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Invité de C l'Hebdo sur France 5 le 4 novembre 2017, Jean-Claude Camus présente son livre Pas né pour ça. Au cours de l'entretien, le producteur revient sur sa longue collaboration avec Johnny Hallyday, évoque les coulisses de leurs plus grands spectacles et partage plusieurs souvenirs marquants de leur aventure commune.
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00:00Bonjour à tous et bienvenue dans C'est l'Hebdo, le magazine d'actualité du week-end de France 5.
00:04Avec au sommaire aujourd'hui, retour sur le procès Mera après la condamnation d'Abdelkader Mera.
00:09On sait maintenant que l'histoire n'est pas terminée.
00:12Il y aura un deuxième procès en appel, encore une épreuve pour les familles et les proches des victimes.
00:17On en parle avec Latifa Ebnziaten et l'avocat Patrick Klugman.
00:20C'est un monument national traqué par la presse People, sa santé fait l'objet de toutes les rumeurs.
00:26Mais comment va Johnny ? On posera la question à son ami Jean-Claude Camus.
00:30Jean-Claude Camus, une légende du spectacle.
00:32Il a produit les plus grands concerts de Johnny, mais aussi ceux de Sardou, de Paul Nareff et même de
00:37Michael Jackson et de Madonna.
00:39Il sera notre invité tout à l'heure.
00:41Un an, quasiment jour pour jour, que Donald Trump était élu président des Etats-Unis.
00:45Et une année totalement folle et qui est peut-être en train de changer le monde.
00:49On vous en parlera aussi.
00:51Et puis, comment prendre la parole en public ?
00:53Comment surmonter le stress ?
00:54Comment se faire entendre et bien sûr convaincre ?
00:57En amour, au bureau, sur scène.
00:59Un avocat donne ses conseils.
01:01Vous le connaissez, c'est Bertrand Perrier, le coach du formidable documentaire A Voix Haute.
01:05Il viendra nous donner sa méthode dans la suite de l'émission.
01:08C'est l'hebdo, c'est maintenant.
01:18C'est l'hébdo avec Emilie Tralemdien et Jean-Michel Apatine.
01:22Bonjour à tous les deux.
01:24Bonsoir, ça va ?
01:24Ça va ?
01:25Ravi de vous retrouver.
01:26Moi aussi.
01:26Vous avez passé une bonne semaine ?
01:27Excellente.
01:29Excellente.
01:30Voilà.
01:30Voilà.
01:31On est prêt.
01:32On est prêt.
01:32On est prêt à rentrer dans le vif du sujet et à retrouver évidemment l'actualité,
01:35l'actualité de cette semaine.
01:37Ce sont les 20 ans de prison.
01:39Vous connaissez le verdict du procès Mera, mais une histoire qui n'est pas terminée.
01:43Puisque le parquet a décidé de faire appel, il y aura donc un deuxième procès.
01:47Et pour les familles des victimes, une nouvelle épreuve et encore une longue attente.
01:51Alors qu'est-ce qui domine aujourd'hui chez elle ? La lassitude, l'indignation, la déception ?
01:56On va le demander à nos invités, Latifa Ibnziyaten et l'avocat Patrick Klugman.
02:06Bonjour madame et bienvenue, madame Ibnziyaten.
02:09Bonjour maître.
02:11Merci d'avoir accepté notre invitation.
02:13On sait que ça doit être dur pour vous, madame Ibnziyaten.
02:17Ça doit être dur de vous exprimer, de revenir encore une fois sur le sujet.
02:22Trop dur. J'étais vraiment très dessus.
02:26Ça m'a... ça fait 5 ans que j'attends.
02:295 ans ? 5 longues années ?
02:315 longues années.
02:33Qui ont abouti à un verdict ?
02:35A rien, pour moi.
02:36A rien ?
02:37Personnellement, oui.
02:38Les 20 ans de prison ?
02:39Il ne fera pas 20 ans dans la prison, parce qu'il a déjà fait 5 ans et demi.
02:44Il a tranché, retiré 5 et il restera 9.
02:48Ce n'est pas assez pour moi.
02:50C'est de la lassitude que vous exprimez aujourd'hui ?
02:53C'est... je me suis vraiment accrochée.
02:56J'ai toujours eu confiance à la justice.
02:58Oui, vous l'avez toujours dit.
03:00Toujours. Et je l'ai toujours.
03:02Je ne la perds pas. Il ne faut pas que je la perds.
03:04Parce que vous avez le sentiment d'une injustice, d'une forme d'injustice ?
03:07Je pense qu'ils n'ont pas été jusqu'au bout. Je pense.
03:10Au bout de quoi ?
03:11Au bout de dossier.
03:12Il faut qu'ils creusent un cœur, je pense.
03:15Il y a quelque chose encore.
03:16Le parquet va faire appel. Il y aura donc un deuxième procès.
03:19Vous avez l'énergie d'attendre encore qu'un nouveau procès se tienne.
03:24Encore une fois, retrouver ces scènes de tension, de douleur.
03:29Pour mon fils, j'attendrai le temps qu'il le faudra.
03:32Parce qu'il faut de la lumière sur ce procès.
03:35Il faut de la lumière, il faut de la vérité.
03:37Il faut que la justice soit faite.
03:40Justice a été rendue.
03:41Maître Klugmann.
03:43Et pourtant, vous n'êtes pas satisfait par le verdict.
03:45Oui, la justice a été rendue.
03:48Et je voudrais quand même rendre hommage au combat de la Tifa,
03:53au combat que toutes les familles des victimes ont menées, déjà pour arriver au procès.
03:58Ce ne fut pas facile.
04:00Ce ne fut pas aisé.
04:02Le procès a eu lieu, il s'est tenu et une décision de justice a été rendue dans des conditions
04:08parfois chaotiques.
04:10Et il y a une chose que je n'accepte pas.
04:14C'est ce que cette audience a été et ce que ça a fait endurer, notamment aux familles des victimes.
04:19Parce que ça, ce n'était pas nécessaire.
04:21C'est-à-dire, vous pensez à quoi ?
04:22Je pense à des paroles offensantes de la défense.
04:25De la part de qui ?
04:25De la part de la défense.
04:26Toujours, vous visez maître Dupond-Moretti ?
04:28Je vise la parole de la défense, oui, notamment.
04:30Donc, maître Dupond-Moretti.
04:31On va en parler tout à l'heure.
04:31On va en parler tout à l'heure.
04:33Je voudrais finir mon propos avant que vous ne l'interrompiez.
04:38Parce qu'il était important que justice soit rendue.
04:44Elle l'a été.
04:45Mais je crois que cette décision, voyez-vous, ne satisfait personne.
04:50Et une justice, après une telle affaire qui ne satisfait personne, n'est pas satisfaisante.
04:55Et il fallait condamner Abdelkader Amrera d'une manière qu'il soit indiscutable.
05:01Dans la motivation et dans la compréhension que nous pouvons en avoir et que vous pouvez en avoir également.
05:07Ce n'est pas le cas.
05:08C'est pourquoi il était souhaitable et quelque part nécessaire que l'affaire soit rejugée.
05:12Madame Ibn Ziatan, vous étiez venue ici la semaine dernière.
05:16C'était à quelques jours du verdict.
05:17On n'en connaissait pas encore l'issue.
05:19Et vous nous disiez que vous ne pouviez même pas imaginer une seconde qu'Abdelkader Amrera soit acquitté.
05:24Il a été acquitté d'une des charges.
05:27L'accusation de complicité d'assassinat.
05:29Là, au fond, c'est ça que vous n'acceptez pas ?
05:32Oui, je n'accepte pas parce que je suis sûre et certain qu'elle était complice avec son frère.
05:36Parce que c'est lui qui a mis son frère dans cette machine.
05:40C'est lui qui a couverté son frère.
05:42Et c'est lui qui a aidé son frère.
05:44Il n'y a pas de doute.
05:45Et c'est pour ça que je dis aujourd'hui, il ne faut pas qu'on reste naïf.
05:49Il faut qu'on ouvre les yeux.
05:50Mais il a été condamné pour ça précisément.
05:53Parce que la justice l'a reconnu coupable d'avoir influencé son frère.
05:58C'est ça la condamnation.
05:59Oui, mais les crimes.
06:01Les crimes parce qu'il n'y a pas de preuves.
06:03Il n'y a pas de preuves.
06:05Il n'y a pas de preuves.
06:18Parce que vous savez, quand il y a eu la crime avec mon fils, ils sont rencontrés.
06:22Quand il y a eu la crime à Montaubon, ils sont rencontrés.
06:25Quand il y a eu le crime dans l'école, ils sont rencontrés.
06:27Ils ont mangé ensemble.
06:28Ce n'est pas possible qu'un frère, comme il dit mon petit frère,
06:33qui j'espère qu'il sera au paradis, qu'il ne lui a pas dit ce qu'il fait.
06:37S'il était vraiment quelqu'un qui pratique, quelqu'un religieux, il aura aidé son frère.
06:42Maître Klumann, vous partagez ce que dit Mme Ibn-Satène.
06:46Je pense que votre plateau n'est peut-être pas le lieu de refaire des débats qui ont duré 5
06:50semaines et 5 ans.
