00:00Cette équipe lui fait penser fortement à celle de 98, équipe de 2026.
00:03D'accord, pas d'accord, on va en débattre.
00:05D'abord, on l'écoute.
00:05Yuri Djarkev.
00:06Ce qui nous ressemble en 98, 2026, ce qui nous ressemble, c'est le collectif.
00:10Il est scellé à la DNA des Bleus.
00:13Il n'y a pas de truc générationnel.
00:15Pour moi, il n'y a pas de générationnel.
00:16Quand tu joues en Bleu, tu peux avoir 40 ans, tu peux avoir 20 ans, tu joues en Bleu.
00:20Tu as ce feeling d'appartenir à quelque chose qui est unique.
00:23Et je pense que depuis 1958 jusqu'à 2026, il y a eu des grandes équipes de France
00:29et il y a eu des équipes de France qui ont marqué.
00:32Et celle de Dominatis, j'allais en train de mettre son nom prête pour les Bleus.
00:38Voilà, Yuri Djarkev.
00:39Le point commun pour lui, c'est le collectif fort.
00:42C'est un collectif scellé, comme il l'a dit.
00:45Ça, on est d'accord déjà là-dessus.
00:46Ce qu'on a vu contre le Paraguay notamment, prouve que cette équipe-là est en mission collective.
00:51Il n'y a pas de friture.
00:52C'est un bloc unique.
00:53Oui, totalement.
00:54Je suis d'accord.
00:55Après, on parle quand même de M. Yuri Djarkev.
00:58Il ne va pas venir ici pour dire n'importe quoi ou pour amuser la galerie.
01:02Non, il sait ce qu'il dit.
01:04Après, moi, je suis pour laisser l'équipe de France 2026 être l'équipe de France 2026.
01:10Et ne pas être les héritiers d'eux ou les fils d'eux ou être comme eux ou égal à.
01:16Je ne sais pas si...
01:17C'est clair, mais c'est vrai que j'ai un débat à faire quand même là-dessus.
01:20Donc là, tu viens de me tuer mon débat.
01:21Non, je ne tue pas le débat.
01:23Juste je donne mon avis.
01:23Moi, je pense que cette équipe-là, elle arrive avec sa manière de jouer.
01:28Elle a un background.
01:30Beaucoup de joueurs qui sont issus de cette équipe ont perdu la finale de 2022.
01:35Donc, ils sont en mission.
01:36Ils sont en mode revanche.
01:38En mode peut-être même braquage.
01:41Et je pense que ce n'est pas le même contexte que 1998.
01:44Mais peut-être qu'il a raison dans la solidité des liens, dans le collectif, comment il vit.
01:51Il voit ça comme 1998.
01:52Bon, comme je disais, c'est M. Yuri Durkhaev.
01:54Moi, je ne vais pas le contredire.
01:55C'est des gens que je ne mange pas.
01:56Tu as le droit de le contredire.
01:57Attends, je donne la parole dans un instant.
01:58On peut aller sur le jeu également.
02:00Laquelle vous donne le plus de plaisir ?
02:02Je crois que la réponse, elle est assez partagée.
02:04On a longtemps, comment dire, magnifié France 98.
02:08Et avec du recul, ce n'était pas très beau.
02:11On a gagné moche en 98.
02:13Flo, qu'est-ce que tu en penses, toi, qu'il a couvert cette Coupe du Monde ?
02:15C'est ta génération, Flo.
02:16Il avait trois ans, Max Shannon.
02:18Elle fait un rétragment 40.
02:19Je rappelle que la première fois que j'ai mis les pieds à New York,
02:22Max Shannon n'était qu'un concept dans le cerveau de ses parents.
02:26Il est méchant, le monsieur.
02:28Il est très méchant.
02:29C'est parce qu'il est où ?
02:30Il sait qu'il peut arriver.
02:32Je ne suis pas à part.
02:33Vas-y, Flo, parle-nous de 98, quand tu avais quoi ?
02:3540, 42 ans.
02:37Non, le 98, c'est ma première Coupe du Monde en tant que journaliste.
02:40Mais en fait, c'est vrai que c'était moche.
02:43Et surtout, ce n'est pas du tout le même contexte,
02:45dans le sens où avant la Coupe du Monde, déjà,
02:46tout le monde tombait à juste titre sur le jeu des Bleus,
02:50qui était catastrophique.
