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Troisième lecture, troisième vote solennel à l'Assemblée. Après une première adoption le 27 mai 2025 puis une deuxième le 25 février 2026, les députés se prononcent une troisième fois sur la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir mardi 30 juin. Rejetée à deux reprises par les sénateurs, le texte retournera une nouvelle fois au Sénat avant de regagner l'hémicycle de l'Assemblée nationale le 15 juillet prochain, pour un ultime vote avant sa promulgation. Le texte, d'abord déposé sous forme de projet de loi en 2024, et dont l'examen a été interrompu par la dissolution, a continué son chemin sous forme de proposition de loi portée d'abord par le député Olivier Falorni, puis par Philippe Vigier. Retrouvez la position de chaque groupe sur le texte.
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00:00:02Générique
00:00:08Bonjour à tous, bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:12Dans ce numéro, je vous propose de revivre le troisième et avant-dernier vote sur l'aide à mourir ici
00:00:18à l'Assemblée Nationale.
00:00:19Avant le scrutin, les explications de vote.
00:00:21L'ordre du jour appelle les explications de vote et le vote par scrutin public sur l'ensemble de la
00:00:26proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir en nouvelle lecture.
00:00:37Donc, la parole est à madame Sabine Gervais pour le groupe Démocrate.
00:00:46Alors, eh bien, si madame Firmin-Lebaudot est prête, puisque je la vois dans les bicycles.
00:00:59C'est très gentil à vous, madame la députée.
00:01:03Prenez votre temps.
00:01:17Je donne la parole à madame Agnès Firmin-Lebaudot pour le groupe Horizon et Indépendant.
00:01:26Merci madame la présidente, madame la ministre, monsieur le président de la commission, monsieur le rapporteur général, mesdames et messieurs
00:01:34les rapporteurs, mes chers collègues.
00:01:36Ce texte, nous sommes nombreux ici à le porter depuis des années.
00:01:40Chacun avec son histoire, ses convictions et ses doutes.
00:01:44Je dis ses doutes car nul ici ne peut se prévaloir de détenir la vérité, en particulier face à la
00:01:51mort.
00:01:52Aujourd'hui, nous légiférons pas sur une abstraction.
00:01:56Derrière chaque article que nous avons pesé, mot après mot, il y a un visage.
00:02:01Celui d'une femme, celui d'un homme, parvenu au bout de sa maladie et au bout de ses forces,
00:02:07qui nous demande non pas de choisir à sa place, mais de le laisser enfin décider seul.
00:02:14Je veux aussi dire un mot du chemin que nous avons parcouru ensemble.
00:02:17Sur un tel sujet, mon groupe ne votera pas d'un seul bloc.
00:02:21C'est, je crois, notre honneur de faire le choix de la liberté de conscience,
00:02:25parce qu'aucune consigne ne saurait trancher ce que chacun éprouve au plus intime de lui-même.
00:02:31Mes collègues qui votent contre ce texte ne sont pas moins attachés que moi à la dignité humaine.
00:02:36Ils la servent autrement et je les respecte profondément.
00:02:41Car sur ces bancs, il faut le rappeler avec force.
00:02:44Nul ne défend la vie contre d'autres qui la mépriseraient.
00:02:47Nous voulons tous, par des chemins différents, protéger les plus fragiles.
00:02:52Et entendre le contraire de la part de certains qui s'opposent à ce texte,
00:02:56met tout bonnement insupportable.
00:02:58Ce débat mérite mieux et doit être trenu d'un bout à l'autre,
00:03:02sans caricature et sans procès d'intention.
00:03:04Voilà ce qui restera gravé dans l'histoire de notre Assemblée.
00:03:08Alors disons les choses simplement pour dissiper les peurs.
00:03:11Ce texte n'instort pas un droit à la mort.
00:03:14Il ne fait pas du renoncement en idéal,
00:03:16ni de la vulnérabilité en fardeau.
00:03:19Il répond à une situation précise et à elle seule.
00:03:22Celle d'une personne majeure, atteinte d'une affection grave et incurable,
00:03:26qui engage son pronostic vital en phase avancée ou terminale,
00:03:29et dont la souffrance est devenue réfractaire
00:03:32à tout ce que la médecine sait encore offrir.
00:03:35Voilà le périmètre.
00:03:37À ces femmes et à ces hommes, qu'allons-nous répondre ?
00:03:40Que leur liberté s'arrête au seuil de la dernière souffrance ?
00:03:43Que la seule décision qui leur reste,
00:03:46la manière dont s'achève leur propre vie,
00:03:48doit leur être refusée au nom d'un principe
00:03:50qui, lui, ne souffrirait pas à leur place ?
00:03:53La dignité, ce n'est pas seulement de soigner jusqu'au bout.
00:03:56C'est aussi, parfois,
00:03:58entendre celui qui, lucide et libre,
00:04:00nous dit qu'il a assez attendu.
00:04:04Celle qui vous parle passe sa vie professionnelle auprès des malades
00:04:06et a eu l'honneur d'être ministre
00:04:07et de présider notre commission spéciale sur le projet de loi initial.
00:04:11Je connais les visages qui se tiennent derrière nos articles.
00:04:14Je connais aussi les craintes.
00:04:16C'est pourquoi je me suis battue à chaque lecture
00:04:18pour que cette liberté nouvelle
00:04:20soit aussi une liberté protégée,
00:04:23pour que ce soit la personne elle-même
00:04:25et nul autre qui demeure au centre de chaque étape.
00:04:28Ce texte, aujourd'hui, est un texte d'équilibre,
00:04:31exigeant pour les soignants,
00:04:33respectueux des consciences,
00:04:35entouré de garanties.
00:04:36Il est, je le crois,
00:04:37à la hauteur de ce qui l'engage.
00:04:39Mais une liberté n'est jamais qu'un mot,
00:04:41et si elle se paie de l'abandon.
00:04:44L'aide à mourir ne sera juste
00:04:46que si nul ne s'y résout
00:04:47faute d'avoir eu accès à un accompagnement digne de ce nom.
