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  • il y a 3 heures
Dans son édito du 07/07/2026, Thomas Bonnet revient sur les lourdes conséquences qu'entraînerait une inéligibilité de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle de 2027 et pour la démocratie française, alors que l'on attend la décision de justice ce mardi 7 juillet dans le cadre du procès des assistants parlementaires du RN.

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Transcription
00:00Oui, chacun peut penser ce qu'il veut du fond de l'affaire.
00:02Ce n'est pas mon propos ce matin, que le RN soit condamné,
00:05que l'intégralité des faits reprochés soit retenue par la justice,
00:08ce n'est pas pour moi le cœur du débat qui nous occupe aujourd'hui.
00:11La seule question, c'est de savoir si des juges peuvent avoir une telle influence sur une élection,
00:17de surcroît une élection présidentielle.
00:20Alors certains vont me dire que les juges ne font qu'appliquer la loi
00:22et que Marine Le Pen, si elle est reconnue coupable, sera condamnée en vertu du droit français.
00:27C'est vrai, c'est implacable.
00:28Mais je pense qu'il faut être totalement déconnecté pour ne pas voir le malaise que suscite la situation.
00:33Qui peut décemment imaginer que la vie politique pourra reprendre un cours normal
00:37si Marine Le Pen est écartée de la course ?
00:39Je n'aimerais pas être les juges qui seront critiqués, quelle que sera leur décision.
00:43Pour vous, Thomas Bonnet, c'est le principe de l'inéligibilité qu'il faut remettre en question ?
00:47Oui, la Cour suprême, c'est le peuple, l'avait dit De Gaulle.
00:50Et je pense qu'on ferait bien de se rapprocher de l'esprit du fondateur de notre Vème République.
00:54Les Français devraient avoir le droit de voter pour qui ils souhaitent,
00:56quel que soit ses démêlés avec la justice.
00:59Alors je sais, beaucoup de métiers réclament un casier judiciaire vierge,
01:03notamment dans la fonction publique.
01:04Mais là, on parle de l'élection présidentielle,
01:07c'est-à-dire de choisir qui sera la clé de voûte de nos institutions.
01:10Ce choix ne peut pas être dicté par autre chose que la rencontre
01:14entre un homme ou une femme et une majorité au sein du peuple français.
01:17Quelle que soit l'issue cet après-midi, on doit mesurer le précédent que constitue cette décision
01:23qui, tout en se basant sur l'État de droit, met en péril notre équilibre démocratique.
01:28En quoi cette décision peut-elle être une bascule pour notre démocratie ?
01:32Écoutez, si Marine Le Pen est inéligible, toute l'élection sera entachée de cette décision.
01:38L'ombre de la favorite empêchée planera sur la campagne et le résultat des urnes pourra être questionné à la
01:44lumière de cet événement judiciaire.
01:45C'est grave d'imaginer que l'élection présidentielle puisse ne pas constituer un acte de consensus national pour cette
01:53raison.
01:53Surtout, nous sommes dans un moment où les évidences démocratiques sont remises en question.
01:57Ce sont des voix qu'on veut faire taire, ce sont des chaînes qu'on ferme, d'autres qu'on
02:01menace,
02:01des réseaux sociaux qu'on veut réguler, autant de signaux plus ou moins faibles
02:05qui devraient tous nous alerter dans d'autres régimes, sous la présidence d'autres personnalités.
02:11Les mêmes périls, les mêmes faits auraient suscité l'inquiétude du Quai d'Orsay.
02:15François-Olivier Gisbert, observateur avisé et expérimenté de la vie politique,
02:19disait hier sur notre antenne que nous étions en train de basculer en démocrature,
02:24néologisme que chacun comprendra.
02:25C'est ça aussi le bilan de la décennie écoulée.
02:29Alors ce qui se joue cet après-midi à la cour d'appel, ce n'est pas que le destin
02:32d'une femme,
02:33ce n'est pas que le destin de Marine Le Pen,
02:35c'est une partie de notre vitalité démocratique qui est en jeu cet après-midi.
02:38Sous-titrage Société Radio-Canada
02:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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