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  • il y a 1 jour
À LA UNE / 2027 : une bataille politique... et judiciaire ?

Mardi 8 juillet 2026, avec la déclaration de candidature de Marine Le Pen, la campagne présidentielle de 2027 est officiellement lancée. Les électeurs se déplaceront pour le premier tour le 18 avril et une seconde fois le 2 mai pour choisir le neuvième président de la Vème République. Dans un paysage politique très fragmenté et une extrême droite plus haute que jamais dans les sondages, qui sera le successeur d'Emmanuel Macron à l'Élysée ? Les prétendants sont nombreux : en mai 2026, LCP comptabilisait déjà plus de 35 candidats déclarés ou supposés. « Il faut faire attention à ce qu'il n'y ait pas plus de candidats que d'électeurs », ironisait Sébastien Lecornu en juin. Il reste aux futurs candidats la tâche habituelle de réunir les 500 parrainages d'élus locaux pour pouvoir se présenter aux suffrages des Français. Quel est l'impact du procès de Marine Le Pen et de son pourvoi en cassation sur sa popularité ?

Invités :
- Patrice Duhamel, journaliste, éditorialiste politique et auteur de « Le crépuscule des dieux » (éditions de L'Observatoire),
- Brice Soccol, politologue, co-auteur de « L'écharpe et les tempêtes » (éditions de l'Aube),
- Christelle Craplet, directrice Opinion de l'institut de sondages Ipsos-BVA,
- Elsa Mondin-Gava, journaliste LCP.

Chronique :

« Quelle histoire !» : USA, Cuba tape du poing sur la table par Olivier Ravanello

LA QUESTION QUI FÂCHE / Incendies : feu la prévention ?

Mercredi 8 juillet 2026, près de 30 incendies ravagent la campagne française. Dans l'Aude, l'Hérault, les Pyrénées-Orientales, la Savoie et la Drôme, des milliers d'hectares partent en fumée. Mercredi matin, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a annoncé la mort d'un sapeur-pompier volontaire de 22 ans qui luttait contre l'incendie de forêt qui frappe la Savoie. Depuis mai, les vagues de chaleur se succèdent et assèchent la végétation partout sur le territoire. Les conditions sont réunies pour des départs de feu qui évoluent ensuite en « mégafeux » : des incendies qui progressent plus vite et sont plus complexes à maîtriser pour les pompiers. Pour prévenir de nouveaux départs de feu, la préfecture de l'Hérault a interdit tout feu d'artifice du 10 au 16 juillet. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé, lundi 6 juillet, avoir déployé quatre avions bombardiers d'eau issus de la flotte RescEU pour soutenir les efforts des pompiers français. Ce dispositif européen permet de mutualiser les bombardiers d'eau des pays membres de l'Union européenne. Faut-il une nouvelle politique de prévention face aux mégafeux qui se multiplient dans les forêts françaises ?

Invités :
- Julien Rancoule, député « Rassemblement national » de l'Aude,
- Hendrik Davi, député « écologiste et social » des Bouches-du-Rhône,
- Arthur Guérin-Turcq, géographe.

« Bourbon express » par Marco Paumier.

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Transcription
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00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:27Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité.
00:00:30En direct de l'Assemblée Nationale avec, pour m'accompagner ce soir, Elsa Mondingava.
00:00:34Bonsoir Elsa.
00:00:35Bonsoir Adelie.
00:00:36Et Olivier Ravanello.
00:00:37Bonsoir.
00:00:37Merci à tous les deux d'être là.
00:00:39A la une ce soir, le début d'une drôle de campagne.
00:00:42Marine Le Pen a lancé la sienne dès ce matin sur un marché de la Sarthe, à la Flèche, avec
00:00:48Jordan Bardella.
00:00:49La désormais candidate du RN fait fi des critiques et du risque que son pari échoue.
00:00:54La cour de cassation annonce, elle, qu'elle pourrait se prononcer au plus tard, en avril 2027.
00:01:01RN, le premier jour du reste de la campagne.
00:01:03On en parle ce soir avec vous, Patrice Duhamel.
00:01:05Bonsoir.
00:01:06Bonsoir.
00:01:07Journaliste, éditorialiste, vous venez de publier le crépuscule des dieux aux éditions de l'Observatoire.
00:01:12Merci d'être avec nous ce soir, aux côtés de Brice Socol.
00:01:16Bonsoir Brice.
00:01:16Bonsoir.
00:01:17Politologue et essayiste, merci de votre présence.
00:01:19Et je salue Christelle Craplet.
00:01:21Bonsoir Christelle.
00:01:21Bonsoir.
00:01:22Directrice d'opinion chez Ipsos BVA.
00:01:24Tiens, on se penchera tout à l'heure sur les premiers sondages qui viennent d'être publiés.
00:01:28Olivier Ravanello, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
00:01:30Je vais vous raconter une histoire qui se passe à l'ONU.
00:01:33On parle beaucoup de l'agitation sur les bancs de l'Assemblée nationale française,
00:01:36mais alors à l'ONU, ça bouge aussi beaucoup.
00:01:37Il y a des traditions, il y a ceux qui tapent sur la table de plus en plus fort pour
00:01:42empêcher l'orateur de parler.
00:01:43Vous vous souvenez, il y en a même un qui a fait ça.
00:01:45C'était Khrouchev, non ?
00:01:46Qui a tapé avec sa chaussure.
00:01:48Eh bien, restez avec nous, parce que sur l'histoire de la chaussure de Khrouchev, je vais peut-être vous
00:01:51surprendre.
00:01:52Dans la deuxième partie de chaque voix compte, ensuite ce sera la question qui fâche.
00:01:55On va parler ce soir des incendies qui ravagent le sud de la France.
00:01:5711 000 hectares ont déjà brûlé depuis le début juillet.
00:02:00Des incendies qui interrogent notre gestion des forêts.
00:02:04Certains parlent aujourd'hui d'un fiasco,
00:02:05et on en débattra tout à l'heure avec Julien Rancoul,
00:02:08qui est député RN de l'Aude et qui est aussi sapeur-pompier volontaire.
00:02:11Andric Davy sera avec nous, il est député écologiste des Bouches-du-Rhône.
00:02:15Et Arthur Guérin-Turc sera là, il est géographe, il est enseignant à la Sorbonne.
00:02:18Et vous verrez qu'on sera aussi un peu avec Franz Kafka
00:02:20quand vous découvrirez la forêt de normes qui entoure nos bois.
00:02:25Voilà, ce sera tout à l'heure.
00:02:26Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos remarques.
00:02:29Vous flashez le QR code qui est là.
00:02:30Olivier Ravanello nous transmet toutes vos questions en direct.
00:02:33Installez-vous confortablement.
00:02:35Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:43En politique, il y a une règle que connaissent tous les candidats.
00:02:47Une campagne, c'est d'abord une dynamique.
00:02:50Alors Marine Le Pen n'a pas attendu annonce de candidature,
00:02:54annonce de son pourvoi, publication de son affiche de campagne,
00:02:58lancement de son site internet et premier déplacement en province.
00:03:01Tout ça, tout ça s'est déroulé entre 20h hier soir et 11h ce matin, récite Stéphanie Despierres.
00:03:12A la flèche, en Sarthe, un comité d'accueil attend Marine Le Pen.
00:03:25La tension monte avec les partisans du Rassemblement national.
00:03:29Quelques minutes plus tard, Marine Le Pen arrive.
00:03:32Les cris de soutien tentent de couvrir les huées.
00:03:35Pour son premier déplacement de campagne, la candidate a choisi une ville de droite traditionnelle,
00:03:40conquise par l'ERN au municipal.
00:03:42Vu l'ambiance tendue, elle reste moins longtemps que prévu.
00:03:45Juste le temps de clamer son innocence devant les caméras et de justifier son pourvoi en cassation.
00:03:51Je ne joue pas à la montre.
00:03:53Je suis une citoyenne qui use de ses droits.
00:03:56Je vous rappelle que la cour d'appel m'a rendu mon éligibilité.
00:04:00Je suis donc aujourd'hui éligible.
00:04:02A ses côtés, Jordan Bardella, mâchoire serrée, visage fermé.
00:04:07L'éventuel futur Premier ministre de Marine Le Pen a un peu le blues, mais il donne le change.
00:04:12Je me réjouis qu'on puisse ensemble entrer en campagne pour offrir aux Français et offrir au pays
00:04:17l'alternance que le pays mérite et que les Français attendent.
00:04:20Hier soir à 20h, Marine Le Pen annonce qu'elle est candidate.
00:04:24C'est le top départ de sa campagne.
00:04:26Tout est déjà prêt.
00:04:28Moins d'une heure plus tard, elle publie l'affiche, le slogan.
00:04:32Le site internet avec un nom, un seul, marinelepen.com.
00:04:36Ses lieutenants se déploient sur tous les plateaux télévisés, puis dans toutes les matinales.
00:04:42Ses opposants aussi.
00:04:43On est en train de s'habituer en France quand même à des choses auxquelles on ne devrait pas s
00:04:46'habituer.
00:04:47Il faut un sursaut de tous les démocrates, de tous ceux qui sont attachés à la probité.
00:04:50Dans n'importe quel autre pays européen, ce type de comportement déclencherait un tollé général.
00:04:56Moi, je considère que c'est surtout une imposture intellectuelle et morale, une de plus de la part d'un
00:05:01parti qui donne des leçons à tout le monde
00:05:03et qui, là, est pris la main dans le sac.
00:05:05Non seulement ils ont été condamnés, mais en plus, Mme Le Pen revient sur sa parole.
00:05:08Ça rendit long sur le fait qu'il ne faut pas croire ce que dit Marine Le Pen, puisqu'elle
00:05:13dit des choses et ensuite elle fait l'inverse.
00:05:15Moi, je préfère m'engager et battre Mme Le Pen dans les urnes que la voir disparaître par une décision
00:05:21de justice.
00:05:22Pour les concurrents de Marine Le Pen aussi, le match présidentiel a vraiment commencé hier soir.
00:05:29Patrice Duhamel, d'abord, est-ce que la décision de Marine Le Pen hier soir d'être candidate et de
00:05:34se pourvoir en cassation vous a étonné ?
00:05:37Non. Je ne la connais pas particulièrement bien, mais je l'ai déjà rencontrée et puis on connaît sa personnalité
00:05:45maintenant.
00:05:45C'est sa quatrième candidature. Trois campagnes présidentielles. On comprend un peu les ressorts, la psychologie.
00:05:51Je pense qu'elle est faite du même bois que son père. La différence, c'est que je crois qu
00:05:57'elle a envie de gagner alors que son père ne voulait pas gagner.
00:05:59On l'avait vu le 21 avril, quand il a appris qu'il était au second tour et qu'il
00:06:04tirait la gueule à peu près comme Bardella ce matin dans la Sarthe.
00:06:08Ça vous a frappé la tête, Jordan Bardella, ce matin ?
00:06:11Oui. Passer de star à vedette américaine, c'est compliqué.
00:06:17Cela dit, s'il est Premier ministre à 32 ans, quelque chose comme ça...
00:06:2031 ans au mois de septembre.
00:06:22Oui, donc il le serait à 31 ans. Il restera, au lieu d'être le plus jeune président éventuellement, il
00:06:29serait quand même, et de loin, le plus jeune Premier ministre.
00:06:32Donc si je vous écoute, finalement, cette décision de candidature et de pourvoi, c'est une décision qui lui ressemble.
00:06:36Est-ce que ça, c'est une affiche qui lui ressemble ?
00:06:40L'affiche, son affiche de campagne, on va l'avoir.
00:06:43J'ai été surpris qu'elle sorte aussi vite. C'est l'une d'entre vous, tout à l'heure,
00:06:47qui disait qu'ils avaient dû préparer l'affiche Bardella et l'affiche Marine Le Pen.
00:06:56Elles n'ont pourtant rien à voir, toutes les deux, mais ça ressemble un peu à Ségolène Royal.
00:07:01À Ségolène Royal ?
00:07:02À la campagne de Ségolène Royal, en 2007.
00:07:06Et vous, Brice Socol, vous trouvez une ressemblance avec qui ?
00:07:07Je parle du visuel, je ne parle pas du...
00:07:09Oui, vous parlez de la posture.
00:07:11Voilà.
00:07:12Pardon, la question ?
00:07:13Sur l'affiche de campagne, sortie d'hier soir, par ailleurs, comme si le plan se déroulait comme il était
00:07:18initialement prévu, et cette affiche et ce slogan ?
00:07:21Oui, moi, je pense qu'ils avaient le plan A et le plan B, bien évidemment. Moi, ça ne me
00:07:25surprend pas. Marine Le Pen, elle est dans les pas de son père.
00:07:29Son père disait, voilà, tuer ou être tué.
00:07:31Donc, moi, je voudrais juste revenir un instant sur la décision judiciaire, parce que le Rassemblement National a beaucoup critiqué
00:07:37l'État de droit.
00:07:37On a beaucoup critiqué la justice. 65% des Français ont une défiance à l'égard de la justice, à
00:07:43peu près, aujourd'hui.
00:07:44Et je trouve que cette décision, elle est extrêmement intéressante, elle est proportionnée, elle est juste, elle est compréhensible.
00:07:51Elle est condamnée, il ne faut pas oublier qu'elle est condamnée. La justice l'a condamnée pour détournement de
00:07:56fonds publics, et en même temps ne l'a pas empêchée.
00:07:59Ça rentre dans le cadre de la décision du Conseil constitutionnel de 2025.
00:08:03Donc, je trouve ça intéressant. Il faut arrêter avec la justice politique.
00:08:07La justice a fait un travail remarquable, laissant la responsabilité de la candidature à Madame Le Pen, et puis au
00:08:16peuple français.
00:08:17Comme le disent certains, Jean-Luc Mélenchon l'a dit le premier, je vois qu'Édouard Philippe le reprend, le
00:08:24peuple français choisira, après tout.
00:08:26Il y a une élection présidentielle, nous allons aller voter, nous allons choisir.
00:08:30Mais si je vous suis, à quoi sert l'inéligibilité ?
00:08:34Si je vous suis, à quoi ça sert l'inéligibilité ? C'est le peuple qui décide d'élire ?