00:04:50Elle est donc inséparable de notre stratégie
00:04:52de développement des soins palliatifs
00:04:54qui nous devons, enfin,
00:04:55à nos concitoyens partout.
00:04:57Que personne ne demande à partir
00:04:59parce que nous n'aurons pas su l'aider
00:05:00à vivre ces derniers jours.
00:05:02Cette responsabilité-là
00:05:03ne s'aidera pas avec notre vote.
00:05:06Mes chers collègues,
00:05:07je ne demande à personne
00:05:08de renoncer à ses convictions.
00:05:10Je dis seulement les miennes.
00:05:11A titre personnel,
00:05:13parce que je crois profondément
00:05:14que la fraternité
00:05:15s'est aussi accompagnée l'autre
00:05:17jusqu'au bout du chemin
00:05:18qu'il a choisi,
00:05:19je voterai ce texte.
00:05:20Je le voterai sans triomphe,
00:05:22avec gravité,
00:05:23en pensant à ceux
00:05:24qui sont partis
00:05:25sans ce geste d'ultime fraternité
00:05:28et ceux à qui, demain,
00:05:30n'auront plus à franchir une frontière
00:05:31ni à se cacher
00:05:32pour s'éteindre,
00:05:34apaiser,
00:05:34entourer dès leur.
00:05:36La loi ne rendra jamais
00:05:38la mort douce.
00:05:39Cela, aucune loi ne le peut.
00:05:41Mais elle peut faire
00:05:42qu'elle soit libre
00:05:43tout en restant humaine.
00:05:45C'est ce que nous demandent
00:05:46de nombreux Français.
00:05:47C'est, je crois,
00:05:49ce que les représentants
00:05:50de la nation
00:05:50doivent leur accorder
00:05:52en votant ce texte.
00:05:53Je vous remercie.
00:05:55Merci beaucoup,
00:05:56Madame la députée.
00:05:58La parole est à présent
00:06:00à Madame Sabine Gervais
00:06:01pour le groupe Les Démocrates.
00:06:19Merci, Madame la Présidente.
00:06:21Madame la Ministre,
00:06:22Monsieur le rapporteur général,
00:06:24Mesdames et Messieurs
00:06:25les rapporteurs thématiques,
00:06:26mes chers collègues.
00:06:28Au moment de ce vote solennel,
00:06:30notre groupe Les Démocrates
00:06:32partage une conviction,
00:06:35notre première responsabilité
00:06:38est de penser aux patients,
00:06:40à celles et ceux
00:06:41qui vivent les derniers instants
00:06:43de leur existence
00:06:44dans la souffrance,
00:06:45à celles et ceux
00:06:46qui attendent de nous
00:06:47non pas des postures,
00:06:49mais une réponse
00:06:50empreinte de dignité,
00:06:52d'humanité
00:06:53et de responsabilité.
00:06:55Ces débats ont parfois
00:06:57été vifs,
00:06:58ils ont parfois été éprouvants,
00:06:59mais ils ont presque
00:07:00toujours été à la hauteur
00:07:02de l'immense enjeu éthique
00:07:04dont nous nous sommes saisis.
00:07:07Légiférer sur la fin de vie
00:07:08est probablement l'une des tâches
00:07:10les plus délicates qui soit
00:07:12pour un parlementaire.
00:07:13Il ne s'agit aucunement
00:07:15d'imposer une vision morale
00:07:17et encore moins
00:07:18des convictions philosophiques
00:07:20ou spirituelles
00:07:21qui sont par définition
00:07:23profondément personnelles.
00:07:26Notre responsabilité
00:07:27à nous, députés de la nation,
00:07:30consiste à construire
00:07:31un cadre juridique,
00:07:33porte-protecteur,
00:07:34équilibré
00:07:35et respectueux de chacun.
00:07:37Trouver ce juste équilibre
00:07:39n'a jamais été simple.
00:07:41Il ne l'est pas aujourd'hui.
00:07:43Pour autant,
00:07:44personne ne pourra dire
00:07:45que ce débat a été précipité.
00:07:47Il n'y a pas eu
00:07:49de procédure accélérée.
00:07:50Le temps du débat parlementaire
00:07:52a été respecté.
00:07:54Ce texte est issu
00:07:55de plusieurs années
00:07:56de réflexions,
00:07:57d'échanges,
00:07:58de débats.
00:07:59Nous avons consacré
00:08:00des centaines d'heures
00:08:01d'échanges,
00:08:02de points de vue
00:08:03et de confrontations
00:08:04d'arguments
00:08:05sur les textes
00:08:06relatifs au droit
00:08:07à l'aide aux mourir
00:08:08et aux soins palliatifs.
00:08:10Des milliers d'amendements
00:08:12ont été déposés
00:08:13et examinés.
00:08:14Chaque article,
00:08:15chaque mot,
00:08:16chaque garantie
00:08:17a fait l'objet
00:08:18d'une discussion approfondie.
00:08:21Nous souhaitons également
00:08:22saluer le travail
00:08:24conduit par Olivier Falorni,
00:08:26l'auteur de cette proposition
00:08:28de loi
00:08:29et de celle
00:08:29sur les soins palliatifs.
00:08:31Depuis de nombreuses années,
00:08:33il incarne ce combat
00:08:35sur la fin de vie
00:08:36avec constance
00:08:37et conviction,
00:08:38tout en veillant
00:08:39à favoriser
00:08:40un échange
00:08:41approfondi
00:08:42et respectueux
00:08:43entre toutes les sensibilités
00:08:45de notre Assemblée.
00:08:48Chacun appréciera
00:08:49naturellement
00:08:49à l'aune
00:08:50de ses convictions
00:08:51les conclusions
00:08:52de ses travaux,
00:08:53mais nul ne peut
00:08:57contester
00:08:57l'engagement
00:08:58qu'Olivier
00:08:58Falorni
00:08:59a consacré
00:09:00à la fin de vie.
00:09:02Notre travail
00:09:03parlementaire
00:09:04s'est d'ailleurs
00:09:04appuyé sur une phase
00:09:05de concertation
00:09:06exceptionnelle.