02:51C'est-à-dire qu'on était dans un truc, c'était chiant, c'était moche,
02:54et ils n'avaient pas eu besoin de se qualifier.
02:55Donc, il n'y avait même pas de match de qualif.
02:56Ensuite, sur la Coupe du Monde, en gros, il n'y a pas eu de grande envolée,
03:00sauf contre le Brésil en finale.
03:03Il ne s'est pas passé grand-chose.
03:04C'est Uram, tu sais, qui marque les deux buts en demi.
03:05Il n'y a pas, effectivement, offensivement, il n'y a pas grand-chose.
03:08Il y a l'idée d'un groupe.
03:09Donc, ce que dit Jurkaef est parfaitement juste.
03:11C'est-à-dire qu'on retrouve la filiation Jacquet-Deschamps
03:14sur la constitution du groupe
03:16et le fait d'arriver à avoir cette efficacité sur le groupe.
03:19Mais la grosse différence, c'est que moi, cette équipe,
03:23elle me fait plus penser, je parle en termes de hype,
03:25je me mets vraiment en tant qu'observateur,
03:26et je l'ai été dans tous les cas, à l'Euro 2000.
03:29C'est une équipe qui me fait plus penser en termes de jeu
03:32à celle que j'ai vue pendant l'Euro 2000
03:34que celle que j'ai vue pendant la Coupe du Monde 98.
03:37C'est-à-dire qu'ils ont l'ADN groupe de 98
03:40et le talent de 2000, enfin en partie,
03:43parce qu'à la différence, et je le dis encore,
03:45des latéraux qui, effectivement, ont toujours été une force
03:48à ce moment-là en équipe de France
03:49et qui, à mon avis, ne le sont plus en ce moment.
03:51Tu vois, moi, cette équipe de France 98,
03:53elle me ferait peut-être plus penser à l'équipe de France 2018.
03:56Alors déjà, je vais m'expliquer pourquoi.
03:58Déjà, pour la simple et bonne raison que tu gagnes la Coupe du Monde
04:00avec un numéro 9, Stéphane Guivarch et Olivier Giroud
04:03qui ne marquent pas un but, un peu dans le même profil.
04:05On a une défense centrale, Varane, Samuel M. Titi
04:08qui ressemble un petit peu à du Laurent Blanc de Saïs,
04:10c'est-à-dire avec un relanceur.
04:12Tu as deux arrières latéraux et je pense évidemment
04:14à l'Ignan Thuram qui avait été replacée en tant qu'arrière-droite.
04:16C'était plus ou moins la même chose avec un Benjamin Pavard.
04:19Donc c'est vrai que quand tu regardes un petit peu cette équipe 1998,
04:22si moi, je dois faire un lien, je ferai plutôt le parallèle
04:25avec celle qui a gagné en 2018.
04:26Et là, je te rejoins, Flo.
04:27Je n'y avais pas forcément pensé,
04:28mais maintenant que tu me parles de l'Euro 2000
04:30ou est-ce qu'entre-temps, il y a un Nicolas NLK
04:32qui avait été introduit, tu avais un Trezeguet
04:35et un Thierry Henry et un Silva Wiltor
04:38qui avait quand même pris un peu plus d'ampleur
04:40dans cette équipe de France.
04:41Là, je suis d'accord avec toi.
04:42Peut-être que la comparaison, ce n'est pas celle de 1998,
04:45la comparaison avec cette équipe de France 2026,
04:47c'est plus l'Euro 2000.
04:48Bravo, Flo.
04:48Tu vois comme quoi on peut être d'accord parfois.
04:51On est d'accord là-dessus, les gars.
04:53Mais vous, les esthètes du jeu,
04:55ceux qui aiment vibrer, voir du beau,
04:57on est d'accord, il n'y a pas de comparaison possible
05:00si on compare encore le 1998-2026.
05:02Non, mais ce qu'a voulu dire Yuri,
05:04parce que je faisais partie de cette très belle interview,
05:06d'ailleurs, merci de m'avoir intégré, Antoine,
05:07c'est une très belle expérience, un très beau souvenir
05:09face à Yuri Djorkev qui était l'un de mes idoles
05:11quand j'étais un peu plus jeune.
05:13Ça, c'est l'aparté fait.
05:14C'est vrai que dans le jeu,
05:15et en fait, on a fait le parallèle
05:16entre ce qui s'était passé
05:17entre Zinedine Zidane et Yuri Djorkev.