00:08:39Je suis la décision de justice. La décision de justice dit, voilà, nous, nous l'avons condamnée, mais sur le
00:08:44plan électoral, c'est le peuple français, c'est elle qui décide d'abord si elle veut y aller ou
00:08:48pas, elle prend ses responsabilités,
00:08:50et c'est le peuple français qui ira aux urnes et qui votera, on s'en avait conscience, c'est
00:08:55un peu ça.
00:08:55Mais ce qui est intéressant...
00:08:56Mais le feuilleton n'est pas loin d'être terminé.
00:08:58Mais encore une fois, la séquence judiciaire n'est pas terminée.
00:09:02Le premier trimestre 2027, ça va être sportif.
00:09:05Alors justement, Elsa, on a eu des détails aujourd'hui, des précisions, disons, de la Cour de cassation, puisque donc
00:09:12Marine Le Pen se pourvoit en cassation,
00:09:14formellement elle doit donc écrire une lettre pour former ce pourvoit, et ensuite ?
00:09:19Et ensuite, c'est ce communiqué qui nous apprend pas mal de choses publiées en milieu d'après-midi par
00:09:24la Cour de cassation.
00:09:25Ce qui est intéressant dans ce communiqué, qui est un peu un guide sur le rôle, les délais, etc., c
00:09:29'est la dernière phrase, c'est celle qui, évidemment,
00:09:31on retient à ce jour la Chambre criminelle de la Cour de cassation, pourrait être en mesure de rendre son
00:09:36arrêt au plus tard, début avril 2027, avant le scrutin présidentiel.
00:09:41Donc il y a tout de même un conditionnel, parce que c'est pas seulement la Cour de cassation qui
00:09:45choisit,
00:09:46il y a des choses qu'elle ne maîtrise pas comme l'attitude des parties prenantes,
00:09:49mais c'est pas étonnant, puisque le premier président de la Cour de cassation, au début du procès en appel,
00:09:55avait déjà pris cet engagement de rendre la décision avant le scrutin.
00:10:00Sauf qu'entre-temps, Elsa, ça arrange moins quand même Marine Le Pen.
00:10:03Bah oui, vous savez, c'est un peu comme l'exécution provisoire que Marine Le Pen avait énormément dénoncée,
00:10:08c'est celle qui lui permet aujourd'hui de voir sa peine d'inéligibilité purgée.
00:10:12Donc effectivement, les défenseurs du RN, maintenant, ne veulent pas du tout que la justice accélère,
00:10:17bien au contraire, qu'elle prenne tout son temps.
00:10:19Écoutez l'avocat de Marine Le Pen, c'était ce matin.
00:10:22À mon avis, le cas aujourd'hui qui lui est posé ne rentre pas dans les cas de procédures accélérées
00:10:28devant la Cour de cassation.
00:10:29On nous dit, ah mais oui, quand ça vous arrange, vous accélérez, quand ça vous arrange pas, vous ralentissez.
00:10:35Je n'ai rien accéléré, je n'ai rien ralenti.
00:10:37Ce n'est pas moi qui ai accéléré la Cour d'appel, c'est la présidence de la Cour d
00:10:41'appel
00:10:41et le parquet général de la Cour d'appel.
00:10:43Et ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation, c'est elle qui décidera.
00:10:48Pourquoi est-ce que Marine Le Pen a-t-elle intérêt à ce que la justice prenne tout son temps
00:10:52?
00:10:53Même si elle dit qu'elle ne veut pas jouer la montre.
00:10:55Exactement, et que ce n'est pas elle de toute façon qui décidera.
00:10:57La Cour de cassation, ce qu'il faut voir, c'est les différents scénarios.
00:11:00Déjà, elle va juger en droit, elle ne va pas tout rejuger, elle ne va pas réexaminer les faits.
00:11:04Si elle casse l'arrêt de la Cour d'appel, il faudra un nouveau procès.
00:11:07Et là, de l'avis de tous les spécialistes, ce n'est pas possible avant la présidentielle.
00:11:11Si Marine Le Pen est élue, elle bénifiera de l'immunité et elle pourra être poursuivie qu'après son mandat.
00:11:18Si elle n'est pas élue, elle devra à nouveau se présenter devant la justice.
00:11:21En revanche, si la Cour de cassation rejette son pourvoi,
00:11:25ce sera l'arrêt de la Cour d'appel qui s'applique de manière définitive cette fois.
00:11:29On le rappelle, pour l'inégibilité, ça ne bouge pas, les 15 mois seront purgés.
00:11:33En revanche, on retrouvera la fameuse question du bracelet électronique,
00:11:36de la détention à domicile sous surveillance électronique,
00:11:39à laquelle Marine Le Pen sera bien condamnée pour un an.
00:11:42Donc si la Cour de cassation dit qu'elle pourrait se prononcer avant la fin avril,
00:11:47ça veut dire que le premier tour étant le 18 avril,
00:11:51il pourrait y avoir une toute fin de campagne avec un bracelet ?
00:11:54Alors, en théorie, oui, et c'est bien ce qu'a confirmé ce matin Marie-Suzanne Lequéo,
00:11:59la procureure générale de la Cour d'appel.
00:12:01Dès que cette décision sera connue, je mettrai à exécution l'arrêt rendu par la Cour d'appel,
00:12:09c'est-à-dire que je transmettrai au juge de l'application des peines compétentes la décision
00:12:15pour qu'il examine les modalités d'exécution de la partie ferme de la peine d'emprisonnement prononcée.
00:12:23Sauf que voilà, plus la décision intervient tardivement, plus c'est difficile à se mettre en place.
00:12:28Tout ça, ce n'est pas au moment où la Cour de cassation va rendre sa décision
00:12:31que, paf, Marine Le Pen, elle aura son bracelet, ça prend un certain nombre de temps,
00:12:34il y a le juge d'application des peines, etc.
00:12:36Donc plus la décision est rendue tard, moins la justice aura le temps
00:12:40de mettre la peine à confirmer à Marine Le Pen.
00:12:43Et plus ça va être quand même une sacrée campagne, Patrice Duhamel,
00:12:46on l'a vu ce matin à la flèche, il y avait déjà des opposants qui criaient « Marine voleuse
00:12:51».
00:12:51Est-ce que le RN est condamné à faire une campagne dans ces circonstances-là ?
00:12:55Ah bah oui, de toute façon, ils ne peuvent pas faire autrement.
00:12:59Dans ce qu'a dit ce matin la Cour de cassation,
00:13:02c'est la réponse quand même à ce que disaient les défenseurs,
00:13:05vous avez eu raison de passer de l'avocat,
00:13:07qui disait qu'en général c'est 12 à 18 mois.
00:13:09Donc ça voulait dire qu'elle n'aurait pas de bracelet jusqu'à la fin de la campagne.
00:13:15Là, ce monsieur ou cette dame juge d'application des peines
00:13:20qui aurait éventuellement, si Marine Le Pen n'a pas satisfaction
00:13:24dans la décision de la Cour de cassation,
00:13:26à juger à quel moment elle peut porter un bracelet électronique,
00:13:30ça va devenir une star pendant quelques jours,
00:13:32parce que c'est une situation absolument vertigineuse.
00:13:37Question naïve, elle peut être élue avec un bracelet ?
00:13:41Elle peut être présidente avec un bracelet ?
00:13:43Non, c'est l'immunité présidentielle.
00:13:47Elle est rétroactive l'immunité ?
00:13:49Elle prend effet le jour où elle est investie,
00:13:53c'est-à-dire en général 8 à 10 jours après le second tour.
00:13:56Donc si elle est élue avec un bracelet, il lui retire le bracelet
00:13:58et elle refait le reste de sa peine a priori à la fin de son mandat.
00:14:01Après les 5 ans...
00:14:03En 2032 ?
00:14:04En 2032.
00:14:05Je ne sais pas si elle est réélue, mais là on va...
00:14:07Mais quand même, Christelle Crappelet,
00:14:09est-ce que les électeurs, ils n'ont pas besoin aussi de savoir
00:14:11si elle est définitivement coupable ou définitivement innocente ?
00:14:15Manifestement, elle a choisi de jouer un peu sur ce registre,
00:14:17puisqu'elle a tout de suite dit « je suis innocente »,
00:14:19donc faisant fi un peu de la condamnation
00:14:23et en jouant sur le fait qu'effectivement la peine était suspendue.
00:14:26Elle avait dit « je ne veux pas faire campagne sous bracelet électronique »,
00:14:30alors peut-être que ça arrivera en fin de campagne,
00:14:31mais à court terme, ça la libère.
00:14:33Ça lui permet de mener campagne tambour battant
00:14:36et d'essayer de prendre à partie les Français.
00:14:38C'est ce qu'elle a fait.
00:14:39Le peuple décidera, c'est ce que vous disiez.
00:14:41C'est son pari et ça peut se révéler payant,
00:14:43parce qu'effectivement, dans son électorat,
00:14:45où il y a une rhétorique anti-justice assez forte,
00:14:49peut-être qu'ils ne sont pas tous convaincus qu'elle est innocente,
00:14:51mais en tout cas, ils souhaitent qu'elle soit candidate.
00:14:54Et si on en croit les premières enquêtes,
00:14:56pour l'instant, ils la placent toujours en tête des intentions.
00:14:59– Le pari politique du début de campagne, mais qui risque de durer,
00:15:03c'est justement, comment arrivera-t-elle à faire passer au second plan,
00:15:07parce que ça va être ça son objectif,
00:15:09c'est sa double condamnation.
00:15:11Parce que ce qu'on a vu aujourd'hui,
00:15:13avec quelques dizaines, je crois, de personnes,
00:15:15c'est une petite ville,
00:15:17mais ça peut,
00:15:18s'il y avait fait un grand meeting avec 5 ou 10 000 personnes,
00:15:21ça va être tout à fait autre chose.
00:15:23Ils risquent de faire une campagne entourée de CRS et de gendarmes.
00:15:27Donc, ce pari politique-là, il est quand même très compliqué,
00:15:32parce qu'évidemment, toutes les oppositions, sans exception,
00:15:35vont taper sur le clou.
00:15:36– Et puis, c'est plus compliqué aussi pour elle d'élargir son électorat.
00:15:39Sa base, probablement, restera assez convaincue.
00:15:42On voyait qu'il y avait des tentatives pour convaincre des gens
00:15:45chez qui, traditionnellement, le RN était moins fort,
00:15:48les sympathisants LR, les personnes âgées,
00:15:50qui, elles, peuvent considérer qu'avec la décision…
00:15:54– Voilà, et plus compliquées.
00:15:56– Dans une dynamique de premier tour,
00:15:58est-ce que c'est ce qui explique la vitesse avec laquelle
00:16:02elle a enclenché le plan dès hier soir ?
00:16:04On le disait, avec l'affiche, avec le site Internet,
00:16:06avec le premier déplacement de campagne,
00:16:08c'est dire, allez, on se met sur le terrain de la politique
00:16:10et on laisse la justice être commentée par les adversaires.
00:16:13– C'est ce qu'elle a dit, je crois, ce matin.
00:16:14Elle a dit, je ne vais pas passer la campagne à expliquer,
00:16:17à avoir un débat judiciaire avec X, Y et Z.
00:16:21Mais franchement, ce pari-là, il est quand même très difficile.
00:16:26Le pari stratégique du ticket, alors c'est peut-être un autre sujet,
00:16:29je ne sais pas si on a le temps d'en parler,
00:16:31mais un ticket… – Le binôme.
00:16:32– Parce que c'est totalement inédit aussi,
00:16:34un ticket affiché avec Bardella.
00:16:37Alors certes, ils sont complémentaires,
00:16:39ils lui apportent peut-être, c'est ce qu'elle souhaite,
00:16:42une clientèle ou un électorat qu'elle n'a pas.
00:16:46Mais c'est arrivé une seule fois, alors c'était très vieux,
00:16:49c'est arrivé en 69, l'année où Georges Pompidou a été élu.
00:16:53Le candidat socialiste, c'était le maire de Marseille,
00:16:55un sénateur qui s'appelait Gaston Defer,
00:16:57et qui avait fait campagne avec, comme candidat Premier ministre,
00:17:01un type exceptionnel qui était Pierre Madès-France.
00:17:04Et ils ont fait 5%.
00:17:06Alors bon, il y avait le Parti communiste
00:17:08qui à ce moment-là était au-dessus de 20%,
00:17:09donc c'est une autre époque.
00:17:11Mais le ticket, c'est un truc très américain.
00:17:15Depuis hier, on entend beaucoup dire
00:17:17qu'il y a des accents un peu trumpistes
00:17:20dans cette décision de Marine Le Pen.
00:17:21Ça impose aux deux personnalités
00:17:25qui font le ticket
00:17:27de dire exactement la même chose du matin au soir.
00:17:30Les derniers mois montrent que
00:17:32Bardella et Marine Le Pen ne disaient pas exactement la même chose.
00:17:35Et ça présuppose aussi que la future Assemblée
00:17:37sera complètement bleu marine largement,
00:17:39et qu'il n'y aura pas besoin d'ajuster un peu
00:17:41la personnalité du Premier ministre
00:17:42pour trouver des alliances.
00:17:43Ça, la législative, c'est autre chose.
00:17:46C'est encore une chose.
00:17:47Moi, ce que je trouve intéressant,
00:17:48c'est qu'en fait, ce binôme-là,
00:17:50il n'est pas nouveau.
00:17:51Vous vous souvenez, le 1er mai, à Mâcon,
00:17:53ils ont fêté le 1er mai ensemble.
00:17:56Ils étaient à Liévin,
00:17:57il y a encore une quinzaine de jours.
00:17:59La semaine dernière.
00:17:59La semaine dernière, on a vu les photos.
00:18:02Les embrassades.
00:18:03Les embrassades, j'ai confiance, etc.
00:18:05Et ce qui est intéressant aussi,
00:18:06c'est qu'on voit où elles vont venir sociologiquement
00:18:09dans cette campagne,
00:18:11Mâcon, Liévin, La Flèche.
00:18:13La Flèche, ce n'est pas un hasard,
00:18:14c'est la conquête de l'Ouest du Rassemblement national.
