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  • il y a 7 semaines
"Notre futur a de l'avenir" part ce mois-ci à la découverte de Brest aux cotés de Franck, Christophe, Yves, Maëlle et Alicia, qui s'engagent pour nous offrir un monde meilleur :

- Franck développe des traitements révolutionnaires issus de l'hémoglobine des vers marins pour soigner les grands brûlés,
- Christophe met en place tout un écosystème pour aider Brest à devenir un des leaders de l'éolien en mer,
- Yves trouve des solutions pour rendre plus inclusifs les sports nautiques aux personnes en situation de handicap,
- Enfin Maëlle et Alicia misent sur le modèle gagnant de l'intergénérationnel dans les crèches et les maisons de retraite.

Transition énergétique, décarbonation des transports, circularité de l'économie, insertion, progrès social : nos territoires ont plus que jamais un rôle à jouer dans la transformation écologique et sociale de notre pays

De la petite PME à la start-up innovante en passant par les grands groupes ou les acteurs publics, nous irons à la rencontre de ces femmes et ces hommes engagés à nous offrir une vie meilleure

Chaque mois, "Notre futur a de l'avenir" met en lumière les initiatives qui transforment notre quotidien, pour nous permettre de mieux respirer, de mieux nous nourrir, de mieux nous déplacer, consommer, se loger, travailler...

Un magazine de 26 minutes présenté par Emilie Chaussier et produit par Quim Prod.

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Transcription
00:02A la pointe de la Bretagne, Brest vit depuis toujours face à l'océan.
00:07Ses vieux gréments, ses tempêtes, ses embruns.
00:12Et ce matin, à marée basse, c'est une autre histoire de mer que nous allons découvrir,
00:17mais qui a déjà trouvé un écho bien au-delà de nos frontières.
00:22Salut Franck ! Comment ça va ? Bien.
00:25Alors dis-moi, tu m'as donné rendez-vous sur cette plage ? Pourquoi ?
00:27Pour te montrer un verre extraordinaire, qui s'appelle Arenicola Marina.
00:32C'est un verre, on marche dessus, mais il a 450 millions d'années.
00:35D'accord.
00:36Et en fait, moi je suis chercheur, donc je me suis intéressé à ce verre,
00:39pour essayer de comprendre comment il était capable de respirer entre la marée haute et la marée basse.
00:42Parce que ce verre, il est censé respirer sous l'eau ?
00:44Alors, il est censé respirer sous l'eau, et en fait, nous, on n'est pas capables.
00:49Donc c'était comment, lui, ça fonctionne.
00:51Tous les verres que tu vois, ils sont en apnée.
00:54Ils arrêtent de respirer.
00:55Donc pendant 6 heures, ils respirent plus.
00:57Après des années de recherche, Franck découvre d'où vient ce superpouvoir.
01:02Une molécule présente dans le sang de ce verre,
01:05capable de garder l'oxygène en réserve, comme une petite bouteille d'oxygène naturelle.
01:11Et très vite, le chercheur comprend que ce pouvoir pourrait aussi servir à l'homme.
01:16J'ai montré que cette molécule était extrêmement intéressante pour des applications médicales.
01:20Et en fait, ce que tu vois là, ce que tu as dans la main, c'est un donneur de
01:23sang universel.
01:24En fait, sa molécule pourrait être transfusée à tous les groupes, à tous les humains.
01:27Il n'y a pas de type à sang.
01:28On est tous compatibles.
01:29Avec ce verre marin.
01:30D'accord, incroyable.
01:31Voilà.
01:32Son idée ? Créer un gel à base de cette molécule,
01:35que l'on peut appliquer directement sur des plaies ou de la peau brûlée,
01:39pour l'oxygéner et l'aider à se reconstruire.
01:42Un protocole déjà utilisé chez de grands brûlés,
01:45notamment après l'incendie de Cran-Montana en Suisse.
01:48Et vous allez voir qu'à Brest, cette innovation est loin d'être la seule.
01:58Ce mois-ci, je pose mes valises à Brest.
02:01Une ville tournée vers l'océan, avec cette impression d'être au bout du monde.
02:05Mais derrière cette carte postale bretonne, Brest cache aussi un autre visage.