06:51On vous demande votre perception, votre intime conviction.
06:53Notre plateau, il est le plateau d'une discussion après ce dernier.
06:56Mais c'est encore plus simple que ce que l'on pense.
06:58Vous prenez la motivation des magistrats,
07:02celle qu'ils ont retenue pour l'association de malfaiteurs terroristes.
07:05Et vous trouvez dedans les éléments qui permettent de retenir la complicité d'assassinat.
07:12Par fourniture d'instructions, Jean-Michel Abati,
07:14et par fourniture de moyens.
07:16Ne m'agressez pas.
07:17Et par fourniture de moyens.
07:18Excusez-moi, je vous réponds.
07:19Ce que je vous dis simplement...
07:21Vous avez peut-être raison.
07:22Ce que je vous dis simplement,
07:23et ce que nous reprochons, professionnels de justice, à cette décision,
07:27c'est que les magistrats ne sont pas allés au bout de leur propre constatation.
07:32Et qu'ils ont opté pour une décision de sécurité juridique.
07:35Mais ce que moi, je reproche de cette décision,
07:38c'est qu'on ne peut pas condamner Abdelkader Mera avec ce que nous avons au dossier.
07:41Rien que ce que nous avons au dossier.
07:43Mais la justice est bien faite, maître, puisqu'il y a un appel.
07:45Et donc l'appel validera peut-être votre analyse.
07:50La justice est un espace de discussion, tout comme ces plateaux le sont.
07:53Bien sûr, mais ce que je vous dis, on ne va pas ici refaire un procès.
07:56Mais de ce que nous pouvons dire, il y avait dans le dossier de quoi retenir la capacité de justice.
08:01Bien sûr, et comprendre ce que vous avez l'intention de faire
08:03et comment vous recevez les choses, puisque c'est à vous qu'on s'adresse.
08:07Et en l'occurrence, Émilie, c'est jeudi dernier.
08:10Il y a des tensions, ça se sent, c'est un procès éprouvant.
08:12Nous, on a pu le ressentir en particulier parce qu'on vous a suivi jeudi dernier,
08:16Latifah et Benziatène.
08:17On vous a suivi dans ce dernier jour de procès, c'était le jour du verdict.
08:20Un jour, et on va le voir vraiment sous tension, très éprouvant.
08:24On a suivi, c'est Arthur Charon et Néstor Jetan exactement, qui est avec vous.
08:27On va regarder.
08:34Merci.
08:37J'espère que la lumière sera faite pour nos enfants.
08:41C'est tout ce que je demande, la lumière pour tous ces victimes.
09:07Je pense qu'on est trop naïfs et qu'on doit ouvrir les yeux.
09:13Et ce n'est pas ça que j'attendais.
09:15Mais moi, je vais rester debout dans ce combat.
09:18Je pense qu'on n'a pas été jusqu'au bout.
09:22On n'a pas été jusqu'au bout.
09:31On voit votre émotion.
09:33Il y a beaucoup de journalistes.
09:34C'est une journée dès le matin.
09:36On voit d'ailleurs que vous avez des agents de sécurité avec vous.
09:39Et vous êtes chahuté.
09:40Alors cet homme pensait que vous étiez la mère de Mohamed et Abdel Kader Mera.
09:44Mais voilà, c'était une journée insupportable.
09:46Non, je ne pense pas qu'il a confondu, je suis la mère de Mera, juste une musulmane.
09:51C'est pour ça qu'il m'a donné le coup.
09:52Ça suffisait ?
09:52Ça suffisait.
09:53Il m'a donné un bon coup sur mes épaules, je vous assure.
09:56Il m'a bougé mon cœur.
09:57Le mot naïf que vous avez employé en sortant de la salle, vous pensez qu'il a été mal interprété
10:03?
10:03Qu'il a pu être mal interprété ?
10:04Oui, parce que je parle de la naïveté, vous savez, aujourd'hui quand on va dans ces cités,
10:09quand on va dans ces ghettos fermés et qu'on ne voit rien de ce qui se passe,
10:13ce n'est pas de la naïveté ça ?
10:15Moi, j'appelle ça de la naïveté parce qu'on doit régler ce problème-là.
10:19On doit sauver cette jeunesse.
10:21Mais on ne le fait pas.
10:23On regarde et on part.
10:25C'est-à-dire cette jeunesse que vous voyez dans les cités,
10:28c'est celle à laquelle vous pensez, vous en diriez quoi ?
10:30Qu'ils sont...
10:31Ils sont oubliés, monsieur.
10:33Ils sont oubliés, je vous assure.
10:35Quand un jeune, il vous dit, je ne me sens pas français, madame.
10:39La République, il m'a oublié.
10:40Et je me bats avec ces jeunes.
10:42J'ai dit, vous êtes français, vous êtes républicaine.
10:44Ce n'est pas parce que vous êtes ici.
10:46Mais madame, ici, je suis perdue dans cette cité.
10:49Je n'ai rien.
10:50Je n'ai pas de su pour m'en sortir.
10:52Quand vous allez, monsieur, dans l'établissement scolaire,
10:55il n'y a pas de mixité, monsieur.
10:56Mais on a vu votre force, madame Muziatane, depuis des années.
10:59Elle est encore là, cette force ?
11:01Elle est là.
11:01Elle est là ?
11:03Et je ne lâcherai pas jusqu'à la fin de ma vie.
11:05Je continuerai à défendre cette jeunesse.
11:08Toute cette jeunesse, quelle que ce soit.
11:10Et on croirait à la justice ?
11:11Je croirais à la justice jusqu'au bout.
11:14Vous savez, quand j'étais au palais mardi,
11:17quand il avait ce Pomboretti qui a plaidé.
11:22Maître Dupont-Moretti, c'est la pédoirie ?
11:24C'est la pédoirie, je vous assure, on dirait que c'était un spectacle.
11:30Les avocats qui viennent de l'extérieur, presque, ils vont nous pousser pour qu'ils prennent la place.
11:35On était oubliés, nous.
11:37On n'était plus les familles des victimes.
11:39Les avocats qui venaient comme au spectacle pour voir Maître Dupont-Moretti qui est un très grand orateur, comme un
11:44comédien.
11:45Un grand comédien, je ne sais pas comment je peux l'appeler, je le respecte.
11:48Avocat d'Apèle Cabernet.
11:49On est en démocratie, il a le droit d'être défendu avec tous les respects, mais on n'était plus
11:54rien.
11:55Vous savez, le jour, monsieur, quand on a témoigné, les familles, on n'avait pas autant de monde.
11:59Et là, on vous poussait, on vous bousculait pour pouvoir assister au spectacle de Maître Dupont-Moretti.
12:03Et pendant sa pédoirie, il s'est adressé à vous d'ailleurs, ça vous a blessé ?
12:07Alors là, quand il m'a adressé à moi, au début, je n'ai pas compris pourquoi il m'a
12:12dit...
12:12Qu'est-ce qu'il vous a dit, Maître Dupont-Moretti ?
12:15Je me rappelle bien ce mot. On ne veut pas la France coucher.
12:20Il faut que la France reste debout, alors résister, madame Ibn Ziyatine.
12:24Je ne sais pas le mot résister. Est-ce que je résiste dans mon combat ?
12:28Est-ce que je dois résister parce que c'est un homme qui est condamné et il n'a rien
12:34fait ?
12:34Je ne sais pas ce qu'il a voulu dire. Il m'a prononcé à moi.
12:38Et ça vous a blessé ?
12:39Ça m'a touché parce qu'il est là pour plaider son client.
12:42Pourquoi il me lâche à moi spécialement ?
12:45Et à vous spécialement plutôt qu'à toute la partie civile qui était là ?
12:48Pourquoi ?
12:49Jean-Michel.
12:49Alors dans ce procès, puisque nous en parlons, vous avez fait aussi référence à Maître Éric Dupont-Moretti, Maître Klugman.
12:56Dans ce procès, Éric Dupont-Moretti a concentré effectivement beaucoup de choses, beaucoup de tensions.
13:00Et on lui a reproché, beaucoup de gens lui ont reproché, d'avoir défendu Abdelkader Mera comme il l'a
13:06défendu.
13:08Il est assez fréquent que des personnes qui défendent des assassins dans des cours d'assises, par exemple, concentrent sur
13:14eux beaucoup de critiques.
13:15Je me souviens de Robert Badinter qui est aujourd'hui quelqu'un d'incontesté dans la République française,
13:20qui a même été l'objet de menaces de mort à la fin des années 70 quand il essayait de
13:25sauver un meurtrier de la guillotine.
13:29Donc c'est une figure que l'on connaît dans la justice. L'avocat de la défense a quelquefois, sur
13:35lui, beaucoup de tensions et reçoit beaucoup de critiques.
13:37Vous avez exprimé, Maître Klugman, ses critiques au micro d'Europe 1.
13:42Mais vous secouez la tête, mais je vais aller...
13:45Je secoue la tête, parce que ce que vous dites n'a rien à voir avec ce que j'exprime.
13:49Eh bien, je vais vous dire ce que vous avez exprimé, puis vous allez répondre.
13:51Vous avez expliqué au micro d'Europe 1 qu'il y avait deux écoles d'avocats.