00:18:17À La Flèche, Marie-Caroline Le Pen a fait 49,5 ou 6 %.
00:18:21Elle a perdu l'élection législative à 600 voix.
00:18:24La commune a été gagnée par le Rassemblement national.
00:18:26Donc, ça veut dire qu'ils vont chercher
00:18:27à faire campagne sur des nouvelles terres sociologiques
00:18:30qui ne sont pas celles du Sud-Est,
00:18:31qui ne sont pas celles du Nord,
00:18:33mais qui sont celles de cette France,
00:18:35de l'Ouest et du Massif central.
00:18:37Ils vont aller chercher ses électeurs
00:18:38dans les villes moyennes,
00:18:39dans les sous-préfectures.
00:18:40Et c'est très révélateur.
00:18:42Et ce déplacement aujourd'hui,
00:18:43quand vous disiez la fiche,
00:18:45elle est sortie, le déplacement,
00:18:46tout ça, évidemment, est préparé.
00:18:47La fiche, c'est quoi ?
00:18:49C'est la Renaissance.
00:18:50La Renaissance.
00:18:51C'est inscrit, ça a été pensé.
00:18:52Et on voyait que ce premier déplacement
00:18:54n'est pas non plus anodin,
00:18:55parce qu'il est réalisé au cœur
00:18:59de la nouvelle cible du Rassemblement national,
00:19:01qui est cette France des sous-préfectures.
00:19:03Alors, on va s'intéresser aux électeurs
00:19:05et aux sondages.
00:19:06D'abord, Christelle Crablet,
00:19:07juste une question.
00:19:08Ça mouline dans la tête des sondeurs
00:19:09sur une question pratico-pratique.
00:19:12Est-ce que vous arrêtez pour le moment
00:19:13de tester Jordan Bardella ?
00:19:15Là, elle a annoncé qu'elle était candidate.
00:19:18Donc, bon, on n'a pas encore
00:19:20toute la liste de tous les candidats.
00:19:21Mais je pense, en tout cas,
00:19:23que la plupart vont maintenant tester,
00:19:25surtout Marine Le Pen,
00:19:26comme candidate du Rassemblement national.
00:19:28Ça paraîtrait assez logique.
00:19:29On s'est rendu cet après-midi
00:19:31à Pontoise, dans le Val-d'Oise,
00:19:33pour aller interroger les électeurs,
00:19:35les sympathisants du RN.
00:19:37C'est un reportage d'Alicia Arogue
00:19:38et Raphaël Lisambard.
00:19:39Regardez.
00:19:43Ce matin, dans ce bar-tabac du Val-d'Oise,
00:19:46un seul sujet anime les discussions.
00:19:49Pour moi, c'est les électeurs qui décident.
00:19:52La candidature de Marine Le Pen
00:19:54à l'élection présidentielle.
00:19:57Pour Rémy, client fidèle de cet établissement,
00:20:00c'est une bonne nouvelle.
00:20:02Je ne vois pas pourquoi elle ne se présenterait pas.
00:20:03Pourquoi on voudrait l'empêcher de se présenter ?
00:20:06La moitié des gens du gouvernement
00:20:07sont déjà tous avec des cas sur le cul.
00:20:09Je ne vois pas.
00:20:09Ils n'ont pas démissionné, eux.
00:20:11Il compte bien voter pour elle, malgré tout.
00:20:13Peu importe sa condamnation.
00:20:15Je m'en fous complètement.
00:20:17Pour de nombreux habitants,
00:20:18la condamnation de la cour d'appel
00:20:20n'est qu'un détail.
00:20:22Il faut se faire à tout de nos jours.
00:20:23Un bracelet, c'est rien, après tout.
00:20:26Il n'a pas eu son bracelet
00:20:27comme Sarkozy et tant d'autres.
00:20:30Même constat sur le marché.
00:20:32Qu'elle se présente, moi, ça ne me dérange pas.
00:20:34Après, les affaires politiciennes,
00:20:36ses affaires personnelles, c'est ses affaires.
00:20:38Ça ne me regarde pas.
00:20:39Autre argument avancé,
00:20:41la liberté de vote.
00:20:43Après, il faut que, aussi au niveau des électeurs,
00:20:46on a un peu le choix au niveau des partis.
00:20:47On ne peut pas priver les électeurs
00:20:50d'une candidature.
00:20:53Voilà, ça me semble être le jeu de la démocratie.
00:20:57Mais tous ne partagent pas cet avis.
00:21:00Elle a qu'à d'abord payer ce qu'elle a fait.
00:21:02Elle a quand même trafiqué.
00:21:04Moi, je dirais même volé.
00:21:07Marine Le Pen, je vous rappelle
00:21:08que c'était la première à disque
00:21:09pour se présenter aux élections
00:21:11qu'il ne fallait pas d'avoir de casier judiciaire.
00:21:13Alors qu'elle en a un maintenant.
00:21:15Je trouve ça vraiment lamentable qu'elle se présente.
00:21:17Dans cette circonscription,
00:21:19représentée par une députée du Rassemblement national,
00:21:22près d'un électeur sur deux
00:21:23voterait pour ce parti.
00:21:26Voilà, alors quatre sondages,
00:21:27paraissent ce soir, Christelle Crappelet.
00:21:30Il y a deux sondages, Odoxa et Elab,
00:21:32qui disent à peu près le contraire l'un et l'autre
00:21:34sur le jugement des Français
00:21:37sur la décision de Marine Le Pen d'être candidate.
00:21:39Dans le sondage Odoxa,
00:21:4151% des interrogés estiment
00:21:43qu'elle a raison de se présenter.
00:21:45Ce score monte à 63%
00:21:47chez les sympathisants RN.
00:21:49Et dans le sondage Elab,
00:21:50paru au même moment,
00:21:51fait avec le même échantillon,
00:21:5459% des Français estiment
00:21:55que Marine Le Pen a tort.
00:21:57Mais les sympathisants RN
00:21:59estiment à 68%
00:22:00qu'elle a raison.
00:22:02Est-ce que ces sondages,
00:22:03ce soir, on se dit,
00:22:05bon, il faut le temps que ça infuse
00:22:07dans l'opinion
00:22:08avant vraiment de poser la question ?
00:22:10Oui, ce sont des sondages à chaud.
00:22:11Donc ce sont des réactions,
00:22:12effectivement, à chaud.
00:22:14Peut-être qu'il faudrait regarder
00:22:14sur les dates exactes de terrain
00:22:15si ça a été fait au même moment.
00:22:17Alors le Odoxa a été fait hier soir,
00:22:19le Elab a été fait hier soir et aujourd'hui.
00:22:21On est vraiment là
00:22:21dans la réaction éruptive,
00:22:24immédiate à un jugement.
00:22:25Et puis après, petit à petit,
00:22:26il va y avoir des discussions,
00:22:28des émissions,
00:22:29on va échanger avec les proches,
00:22:30les gens peuvent changer d'opinion.
00:22:32Ce que ça montre quand même,
00:22:32c'est que globalement,
00:22:34auprès des sympathisants RN,
00:22:35il y a quand même une majorité,
00:22:37même si les chiffres
00:22:37ne sont pas exactement les mêmes,
00:22:38qui semblent approuver cette décision.
00:22:40Ce n'est pas totalement unanime.
00:22:43Je trouve que 68%,
00:22:43ce n'est pas beaucoup
00:22:44pour les sympathisants RN.
00:22:45Voilà, parce qu'il y en a quand même
00:22:46une partie qui...
00:22:46Ce n'est pas un plébiscite pour plus.
00:22:47Non, voilà.
00:22:48Il y a une partie, effectivement,
00:22:49qui le regrette peut-être
00:22:51soit parce qu'ils préféraient
00:22:52Jordan Bardella,
00:22:53soit parce qu'ils vont penser
00:22:53que ça va la handicaper
00:22:55tout au long de la campagne.
00:22:57Donc ce n'est pas un plébiscite.
00:22:59Mais on va dire que la majorité,
00:23:01pour l'instant,
00:23:01des sympathisants RN l'approuve.
00:23:03Et puis après,
00:23:04on va voir comment se passe la campagne.
00:23:05Effectivement,
00:23:06est-ce qu'elle est sans arrêt chahutée ?
00:23:07Est-ce que ça vient vraiment perturber
00:23:10ses déplacements
00:23:11et ça vient ternir son image ?
00:23:13Ou est-ce que, comme au final,
00:23:15tout le monde va se ranger
00:23:16derrière cette candidate
00:23:17parce qu'il y a une envie
00:23:18chez ces électeurs-là
00:23:19quand même de changer les choses
00:23:20et de mettre
00:23:21le Rassemblement national au pouvoir ?
00:23:22Et puis, il y a deux sondages,
00:23:23Harris Interactive et IFOP,
00:23:25sur les intentions de vote
00:23:26au premier tour
00:23:26qui donnent Marine Le Pen
00:23:27à 35% pour le premier
00:23:29et à 36% pour le deuxième.
00:23:31Ça veut dire que,
00:23:32Patrice Duhamel,
00:23:33depuis sa condamnation
00:23:34en première instance
00:23:35en mars 2025,
00:23:36elle n'a pas perdu
00:23:37une plume, en réalité.
00:23:39Je crois même,
00:23:40mais je parle sous votre contrôle,
00:23:41qu'il y a un petit effet
00:23:43depuis sa décision d'hier
00:23:45par rapport au sondage précédent.
00:23:47Il faut voir si ça dure.
00:23:48Parce que Bardella
00:23:49était au-dessus d'elle.
00:23:51En ces derniers temps,
00:23:51les Français semblaient
00:23:52avoir anticipé
00:23:53que ce serait Jordan Bardella
00:23:54et on voyait poindre
00:23:56dans les enquêtes
00:23:56deux, trois points d'écart
00:23:57en faveur de Jordan Bardella.
00:23:59Sans doute qu'elle comble
00:24:00effectivement ce retard-là.
00:24:01Il y a aussi
00:24:01le même effet
00:24:02sur Edouard Philippe
00:24:03après son meeting
00:24:04d'il y a quelques jours.
00:24:06Edouard Philippe
00:24:06est donné à 14%
00:24:08dans le Harris Interactive
00:24:09et à 19% ce soir
00:24:11dans le IFOP.
00:24:12S'il est seul candidat...
00:24:27Mais voilà.
00:24:28où ils refusent les primaires
00:24:30face aux ceux qui les voudraient
00:24:32et qui le voudraient
00:24:32mais qui n'y arrivent pas.
00:24:34Ce sont les sondages
00:24:35qui vont jouer un rôle
00:24:36absolument majeur.
00:24:37Ce qui pose d'ailleurs
00:24:38un problème, je pense,
00:24:39sur le fond.
00:24:40Parce qu'ils montrent aussi
00:24:40le manque de leadership naturel
00:24:42d'un certain nombre
00:24:44de candidats
00:24:44qui n'arrivent pas
00:24:45à s'imposer
00:24:45dans leur propre famille politique
00:24:47comme le candidat naturel
00:24:49pour s'en remettre
00:24:49de façon aussi explicite
00:24:51au sondage.
00:24:52Ça pose effectivement question.
00:24:53Et puis ce qui pose question aussi
00:24:54c'est que les Français
00:24:55sont 64% à estimer
00:24:57que la principale qualité
00:24:58d'un chef d'État
00:24:59doit être son honnêteté
00:25:00et sa probité.
00:25:02Il y a toujours ce hiatus
00:25:03entre, d'un côté,
00:25:04l'exigence de probité
00:25:06des dirigeants
00:25:06et puis la réalité des votes.
00:25:08C'est pour ça que je partage
00:25:10totalement ce que vous disiez
00:25:11tout à l'heure.
00:25:11C'est-à-dire qu'il y a
00:25:12son socle de premier tour.
00:25:16Dans ce socle,
00:25:17le noyau dur,
00:25:17c'est sûr que quoi qu'elle fasse,
00:25:19elle trouve ça formidable.
00:25:21Donc il trouve que la raison,
00:25:22etc.
00:25:23et qu'elle n'est sûrement pas coupable.
00:25:24Voilà.
00:25:25Mais pour passer,
00:25:27imaginons même 36,
00:25:29mais passer de 36 à 51
00:25:32quand vous avez
00:25:33une double condamnation,
00:25:35c'est compliqué.
00:25:36Ça serait de la droite libérale.
00:25:38Il y a quand même
00:25:38un certain nombre de gens
00:25:39qui, j'imagine,
00:25:40pensent que ce n'est pas bien
00:25:41de se présenter
00:25:42et qui n'imaginent pas
00:25:43qu'ils puissent voter
00:25:44pour quelqu'un
00:25:45qui a eu une double condamnation
00:25:47et qui serait président
00:25:48de la République
00:25:49pendant 5 ans.
00:25:50Elle a dit hier soir,
00:25:50Brice Socol,
00:25:51il n'y a aucun monde
00:25:52où je ne suis pas candidate.
00:25:53Absolument.
00:25:54Donc ça veut dire
00:25:55que l'hypothèse,
00:25:57Jordan Bardella,
00:25:58ce ne sera plus jamais
00:26:00ni un plan A
00:26:00ni un plan B.
00:26:01C'est le Premier ministre.
00:26:02Absolument.
00:26:03Oui.
00:26:04Moi, je vous rejoins,
00:26:05c'est qu'en fait,
00:26:06avec cette affaire-là,
00:26:09pour moi,
00:26:09c'est une bonne candidate
00:26:10de premier tour
00:26:11parce qu'elle a son socle
00:26:12à entre 32 et 36 %.
00:26:16Donc elle se qualifie
00:26:17au second tour.
00:26:18Mais c'est vrai
00:26:19que sur le plan
00:26:20des conséquences judiciaires,
00:26:22sur le plan de la morale,
00:26:22sur le plan
00:26:23de nos principes républicains,
00:26:25de l'État de droit,
00:26:26rassembler au second tour
00:26:27pour pouvoir,
00:26:28au-delà de son propre camp,
00:26:29risque d'être plus compliqué
00:26:31dans le cadre
00:26:33de cette affaire-là.