02:09Celui d'un territoire où l'on invente déjà les solutions de demain.
02:13Tout d'abord, nous allons découvrir comment un simple verre marin
02:16pourrait aider les grands brûlés à cicatriser.
02:18Un miracle. Je pense qu'il y a de la magie, ouais.
02:21Nous irons ensuite sur le port, là où se construit l'avenir de l'éolien en mer.
02:25C'est un quai qui est assez exceptionnel.
02:27Il n'y en a pas beaucoup en France qui sont capables de supporter
02:30les plus grosses grues qui existent au monde.
02:32Mais avant d'installer ces géants au large,
02:35il faut cartographier les fonds marins et éviter les dangers cachés.
02:39Il faut s'assurer qu'il n'y a pas de danger sur le fonds marin
02:41par rapport au risque d'engins explosifs qui datent de la Seconde Guerre mondiale.
02:45Nous rencontrerons aussi Xavier, tétraplégique,
02:48bien décidé à retrouver le plaisir du sport en pleine nature.
02:51C'est excitant d'aller sur l'eau.
02:53Enfin, nous pousserons la porte d'une crèche pas tout à fait comme les autres,
02:57où les enfants grandissent au contact des seniors.
03:00Des fois, ils ont un peu peur entre les dérugateurs.
03:02Ça les fait grandir.
03:03Ça les fait grandir.
03:04Santé, énergie, handicap.
03:06À Brest, vous allez voir que les idées pour imaginer demain ne manquent pas.
03:25Retour sur la côte.
03:27Sous ce sable, des milliers de vers marins.
03:30Et dans leur sang, une molécule capable d'aider les grands brûlés à reconstruire leur peau.
03:36Cette découverte a permis à Pierre, 42 ans, de retrouver une vie normale.
03:43À cause d'un mégot de cigarette dans une poubelle,
03:47le restaurant dans lequel je travaillais a pris feu.
03:51J'ai couru pour essayer d'éteindre.
03:52On ne réfléchit pas dans ces moments-là.
03:54Je prends un extincteur, je monte, j'essaie d'éteindre la flamme qui se trouve à 5 mètres.
03:59Mais en fait, la chaleur était bien avant les 5 mètres.
04:02Donc j'ai vu mes mains fondre comme de la cire, en direct.
04:09Je suis choqué, je me dis que c'est trop tard.
04:12Je ne peux plus rien faire.
04:16Trois jours plus tard, la vie de Pierre bascule.
04:19Il est sur la liste d'attente pour recevoir une greffe et réparer ses mains.
04:23Mais un médecin lui parle d'une solution moins douloureuse qui pourrait peut-être l'aider.
04:29Il me dit que c'est un gel qui est à base de sang, de verre marin.
04:34Alors déjà, je ne comprends pas du tout ce qu'il me dit.
04:38Mais il m'expliquait qu'il y a 40 fois plus d'hémoglobulines dans le sang de ces verres-là.
04:43Et donc ça régénère beaucoup plus vite la peau.
04:45Je le crois sur parole, qu'ils sont foutus pour foutus.
04:47Moi, demain, c'est mon outil de travail.
04:49Donc s'ils sont foutus, c'est foutu.
04:50Il faut que je change de métier.
04:52Donc je dis, quand on y va, il me fait ce mon papier en disant,
04:54« Bon, si ça foire, tu t'engages, je suis un cobaye. »
05:00Donc je signe le papier et on y va deux semaines à l'hôpital.
05:04Et donc, tous les matins, ils me mettent du gel sur mes mains, du pansement.
05:09La nuit, ça chauffe forcément, ils me donnent les antidouleurs.
05:13Donc, tout le matin, je me réveille.
05:17J'ai tous les médecins qui viennent vérifier.
05:19Ils enlèvent les pansements et ils voient la progression de la gérison, qui est incroyable.
05:25C'est un centimètre par jour quasiment de chaque côté.
05:28Et ça recouvre les mains au fur et à mesure.
05:31Donc tous les deux jours, ça regagne du terrain, ça gagne du terrain, ça gagne du terrain.
05:35Je fais besoin de greffe et je vis comme avant.
05:39Un miracle.
