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Mercredi 1er juillet, les députés ont définitivement adopté une proposition de loi pour garantir un avocat aux enfants placés ou protégés par l'aide sociale à l'enfance (ASE). Le texte, porté par la députée socialiste Ayda Hadizadeh, avait été adopté en première lecture le 11 décembre dernier dans le cadre de la "niche parlementaire" de son groupe. Le gouvernement s'est emparé du sujet, engageant une procédure accélérée sur le texte. Cette mesure, qui pourrait coûter 300 millions d'euros, doit entrer en vigueur en janvier 2027. Retrouvez l'intégralité de ce dernier examen par les députés.
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00:00:04...
00:00:07Bonjour et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:10Mercredi 1er juillet, les députés examinent une proposition de loi
00:00:14pour garantir le droit de chaque enfant placé à avoir un avocat.
00:00:18Le texte porté par la députée socialiste Aïda Adizadeh
00:00:22avait été voté en première lecture
00:00:24lors de la niche parlementaire à des socialistes en décembre.
00:00:26Après son adoption au Sénat, elle revient donc en deuxième lecture à l'Assemblée.
00:00:31Regardez.
00:00:39Madame la Présidente, Madame la rapporteure, Mesdames et Messieurs les députés.
00:00:46Promesse tenue, la discussion autour de la proposition de loi
00:00:50visant à assurer le droit de chaque enfant à disposer d'un avocat
00:00:53dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative et de protection de l'enfance
00:00:57est donc adoptée, nous l'espérons tous d'ici quelques minutes,
00:01:03de façon, là aussi nous l'espérons, conforme entre le Sénat et l'Assemblée nationale
00:01:08afin qu'elle puisse rentrer en vigueur le plus tôt possible
00:01:12et dans des délais compatibles avec l'organisation du service public de la justice.
00:01:16Je m'y étais engagé au Sénat après des discussions longues
00:01:20mais également après des discussions exigeantes
00:01:23car s'il s'agit d'un droit extrêmement important pour tous les enfants de France,
00:01:27droit demandé depuis extrêmement longtemps
00:01:29par les professionnels de la protection de l'enfance,
00:01:33par les avocats en particulier,
00:01:36nous devons aussi, devant nous, avoir un défi d'organisation des juridictions,
00:01:40d'organisation des débarreaux
00:01:41afin que ce droit ne soit pas un droit vain
00:01:44mais un droit efficace.
00:01:47La protection de l'enfance est une des priorités, je sais,
00:01:51de l'Assemblée nationale et du gouvernement.
00:01:54Elle l'est parce qu'il existe une action exigeante de notre justice
00:01:58qui, de plus en plus, a à prendre en compte la vulnérabilité de nos enfants.
00:02:03Elle est aussi parce que les défis auxquels sont confrontés
00:02:06la protection de l'enfance nous obligent à agir
00:02:08et notamment de ce qui arrive en déterminisme social,
00:02:12voire en déterminisme sanitaire,
00:02:14voire en espérance de vie aux enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance.
00:02:20Depuis quelques heures, je défends devant votre Assemblée en commission
00:02:24et bientôt dans l'hémicycle avec ma collègue Stéphanie Riste
00:02:27le projet de loi relatif à la protection des enfants.
00:02:31Ce texte qui consacre une partie de réfondation
00:02:34de la protection de l'enfance, de l'aide sociale sera complétée
00:02:37par la lettre rectificative adoptée ce matin en Conseil des ministres.
00:02:42La proposition de loi de Mme la députée,
00:02:45dont je voudrais ici féliciter votre ténacité, Mme la députée,
00:02:49j'espère que le soutien du gouvernement et de d'autres,
00:02:51je pense aussi au sénateur Iacovelli au Sénat
00:02:54qui a repris votre proposition de loi.
00:02:56La proposition de loi que vous examinez aujourd'hui,
00:02:58mesdames et messieurs les députés,
00:03:00s'inscrit dans une dynamique, celle-ci extrêmement ambitieuse.
00:03:05Mme Adizadeh, Mme la rapporteure,
00:03:07ce texte est avant tout le fruit de votre conviction
00:03:09qu'offrir à chaque enfant l'assistance d'un avocat
00:03:12permettra incontestablement de mieux le protéger.
00:03:16Je veux saluer le travail de l'ensemble des parlementaires
00:03:19qui vous ont accompagnés
00:03:20et que je remercie dans le dialogue constructif
00:03:22que nous avons pu nouer ensemble,
00:03:24la chancellerie vous-même et le Sénat,
00:03:27pour conduire ses travaux avec eux.
00:03:29Il a permis d'aboutir à un point d'équilibre,
00:03:31mais extrêmement ambitieux auquel le gouvernement a apporté un soutien
00:03:35en prévoyant l'entrée en vigueur le 6 janvier 2027.
00:03:40Cette entrée en vigueur différée n'est pas la volonté
00:03:42de décaler la protection,
00:03:43elle est le signe au contraire que le Sénat a su entendre
00:03:46des arguments quant à la mise en œuvre concrète de la réforme.
00:03:49Une mise en œuvre immédiate
00:03:50aurait posé d'énormes questions
00:03:53pour les enfants eux-mêmes déjà aujourd'hui
00:03:56en procédure d'assistance éducative.
00:03:59Le choix que vous avez fait par cette réforme ambitieuse
00:04:03et qui sera d'ailleurs de nous le premier pays d'Europe
00:04:05à prévoir l'assistance d'un avocat,
00:04:07quel que soit l'âge, y compris pour les nourrissons,
00:04:10et quelle que soit la mesure,
00:04:11y compris en dehors de toute mesure de placement,
00:04:14fait sans doute de nous, dans quelques mois,
00:04:16un pays pionnier.
00:04:18Cela veut dire concrètement que seront concernées
00:04:20chacune des 100 000 nouvelles mesures
00:04:22de procédure d'assistance éducative
00:04:24que prononcent les magistrats chaque année,
00:04:27auxquelles s'ajoutent les 260 000 mesures
00:04:29déjà en cours.
00:04:31Le gouvernement est dans et déjà engagé
00:04:33pour que le 6 janvier prochain,
00:04:35la convocation soit adressée aux avocats
00:04:37dans chacun des dossiers.
00:04:38J'y réunis déjà à plusieurs reprises,
00:04:40avant même le vote de cette loi,
00:04:41les chefs de juridiction,
00:04:43et vous avez vous-même assisté,
00:04:44Madame la rapporteure,
00:04:45à une première réunion
00:04:46avec le Conseil national des barreaux.
00:04:48Ceci n'est pas symbolique,
00:04:50car la loi que vous vous apprêtez à voter
00:04:52ne prévoit, Mesdames et Messieurs les députés,
00:04:54aucune exception.
00:04:56Aucun décret d'application,
00:04:58elle est d'application stricte
00:04:59et sera immédiate au 6 janvier.
00:05:02Ni la taille du barreau,
00:05:04ni les spécificités d'un territoire,
00:05:07ni l'empêchement de la minute de l'avocat
00:05:09ne permettront de passer outre sa présence.
00:05:11Il s'agit donc d'une immense responsabilité
00:05:14que vont avoir les auxiliaires de justice
00:05:15que sont les avocats,
00:05:16en cas d'absence ou d'organisation difficile d'un barreau.
00:05:20On peut penser évidemment
00:05:21à ceux des barreaux d'outre-mer,
00:05:23je pense à Mayotte en particulier,
00:05:25mais pas simplement,
00:05:27ou que ce soit dans des territoires
00:05:29parfois pourvus de très nombreux avocats,
00:05:31mais dont les mesures éducatives
00:05:33pour l'ensemble du département
00:05:34sont extrêmement importantes.
00:05:36Il ne peut pas y avoir absence de l'avocat,
00:05:38puisqu'il n'est pas prévu d'exception
00:05:39dans votre texte,
00:05:40et donc ce serait l'intérêt de l'enfant
00:05:43qui serait remis en cause, en jeu,
00:05:45si jamais nous étions collectivement mal organisés.
00:05:49Là encore, concrètement,
00:05:50ça veut dire qu'à l'issue
00:05:51d'une ordonnance de placement provisoire,
00:05:53lors de l'audience devant le juge des enfants,
00:05:55si l'avocat ne se présente pas,
00:05:57la mesure de placement ne pourra pas être ordonnée
00:06:00par le juge,
00:06:00qui sera donc en train de renvoyer l'enfant
00:06:02chez ses parents,
00:06:03parfois chez ses parents maltraitants.
00:06:05Nous avons donc une énorme question d'organisation,
00:06:10et tout l'été,
00:06:10je proposerai tous les 15 jours
00:06:12au Conseil national des barreaux,
00:06:13avec vous, madame la rapporteure,
00:06:14et peut-être le rapporteur du Sénat,
00:06:17de pouvoir travailler
00:06:18avec l'ensemble des services,
00:06:20mais bien sûr aussi les départements de France,
00:06:23à l'organisation concrète de cette organisation,
00:06:26de la loi voulue par les parlementaires.
00:06:29Si je vous dis cela,
00:06:30c'est que ma qualité de garde des Sceaux
00:06:31me rend manifestement comptable
00:06:33de la bonne application de toutes les lois
00:06:35et de toute leur mise en oeuvre
00:06:36sur l'ensemble du territoire,
00:06:37sans exception,
00:06:38même lorsqu'il s'agit de décisions
00:06:40prises en termes d'indépendance.
00:06:43Comme le dit le proverbe populaire,
00:06:45entre la coupe et les lèvres,
00:06:47il reste encore de la place pour un malheur,
00:06:49et je veux que vous sachiez
00:06:50le plein engagement du gouvernement
00:06:52pour que le dernier kilomètre de cette réforme
00:06:54soit mis en oeuvre in concreto,
00:06:56partout en France,
00:06:57partout sur le territoire national,
00:06:59dans tous nos Outre-mer,
00:07:00le 6 janvier prochain.
00:07:02J'ai donc reçu hier une nouvelle fois
00:07:04à Place Vendôme
00:07:04les représentants de la profession d'avocat
00:07:06qui m'ont confirmé
00:07:07que nous avions du travail
00:07:08pour que cette loi entre en vigueur,
00:07:10et je sais compter sur leur engagement
00:07:11pour que nous puissions nous organiser
00:07:13le mieux possible.
00:07:15Je compte pleinement sur cette grande profession
00:07:17pour être à la hauteur de ces engagements
00:07:19et pour que chacun des 164 barreaux de France,
00:07:22à Paris comme à Mayotte,
00:07:24à Rennes comme à Barre-le-Duc,
00:07:25nous puissions organiser la protection des enfants,
00:07:28de chacun des enfants.
00:07:29Les avocats trouveront la chancellerie
00:07:31à leurs côtés
00:07:32pour organiser évidemment
00:07:34ce service public nouveau
00:07:36que nous créons à l'instant,
00:07:37ce nouveau droit,
00:07:38tant dans les juridictions
00:07:39qui doivent davantage s'organiser
00:07:41que dans le fonctionnement
00:07:42que nous pouvons mettre en place,
00:07:44notamment avec la mise en place
00:07:45d'une aide juridictionnelle,
00:07:46un montant très important,
00:07:48plus de 230 millions d'euros
00:07:50pour cette mesure.
00:07:51Cette réforme intervient
00:07:53dans un contexte particulièrement exigeant.
00:07:55Aujourd'hui, plus de 405 000 mesures
00:07:57de protection d'enfance
00:07:58sont suivies dans notre pays.
00:07:59Les situations sont plus nombreuses,
00:08:02plus complexes
00:08:03et malheureusement souvent plus durables.
00:08:06Les juges des enfants sont en première ligne
00:08:07et je veux saluer leur immense travail
00:08:10aux côtés des magistrats du parquet,
00:08:12des greffiers, des éducateurs,
00:08:13des administrateurs ad hoc
00:08:15et bien sûr des avocats.
00:08:16Leur engagement est quotidien
00:08:18et je le sais difficile.
00:08:20Il est toujours indispensable.
00:08:21C'est grâce à eux que la protection de l'enfance
00:08:23est une réalité dans notre territoire,
00:08:26même si nous le savons.
00:08:27Cette protection de l'enfance
00:08:28connaît de graves dysfonctionnements
00:08:30et des enfants qui ont moins de chances,
00:08:32beaucoup moins de chances que les autres,
00:08:34soumis parfois à la prostitution,
00:08:36parfois au trafic,
00:08:38souvent malheureusement connaissent le handicap,
00:08:41souvent malheureusement connaissent
00:08:42les discriminations,
00:08:44souvent malheureusement connaissent les violences,
00:08:46souvent malheureusement connaissent
00:08:4820 ans d'espérance de vie
00:08:49de moins que les autres enfants.
00:08:51Votre proposition, Madame la rapporteure,
00:08:53est donc une réforme structurelle
00:08:55qui modifiera durablement
00:08:57le fonctionnement de la justice des mineurs
00:08:59et la justice en général.
00:09:00Le gouvernement ne voit pas dans cette réalité
00:09:02un motif pour ralentir la réforme.
00:09:04Il y voit au contraire une raison supplémentaire
00:09:06de préparer extrêmement sérieusement sa réussite.
00:09:10Permettez-moi d'évoquer la question des moyens
00:09:12qui devront être déployés dans le budget
00:09:15de cette année pour l'année 2027
00:09:17et dont je suis certain que l'ensemble
00:09:19des parlementaires auront le souci
00:09:20de prévoir la continuité du service public
00:09:22qui ne renverseront donc pas le gouvernement
00:09:24et prévoiront donc qu'il n'y ait pas de loi spéciale
00:09:26qui rendrait impossible le fonctionnement
00:09:28de cette réforme.
00:09:29Et dans une discussion qui évidemment
00:09:31mettrait des moyens importants à la justice,
00:09:33les évaluations conduites par la chancellerie,
00:09:35mais également dans vos rapports parlementaires,
00:09:37montrent que cette réforme va nécessiter
00:09:39des renforts importants en magistrat
00:09:40et en personnel de greffe
00:09:41pour accompagner une montée en charge
00:09:43d'environ à l'intérieur du ministère de la Justice
00:09:45100 millions d'euros,
00:09:47sans compter évidemment les plus de 200 millions d'euros
00:09:51par an au titre de l'aide juridictionnelle
00:09:53des avocats.
00:09:54Je compte donc sur la représentation nationale,
00:09:57Madame la rapporteure,
00:09:58pour le moment venu,
00:09:59aider le gouvernement,
00:10:01en tout cas le ministre de la Justice,
00:10:02à financer ses engagements
00:10:03et soutenir les mesures que le gouvernement
00:10:05mettra en œuvre au service de la justice.
00:10:06De mes discussions que j'ai eues
00:10:08avec le ministre des Comptes publics,
00:10:09j'en suis rassuré,
00:10:10mais évidemment,
00:10:11les derniers mots,
00:10:12ceux qui votent les crédits,
00:10:13sont évidemment les parlementaires.
00:10:16Mesdames et Messieurs les députés,
00:10:17je suis extrêmement honoré et fier
00:10:19de vous accompagner,
00:10:20Madame la rapporteure,
00:10:22dans cette belle loi
00:10:23que nous mettrons en place
00:10:24avec les avocats.
00:10:26Nous partageons la même ambition,
00:10:28celle de protéger les enfants,
00:10:29qui vient d'un département
00:10:31particulièrement touché
00:10:32par les graves atteintes
00:10:35aux droits des enfants
00:10:36dans le département du Nord
00:10:37et de la région des Hauts-de-France.
00:10:39Pour garantir leurs droits
00:10:40quand personne ne les garantit,
00:10:41qu'ils ne soient pas pris en otage
00:10:43par des parents parfois maltraitants,
00:10:45parfois oubliants
00:10:46leurs compétences de parents
00:10:47et de ne pas avoir des enfants
00:10:49qui voient leur avenir décider
00:10:51sans qu'on défende jamais leur intérêt,
00:10:53l'avocat sera là pour ça.
00:10:55Mieux les accompagner
00:10:56lorsqu'ils sont confrontés malheureusement
00:10:58à une justice parfois déshumanisée,
00:11:00dont les mots sont complexes,
00:11:02lointains et peut-être
00:11:03parfois un peu méprisants.
00:11:05Je le redis avec conviction,
00:11:07le gouvernement soutient cette ambition.
00:11:09Il prendra donc toute sa part
00:11:11pour que la volonté s'exprimera
00:11:12dans votre hémicycle,
00:11:13pour que ça puisse devenir une réalité
00:11:15dans chacune de nos juridictions,
00:11:17car les enfants que nous devons protéger
00:11:19n'ont pas simplement besoin de nouveaux droits,
00:11:20ils ont besoin que ces droits
00:11:22puissent s'exercer concrètement
00:11:23partout sur le territoire de la République,
00:11:25quel que soit leur âge,
00:11:26dans les mêmes conditions
00:11:27et avec les mêmes garanties
00:11:28que pour toute femme et tout homme.
00:11:30Cette exigence d'efficacité
00:11:32que le gouvernement
00:11:33a emporté à vos côtés,
00:11:34le plus dur va commencer,
00:11:36celui de l'application de la loi.
00:11:38J'invite les députés
00:11:39à voter conforme ce texte
00:11:40afin que nous ne perdions plus
00:11:41un seul instant
00:11:42pour organiser ce grand droit
00:11:44qui fait la beauté
00:11:45de l'engagement politique.
00:11:47Je vous remercie.
00:11:48Merci, monsieur le garde des Sceaux.
00:11:50La parole est maintenant
00:11:51à madame Aïda Adizadeh,
00:11:53rapporteure de la Commission
00:11:54des lois constitutionnelles,
00:11:55de la législation
00:11:56et de l'administration générale
00:11:58de la République.
00:12:02Merci beaucoup.
00:12:06Merci, madame la présidente,
00:12:08monsieur le ministre,
00:12:10monsieur le président de la Commission,
00:12:11mes chers collègues.