00:09:07Avant même
00:09:08l'examen
00:09:09de ce texte,
00:09:10une convention
00:09:10citoyenne
00:09:11pour la fin de vie
00:09:12a été réunie.
00:09:13Le comité consultatif
00:09:15national d'éthique
00:09:16a rendu
00:09:17un avis majeur.
00:09:19La Haute Autorité
00:09:20de Santé
00:09:21a été appelée
00:09:21à définir
00:09:22des critères médicaux
00:09:23précis
00:09:24et à élaborer
00:09:25les futures recommandations
00:09:27de bonnes pratiques.
00:09:28Rarement
00:09:29une réforme
00:09:30aura été précédée
00:09:31d'une réflexion
00:09:33aussi approfondie,
00:09:34aussi pluraliste
00:09:36et aussi exigeante.
00:09:38Depuis le premier jour,
00:09:39le groupe
00:09:40Les Démocrates
00:09:41a fait un choix
00:09:42clair sur le sujet
00:09:43de la fin de vie,
00:09:44celui de la liberté
00:09:45de vote.
00:09:46Parce que ce texte
00:09:48touche à l'intime,
00:09:50parce qu'il interroge
00:09:51nos convictions
00:09:51les plus profondes,
00:09:53parce qu'aucune discipline
00:09:54partisane
00:09:55ne saurait imposer
00:09:57sur un tel sujet.
00:09:58Au sujet
00:09:59de notre groupe,
00:10:00certains voteront
00:10:01pour,
00:10:02d'autres voteront
00:10:03contre,
00:10:04d'autres voteront
00:10:05encore
00:10:06et choisiront
00:10:07de s'abstenir.
00:10:08Toutes ces positions
00:10:10sont respectables,
00:10:11toutes procèdent
00:10:12d'une réflexion sincère
00:10:14et je crois que
00:10:15cette diversité
00:10:16d'opinions
00:10:17honore notre Parlement.
00:10:19Elle montre
00:10:20qu'il est encore possible
00:10:21sur les sujets
00:10:22les plus sensibles
00:10:23de débattre
00:10:24avec respect
00:10:24sans caricaturer
00:10:26la position
00:10:27de l'autre.
00:10:28Face aux critiques,
00:10:29plus ou moins
00:10:30bien intentionnées,
00:10:32je tiens à rappeler
00:10:32que les critères
00:10:33d'accès au droit
00:10:34à l'aide à mourir
00:10:35sont cumulatifs.
00:10:36Ils reposent
00:10:37sur une affection
00:10:38grave et incurable,
00:10:39un pronostic vital
00:10:41engagé en phase avancée
00:10:42ou terminale,
00:10:44une souffrance
00:10:44en lien avec cette affection
00:10:46ainsi qu'une volonté
00:10:48libre et éclairée
00:10:49du patient.
00:10:50Les souffrances
00:10:51psychologiques
00:10:52à elles seules
00:10:52ne permettent pas
00:10:53d'accéder au dispositif.
00:10:55La procédure
00:10:56elle-même
00:10:57est entourée
00:10:58de nombreuses garanties,
00:10:59une évaluation
00:11:00médicale,
00:11:01collégiale,
00:11:02un délai de réflexion,
00:11:03la possibilité
00:11:05de renoncer
00:11:05à tout moment
00:11:06et des voies
00:11:06de recours
00:11:08juridictionnelles.
00:11:09Au fil de nos débats,
00:11:10le texte
00:11:11a encore été enrichi.
00:11:12L'Assemblée
00:11:13a notamment réaffirmé
00:11:15le principe
00:11:15de l'auto-administration
00:11:17de la substance létale,
00:11:18sauf en cas
00:11:19d'incapacité physique.
00:11:21Renforcer le rôle
00:11:22de la première
00:11:22consultation médicale
00:11:24et les garanties
00:11:25entourant l'expression
00:11:26de la volonté
00:11:26du patient.
00:11:27Ces évolutions
00:11:29témoignent
00:11:29de la volonté
00:11:30constante
00:11:31de placer
00:11:32la personne malade
00:11:33au cœur
00:11:33du dispositif
00:11:34tout en renforçant
00:11:36les sécurités
00:11:36qui l'entourent.
00:11:37En effet,
00:11:38ce texte
00:11:39n'a pas été construit
00:11:40contre les professionnels
00:11:41de santé,
00:11:42il a été avec eux.
00:11:45Quelles que soient
00:11:45les convictions
00:11:46qui s'exprimeront
00:11:47dans un instant
00:11:47au moment du vote,
00:11:49une même exigence
00:11:50nous aura
00:11:51toutes et tous
00:11:52guidés
00:11:53au long de ces débats,
00:11:54agir avec responsabilité
00:11:56dans l'intérêt
00:11:57des patients.
00:11:57Je vous remercie.
00:11:59Merci beaucoup
00:12:00Madame la députée.
00:12:03La parole est à présent
00:12:04à Monsieur Yannick
00:12:05Favnek-Becot
00:12:06pour le groupe
00:12:07Liberté indépendant
00:12:08Outre-mer et Territoire.
00:12:13Merci Madame la Présidente,
00:12:15Madame la Ministre,
00:12:17Monsieur le Président
00:12:17de la Commission,
00:12:18Messieurs les...
00:12:19Mesdames et Messieurs
00:12:20les rapporteurs,
00:12:21mes chers collègues,
00:12:21nous sommes réunis aujourd'hui
00:12:22pour voter sur la proposition
00:12:23de loi relative
00:12:25à l'aide à mourir.
00:12:26Je m'exprime
00:12:27au nom du groupe Liott,
00:12:28qui comme notre assemblée
00:12:30est divisé
00:12:31sur ce texte.
00:12:32Je porterai donc finalement
00:12:34chacune des voix
00:12:35qui la composent,
00:12:36en commençant par
00:12:36ce qui nous rassemble,
00:12:38toutes et tous,
00:12:38au-delà de nos opinions
00:12:40sur ce texte.
00:12:42À mesure que le temps passe,
00:12:43chacun s'en rend compte,
00:12:45la mort fait partie
00:12:46de la vie.