05:41Je pense qu'il y a de la magie, ouais.
05:42Il y a de la magie où un mec a bien bossé sur les médecins.
05:46Pierre fait partie de ces quelques patients à avoir pu bénéficier de ce traitement.
05:50Car aujourd'hui, ce gel n'est pas encore disponible pour tous.
05:59Donc là, Émilie, on est dans un laboratoire de contrôle qualité.
06:02Pour le moment, ce traitement n'est utilisé que dans un cadre très strict.
06:07Aujourd'hui, on a traité plus d'une centaine de patients.
06:10On l'appelle en compassionnel.
06:12Alors qu'est-ce que c'est ?
06:12Alors compassionnel, c'est pas expérimental.
06:14En fait, j'ai entendu parler d'expérimental.
06:15C'est pas expérimental, c'est compassionnel.
06:17Ça veut dire que quand un médecin est au bout du bout, c'est-à-dire qu'il a tout
06:21essayé,
06:21tous les pansements du monde, tous les technologies du monde, et il n'arrive pas.
06:24D'accord.
06:25Donc on est au mur.
06:26D'accord.
06:27Devant, il y a le mur.
06:27C'est du mur.
06:28Et donc tu as deux choses.
06:29Soit on coupe la jambe ou on coupe les mains, soit la personne meurt.
06:34Donc l'alternative, c'est on coupe ou la personne meurt.
06:38Et donc nous, on vient nous chercher pour éviter que la personne meure ou qu'on lui coupe la jambe.
06:42Et donc en fait, on arrive à l'extrémité de tous les traitements.
06:45Donc en fait, on a fait plus d'une centaine de personnes.
06:48On a montré que sur ces personnes de l'extrême, on a cicatrisé.
06:51Donc les personnes vont éviter d'être amputées ou on leur a sauvé la vie.
06:55Chaque année en France, près de 700 000 patients vivent avec des plaies qui ne cicatrisent pas.
07:01Pour eux, ce gel représente un immense espoir.
07:04Mais avant d'être accessible plus largement, il doit encore franchir une étape décisive.
07:09Prouver qu'il peut être utilisé à plus grande échelle, en toute sécurité.
07:13En attendant les autorisations, Franck a trouvé une autre application à ce sang de verre marin.
07:18Et cette fois, elle concerne les grèves d'organes.
07:21J'ai un flacon, donc là c'est de la poudre.
07:23Là c'est de l'hémoglobine en poudre, mais on l'a aussi en liquide.
07:26Et donc ça, ça permet en fait de donner de l'oxygène à un griffon.
07:29Tu comprends bien que quand je déconnecte un griffon, c'est une course contre la montre.
07:33Si je déconnecte un cœur, j'ai 4 heures.
07:34Par exemple, imagine on est là, en Orlais.
07:36Je dois aller à Marseille prendre un cœur chez un donneur et je le ramène à Brest.
07:40J'ai 4 heures.
07:41Et donc tu vois bien la logistique.
07:43Avion, hélicoptère, tout ce que tu peux imaginer.
07:45Ça, ça permet par exemple un cœur.
07:47Nous, on l'a gardé pendant 11 heures battant.
07:49On gagne beaucoup de temps là.
07:51Un poumon, au lieu de l'avoir gardé pendant 6 heures, on l'a gardé 48 heures.
07:54Donc en fait, tu peux...
07:55Tu apportes l'oxygène que l'organe...
07:57Exactement.
07:57En fait, l'organe, quand il est baigné dans cette molécule, ne voit même pas qu'il est déconnecté.
08:02Mieux conservés, les griffons arrivent en meilleur état jusqu'au bloc opératoire.
08:06Et pour les patients, cela peut tout changer.
08:094 ans après la greffe, 98,3% des patients sont encore en vie, contre 86% avec une conservation
08:16classique.
08:17Mais à Brest, la mer ne sert pas seulement à soigner.
08:20Elle pourrait aussi devenir l'une des clés de notre avenir énergétique.
08:27Voitures électriques, serveurs informatiques, chauffage, climatisation, nos besoins en électricité ne cessent d'augmenter.
08:34Mais demain, il faudra produire cette énergie sans aggraver le réchauffement climatique.