00:12:13Ici, nous votons beaucoup de lois.
00:12:16Il y a des lois
00:12:17qui viennent changer les procédures.
00:12:18Elles sont utiles.
00:12:20Certaines d'entre elles
00:12:20sont même urgentes.
00:12:22Et puis, il y a des lois
00:12:23qui viennent changer des vies.
00:12:25Celles-ci sont indispensables.
00:12:28La loi que vous apprêtez
00:12:29à voter dans quelques minutes,
00:12:30je l'espère de manière unanime,
00:12:32est l'une d'entre elles.
00:12:34Cette loi vise à garantir
00:12:36qu'aux côtés de chaque enfant placé,
00:12:38devant le juge des enfants
00:12:39et durant tout son placement,
00:12:41il y ait désormais un avocat
00:12:43à ses côtés.
00:12:45Cette loi,
00:12:47elle va changer des vies.
00:12:49Et ce n'est pas moi qui vous le dis,
00:12:50moi qui l'ai porté depuis des mois
00:12:51avec les députés de mon groupe,
00:12:54les députés socialistes,
00:12:55que je remercie pour leur confiance.
00:12:57Je vais vous applaudir.
00:12:59Et oui, vous m'avez fait confiance
00:13:01parce que le 11 décembre dernier,
00:13:02vous avez inscrit cette loi
00:13:04en premier dans l'ordre d'examen
00:13:06des lois de notre journée réservée,
00:13:09la niche parlementaire,
00:13:09comme on l'appelle.
00:13:11Cette loi n'est pas votée ici aujourd'hui
00:13:13et n'est pas utile
00:13:14juste parce que des sénateurs
00:13:16aussi au Sénat l'ont jugée utile.
00:13:18Et je tiens aussi à remercier
00:13:19tous les sénateurs
00:13:20qui ont fait le travail
00:13:21et qui ont fait que cette loi
00:13:22soit adoptée rapidement au Sénat.
00:13:24Je pense au rapporteur de la loi,
00:13:26le sénateur du Nord,
00:13:27Dany Vateblé,
00:13:27qui a été un soutien indéfectible
00:13:29sur cette loi.
00:13:31Et je pense tout particulièrement
00:13:32à Xavier Iacovelli
00:13:34qui avait déposé lui aussi,
00:13:35il y a quelques mois,
00:13:36voire quelques années,
00:13:37je ne sais plus,
00:13:38une proposition de loi
00:13:39exactement similaire à la mienne.
00:13:41Je remercie évidemment
00:13:42les sénateurs du groupe socialiste
00:13:44qui ont fait tout ce qu'il était
00:13:45en leur pouvoir
00:13:46pour améliorer cette proposition de loi.
00:13:48Mais cette proposition de loi,
00:13:50si elle va changer
00:13:51des vies de main,
00:13:52nous le savons
00:13:53parce que ce sont
00:13:54les anciens enfants placés
00:13:55qui nous le disent.
00:13:56Ceux qui n'ont pas pu bénéficier
00:13:57d'un auxiliaire de justice
00:13:59à leur côté,
00:13:59d'un avocat
00:14:00pour défendre leurs droits.
00:14:01Et une fois adultes,
00:14:03ils nous ont renseignés
00:14:04sur tous les manques,
00:14:05toutes les failles
00:14:06de cette justice
00:14:06qui s'est abattue sur eux
00:14:08bien trop souvent.
00:14:09Ils se sont sentis seuls
00:14:12dans les couloirs de la justice,
00:14:13ils ne se sentis pas
00:14:14suffisamment protégés
00:14:15et leurs droits
00:14:16pas suffisamment respectés.
00:14:17Et je tiens ici
00:14:18à leur rendre hommage.
00:14:19Ils sont nombreux
00:14:20ici dans l'assistance,
00:14:22ils nous regardent,
00:14:23ils attendent énormément de nous,
00:14:25pas pour eux-mêmes,
00:14:25pour eux c'est terminé,
00:14:27leur parcours de placement
00:14:28est derrière eux.
00:14:29Ils sont là
00:14:30pour leurs petits frères
00:14:31et leurs petites sœurs
00:14:32qui sont aujourd'hui
00:14:32dans les lieux de placement
00:14:33de la République.
00:14:34Ces lieux qui trop
00:14:35encore souvent
00:14:37fabriquent du malheur
00:14:38au lieu de produire
00:14:39des destins hors du commun
00:14:40parce que c'est nous
00:14:41qui en avons la responsabilité.
00:14:42Et je vous demande aujourd'hui
00:14:44de les applaudir
00:14:45parce que sans leur ténacité,
00:14:47sans leur courage,
00:14:48sans leur présence
00:14:49sur cette loi,
00:14:51elles n'auraient pas vu le jour,
00:14:51elles ne seraient pas là
00:14:52devant vous aujourd'hui.
00:14:54Les avocats aussi
00:14:55sont là aujourd'hui,
00:14:56ils sont présents
00:14:57et eux aussi
00:14:58depuis de nombreuses années
00:14:59portent cette proposition de loi.
00:15:00Pas pour eux-mêmes,
00:15:01mais parce qu'ils ont eu
00:15:02le sentiment également
00:15:03que dans les couloirs
00:15:04de la justice,
00:15:05les enfants étaient laissés seuls.
00:15:07Je ne sais pas
00:15:08si vous le savez,
00:15:08mais depuis que cette loi
00:15:10a été adoptée
00:15:11en première lecture
00:15:11le 11 décembre dernier,
00:15:13d'autres enfants
00:15:14de l'aide sociale
00:15:15à l'enfance
00:15:16sont décédés.
00:15:18Il y a la petite Émilie,
00:15:20trois ans,
00:15:20dont on n'a pas beaucoup parlé,
00:15:22mais souvent les enfants
00:15:23morts à l'aide sociale
00:15:24à l'enfance,
00:15:24on n'en parle pas beaucoup.
00:15:25Il n'y a pas de grande marche blanche
00:15:26pour eux,
00:15:27il n'y a pas d'émotion populaire.
00:15:28Évidemment,
00:15:29dans les villes
00:15:29qui sont concernées,
00:15:30on en parle,
00:15:32leurs proches
00:15:32essaient de faire
00:15:33tout ce qu'ils peuvent
00:15:34pour faire réagir,
00:15:35mais il n'y a pas
00:15:35d'émotion populaire.
00:15:36La petite Émilie,
00:15:37trois ans,
00:15:38a été retrouvée décédée
00:15:40dans sa famille d'accueil.
00:15:42Il y a aussi Louis.
00:15:43Alors Louis,
00:15:44on en a beaucoup parlé.
00:15:45On en a beaucoup parlé
00:15:46parce que sa mort
00:15:47a été instrumentalisée
00:15:48par certains
00:15:49qui voyaient
00:15:50la confirmation
00:15:51de leur théorie,
00:15:52il faut le dire ici,
00:15:53raciste.
00:15:54Louis est un enfant
00:15:55de l'aide sociale
00:15:56à l'enfance
00:15:56et il a été lynché
00:15:57par d'autres enfants
00:15:58de l'aide sociale
00:15:59à l'enfance.
00:16:00Louis avait porté
00:16:01plainte,
00:16:02seul,
00:16:03parce qu'il subissait
00:16:04des violences
00:16:05dans son lieu de placement.
00:16:06Il est allé porter plainte
00:16:08tout seul.
00:16:09Pas d'avocat à ses côtés.
00:16:11Pas d'avocat non plus
00:16:12pour alerter le juge
00:16:13sur le fait
00:16:13qu'il fallait juger
00:16:14cette affaire en priorité
00:16:15et peut-être
00:16:16le changer de lieu de placement.
00:16:18Louis a été laissé seul
00:16:19par nous,
00:16:20nous les législateurs,
00:16:21nous les adultes
00:16:22et Louis a fini
00:16:23par être lynché
00:16:23par d'autres enfants
00:16:24qui auront à répondre
00:16:25de leurs actes,
00:16:26inexcusables,
00:16:27ignobles,
00:16:28mais d'autres enfants
00:16:28qu'on a aussi laissés seuls.
00:16:30Cette grande loi
00:16:31que nous allons voter
00:16:32dans quelques instants
00:16:33va venir changer des vies
00:16:34et c'est moi
00:16:35qui vous le dis.
00:16:35Ce n'est pas tous les jours ici
00:16:36qu'on a l'occasion
00:16:37de faire ces grandes lois-là.
00:16:38Et je l'appelle grande
00:16:40parce qu'elle n'est pas
00:16:40de mon fait.
00:16:41Je n'en aurai jamais eu
00:16:42l'idée toute seule.
00:16:43Encore une fois,
00:16:44ce sont les anciens
00:16:44enfants placés
00:16:45qui m'ont dit
00:16:45que de toutes les mesures
00:16:46qui devaient s'appliquer à eux,
00:16:48la plus urgente,
00:16:49c'était celle
00:16:49de leur garantir
00:16:50un avocat à leur côté.
00:16:52Alors, monsieur le ministre,
00:16:53vous l'avez dit,
00:16:54il y a eu des débats
00:16:55au moment de la proposition
00:16:56de cette loi
00:16:57le 11 décembre dernier
00:16:58et puis au Sénat.
00:17:00Moi, pour tout vous dire,
00:17:00je ne pensais pas
00:17:01que nous arrivions
00:17:02à l'inscrire aussi vite au Sénat
00:17:03et je tiens encore une fois
00:17:04à saluer le travail
00:17:05des sénateurs
00:17:05qui se sont battus
00:17:06pour l'inscrire
00:17:06en semaine transpartisane.
00:17:08Et en effet,
00:17:09on a voulu une loi absolue,
00:17:10une loi qui ne souffre
00:17:11d'aucune exception.
00:17:12Je dois vous le dire,
00:17:13monsieur le ministre,
00:17:13que je vous l'ai dit
00:17:14en privé dans votre bureau,
00:17:15nous n'avons pas inscrit
00:17:16de décret d'application
00:17:17parce que souvent,
00:17:18les lois de la protection
00:17:19de l'enfance,
00:17:20on attend des années
00:17:21que le décret d'application
00:17:22soit pris.
00:17:23Parce qu'il y a toujours
00:17:23plusieurs gens à faire.
00:17:24Parce qu'il y a toujours
00:17:25des problèmes matériels
00:17:26qui viennent s'appliquer à eux.
00:17:27Il y a eu une loi,
00:17:29la loi portée par monsieur Taquet.
00:17:31En 2022,
00:17:32elle a été votée.
00:17:33Elle comportait une disposition
00:17:34qui interdisait
00:17:35le placement des enfants
00:17:36dans les hôtels.
00:17:37Le décret d'application
00:17:38devait être pris
00:17:39dans la foulée.
00:17:40Deux ans plus tard,
00:17:41le décret d'application
00:17:41n'était pas pris
00:17:42et on retrouvait Lily,
00:17:4415 ans,
00:17:44suicidée dans sa chambre d'hôtel.
00:17:47Voilà pourquoi je n'ai pas écrit
00:17:48qu'il fallait un décret d'application
00:17:50et il fallait que cette loi
00:17:51entre vite en vigueur.
00:17:52Mais je pensais
00:17:53qu'on aurait un an
00:17:54le temps de la fameuse
00:17:55navette parlementaire
00:17:56pour faire avancer ensemble
00:17:57cette proposition de loi.
00:17:58La navette s'est accélérée
00:18:00et une fois que vous avez vu
00:18:01qu'on était résolus
00:18:02à aller jusqu'au bout,
00:18:03vous nous avez proposé ceci.
00:18:05Nous décalons de six mois
00:18:06l'entrée en vigueur de la loi,
00:18:07d'abord au 2 mai
00:18:08puis au 6 janvier
00:18:09grâce au travail
00:18:10des sénateurs socialistes
00:18:11et avec votre accord,
00:18:12pour se donner ces six mois
00:18:13pour faire en sorte
00:18:14que cette loi-là
00:18:15ne soit pas une loi de papier
00:18:16mais qu'on mette
00:18:17tous les moyens
00:18:18de notre côté
00:18:19pour que demain,
00:18:20chaque enfant placé,
00:18:21où qu'il soit,
00:18:22quel que soit le territoire
00:18:23de son placement,
00:18:24et un avocat à ses côtés
00:18:26devant le juge des enfants.
00:18:28Vous pourrez compter
00:18:29sur ma présence,
00:18:30sur mon soutien
00:18:30et sur celle des avocats
00:18:31ici présents,
00:18:32de leurs représentants
00:18:33pour se mettre
00:18:34en ordre de marche
00:18:35et pour faire en sorte
00:18:36qu'il n'y ait pas d'exception
00:18:38à cette loi absolue
00:18:39que nous voulons.
00:18:41Nous en avons assez
00:18:42de ces lois
00:18:43qui sont faites
00:18:43pour la protection de l'enfance
00:18:44et qui,
00:18:45faute de moyens,
00:18:45ne sont pas appliquées.
00:18:47Et je ne peux m'empêcher
00:18:48de penser au travail
00:18:49que nous allons poursuivre
00:18:50tout à l'heure
00:18:50après le vote de cette loi,
00:18:52je l'espère à l'unanimité.
00:18:53Nous allons retourner
00:18:54en commission spéciale,
00:18:56une commission qui examine
00:18:57le projet de loi
00:18:58sur l'aide sociale à l'enfance,
00:19:00sur l'intérêt de l'enfant
00:19:01au sens large.
00:19:02Et nous sommes perplexes,
00:19:04beaucoup d'entre nous
00:19:04sommes perplexes
00:19:05parce que nous faisons
00:19:06une grande loi
00:19:06mais sans aucun moyen supplémentaire.
00:19:08Et je vous le dis ici,
00:19:09monsieur le ministre,
00:19:10vous n'êtes pas le seul
00:19:11responsable de cette loi
00:19:13interministérielle,
00:19:13mais je vous le dis ici,
00:19:14je le dirai aussi
00:19:15à monsieur le Premier ministre,
00:19:16on ne peut pas continuer
00:19:17à débattre de cette loi
00:19:18avec les deux mains
00:19:19sur les cordons de la bourse.
00:19:20La politique de la justice,
00:19:22vous l'avez dit,
00:19:23est la même
00:19:23que la politique
00:19:24de la protection de l'enfance,
00:19:25c'est une politique
00:19:26qui fonctionne
00:19:26sur la pénurie des moyens
00:19:27et ça ne peut plus durer.
00:19:29On ne peut plus faire
00:19:30en sorte que les décisions
00:19:31qui s'appliquent aux enfants
00:19:32soient contingentées
00:19:33par les moyens
00:19:34que nous mettons
00:19:35à leur disposition.
00:19:36Sinon,
00:19:37on va continuer
00:19:37à fabriquer du malheur,
00:19:38à fabriquer du désespoir
00:19:39dans ce pays.
00:19:40Il faut des moyens en plus
00:19:42pour la protection de l'enfance.
00:19:43Il faut se mettre
00:19:44autour de la table
00:19:45et se dire
00:19:45où sont nos priorités.
00:19:47Parfois,
00:19:48j'ai le sentiment
00:19:49que la tour Eiffel
00:19:50est à l'envers,
00:19:51qu'on part des moyens
00:19:52et qu'on se dit
00:19:53ce qu'il faut
00:19:54mettre en face
00:19:54de ces enfants.
00:19:55Il faut remettre
00:19:56la tour Eiffel
00:19:56à l'endroit
00:19:57pour qu'elle soit solide
00:19:57et qu'elle repose
00:19:58sur ses quatre pieds,
00:19:59ses quatre socles
00:20:00qui fait que
00:20:01c'est une œuvre admirable
00:20:02qu'on continue
00:20:03à admirer dans le temps.
00:20:05Et je pense que
00:20:06toute personnalité politique,
00:20:08tout responsable politique,
00:20:09s'il veut avoir
00:20:10un avenir dans ce pays,
00:20:11un avenir politique
00:20:11et aspirer
00:20:12aux plus grandes fonctions,
00:20:13devrait aujourd'hui
00:20:15se dire ceci.
00:20:16Il faut se jucher
00:20:17sur les épaules
00:20:18des géants
00:20:18qui nous ont précédés.
00:20:19Je pense à un géant
00:20:20en particulier
00:20:21qui est monté
00:20:22à cette tribu,
00:20:23qui n'était pas
00:20:23tout à fait ici,
00:20:24elle était dans la cour,
00:20:25dans la salle de carton.
00:20:26Victor Hugo.
00:20:27Victor Hugo est peut-être
00:20:28le premier homme politique,
00:20:30le premier grand écrivain
00:20:31à s'être penché
00:20:32sur la misère de l'enfant.
00:20:33Il a fait voir
00:20:34la misère des enfants
00:20:35dans toute la cruauté
00:20:37qui était celle
00:20:37du XIXe siècle,
00:20:38les enfants qui travaillent.
00:20:40Mais cette cruauté
00:20:41qui était appliquée
00:20:41aux enfants,
00:20:42par moments,
00:20:43elle perdure.
00:20:44Cosette,
00:20:45la petite Cosette,
00:20:46qui est placée
00:20:46chez les Thénardiers,
00:20:47il en existe encore
00:20:48aujourd'hui dans notre pays.
00:20:49Deux siècles après,
00:20:51les mots
00:20:51qu'a écrit Victor Hugo.
00:20:53Et si je vous parle
00:20:54de Victor Hugo,
00:20:54c'est pour vous convaincre
00:20:55d'une chose.
00:20:56Il y a eu un million
00:20:57de Parisiens
00:20:58à l'enterrement
00:20:58de Victor Hugo,
00:20:59le plus grand enterrement
00:21:00que la France
00:21:00ait encore connu
00:21:01jusqu'à ce jour.
00:21:03Les Parisiens
00:21:03qui étaient réunis
00:21:05dans les rues de Paris
00:21:05pour rendre hommage
00:21:06à Victor Hugo,
00:21:06ce n'était pas
00:21:07pour la beauté
00:21:07de sa poésie
00:21:08ou pour les grands textes
00:21:09qu'il avait écrits.