00:26:34Vous imaginez
00:26:34le face-à-face traditionnel
00:26:36entre les deux tours
00:26:37où l'adversaire
00:26:39de Marine Le Pen,
00:26:40si elle est au second tour,
00:26:42arrivera avec
00:26:43combien de pages,
00:26:44une centaine de pages
00:26:45du jugement
00:26:46et pas avec des phrases
00:26:47sur la gravité,
00:26:50etc.
00:26:50C'est dévastateur quand même.
00:26:52Et pourtant,
00:26:53certains des opposants
00:26:54avaient l'air de considérer
00:26:55que Jordan Bardella
00:26:56était plus accessible,
00:26:58un adversaire
00:26:59plus facile à contrer
00:27:00de fait de son inexpérience,
00:27:02des récentes faiblesses
00:27:04qu'il a pu montrer,
00:27:05etc.
00:27:05Donc c'est vrai
00:27:06qu'on a aussi eu le sentiment
00:27:07que certains
00:27:09considéraient
00:27:09qu'elle était aussi
00:27:10plus dangereuse
00:27:11par son expérience.
00:27:12Est-ce que ça va jouer
00:27:14vraiment
00:27:15cette condamnation ?
00:27:16Pardon,
00:27:17moi je voudrais juste
00:27:18rajouter quand même
00:27:18qu'il y a quand même
00:27:19une sociologie politique
00:27:21depuis 2022,
00:27:22c'est-à-dire que
00:27:23le Rassemblement national
00:27:24ne cesse de progresser.
00:27:26Élections européennes,
00:27:27Jordan Bardella
00:27:28fait 31%.
00:27:30Les élections législatives,
00:27:31il se retrouve
00:27:32avec 143 parlementaires
00:27:33et depuis,
00:27:35aux élections municipales,
00:27:36il gagne
00:27:36une cinquantaine de villes.
00:27:38Donc ce que je veux dire
00:27:39par là,
00:27:39c'est que le vote,
00:27:40vous l'avez,
00:27:40on l'a vu
00:27:40dans les différents sondages,
00:27:41le vote en faveur
00:27:43du Rassemblement national
00:27:44n'est plus un vote
00:27:46contestataire
00:27:46mais un vote
00:27:47d'alternance.
00:27:49Les gens qui votent
00:27:49d'adhésion,
00:27:50les gens qui votent
00:27:51Rassemblement national
00:27:52considèrent que
00:27:53on vote parce qu'on veut
00:27:54changer les choses.
00:27:55C'est l'adhésion
00:27:56et l'alternance.
00:27:57On a aussi parlé
00:27:57du vote sanction.
00:27:59Non.
00:28:00C'est moins le cas.
00:28:01C'est moins un vote colère
00:28:02en tout cas.
00:28:03C'est plus un vote colère.
00:28:03Il y a de la colère
00:28:04et notamment
00:28:05chez les sympathisants RL
00:28:06mais effectivement,
00:28:07il y a derrière
00:28:07beaucoup d'adhésion.
00:28:08Et ça,
00:28:09ça va jouer aussi
00:28:09pour les élections présidentielles
00:28:11malgré ces affaires judiciaires.
00:28:13c'est que sociologiquement,
00:28:14il y a une grande partie
00:28:16des Français aujourd'hui
00:28:17peut-être qui vont aller
00:28:18peut-être au-delà
00:28:19du Rassemblement national
00:28:19peut-être à droite
00:28:20peut-être même
00:28:21à l'extrême gauche
00:28:22qui vont vouloir
00:28:24une alternance
00:28:25et cette alternance
00:28:26pour eux
00:28:27serait incarnée
00:28:28dans un candidat
00:28:29du Rassemblement national.
00:28:30En tout cas,
00:28:31les arguments d'honnêteté
00:28:31et de probité,
00:28:32on a bien compris
00:28:33dès ce matin
00:28:33que c'était l'angle d'attaque
00:28:35des adversaires
00:28:35et des autres candidats
00:28:37à la présidentielle.
00:28:38Il y a des archives
00:28:38dévastatrices pour elle quand même.
00:28:40Vous voulez en écouter une ?
00:28:41Est-ce que vous voulez
00:28:41en écouter une,
00:28:42Patrice Duhamel ?
00:28:43Est-ce qu'on peut écouter
00:28:44l'archive dévastatrice ?
00:28:46C'est Patrice Duhamel
00:28:47qui le dis,
00:28:47c'est pas moi.
00:28:48Archive de Public Sénat.
00:28:49On est en 2013
00:28:50en pleine affaire Cahuzac
00:28:52avec Guillaume Durand.
00:28:53En effet, regardez.
00:28:55Tout le monde est éclaboussé
00:28:57mais parce qu'il le mérite.
00:28:58L'UMP et le PS
00:28:59ont des listes de condamnés
00:29:01qui sont inouïes.
00:29:02Je propose d'ailleurs aux Français
00:29:03d'aller regarder sur Internet.
00:29:04Ils tapent élus socialistes
00:29:05et me demandent
00:29:05si la première occurrence
00:29:06c'est pas condamné
00:29:07et pareil pour l'UMP.
00:29:09Et ils cherchent à dire
00:29:10ah ben vous voyez
00:29:11le Front National,
00:29:11ben non,
00:29:12le Front National non
00:29:13et moi ma veste
00:29:13elle est immaculée.
00:29:14Voilà.
00:29:15Et ils auront beau
00:29:16essayer de s'agiter,
00:29:17ils n'arriveront pas
00:29:18à me salir
00:29:19parce que j'ai une éthique,
00:29:20j'ai une morale
00:29:21que je m'y tiens
00:29:22et que moi quand je réclame
00:29:24l'éthique et la morale
00:29:25je me l'applique à moi-même.
00:29:28C'est à la fois terrible
00:29:29et en même temps
00:29:30ça explique sa décision
00:29:31de se pourvoir en cassation
00:29:32et d'aller jusqu'au bout
00:29:33en réalité.
00:29:35Patrice Duhamel.
00:29:36Et dans là
00:29:36vous n'aviez pas le temps
00:29:37c'est normal
00:29:38ça s'arrêtait trop long
00:29:39de passer toute l'archive
00:29:40mais je l'ai revue
00:29:40sur une autre chaîne
00:29:41tout à l'heure
00:29:42où elle disait
00:29:44voilà les raisons
00:29:45pour lesquelles
00:29:45quelqu'un pourrait être inéligible
00:29:47mais elle a ajouté
00:29:49des tournements de fonds
00:29:49elle-même
00:29:50en disant
00:29:50mais pourquoi il n'y a pas
00:29:51des tournements de fonds ?
00:29:53Une archive comme celle-là
00:29:54elle est quand même terrible
00:29:56et je réponds à votre question
00:29:58c'est évidemment pour ça
00:30:01qu'elle veut essayer
00:30:02de gagner ce dernier combat judiciaire.
00:30:06Même s'il y a un...
00:30:07Je ne suis pas compétent là-dessus
00:30:10donc je contente d'évoquer
00:30:13ce qui est dit
00:30:14par la plupart des juristes
00:30:15qui disent
00:30:16qu'on ne voit pas très bien
00:30:17comment ils pourraient gagner
00:30:19sur le pourvoi en cassation.
00:30:21Donc ce serait quand même
00:30:21une énorme surprise.
00:30:22Même si elle avance
00:30:23un argument de fond
00:30:24la cassation va juger la forme
00:30:26mais sur le fond hier
00:30:28dans l'interview
00:30:28elle commence
00:30:29en disant
00:30:30qu'elle réfute le jugement
00:30:32qu'elle pense
00:30:32qu'elle est innocente
00:30:33parce que c'est de l'utilisation
00:30:34d'argent public
00:30:35et qu'elle l'utilise
00:30:37comme bon lui semble.
00:30:38Donc il y a quand même
00:30:39cette notion
00:30:40qu'elle va sans doute
00:30:40essayer de défendre
00:30:41de au fond
00:30:42je reste innocente.
00:30:44C'est le sujet
00:30:45sur lequel
00:30:45elle convainc
00:30:46un peu moins
00:30:46les Français
00:30:47si je crois
00:30:48une enquête
00:30:48de nos confrères
00:30:49des LAP
00:30:50je crois
00:30:50où ils sont
00:30:51seulement 30%
00:30:52à dire qu'elle est innocente
00:30:53alors c'est beaucoup plus
00:30:54au sein des sympathisants
00:30:56RN
00:30:56mais sur ce sujet
00:30:58de l'innocence
00:30:58effectivement
00:30:58on aura sans doute
00:30:59beaucoup plus de difficultés
00:31:00à convaincre l'opinion.
00:31:01L'un des éléments nouveaux forts
00:31:05de ce qui s'est passé hier
00:31:06c'est que
00:31:06si elle est au second tour
00:31:08ce qui apparaît probable
00:31:09aujourd'hui
00:31:11le second tour
00:31:11se jouera là-dessus
00:31:12se jouera sur la morale
00:31:14l'éthique
00:31:16etc.
00:31:17Sauf qu'on entend bien
00:31:17depuis ce matin
00:31:18tous ces lieutenants
00:31:19au RN
00:31:20les députés
00:31:21qui sont déployés
00:31:21sur les plateaux
00:31:22eux veulent systématiquement
00:31:23aller sur des débats
00:31:24de fond de la campagne
00:31:25quand les adversaires politiques
00:31:27disent
00:31:27la probité
00:31:28l'honnêteté
00:31:28qui piège qui
00:31:29dans cette histoire
00:31:30est-ce que
00:31:31Gabriel Attel disait
00:31:32ce matin sur France Inter
00:31:33la campagne
00:31:34elle est prise en otage
00:31:35est-ce que ça va être compliqué
00:31:37de faire une campagne
00:31:37sur le fond
00:31:38quand systématiquement
00:31:39on se référera
00:31:41à la forme judiciaire ?
00:31:43Je pense que l'élection présidentielle
00:31:44c'est répondre
00:31:45aux attentes des français
00:31:48malheureusement
00:31:48je dis bien malheureusement
00:31:49je ne suis pas persuadé
00:31:50que cette notion
00:31:51de morale
00:31:54certains ont utilisé
00:31:54le mot de morale
00:31:55moi je n'aime pas
00:31:55le mot de morale
00:31:56parce que le bien
00:31:57le mal
00:31:58et la morale
00:31:58est évolutive dans le temps
00:31:59et je pense que
00:32:00je prends l'exemple
00:32:01du parti socialiste
00:32:02qui a depuis 40 ans
00:32:04combattu le rassemblement national
00:32:06sur ce côté moralisateur
00:32:08mais pas sur le fond
00:32:09des vrais sujets
00:32:10qui préoccupent
00:32:12une majorité de français
00:32:13aujourd'hui
00:32:13ça n'a pas marché
00:32:14puisque le rassemblement national
00:32:16est de nouveau
00:32:17au port du second tour
00:32:18de l'élection présidentielle
00:32:19donc je pense que
00:32:20au-delà de la morale
00:32:21le vrai sujet
00:32:23c'est répondre
00:32:23aux vraies préoccupations
00:32:25des français
00:32:25quand on regarde
00:32:26les thèmes
00:32:26dans vos sondages
00:32:27ce sont les services publics
00:32:29c'est la santé
00:32:31c'est le pouvoir d'achat
00:32:32c'est les sujets d'insécurité
00:32:34du quotidien
00:32:35c'est la réindustrialisation
00:32:37c'est la souveraineté française
00:32:38je pense qu'une élection présidentielle
00:32:40elle se joue
00:32:41sur ces grands thèmes-là
00:32:42elle se joue aussi
00:32:42sur les thèmes
00:32:43qui répondent
00:32:43aux besoins des français
00:32:46prioritairement
00:32:46la probité
00:32:47ce n'est pas une question de morale
00:32:48vous faites voter une loi
00:32:49vous l'appliquez
00:32:50c'est quand même bien
00:32:50la moindre des choses
00:32:51il n'y en a jamais eu
00:32:52un tel niveau
00:32:53de condamnation
00:32:55de suspicion
00:32:56ce que vous voulez
00:32:56autour d'un candidat
00:32:57je ne dis pas le contraire
00:32:58mais je ne suis pas persuadé
00:33:00que ça ait une conséquence
00:33:01fondamentale
00:33:02sur la campagne présidentielle
00:33:03c'est mon point de vue
00:33:03vous pensez que les français
00:33:04se fichent de la probité
00:33:05je ne pense pas
00:33:06non ils ne s'en fichent pas
00:33:07mais je pense qu'ils ont
00:33:07pour eux
00:33:09il y a des thèmes
00:33:09du quotidien
00:33:10parce qu'il y a des gens
00:33:11qui souffrent
00:33:12il y a des gens
00:33:12qui ont des besoins
00:33:13et ils attendent du politique
00:33:15qu'ils répondent
00:33:16prioritairement à ces besoins
00:33:17ça ne veut pas dire
00:33:18qu'ils refusent la probité
00:33:20ou la morale
00:33:21ou la justice
00:33:21mais je pense qu'en termes
00:33:22de hiérarchie des priorités
00:33:24c'est d'abord leur quotidien
00:33:26il démarre la campagne
00:33:27avec un socle électoral
00:33:28on le voit
00:33:29qui est puissant
00:33:30qui est solide
00:33:30mais avec quand même
00:33:32un fardeau
00:33:32je veux dire
00:33:33un boulet au pied
00:33:35dans votre livre
00:33:36le crépuscule des dieux
00:33:37vous racontez
00:33:38les mensonges d'état
00:33:39autour de la santé
00:33:40des présidents
00:33:41et au fond ce livre
00:33:41il pose une question
00:33:43je crois qui est plus large
00:33:44qui est jusqu'où
00:33:45une démocratie
00:33:46elle peut supporter
00:33:47que la vérité arrive trop tard
00:33:49et donc
00:33:49ça m'a fait penser
00:33:51à Marine Le Pen
00:33:51c'est pour ça que je voulais
00:33:52que la vie ressorte
00:33:52au début de la campagne
00:33:55est-ce que
00:33:56cette affaire
00:33:57n'est pas d'une certaine manière
00:33:58une autre illustration
00:33:59de cette tension
00:34:00entre le temps des institutions
00:34:02le temps de la justice
00:34:03et le temps de la démocratie
00:34:05est-ce qu'il y a une vérité
00:34:06qui arrivera trop tard ?