13:55Une école représentée par Maître Vergès, La Rupture, à laquelle vous rattachez Éric Dupond-Moretti, et une autre école...
14:00Il n'est pas une insulte pour un avocat.
14:02Et une autre école, celle, avez-vous dit, de Maître Leclerc...
14:05Vous pouvez venir, Jean-Michel Apathy. Mais finissez.
14:08Je ne sais pas si vous me voyez venir, mais c'est gentil de m'écouter.
14:11Maître Leclerc, dont vous disiez que vous aviez appris auprès de lui que la défense devait se faire en suivant
14:18des règles d'éthique.
14:19Et Maître Leclerc était l'invité de cet avou, jeudi soir, et d'une certaine manière, il vous a répondu,
14:25et nous allons l'écouter ensemble.
14:26Je dois dire le respect que j'ai pour mon confrère Éric Dupond-Moretti, qui n'est pas seulement un
14:32homme de talent, qui est un homme d'une grande envergure humaine.
14:36Venir reprocher à Dupond-Moretti ce qu'est sa défense...
14:40Non, la défense est libre. La défense est libre, et en tout cas, sa défense, elle a au moins réussi
14:46à aboutir à ce qu'il ne soit pas condamné pour la complicité de l'assassinat.
14:52Et alors vous allez répondre, Maître Kulkman, évidemment, mais avant, je voulais vous faire écouter Éric Dupond-Moretti,
14:57qui vendredi matin était l'invité de France Inter, et qui, je crois, s'adresse un peu à vous.
15:02J'ai défendu cet homme. Seul contre tous, dans un contexte délétère, extrêmement difficile, si vous me permettez cette expression
15:14triviale, j'en ai pris plein la gueule.
15:16Moi, je n'ai pas dit à mes confrères de la partie civile qu'ils étaient indignes d'être avocats,
15:21je ne leur ai pas dit qu'ils étaient le déshonneur du barreau,
15:24je ne leur ai pas dit qu'ils étaient la honte de la profession, qui est la nôtre.
15:29Et vous avez la parole, Maître Kulkman.
15:31– Merci Jean-Michel Apathy. Écoutez, ce qui est intéressant de noter, c'est que dans les trois propos que
15:36note Éric Dupond-Moretti
15:39sur le plateau de vos confrères de France Inter, aucun, je dis bien aucun, n'a été prononcé par moi
15:44-même ou par l'un de mes confrères.
15:46Et heureusement, et heureusement, il y a eu trois plaidoiries en défense, finalement, pour Abdelkader Mera,
15:51dont les deux plus techniques qui ont été menées par l'équipe d'Éric Dupond-Moretti, par Archibald Sideron et
15:57Antoine Vey.
15:57– De cette défense-là, nous n'avons rien à dire, elle était une défense méticuleuse, articulée…
16:05– Vous partagez le diagnostic, ils faisaient leur travail.
16:08– Et de cette défense-là, nous n'avons rien à dire, parce qu'elle avait pour but de faire
16:13reculer l'accusation
16:14et donc de permettre à un homme d'avoir un sort différent de celui qui lui est promis par l
16:19'accusation.
16:19C'est ça le métier de la défense. Et je m'incline et je respecte et je le pratique.
16:24– Quelle est la source du problème ?
16:25– La source du problème, c'est précisément ce qui ne relevait pas de la mission de défense.
16:30C'est quand Éric Dupond-Moretti vole avec une violence que vous n'imaginez pas,
16:36au secours de la mère de l'accusé, en nous insultant, ce n'est pas sa cliente.
16:42Et ce n'est pas donc son client qui le défend à ce moment-là.
16:45On va dire, respectez-la, c'est la mère d'un mort.
16:48Et je peux vous dire que ces propos-là ont été un coup de tonnerre sur la cour d'assises.
16:52C'est tous ces commentaires à l'emporte-pièce, cette espèce de violence qui émanait de la défense
16:59sur la cour d'assises pendant les débats…
17:01– Ça allait trop loin ?
17:02– Bien sûr que ça allait trop loin. Et on a tous ressenti de la même manière,
17:06y compris lui, qui a dit, c'était le procès le plus douloureux de ma vie.
17:09– Une question parfaite le même, justement sur l'importance de la défense,
17:13et on a eu l'occasion d'en parler plusieurs fois sur ce plateau.
17:16Question toute simple, est-ce que vous, par exemple, vous auriez pu défendre Abdelkader Meira ?
17:19– Moi, je n'aurais pas défendu Abdelkader Meira, mais je me battrais vraiment,
17:24je serais mon dernier souffle pour qu'il ait le choix de sa défense.
17:27Et je ne reproche certainement pas, et je ne reprocherai jamais,
17:31ni à Rive Dupond-Moretti, ni à qui que ce soit, de le défendre
17:34et de choisir librement ses clients, comme le droit pour son client de choisir librement son avocat.
17:38C'est ça la démocratie, et c'est ça le procès que nous voulions.
17:42En revanche, nous sommes les uns et les autres comptables de nos choix de défense,
17:47de nos modes de défense, de nos mots de défense.
17:49– Des mots que vous employez dans l'audience et en dehors, évidemment.
17:52– Ça a été aussi le pire procès de votre carrière ?
17:54– Ça a été le plus éprouvant, incontestablement.
17:57– Vous en êtes tous sortis laminés ?
17:58– C'était trop dur.
17:59– Trop dur ?
18:00– Trop dur, je vous ai sûre.
18:01– Et même pour vous, avocat, alors qu'il y a eu des gens à la rétention,
18:04on le comprend.
18:05– C'était trop dur, et même quand il parlait,
18:08je regardais avec beaucoup d'attention.
18:11Il ne laissait personne parler, il tapait sur la…
18:14– Vous parlez de maître Dupond-Moretti ?
18:16– Oui, elle était trop… Je le respecte.
18:19Il a fait son travail, mais il ne nous a pas respectés.
18:22Moi, j'ai vu, j'ai vu dans ses yeux.
18:25Parce que vous savez, nous, on a perdu nos enfants.
18:28Lui, il perd son… Il défend son client.
18:30Tout me respecte pour lui.
18:32Je n'ai jamais dit qu'il ne veut pas avoir d'avocat,
18:35qu'il n'a pas le droit.
18:35Au contraire, on est dans un pays de démocratie,
18:38il a le droit de faire son travail, etc.
18:40– En quoi est-ce qu'il vous a manqué de respect ?
18:41– Vous savez, déjà, comme il m'a prononcé,
18:44déjà, quand il a dit, elle est coupable,
18:48la mère de Mme Le Gouade, elle a dit oui.
18:51Elle lui a dit non !
18:52Il a tapé sur… C'était choquant.
18:54– Alors, des derniers mots de l'accusé.
18:55– C'est choquant. Et quand il a dit oui,
18:57je ne retire pas mes mots, cette mère aussi,
18:59il a perdu son fils, il est mort.
19:01Il y a un fils dans le boxe, et sa fille,
19:03il ne sait pas où il est. Est-ce qu'elle a pensé à nous ?
19:05C'est la seule chose qu'il a fait.
19:07– Bien sûr. – Il n'a pas respecté.
19:08– Et puis, il y a eu d'autres voix, évidemment,
19:10qui sont exprimées. – Oui, il y a aussi
19:11les derniers mots des accusés.
19:13Il y a Adel Kadhermerra qui s'est exprimé
19:15moins d'une minute, qui a juste dit
19:17qu'il n'avait rien à voir avec les assassinats de son frère.
19:19Puis, il y a eu Feta Malki aussi qui a parlé.
19:21Lui qui a plus partagé,
19:23dit qu'il avait ressenti les choses,
19:25étaient émues, qu'on condamne à 14 ans de prison.
19:27Et finalement, il a demandé pardon.
19:29C'était ça que vous attendiez ? Est-ce que ça vous a soulagé ?
19:31Est-ce que c'était ça que vous attendiez aussi
19:32d'Adel Kadhermerra ?
19:34– Au moins, vous voyez, il a su ce qu'il a fait, ce jeune.
19:37Il tremblait quand il a demandé pardon.
19:39– Vous l'avez cru, oui.
19:39– Oui, parce que je l'ai regardé, je vous assure,
19:42il tremblait, il cherchait ses mots.
19:44Et l'autre, il n'a même pas regardé.
19:46– Et vous lui avez pardonné ?
19:47– Vous savez…
19:48– Quand il l'a demandé pardon ?
19:50– Je vous assure, j'ai pardonné ce jeune.
19:52Je vous assure, au fond de moi,
19:53même mon fils, il m'a dit « Maman, il m'a fait pétit ».
19:56C'est un jeune délinquant.
19:57– Et Abdel Kadhermerra ?
19:58– Vous l'auriez pardonné à Abdel Kadhermerra
19:59s'il avait prononcé ces mots-là ?
20:01– Abdel Kadhermerra, il n'est pas comme l'autre.
20:03– Non ?
20:04– Non, pas du tout.
20:06Ils ne sont pas à la même planète.
20:07– C'est-à-dire, il était comment ?
20:08– Oui, c'est quelque chose que vous ressentez,
20:09évidemment, de toute façon.
20:10– Non, pas du tout.