00:21:09C'est parce que Victor Hugo
00:21:10avait éclairé
00:21:11de toute sa force littéraire,
00:21:13de toute sa force oratoire
00:21:14la vie de ces misérables.
00:21:16Des misérables
00:21:16dans notre République,
00:21:17il y en a encore
00:21:18des milliers,
00:21:19des centaines de milliers même.
00:21:20Et nous ne serons
00:21:21nous, grands législateurs,
00:21:23nous, grands responsables politiques,
00:21:24que lorsque nous serons
00:21:25déterminés à éradiquer,
00:21:27je dis bien éradiquer,
00:21:28pas amoindrir,
00:21:29pas atténuer,
00:21:30mais véritablement éradiquer
00:21:32la misère
00:21:32qui s'abat
00:21:33sur nos enfants.
00:21:35Et ici,
00:21:36tout à l'heure,
00:21:37c'est une de ces lois
00:21:37qui va permettre
00:21:38de faire un pas de plus
00:21:39dans cette éradication-là.
00:21:41Mais l'œuvre ne sera pas complète,
00:21:42la cathédrale ne sera pas achevée
00:21:44et un long chemin nous attend.
00:21:45Mais je sais que dans ce chemin-là,
00:21:47tant que nous serons
00:21:48sous la vigilance
00:21:49des enfants placés,
00:21:50des anciens enfants placés
00:21:51qui nous regardent,
00:21:52qui nous attendent,
00:21:53nous serons sur le droit chemin.
00:21:54Et je tiens encore ici
00:21:55à les remercier
00:21:57et à terminer mon discours
00:21:58en vous demandant
00:21:59de vous lever
00:22:00et de les applaudir
00:22:01parce qu'ils le méritent.
00:22:18Merci, madame la rapporteure.
00:22:20Nous en venons aux orateurs
00:22:21de la discussion générale.
00:22:23La première oratrice
00:22:23est madame Karine Lebon
00:22:25pour le groupe
00:22:25de la gauche démocrate
00:22:26et républicaine
00:22:27pour une durée de cinq minutes.
00:22:37Madame la Présidente,
00:22:38Monsieur le Ministre,
00:22:39Monsieur le Président
00:22:40de la Commission,
00:22:41Madame la rapporteure,
00:22:42chère Aïda,
00:22:42chers collègues,
00:22:44Mesdames et Messieurs
00:22:44dans les tribunes,
00:22:46anciens enfants placés
00:22:46et avocats,
00:22:48vous pour qui cette loi
00:22:49est si importante.
00:22:52La protection de l'enfance
00:22:54traverse aujourd'hui
00:22:54une crise profonde
00:22:56et cette crise
00:22:57ne se résume pas
00:22:57à un manque de moyens
00:22:58même si la question
00:22:59des moyens est cruciale,
00:23:00Monsieur le Ministre.
00:23:01Elle révèle aussi
00:23:02des dysfonctionnements
00:23:03persistants
00:23:04et les limites
00:23:04de notre capacité collective
00:23:06à protéger
00:23:06les enfants
00:23:07les plus vulnérables.
00:23:08Les chiffres sont certes
00:23:09déjà connus
00:23:10mais ils restent bouleversants.
00:23:12Près de 400 000 mineurs
00:23:14et jeunes majeurs
00:23:15sont aujourd'hui accompagnés
00:23:16par l'aide sociale
00:23:17à l'enfance.
00:23:17Les mesures de protection
00:23:19mettent parfois
00:23:20plus de six mois
00:23:21à être exécutées.
00:23:22Plus des trois quarts
00:23:23des juges des enfants
00:23:24déclarent avoir déjà renoncé
00:23:26à prononcer un placement
00:23:27faute de solutions adaptées.
00:23:30À la Réunion,
00:23:31le journal Le Quotidien
00:23:32a même révélé
00:23:33que les ordonnances
00:23:33de placement
00:23:34ne sont pas exécutées
00:23:35par le Conseil départemental
00:23:37faute de place
00:23:38forçant les enfants
00:23:39à rester chez leurs agresseurs.
00:23:41Ces difficultés
00:23:42sont indéniables
00:23:43et auront hélas
00:23:44un aspect concret
00:23:45sur la vie
00:23:46de ces jeunes
00:23:47puisque les chiffres
00:23:48sont clairs,
00:23:49leur espérance de vie
00:23:50reste aujourd'hui
00:23:51inférieure d'une vingtaine
00:23:52d'années
00:23:52à celle du reste
00:23:53de la population.
00:23:54Cette réalité appelle
00:23:55une réforme d'ensemble
00:23:56de la protection
00:23:57de l'enfance
00:23:57fondée sur les besoins
00:23:58fondamentaux de l'enfant
00:24:00et accompagnée
00:24:00des moyens nécessaires.
00:24:02Nous aurions pu
00:24:03engager ce travail
00:24:03avec le projet de loi
00:24:04consacré à la protection
00:24:05des enfants
00:24:06actuellement examiné
00:24:07en commission spéciale.
00:24:09Ce texte,
00:24:10particulièrement attendu,
00:24:11contient des dispositions
00:24:12qui permettront effectivement
00:24:13de faire face
00:24:14à certaines situations.
00:24:16Malheureusement,
00:24:17les associations du secteur
00:24:18soulignent aussi
00:24:19que le projet de loi
00:24:19ne répond pas totalement
00:24:20aux difficultés
00:24:21les plus urgentes.
00:24:22Et ces difficultés,
00:24:23nous les connaissons parfaitement.
00:24:25Pénurie de professionnels,
00:24:26application incomplète
00:24:27des lois déjà votées
00:24:28et affaiblissement
00:24:29de la prévention.
00:24:31La proposition de loi
00:24:32que nous examinons aujourd'hui
00:24:33ne résoudra pas
00:24:34à elle seule
00:24:35cette crise,
00:24:36mais elle constitue
00:24:37une avancée
00:24:38ô combien importante.
00:24:40En instaurant
00:24:41une meilleure écoute
00:24:42de l'enfant
00:24:42pour une meilleure protection
00:24:43de ses droits.
00:24:45Pendant longtemps,
00:24:45la parole des enfants
00:24:46a été insuffisamment
00:24:47prise en compte
00:24:48dans les procédures
00:24:48d'assistance éducative.
00:24:50Pourtant,
00:24:51tous les acteurs
00:24:51ont aujourd'hui
00:24:52des points de vue
00:24:52convergents sur la question.
00:24:54La défenseur des droits,
00:24:55le Conseil économique,
00:24:56social et environnemental,
00:24:57le Comité de vigilance
00:24:58des enfants placés
00:24:59ou encore
00:25:00le Conseil national
00:25:01des barreaux
00:25:01rappellent qu'un enfant
00:25:02ne peut être
00:25:03pleinement protégé
00:25:04que s'il est réellement
00:25:06entendu
00:25:06tout le long
00:25:07de la procédure.
00:25:09L'intérêt supérieur
00:25:10de l'enfant
00:25:10ne peut pas être apprécié
00:25:11sans connaître
00:25:12son vécu,
00:25:13ses craintes,
00:25:13ses besoins
00:25:14ou ses attentes.
00:25:15Encore faut-il
00:25:16qu'il puisse les exprimer
00:25:17dans un cadre sécurisant
00:25:19et avec l'accompagnement
00:25:20d'un professionnel formé.
00:25:22C'est tout le sens
00:25:23de cette proposition
00:25:23de loi
00:25:24qui propose
00:25:24la désignation
00:25:26systématique
00:25:26d'un avocat spécialisé
00:25:27en assistance éducative
00:25:29sans condition
00:25:30de discernement
00:25:30et à chaque étape
00:25:31de la procédure.
00:25:33La loi du 7 février 2022
00:25:34a déjà renforcé
00:25:36les droits de l'enfant
00:25:36en prévoyant
00:25:37la désignation
00:25:38d'un avocat
00:25:38ou d'un administrateur
00:25:40ad hoc
00:25:40lorsque son intérêt
00:25:41l'exige
00:25:42ainsi qu'une information
00:25:43du mineur
00:25:43sur ce droit
00:25:44lors de son entretien
00:25:45avec le juge.
00:25:46Mais dans les faits,
00:25:48cette information
00:25:48est souvent difficile
00:25:50à comprendre
00:25:50pour un enfant
00:25:51et l'exercice
00:25:52de ce droit
00:25:52demeure très inégal.
00:25:54La désignation
00:25:55d'un avocat
00:25:55reste encore
00:25:56trop exceptionnelle.
00:25:58Les expérimentations
00:25:59conduites
00:26:00dans plusieurs tribunaux
00:26:01montrent pourtant
00:26:02des résultats
00:26:02très encourageants.
00:26:03Magistrat comme avocat
00:26:05souligne
00:26:05que la présence
00:26:06d'un avocat
00:26:07permet aux enfants
00:26:07de mieux comprendre
00:26:08la procédure,
00:26:09de s'exprimer
00:26:10plus librement
00:26:11et de faire valoir
00:26:12leur droit.
00:26:13Elle aide également
00:26:13le juge à mieux appréhender
00:26:15la situation de l'enfant
00:26:16et à prendre
00:26:17des décisions
00:26:17plus adaptées
00:26:18à ses besoins.
00:26:19C'est pourquoi
00:26:20nous soutenons
00:26:20pleinement
00:26:21cette proposition
00:26:22de loi
00:26:22et souhaitons
00:26:23son adoption
00:26:24conforme.
00:26:25Nous serons toutefois
00:26:26particulièrement attentifs
00:26:28à sa mise en œuvre.
00:26:29Le report
00:26:30de son entrée
00:26:30en vigueur
00:26:31au 6 janvier 2027
00:26:32devra être mis
00:26:33à profit
00:26:33pour former
00:26:34suffisamment
00:26:35d'avocats spécialisés,
00:26:36mobiliser l'ensemble
00:26:37des barreaux
00:26:37et garantir
00:26:38l'effectivité
00:26:38de ce droit
00:26:39sur tout le territoire,
00:26:41y compris dans
00:26:41les Outre-mer
00:26:42où l'accès
00:26:42au droit est parfois
00:26:43plus fragile.
00:26:44Parce que chaque enfant
00:26:45d'où qu'il vienne
00:26:46mérite d'être écouté
00:26:47et entendu.
00:26:48Parce que chaque enfant
00:26:50d'où qu'il vienne
00:26:51mérite d'être protégé
00:26:52et défendu.
00:26:53Et parce qu'on est
00:26:54de son enfance
00:26:55comme on est d'un pays,
00:26:56faisons en sorte
00:26:57que notre pays
00:26:58soit le plus protecteur
00:26:59possible envers
00:26:59les plus vulnérables
00:27:00de notre société.
00:27:01Je vous remercie.
00:27:02Merci madame la députée.
00:27:06Pour le groupe
00:27:06de l'Union des droites
00:27:07pour la République,
00:27:08la parole est à monsieur
00:27:09Éric Michoud.
00:27:29Mme la Présidente,
00:27:30M. le ministre,
00:27:32Mme le rapporteur,
00:27:33mes chers collègues.
00:27:34En France, aujourd'hui,
00:27:36près de 400 000 enfants
00:27:37et jeunes majeurs
00:27:38font l'objet
00:27:39d'une mesure
00:27:39d'assistance éducative.
00:27:41Près de 400 000
00:27:42vies suspendues
00:27:43à une décision de justice.
00:27:45Près de 400 000 enfants
00:27:47que notre République
00:27:48s'est engagée à protéger.
00:27:50Derrière ces chiffres,
00:27:51il y a des regards
00:27:52qui cherchent un repère.
00:27:54Il y a des silences
00:27:55qui disent parfois
00:27:56plus que les mots.
00:27:57Il y a des familles blessées
00:27:58et des enfants
00:27:59dont le monde a vacillé.
00:28:03Lorsque juge
00:28:04des enfants
00:28:05prononce
00:28:06une mesure
00:28:07d'assistance éducative,
00:28:08il ne signe pas
00:28:10un simple acte
00:28:11de procédure,
00:28:12il touche
00:28:13à ce que nous avons
00:28:14de plus précieux,
00:28:15l'enfance.
00:28:16Il décide d'un foyer,
00:28:17d'un quotidien
00:28:18et toujours d'un avenir.
00:28:21Dans cet instant
00:28:22si particulier,
00:28:23la voix de l'enfant
00:28:24ne doit jamais
00:28:25être un murmure perdu
00:28:26dans le bruit
00:28:27des procédures.
00:28:29Elle doit pouvoir
00:28:30être entendue
00:28:31elle doit pouvoir
00:28:32être portée.
00:28:33Elle doit pouvoir
00:28:34être défendue.
00:28:35C'est précisément
00:28:36le rôle de l'avocat.
00:28:38Non pas seulement
00:28:38celui qui connaît
00:28:39le droit
00:28:40mais celui qui prête
00:28:41sa voix
00:28:42à celui qui peine
00:28:43encore
00:28:44à faire entendre
00:28:45la sienne.
00:28:46Celui qui rappelle
00:28:47que derrière
00:28:47chaque dossier
00:28:48il y a un prénom.
00:28:50Derrière chaque procédure
00:28:51il y a une histoire.
00:28:53Derrière chaque décision
00:28:54il y a une vie
00:28:54qui se construit.
00:28:56Derrière chaque enfant
00:28:57il y a un citoyen
00:28:59en devenir.
00:28:59C'est pourquoi
00:29:00le groupe UDR
00:29:01soutiendra
00:29:02cette proposition
00:29:03de loi.
00:29:04Ces dernières semaines
00:29:05notre pays
00:29:07a été bouleversé
00:29:07par plusieurs drames.
00:29:09Je pense à Louis
00:29:10d'une autre manière
00:29:11à Liaya
00:29:12et enfin à Lily.
00:29:14Protéger l'enfance
00:29:15n'appartient
00:29:16ni à la droite
00:29:17ni à la gauche.
00:29:19C'est un devoir
00:29:20qui devrait nous
00:29:21rassembler.
00:29:23Mais ce devoir
00:29:24nous oblige aussi
00:29:24à regarder la réalité
00:29:25en face
00:29:26et avec lucidité.
00:29:27Notre justice
00:29:29est trop lente
00:29:30trop faible
00:29:31et trop éloignée
00:29:32des victimes.
00:29:32Trop lente
00:29:33pour les décisions
00:29:34arrive après le drame.
00:29:37Trop faible
00:29:37quand la parole
00:29:38des plus vulnérables
00:29:39n'est pas entendue.
00:29:41Trop éloignée
00:29:42des victimes
00:29:42quand ceux
00:29:43qui souffrent
00:29:44deviennent
00:29:44les spectateurs
00:29:46de leur propre histoire.
00:29:48Nos juges
00:29:49des enfants
00:29:50portent une responsabilité
00:29:51immense.
00:29:52Les professionnels
00:29:53de la protection
00:29:53de l'enfance
00:29:54accomplissent
00:29:55un travail remarquable
00:29:56dans des conditions
00:29:57souvent difficiles.
00:29:58Les familles d'accueil
00:29:59donnent beaucoup
00:30:00elles-mêmes.
00:30:02Créer un droit
00:30:03pour les enfants
00:30:04placés
00:30:04est une avancée.
00:30:06Le rendre réellement
00:30:08effectif
00:30:09est une responsabilité.
00:30:10Et cette responsabilité
00:30:12est maintenant
00:30:13celle du gouvernement.
00:30:14Louis, Lili,
00:30:16Liana,
00:30:16ces prénoms
00:30:17nous rappellent
00:30:18une vérité tragique.
00:30:20Pour un enfant
00:30:21en danger,
00:30:22attendre,
00:30:23c'est déjà renoncer.
00:30:25Protéger un enfant
00:30:26c'est savoir
00:30:27écouter
00:30:27ce qui n'est pas dit.
00:30:29C'est reconnaître
00:30:30parfois
00:30:30les signaux faibles.
00:30:32C'est agir
00:30:33avant que le signal
00:30:35ne devienne fatal.
00:30:37C'est comprendre
00:30:38qu'un enfant
00:30:39n'a souvent
00:30:39qu'une seule richesse.
00:30:41La confiance
00:30:42qu'il place
00:30:42dans l'adulte
00:30:43chargé de le protéger.
00:30:45Et cette confiance
00:30:46nous oblige.
00:30:47Mes chers collègues,
00:30:48la grandeur des nations
00:30:50ne se mesure pas
00:30:50seulement
00:30:51à sa prospérité.
00:30:53Elle se mesure aussi
00:30:54à la manière
00:30:54dont elle protège
00:30:55les plus vulnérables.
00:30:57Alors faisons
00:30:58en sorte
00:30:59que la parole
00:31:00des enfants
00:31:00soit toujours
00:31:01entendue,
00:31:02que leur droit
00:31:03soit prioritaire
00:31:04et que notre justice
00:31:06soit toujours
00:31:07à hauteur
00:31:08d'enfants.
00:31:10A été évoqué
00:31:11tout à l'heure
00:31:11Victor Hugo
00:31:12qui disait
00:31:13« Aidons le progrès
00:31:14par l'assistance
00:31:15à l'enfance ».
00:31:17Vous avez raison
00:31:17madame la rapporteure.
00:31:19Moi je citerai
00:31:20Mandela.
00:31:20Il n'y a pas
00:31:21de cause
00:31:22qui mérite
00:31:22plus
00:31:23que celle
00:31:24des enfants.
00:31:25Merci.
00:31:28Merci monsieur le député.
00:31:30Pour le groupe
00:31:30Rassemblement National
00:31:31la parole est
00:31:32à madame
00:31:32Marine Hamlet.
00:31:52Madame la Présidente,
00:31:54Monsieur le Ministre,
00:31:55Monsieur le Président
00:31:56de la Commission des lois,
00:31:57Madame le rapporteur.