08:39Alors la France cherche de nouvelles sources d'énergie renouvelable.
08:42Et l'une des plus prometteuses se trouve peut-être ici en mer.
08:50La Bretagne a toujours cru en développement des énergies marines renouvelables. Pourquoi ?
08:55Parce que d'abord, la Bretagne, elle croit en la mer.
08:57Et qu'effectivement, elle a besoin de l'énergie venant de la mer pour pouvoir alimenter en électricité l'ensemble
09:04de la Terre.
09:04Et c'est né en 2008 parce qu'on a eu une énorme panne en Bretagne.
09:08Et à ce moment-là, une prise de conscience de la nécessité d'avoir une production interne.
09:13Et pour cela, en Bretagne, c'était l'éolien en mer qui paraissait être la meilleure solution.
09:19Des éoliennes en mer, on en a déjà. Elles alimentent combien de foyers ?
09:22Elles alimentent un quart de la Bretagne.
09:25Et donc, c'était extrêmement important de pouvoir compléter l'énergie qui venait de l'extérieur
09:31par cette énergie produite par la mer en Bretagne.
09:33Est-ce qu'on peut rappeler quels sont les avantages de l'éolien en mer par rapport aux éoliennes sur
09:37Terre qu'on connaît bien aujourd'hui ?
09:39Il y a du vent. Et au bord du mer, il y a du vent quasiment tout le temps.
09:43Ce qui veut dire que la production est bien meilleure que ce que l'on peut retrouver à Terre.
09:48En plus, on peut venir les installer plus loin des côtes, là où le vent souffle plus fort, plus souvent.
09:54Ce qui donne effectivement une meilleure production et une meilleure rentabilité de ces équipements.
10:00Et c'est toute l'Europe qui se lance dans la course.
10:02De la mer du Nord jusqu'à l'Atlantique et la Méditerranée,
10:06il faudra installer dans les prochaines décennies plus de 10 000 nouvelles éoliennes en mer.
10:11Mais avant de produire de l'électricité, ces géants doivent être imaginés, construits, assemblés.
10:16On estime à 1 000 terrains de foot la surface nécessaire pour industrialiser ces éoliennes offshore.
10:23Et à Brest, une partie de cette industrie de demain est déjà en train de prendre forme.
10:30C'est un tout petit.
10:32Oui, c'est impressionnant.
10:34250 millions d'euros investis par la région pour créer ce pôle dédié à l'assemblage des éoliennes en mer.
10:40400 mètres de long, 100 mètres de large, vous voyez, donc c'est quand même extrêmement grand.
10:45C'est un quai qui est assez exceptionnel.
10:46Il n'y en a pas beaucoup en France qui sont capables de supporter les plus grosses grues qui existent
10:52au monde.
10:54Ici, 178 entreprises travaillent déjà autour de l'éolien en mer.
10:58Il y a celles qui fabriquent les mâts, celles qui préparent leurs transports au large et celles qui inventent les
11:03prochaines générations d'éoliennes.
11:05Comme l'entreprise Eolink et son directeur commercial, Alain Maury, qui mise sur une éolienne flottante d'un nouveau genre.
11:13Alors là, explique-moi, parce qu'on voit ces gros cubes jaunes, donc ça, ça va être les futurs flotteurs,
11:18c'est ça ?
11:18Alors, en fait, ça, c'est un seul et même flotteur, mais qui est séparé en différents blocs.
11:23Donc tous ces blocs-là vont être assemblés comme un grand Lego.
11:26Et en fait, à la fin, la structure qu'on va avoir, ça va être une structure pyramidale, donc avec
11:30une base carrée,
11:31qui fera 50 mètres par 50 mètres et qui va monter en bout de pale à 140 mètres.
11:35Et en Atlantique, au fait, rapidement, on arrive à une profondeur.
11:38On ne peut plus mettre ces systèmes qui vont se planter dans le sol.
11:42Et donc, il faut les faire flotter avec des ancrages.
11:44Et c'est justement ces nouvelles technologies qui vont nous permettre d'aller dans toute la mer celtique,
11:49assez loin des côtes, où là, on a le plus de vent, pour pouvoir effectivement développer ces nouveaux types de
11:55parcs.