20:10C'est quelqu'un qui ne vit pas comme nous.
20:13Il n'est pas comme nous.
20:15C'est quelqu'un qui, vraiment,
20:16moi, je le vois comme un fantôme.
20:18Il n'est pas pareil comme nous.
20:19C'est un homme très dangereux.
20:21– Question toute simple,
20:21il va y avoir un deuxième procès.
20:23Bon, il a fallu cinq ans pour que celui-là se tienne.
20:27La justice, elle a son rythme,
20:28qui n'est pas celui des familles des victimes.
20:32Vous le respectez,
20:32mais il faut s'attendre à un procès
20:33dans combien de temps ?
20:34– Quand il y a des accusés qui sont détenus,
20:38on fait des efforts pour l'audience
20:40et très rapidement.
20:41Et nous pouvons penser que le second procès
20:43se tiendra dans moins d'un an,
20:44dans quelques mois.
20:45– Dans moins d'un an ?
20:46– Après, évidemment, un procès de cinq semaines,
20:47il faut le temps matériel de libérer
20:50une cour d'assises.
20:51– Oui, bien sûr.
20:52– Voilà, et un problème d'espace.
20:53C'est ça, le seul sujet,
20:54parce que le reste…
20:56– C'est une question technique.
20:57– Le reste est prêt.
20:58– Le dossier est là.
20:59– Le dossier est là.
21:00– Et vous, vous vous sentez prête
21:01pour ce second procès ?
21:02– Oui, je suis prête.
21:04Parce que vous savez, aujourd'hui,
21:05tout ce que j'ai vu,
21:06c'est, vous dites, incroyable.
21:08Il y a même des prisonniers
21:10qui sortent de prison, madame.
21:12Ils me disent, aidez-moi.
21:14On vend-moi de l'argent.
21:16Je ne sais pas quoi faire.
21:17Vous vous rendez compte ?
21:19– Et il faut penser
21:20qu'Abdelkader Mérin, un jour,
21:22sera libéré.
21:22– Il faut…
21:23Moi, je dis, même qu'il soit libéré,
21:25on doit le soigner,
21:27on doit l'aider.
21:28Parce qu'on ne fait pas un cadeau,
21:30même que ça sera fermé
21:30dans sa sille 24 sur 24.
21:32Il ne sera pas soigné.
21:34Il deviendra plus dangereux qu'il est.
21:36Plus dangereux qu'il est,
21:37il peut contaminer les autres
21:39qui sont dans la prison.
21:40Comment on peut lâcher
21:41un homme comme ça ?
21:42Ça va être un danger
21:44pour nos enfants.
21:45Ça va être un danger
21:46pour la société.
21:47C'est pour ça que je dis,
21:48on ne doit pas être naïf.
21:50– Et ouvrir les yeux.
21:51de voir ce qui se passe.
21:53Et de régler le problème
21:56de le début.
21:58On n'attend pas
21:59jusqu'à ce qu'il grandit.
22:00– Merci infiniment à tous les deux.
22:02– Merci.
22:02– Vraiment.
22:02Merci d'être venu aussi régulièrement
22:05Latifah et Mziaten.
22:06On imagine votre souffrance.
22:07On vous souhaite
22:08tout le courage du monde.
22:09Tout le courage du monde.
22:10– Merci.
22:10– Merci, M. Klugman.
22:11– C'est une légende du spectacle.
22:14Le plus grand producteur
22:15de concerts en France.
22:16Ami de Johnny
22:17dont il a produit
22:17les plus grands shows
22:18comme ceux de Michel Sardou,
22:20de Michel Polnareff
22:21et même de Michael Jackson
22:22et de Madonna.
22:23Il dit pourtant
22:24qu'il n'était pas né pour ça.
22:26C'est le titre
22:26de son autobiographie.
22:28Jean-Claude Camus
22:29est notre invité.
22:33– Bonjour, Jean-Claude Camus
22:35et bienvenue.
22:36Merci d'avoir accepté
22:37notre invitation.
22:38On va évidemment parler
22:39de votre vie,
22:41de votre œuvre.
22:41J'avais envie de dire
22:42et quelle vie
22:43et quelle œuvre
22:45puisqu'il y a tellement
22:46de spectacles,
22:47on en parlait avec Émilie,
22:49que vous avez produit,
22:50que vous avez organisé
22:51et qui font partie aujourd'hui
22:52de la mémoire,
22:52on peut le dire,
22:53de tous les Français
22:54et ça passe évidemment
22:55par les concerts de Johnny.
22:56On va y revenir
22:57dans un instant.
22:58Vous êtes l'un de ses proches,
23:00ami,
23:00vous l'avez accompagné
23:01depuis longtemps.
23:03C'est une question
23:03que tous les Français se posent.
23:05Comment va-t-il, Johnny ?
23:06– Écoutez,
23:07j'ai eu la chance
23:08d'être dimanche
23:09invité à déjeuner chez lui.
23:11Il m'a d'ailleurs
23:12fait une surprise
23:13de me souhaiter
23:14mon anniversaire.
23:15On a fait une vidéo
23:16d'ailleurs
23:16que Laetitia a mise
23:17sur les réseaux sociaux.
23:19– Oui, d'ailleurs,
23:19on va la regarder
23:19parce que c'est un moment
23:20de joie entre amis.
23:22Regardez.
23:23– Bravo !
23:35– Ça me touche.
23:37– T'as soufflé.
23:37– On a vu les images
23:39d'un anniversaire
23:41entre potes,
23:41entre vieilles canailles,
23:43on a envie de dire.
23:44On voit que vous avez
23:44encore du souffle
23:45et le sourire.
23:47Est-ce que vous comprenez
23:48malgré tout
23:48la curiosité du public
23:50pour la santé de Johnny ?
23:52Toujours savoir
23:53comment il va,
23:54si ça va mieux,
23:55s'il faut être inquiet,
23:56si on peut être rassuré.
23:58– Écoutez,
23:59franchement,
24:01c'est normal
24:02que les gens
24:03s'inquiètent,
24:04mais ce qui me heurte
24:06en ce moment,
24:08c'est les rumeurs,
24:10les faux bruits.
24:11– Pas un jour
24:12sans une rumeur.
24:12– Il n'y a pas un jour
24:13sans une rumeur
24:14qu'il est hospitalisé
24:15depuis longtemps,
24:16etc.
24:18Je suis ravi d'ailleurs
24:19pour les gens
24:20qu'il y a eu une preuve
24:21cette vidéo
24:22de mon anniversaire.
24:24Voilà,
24:24qu'il est chez lui,
24:26il est à Marne-la-Coquette.
24:28Voilà,
24:28je peux vous dire
24:29qu'il va bien,
24:30mais il est bien.
24:33– Juste un mot encore
24:33sur la santé de Johnny,
24:35ça a toujours provoqué
24:36des fantasmes.
24:36Vous qui travaillez avec lui
24:37depuis des années,
24:38on a découvert
24:39qu'en 1985 déjà,
24:41en 1985,
24:42Johnny avait eu un malaise,
24:43c'était pendant un concert
24:44au Zénith de Paris,
24:45et il avait tenu ensuite
24:46à rassurer ses fans
24:47déjà,
24:48déjà en 1985.
24:51– J'ai reçu
24:52des centaines de télégrammes
24:53et de mots,
24:54tous les plus gentils
24:56les uns que les autres.
24:57Ça m'a énormément
24:59remonté mon moral
24:59pendant que j'étais là
25:01et j'aimerais
25:03les remercier pour ça.
25:08Et leur dire
25:10que je serai en pleine forme
25:11à partir du 19
25:12et que je leur mettrai
25:13la patate comme d'habitude.
25:14– Et après,
25:15la tournée en France ?
25:16– Et après,
25:16en tournée en France,
25:17mais vous savez,
25:18un vieux rocker,
25:19ça n'est jamais fini.
25:23Vous avez vécu
25:24des choses absolument
25:24incroyables.
25:25Il faut lire ce livre
25:26parce que ça fourmille
25:27de choses
25:28dont on imagine
25:29à peine
25:30qu'elles aient pu se produire.
25:31Mais vous avez
25:32accompagné Johnny
25:33comme producteur
25:33en organisant,
25:34et je le disais,
25:35les plus grands spectacles
25:36qu'on ait vus en France.
25:37On a tous en tête,
25:38par exemple,
25:39ce concert mythique,
25:40c'était au Parc des Princes
25:41et c'était en 1993.
25:44Vous voyez de quoi je parle ?
25:44– Je vois le cauchemar.
25:47Ah bon Dieu.
25:48Je suis en train de mourir.
25:49– Ça,
25:50ce sont des images extraordinaires.
25:52On vous voit,
25:52vous.
25:52– Mais là,
25:53il a failli se faire étouffer,
25:54non ?
25:54– Vous d'abord,
25:55avant lui.
25:56– Moi,
25:57surtout parce que,
25:58normal,
25:58la sécurité s'occupait
25:59de Johnny,
26:00ce qui était…
26:00Moi,
26:01je ne suis jamais arrivé
26:02à la scène.
26:04– Mais vient d'où,
26:05cette idée
26:06de fendre la foule
26:07dans une foule comme ça
26:08pour remonter sur scène ?
