis son installation, des locaux, mais aussi des touristes.
06:05Qu'est-ce qui plaît finalement ? Pourquoi on vient dans cette chapelle ?
06:10Alors je vous répondrais presque que je ne sais pas, parce que c'est propre à chacun.
06:15Vous arrivez ici, vous avez une émotion qui vous étreint tout de suite.
06:18Vous pouvez avoir toutes les explications que vous voulez sur les scènes, tout ça.
06:22La réalité, c'est que ça crée chez vous une émotion très forte, qui va varier selon la période, le
06:27mois, la journée,
06:28qui va varier aussi selon votre état d'esprit.
06:31La thématique de la paix, qui est une thématique universelle, est ici traitée par une multitude de scènes,
06:37qui sont des scènes qui parlent à beaucoup de gens.
06:39On a évidemment un mélange, un mélange de religion, mais aussi du profane, la partie sarbo en étude évidence.
06:45Et même lorsqu'on regarde tout en haut, on a un personnage un peu étrange dans ce monde, ce qu
06:50'elle fait là,
06:51qui est une personne avec une capuche tout en haut. On dit que c'est le symbole de la Lorraine.
06:55Donc c'est vrai que chacun y retrouve un peu des éléments, mais c'est son identité, mais c'est
07:00surtout que ça crée une émotion.
07:02L'objectif, c'est de créer une émotion. Ce n'est pas forcément d'avoir des explications.
07:06J'allais vous demander, est-ce qu'il y a un moment parfait pour venir observer ce vitrail ?
07:11Évidemment, je préfère en soirée. La lumière prend une teinte un petit peu différente.
07:17Quand le soleil tape vraiment, vous avez toute une gamme de couleurs extrêmement importante.
07:26Mais quand c'est plus sombre, vous avez la chapelle qui s'assombrit aussi.
07:29Vous avez la couleur qui ressort un petit peu plus.
07:32Mais il faut bien comprendre que dans l'idée de la couleur, qui est très forte dans l'œuvre de
07:36Chagall,
07:37et très forte ici, on voit bien les bleus qui sont traités différemment.
07:41Ça, c'est une technique très spécifique à Chagall et aux ateliers Marc.
07:44On voit que les bleus ne sont pas uniformes.
07:46Par exemple, dans beaucoup de vitraux médiévaux, c'est une seule couleur qui va être découpée.
07:52Ici, on voit que les bleus ont varié au fur et à mesure.
07:55Ça, c'est un traitement très spécifique à l'acide qui donne des teintes complètement différentes
08:00selon l'endroit où on se positionne, selon la lumière.
08:04Donc, c'est une découverte quasi permanente.
08:06Vous avez donné son nom à plusieurs reprises, La Paix.
08:10On en parlait en off, hors caméra.
08:12Les noms ont un peu changé au fur et à mesure. Expliquez-nous.
08:15Alors, l'explication, je n'en ai pas.
08:17Mais c'est vrai que l'histoire est un peu étrange.
08:20Parce que tout au début, en 1973, on parle d'un projet qui s'appellerait La France.
08:25Ensuite, ça évolue vers quelque chose qui s'appellerait plutôt Adam et Ève.
08:28Ensuite, le paradis.
08:29Là, on comprend aisément pourquoi.
08:30Et au final, on a appelé cette thématique La Paix.
08:35Pourquoi ou comment ? J'avoue que je ne sais pas.
08:37Chagall avait déjà réalisé plusieurs vitraux.
08:40Il va en réaliser d'autres. Il va réaliser les vitraux pour l'ONU à New York.
08:44Là, en fait, c'est vraiment un conglomérat de différentes scènes qu'il a déjà réalisées,
08:51dont, effectivement, le cœur, ça reste la paix et l'idée d'une universalité qui s'installerait comme une évidence.
08:59Universalité avec différentes religions.
09:01Ne disons pas qu'il était de religion juive et que là, on est dans une chapelle catholique.
09:06Donc, c'est vrai qu'il y a cette idée de Chagall que la paix doit être universelle.
09:12Donc, il a créé une forme d'universalisme en rappelant des scènes religieuses, évidemment,
09:16des scènes profanes et des scènes qui regroupent aussi plusieurs religions.
09:20Ce vitrail a donc 50 ans cette année.
09:24C'est peut-être l'occasion, cet été, de venir découvrir tout le parcours qui est proposé,
09:29parcours Chagall, mais aussi d'autres animations.
09:32Racontez-nous un peu ce qui se passe.
09:34Alors, toute la ville s'est mise au diapason des 50 ans du vitrail.
09:37Donc, on a des animations un petit peu partout, des concerts organisés par le Conservatoire de Musique.
09:41On a des expositions qui sont réalisées ici.