11:56Mais pour l'instant, en mer, l'immense majorité des éoliennes reste fixée au fond marin.
12:01Alors comment produire plus d'énergie sans trop perturber l'environnement ?
12:06Qu'est-ce qu'on a besoin de connaître, justement, avant de se lancer dans un projet d'éolien en
12:10mer ?
12:11Ce qui est certain, c'est qu'avant d'installer les éoliennes, on va faire une étude d'impact.
12:15C'est-à-dire qu'en fait, on va venir mesurer tout ce qui se passe dans la zone où
12:19on va l'installer.
12:19Que ce soit les poissons, que ce soit les mollusques, que ce soit la flore.
12:25Et pour ça, effectivement, ça demande pendant un an de venir mesurer sur quatre saisons
12:29l'ensemble des paramètres de la biodiversité.
12:33Et à l'issue de ça, on va venir mesurer en quoi l'éolienne qu'on va installer pourra impacter
12:41éventuellement ce milieu-là.
12:43Donc c'est une phase extrêmement importante, assez longue, c'est presque plus long que la construction elle-même.
12:49Pour choisir les meilleurs emplacements, ceux qui auront le moins d'impact sur l'environnement
12:54et qui seront les plus sûrs pour les installateurs,
12:56les fabricants d'éoliennes disposent aujourd'hui d'une nouvelle arme.
13:01Le drone marin.
13:03Est-ce qu'il y a de la roche au fond ? Est-ce qu'il y a des coraux
13:05là-dessus ? Des algues ?
13:06Oui, avoir une liste des espèces, c'est primordial.
13:11Ce petit drone est un bijou de technologie.
13:14Il peut parcourir de longues distances, traverser la Manche et descendre jusqu'à 300 mètres de profondeur.
13:21Caméras, capteurs, instruments de mesure, il embarque tout ce qu'il faut pour scanner les fonds marins.
13:26Et aujourd'hui, l'équipe se concentre sur une menace invisible mais redoutable pour les installateurs d'éoliennes.
13:33On va quadriller le fond pour rechercher des signatures magnétiques.
13:38Des objets magnétiques, du métal, éventuellement des explosifs.
13:42Avant d'installer un champ d'éolien en mer, il faut s'assurer qu'il n'y a pas de
13:45danger sur le fond marin
13:46et même dans le sous-sol en particulier par rapport au risque d'engins explosifs qui datent de la Seconde
13:52Guerre mondiale.
13:52Il y en a énormément.
13:53Donc il faut pouvoir s'assurer que la zone est propre quelque part.
13:57Un problème loin d'être marginal.
14:002000 engins explosifs dans les fonds marins sont désamorcés chaque année par les gendarmes.
14:04Mais c'est un autre obstacle que l'équipe repère.
14:07On voit ici sur la gauche la trajectoire qu'il a suivie.
14:11Il a inspecté de façon très précise la zone.
14:14Et donc là, il a pu effectivement détecter une épave que l'on voit ici sur le fond de la
14:18mer.
14:18On est passé juste au-dessus d'une épave.
14:20D'accord. Donc là, c'est bien ce qu'on voit, la zone d'ombre là ici.
14:23Exactement.
14:24D'accord. Donc là, on imagine si on voulait installer des éoliennes,
14:27eh bien on aurait cette épave effectivement qui serait quand même...
14:29Voilà, qui ne le permettrait pas.
14:32Brest pourrait bien remporter son pari des énergies marines renouvelables
14:35avec à la clé près de 11 400 emplois d'ici 2050.
14:40Mais imaginer le monde de demain, ce n'est pas seulement produire une énergie plus propre.
14:45C'est aussi faire en sorte que chacun puisse y trouver sa place.
14:53Les Jeux paralympiques de Paris ont mis en lumière des athlètes hors normes.
14:57Mais loin des stades et des caméras, pour beaucoup de personnes handicapées,
15:01faire du sport reste un défi.
15:02En France, 12 millions de personnes sont concernées par un handicap.
15:07Et moins d'une sur deux pratiquent une activité sportive régulière.
15:10Mais à Brest, certains ont décidé de s'attaquer à ces obstacles.