00:12:47À tous ceux
00:12:48qui ont été confrontés
00:12:49aux derniers instants
00:12:50de la vie
00:12:50de leurs proches,
00:12:51savent à quel point
00:12:52nous ne sommes pas tous égaux
00:12:53face à la mort.
00:12:55Il y en a qui souffrent
00:12:56jusqu'à leur dernier souffle,
00:12:58d'autres qui s'en vont
00:13:00paisiblement,
00:13:00du moins en apparence.
00:13:02Certains sont entourés
00:13:03de leurs proches,
00:13:04d'autres s'en vont seuls.
00:13:06Au sein de notre groupe
00:13:07et comme chacun ici,
00:13:10nous souhaitons
00:13:10que la fin
00:13:11de chaque existence,
00:13:12en particulier
00:13:13lorsqu'elle est traversée
00:13:14par une maladie incurable
00:13:16et par la souffrance,
00:13:18soit la plus apaisée
00:13:19et la plus digne possible.
00:13:21Et tous ici,
00:13:22nous souhaitons
00:13:23que l'État
00:13:23et notre système
00:13:24de soins
00:13:25contribuent
00:13:25à accompagner
00:13:27chacun
00:13:28en ce sens.
00:13:29Quel que soit
00:13:30notre vote,
00:13:31c'est au nom
00:13:32de cette conviction
00:13:32que chacun d'entre nous
00:13:33s'exprimera aujourd'hui.
00:13:35Celles et ceux
00:13:36dans notre groupe
00:13:37qui sont opposés
00:13:37au texte
00:13:38craignent que la création
00:13:39de ce droit
00:13:40affaiblisse encore
00:13:40le devoir de fraternité
00:13:42que nous devons
00:13:43aux plus vulnérables.
00:13:44Ils craignent aussi
00:13:45que l'aide à mourir
00:13:46ne vienne ralentir
00:13:47la dynamique
00:13:48des soins palliatifs
00:13:49en substituant
00:13:50à l'effort nécessaire
00:13:51pour soulager
00:13:52la souffrance
00:13:52une réponse définitive.
00:13:56Celles et ceux
00:13:56qui s'abstiendront
00:13:57portent une autre inquiétude
00:13:58née de nos débats
00:14:01sur les soins palliatifs.
00:14:03Ils auraient voulu
00:14:04que l'on consacre
00:14:04d'abord un droit
00:14:05opposable à ces soins
00:14:06avant de généraliser celui-ci.
00:14:08que le socle garantissant
00:14:10un égal accès
00:14:12de tous
00:14:12aux soins palliatifs
00:14:13soit solide
00:14:14afin que nous puissions
00:14:16légiférer
00:14:17dans une plus grande tranquillité
00:14:18sur la création
00:14:20de ce nouveau droit
00:14:20sinon comment garantir
00:14:22que ce droit nouveau
00:14:23ne devienne pas
00:14:24insidieusement
00:14:24une forme d'automatisme
00:14:26dans un pays
00:14:27où des centaines
00:14:28de milliers de personnes
00:14:28pourtant éligibles
00:14:29n'accèdent toujours pas
00:14:31au soulagement
00:14:32de leur douleur.
00:14:33Pour eux
00:14:34choisir librement
00:14:36suppose d'abord
00:14:37d'avoir le choix.
00:14:39Enfin c'est les ceux
00:14:40dont je fais partie
00:14:41qui soutiennent ce texte
00:14:43qui voient avant tout
00:14:44une question
00:14:44d'humanité.
00:14:46Ceux qui sont opposés
00:14:48au texte
00:14:48parlent de respecter la vie
00:14:50nous aussi
00:14:52ainsi
00:14:53du respect de la mort
00:14:54car si la mort
00:14:55fait partie de la vie
00:14:56alors choisir sa mort
00:14:57c'est être maître
00:14:59de sa vie
00:14:59jusqu'au bout.
00:15:01Je demande à ceux
00:15:02qui sont opposés
00:15:03au texte
00:15:04de penser au témoignage
00:15:05que nous ont offert
00:15:06des personnalités
00:15:07hors du commun
00:15:08qui ont choisi
00:15:09de documenter
00:15:10leur fin de vie
00:15:11pour mieux demander
00:15:12leur accès
00:15:12à l'aide à mourir.
00:15:13Rémi Salva
00:15:14Chantal Sébir
00:15:15Anne-Bert
00:15:16Alain Coque
00:15:17et tant d'anonymes
00:15:19qui ont dû
00:15:20dans le secret
00:15:21mettre fin
00:15:21à leur jour
00:15:22demander de l'aide
00:15:23à des soignants
00:15:24courageux
00:15:25et qui autant
00:15:26par conviction
00:15:26que par humanité
00:15:28ont fait le choix
00:15:29d'accompagner
00:15:30ces malades.
00:15:31Je pense aussi
00:15:32aux familles
00:15:32qui ont dû garder
00:15:33le secret coupable
00:15:33sur les conditions
00:15:34de départ
00:15:35de leurs proches
00:15:35lorsqu'ils furent
00:15:36exaucés.
00:15:38Mes chers collègues,
00:15:40regardez ces malades
00:15:41en face
00:15:42et dites-leur
00:15:43qu'ils doivent souffrir
00:15:44jusqu'au bout
00:15:45même quand la médecine
00:15:46ne peut plus rien changer
00:15:48pour soulager
00:15:48leur douleur.
00:15:50Au fond,
00:15:51pour nous,
00:15:53soutenir ce texte
00:15:54revient à honorer
00:15:55notre devise
00:15:58liberté
00:15:58de disposer
00:15:59de son corps
00:16:00jusqu'au dernier instant,
00:16:02égalité
00:16:03car choisir
00:16:04les conditions
00:16:05de sa mort
00:16:06est déjà
00:16:06aujourd'hui
00:16:07un privilège.
00:16:09Fraternité
00:16:10enfin,
00:16:10car la fraternité
00:16:11que nos contradicteurs
00:16:13nous opposent,
00:16:14nous répondons
00:16:15qu'elle peut être
00:16:16aussi cela,
00:16:17ne pas détourner
00:16:18le regard
00:16:19de ceux
00:16:19pour lesquels
00:16:20même les soins
00:16:21palliatifs
00:16:21ne peuvent plus rien.