26:10Qui a cette idée ?
26:10– Vous.
26:11– C'est moi.
26:12– C'est vous.
26:12– Bravo.
26:14– C'est moi.
26:14J'ai le souvenir
26:15de Jacques Lang
26:16qui était à l'époque
26:17ministre de la Culture
26:18qui vient l'accueillir
26:19à sa sortie de scène
26:21et tout.
26:22– Et qui dit
26:22mais qui a eu
26:23cette idée de malade ?
26:24– Qui est ce con ?
26:25Je ne sais pas le dire.
26:26– Qui est ce con ?
26:27Qui est ce con ?
26:27Et tout ?
26:29C'est lui.
26:30Et c'est vrai
26:31que Johnny,
26:32qui a toujours aimé
26:33les grandes machineries,
26:34les grands etc.,
26:34qui a toujours eu le souci
26:35de retraitant toujours
26:37ce que lui avait dit
26:37« Mon garçon,
26:39tu dois savoir
26:40quand tu fais un spectacle,
26:41tu dois savoir
26:41comment tu entres
26:42et comment tu sors
26:43au milieu,
26:43tu fais ce que tu veux. »
26:44– Ah, pas mal.
26:45– Et donc,
26:46quand j'ai eu cette idée,
26:47Johnny vient à une réunion
26:49où j'avais préparé
26:49tout le monde
26:50et puis évidemment,
26:51la question fatidique arrive
26:53« Oui, mais comment je rentre ? »
26:56J'ai dit « Tu rentres là,
26:58comme un boxeur
26:59et tu vas là-bas. »
27:02Là, pas un mot.
27:03– Là, regardez l'écran
27:04comme un mot, oui.
27:05Et alors ?
27:05– Et regarde chaque personne
27:07qui est autour de ta table
27:08et chaque personne.
27:12Bon.
27:13– C'était vendu
27:14et il n'est jamais revenu en arrière.
27:15– Ah oui.
27:16– Je sais que vous étiez
27:16une vraie légende
27:17dans le monde du spectacle en France
27:18et je pèse mes mots en l'occurrence.
27:19Comment vous définiriez
27:20votre métier ?
27:22Producteur de spectacle,
27:23ça ne parle pas
27:24beaucoup de gens mais…
27:25– Oui, producteur de spectacle.
27:27C'est un métier
27:28qu'il faut, je crois,
27:29faire vraiment avec passion.
27:30Si on n'a pas la passion,
27:33je crois qu'on ne peut pas faire.
27:33Et puis,
27:34l'amour des artistes quand même.
27:36– Alors, vous ne leur dites
27:36jamais non aux stars,
27:37vous les couvez.
27:37Moi, c'est ce qui m'a aussi
27:38frappée dans votre livre.
27:39J'ai l'impression parfois
27:39que c'est des extraterrestres.
27:41J'ai l'impression
27:41qu'ils ne vont pas aux toilettes,
27:42les stars,
27:42que ce ne sont pas des êtres humains.
27:44Et en revanche,
27:45dans le livre,
27:46vous les aimez, les stars,
27:47mais quand même,
27:48vous n'hésitez pas
27:49à balancer sur elles.
27:55Justement, ce que vous dites
27:55dans le livre, par exemple,
27:57première photo sur Michel Sardou.
27:58Là aussi, vous êtes
27:59pas très sympa,
28:00Michel Sardou,
28:01tout le temps vous dit
28:01qu'il est très colérique.
28:02Il a des crises d'angoisse,
28:03des crises d'anxiété,
28:04il est colérique pour rien.
28:05– C'est un grand colérique.
28:07– Des colères en trois temps.
28:08– Oui, en trois temps.
28:09– C'est assez impressionnant,
28:10en trois temps.
28:11– Réglé comme du papier à musique.
28:12– Ça se termine par Hiroshima
28:13pour mesurer les colères
28:15de Michel Sardou.
28:16C'est très bon.
28:16– Mais franchement,
28:18il ne faut pas avoir du mal
28:19dans ce que je dis.
28:20Je raconte des choses
28:22ce qu'on avait.
28:22Ce ne sont pas des saints.
28:23On n'est pas des saints.
28:24J'ai mes défauts aussi.
28:25– Une dernière star,
28:26Paul Nareff.
28:27– Michel Polnareff,
28:29je n'ai jamais,
28:30si, dans le temps,
28:31quelques concerts que j'achetais,
28:32mais en fait,
28:33je n'ai jamais travaillé
28:33avec Michel Polnareff.
28:33– Il vous donne l'argent.
28:34– Je l'ai logé.
28:35– Oui, il vous donne
28:36beaucoup d'argent.
28:37– Je l'ai logé,
28:38rue de la Faisanderie.
28:39Il était venu pour terminer
28:41la musique du Serpent à plumes.
28:42Il ne devait rester qu'un jour.
28:43Il est resté six mois.
28:45Voilà.
28:47Après, après,
28:49bon, c'est vrai
28:50que je ne suis pas fan.
28:54Ça fait quand même 30 ans
28:55qu'il ne nous sort rien.
28:57– Mais il a fait des choses
28:58très belles.
28:59– Il y a toujours le bonheur.
29:00– Il a fait un petit tacle quand même.
29:02– Il y a une définition
29:02de votre métier
29:03que je trouve absolument formidable
29:04pour dire ce qu'est un producteur.
29:06Vous dites,
29:07il tient en une phrase ce métier.
29:09Si la salle est pleine,
29:10c'est grâce à l'artiste,
29:11mais si elle s'est vide,
29:13c'est la faute du producteur.
29:14C'est une très très belle définition.
29:16Entre le moment
29:16où vous avez démarré
29:17l'époque glorieuse
29:18des années 80
29:20et aujourd'hui,
29:21les artistes ont changé.
29:22Qu'est-ce qui a changé
29:23dans cet univers du spectacle ?
29:25– Alors là,
29:25le métier a complètement changé.
29:28Bizarrement,
29:29le jour où mon ex-associé
29:33a fait à Johnny
29:34qui avait besoin à l'époque
29:35un chèque de 12 millions
29:36deux ans avant.
29:37Ça ne s'était jamais fait.
29:39– 12 millions d'euros ?
29:40– 12 millions d'euros.
29:41À l'époque,
29:42sur des anglo-saxons,
29:44il arrivait qu'on donnait
29:44des anglo-saxons,
29:45des français,
29:45jamais.
29:46Qu'est-ce qui s'est passé
29:47derrière ça ?
29:48Les avocats spécialistes
29:50des artistes
29:51se sont dit
29:52« Mais maintenant,
29:53c'est comme ça. »
29:53Et maintenant,
29:54tous les artistes
29:55veulent des garanties,
29:56des avances.
29:56On ne pense plus carrière,
29:58on pense argent.
30:00– Vous pensez à quels artistes ?
30:01– Ah ben tous les jeunes qui arrivent.
30:03Vous avez un jeune artiste
30:04qui arrive,
30:05il arrive,
30:05il a un ou deux avocats
30:06et tout,
30:07et je veux ci,
30:08et je veux ça,
30:08et je veux ça.
30:09Et à l'arrivée,
30:11vous n'avez plus les moyens
30:12de dépenser
30:13et de faire ce que vous avez
30:14envie de faire
30:14sur un artiste.
30:15Avec Johnny,
30:16avec Michel Sardou,
30:17mais on a,
30:18d'abord,
30:18ils n'ont jamais remis
30:19en question nos accords,
30:21jamais,
30:22sur toute la longueur,
30:2230 et 35 ans.
30:25mais on faisait,
30:27voilà,
30:27tu veux ça ?
30:28Oui.
30:28Alors des choses,
30:29des fois impossibles,
30:30il fallait faire le tour,
30:31on faisait autrement,
30:32mais voilà,
30:33on y allait,
30:34on faisait du grandiose,
30:35il fallait faire du grandiose,
30:36c'est ça le spectacle.
30:37– Il fallait faire du grandiose
30:38et vous continuerez
30:39à faire du grandiose,
30:40on l'espère.
30:41Allez,
30:41la prochaine tournée de Johnny,
30:432019 ?
30:43– Non, non, non,
30:45je suis retraité
30:47et maintenant,
30:48je garde Johnny,
30:50entre autres,
30:50dans mon cœur
30:51et en ami,
30:52mais,
30:53plus du côté professionnel.
30:54– Paner pour ça,
30:55c'est absolument passionnant.
30:57Vous restez avec nous,
30:58Jean-Claude Camus,
30:59comme chaque semaine,
31:00c'est l'heure maintenant
31:00du palmarès d'Antoine Janton.
31:04– Bonsoir.
31:05– Bonsoir.
31:06– Bonsoir à tous.
31:07– Salut Antoine.
31:07– Bonsoir.
31:09– Un palmarès spécial aujourd'hui.
31:11– Spécial,
31:11Donald Trump,
31:12peu près d'un an
31:13après sa victoire
31:13lors de l'élection présidentielle américaine,
31:15un an de polémique,
31:16de politique,
31:17de coup de sang,
31:18de coup de gueule,
31:19d'incompréhension,
31:20de contestation,
31:21de manifestation aussi.