15:18Ce matin, Xavier, tétraplégique, a rendez-vous avec Erwan, son coach sportif.
15:24Salut Xavier, ça va ?
15:25Ça va et toi ?
15:26Bah ouais, super. T'es prêt pour un peu de sport aujourd'hui ?
15:29Bon bah parfait.
15:31La séance pourrait avoir lieu dans une salle, chez lui.
15:34Mais comme beaucoup de sportifs, il préfère le grand air.
15:38Sauf que pour goûter à ce petit plaisir,
15:40Xavier doit franchir un obstacle qui paraît banal pour beaucoup.
15:43Le sable.
15:45Alors pour avancer, il doit s'installer dans un fauteuil tout terrain.
15:49Je te décale ça.
15:50J'arrive.
15:51Est-ce que tu peux me suivre ?
15:53Parce que moi, je veux que tu diriges aussi.
15:55Ouais.
15:56Allez.
15:56Ça y va.
15:57Je vais mettre un peu de tension.
15:58Je veux que tu tires ton bras.
16:00Voilà.
16:01Vas-y, tu peux y aller.
16:02Tu peux y aller encore.
16:03Encore un petit peu.
16:04Encore un petit peu.
16:04Enfin un petit peu.
16:06Ok, relâche.
16:07Et tu fais pareil de l'autre côté.
16:09Allez, vas-y.
16:10Ok.
16:11Et là, comment ça va ?
16:13Ça va super.
16:14T'es quoi ?
16:14Bien.
16:15Ça roule.
16:15Super, bah ouais, je vois ça.
16:17Et là, donc, ce fauteuil, il est parfait pour aller sur le sable et rejoindre la mer.
16:22Et rejoindre Erwan, ton coach.
16:24Exactement.
16:24On a accès sur quasiment tous les spots avec ce fauteuil-là.
16:28Ça permet de voir le sportif avant le handicap, en fait, c'est ça.
16:32Grâce à ce fauteuil, Xavier peut enfin s'entraîner sur la plage.
16:36Mais pour y parvenir, il a fallu imaginer un objet qui n'existait pas.
16:42Ce fauteuil est né lors d'un rendez-vous un peu particulier, le Handicreaton.
16:47Deux fois par an, des professionnels de santé, des ingénieurs, des étudiants
16:51et des personnes en situation de handicap se réunissent avec un même objectif.
16:56Inventer les outils qui pourront changer le quotidien.
17:00Et l'idée, c'est quoi ? Alors, qu'est-ce qu'on fait à l'Handicreaton ?
17:02L'Handicreaton, c'est du prototypal.
17:05On vient tester des idées en bidouille avec toutes les machines qui sont là,
17:09les objets qu'on a pu amener.
17:10Et une fois qu'on a un prototype un petit peu avancé, l'idée, c'est de l'expérimenter.
17:14Si Yves et les participants se retroussent les manches,
17:17c'est parce que bien souvent, ces objets coûtent trop cher
17:20ou n'existent tout simplement pas.
17:22Sur une technique, des fois, il faut un mois d'ingénierie.
17:24Et un mois d'ingénierie, ça coûte énormément.
17:26Tout ça pour sortir des fois un seul produit.
17:28Et là, sur un Handicreaton, tout le monde est là pour co-créer.
17:33Donc c'est comme si on avait, je ne sais pas, 50 ingénieurs d'un coup
17:36avec toutes les machines, donc on accélère vraiment le projet.
17:40Ici, chaque invention part d'un besoin concret.
17:44Donc ici, on voit, c'est un système qui va s'adapter aux bras
17:48pour pouvoir faire des gestes de rééducation.
17:50D'accord.
17:51Donc c'est assez connecté après à un jeu vidéo
17:53pour pouvoir faire la rééducation sur le jeu.
17:56Là, je vois qu'il y a...
17:58C'est la pétanque, c'est ça ?
17:59Oui, un petit système pour la pétanque.
18:01Voilà, pour accrocher sur un fauteuil roulant
18:05pour poser ses boules de pétanque.
18:06Et donc quand on parle de pétanque,
18:08on pourrait penser à le geste.
18:10Mais non, mais il y a aussi tout le transport, en fait.
18:12Le côté pratique.