05:19C'est plus ou moins ce qui est en train de se passer
05:20entre un Kylian Mbappé et un Ousmane Dembélé,
05:23voire un Michael Olyse.
05:24Je pense que Mbappé et Dembélé
05:25s'attendent mieux que s'entendaient Djorkev, Zidane,
05:27malgré tout, quand même.
05:29Ils ont cohabité, Djorkev et Zidane.
05:31On va dire qu'ils ont cohabité,
05:32mais en termes de jeu, en termes de leadership,
05:34c'est-à-dire qu'à l'époque,
05:34il faut remettre dans le contexte,
05:36on en a parlé justement hier,
05:37Yuri Djorkev, au début de cette Coupe du monde 98,
05:39est le joueur numéro un.
05:41Et puis tu as l'émergence de Zinedine Zidane.
05:42C'est un peu ce qui s'est passé finalement
05:43avec un Kylian Mbappé
05:45qui a les clés de l'équipe de France
05:46depuis un certain temps.
05:47Puis tu as un Ousmane Dembélé
05:48qui arrive avec son ballon d'or,
05:49avec cette double Ligue des champions.
05:51Tu as un Michael Olyse qui arrive aussi.
05:52C'est l'émergence finalement de nouveaux profils
05:55qui fonctionnent pour l'équipe de France.
05:57Ça a été un peu le même cas en 98.
05:59Et là où Yuri a été très juste
06:00et très intelligent de nous raconter cette anecdote,
06:03c'est que finalement,
06:03Aimé Jacquet a eu l'intelligence de dire
06:04ce n'est pas l'un contre l'autre,
06:06c'est ensemble.
06:06Il les a convoqués à voile mondial.
06:09Les gars, vous avez les clés tous les deux.
06:10Il a dit que c'est le même terrain,
06:12vous êtes mes soleils.
06:13Ce que j'ai aimé dans l'extrait
06:14que tu as passé de Yuri Jurkaev,
06:17c'est là où j'aime sa culture foot et bleu.
06:20Il a remonté de 58 à nos jours.
06:23Et si tu regardes bien...
06:24La culture grâce à son père aussi,
06:25l'équipe de France.
06:26Je pense qu'il y a à penser
06:26quand il a parlé de 58
06:28parce que même si son père n'y était pas,
06:29il a après, plus tard,
06:30joué en équipe de France évidemment.
06:32Mais ce qui est intéressant,
06:33c'est qu'il y a eu une tradition
06:34des doubles dix.
06:35Tu sais, du double meneur en équipe de France.
06:37Y compris dans le carré magique d'Hidalgo.
06:39Donc ce double meneur,
06:40on l'a retrouvé en 98.
06:41C'est-à-dire que Jacquet,
06:42avec les armes dont il disposait,
06:44c'est-à-dire une faible attaque,
06:45il a constitué un bloc très fort,
06:47c'est sûr.
06:48Ça, c'est un ADN qu'on a retrouvé
06:51et qu'on retrouve encore chez Deschamps.
06:53Mais il a constitué un milieu de talent
06:55avec un double meneur.
06:56Et bien, quelque part, aujourd'hui,
06:58évidemment, ça n'est pas le même foot.
06:59Mais là, pour rejoindre ce que tu disais, Nico,
07:01oui, cette équipe,
07:02elle est plus séduisante
07:02parce que le réservoir,
07:04il est bien supérieur
07:06à ce qu'on a pu connaître
07:07à nos époques.
07:07Présentement, offensif.
07:09Offensif.
07:09Et donc, quelque part,
07:10on n'est plus sur le même style de jeu.
07:12Mais on a aussi le double.
07:13Le double Mbappé-Olysée.
07:15Avec ses joueurs,
07:16tu sais, qui sont capables
07:17d'avoir l'affiliation.
07:18Aujourd'hui, pour moi,
07:19entre guillemets,
07:20le centre nevralique
07:21qui était Jorka F. Zizou,
07:23qui a été même, allez,
07:25Jires Platini, tu vois,
07:26dans les années 80,
07:27et bien, c'est Mbappé-Olysée.
07:29Sauf que c'est un petit peu plus
07:30porté vers le devant.
07:31Ça penche un petit peu plus
07:33vers le devant.
07:35Mais il faut voir aussi
07:36à quel point maintenant
07:37les milieux et les défenseurs,
07:38physiquement,
07:39couvrent énormément plus de terrain
07:40et mettent beaucoup plus d'intensité.
07:41à quel point.
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