00:16:24Le texte
00:16:25qui nous est soumis
00:16:26aujourd'hui
00:16:26est largement encadré
00:16:28pour prévenir
00:16:29toute forme
00:16:30de dérive.
00:16:31Des conditions
00:16:31d'accès strictes,
00:16:32une demande réitérée
00:16:33plusieurs fois,
00:16:34examinée par un collège
00:16:36pluriprofessionnel,
00:16:36des voies de recours
00:16:37sécurisées,
00:16:38des médecins
00:16:38qui vérifient
00:16:39que la personne
00:16:39ne fait pas
00:16:40l'objet de pression
00:16:41et enfin,
00:16:43la possibilité
00:16:44de dire non
00:16:45jusqu'au dernier moment.
00:16:48Mes chers collègues,
00:16:49la manière
00:16:50dont une société
00:16:51accompagne
00:16:52des derniers instants
00:16:53dit peut-être
00:16:54plus que toute autre chose
00:16:56ce qu'elle croit
00:16:58devoir
00:16:58à la dignité
00:17:00humaine.
00:17:01Puisse
00:17:02notre Assemblée
00:17:03en ce moment
00:17:04s'en montrer digne.
00:17:06Je vous remercie.
00:17:07Merci beaucoup,
00:17:09Monsieur le député.
00:17:10La parole est à présent
00:17:12à Madame Karine Lebon
00:17:13pour le groupe
00:17:14Gauche-Démocrate
00:17:15et Républicaine.
00:17:17Merci.
00:17:30Madame la Présidente,
00:17:32Madame la Ministre,
00:17:33Monsieur le Président
00:17:34de la Commission,
00:17:34Mesdames et Messieurs
00:17:35les rapporteurs,
00:17:36chers collègues.
00:17:37L'esprit est une puissance
00:17:39perplexe.
00:17:40Lorsqu'il sait enfin
00:17:41à quoi il doit s'intéresser
00:17:42de préférence
00:17:43et vers quel but
00:17:44il doit diriger sa pointe,
00:17:45il est à demi soulagé.
00:17:47Le plus lourd
00:17:48des poids pour l'âme
00:17:49est de ne pas savoir
00:17:50ce qu'il faut faire.
00:17:51Cette phrase dit quelque chose
00:17:53du chemin
00:17:53que notre Assemblée
00:17:54a parcouru.
00:17:55Il y a un peu plus d'un an,
00:17:57en avril 2025,
00:17:58nous commencions
00:17:58l'examen de cette proposition
00:18:00de loi créant un droit
00:18:01à l'aide à mourir
00:18:02après un premier débat
00:18:03interrompu en 2024
00:18:04par la dissolution
00:18:05de l'Assemblée nationale.
00:18:07Depuis, nous avons avancé
00:18:09avec cette part de perplexité
00:18:11que suscitent
00:18:11les grands sujets humains.
00:18:13Nous avons écouté,
00:18:14douté,
00:18:15confronté nos convictions
00:18:16sans jamais perdre
00:18:18de vue l'essentiel,
00:18:19les personnes malades,
00:18:21leur souffrance,
00:18:22leur liberté,
00:18:23leur dignité.
00:18:25Aujourd'hui,
00:18:25au moment de ce nouveau vote,
00:18:27il nous revient de dire
00:18:28ce que nous estimons juste
00:18:29de faire avec gravité,
00:18:31avec humilité
00:18:32et avec responsabilité.
00:18:34Ce débat nous a obligés
00:18:35à interroger
00:18:36certaines de nos certitudes,
00:18:38celles selon lesquelles
00:18:39la médecine pourrait
00:18:40toujours tout soulager,
00:18:42celles selon lesquelles
00:18:43chacun trouverait toujours
00:18:44la force de poursuivre
00:18:46le combat jusqu'au bout,
00:18:47quelles que soient
00:18:48les souffrances
00:18:48infligées par la maladie.
00:18:50La réalité est parfois
00:18:51plus complexe,
00:18:53plus douloureuse aussi.
00:18:55Naturellement,
00:18:55ce texte suscite
00:18:56des inquiétudes.
00:18:57Elles se sont exprimées
00:18:58avec sincérité,
00:18:59y compris au sein
00:19:00de mon groupe.
00:19:01Certains redoutent
00:19:02qu'un tel droit
00:19:03puisse être perçu
00:19:04comme un renoncement
00:19:05collectif,
00:19:05comme un signal
00:19:06d'abandon adressé
00:19:07aux personnes
00:19:08les plus vulnérables
00:19:08ou comme une remise
00:19:10en cause du principe
00:19:10de solidarité
00:19:11qui fonde notre pacte social.
00:19:13Ces craintes méritent
00:19:15d'être prises au sérieux
00:19:16et d'être entendues.
00:19:17Elles nous ont conduit
00:19:18à renforcer le texte
00:19:19à chaque étape
00:19:20de son examen.
00:19:21Aujourd'hui,
00:19:23notre Assemblée
00:19:23a construit
00:19:24un dispositif
00:19:24qui demeure strictement
00:19:26limité
00:19:26à des situations
00:19:27exceptionnelles,
00:19:28avec des garanties solides
00:19:30pour protéger
00:19:30à la fois
00:19:31les personnes
00:19:32qui demanderont cette aide
00:19:33et les professionnels
00:19:34qui auront
00:19:35à les accompagner.
00:19:36Je veux rappeler
00:19:37à cet égard
00:19:38les conclusions
00:19:38rendues en 2022
00:19:39par le Conseil
00:19:40Consultatif National
00:19:41d'Éthique.
00:19:42Elles partaient
00:19:43d'un constat
00:19:44que beaucoup d'entre nous
00:19:45connaissent parfois
00:19:45dans leur propre histoire
00:19:47familiale.
00:19:47Il existe
00:19:48des souffrances
00:19:49auxquelles
00:19:50ni les traitements curatifs
00:19:51ni les soins palliatifs
00:19:53ne parviennent
00:19:54à répondre.