00:34:07il y a le temps
00:34:07de la transparence
00:34:09avec
00:34:09est-ce qu'il faut encadrer
00:34:11la transparence
00:34:11est-ce qu'il faut
00:34:12ne pas aller trop loin ?
00:34:13est-ce qu'on peut tout dire ?
00:34:15moi sur la santé des présidents
00:34:16quand j'ai notamment eu
00:34:17un document absolument incroyable
00:34:19du grand médecin
00:34:20qui soignait Pompidou
00:34:21et qui a fait un journal
00:34:22que j'ai
00:34:23en ma possession
00:34:24et qui fait quand même
00:34:26à peu près la moitié du livre
00:34:28j'étais absolument stupéfait
00:34:30parce que je savais
00:34:31pour l'avoir vécu
00:34:32que Georges Pompidou
00:34:34était malade
00:34:35j'ignorais totalement
00:34:36qu'il avait été diagnostiqué
00:34:39sept mois avant
00:34:40d'être candidat
00:34:41donc quand il se présente
00:34:42il sait qu'il a une maladie
00:34:45extrêmement grave
00:34:45et après vous avez
00:34:49les 14 ans
00:34:51de Mitterrand
00:34:52où là c'est du mensonge
00:34:53organisé
00:34:53puisqu'il ordonne
00:34:54à son médecin
00:34:55de faire des faux bulletins
00:34:56de santé
00:34:57c'est un ordre
00:34:58vous n'avez pas discuté
00:34:59c'est comme ça
00:34:59est-ce qu'on est sûr
00:35:00que cette époque
00:35:01elle est révolue ?
00:35:03elle est révolue
00:35:04sur le sujet
00:35:06de la santé
00:35:07elle est révolue
00:35:08si un président
00:35:09ou une présidente
00:35:10a un problème physique grave
00:35:12et que ça se voit
00:35:13on l'a vu avec Emmanuel Macron
00:35:14et ses lunettes
00:35:15comme on le voyait
00:35:16à la fin
00:35:16pour Pompidou
00:35:17et Mitterrand
00:35:18dans les deux dernières années
00:35:19on voyait bien
00:35:19qu'il n'était plus
00:35:20dans un état physique
00:35:21normal
00:35:22pour le reste
00:35:23c'est une autre maladie
00:35:25qui est entre guillemets
00:35:26invisible
00:35:26mais grave
00:35:28non
00:35:28le secret d'état
00:35:30peut toujours fonctionner
00:35:32
00:35:33l'avantage
00:35:34entre guillemets
00:35:34c'est qu'on a des
00:35:35des candidats
00:35:36qui sont plutôt jeunes
00:35:37enfin
00:35:38on n'a plus des candidats
00:35:40qui ont plus de 80 ans
00:35:41pas encore
00:35:42non mais
00:35:44par exemple
00:35:44Mélenchon
00:35:45qui a 74 ans
00:35:47qui va les avoir
00:35:48mais il a l'air
00:35:48en pleine forme
00:35:49mais il a 64 ans
00:35:50c'est pas tout d'avoir l'air
00:35:51voilà
00:35:52et vous avez des gens
00:35:53malheureusement
00:35:54des gens
00:35:54beaucoup plus jeunes
00:35:5540-50 ans
00:35:57qui maintenant
00:35:57c'est encore tabou
00:35:58est-ce que c'est encore tabou
00:36:00je vous pose la question
00:36:01parce que
00:36:01depuis que le livre est sorti
00:36:03il y a quelques semaines
00:36:04je me fais engueuler
00:36:05par un certain nombre de gens
00:36:06comme on pouvait dire ça
00:36:07c'est leur vie privée
00:36:08je considère que la maladie
00:36:10d'un président
00:36:11ça fait pas partie
00:36:12de la vie privée
00:36:13est-ce que je termine le livre
00:36:14en disant ça
00:36:15les deux dernières années
00:36:17Pompidou
00:36:18et Mitterrand
00:36:19n'avaient ni la force
00:36:20de présider
00:36:21il n'était plus en état
00:36:22ni le courage
00:36:23de démissionner
00:36:24vous avez une personnalité
00:36:25dans la période récente
00:36:27qui a eu le courage
00:36:27de démissionner
00:36:28c'était pas un politique
00:36:29c'était un pape
00:36:29c'est ça
00:36:57les maires
00:36:57que vous avez co-écrit
00:36:58avec Frédéric Dhabi
00:36:59au Désilion de l'Aube
00:37:00très bon livre
00:37:02merci à tous les trois
00:37:03merci sincèrement
00:37:04à suivre la question
00:37:06qui fâche
00:37:06on va parler de feu
00:37:08la France a-t-elle
00:37:09laissé tomber ses forêts
00:37:10on va en parler
00:37:10avec nos trois prochains invités
00:37:11mais avant cela
00:37:12c'est quelle histoire
00:37:12et c'est Olivier Ravanello
00:37:22vous nous emmenez ce soir
00:37:23aux Nations Unies
00:37:24mon cher Olivier
00:37:25vous vouliez nous parler
00:37:25de ceux qui mettent
00:37:27le bazar à l'ONU
00:37:28et qui sont en fait
00:37:29des héritiers
00:37:30d'une longue tradition
00:37:31exactement
00:37:32alors là ça s'est passé
00:37:33cette nuit
00:37:34à l'origine
00:37:35de ce nouvel incident
00:37:36la guerre d'usure
00:37:37entre les Etats-Unis
00:37:39et le régime de Cuba
00:37:40régime chancelant
00:37:41l'embarco américain
00:37:42sur le pétrole
00:37:43asphyxie le régime
00:37:45à tel enseigne
00:37:45que les pompes à essence
00:37:47sont vides
00:37:47mais surtout
00:37:47que les centrales électriques
00:37:49ne sont plus alimentées
00:37:50ce qui plonge régulièrement
00:37:51Cuba dans le noir
00:37:52le gouvernement cubain
00:37:54a voulu saisir
00:37:55les Nations Unies
00:37:56pour pointer du doigt
00:37:58les Américains
00:37:59le vote a été
00:38:00assez peu concluant
00:38:01le soutien à Cuba
00:38:02plutôt mou
00:38:06le cynisme dont fait preuve
00:38:08la délégation américaine
00:38:09dans cette enceinte
00:38:10est profond
00:38:10elle est intervenue
00:38:12sur le fond
00:38:12en recourant
00:38:13à des vieux mensonges
00:38:14pour tenter de censurer
00:38:15le droit de l'Assemblée
00:38:16à débattre
00:38:25alors redescendu
00:38:26de la tribune
00:38:27l'ambassadeur cubain
00:38:28que vous venez d'entendre
00:38:29était furieux
00:38:31et il l'a manifesté
00:38:32en tapant
00:38:33sur la table
00:38:34regardez
00:38:34alors que son homologue
00:38:36américain
00:38:36était en train
00:38:37de prononcer
00:38:38un discours
00:38:39et alors il tapait
00:38:40pour qu'on n'entende
00:38:40pas le discours américain
00:38:42exactement
00:38:42pour montrer
00:38:43qu'il n'était pas d'accord
00:38:44et ils ont tapé
00:38:45avec son collègue
00:38:46à côté
00:38:46pendant un bon moment
00:38:47ce qui n'a pas empêché
00:38:48l'ambassadeur américain
00:38:50de continuer
00:38:51Vous pouvez taper sur la table
00:38:53mon ami
00:38:53ici ce n'est pas la Havane
00:38:54ici ce sont les Etats-Unis
00:38:56d'Amérique
00:38:56c'est l'organisation
00:38:57des Nations Unies
00:38:58et nous parlerons
00:38:59nous serons entendus
00:39:00et nous ne serons pas
00:39:01réduits au silence
00:39:01comme votre propre peuple
00:39:03donc vous pouvez taper
00:39:04sur la table
00:39:06Et alors vous
00:39:06quand vous avez vu
00:39:07cette image Olivier
00:39:08ça vous a rappelé
00:39:09les grandes heures
00:39:10de l'ONU
00:39:10et de Nikita Khrouchev
00:39:11qui tapait sur la table
00:39:12avec sa chaussure
00:39:14Et oui
00:39:14exactement
00:39:15l'ONU a toujours été
00:39:17le théâtre
00:39:18de l'opposition
00:39:19alors à cette époque
00:39:20entre les Etats-Unis
00:39:21et l'URSS
00:39:22mais surtout
00:39:23entre les Etats-Unis
00:39:24et Cuba
00:39:25et on voit ces images
00:39:26elles datent de 1960
00:39:27vous voyez le numéro 1
00:39:28soviétique qui arrive
00:39:29Khrouchev
00:39:29vous voyez Castro
00:39:31très jeune à l'époque
00:39:33il vient aux Nations Unies
00:39:34il va prononcer
00:39:35le discours le plus long
00:39:36de l'histoire des Nations Unies
00:39:384h30
00:39:40et tout ça au nez
00:39:41à la barbe des Américains
00:39:42parce qu'il y avait
00:39:43là aussi
00:39:43une démonstration de force
00:39:45du camp
00:39:46du camp communiste
00:39:48Khrouchev
00:39:48vous le voyez
00:39:49mais quand il est dans la salle
00:39:50voilà
00:39:50il continue à mettre
00:39:51le bazar lui aussi
00:39:52il se lève
00:39:53il interrompt les orateurs
00:39:55il harangue tout le monde
00:39:57et puis
00:39:58vous allez le voir
00:40:00lui aussi
00:40:00la tradition
00:40:01de taper sur la table
00:40:02regardez
00:40:04elle vient de là
00:40:05c'est bien lui
00:40:06qui était déjà
00:40:08à la manœuvre
00:40:08alors
00:40:09pour répondre à votre question
00:40:10sur la chaussure
00:40:11de Khrouchev
00:40:12cette fameuse chaussure
00:40:13on l'a cherchée
00:40:15j'ai cherché un bon moment
00:40:16et puis j'ai demandé
00:40:17aux équipes de LCP
00:40:18de me donner un coup de main
00:40:20Khrouchev qui tape
00:40:21sur la table
00:40:22avec sa chaussure
00:40:23on l'a tous lu
00:40:24dans les livres d'histoire
00:40:25où elle est cette image
00:40:26mais elle n'existe pas
00:40:27elle n'existe pas
00:40:28parce que apparemment
00:40:30ça ne s'est pas passé
00:40:31c'est un fantasme
00:40:32c'est un mythe
00:40:33c'est un fantasme
00:40:33alors ce qui s'est bien passé
00:40:35c'est que en effet
00:40:36durant cette fameuse session
00:40:38Khrouchev
00:40:38a eu sa chaussure
00:40:39posée sur la table
00:40:40et il y a quelques années
00:40:42sa fille
00:40:42a donné la version officielle
00:40:44de ce qui s'était passé
00:40:45il avait manifestement
00:40:46un problème de cordonnerie
00:40:48il l'avait donné
00:40:49à un employé
00:40:50des Nations Unies
00:40:51qui lui avait rapporté
00:40:52pendant la session
00:40:53ce qui fait que cette chaussure
00:40:54elle est bien posée
00:40:55sur cette table
00:40:56il n'a jamais tapé avec
00:40:58néanmoins
00:40:58une dépêche AFP
00:40:59à l'époque
00:41:00l'a raconté
00:41:00ça a été repris
00:41:02dans les journaux télé
00:41:02c'est devenu
00:41:03un véritable mythe politique
00:41:05à telle enseigne
00:41:05que si vous cherchez
00:41:06sur les réseaux sociaux
00:41:07vous verrez
00:41:09Khrouchev en train de taper
00:41:10avec sa chaussure
00:41:11sur la table
00:41:12et ce sont des fakes
00:41:13c'est de l'intelligence artificielle
00:41:14entre autres
00:41:15merci Olivier
00:41:16pour cette démonstration
00:41:17place à la question
00:41:18qui fâche tout de suite
00:41:28avec cette question
00:41:29ce soir
00:41:29la France a-t-elle
00:41:30laissé tomber
00:41:31ces forêts ?
00:41:31question posée
00:41:32alors que les incendies
00:41:33continuent de ravager
00:41:34le sud de la France
00:41:35déjà 11 000 hectares
00:41:36brûlés depuis le début
00:41:38du mois de juillet
00:41:38on a longtemps pensé
00:41:40qu'il fallait surtout
00:41:40être meilleur
00:41:41pour éteindre les feux
00:41:42mais a-t-on assez investi
00:41:44dans tout ce qui se passe
00:41:45avant la première étincelle
00:41:47la prévention
00:41:48qui passe par la gestion
00:41:49de nos forêts
00:41:50semble ce soir
00:41:51un angle mort
00:41:52et on voulait vraiment
00:41:53en parler avec vous
00:41:54ce soir
00:41:54Julien Rancoul
00:41:55bonsoir
00:41:55vous êtes député
00:41:57Rassemblement National
00:41:57de l'Aude
00:41:58vous êtes aussi
00:41:59sapeur-pompier volontaire
00:42:00toujours ?