18:14De petits objets du quotidien
18:16et d'autres destinés aux plus sportifs,
18:18comme le char à voile.
18:19Donc ici, on a travaillé sur une des problématiques
18:24d'accessibilité du char à voile.
18:26Donc c'est l'assise.
18:28Donc il faut que la personne soit vraiment bien bloquée
18:30dans le char à voile
18:31pour pouvoir faire l'activité qui est quand même assez sportive.
18:35Et cet après-midi, un nouvel outil passe à l'épreuve du réel.
18:39Après avoir permis à Xavier de rejoindre la plage en fauteuil,
18:42Yves et son équipe veulent lui offrir un nouveau terrain de jeu.
18:46La mer.
18:47Tu peux me donner un petit coup de main ?
18:49Leur défi ?
18:50Tester une pirogue équipée d'un siège
18:53pour personnes en situation de handicap.
18:58Ok.
18:59Parfait.
18:59C'est bon ?
19:00C'est parfait.
19:01C'est excitant d'aller sur l'eau.
19:03La pirogue s'élance au large de Plou-Escat.
19:07Pour Xavier, c'est bien plus qu'un test.
19:10C'est top, avec un peu de vent, ça part tout seul.
19:14Le plaisir d'avancer à la voile, d'être sur l'eau.
19:17Et on va pas sentir si c'est quelque chose que tu pouvais plus faire.
19:19Et là, de nouveau, le champ des possibles.
19:21On peut toujours se débrouiller.
19:24Mais c'est beaucoup plus facile.
19:27Tout est possible, mais là, ça devient plus facile.
19:30Pour Xavier, c'est le plaisir de retrouver la mer.
19:33Pour Yves et son équipe, c'est la preuve que leurs idées peuvent changer une vie.
19:39C'est un travail, des fois, qui peut prendre un an, deux ans, trois ans.
19:44Là, ça a été un peu plus rapide.
19:46Mais dans tous les cas, dès qu'on voit un sourire, ça nous donne de l'énergie pour les futurs
19:50projets.
19:51Le rêve d'Yves, maintenant, c'est que ses inventions profitent au plus grand nombre.
19:55Pour cela, il met gratuitement en ligne les plans de ses prototypes.
19:59Des idées nées à Brest que chacun peut reproduire chez soi.
20:08Depuis le début de ce voyage à Brest, j'ai découvert des innovations spectaculaires.
20:13Des chercheurs, des ingénieurs, des inventeurs qui imaginent des solutions pour demain.
20:18Mais l'avenir ne se joue pas seulement dans les laboratoires ou au large des côtes.
20:23Qu'est-ce que tu vas faire à l'école aujourd'hui, Paula ?
20:26Il se joue aussi dans l'éducation de nos enfants.
20:30C'est franchement, il y a envie de mettre en place tout ce qu'il faut,
20:33qu'il soit suffisamment curieux pour être assez ouvert au monde.
20:37Avoir un intérêt pour l'autre, quoi.
20:40Le monde, certes, il est plus individualiste, il y a des choses qui font peur,
20:43mais l'idée, c'est aussi d'imaginer que nos enfants seront capables de changer tout ça,
20:48d'améliorer nos enfants et leur génération, évidemment, mais de progresser, quoi, vers du mieux.
20:54Alors la famille a choisi pour Paula et Joseph une crèche qui défend ses valeurs.
21:00Hier, il a dormi 1h20 le matin.
21:05On partage ? Oui, attends, attends.
21:08Altaï, regarde.
21:09Pourtant, à première vue, tout ressemble à une crèche traditionnelle.
21:14Ici, c'est un peu différent.
21:16On a la chance, effectivement, d'être une petite équipe avec une petite structure.
21:20On a un nombre d'enfants qui reste quand même très facile à gérer.
21:24Et effectivement, ça permet de pouvoir rester dans la dignité des enfants, respecter leur rythme.
21:30Et c'est quelque chose d'assez valorisant par rapport à des grosses structures qui, malheureusement, font aussi de leur
21:35mieux.
21:36Ici, ils ne sont que 8 à 12 enfants.
21:39Mais ce qui fait vraiment la singularité de cette crèche se trouve juste à côté.