00:19:54C'est précisément
00:19:56pour ces personnes
00:19:57qui souffrent
00:19:57et uniquement pour elles
00:19:58que ce texte
00:19:59a été conçu.
00:20:00L'aide à mourir
00:20:01ne sera ouverte
00:20:02qu'aux personnes
00:20:02atteintes
00:20:03d'une affection grave
00:20:04et incurable
00:20:04dont le pronostic vital
00:20:05est engagé
00:20:06en phase avancée
00:20:06ou terminale
00:20:07de la maladie
00:20:08et confronté
00:20:08à des souffrances
00:20:09physiques réfractaires
00:20:10au traitement
00:20:11ou devenus insupportables.
00:20:13Il s'agit
00:20:14d'une réponse
00:20:14exceptionnelle
00:20:16à une demande
00:20:17exceptionnelle
00:20:18formulée librement
00:20:19et de manière éclairée
00:20:20par la seule personne
00:20:22malade
00:20:22après s'être assurée
00:20:23qu'elle ne subit
00:20:24aucune pression
00:20:25et que toutes
00:20:26les autres réponses
00:20:27ont été recherchées.
00:20:28Cette demande
00:20:29ne reposera pas
00:20:30sur l'appréciation
00:20:30d'un seul médecin.
00:20:32Elle sera examinée
00:20:33dans un cadre collégial
00:20:34et pluriprofessionnel.
00:20:36Si la personne
00:20:37le souhaite,
00:20:37sa personne de confiance,
00:20:38un proche aidant
00:20:39ou un proche
00:20:40pourra également
00:20:41être associé
00:20:41à la réflexion.
00:20:42Aucun soignant
00:20:43ne sera contraint
00:20:44de participer
00:20:45à cette démarche
00:20:46grâce à la clause
00:20:47de conscience
00:20:48prévue par le texte.
00:20:49Et jusqu'au dernier moment,
00:20:50la personne pourra
00:20:52revenir sur sa décision.
00:20:54Au fil de nos débats,
00:20:56nous avons également
00:20:57trouvé des compromis
00:20:58pour qu'une majorité
00:20:58puisse se rassembler.
00:20:59Je pense notamment
00:21:00au choix de faire
00:21:01de l'auto-administration
00:21:02le principe.
00:21:03L'administration
00:21:04par un médecin
00:21:04ou un infirmier volontaire
00:21:06n'étant possible
00:21:06qu'en cas d'incapacité physique
00:21:08de la personne malade.
00:21:09Je pense également
00:21:10à la décision
00:21:11de ne pas rendre opposable
00:21:12en matière d'aide à mourir
00:21:13les directives anticipées
00:21:15ou l'avis de la personne
00:21:16de confiance.
00:21:17Ces choix témoignent
00:21:18de notre volonté constante
00:21:19de préserver l'autonomie
00:21:21de la personne
00:21:21tout en respectant profondément
00:21:23l'engagement des soignants.
00:21:25Alors certes,
00:21:26chacun d'entre nous
00:21:26aurait pu souhaiter
00:21:27un équilibre différent.
00:21:29Avec plusieurs collègues,
00:21:31j'avais défendu
00:21:32la possibilité
00:21:33de laisser aux patients
00:21:34le choix
00:21:35entre l'auto-administration
00:21:36et l'administration
00:21:38par un soignant volontaire.
00:21:39D'autres souhaitaient
00:21:40donner une portée différente
00:21:42aux directives anticipées
00:21:43ou encore faire
00:21:44de l'accès effectif
00:21:45aux soins palliatifs
00:21:46une condition
00:21:47à l'accès à l'aide à mourir.
00:21:48Mais l'équilibre
00:21:49auquel nous sommes parvenus
00:21:51est le fruit
00:21:51d'un débat démocratique
00:21:52approfondi,
00:21:53nourri et respectueux.
00:21:55Nous l'avons largement rappelé
00:21:57au cours de nos débats.
00:21:58Soins palliatifs
00:22:00et aide à mourir
00:22:00répondent à des situations
00:22:01différentes
00:22:02et doivent continuer
00:22:03à progresser ensemble.
00:22:04L'un ne peut jamais
00:22:05servir de prétexte
00:22:07pour renoncer à l'autre.
00:22:09Au terme de ces longs mois
00:22:10de débat,
00:22:11je crois que nous pouvons
00:22:12nous prononcer
00:22:12avec lucidité
00:22:13et responsabilité.
00:22:14Au sein de mon groupe
00:22:16parlementaire,
00:22:16le texte est appréhendé
00:22:17de manière différente
00:22:18par chacun d'entre nous.
00:22:20Il n'en demeure pas moins
00:22:21que chaque positionnement
00:22:22reste légitime.
00:22:24Certains votront contre,
00:22:26d'autres s'abstiendront
00:22:27et pour ma part,
00:22:28avec plusieurs députés
00:22:29du groupe GDR,
00:22:30je voterai en faveur
00:22:31de cette proposition de loi
00:22:32parce que je considère
00:22:33qu'elle ouvre un droit
00:22:35strictement encadré,
00:22:36profondément humain
00:22:37et surtout parce qu'elle
00:22:38confirme que la dignité
00:22:39et la liberté
00:22:39et la volonté des personnes
00:22:41doivent rester au cœur
00:22:43de la politique,
00:22:44y compris dans les moments
00:22:44les plus fragiles
00:22:45de l'existence.
00:22:46Je vous remercie.
00:22:47Merci beaucoup,
00:22:48Madame la députée.
00:22:51La parole est à présent
00:22:52à Madame Anane Montsouris
00:22:54pour le groupe UDR.
00:23:06Merci, Madame la Présidente,
00:23:08Madame la Ministre,
00:23:08mes chers collègues.
00:23:09« Aujourd'hui,
00:23:11maman est morte
00:23:11ou peut-être hier,
00:23:12je ne sais pas »,
00:23:13disait Meursault,
00:23:14le personnage fictif
00:23:15d'Albert Camus,
00:23:16aussi détaché qu'impassible
00:23:17face au décès
00:23:18de sa propre mère.