00:42:01bonsoir Andric Davy
00:42:02bonsoir
00:42:03vous êtes député écologiste
00:42:04des Bouches-du-Rhône
00:42:05merci d'être là
00:42:05et bonsoir Arthur Guerin-Turc
00:42:07bonsoir
00:42:07vous êtes géographe
00:42:08et enseignant
00:42:09à Sorbonne Université
00:42:10regardez c'est Maël Morin
00:42:11qui vous pose la question
00:42:12qui fâche
00:42:16une nouvelle journée
00:42:17à haut risque
00:42:18sur le front des incendies
00:42:19les autorités
00:42:20ont mis en garde
00:42:21contre des risques
00:42:22très élevés
00:42:23dans 7 départements
00:42:24du pourtour méditerranéen
00:42:25dans les Pyrénées-Orientales
00:42:27800 pompiers
00:42:28sont mobilisés
00:42:29pour venir à bout
00:42:30de l'incendie
00:42:31qui a déjà ravagé
00:42:325000 hectares
00:42:32selon le préfet
00:42:34la situation évolue
00:42:35favorablement
00:42:36dans la Drôme
00:42:37les vents et les reliefs
00:42:38rendent particulièrement
00:42:39compliquée
00:42:40la fixation du feu
00:42:41interpellé hier
00:42:42lors de la séance
00:42:43des questions au gouvernement
00:42:44le ministre de l'Intérieur
00:42:46fait le point
00:42:46sur les moyens mis en oeuvre
00:42:47nous sommes à 540 engins
00:42:49supplémentaires
00:42:50qui sont capables
00:42:51d'être déployés
00:42:52dans les départements
00:42:53et puis sur les moyens aériens
00:42:54nous avons commandé
00:42:56les 4 Canadair
00:42:56avec une livraison en 2028
00:42:58une livraison en 2032
00:43:00mais surtout
00:43:01nous louons
00:43:02nous avons 12 Canadair
00:43:04nous avons 8 avions d'âche
00:43:05et puis nous avons
00:43:0616 hélicoptères
00:43:07bombardiers d'eau
00:43:08que nous utilisons
00:43:10des incendies
00:43:12plus précoces
00:43:12et plus intenses
00:43:13alors que le pays
00:43:14connaît une 3ème vague
00:43:15de chaleur extrême
00:43:16en moins de 2 mois
00:43:17une loi a déjà été votée
00:43:19pour mieux anticiper
00:43:20plan de prévention
00:43:21des risques
00:43:21des incendies de forêt
00:43:22obligation de débroussaillement
00:43:24mais aujourd'hui
00:43:25faut-il aller plus loin
00:43:27des députés
00:43:28ont déposé
00:43:28un texte transpartisan
00:43:30sur l'adaptation
00:43:31des forêts
00:43:31au réchauffement climatique
00:43:32c'est notre question
00:43:34qui fâche ce soir
00:43:35comment préserver
00:43:36nos forêts
00:43:36alors que la maison brûle
00:43:39Julien Rancoule
00:43:4011 000 hectares brûlés
00:43:41depuis le début
00:43:42du mois de juillet
00:43:42c'est une catastrophe
00:43:44inévitable
00:43:45ou c'est une faillite
00:43:46de prévention
00:43:47selon vous ?
00:43:48On n'a pas anticipé
00:43:50de toute évidence
00:43:50on voit que depuis
00:43:51plusieurs années
00:43:53l'intensité des feux
00:43:56est en pleine évolution
00:43:58on voit aussi
00:43:59que la zone
00:44:00soumise aux risques
00:44:01des forêts
00:44:01s'étend vers le nord
00:44:02de plus en plus
00:44:03et on voit aussi
00:44:04le nombre de départs
00:44:05de feux
00:44:06qui s'approvent
00:44:07de plus en plus
00:44:08vous parliez tout à l'heure
00:44:09de l'aspect curatif
00:44:11effectivement
00:44:12on a des moyens
00:44:12on a des moyens
00:44:13notamment humains
00:44:14permettez-moi d'ailleurs
00:44:15de rendre hommage
00:44:15au sapeur-pompier volontaire
00:44:16qui est décédé cette nuit
00:44:17à l'âge de 22 ans
00:44:18en Savoie
00:44:18sur un feu de forêt
00:44:20mais sur le volet préventif
00:44:22effectivement
00:44:22je pense qu'on a
00:44:23beaucoup à faire
00:44:24Les pompiers disent souvent
00:44:25qu'en fait un feu
00:44:26ça s'éteint l'hiver
00:44:27est-ce qu'on a investi
00:44:29au maximum
00:44:30dans les moyens de lutte
00:44:31et on l'a encore vu
00:44:32avec les canadaires
00:44:32qui vont arriver
00:44:33et finalement
00:44:34pas assez dans l'entretien ?
00:44:36Sur les moyens de lutte
00:44:37j'aurais des choses à dire
00:44:38parce qu'on a la même flotte
00:44:40aérienne
00:44:40depuis des décennies
00:44:42et il est temps
00:44:43je pense aujourd'hui
00:44:44de l'étendre
00:44:45le président de la République
00:44:46avait promis d'ailleurs
00:44:47de passer de 12 à 16 canadaires
00:44:49à la fin de son mandat
00:44:50donc d'ici 2027
00:44:52cet objectif
00:44:53ne sera absolument pas atteint
00:44:54et il y a une question
00:44:55il y a une question
00:44:56d'anticipation
00:44:56sur cet aspect-là
00:44:57mais effectivement
00:44:58sur l'entretien des massifs
00:44:59là aussi il y a une question
00:45:00de gouvernance
00:45:01moi je vois que
00:45:01dans le département de l'Aude
00:45:02des plans de la préfecture
00:45:05en 2008 et en 2018
00:45:07soulignait déjà
00:45:08le manque d'entretien
00:45:09de ces massifs
00:45:09et des travaux
00:45:11à entreprendre
00:45:12qui ne sont toujours pas réalisés
00:45:14et aujourd'hui
00:45:15on déploie les résultats
00:45:16Andric David
00:45:17vous co-signez
00:45:18une proposition de loi
00:45:19qui a été présentée aujourd'hui
00:45:22et qui dit que finalement
00:45:22le problème
00:45:23c'est pas seulement le feu
00:45:24c'est l'état de la forêt
00:45:25avant le feu
00:45:26qu'est-ce qu'on fait
00:45:27mal aujourd'hui ?
00:45:29Alors avant
00:45:29en préambule
00:45:30moi vous savez
00:45:30j'ai été directeur de recherche
00:45:32à l'INRAE
00:45:32et je travaillais
00:45:33dans un laboratoire
00:45:33à Avignon
00:45:35et j'ai beaucoup de collègues
00:45:36qui sont les spécialistes du feu
00:45:37et ce qu'ils nous disaient
00:45:38depuis une dizaine d'années
00:45:39c'est que quand il fait plus chaud
00:45:41et plus sec
00:45:41ils font des formidables cartes
00:45:42qui nous montrent
00:45:43que des méga-feux arriveront
00:45:44et arriveront dans le sud de la France
00:45:46ils arriveront en Bourgogne
00:45:46ils arriveront partout
00:45:47donc je commence toujours par dire
00:45:49que la meilleure façon
00:45:50de lutter contre le risque incendie
00:45:51c'est d'atténuer
00:45:52le changement climatique
00:45:52il faudra un moment
00:45:53qu'on le redise
00:45:54et la France peut montrer l'exemple
00:45:56elles n'ont pas suffisamment
00:45:57l'exemple
00:45:57en termes de transport en commun
00:45:59en termes de limitation
00:46:00de ces émissions de gaz à effet de serre
00:46:02ensuite
00:46:02est-ce qu'on fait assez
00:46:03je crois que ça a bien été dit
00:46:05c'est-à-dire que
00:46:05sur les moyens qu'on donne aux pompiers
00:46:07on peut faire mieux
00:46:08je pense qu'il faut faire mieux
00:46:09c'est pour ça que dans la proposition de loi
00:46:10le premier article
00:46:11c'est qu'on a un fonds d'urgence
00:46:13pour la prévention des incendies de forêt
00:46:15mais en réalité
00:46:16on fait déjà pas mal
00:46:17mais bon
00:46:18il faut des moyens
00:46:19notamment parce qu'il faut plus de pompiers
00:46:21il faut aussi plus de moyens
00:46:22en termes de canadaires
00:46:23donc voilà
00:46:24il faut des moyens
00:46:24mais néanmoins il faut plus de prévention
00:46:26et quand j'ai vu
00:46:26monsieur Lecornu à Marseille
00:46:28puisqu'il est venu à Marseille
00:46:28au début de la saison des feux
00:46:29il a lui-même reconnu
00:46:31que le sujet prévention
00:46:32était central
00:46:34donc qu'est-ce qu'on propose
00:46:35dans cette loi
00:46:36c'est simple
00:46:37on se dit qu'il faut à la fois
00:46:39une gestion forestière
00:46:41qui permette
00:46:42de préserver la continuité du couvert
00:46:44au sens où
00:46:45on veut éviter
00:46:46qu'il y ait trop de coupes rases
00:46:47mais en même temps
00:46:48il faut avoir
00:46:49une gestion forestière
00:46:50qui permette
00:46:51de retirer du bois
00:46:53parce qu'on en a besoin
00:46:53pour la construction
00:46:54on a besoin pour nos papretis
00:46:55on a besoin pour se chauffer
00:46:57mais il y a des parcelles
00:46:59qui ne sont pas du tout gérées
00:46:59et notamment dans le sud-est
00:47:01elles ne sont pas gérées
00:47:01pourquoi ?
00:47:02parce qu'on a un morcellement
00:47:02de la propriété forestière
00:47:03et donc on se retrouve
00:47:04avec certains endroits
00:47:06où on mobilise trop le bois
00:47:07et certains endroits
00:47:10notamment en région méditerranéenne
00:47:11où il n'y a pas assez
00:47:12de mobilisation de bois
00:47:12donc notre proposition de loi
00:47:14vise à mobiliser
00:47:15de façon plus homogène
00:47:16le bois
00:47:16avec une civiculture mélangée
00:47:19à couvert continu
00:47:20mais qui aussi
00:47:21mettent le paquet
00:47:22quand vous dites à couvert continu
00:47:23pour que le public comprenne bien
00:47:24c'est avec le même nombre d'arbres
00:47:25non à couvert continu
00:47:26c'est pas ça
00:47:27c'est l'idée que
00:47:28quand vous avez une coupe rase
00:47:30vous avez des
00:47:30en gros
00:47:31quand on coupe un arbre
00:47:32voilà
00:47:32quand vous coupez
00:47:33toute une forêt
00:47:34pas un arbre
00:47:34quand vous coupez
00:47:35toute une forêt
00:47:35vous avez une émission
00:47:37de gaz à effet de serre
00:47:38parce que le sol émet
00:47:39du coût du CO2
00:47:40et donc pour l'atténuation
00:47:41du changement climatique
00:47:42c'est pas souhaitable
00:47:44pour la biodiversité
00:47:44c'est pas souhaitable
00:47:45il y a des fois
00:47:46on ne peut pas faire autrement
00:47:47quand il y a des dépérissements
00:47:48on ne peut pas faire autrement
00:47:48mais par contre
00:47:49on a besoin
00:47:50et c'est là où c'est pas simple
00:47:51pour les citoyens
00:47:51on a besoin de coupures
00:47:52de combustible
00:47:53c'est-à-dire qu'on a besoin
00:47:53dans des endroits
00:47:54de ne pas avoir de forêt
00:47:56pour éviter la propagation du feu
00:47:57donc tout ça
00:47:58ça se gère
00:47:59et notamment
00:48:00par les obligations légales
00:48:01de débroussaillement
00:48:02c'est très important
00:48:03il y a la loi de 2023
00:48:04qui a fait beaucoup de choses
00:48:05mais je crois
00:48:06et on va essayer
00:48:07d'aller plus loin
00:48:08des OLD
00:48:09qui ne sont pas appliquées
00:48:10qui ne sont pas appliquées
00:48:1130% seulement
00:48:12des obligations légales
00:48:13de débroussaillage
00:48:14sont appliquées
00:48:15j'en discute
00:48:15ça veut dire qu'il y a
00:48:18pardon
00:48:18ça veut dire qu'il y a
00:48:1870% des zones
00:48:20qui devraient être débroussaillées
00:48:22qui ne le sont pas
00:48:22on en discutait
00:48:23avec le maire de Marseille
00:48:24et avec le Premier ministre
00:48:25je ne crois pas moi
00:48:26que la solution
00:48:27soit juste une solution
00:48:28dans la sanction
00:48:30c'est-à-dire qu'il y a
00:48:31des propriétaires d'un côté
00:48:32à la fois des maisons
00:48:33et des propriétaires des forêts
00:48:35c'est pas en leur mettant
00:48:36des amendes de plus en plus chères
00:48:37et puis les maires
00:48:37ne veulent pas forcément
00:48:38mettre des
00:48:39voilà
00:48:39il faut que collectivement
00:48:40on gère ça
00:48:41et notamment
00:48:42ce qui était proposé
00:48:43par le groupe écologiste
00:48:44c'est qu'il y a une taxe
00:48:45qui soit sur ces propriétaires
00:48:47qui permettent ensuite
00:48:47aux collectivités territoriales
00:48:49de mettre en oeuvre
00:48:50ces OLD
00:48:52quand les propriétaires
00:48:53eux-mêmes
00:48:53sont face à un désarroi
00:48:55ils ont une propriété
00:48:56ils ne savent pas forcément
00:48:56comment mettre en oeuvre ça
00:48:57donc il faut en tout cas
00:48:58et moi j'ai rencontré
00:49:00les citoyens
00:49:01à l'Estac
00:49:01qui organisent
00:49:03les lisières justement
00:49:04après l'incendie
00:49:05de l'Estac
00:49:05qui était dramatique aussi
00:49:07pour les Marseillaises
00:49:08et les Marseillais
00:49:08et ils essaient
00:49:10d'organiser cette réflexion
00:49:11autour des OLD
00:49:12et autour des lisières
00:49:13entre la forêt et l'habitat
00:49:14dernier point
00:49:15juste dernier point
00:49:16il faut aussi arrêter
00:49:16de construire en forêt
00:49:18il y a un vrai problème
00:49:19de maillage territorial
00:49:21on construit trop de logements
00:49:22encore en zone périurbaine
00:49:24qui sont
00:49:25quand dit le géographe
00:49:27spécialiste des forêts
00:49:28que vous êtes
00:49:28Arthur Guérin-Turc
00:49:30alors sur la question
00:49:31de l'urbanisation
00:49:32pour rebondir
00:49:33il existe les PPRIF
00:49:35en fait les plans de prévention
00:49:36risque incendie de forêt
00:49:37qui sont
00:49:39surtout
00:49:40surtout appliqués
00:49:41enfin il y en a le plus
00:49:42il y en a beaucoup
00:49:42dans les Alpes maritimes
00:49:43mais dans le Var
00:49:44mais beaucoup de communes
00:49:46n'ont pas encore
00:49:46de PPRIF
00:49:48et c'est un manque
00:49:49que là encore
00:49:49il y a beaucoup de retard
00:49:51et dans la continuité
00:49:52de ce qui a été dit
00:49:53sur la prévention
00:49:54j'insisterai sur la nécessité
00:49:56d'aborder la question
00:49:58non pas uniquement
00:49:58à l'échelle de la parcelle
00:50:00de la maison
00:50:00ni même de la commune
00:50:01mais bien du massif forestier
00:50:03c'est-à-dire
00:50:03à une échelle régionale
00:50:04et envisager
00:50:05un aménagement du territoire
00:50:08qui soit concerté
00:50:09à l'échelle de chaque massif
00:50:10où on réfléchisse
00:50:12en effet
00:50:12à des coupures
00:50:13de combustibles
00:50:13à des coupes-feux
00:50:14qui permettent justement
00:50:15de réduire la masse
00:50:17on a tendance à penser
00:50:18que la forêt française
00:50:19c'est un patrimoine national
00:50:21pas du tout
00:50:2275% de nos forêts
00:50:23appartiennent
00:50:24à des propriétaires privés
00:50:25donc en fait c'est ça
00:50:26aujourd'hui on gère
00:50:27parcelle par parcelle
00:50:28beaucoup de petits propriétaires
00:50:29et de petites parcelles
00:50:32Oui d'où l'importance
00:50:33en fait que justement
00:50:35l'État s'engage
00:50:36dans une planification
00:50:37d'un aménagement
00:50:39du territoire
00:50:40qui aille dans le sens
00:50:41en effet d'une prévention
00:50:42et d'une anticipation
00:50:44du feu
00:50:45parce qu'on sait
00:50:45que les feux
00:50:46vont se multiplier
00:50:47ils sont plus intenses
00:50:48mais ils sont aussi
00:50:48plus rapides
00:50:49c'est-à-dire que
00:50:50quand un feu démarre
00:50:51et bien c'est de plus en plus
00:50:52difficile pour les pompiers
00:50:53Pourquoi c'est plus rapide
00:50:55qu'avant ?
