00:00Regardez ces images justement, c'est des images toutes fraîches,
00:04diffusées aujourd'hui à la télévision ukrainienne,
00:07images qui nous viennent fournies par le Kremlin évidemment,
00:10avec un Vladimir Poutine que l'on dit en difficulté sur le terrain
00:14et qui pourtant apparaît ici, vous le voyez, en treillis.
00:17Et voilà ce qu'il nous dit, Sergeï.
00:19Le président russe déclare que l'initiative stratégique sur le champ de bataille
00:23est entièrement entre les mains des forces armées russes.
00:28J'aimerais aussi, Aline Lebay-Kremer, bonsoir, vous entendre sur ce point
00:34le président russe qui apparaît en treillis et qui dit tout est sous contrôle.
00:37Quand on regarde ce qui se passe sur le terrain, c'est un peu plus compliqué.
00:40Oui, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:41Maintenant, il a besoin de communiquer, de s'afficher un homme fort auprès de sa population
00:46avec lequel il y a un pacte de stabilité sécuritaire depuis toujours
00:53qui vole un peu en éclats.
00:54Il y a toutes ces images qui recirculent mondialement de files d'attente dantesques
01:00pour aller récupérer un plein de carburant sur chaque véhicule.
01:04On a aussi, malgré toute la censure possible qui est appliquée en ce moment,
01:09des images qui s'échappent de gens qui râlent, qui s'adressent à lui.
01:13Alors, on n'est pas dans l'ordre de la révolte absolument plus.
01:16Notamment un ancien commandant, on y reviendra tout à l'heure, effectivement.
01:20Mais enfin, des gens qui bravent tout de même l'interdit de parler de ce qu'il se passe.
01:25Parce qu'en ce moment en Russie, notamment sur la question des attaques de drones ukrainiens,
01:30sur les raffineries, sur des infrastructures critiques russes,
01:34la consigne dans les rédactions, c'est surtout ne pas en parler.
01:38C'est-à-dire que la presse, enfin ce qui reste presse, soi-disant presse en Russie,
01:43n'explique absolument pas ce qui est en train de se passer.
01:47Le problème, c'est que les gens vivent une forme de réalité quand même
01:50et voient bien qu'il y a un décalage entre ce qui est servi dans les médias russes
01:57et la réalité.
01:59D'ailleurs, pour reprendre un commentateur assez drôle,
02:03c'est justement parce qu'on n'en parle pas à la télévision russe
02:05que ça doit être très très grave ce qu'il se passe.
02:07Donc vis-à-vis de tout ça, il est obligé d'afficher et de jouer le matador
02:10et de mettre un peu ses armoiries martiales pour essayer de rassurer.
02:17Mais a priori, ça ne va pas suffire parce qu'il y a quand même
02:20énormément, beaucoup plus de russes qu'à une certaine époque
02:24qui se demandent quand même si cette opération spéciale
02:29où tout irait bien pour la Grande-Mercie ne serait pas un petit peu en train de...
02:33Je rappelle qu'on ne parle pas de guerre.
02:35On ne parle pas de guerre en Russie, mais d'opération spéciale en Ukraine.
02:38Si vous nous rejoignez sur BFM TV, BFM Grand Soir, bienvenue.
02:42C'est l'image de la soirée.
02:43Elle s'affiche ici à l'écran.
02:45Vladimir Poutine en treillis le président russe en difficulté sur le terrain,
02:50mais qui s'affiche en habit militaire à la télévision,
02:53comme pour dire que tout va bien, que tout est sous contrôle, Thierry Arnault,
02:56alors qu'on le disait, les russes commencent à ressentir chez eux,
03:01dans leur quotidien, les difficultés, l'impact de cette guerre,
03:04et tout est en train, petit à petit, de se fissurer.
03:06Oui, c'était une des promesses majeures qu'il avait faite auprès des Russes
03:10en engageant son pays dans ce conflit, dont vous rappeliez à juste titre
03:14qu'il n'avait pas qualifié de guerre, mais d'opération militaire spéciale
03:17lorsqu'il la lance en février 2022.
03:19Depuis, c'était appliqué à nous dire que tout se déroulait comme prévu,
03:22que les plans étaient parfaitement respectés d'une part,
03:25et d'autre part que la vie quotidienne des Russes allait être épargnée par ce conflit.
03:30Or, force est de constater que ces engagements, désormais, ne sont plus tenus
03:35et qu'effectivement, les Russes sont en train de se rendre compte
03:38que leur pays est bel et bien en guerre, d'une part,
03:41et que d'autre part, outre le carnage que ça produit pour la population russe,
03:45je rappelle que selon les dernières estimations,
03:46ce serait 1,4 million hommes qui seraient morts ou blessés en Ukraine
03:51depuis le début du conflit,
03:52mais outre ce coup humain qui est absolument gigantesque,
03:56il y a un coup pour la vie quotidienne des Russes
03:59qui est en train de se propager,
04:01et c'est évidemment un problème pour Vladimir Poutine.
04:03Donc il faut qu'il montre et qu'il affiche des victoires symboliques,
04:08un étalage de puissance.
04:10C'est aussi comme cela qu'il faut comprendre
04:12les assauts massifs et meurtriers qui ont été lancés sur Kiev
04:17il y a quelques heures maintenant, avec ce bilan extrêmement lourd de 30 morts.
04:21Au moins une trentaine de morts, effectivement.
04:23Et plus d'une centaine de blessés.
04:24Et c'est aussi le sens des images qui nous sont montrées au moment où on se parle,
04:29puisque à défaut de pouvoir produire des résultats spectaculaires
04:32et des avancées spectaculaires sur le terrain,
04:35même si ce soir le porte-parole du Kremlin revendique
04:38la prise d'une localité présentée comme stratégique,
04:41à défaut de pouvoir montrer que sur le front,
04:44il avance de manière spectaculaire,
04:45il faut produire un message positif d'une autre manière.