00:23:19Ce texte propose
00:23:20à la société française
00:23:21tout entière
00:23:22de devenir un Meursault,
00:23:24un personnage morose
00:23:25et indifférent
00:23:26face au décès provoqué
00:23:27et prématuré
00:23:28de ses compatriotes
00:23:29et particulièrement
00:23:30des plus vulnérables.
00:23:32Lorsque l'on regarde
00:23:32les préoccupations
00:23:33des Français,
00:23:34on y retrouve la santé,
00:23:35les déserts médicaux,
00:23:36les difficultés
00:23:37pour avoir des rendez-vous
00:23:38avec des spécialistes.
00:23:39Nulle part l'euthanasie.
00:23:41Les promoteurs
00:23:42de ce texte
00:23:42nous diront
00:23:43que la large majorité
00:23:44des Français
00:23:44est favorable
00:23:45à l'euthanasie.
00:23:47Vous voyez
00:23:47comment la question
00:23:48est posée dans le sondage.
00:23:50Si vous étiez atteint
00:23:51d'une maladie incurable
00:23:52et en proie
00:23:53à d'extrêmes souffrances,
00:23:54souhaiteriez-vous
00:23:55que l'on vous aide
00:23:56à mourir ?
00:23:5780% des Français
00:23:58répondent oui.
00:23:59J'aurais répondu
00:24:00oui aussi.
00:24:02Qui ici
00:24:02peut prétendre
00:24:03être suffisamment solide
00:24:04pour s'infliger
00:24:05d'extrême souffrance ?
00:24:07Personne.
00:24:07Et tout le monde
00:24:08souhaite être aidé
00:24:10à mourir,
00:24:10particulièrement
00:24:11dans ce cadre-là.
00:24:12Tous les jours,
00:24:13en France,
00:24:14des milliers de médecins
00:24:15et soignants
00:24:16aident à mourir
00:24:17des patients
00:24:18en les soulageant,
00:24:19en les accompagnant,
00:24:20en les soignant
00:24:21quand cela est encore possible.
00:24:23Et oui,
00:24:23mes chers collègues,
00:24:24l'intitulé
00:24:25de cette proposition
00:24:25de loi est faux.
00:24:27Il ne crée pas
00:24:28une aide à mourir,
00:24:29il crée
00:24:30la possibilité
00:24:31de provoquer la mort
00:24:31comme soi-disant
00:24:32réponse à la souffrance.
00:24:34Pourquoi tant d'efforts
00:24:35pour éviter les maux
00:24:36d'euthanasie
00:24:37et de suicide assisté ?
00:24:39Parce que chacun sait
00:24:40que les maux
00:24:40ont un sens.
00:24:42Changer les maux
00:24:42permet parfois
00:24:44de changer plus facilement
00:24:45les consciences.
00:24:47Dans quelques minutes,
00:24:48nous ne voterons pas
00:24:49une nouvelle liberté individuelle.
00:24:51Nous déciderons
00:24:52si, oui ou non,
00:24:53la République française
00:24:54grave dans le marbre
00:24:56sa volonté
00:24:56de faire rentrer
00:24:57la mort
00:24:57dans le rang des soins.
00:24:59Comment expliquer
00:25:00aux Français
00:25:00qui vivent
00:25:01dans des déserts médicaux
00:25:02qu'ils auront
00:25:03automatiquement accès
00:25:04près de chez eux
00:25:05à l'euthanasie
00:25:06mais pas toujours
00:25:06à un centre
00:25:07de soins palliatifs ?
00:25:08Je pense aux soignants,
00:25:10aux médecins,
00:25:11aux infirmiers,
00:25:12aux aides-soignants
00:25:12et à tous ceux
00:25:13qui ont choisi
00:25:14cette profession
00:25:15pour soulager,
00:25:16accompagner
00:25:17et consoler.
00:25:18A ces pharmaciens
00:25:19dont même la clause
00:25:20de conscience
00:25:20leur a été retirée.
00:25:21Aux établissements
00:25:22de santé privés,
00:25:24religieux parfois,
00:25:25qui représentent
00:25:25un nombre considérable
00:25:27de lits
00:25:27et qui vont être
00:25:28contraints
00:25:28de fermer leurs portes
00:25:30car la liberté
00:25:30à eux,
00:25:31on ne leur a pas donné.
00:25:32Car oui,
00:25:33l'absence de clauses
00:25:34de conscience
00:25:35pour les établissements
00:25:36de soins
00:25:36prend en otage
00:25:37tous les établissements
00:25:38qui devront obligatoirement
00:25:40prévoir un espace
00:25:41pour accueillir
00:25:42cette pratique.
00:25:43Je regrette profondément
00:25:44que certains
00:25:45des principaux promoteurs
00:25:46de ce texte
00:25:47n'aient pas jugé utile
00:25:48de rencontrer
00:25:49la société française
00:25:50d'accompagnement
00:25:50et de soins palliatifs
00:25:52qui rassemble pourtant
00:25:53les professionnels
00:25:54confrontés chaque jour
00:25:55à des situations humaines
00:25:57d'une extrême complexité.
00:25:58Quand en revanche,
00:26:00ils ont jugé utile
00:26:01de rencontrer
00:26:01les responsables
00:26:02de la loge
00:26:02franc-maçonnique
00:26:03du Grand Orient
00:26:04de France,
00:26:05chacun appréciera
00:26:06les priorités
00:26:06qui ont été faites.
00:26:07Pour ma part,
00:26:08j'aurais préféré
00:26:09que la parole
00:26:09de ceux
00:26:10qui accompagnent
00:26:10la vie jusqu'à son terme
00:26:11soit davantage entendue.
00:26:13Chers collègues
00:26:14qui hésitent encore,
00:26:15je veux vous parler
00:26:16des soi-disant critères
00:26:17de ce texte
00:26:18et parmi eux,
00:26:19être majeurs.
00:26:20D'accord,
00:26:21mais qui nous garantit
00:26:22dans quelques années
00:26:23quand cette pratique
00:26:24sera normalisée
00:26:25qu'elle ne sera pas
00:26:26ouverte aux plus jeunes ?