31:22Tout cela a commencé
31:23le 8 novembre 2016
31:25et ça a commencé comme ça.
31:26– Donald Trump
31:27will be
31:28the 45th
31:30president
31:30of the United States
31:32winning
31:32the most
31:35unreal,
31:36surreal
31:37election
31:38we have ever seen.
31:40– You're awake,
31:42by the way.
31:43You're not having
31:44a terrible, terrible dream.
31:46Also,
31:46you're not dead
31:47and you haven't gone to hell.
31:48This is your life now.
31:49This is our election now.
31:50This is us.
31:51This is our country.
31:52It's real.
31:53– Et pour commémorer
31:54cet anniversaire,
31:56bonjour Mélissabelle.
31:57– Bonjour Ali.
31:58– Hello.
31:58– Hello.
31:59– Fake news.
32:00– One year on.
32:01– Fake news.
32:02C'est comme ça
32:03que Donald Trump
32:03appelle les journalistes
32:05de CNN.
32:05– Et pas seulement nous,
32:06les journalistes
32:07du New York Times,
32:08tous les journalistes
32:09finalement qui ont fait
32:10leur travail.
32:10– Et vous,
32:11vous êtes correspondante
32:12de CNN en France.
32:13Fake news,
32:14c'est un peu l'expression
32:16qu'on peut retenir
32:16de cette année
32:17de présidence Trump ?
32:18– Ça résume en tout cas
32:19pas mal de choses.
32:20La nouvelle relation
32:21qu'a la Maison Blanche
32:22avec les faits,
32:23avec la réalité,
32:24avec la vérité,
32:24avec la presse,
32:25avec la liberté d'expression.
32:26– Une très grande liberté
32:27avec la vérité.
32:28On va évidemment
32:28en parler tout à l'heure.
32:30D'un mot,
32:30si vous deviez qualifier
32:32cette première année
32:33de Donald Trump
32:34à la Maison Blanche ?
32:35– Chaotique.
32:35– Chaotique.
32:36– Mais on pouvait s'y attendre.
32:37C'est ce que voulait
32:38son électorat,
32:38il ne faut pas l'oublier.
32:39Et c'est ce qu'il a
32:40jusque-là délivré.
32:41– Pour commencer ce palmarès,
32:42Antoine.
32:59– Voilà quelques-unes
33:05des promesses faites
33:06par Donald Trump
33:07pendant la campagne.
33:07On va les examiner
33:08avec vous, Mélisabelle.
33:09Je vais vous poser
33:10une série de questions.
33:10Vous répondez par oui
33:11ou par non
33:12pour voir si ces promesses
33:14ont été tenues.
33:15Le mur à la frontière
33:16avec le Mexique d'abord.
33:17Est-ce que ce mur
33:18est construit aujourd'hui ?
33:18– Non, non.
33:19– Est-ce que la construction
33:20a commencé ?
33:21– Non, pour l'instant
33:22et pour le mur
33:23et pour le reste,
33:24finalement, on est encore
33:24dans l'attente du plus gros
33:25de ce qu'il avait annoncé.
33:27– Le programme d'accueil
33:28des réfugiés, maintenant,
33:29est-ce qu'il a été annulé
33:30comme la promesse de Donald Trump ?
33:31– Non plus, parce que le judiciaire
33:32l'a empêché d'agir
33:34comme il le souhaitait.
33:34– Et les promesses anti-immigration
33:36qu'on n'a pas entendues
33:36dans cet extrait
33:37mais qui faisaient partie
33:38du programme de Donald Trump ?
33:39– Il essaie régulièrement
33:40et régulièrement
33:40le judiciaire Le Bloc.
33:41– Il a été question aussi
33:42de Daesh,
33:43de la lutte contre
33:43le groupe Etat islamique.
33:44Est-ce que les Etats-Unis
33:45ont réussi à battre Daesh ?
33:48– C'est ce que Donald Trump
33:48voudrait faire croire.
33:49La lutte contre Daesh
33:50précède bien évidemment
33:51la présidence de Donald Trump
33:53et ne lui doit que très peu.
33:55C'était une coalition
33:56menée par les Etats-Unis
33:57mais une initiative
33:57commencée par Barack Obama
33:59et la guerre a mené,
34:00suivi son cours finalement,
34:02bien au-delà
34:02de ce qu'a fait
34:03ou n'a pas fait Donald Trump.
34:04– Et puis rapidement,
34:05est-ce que l'économie
34:06a redémarré,
34:07a été relancé
34:08par Donald Trump ?
34:08– Oui,
34:10Wall Street se porte très bien,
34:12l'économie fonctionne,
34:13c'est vrai que là,
34:14il semble avoir réussi son cours.
34:17– Et puis on va parler,
34:18on va en parler avec vous
34:19dans quelques instants,
34:20l'abrogation d'Obamacare,
34:22cette loi qui offre
34:23une assurance santé universelle,
34:26facile de l'abroger,
34:27c'est le droit
34:27que disait Donald Trump.
34:28Il pensait aller vite,
34:29et bien c'est raté,
34:30la réalité l'a rattrapé,
34:31une naïveté présidentielle
34:33qui a même fait rire
34:34il y a quelques mois
34:35le démocrate Bernie Sanders.
34:36– Les slogans ne suffisent pas,
35:02en l'occurrence,
35:03repeal and replace,
35:05c'est ce que disait Donald Trump,
35:06abrogation et remplacement,
35:07ce ne sont pas des mots magiques,
35:08Donald Trump s'est attaqué
35:09à plusieurs reprises
35:10à cette loi,
35:11est-ce qu'il a réussi
35:12à l'abroger ?
35:12– Non, alors qu'il a,
35:13les Républicains sont au pouvoir
35:15et dans la Maison-Blanche
35:16et au Congrès,
35:17et cette contradiction
35:18continue de leur coûter cher
35:19en termes d'essayer
35:20de mettre en place
35:21leur programme,
35:22ils n'y arrivent pas.
35:22– Alors on en parlait
35:23avec vous Mélissa,
35:24Antoine, il y a aussi
35:26les relations de Donald Trump
35:27avec les médias.
35:28– Eh bien elles ne sont pas bonnes
35:29ces relations,
35:30je ne trahis pas de secret
35:31en le disant,
35:32du moins avec la majorité
35:36– Le discours simpliste
35:37du Président veut discréditer
35:39la plupart des organes
35:40de presse,
35:40qualifier donc,
35:41on en parlait,
35:41vous le disiez Ali,
35:42de fake news,
35:43en tout cas c'est ces médias
35:44qui font leur travail
35:45en s'intéressant aux faits,
35:47en les vérifiant,
35:48ça, ça gêne beaucoup
35:49Donald Trump,
35:50un média en particulier
35:51l'énerve.
35:52– CNN,
35:53going out of their way
35:54to build it up.
35:55– Don't be rude.
35:57– Can you give us a question ?
35:58– Don't be rude.
35:59– Can you give us a question ?
36:00– I'm not going to give you a question.
36:02– Can you stay catégorique ?
36:02– You are fake news.
36:03– They don't report
36:05the facts.
36:06– I like real news
36:07and I'm fake news.
36:08You are fake news.
36:09– Unlike you
36:10and unlike the media,
36:11before I make a statement,
36:13I like to know the facts.
36:14Fake news.
36:17CNN, fake.
36:20– C'est extrêmement violent
36:22dans une démocratie.
36:23Pourquoi est-ce qu'il vous déteste
36:24autant à CNN ?
36:25– C'est très violent.
36:26– Et pourquoi CNN ?
36:26– Qu'est-ce que vous lui avez fait ?
36:28– CNN est la chaîne
36:30la plus regardée.
36:31Donc, on a été accusé
36:32pendant la campagne
36:33des primaires républicaines
36:34à laquelle je faisais allusion
36:35il y a une minute,
36:36d'avoir créé le phénomène
36:37Donald Trump
36:38en lui donnant
36:39trop de temps de parole
36:40et puis on nous a reproché
36:42Donald Trump en particulier
36:43d'avoir cherché
36:44à le démolir.
36:45Donc, en général,
36:45quand on est attaqué
36:47de deux côtés,
36:47c'est qu'on a plus ou moins
36:48réussi à faire son travail
36:49dans un contexte compliqué.
36:49comme ça, c'est du martèlement,
36:51c'est presque du davantage.
36:51– C'est de l'acharnement.
36:52– Vous avez l'impression
36:52que ça marche ?
36:53Que ça fonctionne ?
36:54– Non, alors, pour avoir parlé
36:55à nos correspondants
36:56qui gèrent la Maison Blanche,
36:57jamais les relations
36:58n'ont été aussi tendues
36:59au jour le jour
36:59et on sent leurs tensions.
37:01Ça n'est pas facile
37:02d'aller travailler,
37:02ça n'est pas facile
37:03de couvrir la Maison Blanche,
37:04ça n'est plus facile
37:05de couvrir la Maison Blanche.
37:06– Alors, CNN,
37:08votre chaîne,
37:08Mélisabelle,
37:09a réagi à ces attaques
37:10de Donald Trump
37:11dernièrement,
37:12notamment ces derniers jours
37:13avec une campagne
37:13de publicité
37:14simple et efficace.
37:16– This is an apple.