00:31:59Chers collègues,
00:32:00nous arrivons
00:32:00au terme
00:32:01d'un parcours
00:32:02que je voudrais
00:32:02d'abord saluer.
00:32:03pour sa rareté.
00:32:05Adoptée à l'unanimité
00:32:06dans cet hémicycle,
00:32:07cette proposition
00:32:08de loi nous revient
00:32:09du Sénat,
00:32:10confortée.
00:32:11La Chambre haute
00:32:12a conservé
00:32:13le cœur
00:32:13du dispositif,
00:32:15l'assistance
00:32:16systématique
00:32:16d'un avocat
00:32:17pour chaque enfant
00:32:18en assistance
00:32:19éducative
00:32:20sans condition
00:32:21d'âge
00:32:21ni de discernement.
00:32:23Elle n'a différé
00:32:24que l'entrée
00:32:25en vigueur.
00:32:27Reconnaissons-le
00:32:27sans esprit
00:32:28partisan.
00:32:29Pour la protection
00:32:30de l'enfance,
00:32:30nos deux assemblées
00:32:31ont su dépasser
00:32:32leur clivage.
00:32:33Le Rassemblement
00:32:34national porte
00:32:35cette exigence
00:32:36de longue date.
00:32:37Elle figurait
00:32:38d'ailleurs
00:32:39dans notre programme
00:32:40présidentiel
00:32:40de 2022.
00:32:42En commission,
00:32:44nous avons contesté
00:32:45le report
00:32:45de l'entrée
00:32:46en vigueur.
00:32:46Non,
00:32:47par méconnaissance
00:32:48du coup,
00:32:48nous savons
00:32:49qu'il faut abonder
00:32:50la juridictionnelle,
00:32:51mais parce qu'un droit
00:32:52fondamental
00:32:53de l'enfant
00:32:53ne saurait attendre
00:32:54que les arbitrages
00:32:55budgétaires
00:32:56veuillent bien
00:32:57lui faire une place.
00:32:59Puisque ce texte
00:33:00fait consensus,
00:33:01permettez-moi
00:33:01d'aller au-delà.
00:33:03Si nous voulons
00:33:03que ce nouveau droit
00:33:04soit un droit réel
00:33:05et non un droit
00:33:06de papier,
00:33:08alors il faut en mesurer
00:33:09les conditions.
00:33:10Celles-là même
00:33:11que le Sénat
00:33:11a justement pointées.
00:33:13La première,
00:33:14c'est la formation
00:33:15des avocats.
00:33:16Défendre un enfant
00:33:17en assistance éducative
00:33:18n'est pas incontentieux
00:33:20comme les autres.
00:33:21C'est une matière
00:33:22sensible
00:33:23qui suppose
00:33:24de savoir recueillir
00:33:25la parole d'un enfant
00:33:26parfois très jeune
00:33:27et parfois traumatisé.
00:33:29Il faut donc
00:33:29une formation
00:33:31initiale
00:33:31et continue
00:33:32qui sensibilise
00:33:33les avocats
00:33:34à la spécificité
00:33:35de ces procédures
00:33:36pour qu'ils défendent
00:33:37l'enfant
00:33:38de manière effective
00:33:39et non
00:33:40de pure forme.
00:33:42La seconde,
00:33:43ce sont les moyens
00:33:44procéduraux.
00:33:45Un avocat
00:33:46ne peut défendre
00:33:47que s'il a eu
00:33:47le temps
00:33:48de se préparer.
00:33:49Cela suppose
00:33:50qu'il reçoive
00:33:51le dossier de l'enfant
00:33:52dans un délai
00:33:52raisonnable
00:33:53avant l'audience.
00:33:54Or,
00:33:55de nombreux avocats
00:33:56le dénoncent
00:33:57encore aujourd'hui
00:33:58bien souvent.
00:33:59Le dossier
00:34:00ne l'en est transmis
00:34:00que le matin
00:34:01même de l'audience.
00:34:03Comment défendre
00:34:04effectivement
00:34:05dans ces conditions ?
00:34:06C'est un moquement
00:34:07au principe fondamental
00:34:09du contradictoire.
00:34:10Et ce serait
00:34:11un comble
00:34:11que ce droit nouveau
00:34:13vienne se heurter
00:34:14dès le premier jour
00:34:15à cette réalité-là.
00:34:17Voilà les conditions
00:34:18de l'effectivité.
00:34:19Pour l'enfant,
00:34:19nous voulons
00:34:20un défenseur
00:34:22mais pas un figurant.
00:34:23C'est pourquoi
00:34:24nous voterons ce texte
00:34:25par conviction,
00:34:27par responsabilité
00:34:28et parce que
00:34:30c'est une mesure
00:34:31que nous portons
00:34:32de longue date.
00:34:33Nous votons ce texte
00:34:35mais nous prenons date.
00:34:37Il n'est pas
00:34:38un aboutissement,
00:34:39c'est un premier pas.
00:34:40Et le Rassemblement
00:34:41national veillera
00:34:42à ce que les moyens,
00:34:43la formation
00:34:44et les délais
00:34:45suivent enfin
00:34:46les intentions
00:34:47pour que ce droit
00:34:48ne demeure pas
00:34:49une promesse
00:34:49sans lendemain.
00:34:50Je vous remercie.
00:34:52Merci Madame la députée.
00:34:54Pour le groupe
00:34:55Ensemble pour la République,
00:34:57la parole est
00:34:57à Madame Caroline Yadant.
00:35:09Madame la Présidente,
00:35:10Monsieur le Ministre,
00:35:13Monsieur le Président
00:35:14de la Commission des lois,
00:35:15Madame la rapporteure,
00:35:17chère Aïda,
00:35:18chers collègues,
00:35:19Représentons-nous
00:35:20un instant
00:35:21cet enfant
00:35:21appelé devant
00:35:22le juge des enfants
00:35:23au moment
00:35:25où doivent être évoqués
00:35:26son lieu de vie,
00:35:27ses liens familiaux,
00:35:28parfois sa sécurité.
00:35:30Il comprend
00:35:31que quelque chose
00:35:32d'important se joue
00:35:33sans toujours trouver
00:35:34les mots pour dire
00:35:35ce qu'il vit,
00:35:37ce qu'il ressent.
00:35:38Derrière cet enfant,
00:35:40il y a souvent
00:35:40des violences,
00:35:41des carences,
00:35:42des conflits,
00:35:42des ruptures.
00:35:44Face à cela,
00:35:45une exigence s'impose
00:35:46lorsque la justice
00:35:47intervient pour protéger
00:35:48un enfant,
00:35:49elle ne peut pas
00:35:50le laisser seule
00:35:52face à la procédure.
00:35:54C'est tout l'objet
00:35:55de la proposition
00:35:56de loi
00:35:57que nous examinons
00:35:58aujourd'hui.
00:35:59Cette proposition
00:36:00garantit
00:36:01que tout enfant
00:36:01concerné par une mesure
00:36:03d'assistance éducative
00:36:04au sens des articles
00:36:05375 et suivant
00:36:07du Code civil
00:36:08soit systématiquement
00:36:10assisté
00:36:11d'un avocat
00:36:11chargé de défendre
00:36:13ses intérêts,
00:36:14quel que soit son âge
00:36:15et indépendamment
00:36:17de l'appréciation
00:36:17de son discernement.
00:36:19Cette précision
00:36:20est essentielle.
00:36:21Le droit
00:36:22à être défendu
00:36:23ne peut pas dépendre
00:36:24de la capacité
00:36:25d'un enfant
00:36:26à demander lui-même
00:36:27un avocat,
00:36:28d'une maturité supposée
00:36:29ou d'une parole
00:36:30plus ou moins audible.
00:36:33Il doit être garanti
00:36:34parce que l'enfant
00:36:35est en lui-même
00:36:37un sujet de droit.
00:36:38C'est ainsi
00:36:39que l'on donne corps
00:36:40à l'exigence
00:36:41portée par la Convention
00:36:44internationale
00:36:44des droits
00:36:45de l'enfant,
00:36:46faire primer
00:36:46l'intérêt supérieur
00:36:47du mineur
00:36:48dans toutes les décisions
00:36:49qui le concernent.
00:36:50Mais cet intérêt supérieur
00:36:52ne peut pas rester
00:36:53une formule,
00:36:54ne doit pas rester
00:36:55une formule.
00:36:55Il doit se traduire
00:36:57concrètement
00:36:57dans la procédure.
00:36:59C'est précisément
00:37:00le rôle de l'avocat.
00:37:02Avant l'audience,
00:37:03l'avocat explique
00:37:04au mineur
00:37:04ce qui va se passer,
00:37:06rend les enjeux
00:37:07plus intelligibles
00:37:08et l'aide
00:37:09à formuler
00:37:10ce qu'il vit.
00:37:12Pendant l'audience,
00:37:14il porte sa parole,
00:37:15veille au respect
00:37:16de ses droits
00:37:16et contribue
00:37:17à l'équilibre
00:37:17du débat judiciaire.
00:37:20Après la décision,
00:37:21il peut en expliquer
00:37:22la portée
00:37:23et exercer
00:37:24lorsque cela s'impose
00:37:26les voies
00:37:27de recours utiles.
00:37:29L'avocat
00:37:30n'est donc pas
00:37:31une présence formelle,
00:37:32il est un repère.
00:37:34Son rôle
00:37:35n'est pas
00:37:35de se substituer
00:37:36aux juges,
00:37:37aux éducateurs,
00:37:38aux travailleurs sociaux
00:37:39ou aux services départementaux.
00:37:41Son rôle
00:37:42est de défendre
00:37:43l'enfant
00:37:44et l'enfant
00:37:45seulement.
00:37:46Parce qu'il est
00:37:47une présence
00:37:48indépendante,
00:37:49il peut parfois
00:37:50entendre
00:37:50ce que l'enfant
00:37:51n'ose pas dire
00:37:52ailleurs.
00:37:53Une inquiétude,
00:37:54une violence,
00:37:55une emprise,
00:37:56une menace
00:37:56d'exploitation,
00:37:57une souffrance
00:37:57encore difficile
00:37:58à formuler.
00:37:59En protection
00:38:00de l'enfance,
00:38:01nous le savons,
00:38:02ce qui n'est pas
00:38:02entendu à temps
00:38:03peut peser durablement
00:38:04sur un parcours.
00:38:05L'avocat devient
00:38:07alors une garantie
00:38:08d'équilibre,
00:38:09de compréhension
00:38:10et de justice.
00:38:12Ce texte
00:38:13corrige également
00:38:13une incohérence
00:38:14de notre droit.
00:38:16En matière pénale,
00:38:18un mineur
00:38:18bénéficie
00:38:19de l'assistance
00:38:21d'un avocat.
00:38:22C'est indispensable
00:38:23et nul
00:38:25ne le conteste.
00:38:26Mais en matière
00:38:27d'assistance éducative,
00:38:28lorsque l'enfant
00:38:29n'est pas mis en cause
00:38:30mais en danger,
00:38:32cette garantie
00:38:33n'est pas encore
00:38:33systématique.
00:38:34Nous ne pouvons
00:38:36pas accepter
00:38:37qu'un enfant
00:38:37soit mieux défendu
00:38:38lorsqu'il est poursuivi
00:38:39que lorsqu'il doit
00:38:40être protégé.
00:38:41Bien sûr,
00:38:42cette réforme
00:38:43suppose une organisation,
00:38:44Madame la rapporteure,
00:38:45vous l'avez dit,
00:38:46les juridictions,
00:38:47les barreaux
00:38:47et les professionnels
00:38:48devront s'y préparer,
00:38:49la formation
00:38:50et l'aide juridictionnelle
00:38:51devront suivre.
00:38:52C'est le sens
00:38:53de l'ajustement
00:38:54introduit par le Sénat
00:38:55qui a conservé
00:38:56le cœur du dispositif
00:38:57adopté par l'Assemblée nationale
00:38:58tout en prévoyant
00:39:00une entrée en vigueur
00:39:01différée
00:39:01au 6 janvier 2027.
00:39:03Ce délai n'est évidemment
00:39:05pas un recul,
00:39:06il doit permettre
00:39:07une mise en œuvre réelle,
00:39:08homogène et effective
00:39:09dans tous les territoires.
00:39:11Ce délai n'est pas
00:39:12un renoncement,
00:39:13il doit être
00:39:14un engagement.
00:39:16Cette garantie
00:39:17a bien sûr un coût,
00:39:18mais ne nous trompons pas.
00:39:20Le coût le plus lourd
00:39:22serait celui
00:39:23d'une protection insuffisante
00:39:24faite de ruptures,
00:39:26de parcours,
00:39:26de décisions mal comprises
00:39:28et de blessures durables.
00:39:29Chers collègues,
00:39:31avec cette proposition
00:39:32de loi,
00:39:32nous affirmons
00:39:33que protéger un enfant,
00:39:34ce n'est pas seulement
00:39:35décider pour lui,
00:39:36c'est aussi l'écouter,
00:39:37c'est aussi l'accompagner
00:39:38et lui garantir
00:39:39les moyens effectifs
00:39:40d'être défendu.
00:39:41C'est une exigence juridique,
00:39:43c'est une exigence sociale,
00:39:46c'est plus profondément encore
00:39:47une exigence de dignité.
00:39:49Comme nous le rappelait
00:39:50Victor Hugo,
00:39:51l'enfant doit être
00:39:53notre souci.
00:39:54Et savez-vous pourquoi ?
00:39:56Savez-vous son vrai nom ?
00:39:57L'enfant s'appelle l'avenir.
00:40:01Je vous propose aujourd'hui,
00:40:03aux côtés de Madame la rapporteure,
00:40:05dont je salue le travail,
00:40:06aux côtés du gouvernement,
00:40:08d'écrire ensemble
00:40:09et de décider ensemble
00:40:10de l'avenir.
00:40:12Je vous remercie.
00:40:13Merci Madame la députée.
00:40:15Pour le groupe
00:40:16de la France Insoumise,
00:40:17nouveau Front populaire,
00:40:18la parole est à Madame
00:40:19Marianne Maximi.
00:40:21Merci.
00:40:31Madame la Présidente,
00:40:33Monsieur le Ministre,
00:40:34Monsieur le Président de la Commission des lois,
00:40:35Madame la rapporteure.
00:40:38Imaginez,
00:40:38vous avez une dizaine d'années,
00:40:40vous vous retrouvez dans le bureau du juge,
00:40:42entouré d'adultes que vous ne connaissez pas
00:40:43pour la plupart.
00:40:45Ils sont réunis ici
00:40:46pour décider de votre avenir.
00:40:48Parmi toutes les voix qui s'élèvent,
00:40:50il y en a une qui n'a pas le même poids,
00:40:52la vôtre,
00:40:53parce que vous êtes enfant
00:40:54et bientôt probablement placé.
00:40:57Dans le cas d'une audience
00:40:58d'assistance éducative,
00:40:59il y a une inégalité.
00:41:01Qui, à dix ans,
00:41:02connaît les rouages du droit ?
00:41:04Qui, parmi nous ici,
00:41:06connaissait à dix ans
00:41:06ses propres droits
00:41:07et comment les faire valoir ?
00:41:09Alors que ce sont les premiers
00:41:11impactés par la décision
00:41:12qui va être prise,
00:41:13les enfants restent privés
00:41:14de l'appui d'un avocat
00:41:15dans ce moment pourtant
00:41:16charnière de leur vie.
00:41:18Il n'y a pas que les audiences.
00:41:19Il y a tout le parcours
00:41:21qui s'ensuit.
00:41:22Nous savons tous ici
00:41:23la protection de l'enfance
00:41:24n'est plus le lieu protecteur
00:41:26qu'elle devrait être.
00:41:27Nous avons vu les images
00:41:29d'Eliott,
00:41:29huit ans,
00:41:30tendues par ses éducateurs.
00:41:31Nous connaissons les chiffres
00:41:32de la prostitution
00:41:33dans les foyers,
00:41:34les violences,
00:41:35les maltraitances,
00:41:36les ruptures de parcours,
00:41:37les lieux de placement indignes
00:41:38comme les hôtels
00:41:39où les enfants
00:41:40sont livrés à eux-mêmes.
00:41:42Nous connaissons
00:41:42les difficultés d'accès aux soins,
00:41:44à l'éducation,
00:41:45aux loisirs,
00:41:45à la culture,
00:41:46aux droits fondamentaux
00:41:47qui devraient être effectifs
00:41:48pour tous les enfants.
00:41:50Le texte que nous examinons
00:41:52aujourd'hui
00:41:52enfonce un coin
00:41:53dans une société
00:41:55bâtie autour
00:41:56de la relégation
00:41:57de la parole des enfants.
00:41:58Une relégation
00:41:59qui touche particulièrement
00:42:00les enfants placés.
00:42:02Parce que ce texte
00:42:03rend systématique
00:42:04et obligatoire
00:42:05l'accès à un avocat
00:42:05pour chaque enfant
00:42:06concerné par une mesure
00:42:07d'assistance éducative.
00:42:09Il ouvre une brèche
00:42:10dans une société adultiste
00:42:11qui ne considère pas
00:42:12les enfants
00:42:13comme des sujets de droit,
00:42:14mais comme des sujets
00:42:15qui le subissent
00:42:15sans qu'on les écoute.
00:42:17Bien sûr que notre droit
00:42:19prévoit déjà
00:42:20que la parole de l'enfant
00:42:21soit entendue.
00:42:23Depuis 1990,
00:42:24la France a ratifié
00:42:25la Convention internationale
00:42:26des droits de l'enfant
00:42:27que nous célébrons
00:42:28chaque année
00:42:28et qui consacre
00:42:30dans son article 12
00:42:31le droit des enfants
00:42:32à être entendu
00:42:33dans toutes les décisions
00:42:34qui le concernent.
00:42:35Mais personne ici
00:42:36ne peut prétendre
00:42:37que ce droit existe
00:42:38véritablement,
00:42:39ni en protection
00:42:40de l'enfance,
00:42:40ni ailleurs.