09:43Il y a une interprétation contemporaine du vitrail.
09:46Tout au long de l'année, il y a des événements qui sont réalisés,
09:48qui sont visibles sur notre site internet de la mairie de Sarbo.
09:52L'idée, c'était de faire de ce vitrail un sujet commun,
09:56non seulement culturel, mais comme identitaire aussi à la ville de Sarbo.
10:01Nous, on travaille beaucoup au musée sur l'appropriation par les enfants.
10:04On a une exposition qui a été réalisée dans le cadre de la classe l'œuvre.
10:07Donc, il y a un dispositif autour de l'appropriation de l'art par les enfants.
10:11Il y a plusieurs groupes scolaires de tout l'arrondissement de Sarbo qui sont associés à ce projet.
10:17Donc, c'est quelque chose qui vit toute l'année pour les 50 ans du vitrail,
10:21mais qui existe, j'allais dire, naturellement tout le temps.
10:24Le vitrail a une capacité, une force d'attraction, d'attractivité,
10:27qui est bien plus forte que simplement les 50 ans.
10:30Et vous avez des partenariats autres qu'avec le musée et la chapelle.
10:36Vous parlez de concerts.
10:37Est-ce qu'il y a d'autres entités sur Sarbo et environ qui proposent des choses ?
10:40Alors, il y a le CRIS, il y a le Conservatoire de Musique,
10:45il y a la Bibliothèque évidemment qui travaille dessus.
10:47Il y a toute une programmation faite par des associations.
10:52Nous, on est très en lien aussi avec évidemment les héritiers de Marc Chagall.
10:57Donc, le comité Chagall qui est venu il y a quelques semaines
11:00pour justement réaliser les inventaires de tous les vitraux créés par Chagall.
11:05Il y en a beaucoup.
11:06Et le plus important et le plus spectaculaire étant celui-ci.
11:10Mais c'est vrai qu'on a tout un maillage qui s'organise,
11:13mais depuis très longtemps puisque le vitrail est vraiment l'identité de la ville.
11:16Pourquoi c'est un lieu absolument observé une fois dans sa vie,
11:20qu'on soit touriste, Mosellan ou dans le Grand Est ou même ailleurs ?
11:25D'abord, on a un nom, on a Chagall.
11:27Chagall, c'est un des grands artistes universels.
11:30On connaît Picasso ou Matisse par exemple.
11:35Comme Picasso et Matisse, Chagall est quelqu'un qui touche à tout,
11:37qui va faire de la céramique, de la peinture, du dessin, de l'aquarelle et du vitrail.
11:43Donc, on a déjà un artiste mondialement connu.
11:45Et on a une œuvre qui est intégrée dans un monument.
11:48Le monument devient presque le cadre d'un tableau qu'on a posé là.
11:52Et après, on est dans une période difficile,
11:54c'est peu de le dire, un peu de paix, un peu de sérénité,
11:58un peu le temps de se poser, de réfléchir à certaines choses,
12:01de regarder simplement quelque chose qui est beau,
12:03avec un message qu'on comprend ou qu'on ne comprend pas,
12:06mais à la rigueur, ce n'est pas important.
12:07L'important, c'est de se retrouver un peu avec de la sérénité.
12:10Donc, si les gens ont besoin, à un moment donné, de se dire,
12:12je vais à un endroit où je peux observer simplement quelque chose de beau,
12:15qui est une coupure par rapport à ce qui se passe autour,
12:18je pense que le vitrail de Chagall est le lieu qui est vraiment fait pour ça.
12:24Prendre le temps, finalement, tout simplement.
12:26Merci beaucoup, Benjamin, pour cet entretien avec le cœur.
12:29On sent que vous êtes passionné par cette histoire. Merci beaucoup.
12:37Vous n'avez pas menti, ça vaut le détour.
12:39Vous savez quoi faire donc cet été et même jusqu'à cet automne
12:42pour découvrir le vitrail de Chagall, mais également son parcours, son histoire.
12:47Bien évidemment, beaucoup d'autres animations vous attendent au Pays de Sarbourg,
12:52à un certain festival autour de l'eau, par exemple.
12:54Je ne vous en dis pas plus, je vous dis à demain pour le découvrir.
13:01Ces trois serres sont les symboles de Sarbourg.
13:04Ça, c'est une demande...
13:07La musique !
13:09Vous m'excusez deux secondes ? C'est très important.
13:12C'était Objectif Moselle avec la communauté de communes de Sarbourg-Moselle Sud.
13:20Regardez Moselle Tour avec le parc animalier de Sainte-Croix.
13:25C'est parti !
13:25C'est parti !
13:26Et c'est parti !
13:27C'est parti !
Commentaires