37:18Some people might try
37:20to tell you
37:20that it's a banana.
37:22They might scream
37:23banana, banana, banana
37:25over and over
37:26and over again.
37:28They might put banana
37:29in caps.
37:31You might even start
37:32to believe
37:33that this is a banana.
37:36But it's not.
37:39This is an apple.
37:45– L'effet avant tout,
37:46slogan de CNN.
37:47Impossible, je le disais,
37:48de parler des relations
37:49de Donald Trump
37:50avec la presse,
37:51avec les médias,
37:51sans parler de ses tweets
37:53quasi quotidiens,
37:54des milliers donc
37:55depuis sa victoire.
37:56– Ils sont arrêtés
37:56pendant à peu près
37:5711 minutes
37:57pendant la nuit.
37:58– Voilà, exactement,
37:58pendant la nuit
37:59de jeudi à vendredi,
38:00coupés, paraît-il,
38:01par un employé de Twitter.
38:04Il s'en sert en tout cas
38:05de Twitter,
38:05Donald Trump,
38:06pour se réjouir,
38:07pour annoncer les décisions,
38:08pour attaquer ses adversaires,
38:10pour critiquer aussi.
38:12Bref,
38:12pour beaucoup,
38:13beaucoup de sujets.
38:14C'est surtout une manière
38:15pour lui d'enjamber
38:16les médias traditionnels
38:17et de s'adresser directement
38:19à ceux qui veulent bien le lire.
38:21Ils sont 42 millions
38:23à être abonnés
38:24à son compte Twitter.
38:26Donald Trump n'aime pas les médias,
38:27enfin,
38:28pas tous les médias.
38:29Certains trouvent quand même
38:30grâce à ses yeux,
38:31comme Breitbart,
38:33de nouveau dirigé
38:33par Steve Bannon,
38:34qui a été conseiller stratégique
38:35de Donald Trump
38:36à la Maison Blanche
38:37pendant 7 mois.
38:38Ou encore,
38:39Fox News,
38:40première chaîne d'info
38:41en continu aux Etats-Unis.
38:42Second interview
38:43since you've been president.
38:45You guys want to start
38:46with good news?
38:47Yes!
38:48Or do you like some good news?
38:49Here we are
38:49in the week
38:50that the Dow Jones Industrial Average
38:51just hit 23,005
38:54and a third trillion dollars
38:55of market value
38:55created since your election.
38:57And largely,
38:58because of this anticipation
39:00and hope
39:00that your policies
39:01will get implemented.
39:02I've been a friend
39:04of your show
39:04for a long time.
39:05Remember those call-ins,
39:07right?
39:07For years.
39:08Maybe without those call-ins,
39:09somebody else is sitting here.
39:11Difficile de trouver
39:11sur Fox News
39:12des questions
39:14piquantes,
39:14embarrassantes
39:15pour le président.
39:16Qu'est-ce que vous pensez
39:17du travail
39:17de vos confrères
39:17de Fox News?
39:18Non seulement Fox News
39:20joue le jeu.
39:22On laissait tomber
39:23finalement toute
39:25velléité
39:25d'être un organe
39:26de presse indépendant
39:27et réel
39:28en soutenant
39:29Donald Trump
39:29de plus en plus
39:30clairement et ouvertement.
39:32Lui,
39:32d'un autre côté,
39:33on se rend compte
39:33qu'il suit de très près
39:34ce qu'il dit
39:35sur ses chaînes.
39:35Donc, régulièrement,
39:36ses tweets,
39:36ce qui a été relevé
39:37par la presse récemment,
39:38c'est que ses tweets
39:39sont directement liés
39:40à ce qui est diffusé
39:40par Fox ce matin-là.
39:41À ce qui est diffusé par Fox News
39:42et donc la machine s'agissante.
39:43Alors qu'il a à sa disposition
39:44pas mal d'informations.
39:45Ça, c'est le moins
39:45qu'on puisse dire.
39:46Mais c'est Fox
39:47qui l'intéresse.
39:47Alors, on parlait
39:48des relations de Jenny
39:49avec les Français,
39:50les relations de Trump
39:51avec les Français.
39:52Elles existent,
39:52les relations du président américain
39:54avec la France.
39:54Relations complexes
39:55commençaient d'ailleurs
39:55dès le soir de son élection.
39:57Il parle à François Hollande
40:05et le président français
40:06se garde bien d'ailleurs
40:06de lui répondre.
40:08Anecdote rapportée
40:09par Gaspard Ganser
40:10dans son livre
40:10qui vient de sortir
40:11La politique est un sport de combat.
40:12C'est surtout avec Emmanuel Macron
40:14que cette relation va se construire.
40:16Première rencontre en mai
40:17à Bruxelles.
40:18Poignée de main attendue
40:19et bien tenue
40:20par le jeune chef de l'État.
40:21Le courant passe alors.
40:23Emmanuel Macron invite alors
40:24son homologue
40:25à assister au défilé du 14 juillet.
40:26Tapis rouge,
40:27dîner à la Tour Eiffel,
40:28vous vous en souvenez de peut-être ?
40:29Parade militaire.
40:30Donald Trump se dit alors
40:32impressionné,
40:33des sourires,
40:34des rires entre les deux hommes
40:35et quelques semaines plus tard,
40:36les deux hommes disent
40:37qu'il s'apprécie.
40:38C'est une grande honneur
40:40d'être avec le président Macron
40:41de France
40:42qui a eu une des grandes
40:44victoires de l'élection.
40:46Je vous le dirai,
40:47c'était une soirée excitante.
40:50Je dois dire,
40:51j'ai resté
40:51et j'ai regardé
40:52chaque moment.
40:53C'était un moment très excitant.
40:55Merci beaucoup.
40:57Je suis ravi de retrouver
41:00le président Trump ici
41:01à nouveau.
41:03Je crois que la force
41:04de cette relation,
41:05c'est que nous nous disons tout.
41:06Je ne dis pas que nous sommes
41:06d'accord sur tout,
41:08mais nous sommes d'accord
41:09sur beaucoup de choses.
41:11Ils sont aussi en désaccord
41:12sur beaucoup de choses.
41:13C'est moi qu'en plus dire.
41:14La crise nord-coréenne
41:15et puis l'avenir de la planète.
41:17The United States
41:18will withdraw
41:21from the Paris
41:25climate accord.
41:27Sur le climat,
41:29il n'y a pas de plan B
41:30car il n'y a pas
41:32de planète B.
41:34Make our planet
41:36great again.
41:38Emmanuel Macron prend
41:39Donald Trump
41:40à son propre jeu
41:40avec ce slogan en anglais.
41:42Des accords sur le fond,
41:43accords de façade.
41:44Est-ce que c'est ça
41:44la relation entre Emmanuel Macron
41:46et Donald Trump ?
41:47La stratégie d'Emmanuel Macron
41:48semble avoir été payante.
41:49C'est-à-dire ayant eu
41:51presque ce langage
41:52très animal
41:53face à Donald Trump
41:54au départ,
41:54cette poignée de main,
41:55pour dire
41:56je suis là,
41:57je suis un homme aussi
41:57et je vous tiendrai tête.
41:58Finalement, ça a fonctionné.
41:59On a l'impression
41:59qu'il a le respect
42:00du président américain.
42:02Ce qui est intéressant
42:02maintenant dans la relation
42:03entre les Etats-Unis
42:04et la France,
42:04c'est que pour la première fois
42:05depuis l'après-guerre,
42:07toutes les idées
42:08sur lesquelles était basé
42:09finalement le consensus
42:10qui était celui
42:10de nos pays occidentaux
42:12européens,
42:12les Etats-Unis,
42:13c'est-à-dire un monde
42:13bâti sur des valeurs communes
42:15plutôt que sur des intérêts
42:15individuels,
42:16aujourd'hui,
42:16c'est la France
42:17qui le défend.
42:18Et donc les Américains
42:19se tournent vers,
42:20une partie de la population
42:21américaine se tourne
42:22vers Emmanuel Macron
42:23comme vers un espèce
42:24de champion
42:24de tout ce que représentait
42:25le monde aujourd'hui révolu.
42:27Est-ce que vos collègues
42:27de CNN sont jaloux de vous
42:29qui couvrez la présidence Macron
42:30ou est-ce que vous
42:31vous êtes jalouse d'eux
42:32qui couvrent la présidence Trump ?
42:34Sans doute dans les deux sens.
42:35Dans les deux sens ?
42:36Alors il n'y a évidemment
42:37pas de présidence
42:38en first lady.
42:39Exactement,
42:39mais il y a un Mélania Trump
42:40qu'on entend peu
42:41mais qu'on voit beaucoup
42:43souvent aux côtés de son mari
42:44sans forcément
42:44en avoir très envie.
42:46Si je me permets de dire ça,
42:48c'est parce que cela s'est vu.
42:49Dès la cérémonie
42:50d'investiture de Donald Trump
42:51en janvier,
42:52le président se tourne vers elle,
42:54elle sourit,
42:55il ne la regarde plus
42:55et le sourire alors disparaît.
42:58Expression dure
42:59pour un jour
42:59censée être heureuse.
43:01Cela s'est remarqué aussi
43:02lors de plusieurs déplacements,
43:04Donald Trump essaye
43:05de lui prendre la main.