00:42:41Voilà pourquoi ce texte
00:42:43doit être adopté aujourd'hui,
00:42:44car il pose une première pierre
00:42:46pour garantir
00:42:46que l'enfant soit écouté
00:42:47et que sa parole soit défendue
00:42:49par un avocat
00:42:50qui agit pour lui,
00:42:51dans son intérêt
00:42:52et pour revendiquer
00:42:53le respect de ses droits.
00:42:55Mais même l'avocat,
00:42:56le plus déterminé
00:42:57qui soit,
00:42:58ne pourra pas garantir
00:42:59le respect des droits
00:42:59des enfants placés
00:43:00dans une protection
00:43:01de l'enfance effondrée.
00:43:03Car telle est la réalité.
00:43:05À tous les étages,
00:43:06cette institution
00:43:06censée protéger les enfants
00:43:08s'écroule sur elle-même.
00:43:09Les foyers sont surchargés,
00:43:11les professionnels
00:43:12sont de moins en moins nombreux,
00:43:13de moins en moins formés
00:43:14et de plus en plus mal payés.
00:43:16L'intérim,
00:43:17le turnover
00:43:18fait exploser
00:43:18la stabilité des équipes,
00:43:20pourtant si nécessaire
00:43:20pour prendre soin des enfants
00:43:21et leur offrir de la sécurité.
00:43:23Le privé lucratif
00:43:24s'immisce partout
00:43:25où il peut,
00:43:26sur les ruines
00:43:27d'un service public en crise.
00:43:29Tous les services publics
00:43:30autour sont aussi
00:43:31en grande difficulté.
00:43:32L'hôpital,
00:43:33la pédiatrie,
00:43:34la pédopsychiatrie.
00:43:35Et je ne parle même pas
00:43:36de la justice
00:43:37qui n'a absolument plus
00:43:37la capacité
00:43:38de protéger les enfants
00:43:39dans des délais suffisants.
00:43:42Tout ceci,
00:43:43j'ai le sentiment
00:43:44de l'avoir déjà dit
00:43:45à cette tribune
00:43:46de nombreuses fois.
00:43:47Mais ce n'est pas entendu.
00:43:49Pourtant,
00:43:49aujourd'hui,
00:43:49nous parlons
00:43:50dans un contexte particulier,
00:43:51un contexte terrible,
00:43:53celui du meurtre de Liana,
00:43:55celui du meurtre de Louis.
00:43:57Toutes ces affaires terribles,
00:43:59dans toutes ces affaires terribles,
00:44:00des enfants ont parlé.
00:44:01Des plaintes ont été déposées.
00:44:03Les institutions ont alerté.
00:44:05Mais rien ne s'est passé.
00:44:07Ces enfants avaient
00:44:07urgentement besoin
00:44:08de protection.
00:44:09Ils n'ont pas été entendus.
00:44:11Ils n'ont pas été protégés.
00:44:13Nous avons un projet de loi
00:44:14sur la protection de l'enfance
00:44:16dont l'examen vient de commencer.
00:44:17Et je voudrais vous dire
00:44:18qu'il arrive bien trop tard.
00:44:20Il y avait deux quinquennats
00:44:21d'Emmanuel Macron
00:44:22pour prendre la mesure
00:44:23de l'urgence.
00:44:23Et cela n'a pas été fait.
00:44:25Et ce sont les enfants
00:44:26qui en ont payé
00:44:27le prix de leur vie.
00:44:29Maintenant que ce texte est là,
00:44:30comment le saluer
00:44:31quand il fait l'impasse
00:44:32sur l'essentiel ?
00:44:34L'essentiel absent
00:44:34de ce texte,
00:44:35c'est la prévention.
00:44:36Pourquoi les violences se produisent ?
00:44:38Comment rayer ce cycle ?
00:44:40Comment construire
00:44:40une culture protectrice ?
00:44:42Déconstruire nos réflexes adultistes
00:44:45qui considèrent les enfants
00:44:46comme des êtres inférieurs,
00:44:48comme des corps
00:44:48que l'on peut dominer,
00:44:49exploiter, abuser ?
00:44:51Qui dénigrent la parole des enfants,
00:44:53leur attributent comme très souvent
00:44:56le fait de mentir.
00:44:58Comment détruire cette présomption
00:45:00de non-crédibilité
00:45:01qui entoure leurs paroles ?
00:45:03Voilà les chantiers majeurs
00:45:04que ce texte n'ouvre pas
00:45:05et qui risque d'être
00:45:06complètement inopérants.
00:45:08Et que dire des moyens,
00:45:09Monsieur le Ministre ?
00:45:10Je sais que ça vous dérange
00:45:11et ça dérange
00:45:12le Président de la République.
00:45:13Que vous balayez
00:45:14d'un revers de la main.
00:45:15Pourtant,
00:45:15tous les acteurs le disent,
00:45:16les professionnels,
00:45:17les employeurs,
00:45:18tous,
00:45:18si nous voulons reconstruire
00:45:20la protection de l'enfance,
00:45:21si nous voulons éradiquer
00:45:22les violences faites aux enfants,
00:45:23comme pour les violences aux femmes,
00:45:25tout le monde s'accorde
00:45:26à revendiquer
00:45:27qu'il faut au moins
00:45:27un plan de 3 milliards.
00:45:29Il faut des moyens.
00:45:30Nous le disons,
00:45:31ici son allénement.
00:45:32Vous devez vous engager
00:45:33dès maintenant
00:45:33à mettre les moyens
00:45:34dans la protection de l'enfance,
00:45:35dès le prochain vote budgétaire.
00:45:38Sinon,
00:45:38tout ce que nous votons
00:45:39aujourd'hui et demain
00:45:40sur la protection de l'enfance
00:45:41restera à l'être morte.
00:45:43Merci,
00:45:44Madame la députée.
00:45:46Pour le groupe socialiste
00:45:47et apparenté,
00:45:48la parole est à
00:45:49à Madame Marie-Josée Allemand.
00:46:04Madame la Présidente,
00:46:06Monsieur le Ministre,
00:46:07Monsieur le Président
00:46:08de la Commission des lois,
00:46:10Madame la rapporteure,
00:46:11chère Haïda,
00:46:12chers collègues.
00:46:13En décembre dernier,
00:46:14le groupe socialiste
00:46:15et apparenté
00:46:16avait proposé
00:46:16à l'ordre du jour
00:46:17de sa niche parlementaire
00:46:18l'examen de cette proposition
00:46:20de loi visant à assurer
00:46:21le droit à chaque enfant
00:46:23à disposer d'un avocat
00:46:25dans le cadre
00:46:25d'une mesure
00:46:26d'assistance éducative
00:46:27et de protection de l'enfance.
00:46:29Elle avait été adoptée
00:46:30à l'unanimité.
00:46:32Six mois plus tard,
00:46:33nous avons l'opportunité
00:46:34d'enteriner définitivement
00:46:36cette avancée importante
00:46:37pour la protection des mineurs.
00:46:39Six mois,
00:46:40c'est peu à l'échelle
00:46:41du temps de la procédure parlementaire
00:46:43et c'est même très peu
00:46:44au regard de la configuration
00:46:46politique de notre Assemblée
00:46:48qui prive trop souvent
00:46:49nos débats
00:46:50de la sérénité
00:46:51et de la responsabilité
00:46:52qui s'imposerait pourtant
00:46:53et qui font défaut
00:46:54à notre vie politique.
00:46:56Je souhaite donc saluer
00:46:58et adresser mes félicitations
00:46:59chaleureuses
00:47:00à ma collègue Haïda Adizade
00:47:02à l'initiative
00:47:04de cette proposition de loi
00:47:05qui permet
00:47:06un rare moment
00:47:07de concorde politique.
00:47:10Son engagement
00:47:11ainsi que l'engagement
00:47:12de toutes celles et ceux
00:47:13qui, avant elle,
00:47:14ont travaillé
00:47:15sur cette question importante
00:47:16des droits des mineurs
00:47:17dans les procédures judiciaires
00:47:19en matière de protection
00:47:20de l'enfance
00:47:21aura permis
00:47:22de faire aboutir ce texte
00:47:23et nous nous en réjouissons.
00:47:26Cette proposition de loi
00:47:27est l'aboutissement
00:47:28d'une évolution
00:47:29promue depuis très longtemps
00:47:30par les défenseurs des enfants.
00:47:32La systématisation
00:47:34de l'assistance d'un avocat
00:47:35en matière d'assistante éducative
00:47:37est son extension
00:47:38aux mineurs
00:47:39incapables de discernement.
00:47:41En France,
00:47:42ce sont au total
00:47:43près de 400 000 enfants
00:47:44qui relèvent
00:47:45de la protection
00:47:45de l'enfance.
00:47:46Et chaque année,
00:47:48ce sont près de 130 mineurs
00:47:50qui sont concernés
00:47:51par une procédure
00:47:51d'assistance éducative.
00:47:54Ces chiffres
00:47:55en disent long
00:47:56de l'importance
00:47:57de ces procédures
00:47:58qui conduisent
00:47:59au prononcé
00:47:59de décisions décisives
00:48:01dans le parcours
00:48:02de vie des mineurs.
00:48:03Aujourd'hui,
00:48:05seuls les mineurs
00:48:06doués de discernement,
00:48:07c'est-à-dire capables
00:48:08de comprendre
00:48:09la procédure
00:48:09et d'exprimer
00:48:11leur intérêt,
00:48:12peuvent être assistés
00:48:13d'un avocat
00:48:13sans que cette décision
00:48:15ne soit pour autant
00:48:16systématique.
00:48:17Il faut pour cela
00:48:18que le mineur
00:48:19en fasse la demande
00:48:19ou que la décision
00:48:21soit prise par le bâtonnier
00:48:22à la demande
00:48:23du juge des enfants.
00:48:25Avec la généralisation
00:48:26de l'accompagnement
00:48:27par un avocat,
00:48:28quel que soit l'âge
00:48:29ou l'état
00:48:30de discernement,
00:48:31les avocats pourront
00:48:32porter la parole
00:48:33des mineurs,
00:48:34les aider à s'exprimer
00:48:35ou rapporter leurs propos,
00:48:37préparer les audiences,
00:48:39expliquer les décisions
00:48:40des juges des enfants.
00:48:42Ceci renforcera
00:48:44la capacité
00:48:44de ces enfants
00:48:45à bénéficier
00:48:46des droits
00:48:46dont ils disposent.
00:48:49Aucune mesure éducative,
00:48:51aucun placement,
00:48:52aucune décision
00:48:53structurante
00:48:54pour leur avenir
00:48:55ne pourra être décidée
00:48:56sans avocat.
00:48:58L'avocat doit être
00:48:59à la fois
00:48:59le représentant juridique
00:49:01et le porte-parole
00:49:02de l'enfant,
00:49:03en un mot,
00:49:04le gardien
00:49:05de ses droits.
00:49:06Il garantira
00:49:07que sa parole
00:49:08soit entendue
00:49:08lors des entretiens
00:49:10individuels
00:49:10ou des audiences
00:49:11avec le juge
00:49:11des enfants.
00:49:12Il lui reviendra
00:49:14aussi
00:49:14d'expliquer
00:49:15la décision
00:49:16et d'en faciliter
00:49:17la compréhension.
00:49:19Lors des débats,
00:49:20cette évolution
00:49:21a pu susciter
00:49:22quelques inquiétudes,
00:49:23notamment sur sa faisabilité
00:49:24et sur le risque
00:49:25de judiciarisation
00:49:26des procédures.
00:49:29Les expérimentations
00:49:30menées
00:49:30dans certains bureaux
00:49:31ont toutefois
00:49:32démontré
00:49:32les effets positifs
00:49:33de la systématisation
00:49:35de l'avocat
00:49:35en contribuant
00:49:37à renforcer
00:49:37l'effectivité
00:49:38des droits
00:49:38dont disposent
00:49:39les enfants
00:49:40qui restent
00:49:40des justiciables
00:49:41vulnérables.
00:49:43Le groupe socialiste
00:49:44votera bien évidemment
00:49:46en faveur
00:49:46de cette proposition
00:49:47de loi
00:49:47afin de garantir
00:49:49sa promulgation
00:49:50rapide
00:49:50et permettre
00:49:51à l'ensemble
00:49:52des acteurs
00:49:52de se préparer
00:49:53à son entrée
00:49:54en vigueur
00:49:54en janvier
00:49:552027.
00:49:57L'unanimité
00:49:58sur nos bancs
00:49:58traduit
00:49:59un large consensus.
00:50:00Au-delà
00:50:01de cette proposition
00:50:01de loi,
00:50:02ce consensus
00:50:03invite à aller
00:50:04plus loin
00:50:04pour faire
00:50:05enfin
00:50:05de la protection
00:50:06de l'enfance
00:50:07une véritable
00:50:08priorité politique.
00:50:10Les nombreux
00:50:11dysfonctionnements
00:50:11d'un système
00:50:12à bout de souffle
00:50:13aux conséquences
00:50:14parfois dramatiques
00:50:16sont connus
00:50:17et largement
00:50:17documentés.
00:50:19Les besoins
00:50:20également.
00:50:21Explosons
00:50:22des besoins
00:50:22de prise en charge
00:50:23pénurie
00:50:24de professionnels
00:50:25spécialisés
00:50:25renforcement
00:50:26des politiques
00:50:27de prévention
00:50:28renforcement
00:50:28des moyens
00:50:29des équipes
00:50:29de protection
00:50:30maternelle
00:50:30et infantile.
00:50:32Les enjeux
00:50:33sont immenses.
00:50:34Les réponses
00:50:35politiques
00:50:35qui devront
00:50:36être apportées
00:50:37le sont
00:50:38tout autant.
00:50:39Je vous remercie.
00:50:41Merci Madame la députée.
00:50:43Pour le groupe
00:50:43de la droite républicaine
00:50:45la parole est à
00:50:45Monsieur Philippe Gosselin.
00:50:54Merci Madame la Présidente,
00:50:56Monsieur le Ministre,
00:50:57Monsieur le Président
00:50:57de la Commission,
00:50:58chère Madame la rapporteure.
00:51:00Merci de nous réunir
00:51:01et sans doute
00:51:02à l'unanimité ici.
00:51:03Ça fait du bien
00:51:04si j'ose dire
00:51:05et je le dis
00:51:05avec précaution
00:51:06vu la sensibilité
00:51:07du sujet
00:51:08mais ça fait du bien
00:51:09de sentir
00:51:09que nous convergeons
00:51:10les uns et les autres
00:51:11vers un même objectif.
00:51:13Car en effet
00:51:13c'est dans un contexte
00:51:15bien particulier
00:51:16qu'aujourd'hui
00:51:16nous nous retrouvons.
00:51:18C'est la petite Léana.
00:51:19C'est aussi
00:51:20ce Louis,
00:51:21ce jeune Louis
00:51:22qui a été évoqué
00:51:23tout à l'heure.
00:51:24C'est aussi
00:51:24la commission spéciale
00:51:26qui se réunit
00:51:27et qui a entamé
00:51:28ses travaux
00:51:28sur la protection
00:51:29des enfants.
00:51:30Car aujourd'hui
00:51:31chacun est sous le choc.
00:51:33Certes,
00:51:34tout cela n'est pas nouveau
00:51:35mais justement
00:51:35le choc est encore plus grand
00:51:37parce que tout cela
00:51:38n'est pas nouveau.
00:51:39C'est l'actualité
00:51:40qui tous les jours
00:51:40nous rappelle
00:51:41qu'il y a son lot
00:51:42de malheurs.
00:51:43Je pense aussi
00:51:44à ce qui a été évoqué
00:51:45le 30 juin dernier
00:51:46il y a quelques jours seulement
00:51:47par la chambre
00:51:48de l'instruction
00:51:48de Caen
00:51:50qui,
00:51:51dans une affaire
00:51:52de proxénétisme
00:51:52aggravée
00:51:53qui implique
00:51:54des mineurs
00:51:55de l'ASE.
00:51:56Oui,
00:51:57tous ces chiffres
00:51:58sont bien là
00:51:58et je les recite.
00:51:59Ils ont déjà été donnés
00:52:01il y a quelques minutes.
00:52:03Ils ont été donnés
00:52:03aussi en commission
00:52:04des lois.
00:52:04420 000 mineurs
00:52:06sont concernés
00:52:08par l'aide sociale
00:52:09à l'enfance.
00:52:10180 000
00:52:11sont sous mesure
00:52:12judiciaire
00:52:13et plus de
00:52:14122 000
00:52:15mesures
00:52:16d'assistance éducative
00:52:17en milieu ouvert
00:52:18à EMO
00:52:19ont été prononcées
00:52:20ou vont être prononcées
00:52:21chaque année.
00:52:23Bien sûr,
00:52:23ces chiffres
00:52:24impliquent aussi
00:52:25des MNA.
00:52:26On en parle rarement
00:52:27qui peuvent rencontrer
00:52:28des problématiques,
00:52:29des difficultés
00:52:30spécifiques
00:52:31et qui méritent
00:52:32d'ailleurs une attention
00:52:33toute particulière
00:52:34tant ils constituent
00:52:35une population
00:52:35spécifique,
00:52:37souvent et par définition
00:52:38isolée,
00:52:39parfois instrumentalisée
00:52:41mais systématiquement
00:52:42en procédure.
00:52:43Et derrière
00:52:44ces enfants,
00:52:46il y a évidemment
00:52:47des êtres de chair,
00:52:49de cœur,
00:52:50des êtres
00:52:50qui peuvent souffrir,
00:52:52qui peuvent aussi
00:52:53se réjouir
00:52:54mais qui souvent
00:52:54sont plus face
00:52:56à leurs pleurs
00:52:56ou ceux de leurs voisins
00:52:58et amis.