21:43J'ai un petit qui danse, j'ai un petit qui danse.
21:47Ici, des seigneurs donnent de leur temps pour les enfants.
21:51Oh, il y a plein de petits animaux !
21:55Ils viennent à la crèche, lisent des histoires, participent aux activités.
21:59Et parfois, ce sont les enfants qui vont à leur rencontre.
22:03Et on y va !
22:04Alors, où est-ce qu'on va, là ?
22:06Alors là, on va à la résidence seigneur qui est accolée à la crèche.
22:09Résidence seigneur, tiens, alors je ne m'attendais pas à ça.
22:12Et oui, alors la crèche s'est implantée ici parce qu'on est dans une crèche intergénérationnelle.
22:18D'accord !
22:18Donc c'est-à-dire qu'on passe plusieurs temps forts dans la semaine avec les seigneurs qui résident juste
22:23à côté ?
22:24D'accord !
22:24Vous aimez bien les cookies ?
22:25Par petits groupes, les enfants rejoignent les résidents.
22:28Aujourd'hui, ce n'est pas une simple visite, c'est un atelier cuisine.
22:33Ça vous dit de faire des cookies aujourd'hui ?
22:36Ici, chacun participe à sa façon.
22:38En bretagne, c'est toujours du bleu sauvé.
22:41Oui, c'est meilleur.
22:4285 grammes.
22:43Les seigneurs transmettent un peu de leur expérience et beaucoup de patience.
22:48Je crois que Mathilde, elle a juste envie de plonger sa tête dans le sucre.
22:51Mathilde, tu t'assoies sur les genoux si tu veux, là ?
22:54Et farine, 150 grammes.
22:56Les enfants, eux, découvrent les gestes, les odeurs, les consignes.
23:01On voit que tout de suite, ça les apaise quand même.
23:05Ils ont la tendance à être plus dans l'observation, à écouter peut-être un peu différemment les consignes aussi.
23:12Je pense que ça les ouvre à la différence aussi, tout simplement.
23:15Il y en a plein qui n'ont pas de personnes âgées dans leur famille.
23:18Ils n'ont pas la chance d'avoir des arrières-grands-parents pour eux ou des grands-parents âgés.
23:22Du coup, ça les éveille.
23:24C'est curieux.
23:24Au début, des fois, ils ont un peu peur entre les dérongateurs, les poteuils.
23:27C'est des choses qu'ils n'ont pas forcément l'habitude de voir.
23:28Pas forcément, les voix un peu tremblantes.
23:30Ça les fait grandir.
23:31Ça les fait grandir et avoir les choses différentes.
23:34Ce lien fait aussi du bien aux plus âgés, comme Marie-Hélène, 93 ans.
23:39Est-ce qu'ils sont toujours sages ?
23:41Parfois, ils sont coquins.
23:43Pas toujours.
23:45Là, je vais très régulièrement, au moins une fois ou deux par semaine.
23:49Donc, ça fait remonter les souvenirs aussi.
23:51Tout à fait.
23:52Je ne perds pas la main.
23:54Et peut-être que ça permet aussi d'avoir la tête.
23:56C'est que, logiquement, c'est très bon.
23:58Ah oui, c'est extraordinaire.
24:00L'apport que c'est.
24:03Avec leur micro-crèche installée près des résidences seniors, Tom et Josette répondent à deux besoins essentiels.
24:09Trouver une place pour les enfants et redonner du lien aux personnes âgées.
24:13Aujourd'hui, le réseau compte déjà 19 crèches intergénérationnelles en France.
24:17Et cinq nouvelles sont prévues à la rentrée 2026.
24:21Comme quoi, parfois, l'innovation n'a pas besoin de technologies spectaculaires.
24:25Elle peut tenir dans une idée toute simple.
24:28Remettre les générations au même endroit.
24:33Du sang de verre marin aux éoliennes offshore, en passant par le sport pour tous et les crèches intergénérationnelles,
24:41Franck, Christophe, Yves, Erwan et Maëlle ont tous un point commun.
24:46Placer l'humain au cœur de l'innovation.
24:49Vous, je ne sais pas, moi, ça m'a fait du bien.
24:53Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations

  1. Anaëlle
    il y a 2 semaines