00:50:55C'est plus rapide qu'avant
00:50:56parce que le changement
00:50:57climatique s'accélère
00:50:59et que les températures
00:51:00sont de plus en plus élevées
00:51:02que le taux d'humidité
00:51:03est de plus en plus bas
00:51:04bref les conditions
00:51:06sont de pire en pire
00:51:08sur le front des incendies
00:51:09donc on va vers
00:51:10une nouvelle nature
00:51:11de feu
00:51:12ce qu'on appelle parfois
00:51:13des méga-feux
00:51:15c'est-à-dire des feux
00:51:15qu'on ne parvient pas
00:51:16à maîtriser
00:51:17Dont on parlait
00:51:18en Californie par exemple
00:51:19mais pas en France
00:51:20Voilà
00:51:21ces nouveaux incendies
00:51:23arrivent en France
00:51:24depuis 2019
00:51:252022
00:51:25en a été un exemple
00:51:27assez flagrant
00:51:28et là encore
00:51:28on le voit
00:51:28dans les Pyrénées-Orientales
00:51:29Comment les pompiers
00:51:31Julien Rancoule
00:51:32puisque je rappelle
00:51:32que vous êtes un sapeur
00:51:33pompier volontaire
00:51:34comment les pompiers
00:51:35s'adaptent
00:51:35à ces nouveaux
00:51:36méga-feux
00:51:37on ne lutte pas
00:51:38de la même façon
00:51:40Disons qu'on passe
00:51:41sur une logique offensive
00:51:43souvent à une logique défensive
00:51:45on se met en point d'appui
00:51:46pour protéger
00:51:47notamment les habitations
00:51:48et les communes
00:51:49tout simplement
00:51:50parce qu'on se retrouve
00:51:51sur des feux
00:51:52qui sont dans un premier temps
00:51:54non maîtrisables
00:51:55on reprend le feu
00:51:56de Ribot
00:51:56l'an dernier
00:51:57dans les Corbières
00:51:58qui a parcouru
00:51:5817 000 hectares
00:51:59sur une vitesse de pointe
00:52:01à près de 9 km heure
00:52:02ce sont des feux
00:52:03sur lesquels
00:52:03on ne peut pas
00:52:04concrètement agir
00:52:05dans les premières heures
00:52:06et donc
00:52:07l'objectif principal
00:52:08désormais
00:52:08c'est souvent
00:52:09de protéger
00:52:09les habitations
00:52:10sur de tels feux
00:52:11et puis après
00:52:12il y a les moyens aériens
00:52:13qui sont déterminants
00:52:14Mais est-ce que
00:52:15les moyens aériens
00:52:16les canadaires
00:52:17est-ce que c'est une forme
00:52:18de lutte contre le feu
00:52:19qui est adaptée
00:52:20au méga-feu ?
00:52:22Dans une certaine mesure
00:52:23oui
00:52:23là aussi
00:52:23dans une logique
00:52:24préventive aussi
00:52:25d'ailleurs
00:52:26parce qu'il peut y avoir
00:52:26des largages
00:52:27notamment pour faire
00:52:28des retardants
00:52:29pour protéger
00:52:30des points sensibles
00:52:31notamment des habitations
00:52:32et puis on peut réduire
00:52:34le front de feu
00:52:35grâce aux moyens aériens
00:52:36et vous avez aujourd'hui
00:52:36des solutions qui émergent
00:52:37je pense au Frégat
00:52:39donc une société française
00:52:40In Aero
00:52:41qui veut produire
00:52:43un avion bombardier
00:52:44d'eau français
00:52:44qui pourrait sortir
00:52:46d'usine d'ici 2031
00:52:48avec des capacités
00:52:50supérieures
00:52:50aux canadaires actuelles
00:52:51et qui serait
00:52:54vraiment pertinent
00:52:55pour les feux
00:52:56Mais là on est encore
00:52:57dans le curatif
00:52:58quand on parle
00:52:59de prévention
00:53:00en fait l'idée
00:53:01c'est Arthur
00:53:02Guérin-Turc
00:53:03il faut empêcher
00:53:04que le feu
00:53:05ait quelque chose
00:53:05à manger en fait
00:53:06En fait il faut réduire
00:53:07le combustible
00:53:10alors on ne va pas couper
00:53:11toute la forêt
00:53:12évidemment
00:53:12mais il faut
00:53:13faire des coupures
00:53:14de combustible
00:53:15qui soient en effet
00:53:16planifiées à l'avance
00:53:18pour donner
00:53:19en effet
00:53:19le moins à manger
00:53:20J'essaie d'être
00:53:21le plus
00:53:22quand vous dites
00:53:23coupure de combustible
00:53:24Coupure de combustible
00:53:24en fait c'est un espace
00:53:25qui est déboisé
00:53:28c'est un espace
00:53:28C'est une clairière ?
00:53:30C'est plus qu'une clairière
00:53:31parce qu'en fait
00:53:31il faut vraiment
00:53:32qu'il y ait un par
00:53:33enfin que ce soit
00:53:33un espace assez large
00:53:34quand même
00:53:35donc on peut imaginer
00:53:36de l'agriculture
00:53:37de la viticulture
00:53:38du pastoralisme
00:53:38on peut imaginer
00:53:39d'autres choses
00:53:40dans ces espaces
00:53:42qui ne soient pas
00:53:43qui ne soient pas boisés
00:53:44Vous dites aussi
00:53:45qu'il faut des zones
00:53:45sans arbres
00:53:46autour des villages
00:53:47Alors ces zones
00:53:48sans arbres
00:53:48en fait c'est
00:53:48cette interface
00:53:49habitat forêt
00:53:50entre le village
00:53:51et la forêt
00:53:52on peut imaginer
00:53:52d'autres
00:53:53on peut imaginer
00:53:55évidemment
00:53:55d'autres activités
00:53:56mais voilà
00:53:58il faut évidemment
00:53:59que ça soit toujours
00:53:59en concertation
00:54:00avec la population
00:54:01c'est toujours
00:54:01la population
00:54:02qui sait le mieux
00:54:03en effet
00:54:03ce qu'il faut faire
00:54:05et ce dont elle a besoin
00:54:05aussi aux alentours
00:54:07de ces villages
00:54:07Il y a des questions
00:54:08téléspectateurs
00:54:09Olivier
00:54:09qui est posée par Simon
00:54:11qui s'interroge
00:54:12sur l'état
00:54:14de l'ONF
00:54:14est-ce qu'il a suffisamment
00:54:15de moyens
00:54:16est-ce qu'il est encore actif
00:54:18est-ce que c'est un acteur
00:54:19de cette lutte contre le feu
00:54:20que je complète
00:54:21avec la question de Marilyn
00:54:22qui rejoint ce que vous disiez
00:54:23est-ce qu'il faut créer
00:54:23plus de lacs
00:54:24de retenue d'eau
00:54:25de mardeau
00:54:26à proximité
00:54:27des villages par exemple
00:54:28pour pouvoir être efficace
00:54:30Alors sur l'ONF
00:54:31c'est peut-être
00:54:32l'Office National des Forêts
00:54:33c'est peut-être Andric Davy
00:54:33qui va pouvoir répondre
00:54:35parce qu'il se trouve
00:54:36qu'il y a une mesure
00:54:36dans votre texte
00:54:38On est passé de 15 000
00:54:38agents ONF
00:54:39à 8 000
00:54:40entre les années 2000
00:54:41et aujourd'hui
00:54:42On a diminué drastiquement
00:54:43le nombre d'agents ONF
00:54:45et nous ce qu'on a redit
00:54:46au sein du collectif
00:54:48transpartisan
00:54:49et qui a porté
00:54:50cette proposition de loi
00:54:51c'est qu'on n'adaptera pas
00:54:52les forêts sans forestiers
00:54:54comme d'ailleurs
00:54:54on ne combatte pas
00:54:55le feu sans pompier
00:54:56même si on a plein de canadaires
00:54:58il faut des pompiers
00:54:59et voilà
00:54:59donc nous ce qu'on propose
00:55:01c'est de revenir
00:55:01à 9 300 agents ONF
00:55:05d'ici 2030
00:55:07et pour
00:55:07parce qu'il n'y a pas
00:55:08que l'ONF
00:55:08qui est important
00:55:09il y a aussi le CNPF
00:55:10puisqu'on a une grande partie
00:55:11de nos forêts
00:55:11qui sont privées
00:55:12et donc il faut aussi
00:55:13des agents CNPF
00:55:14et là très concrètement
00:55:15par rapport à la loi de 2023
00:55:16je les ai auditionnés
00:55:17il n'y a pas longtemps
00:55:17donc le CNPF
00:55:18c'est le centre national
00:55:19de la propriété forestière
00:55:20et en gros
00:55:21ils accompagnent
00:55:22les propriétaires forestiers
00:55:23pour les plans de gestion
00:55:24quand ils sont privés
00:55:26et donc ce qu'ils nous ont dit
00:55:27c'est que la loi
00:55:28a permis de rendre obligatoires
00:55:30les plans simples de gestion
00:55:32en deçà de 25 hectares
00:55:34donc entre 20 et 25 hectares
00:55:35ce qui était nouveau dans la loi
00:55:36mais ils n'ont pas pu
00:55:37le mettre en oeuvre
00:55:37parce qu'il leur manque des agents
00:55:38ils nous ont dit
00:55:39il nous manque par exemple
00:55:40près de 40 à 50 agents
00:55:42pour mettre ça en oeuvre
00:55:43et bien typiquement
00:55:44dans notre proposition de loi
00:55:45pour 2027
00:55:46il y a ces 50 agents
00:55:46et il faut enfin
00:55:48que nos gouvernements successifs
00:55:49comprennent
00:55:50qu'on a au moins besoin de ça
00:55:51c'est le minimum
00:55:52pour essayer d'accompagner
00:55:54les propriétaires forestiers
00:55:55à finalement avoir
00:55:56ces plans simples de gestion
00:55:57qui permettent aussi
00:55:57de réduire le combustible
00:55:59et d'autres
00:56:00juste je rebondis
00:56:01sur ce que vous disiez
00:56:02sur le combustible
00:56:02je pense que
00:56:03le silvopastoralisme
00:56:05par exemple
00:56:05est un autre exemple
00:56:06qui permet de réduire le combustible
00:56:07et qui permet d'aménager aussi
00:56:10finalement
00:56:11intelligemment
00:56:12notre territoire
00:56:12c'est-à-dire de faire paître
00:56:13des bêtes dans les bois
00:56:14faire paître des vaches
00:56:15et des brebis
00:56:15alors c'est vrai que ça pose
00:56:17des problèmes de régénération
00:56:18les professionnels
00:56:19de la sylviculture
00:56:21qu'on peut interroger
00:56:22se plaignent aussi
00:56:23de l'empilement
00:56:24des normes
00:56:25je vous donne un exemple
00:56:26dans les forêts
00:56:27du 15 mars au 15 août
00:56:29tout travail forestier
00:56:30est verbalisable
00:56:31parce que
00:56:32c'est notamment
00:56:33une période de nidification
00:56:35or c'est aussi la période
00:56:37où on peut débroussailler
00:56:38parce que ça a beaucoup poussé
00:56:39au printemps
00:56:40et que c'est là
00:56:40qu'il faut nettoyer
00:56:42bon
00:56:42dans le Var
00:56:43en 2023
00:56:44on peut citer
00:56:45l'exemple de la forêt
00:56:46de Gonfaron
00:56:47qui n'avait pas été débroussaillé
00:56:48pour protéger
00:56:49une espèce de tortue
00:56:51il se trouve que
00:56:52ça n'a pas été débroussaillé
00:56:53et que cette forêt
00:56:53a brûlé sur 7000 hectares
00:56:55et les tortues
00:56:56qui étaient dans cette forêt
00:56:57aussi
00:56:59est-ce qu'à un moment
00:57:01il faut arbitrer aussi
00:57:02entre la protection
00:57:04des espèces
00:57:04et la protection des forêts
00:57:05alors la conviction
00:57:06qu'on a au sein
00:57:07du groupe transpartisan
00:57:08c'est qu'on n'adaptera pas
00:57:09la forêt de Paris
00:57:10et que si on veut
00:57:12résoudre ces contradictions-là
00:57:13ça se fait sur les territoires
00:57:14et quand on a auditionné
00:57:16le centre national
00:57:16de la propriété forestière
00:57:17ils nous ont dit
00:57:17que dans certains cas
00:57:18si on se met tous autour
00:57:19de la table
00:57:20on arrive à trouver
00:57:21les moyens
00:57:21pour qu'il y ait à la fois
00:57:22la protection des espèces
00:57:23et à la fois
00:57:24les interventions
00:57:25pour les travaux forestiers
00:57:26c'est parfaitement possible
00:57:27mais il faut que tous les acteurs
00:57:29se mettent d'accord
00:57:30sur un territoire
00:57:31et ça
00:57:32ça peut se faire que par
00:57:33l'aide aussi financière
00:57:35de l'État
00:57:36pour que ces acteurs
00:57:37puissent dialoguer
00:57:37et en tout cas
00:57:38ils nous ont donné des exemples
00:57:39dans lesquels ça marche
00:57:40parce qu'effectivement ça
00:57:41si vous prenez globalement
00:57:42il y a une contrainte
00:57:44environnementale
00:57:44et notamment de biodiversité