00:52:59Dans ce fratras,
00:53:00car je crois
00:53:01que c'est vraiment
00:53:01le terme,
00:53:02la présence de l'avocat
00:53:03peut paraître
00:53:04presque secondaire,
00:53:05anecdotique
00:53:06et n'étant pas
00:53:08l'alpha
00:53:08et l'oméga
00:53:09de la problématique
00:53:10mais elle est pourtant
00:53:11d'un grand intérêt.
00:53:14C'est cet avocat
00:53:16qui,
00:53:17sans doute,
00:53:18permettra
00:53:19d'écouter
00:53:20davantage
00:53:21la voix de l'enfant,
00:53:22de la recueillir.
00:53:23La prise en compte
00:53:25de sa parole,
00:53:25de la parole
00:53:26de l'enfant
00:53:26varie évidemment
00:53:28aujourd'hui
00:53:29et trop fortement
00:53:30en fonction
00:53:31des juridictions.
00:53:32L'avocat
00:53:33n'est pas obligatoire
00:53:34contrairement
00:53:35à ce qui se fait
00:53:35en droit pénal.
00:53:37L'avocat
00:53:38peut
00:53:39et doit être
00:53:40un acteur
00:53:41essentiel
00:53:42pour assurer
00:53:43le respect
00:53:43des droits
00:53:43des mineurs
00:53:44et permettre
00:53:45une meilleure prise
00:53:46en compte
00:53:47de leurs paroles.
00:53:48L'avocat
00:53:50doit être
00:53:50le garant
00:53:51de l'intérêt
00:53:51propre
00:53:52de l'enfant.
00:53:54Il doit être
00:53:55le garant
00:53:56d'intérêts
00:53:56distincts
00:53:57des intérêts
00:53:58parentaux.
00:53:59Il doit contribuer
00:54:00à assurer
00:54:01l'effectivité
00:54:02des droits
00:54:02de l'enfant
00:54:03par des liens
00:54:04qui peu à peu
00:54:05vont se tisser.
00:54:06Alors cela suppose
00:54:07sans doute
00:54:08une sensibilité
00:54:09particulière
00:54:10chez les avocats.
00:54:11Bien sûr,
00:54:12un enjeu
00:54:13de formation
00:54:14et les barreaux
00:54:16qu'ils soient
00:54:16grands ou petits,
00:54:17hexagonaux
00:54:18ou ultramarins
00:54:19devront évidemment
00:54:21faire face
00:54:21à cette responsabilité.
00:54:24Le texte
00:54:25qui nous est soumis
00:54:26qui est un texte
00:54:27d'expérimentation
00:54:28avant d'aller plus loin
00:54:29entend renforcer
00:54:31les droits procéduraux
00:54:32des enfants
00:54:32en danger.
00:54:33Mais au-delà
00:54:35de ce droit
00:54:35de principe,
00:54:36c'est surtout
00:54:37renforcer
00:54:37l'effectivité
00:54:39de ces droits.
00:54:40Améliorer
00:54:40le recueil
00:54:41des paroles
00:54:41en assurant
00:54:42une représentation
00:54:44juridique continue
00:54:45tout au long
00:54:45de la procédure.
00:54:47C'est aussi
00:54:47une volonté
00:54:48d'harmoniser
00:54:49des pratiques
00:54:50qui sont très différentes
00:54:51sur l'ensemble
00:54:52du territoire.
00:54:54Évidemment,
00:54:55on avait déjà
00:54:56quelques expérimentations.
00:54:57ça a été le cas
00:54:58dans les Hauts-de-Seine
00:54:59qui ont donné
00:54:59de vrais résultats.
00:55:01Des résultats
00:55:02grâce à l'implication
00:55:03des magistrats.
00:55:04Il faut le souligner.
00:55:06Implication remarquable
00:55:07comme celle
00:55:08des avocats.
00:55:10Mais il faut aussi
00:55:11évaluer
00:55:12le coût
00:55:13de la réforme.
00:55:14Il a été évoqué
00:55:15de 130
00:55:17à 300 millions
00:55:18plus une centaine
00:55:19pour la justice
00:55:20elle-même.
00:55:21Le coût
00:55:21de la réforme
00:55:22mesurait son impact
00:55:23sur les juridictions,
00:55:25appréciait les besoins
00:55:26notamment de formation
00:55:28identifier éventuellement
00:55:29les adaptations
00:55:30qui seraient nécessaires.
00:55:32Bref,
00:55:33évaluer
00:55:33n'est pas
00:55:34renoncer.
00:55:36Et je crois
00:55:36qu'il est important
00:55:38d'offrir
00:55:39cette chance
00:55:40aux enfants.
00:55:42Saint-Exupéry
00:55:43a dit
00:55:43on vient de son enfance
00:55:44comme on vient
00:55:45d'un pays
00:55:47sans naïveté,
00:55:49sans angélisme,
00:55:50faisant en sorte
00:55:51que ce pays
00:55:52ne soit pas celui
00:55:52de l'exclusion,
00:55:54de la maltraitance,
00:55:55de la violence
00:55:56trop souvent,
00:55:57de l'exploitation,
00:55:58des blessures physiques
00:56:00comme morales,
00:56:01faisons en sorte
00:56:02collectivement
00:56:03et unanimement
00:56:04je l'espère
00:56:05que ce pays
00:56:06soit celui
00:56:07de l'écoute,
00:56:08de l'attention,
00:56:10de la protection,
00:56:11du respect,
00:56:13de la dignité.
00:56:15En un mot,
00:56:16que ce pays
00:56:17soit celui
00:56:17de l'avenir
00:56:18qu'il doit
00:56:19préparer
00:56:21et qu'il vous doit.
00:56:22Je vous remercie.
00:56:24Merci monsieur le député.
00:56:26Pour le groupe
00:56:26écologiste et social,
00:56:28la parole est
00:56:28à monsieur
00:56:29Arnaud Bonnet.
00:56:36Merci madame la présidente,
00:56:39monsieur le ministre,
00:56:39mes chers collègues.
00:56:40Aujourd'hui,
00:56:41au travers de ce vote,
00:56:42nous avons la possibilité
00:56:43d'envoyer un signal
00:56:44fort aux enfants.
00:56:47Vous ne serez plus seul.
00:56:48Tout d'abord,
00:56:49je souhaite rappeler
00:56:50le contexte
00:56:50dans lequel
00:56:51nous votons
00:56:52la proposition de loi
00:56:53proposée par ma collègue
00:56:54Aïda Adizadeh,
00:56:55que je remercie
00:56:55pour sa détermination
00:56:57à faire aboutir ce texte.
00:56:58Actuellement,
00:56:59notre société
00:57:00découvre petit à petit
00:57:01l'ampleur
00:57:01et la gravité
00:57:02des violences
00:57:03envers les enfants,
00:57:04pour celles et ceux
00:57:04qui ne les voyaient pas encore.
00:57:06Des violences
00:57:07que les anciens enfants placés,
00:57:08souvent victimes eux-mêmes,
00:57:09et les associations
00:57:10dénoncent depuis des années.
00:57:12Nous-mêmes,
00:57:13parlementaires,
00:57:14alertons
00:57:15sur le caractère systémique
00:57:16et le poids
00:57:17des institutions
00:57:17dans la domination
00:57:18de l'adulte sur l'enfant.
00:57:20Nous sommes
00:57:20à un tournant sociétal.
00:57:23Et nous ne pouvons pas
00:57:24passer à côté
00:57:25d'une opportunité
00:57:26de protéger davantage
00:57:27les enfants
00:57:27et d'opérer
00:57:28enfin une bascule essentielle.
00:57:31J'ai à cœur
00:57:32qu'avec ce texte,
00:57:33nous puissions enfin
00:57:34dans le fait
00:57:34de mettre au premier plan
00:57:36leur voix
00:57:37et leurs ressentis
00:57:38les enfants.
00:57:39Imaginez seulement
00:57:40que l'on décide
00:57:41sans vous
00:57:42et sans vous expliquer
00:57:43où vous dormez,
00:57:44avec qui vous vivez,
00:57:45comment se composent
00:57:46vos journées.
00:57:48C'est cruel,
00:57:49mais c'est pourtant
00:57:50ce que vivent
00:57:50les enfants confiés.
00:57:52Pendant ces procédures,
00:57:53nous laissons
00:57:54un enfant seul
00:57:55face à un
00:57:56ou des parents maltraitants,
00:57:58parfois eux
00:57:58accompagnés d'avocats.
00:58:00La position ascendante
00:58:01des parents,
00:58:02l'autorité
00:58:03de l'institution judiciaire,
00:58:05la solitude,
00:58:06la peur des audiences,
00:58:08l'importance
00:58:09des décisions prises
00:58:10pour toute la vie
00:58:11d'un enfant,
00:58:12le manque de confiance
00:58:13en leur parole,
00:58:15le poids
00:58:15que nous faisons peser
00:58:16sur leurs épaules
00:58:17est insoutenable.
00:58:20Ils nous ont alertés.
00:58:21Il faut maintenant agir.
00:58:23Au cours de son examen,
00:58:25cette proposition-loi
00:58:26a subi de nombreux amendements
00:58:27en vue de la restreindre,
00:58:28surtout chez nos collègues
00:58:29du Sénat,
00:58:30il faut bien le dire.
00:58:30Et encore une fois,
00:58:33avec parfois
00:58:33de fausses considérations
00:58:35budgétaires,
00:58:36la prévention
00:58:37est le moindre coût
00:58:40à tous les niveaux.
00:58:41La prévention
00:58:43est le moindre coût.
00:58:47Les agresseurs,
00:58:48les violeurs
00:58:49et les meurtriers d'enfants
00:58:50ont le droit
00:58:50à un avocat
00:58:51pour les représenter.
00:58:52Personne ici,
00:58:52moi le premier,
00:58:53ne remettrait ce droit
00:58:53en cause.
00:58:54Cela paraît juste,
00:58:55évident.
00:58:56Cela devrait l'être
00:58:57encore plus
00:58:59pour les enfants.
00:59:00qui n'ont jamais demandé
00:59:01à se retrouver
00:59:02dans ces situations
00:59:03et n'ont aucune capacité
00:59:05à choisir.
00:59:06Enfin,
00:59:06je ne peux parler
00:59:07de ce texte
00:59:07sur les enfants confiés
00:59:08sans parler de l'autre texte
00:59:10sur la protection
00:59:10de l'enfance
00:59:11que nous discutons
00:59:12en ce moment même
00:59:14à marche forcée.
00:59:15Je le répète ici,
00:59:17ce n'est pas inadmissible
00:59:19la manière dont nous travaillons,
00:59:20de manière à la fois précipitée,
00:59:24alors que nos travaux
00:59:25sont très nombreux
00:59:26sur le sujet.
00:59:27Nous n'en sommes plus
00:59:28à dire que ce projet
00:59:30de loi loupe sa cible.
00:59:32Nous avons des problématiques
00:59:33souvent fondamentales
00:59:34qui sont soulevées,
00:59:35mais qui sont travaillées
00:59:36dans l'urgence,
00:59:37sans réflexion long terme.
00:59:39À l'instar de l'article
00:59:40sur le délaissement parental,
00:59:41l'accélération de l'adoption,
00:59:42alors que les problématiques
00:59:43urgentes
00:59:44sont passablement ignorées.
00:59:46Notamment,
00:59:47un accompagnement
00:59:48à la parentalité
00:59:49tout au long de la vie.
00:59:52La prévention,
00:59:53encore,
00:59:55des moyens,
00:59:56des moyens.
00:59:58Ce sont des moyens
00:59:59dont nous avons besoin.
01:00:00Nous,
01:00:01les professionnels du secteur,
01:00:02le Conseil national
01:00:03de protection de l'enfance,
01:00:04les départements,
01:00:05ne cessons de le dire.
01:00:06Que va-t-il falloir
01:00:07pour en obtenir réellement ?
01:00:09Les articles,
01:00:10les reportages,
01:00:11les vidéos,
01:00:12documentent le naufrage
01:00:13de notre protection
01:00:13de l'enfance.
01:00:15Nous devrions
01:00:16toutes et tous
01:00:16en avoir honte.
01:00:18Mais il ne faut pas seulement
01:00:19en avoir honte,
01:00:20il faut agir.
01:00:23Les dessins tragiques
01:00:25des enfants
01:00:26en sont le douloureux témoignage.
01:00:28Mais ils ne doivent pas
01:00:29être qu'un témoignage.
01:00:30Ils auraient toutes et tous
01:00:31dû avoir la voix
01:00:32d'un avocat
01:00:33pour les défendre,
01:00:33les protéger
01:00:34et se battre
01:00:35pour leur mise en sécurité.
01:00:37Avec le groupe
01:00:37écologiste et social,
01:00:39nous nous positionnons
01:00:40bien entendu en faveur
01:00:41de ce texte
01:00:42qui propose un changement
01:00:43structurel.
01:00:44La garantie
01:00:45d'une représentation juridique
01:00:47pleine
01:00:47et entière
01:00:48pour chaque enfant.
01:00:49Les enfants seront
01:00:50enfin accompagnés
01:00:51tout au long
01:00:52d'une procédure
01:00:53qui conditionne l'envie.
01:00:55Procédure qui,
01:00:56même pour un adulte,
01:00:58est excessivement difficile.
01:01:00Nous voterons
01:01:01contre les amendements
01:01:02pour garantir
01:01:03une version conforme
01:01:04à celle que nous avions adoptée
01:01:05le 8 décembre dernier
01:01:06et qui avait fait
01:01:07l'unanimité
01:01:08sur ses bancs.
01:01:09Chers collègues,
01:01:10nous n'avons plus
01:01:12le temps
01:01:13pour les enfants.
01:01:14Je vous remercie.
01:01:17Merci,
01:01:17monsieur le député.
01:01:18Pour le groupe
01:01:19Les Démocrates,
01:01:20la parole est
01:01:21à madame
01:01:21Périne Goulet.
01:01:34Madame la Présidente,
01:01:36chers collègues,
01:01:38ce matin,
01:01:39un éducateur
01:01:40que je n'ai vu qu'une fois
01:01:41est venu me chercher
01:01:41chez la dame
01:01:42qui s'occupe de moi
01:01:43depuis quelques mois.
01:01:45Celui d'avant
01:01:46était resté deux ans,
01:01:47je crois,
01:01:47et je ne l'avais vu
01:01:48que trois ou quatre fois.
01:01:50Nous sommes partis
01:01:51au tribunal
01:01:52pour voir le juge.
01:01:53Dans la salle d'attente,
01:01:54j'ai vu mes parents,
01:01:55mais je n'ai pas eu
01:01:55le droit d'aller leur parler.
01:01:57Ils étaient accompagnés
01:01:58d'une dame
01:01:59en robe noire
01:02:00avec une cravate blanche.
01:02:02Je suis ensuite
01:02:03rentrée dans le bureau
01:02:03du juge
01:02:04que je ne reconnais pas non plus.
01:02:05Il a dû changer aussi.
01:02:08Il ne m'a pas beaucoup parlé.
01:02:09Il n'a pas le temps.
01:02:10Et puis,
01:02:11j'ai huit ans.
01:02:12Donc,
01:02:13je ne peux pas comprendre
01:02:13comme on me le dit souvent.
01:02:16Dans ce bureau,
01:02:17je suis là,
01:02:18au milieu
01:02:19de tous ces adultes.
01:02:20J'ai entendu
01:02:21cet éducateur
01:02:22parler de moi.
01:02:23J'ai entendu
01:02:24mes parents
01:02:25parler de moi.
01:02:26J'ai entendu
01:02:26cette dame en noir
01:02:28parler de moi.
01:02:29Et j'ai entendu
01:02:30le juge
01:02:30parler de moi.
01:02:32Mais moi,
01:02:33je n'ai pas parlé.
01:02:35Personne ne sait
01:02:36ce que je ressens
01:02:36car on ne me l'a pas demandé.
01:02:39Et franchement,
01:02:40ce qu'ils ont dit,
01:02:41ce n'est pas ce que je vis
01:02:42et ce dont j'ai envie.
01:02:45Dans ces bureaux,
01:02:46les adultes parlent de moi,
01:02:48de mon avenir,
01:02:50mais sans moi.
01:02:51Et ils ont décidé,
01:02:52sans moi,
01:02:53que je retourne
01:02:54chez cette dame,
01:02:55alors que moi.
01:02:57Mes chers collègues,
01:02:59ce morceau de vie,
01:03:00c'est celui que vivent
01:03:00de trop nombreux enfants
01:03:02protégés,
01:03:03dits,
01:03:04placés.
01:03:05Ce rendez-vous
01:03:06chez le juge
01:03:06et cette audience
01:03:07sont des moments
01:03:08cruciaux pour ces enfants.
01:03:09Et pourtant,
01:03:10ils n'y ont que
01:03:10trop peu leur place.
01:03:12Pourquoi ?
01:03:13Car ils ne sont pas
01:03:13représentés au même titre
01:03:14que les autres parties.
01:03:15Ils n'ont pas d'avocat
01:03:17pour les défendre
01:03:18ou porter leur parole.
01:03:19Cela fait maintenant
01:03:20des années
01:03:21que nous défendons
01:03:22cette mesure.
01:03:22Elle est le fruit
01:03:23d'un long travail
01:03:24de revendication
01:03:25et d'élaboration
01:03:26mené par de nombreuses instances.
01:03:28Mais en premier lieu,
01:03:29des tout premiers concernés.
01:03:31C'était également
01:03:32la proposition 6
01:03:33du rapport établi
01:03:34par la mission
01:03:34d'information
01:03:34de l'aide sociale
01:03:35à l'enfance
01:03:35dont j'étais rapporteur
01:03:37en 2019.
01:03:38La délégation
01:03:39aux droits des enfants
01:03:39que j'ai l'honneur
01:03:39de présider depuis
01:03:40sa création en 2022
01:03:41a consacré un cycle
01:03:42d'audition à la protection
01:03:43de l'enfance en 2024
01:03:45et nous avions là aussi
01:03:47recommandé de généraliser
01:03:48la présence d'un avocat
01:03:49ou d'un administrateur
01:03:50ad hoc dans les procédures
01:03:50d'assistance éducative.