43:06Elle l'évite
43:07à la descente d'un avion.
43:08C'était en Italie,
43:09à Rome.
43:10Elle le repousse aussi
43:11sur un tapis rouge.
43:12Là, c'était en Israël
43:13à tel point que depuis
43:14plusieurs mois,
43:15un hashtag,
43:15vous savez,
43:16un mot dièse,
43:17marche fort sur Twitter,
43:18free Mélania,
43:20libérez Mélania.
43:20Ça vous fait rire,
43:21Mélissa ?
43:21Oui, oui,
43:22mais parce que la pauvre,
43:22on a mal pour elle.
43:24On ne sait pas ce qui se passe
43:25au sein du couple
43:25mais les images
43:26s'en sont presque trop.
43:28Ce qu'on retient aussi
43:28de Mélania Trump,
43:30cette année,
43:30ce sont les talons aiguilles
43:31qu'elle portait
43:32pour aller entre autres au Texas
43:33dans des zones détruites,
43:35inondées par le passage
43:36de l'ouragan Harvey.
43:38Les médias américains
43:38s'en étaient étonnés,
43:40voire moqués.
43:40Donald Trump
43:41a tenté de défendre sa femme.
43:59On a l'impression
44:03de voir de la fiction
44:04mais c'est la réalité
44:05et c'est notre réalité aussi
44:07et pas seulement
44:08celle des américains.
44:10On va terminer évidemment
44:11avec les gaffes.
44:12Gaffes particulièrement nombreuses
44:13comme il y a quelques semaines
44:15lors de la visite
44:16du président américain
44:17à Porto Rico,
44:17une île alors complètement dévastée
44:19par l'ouragan Maria.
44:20Si vous regardez
44:21une vraie catastrophe
44:23comme la Katrina,
44:25quel est votre compteur
44:27dès ce moment-là ?
44:2817 ?
44:2816 personnes certifiées.
44:3116 personnes
44:32versus
44:33dans les milliers.
44:35Vous pouvez être très fier
44:37de tous vos gens
44:38et de tous nos gens
44:39qui travaillent ensemble.
44:54Amusez-vous bien
44:55dit Donald Trump
44:56à des sinistrés
44:57de cet ouragan.
44:58Tout cela
44:59en quelques heures
45:00seulement les trois moments
45:01que je viens de vous montrer.
45:02Un concentré de gaffe
45:03c'est un exemple.
45:04Il y en a d'autres.
45:05Florilège
45:05d'une année
45:06de ce point de vue
45:06absolument sidérante.
45:22Sous-titrage Société Radio 5
45:23– Sous-titrage Société Radio-Canada
45:55– Et c'est toujours aussi sidérant quand on voit ces images.
45:59– D'un autre côté, il ne faut pas oublier que c'est un homme qui est arrivé au pouvoir
46:02parce que ce n'était pas un homme de pouvoir, parce qu'il n'avait jamais…
46:05Voilà, ce que voulait son électorat, c'était ça, c'est ce qu'il leur donne, c'était ce chaos
46:08-là.
46:09Et même si pour une partie de la population américaine, le plus grave,
46:12en attendant ce qui sortira des enquêtes, etc., le plus grave, c'est qu'il n'est pas présidentiel.
46:17C'est ce que lui reproche une partie de la population américaine.
46:19Son électorat, c'est ce qu'il lui demandait, de ne pas être présidentiel.
46:22– Et que c'est ce qu'il y a de plus fou à comprendre.
46:24– Et il voulait justement qu'il aille remuer un petit peu les choses, c'est ce qu'il fait.
46:26– Merci à tous les deux.
46:28Jean-Claude Camus, vous restez avec nous.
46:29Mélissa, vous aussi, vous allez voir maintenant l'actualité expliquée par celle d'hier.
46:33Ça vous concerne tous les deux, c'est Retour vers le futur.
46:35Et c'est avec Pauline Clavière.
46:38– Je vous demande de vous arrêter.
46:40– 1, 2, 3, je fais mon prix.
46:44– Un scandale !
46:45– What do you want ?
46:48– Salut Valise, on ronde à Paris.
46:50– Au revoir.
46:52– Salut Pauline.
46:54– Et bonsoir.
46:54– Bonsoir Pauline.
46:55– Bonsoir à tous.
46:56– Écoutez, ça va bien.
46:57– L'actualité cette semaine ?
46:58– Oui, alors justement, parce que l'actualité pour moi cette semaine,
47:01vous allez voir, elle a déjà un petit avant-goût de chorale de Noël.
47:04Tendez l'oreille.
47:04– C'est l'espagre, la fille de l'âme, celui qui vient, terminer tout,
47:15qui paraît à la fin du drame, et qui forme le dernier coup.
47:26– On lance une salve d'applaudissements.
47:29– C'est ça, bravo.
47:30– Je ne sais pas, on est encore en démocratie, on a le droit de penser ce qu'on veut.
47:33– Alors c'est timide, mais ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron nous fait entendre comme
47:37ça,
47:37ces petites poussées de voix.
47:39Seulement maintenant, il entre dans une longue lignée de présidents mélomanes.
47:43Regardez.
47:43– Alors Valéry Giscard d'Estaing featuring Guy Béard, nous sommes en 1971, ambiante guinguette à Chabalière, moi j'adore
48:09personnellement,
48:09mais en 1974, en pleine course à la présidence, il lâche l'instrument, il va tout miser sur la voix.
48:15Écoutez ça.
48:16– Pour clôturer ensemble cette première partie de la campagne présidentielle, je vous l'ai dit,
48:23nous allons chanter le chant du débat.
48:50– Jean-Claude, vous êtes passé à côté de ça, ça aurait été formidable.
48:54– Il n'y a pas certain que je l'aurais engagé, ça c'est sûr.
48:57– Aujourd'hui c'est ridicule, mais la France est là, 1974, De Gaulle, Pompidou, tout ça a été congelé,
49:03ça paraissait terriblement moderne, terriblement sympathique.
49:07Valéry Giscard d'Estaing, c'était le Macron d'aujourd'hui, évidemment.
49:10– Un peu timide, un peu raide, mais vous le disiez Jean-Michel, c'est un style.
49:13L'opposé complet d'un autre président, regardez.
49:17– Générique
49:34– Ah, les meetings de campagne de Boris Helsin en 1996, c'était quelque chose.
49:39En même temps, il a toujours eu ce charme cela, vous savez, tout en retenue ou en vodka, on ne
49:44sait pas trop.
49:45– Oui, c'est ça.
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50:14– Oui, il y a du Johnny là, un petit peu.
50:16– T'as le déhanché.
50:18– Alors évidemment, le folklore russe est particulier, et comme je sais que vous êtes plus branché rockeur, Jean-Claude
50:23Camus,
50:24je ne résiste pas à l'envie de vous montrer un extrait de Johnny, Johnny oui, mais Johnny Sarkozy, c
50:30'était en 2001.
50:31– Non, non, non, je ne peux pas chanter.
50:32– Si, si, si, si, c'était pour. Voilà, allez, on y va.
50:36– Oui, tu brûles mon esprit, ton amour étrangle ma vie, voilà.
50:41Et l'enfer devient comme un espoir, ma chère Catherine.
50:44Mais là, je peux peut-être m'arrêter, là.
50:46– Ah non, je meurs chaque soir.
50:51– Je veux partager autre chose que l'amour dans ton lit.
50:56– Et entendre la vie, et ne plus m'essouffler sous tes cris, je pense que ma prestation peut s
51:02'arrêter là.
51:03– Il n'y a pas besoin de lire le filet.
51:05– On peut d'autres aussi le costume.
51:07– C'est incroyable, il connaît toutes les chansons de Denis Parker.
51:10– Toutes.
51:10– Nicolas Sarkozy est redevenu avocat à cette époque, et donc il peut se prêter au jeu, s'amuser pour
51:14séduire le public.
51:15Mais on le sait, la séduction en chanson, c'est toujours mieux en italien.
51:19Deux semaines seulement après avoir rendu son titre de président du conseil,
51:23on retrouve Silvio Berlusconi, et qui revient sur le devant la scène avec Il Vero Amore, un album de chansons
51:30d'amour.
51:30– Cet été avec un Vladimir Poutine décontracté, rien de tel qu'une chanson d'amour pour Chlorin Sommet.
51:58– Le charmeur étal, hein ?
52:01– Donc c'est ça, l'amour pour les Italiens, le baseball pour les Américains.
52:05Tout le monde a de bonnes raisons de chanter, comme ici, à Chicago, en juillet 2000.
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52:41– Ça fait mal aux oreilles.
52:42– Il n'a pas la voix de Barack Obama qu'on a entendu chanter.
52:45– Il est meilleur président ou meilleur chanteur ?
52:47– Il me paraît quand même meilleur chanteur.
52:49– Je me dis, je veux ça.
52:50– Take me out to the ballgame, c'est un classique sur les stades de baseball aux Etats-Unis.
52:54Et justement, vous le disiez, il y a un autre président qui lui a revisité les classiques,
52:58mais qui cette fois le fait entouré de Mick Jagger et de Billie King, s'il vous plaît.
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