00:57:45qui semble incommensurable
00:57:47avec les problèmes
00:57:47de gestion civicole
00:57:49et en réalité
00:57:50quand on prend territoire
00:57:51par territoire
00:57:51parcelle par parcelle
00:57:52on arrive à se mettre
00:57:53d'accord sur les territoires
00:57:54en fait quand je vous écoute
00:57:55je ne pensais pas
00:57:56que le feu
00:57:57c'était aussi politique
00:57:58c'est politique
00:57:59ou c'est politique
00:58:00oui mais évidemment
00:58:01c'est politique
00:58:01et il ne faut pas avoir ça
00:58:02uniquement comme un objet naturel
00:58:04qui viendrait percuter
00:58:05comme ça
00:58:05nos sociétés bien tranquilles
00:58:07c'est toujours un révélateur
00:58:08des territoires
00:58:08donc le feu de 2022
00:58:09a révélé
00:58:10aussi les fragilités
00:58:12de la monoculture
00:58:12forestier-landaise
00:58:14et en 2025
00:58:15le feu de Gironde
00:58:16le feu de Gironde
00:58:17tout à fait
00:58:17et le feu de 2025
00:58:18de Ribot
00:58:19a aussi révélé
00:58:20toute la déprise
00:58:21et l'abandon
00:58:21du territoire des Corbières
00:58:22typiquement la Gironde
00:58:24on nous dit
00:58:24c'est très
00:58:26les plantations
00:58:27c'est très
00:58:27on mobilise le bois massivement
00:58:29c'est aussi le manque
00:58:29de pistes forestières
00:58:30pour que les propriétés
00:58:31puissent accéder au feu
00:58:32un dernier mot Julien
00:58:33Rancoul
00:58:34tout à fait
00:58:35je rejoins sur les normes
00:58:37effectivement
00:58:37moi j'estime
00:58:38qu'il y a beaucoup
00:58:38trop de normes aujourd'hui
00:58:40il faut savoir
00:58:40qu'une forêt
00:58:42entretenue
00:58:43du moins exploitée
00:58:45a beaucoup moins de risques
00:58:46au feu de forêt
00:58:47que par chez moi
00:58:48où on a beaucoup
00:58:49de maquis
00:58:49de gariguin
00:58:51et de landes
00:58:52qui ne sont pas entretenues
00:58:53encore une fois
00:58:54on a des plans départementaux
00:58:56qui demandent
00:58:56la création de pistes
00:58:57quand vous avez
00:58:58des forêts
00:58:58qui sont exploitées
00:59:00et chez moi
00:59:00j'ai des jeunes
00:59:01sylviculteurs
00:59:02qui veulent s'installer
00:59:03qui souhaiteraient
00:59:04justement créer des pistes
00:59:05et ils sont bloqués
00:59:06par des normes absurdes
00:59:08peut-être un dernier mot
00:59:09sur cette écologie punitive
00:59:11vous parliez tout à l'heure
00:59:12des retenues collinaires
00:59:13etc
00:59:14on a justement besoin
00:59:15on avait des villages
00:59:16sur les feux des Corbières
00:59:17des villages
00:59:18où il n'y avait pas
00:59:19d'eau au poteau incendie
00:59:21et justement
00:59:23les écologistes
00:59:24empêchent
00:59:25ces projets
00:59:25d'aboutir
00:59:26ce qui pénalise
00:59:27forcément l'agriculture
00:59:28la population
00:59:29mais aussi
00:59:29la prévention
00:59:30pour les risques incendie
00:59:31merci à tous les trois
00:59:32en tout cas
00:59:33d'être venus en parler
00:59:33ce soir
00:59:34dans chaque voix
00:59:35compte tout de suite
00:59:35c'est Bourbon Express
00:59:36et le journal
00:59:36de l'Assemblée Nationale
00:59:37avec Marco Pommier
00:59:44bonsoir Marco
00:59:45à la une de Bourbon Express
00:59:47ce soir d'abord
00:59:47il faut revenir
00:59:49sur l'ambiance électrique
00:59:50hier soir
00:59:51dans l'hémicycle
00:59:52multiples rappels
00:59:53au règlement
00:59:54suspension de séances
00:59:55invectives
00:59:56et sanctions
00:59:57au coeur des tensions
00:59:58une proposition loi
00:59:59portée par les républicains
01:00:00et soutenue
01:00:01par le gouvernement
01:00:02son objectif
01:00:03instauré
01:00:04pour les policiers
01:00:05et les gendarmes
01:00:05une présomption
01:00:06d'usage légitime
01:00:07de leur arme à feu
01:00:08la gauche
01:00:09a dénoncé hier
01:00:10un permis de tuer
01:00:11des débats
01:00:12qui se sont déroulés
01:00:13sous les yeux
01:00:13de collectives
01:00:14de victimes
01:00:15de tirs policiers
01:00:16invités
01:00:17par la France Insoumise
01:00:18il y a ici
01:00:19des familles de victimes
01:00:20dans l'hémicycle
01:00:22de l'Assemblée Nationale
01:00:23vous ne les avez
01:00:24même pas écoutés
01:00:25vous ne les avez
01:00:26même pas entendus
01:00:27vous n'avez même
01:00:28pas parlé avec eux
01:00:29vous ne les avez
01:00:30même pas reçus
01:00:32franchement
01:00:32monsieur le ministre
01:00:33de l'Intérieur
01:00:34j'ai honte pour vous
01:00:35demain
01:00:36ce seront des vies
01:00:37supplémentaires
01:00:37qui seront prises
01:00:38des jeunes gens
01:00:39qui sur la base
01:00:40de leur origine
01:00:41réelle ou supposée
01:00:42seront tués
01:00:44ce seront des familles
01:00:45endeuillées
01:00:46par centaines
01:00:48comment pouvez-vous dire
01:00:49qu'avec ce texte
01:00:51il y a des personnes
01:00:52qui vont perdre la vie
01:00:53du fait de l'action
01:00:53de la police
01:00:55de la gendarmerie
01:00:56mais comment pouvez-vous
01:00:57dire ça madame
01:00:58madame la députée
01:01:00il y a un cadre
01:01:01légal et réglementaire
01:01:02qui encadre
01:01:03toutes les interventions
01:01:04de police
01:01:04pour chacune des affaires
01:01:06pour chacune des affaires
01:01:08où la police
01:01:08est mise en cause
01:01:09il y a des investigations
01:01:10judiciaires
01:01:11il y a des enquêtes
01:01:12judiciaires
01:01:13vous donnez l'impression
01:01:14qu'il y aura une forme
01:01:15d'irresponsabilité pénale
01:01:17c'est complètement faux
01:01:18et la gauche
01:01:20et la gauche avait déposé
01:01:20des centaines d'amendements
01:01:22pour empêcher le vote
01:01:23du texte
01:01:23alors pour contourner
01:01:24cette obstruction
01:01:25le gouvernement a dégainé
01:01:26l'article 44
01:01:28alinéa 2
01:01:28de la constitution
01:01:29un outil
01:01:30qui lui permet
01:01:31de retenir
01:01:31les amendements
01:01:32qu'il a choisis
01:01:33pour accélérer
01:01:33l'examen du texte
01:01:34ça n'a pas empêché
01:01:35les débats
01:01:36de dégénérer
01:01:37plusieurs incidents
01:01:38ont éclaté
01:01:39entre la gauche
01:01:39et la présidente de séance
01:01:41la députée
01:01:41et reine Hélène Laporte
01:01:43Madame Sébahi
01:01:44allez-y
01:01:45Madame la Présidente
01:01:47je m'appelle
01:01:47Farida Amrani
01:01:49pas Madame Sébahi
01:01:50c'est pas parce qu'on a
01:01:51la même couleur
01:01:51que ça donne pareil
01:01:52c'est une honte
01:01:53de se tromper de nom
01:01:54je m'en excuse
01:01:55de me tromper de nom
01:01:56c'est souvent
01:01:57c'est souvent chez vous
01:01:59Madame la Présidente
01:02:00un arabe égale un arabe
01:02:01c'est ça le problème
01:02:02avec vous
01:02:03voilà ce qui arrive
01:02:04quand on confie
01:02:05la présidence
01:02:05de l'Assemblée nationale
01:02:06à l'extrême droite
01:02:07raciste et affairiste
01:02:15je vais vous dire
01:02:16quelque chose
01:02:18humainement
01:02:18humainement
01:02:19en ma qualité
01:02:20de femme
01:02:21c'est une honte
01:02:23ce que vous faites
01:02:24c'est une honte
01:02:25ce que vous faites
01:02:31grande tension
01:02:32dans l'hémicycle
01:02:33finalement
01:02:34les députés
01:02:35ont fini par adopter
01:02:36le texte
01:02:36avec les voix
01:02:37de la droite
01:02:37du RN
01:02:38et d'une grande
01:02:38majorité
01:02:39du bloc central
01:02:40quelques instants
01:02:41plus tard
01:02:41nouvel incident
01:02:42dans les tribunes
01:02:43c'était une soirée sans fin
01:02:45regardez
01:02:45certains députés
01:02:47ont filmé
01:02:47des membres
01:02:48du comité Traoré
01:02:49expriment leur
01:02:50mécontentement
01:02:51pas de justice
01:02:52pas de paix
01:02:53ont-ils scandé
01:02:54dans l'hémicycle
01:02:54évacué
01:02:55par les fonctionnaires
01:02:56de l'Assemblée
01:02:57le texte
01:02:58va maintenant
01:02:58être examiné
01:02:59au Sénat
01:02:59autre actualité
01:03:01Emmanuel Macron
01:03:03a proposé son candidat
01:03:04au poste
01:03:04de défenseur des droits
01:03:05il s'agit
01:03:06de François
01:03:07Noël Buffet
01:03:08sénateur
01:03:08Les Républicains
01:03:09nomination annoncée
01:03:11hier dans un communiqué
01:03:12de l'Elysée
01:03:13pour remplacer Claire Hédon
01:03:14qui quitte ses fonctions
01:03:15ce mois-ci
01:03:16alors cette nomination
01:03:18elle doit encore être validée
01:03:19par l'Assemblée
01:03:19et le Sénat
01:03:20mais son profil
01:03:21est contesté
01:03:22à gauche
01:03:22notamment
01:03:23François Noël Buffet
01:03:24était opposé
01:03:25au mariage pour tous
01:03:26en 2013
01:03:26à l'extension
01:03:27de la PMA
01:03:28en 2020
01:03:29Boris Vallaud
01:03:30le président du groupe
01:03:31socialiste
01:03:31à l'Assemblée
01:03:32a réagi
01:03:33sur X
01:03:34Emmanuel Macron
01:03:35confie la défense
01:03:36des droits
01:03:37à un homme
01:03:37qui a voté
01:03:38contre eux
01:03:38une provocation
01:03:40et cette contestation
01:03:42elle dépasse aussi
01:03:43le cadre politique
01:03:44plusieurs dizaines
01:03:45d'organisations
01:03:46dénoncent également
01:03:47cette candidature
01:03:48la Ligue des droits
01:03:49de l'homme
01:03:49Amnesty International France
01:03:51ou encore le syndicat
01:03:52de la magistrature
01:03:52ces organisations
01:03:53elles ont lancé
01:03:54une pétition
01:03:55fin mai
01:03:55pour s'y opposer
01:03:56pétition qui a recueilli
01:03:57ce soir
01:03:58pour le moment
01:03:59près de 110 000 signatures
01:04:00Et on termine Marco
01:04:01avec cet accord
01:04:02trouvé entre députés
01:04:03et sénateurs
01:04:04sur le projet de loi
01:04:04justice criminelle
01:04:05Oui ils sont parvenus
01:04:06ce matin
01:04:07à un compromis
01:04:08en commission
01:04:08mixte paritaire
01:04:09en CMP
01:04:10sur le texte
01:04:11défendu par Gérald Darmanin
01:04:13objectif
01:04:14désengorger les tribunaux
01:04:15au passage
01:04:16le texte a perdu
01:04:17sa mesure la plus emblématique
01:04:18le garde des sociétés
01:04:20engagé en juin
01:04:20le plaid des coupables
01:04:22mesure vivement critiquée
01:04:23par les avocats
01:04:24et une partie des magistrats
01:04:25en revanche
01:04:26le texte autorise
01:04:27la justice
01:04:28à consulter
01:04:29les données génétiques
01:04:30détenues par les entreprises
01:04:31qui commercialisent
01:04:32les tests ADN
01:04:33dits récréatifs
01:04:34c'est très répandu
01:04:35aux Etats-Unis
01:04:36le projet de loi
01:04:37doit maintenant
01:04:38être définitivement adopté
01:04:39ce soir à l'Assemblée
01:04:40puis jeudi
01:04:41au Sénat
01:04:42On fera une émission
01:04:43sur l'ADN récréatif
01:04:44quand vous voulez
01:04:45Merci
01:04:45Merci beaucoup Marco
01:04:47Merci à vous
01:04:48d'être venu ce soir
01:04:49Merci Elsa et Olivier
01:04:51Merci à vous
01:04:52chez vous
01:04:52de nous avoir suivis
01:04:53Chaque voix contre
01:04:54revient demain
01:04:55en direct à 19h30
01:04:56mais d'ici là
01:04:56vous nous retrouvez tout à l'heure
01:04:57pour la redif
01:04:58à 23h30
01:04:59Passez une excellente soirée
01:05:00et à demain sur la 8
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