01:03:54D'autres institutions
01:03:55ont également soutenu
01:03:56cette avancée.
01:03:57Preuve que celle-ci
01:03:58est largement partagée.
01:03:59La défenseur des droits,
01:04:00les états généraux
01:04:01de la justice
01:04:01ou encore la civise
01:04:02par exemple.
01:04:04Mais de qui parle-t-on ?
01:04:05En 2024,
01:04:06ce sont 224 700 enfants
01:04:08et jeunes
01:04:08qui bénéficiaient
01:04:09d'une mesure
01:04:10d'assistance
01:04:11à l'aide sociale
01:04:12à l'enfance.
01:04:13D'accueil, pardon,
01:04:14à l'aide sociale à l'enfance.
01:04:16Autant d'enfants
01:04:16qui viennent
01:04:17dans ces bureaux
01:04:17du juge
01:04:18pour voir leur avenir
01:04:19décidé,
01:04:20trop souvent sans eux.
01:04:21Pourtant,
01:04:22dans cette procédure,
01:04:23la présence d'un avocat
01:04:24aux côtés de l'enfant
01:04:25n'est pas garantie.
01:04:26Elle reste soumise
01:04:27à la condition
01:04:27du discernement,
01:04:29un critère flou
01:04:30et subjectif
01:04:31où la décision discrétionnaire
01:04:32du juge
01:04:33est souveraine.
01:04:34Comment justifier
01:04:36que le justifiable
01:04:37le plus vulnérable
01:04:38soit aujourd'hui
01:04:38le moins protégé ?
01:04:40Nous saurions revenir
01:04:41sur l'accès à un avocat
01:04:42pour un justiciable adulte,
01:04:44que ce soit au pénal
01:04:45ou au civil.
01:04:46Alors ne laissons pas
01:04:47prospérer cette inégalité
01:04:48qui touche nos enfants.
01:04:50Face au questionnement
01:04:51soulevé
01:04:51par cette question
01:04:52de discernement,
01:04:53je tiens à saluer
01:04:54le travail
01:04:55qui a été rendu
01:04:55tout à l'heure
01:04:56à la délégation
01:04:56aux droits des enfants
01:04:57par mes collègues
01:04:58Sylvie Bonnet
01:04:59et Eda Adizadeh,
01:05:01rapporteurs
01:05:01de la proposition
01:05:02que nous étudions aujourd'hui
01:05:04et qui porte également
01:05:04en cette proposition
01:05:05de loi
01:05:06la profondeur
01:05:06des travaux
01:05:07menés avec cette mission.
01:05:09Vous connaissez
01:05:10mon engagement
01:05:10sur le sujet
01:05:11et je redis donc
01:05:12ce que je disais déjà
01:05:13il y a quatre ans
01:05:14lors de la défense
01:05:15d'un amendement
01:05:16au moment de l'examen
01:05:18de la loi de 2022.
01:05:20Un avocat
01:05:21est nécessaire
01:05:22car il est le garant
01:05:23des intérêts
01:05:24de l'enfant
01:05:25et uniquement
01:05:26de l'enfant
01:05:27pour qui il est
01:05:28une source
01:05:28de stabilité,
01:05:29un fil rouge,
01:05:30une mémoire,
01:05:31une boussole
01:05:32absolument essentielle.
01:05:34Alors ce que propose
01:05:35ce texte
01:05:35est finalement
01:05:36assez simple.
01:05:37Que tout mineur
01:05:38concerné par une mesure
01:05:39de protection judiciaire
01:05:40soit assisté
01:05:41d'un avocat
01:05:42sans condition
01:05:43de discernement.
01:05:44C'est une avancée urgente,
01:05:46il vient combler
01:05:46un manquement
01:05:47de la loi de 2022
01:05:48et rien ne justifie
01:05:49que les droits procéduraux
01:05:50d'un enfant non discernant
01:05:51soient ainsi mis à mal.
01:05:53La procédure
01:05:54que nous défendons
01:05:54aujourd'hui,
01:05:55celle que nous apprêtons
01:05:55à voter,
01:05:56poursuit un objectif
01:05:57dont les drames récents
01:05:58de la petite Vianna
01:05:59et du petit Louis
01:06:00se sont fait écho.
01:06:01Le manque
01:06:01de prise en compte
01:06:02au bon niveau
01:06:03de la parole
01:06:04de l'enfant.
01:06:05Nous avons le devoir
01:06:07de dire à chaque enfant
01:06:08qui a le droit
01:06:09d'être écouté,
01:06:09entendu,
01:06:10cru et défendu
01:06:11comme n'importe quel citoyen
01:06:13dans le pays
01:06:13des droits de l'homme.
01:06:14Alors grâce à l'engagement
01:06:15des élus
01:06:16de nos deux chambres,
01:06:17la mesure portée
01:06:18par cette proposition de loi
01:06:19dispose de solides chances
01:06:20de voir le jour
01:06:21si nous adoptons
01:06:22cet après-midi
01:06:22ce texte conforme
01:06:23ce que j'appelle
01:06:24de nos voeux.
01:06:25Le groupe démocrate
01:06:26tient à saluer
01:06:26le travail transpartisan
01:06:27mené par Madame la rapporteure
01:06:29sur ce texte
01:06:30qui répond parfaitement
01:06:31à l'exigence
01:06:31et à la responsabilité
01:06:32que nous devons
01:06:33à nos enfants.
01:06:34Nous votons donc
01:06:34en faveur de ce texte.
01:06:36Il porte une ambition
01:06:37dans la continuité
01:06:38de notre engagement
01:06:39en faveur d'un meilleur accès
01:06:40à la justice
01:06:40pour nos enfants
01:06:41et surtout
01:06:42pour ceux qui en ont
01:06:43le plus besoin.
01:06:44Les enfants déjà fragilisés,
01:06:46les enfants protégés,
01:06:48mieux protéger nos enfants,
01:06:49c'est construire
01:06:50une société plus juste
01:06:50et nous devons
01:06:51collectivement
01:06:52y parvenir.
01:06:53Je vous remercie.
01:06:55Merci Madame la députée
01:06:57pour le groupe
01:06:58Horizon et Indépendant.
01:07:00La parole est à Madame
01:07:01Agnès Firmin-Le Baudot.
01:07:04Merci Madame la Présidente,
01:07:06Monsieur le Ministre,
01:07:07Monsieur le Président
01:07:08de la Commission des lois,
01:07:09Madame la rapporteure,
01:07:10chers collègues.
01:07:11La protection de l'enfance
01:07:13n'est pas une politique publique
01:07:14comme les autres.
01:07:15C'est l'une des plus belles
01:07:16et des plus exigeantes
01:07:17missions que la nation
01:07:18ait confiées à l'État.
01:07:20400 000 enfants
01:07:21sont sous la protection
01:07:23de l'État.
01:07:24C'est dans ce domaine
01:07:25si singulier
01:07:25que la République
01:07:26s'incarne politiquement,
01:07:28quotidiennement,
01:07:29sous les traits successifs
01:07:30des agents de l'aide sociale
01:07:31à l'enfance,
01:07:32des personnels
01:07:33de la protection judiciaire
01:07:34de la jeunesse,
01:07:35des travailleurs sociaux,
01:07:36des familles d'accueil.
01:07:38Ce sont eux
01:07:39qui tendent la main
01:07:39à ces enfants
01:07:40que la vie a blessés
01:07:42trop tôt
01:07:42et leur permettent
01:07:43de se relever.
01:07:45Dans le domaine judiciaire,
01:07:46c'est le juge des enfants
01:07:47qui exerce cette mission
01:07:48de protection de l'enfance.
01:07:50Et les conditions
01:07:51dans lesquelles
01:07:51ils l'exercent
01:07:52ne sont plus acceptables.
01:07:53Les chiffres parlent
01:07:54d'eux-mêmes.
01:07:55En 2024,
01:07:57une enquête remise
01:07:58au garde des Sceaux
01:07:58révélait que la moitié
01:07:59des juges des enfants
01:08:00suivait 450 situations
01:08:02ou plus,
01:08:03soit au moins
01:08:04800 enfants,
01:08:05alors que le seuil théorique
01:08:06est fixé à 325.
01:08:08Cette même étude
01:08:10révélait que 34%
01:08:11d'entre eux
01:08:11ne parvenaient pas
01:08:12à respecter
01:08:13leur obligation légale
01:08:14de procéder à un entretien
01:08:16individuel avec l'enfant
01:08:17et qu'à l'échelle nationale,
01:08:19plus de 3000 placements
01:08:20n'étaient pas exécutés,
01:08:22conduisant à des situations
01:08:23de maltraitance
01:08:23très graves
01:08:24et à ce que certains enfants
01:08:26se retrouvent hébergés
01:08:27dans des hôtels,
01:08:28ce que la loi interdit
01:08:29pourtant expressément.
01:08:31Derrière ces chiffres,
01:08:32il y a des enfants,
01:08:34des enfants qui n'ont plus
01:08:35que l'État
01:08:35sur lequel compter
01:08:36et l'État,
01:08:37aujourd'hui,
01:08:38parfois leur fait défaut.
01:08:39C'est précisément
01:08:40ce à quoi répond
01:08:41la présente proposition
01:08:42de loi.
01:08:43En introduisant
01:08:44un principe
01:08:45d'assistance systématique
01:08:48du mineur
01:08:49par un avocat,
01:08:50sans considération
01:08:51de sa capacité
01:08:52de discernement,
01:08:53en permettant
01:08:53au juge
01:08:54de désigner
01:08:54un administrateur
01:08:55ad hoc
01:08:56lorsqu'il l'estime
01:08:57nécessaire,
01:08:57et en prévoyant
01:08:59une prise en charge
01:08:59intégrale
01:09:00de cette assistance
01:09:01par l'État,
01:09:02ce texte garantit
01:09:03une meilleure représentation
01:09:04des intérêts
01:09:05des enfants
01:09:06placés sous protection
01:09:07judiciaire.
01:09:07Le groupe Horizon
01:09:09et Indépendant
01:09:10soutient pleinement
01:09:11ces dispositions
01:09:12et tient à remercier
01:09:13Mme la rapporteure
01:09:14Adizadé
01:09:15de son engagement
01:09:15à voir ce texte
01:09:17dont elle est l'auteur
01:09:18à être adoptée
01:09:19avant la fin
01:09:20de la session.
01:09:21Car derrière
01:09:22chaque dossier
01:09:22qui s'accumule
01:09:23sur le bureau
01:09:23d'un juge
01:09:24des enfants débordés,
01:09:26il y a
01:09:26un enfant qui attend.
01:09:28Car la protection
01:09:29de l'enfance
01:09:29est une mission
01:09:30sur laquelle
01:09:31la République
01:09:31ne peut se permettre
01:09:32de faillir.
01:09:33Notre groupe
01:09:34votera bien évidemment
01:09:35et avec une grande conviction
01:09:36en faveur
01:09:37de cette proposition
01:09:38de loi.
01:09:38Nous souhaitons
01:09:39d'ailleurs
01:09:40le dire clairement.
01:09:41Nous serons attentifs
01:09:42à ce que l'entrée
01:09:43en vigueur
01:09:43de ce texte
01:09:44fixé au 6 janvier
01:09:452027
01:09:46soit pleinement respecté
01:09:47malgré son caractère
01:09:49différé.
01:09:50Ce calendrier
01:09:51ne traduit
01:09:51aucun abandon
01:09:52bien au contraire.
01:09:53Il constitue
01:09:54le gage
01:09:54d'une mise en œuvre
01:09:55sérieuse
01:09:56de cette réforme
01:09:56importante
01:09:57en accordant
01:09:58aux juridictions
01:09:59et aux barreaux
01:10:00le temps indispensable
01:10:02à leur adaptation.
01:10:04Néanmoins,
01:10:04permettez-moi
01:10:05de formuler
01:10:06peut-être le souhait
01:10:07que nous puissions
01:10:08dans les débats
01:10:08sur lesquels
01:10:09nous travaillons
01:10:09en commission
01:10:10éclairer l'intention
01:10:11du législateur
01:10:12sur un point
01:10:12que le texte
01:10:13laisse en suspens.
01:10:14L'articulation
01:10:15déroule entre
01:10:16l'avocat
01:10:16et l'administrateur
01:10:17ad hoc
01:10:18dans les cas
01:10:19où le juge
01:10:19aurait décidé
01:10:20d'en désigner un.
01:10:21Qui trancherait
01:10:22en cas de désaccord
01:10:23entre eux
01:10:23sur la solution
01:10:24réellement
01:10:25dans l'intérêt
01:10:25de l'enfant ?
01:10:26À qui reviendrait
01:10:27la décision
01:10:28de faire appel ?
01:10:29Ces questions
01:10:30ne sont pas secondaires.
01:10:31Elles conditionneront
01:10:32l'effectivité même
01:10:33du dispositif.
01:10:34Je vous remercie.
01:10:36Merci madame la députée
01:10:38pour le groupe
01:10:39Liberté indépendant
01:10:40Outre-mer et Territoire.
01:10:41La parole est à monsieur
01:10:41Yannick Favenec-Becot.
01:10:47Merci madame la présidente,
01:10:48monsieur le ministre,
01:10:51monsieur le président
01:10:51de la commission des lois,
01:10:52madame la rapporteure,
01:10:53mes chers collègues.
01:10:54La protection de l'enfance
01:10:55traverse aujourd'hui
01:10:55l'épreuve de vérité.
01:10:57Les drames
01:10:58que nous avons connus
01:10:58ces derniers mois,
01:10:59Louis,
01:11:00Laïana et bien d'autres
01:11:01malheureusement nous rappellent
01:11:02que chaque défaillance,
01:11:04chaque dysfonctionnement
01:11:04et chaque enfant
01:11:05que nos institutions
01:11:06n'ont pas su protéger
01:11:07fragilise encore un peu
01:11:09la confiance que nos concitoyens
01:11:10placent dans notre État.
01:11:12Je sais que certains
01:11:13aiment à pointer du doigt
01:11:15des fautes individuelles.
01:11:16Je tiens au contraire
01:11:18à saluer l'engagement
01:11:19des policiers
01:11:20et des gendarmes
01:11:20qui accueillent les plaintes
01:11:22des juges
01:11:22et des professionnels
01:11:23de l'aide à l'enfance
01:11:24qui essayent,
01:11:26avec les moyens
01:11:26mis à leur disposition,
01:11:27de mener à bien
01:11:29leur mission
01:11:29de protection
01:11:30des enfants.
01:11:31Il me semble
01:11:32qu'à notre tour,
01:11:33nous devons collectivement
01:11:35assumer une responsabilité
01:11:36politique
01:11:37et faire évaluer
01:11:38notre cadre législatif
01:11:41quand celui-ci
01:11:42n'est clairement pas
01:11:43à la hauteur des enjeux.
01:11:44Bien entendu,
01:11:45cette proposition de loi
01:11:46ne réparera pas tout.
01:11:48Elle n'en a d'ailleurs
01:11:49pas la prétention.
01:11:50Mais elle corrige
01:11:51une faiblesse
01:11:52de notre système judiciaire
01:11:53et surtout,
01:11:53elle permet
01:11:54de rappeler
01:11:55que les droits
01:11:56de l'enfant
01:11:57doivent rester
01:11:58une priorité.
01:12:00Aujourd'hui,
01:12:00nous demandons
01:12:01à des enfants
01:12:01de faire face
01:12:02seuls
01:12:03à des procédures
01:12:04complexes et déterminantes
01:12:05pour leur avenir
01:12:06sans leur garantir
01:12:07l'accompagnement
01:12:08d'un avocat.
01:12:10Or,
01:12:10un enfant n'est pas
01:12:11injusticiable
01:12:12comme les autres.
01:12:13C'est un justiciable
01:12:14vulnérable
01:12:15et qui doit faire face
01:12:16à un contexte
01:12:17familial instable.
01:12:19Or,
01:12:19en l'état
01:12:20de notre droit,
01:12:20dans le cadre
01:12:21de l'assistance
01:12:22éducative,
01:12:23le mineur
01:12:24se retrouve seul,
01:12:25sans conseil,
01:12:26face au juge
01:12:27des enfants.
01:12:28C'est tout l'objet
01:12:29de cette proposition
01:12:30de loi
01:12:30qui porte un objectif
01:12:31simple,
01:12:33généraliser
01:12:34et systématiser
01:12:36la présence
01:12:37d'un avocat
01:12:38aux côtés
01:12:38du mineur
01:12:39dans le cadre
01:12:39d'une mesure
01:12:40d'assistance
01:12:41collective.
01:12:42Nous connaissons
01:12:43tous ici
01:12:44la réalité
01:12:45du quotidien
01:12:45des juridictions
01:12:46de nos circonscriptions.
01:12:47Les juges
01:12:48et les greffiers
01:12:48font face
01:12:49à une pression
01:12:50immense
01:12:50avec un nombre
01:12:51de dossiers
01:12:52en constance
01:12:53progression.
01:12:54Dans ces conditions,
01:12:56comment imaginer
01:12:56que l'enfant
01:12:57puisse se faire
01:12:57pleinement entendre
01:12:58tout au long
01:12:59et après
01:13:00la procédure judiciaire ?
01:13:02Il y a déjà
01:13:03eu des expérimentations
01:13:04et elles ont
01:13:05toutes démontré
01:13:06une chose.
01:13:08Lorsqu'un enfant
01:13:08est accompagné
01:13:09d'un avocat,
01:13:10il comprend mieux,
01:13:11il parle davantage,
01:13:14il se sent sécurisé.
01:13:16L'article 2
01:13:17de ce texte
01:13:17permet de généraliser
01:13:18la présence
01:13:19de l'avocat
01:13:19sans condition
01:13:20d'âge
01:13:21ou de discernement.
01:13:22C'est une évolution
01:13:23plus que souhaitable
01:13:25qui existe d'ailleurs
01:13:26déjà au pénal.
01:13:28Les avocats
01:13:29spécialisés
01:13:29en droit des enfants
01:13:30suivent parfois
01:13:31un mineur
01:13:31pendant des années
01:13:32alors que les juges,
01:13:34les éducateurs
01:13:34et les travailleurs sociaux
01:13:35changent nécessairement.
01:13:37Ils sont parfois
01:13:38les seuls
01:13:38à conserver
01:13:39la mémoire
01:13:39du dossier
01:13:40de l'enfant
01:13:40et ils permettent
01:13:41de limiter
01:13:42les risques
01:13:42de rupture
01:13:43du parcours.
01:13:45Notre groupe
01:13:46salue donc
01:13:47le choix
01:13:47d'assurer
01:13:48une prise en charge
01:13:49intégrale
01:13:49de cet accompagnement
01:13:51par l'État
01:13:51au titre
01:13:52de l'aide juridictionnelle
01:13:54afin d'assurer
01:13:55une égalité
01:13:56dans l'accès
01:13:57à la justice.
01:13:58Bien entendu,
01:13:59cette réforme
01:14:00impliquera
01:14:01un changement
01:14:02de pratique
01:14:03et une certaine
01:14:04préparation.
01:14:05Notre groupe
01:14:06comprend donc
01:14:07le choix
01:14:07de différer
01:14:08l'entrée
01:14:09en vigueur
01:14:10de ce texte
01:14:10à janvier 2027.
01:14:12Ce texte,
01:14:13aussi utile
01:14:14soit-il,
01:14:14ne constitue
01:14:16toutefois
01:14:16qu'une avancée
01:14:17isolée
01:14:17et notre groupe
01:14:18espère
01:14:19que notre Parlement
01:14:20pourra enfin
01:14:21débattre
01:14:22de la proposition
01:14:23de loi
01:14:23visant à lutter
01:14:24de manière
01:14:25intégrale
01:14:26contre les violences
01:14:27sexistes
01:14:28et sexuelles
01:14:29contre les femmes
01:14:29et les enfants.
01:14:31Dans cette attente,
01:14:32le groupe
01:14:32Liott votera
01:14:33une nouvelle fois
01:14:34pour cette proposition
01:14:36de loi.
01:14:38Merci beaucoup
01:14:39Monsieur le député.
01:14:40La discussion
01:14:40générale
01:14:41est close.
01:14:42Je vous informe
01:14:43que sur le vote
01:14:43de l'ensemble
01:14:44de la proposition
01:14:45de loi,
01:14:46je suis saisie
01:14:46d'une demande
01:14:47de scrutin
01:14:47publique
01:14:48par le groupe
01:14:48socialiste
01:14:49et apparenté.
01:14:50Le scrutin
01:14:51est annoncé
01:14:51dans l'enceinte
01:14:52de l'Assemblée
01:14:52nationale.
01:14:53Pas de précipitation,
01:14:55il y a un amendement
01:14:56sur lequel il y a
01:14:57une demande
01:14:57de scrutin
01:14:58publique.
01:14:59L'amendement
01:14:59numéro 1
01:15:00demandé par le groupe
01:15:01socialiste
01:15:01et apparenté,
01:15:02le scrutin
01:15:03est là aussi
01:15:03annoncé
01:15:04dans l'enceinte
01:15:04de l'Assemblée
01:15:05nationale.
01:15:06J'appelle
01:15:06maintenant
01:15:07dans le texte
01:15:08de la commission
01:15:09l'article
01:15:09de la proposition
01:15:10de loi
01:15:11sur lequel
01:15:11les deux assemblées
01:15:12n'ont pas pu
01:15:13parvenir à un texte
01:15:15identique.
01:15:16Article 2 bis,
01:15:19amendement
01:15:20de suppression.
01:15:21Madame Josserand.
01:15:30Nous avons donc
01:15:32un amendement.
01:15:33Je vous demande
01:15:34un petit peu
01:15:34d'attention
01:15:35s'il vous plaît.
01:15:36Madame Josserand,
01:15:37allez-y.
01:15:37Merci Madame
01:15:38le Président.
01:15:39Cet amendement
01:15:40unique
01:15:42vise à supprimer
01:15:43le report
01:15:44au 6 janvier
01:15:452027
01:15:46de l'entrée
01:15:47en vigueur
01:15:48de la proposition
01:15:49de loi,
01:15:50report introduit
01:15:51en première lecture
01:15:52au Sénat
01:15:54et sur lequel
01:15:55il semble
01:15:56que Madame
01:15:57le rapporteur
01:15:57soit d'accord.
01:16:00La loi
01:16:01que nous adopterons
01:16:02ensemble
01:16:03tout à l'heure
01:16:03peut tout changer.
01:16:05Ce n'est pas moi
01:16:05qui le dis,
01:16:06ce sont eux
01:16:06les anciens
01:16:07enfants placés.
01:16:08C'est pour eux
01:16:09une loi vitale,
01:16:10la plus urgente
01:16:12de toutes.
01:16:13L'heure
01:16:14est à l'urgence.
01:16:1512 enfants
01:16:16sont morts
01:16:16depuis juillet
01:16:172024.
01:16:18Des enfants
01:16:19souffrent,
01:16:20sans personne
01:16:20pour les défendre
01:16:21et passent
01:16:22seuls en audience
01:16:23face à tant
01:16:24d'adultes.
01:16:26Telles étaient,
01:16:26Madame la rapporteure,
01:16:27vos déclarations
01:16:28en séance
01:16:29le 11 décembre
01:16:302025.
01:16:31Aujourd'hui,
01:16:321er juillet
01:16:332026,
01:16:34vous proposez
01:16:35de différer
01:16:36l'entrée en vigueur
01:16:37de la loi
01:16:37au 6 janvier
01:16:382027
01:16:39soit dans
01:16:406 mois.
01:16:41Faut-il comprendre
01:16:42que l'urgence
01:16:43de décembre
01:16:44a disparu ?
01:16:45Faut-il comprendre
01:16:46que vous acceptez
01:16:48d'attendre
01:16:48malgré l'urgence
01:16:50vitale
01:16:50et ces 12
01:16:51enfants morts
01:16:52que vous évoquiez ?
01:16:53Pourquoi ce
01:16:54changement soudain ?
01:16:55Pourquoi cette loi
01:16:56tant attendue
01:16:57devrait-elle voir
01:16:58sa mise en oeuvre
01:16:59différer
01:16:59de 6 mois
01:17:00supplémentaires ?
01:17:02Vous évoquez
01:17:03un nécessaire
01:17:03vote conforme
01:17:04auquel devrait
01:17:05se plier
01:17:06l'Assemblée
01:17:07vis-à-vis
01:17:07du Sénat.
01:17:08Il s'agit là
01:17:09d'une pure
01:17:09argutie.
01:17:10Nous n'avons pas
01:17:11à accepter
01:17:12la date
01:17:12du 6 janvier
01:17:13fixée par le Sénat
01:17:14au prétexte
01:17:16que si nous
01:17:17ne l'acceptons pas,
01:17:18l'entrée
01:17:19en vigueur
01:17:19de la loi
01:17:19serait encore
01:17:20différée.
01:17:23Nul n'ignore
01:17:24que le Sénat
01:17:24peut parfaitement
01:17:25examiner
01:17:26de manière
01:17:26prioritaire
01:17:27cette proposition
01:17:28de loi.
01:17:29Si cette loi
01:17:30est, je cite,
01:17:31la plus urgente
01:17:31de toutes
01:17:32pour reprendre
01:17:33vos propres termes,
01:17:34pourquoi le Sénat
01:17:35ne serait-il pas
01:17:36en mesure
01:17:37de le comprendre ?
01:17:38De plus,
01:17:39depuis quand
01:17:40l'Assemblée nationale
01:17:41doit-elle régler
01:17:41sa conduite
01:17:42en fonction
01:17:43de ce qu'a décidé
01:17:44le Sénat ?
01:17:45Les deux chambres
01:17:46sont autonomes
01:17:47et l'intérêt
01:17:48des enfants
01:17:49est que cette loi
01:17:50s'applique
01:17:51le plus vite possible.
01:17:52Merci,
01:17:53Madame la députée.
01:17:53Madame la rapporteure,
01:17:54votre avis.
01:17:58Merci,
01:17:58Madame la présidente.
01:17:59Alors,
01:18:01déjà,
01:18:01depuis juillet
01:18:022024,
01:18:04ce n'est pas
01:18:0412 enfants
01:18:05qui sont morts,
01:18:05c'est plus
01:18:06parce qu'il y a eu
01:18:06au moins
01:18:07la petite Émilie
01:18:08et Louis.
01:18:09D'ailleurs,
01:18:09nous ne savons pas
01:18:10combien d'enfants
01:18:10meurent à l'aide sociale
01:18:11à l'enfance.
01:18:13Pour en revenir
01:18:13sur le fond
01:18:14de votre amendement,
01:18:15s'il se trouvait
01:18:17une majorité ici
01:18:17pour l'accepter,
01:18:18le texte repartirait
01:18:20au Sénat
01:18:20et là,
01:18:21il faudrait batailler
01:18:22avec les sénateurs
01:18:23qui,
01:18:24comme vous l'avez rappelé,
01:18:25sont autonomes
01:18:25pour qu'ils dégagent
01:18:26du temps
01:18:29dans leur ordre
01:18:30du jour
01:18:30pour inscrire
01:18:31cette proposition
01:18:31de loi.
01:18:32Et nul n'ignore ici,
01:18:34même si les deux chambres
01:18:35sont indépendantes,
01:18:36que le Sénat
01:18:37est en période
01:18:38de renouvellement.
01:18:39Autrement dit,
01:18:40il y a des élections
01:18:41sénatoriales.
01:18:42Donc,
01:18:43ça ne serait pas
01:18:43avant octobre,
01:18:45voire novembre,
01:18:46peut-être décembre.
01:18:47Allez,
01:18:48admettons,
01:18:48il y a urgence
01:18:49s'ils inscrivent
01:18:50en novembre.
01:18:50Après,
01:18:51le texte revient ici.
01:18:52S'il revient
01:18:53après le 19 novembre,
01:18:55nous,
01:18:55on aura laissé passer
01:18:57notre journée
01:18:58parlementaire.
01:18:59Donc,
01:18:59il faudra que je vous convainc
01:19:00vous ici
01:19:01de redégager
01:19:01du temps parlementaire
01:19:02entre novembre
01:19:03et décembre
01:19:04pour l'inscrire
01:19:04à leur ordre du jour.
01:19:05Et donc,
01:19:06on arrivera en décembre,
01:19:07le texte sera adopté
01:19:08en décembre,
01:19:08promulgué,
01:19:09et il entrera en vigueur
01:19:10quand,
01:19:10madame la députée ?
01:19:12Eh bien,
01:19:12en janvier.
01:19:13En janvier 2027.
01:19:14Donc,
01:19:15ce que vous proposez
01:19:16est absolument inepte.
01:19:19Nous avons passé
01:19:20un accord
01:19:20avec le gouvernement,
01:19:21un excellent accord,
01:19:23et j'en suis fière.
01:19:24Le gouvernement,
01:19:25si tous les accords
01:19:26pourraient être aussi bons
01:19:27que celui-là,
01:19:28il faudrait peut-être
01:19:29me confier les accords
01:19:30à passer avec le gouvernement.
01:19:32C'était un excellent accord.
01:19:33Pourquoi ?
01:19:36Laissez-moi vous expliquer,
01:19:37monsieur le député,
01:19:38vous allez être impressionnés.
01:19:39L'accord qu'on a passé
01:19:40est celui-ci.
01:19:41Le gouvernement a dit
01:19:42qu'il nous faut du temps
01:19:44pour que nous nous mettions
01:19:45en ordre de marche
01:19:46et que demain,
01:19:47il y ait un avocat
01:19:48pour chaque enfant placé
01:19:50devant le juge des enfants.
01:19:52Sinon,
01:19:52tel que nous l'avons prévu
01:19:54dans la loi,
01:19:55et ça,
01:19:55je l'assume,
01:19:56l'audience ne peut pas se tenir
01:19:58sans la présence
01:19:59de l'avocat de l'enfant.
01:20:00Donc,
01:20:01ce n'est pas une obligation
01:20:02de moyens qu'on a,
01:20:02c'est une obligation
01:20:03de résultats.
01:20:04Et ça va demander
01:20:05un effort considérable
01:20:07aux juridictions
01:20:08et aux barreaux
01:20:09pour faire en sorte
01:20:10que demain,
01:20:11il y ait un avocat
01:20:12pour chaque enfant placé.
01:20:14Donc,
01:20:14on a besoin de six mois
01:20:15pour se mettre
01:20:16en ordre de marche.
01:20:17Ce n'est pas du temps perdu,
01:20:18c'est du temps
01:20:19pour que la mise en oeuvre
01:20:20se fasse dans les meilleures
01:20:21conditions qui soient.
01:20:22Et en échange,
01:20:24dans l'accord,
01:20:25il y a ce fait-ci.
01:20:27Le ministre s'est engagé
01:20:29à dégager du temps
01:20:30gouvernemental
01:20:31pour que nous puissions
01:20:32l'examiner
01:20:32le 1er juillet
01:20:34aujourd'hui même.
01:20:35Donc,
01:20:35c'est bon,
01:20:36c'est un excellent accord,
01:20:37je l'assume
01:20:38et je vous demande
01:20:39à nouveau,
01:20:39comme je l'ai fait en commission,
01:20:41de retirer votre amendement
01:20:42qui est inepte
01:20:43pour qu'on puisse voter conforme
01:20:45et que cette loi
01:20:45qui est urgente
01:20:46rentre en vigueur
01:20:47sans tarder
01:20:48le 6 janvier prochain
01:20:49dans les meilleures conditions
01:20:50qu'il soit.
01:20:52Merci,
01:20:53monsieur le ministre.
01:20:54Madame la députée,
01:20:56il est maintenu.
01:20:56D'un mot.
01:20:58Allez-y,
01:20:58je vous en prie.
01:20:59Le RN
01:21:00ne sera donc pas
01:21:01le groupe
01:21:02qui portera
01:21:02la responsabilité
01:21:03de la mise en oeuvre
01:21:04différée
01:21:05de cette loi,
01:21:06faute d'unanimité
01:21:07dans la bonne volonté.
01:21:09Le RN
01:21:10prend tact,
01:21:11regrette que les enfants
01:21:12doivent encore attendre
01:21:13et retire l'amendement.
01:21:15L'amendement est retiré.
01:21:17Merci,
01:21:17madame la députée.
01:21:19Nous votons
01:21:20à main levée
01:21:21l'article 2 bis
01:21:22qui est pour,
01:21:26qui est contre.
01:21:28Il est adopté.
01:21:30et donc ensuite,
01:21:32nous passons
01:21:33au scrutin public
01:21:35sur l'ensemble
01:21:35de la proposition
01:21:36de loi.
01:21:38Je vous laisse
01:21:38regagner vos places.
01:21:42Le scrutin
01:21:44est ouvert.
01:21:48Le scrutin
01:21:50est clos.
01:21:53résultat du scrutin
01:21:54votant 292
01:21:55tous exprimés,
01:21:57majorité 147
01:21:58pour 292
01:22:00contre 0.
01:22:01L'Assemblée nationale
01:22:01a adopté.
01:22:02Merci.
01:22:14Applaudissements
01:22:14Applaudissements
01:22:43Madame la rapporteure, je vous en prie.
01:22:48S'il y a des larmes qui coulent aujourd'hui dans cette Assemblée, c'est que c'est plus de
01:22:5218 années de combat qui viennent de se clôturer aujourd'hui, grâce à la représentation nationale, grâce au gouvernement. Je
01:22:58vous remercie encore, monsieur le ministre, d'avoir compris, vous, garde des Sceaux, l'urgence de ce combat-là.
01:23:02Tout n'est pas fait. La mise en œuvre va demander du temps et de l'exigence. Nous avons six
01:23:08mois pour nous mettre en ordre de bataille pour faire que cette loi, demain, change la vie des enfants placés.
01:23:12Je finis par remercier qui de droit ? Olivia, à l'administratrice à nos côtés, qui a travaillé de manière
01:23:19excellente sur cette proposition de loi. Je vous remercie de tout cœur.
01:23:22Je n'avais pas réussi à le faire lors de la première lecture, mais merci infiniment. Je remercie également mon
01:23:27équipe, Maé, qui est quelque part derrière son écran, qui a suivi la proposition de loi avec moi.
01:23:34Hugo, qui fait cette très belle vidéo que vous pouvez voir sur les réseaux sociaux. Julien, qui s'est assuré
01:23:39que tous ceux qui sont... Eh oui, un peu de promo. Un peu de promo.
01:23:43Vous pouvez tous vous abonner. C'est gratuit. Le président Vallaud est abonné à mes réseaux sociaux. Julien également. Julien
01:23:53également, qui a permis que ces enfants placés puissent...
01:23:57Les anciens enfants placés puissent être présents aujourd'hui et qui assurent toute la logistique. Et Iliana, qui est en
01:24:02stage chez nous et qui a participé à ce grand mouvement.
01:24:04Et je termine par remercier le groupe socialiste. Merci, Président. Merci à tous les députés qui m'ont fait confiance
01:24:12et qui ont permis qu'en six mois à peine, un temps record, nous faisions aboutir un combat de 18
01:24:17années de longue haleine.
01:24:18Merci, les socialistes. Bravo, camarades. Nous pourrons être fiers de nous aujourd'hui. Et en avant pour la proposition de
01:24:24loi intégrale.
01:24:26Le texte a donc été adopté une nouvelle fois par l'Assemblée. Il poursuivra sa navette parlementaire. C'est la
01:24:32fin de cet épisode. A bientôt.
01:24:34Sur LCP.
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