00:26:27Car si la provocation
00:26:29de la mort
00:26:29est la seule solution
00:26:30face à la souffrance,
00:26:31pourquoi un enfant
00:26:33souffrant d'un cancer
00:26:34n'aurait-il pas
00:26:34lui aussi droit
00:26:35à cette euthanasie ?
00:26:37Ne parlons pas du délai.
00:26:3848 heures
00:26:39pour mettre fin
00:26:40à un séjour.
00:26:4048 heures
00:26:41pour mettre fin
00:26:42à un séjour
00:26:42en tête à tête
00:26:43avec un médecin.
00:26:44Un seul
00:26:44ayant récolté la vie
00:26:45de deux soignants
00:26:46n'ayant jamais vu le patient.
00:26:4848 heures
00:26:49pour confirmer la mort,
00:26:5015 jours maximum
00:26:51entre la demande
00:26:52et l'effectivité
00:26:53de l'acte.
00:26:5315 jours
00:26:54c'est le délai légal
00:26:55de rétractation
00:26:56pour envoyer un colis
00:26:57commandé sur internet.
00:26:59Notre système de santé
00:27:01manque déjà de moyens
00:27:03et nous savons tous
00:27:04qu'une semaine
00:27:05en soins palliatifs
00:27:06représente en moyenne
00:27:075 000 euros
00:27:07pour la collectivité.
00:27:09A l'inverse,
00:27:09une injection létale
00:27:11coûtera
00:27:11quelques centaines d'euros.
00:27:14Comment enfin voter
00:27:15un texte
00:27:15de ségrégation
00:27:17entre les bien portants
00:27:18et les éligibles ?
00:27:19Un million d'éligibles
00:27:20en France
00:27:21si le texte est voté
00:27:22aujourd'hui.
00:27:22Un million de Français
00:27:23qui se verront
00:27:24systématiquement proposer
00:27:26l'euthanasie
00:27:26comme option
00:27:27si elles ont le malheur
00:27:28de dire devant un soignant
00:27:29qu'elles souffrent.
00:27:30Mes chers collègues,
00:27:31ce texte inverse
00:27:32progressivement
00:27:33notre échelle de valeur.
00:27:34Pendant des siècles,
00:27:35notre civilisation
00:27:36s'est construite
00:27:36autour d'un principe simple.
00:27:38Lorsque quelqu'un souffre,
00:27:40on le soigne.
00:27:41Lorsqu'il est fragile,
00:27:42on le protège.
00:27:43Lorsqu'il essaye,
00:27:44lorsqu'il est seul,
00:27:45on l'entoure.
00:27:46La voie de la raison
00:27:48est toujours possible.
00:27:48comme nous le prouve l'Écosse
00:27:50qui avait la majorité
00:27:51pour cette loi
00:27:52en première lecture
00:27:52et qui s'est ravisée
00:27:53de manière transpartisane
00:27:55car elle a compris
00:27:55ce qu'elle s'apprêtait à faire.
00:27:58La volonté de départ
00:27:59est pour beaucoup
00:28:00d'entre vous
00:28:01bonne et sincère
00:28:01mais l'aide
00:28:02et la fraternité
00:28:03ont des leurs
00:28:04parfois très puissants.
00:28:05Alors,
00:28:05chers collègues,
00:28:06ne vous y méprenez pas.
00:28:07Cette loi aura
00:28:08des conséquences énormes
00:28:09sur les éligibles
00:28:10et le message
00:28:12qu'on enverra
00:28:12à la société.
00:28:14Une fraternité
00:28:15qui accompagne
00:28:15et qui soigne,
00:28:16pas une fraternité
00:28:17qui donne la mort.
00:28:18Nous voulons hériter
00:28:19d'un pays plus humain,
00:28:20d'un système de santé
00:28:21plus fort
00:28:22parce que la souffrance
00:28:23se soigne,
00:28:24parce que la solitude
00:28:25se combat
00:28:26et parce que,
00:28:26jusqu'à son dernier souffle,
00:28:28chaque vie mérite
00:28:29d'être protégée
00:28:30parce qu'elle est toujours digne.
00:28:31C'est pour ça
00:28:32que mon groupe UDR
00:28:33votera à l'unanimité
00:28:34contre ce texte.
00:28:37Merci beaucoup,
00:28:39madame la députée.
00:28:40La parole est à présent
00:28:42à monsieur Christophe Benz
00:28:43pour le Rassemblement national.
00:28:58Madame la Présidente,
00:28:59madame la ministre,
00:29:01monsieur le rapporteur général
00:29:01et chers collègues,
00:29:03seulement cinq minutes
00:29:04pour vous convaincre
00:29:05de ne pas voter
00:29:06ce texte
00:29:07de l'irréversible.
00:29:08Cinq minutes seulement.
00:29:10Cette proposition de loi
00:29:11questionne fondamentalement
00:29:12notre rapport à la vie
00:29:13et la capacité de notre pays
00:29:15à prendre en charge
00:29:16la douleur
00:29:16et les souffrances naturelles
00:29:18au cours de la vie.
00:29:19C'est une loi
00:29:19qui acte l'échec
00:29:21des politiques
00:29:21d'accès aux soins.
00:29:23Alors pourquoi ?
00:29:25Pourquoi maintenant ?
00:29:26Pourquoi abandonner les patients ?
00:29:27Pourquoi démissionner du soin ?
00:29:29Pourquoi renoncer à la vie ?
00:29:30Pourquoi dévier du chemin
00:29:31de l'espoir
00:29:32de cette vie tant chérie ?
00:29:34Pourquoi ne pas faire confiance
00:29:35aux soins palliatifs ?
00:29:36Un progrès magnifique
00:29:38qui fait notre fierté
00:29:39sur le plan social,
00:29:41sur le plan médical
00:29:42et humain.
00:29:43Je veux ici
00:29:44rendre un immense hommage
00:29:46à nos soignants,
00:29:47à tous nos soignants
00:29:48qui se battent chaque jour
00:29:49pour apaiser la vie
00:29:51et la faim de la vie.
00:29:52Du fond du cœur,
00:29:54je veux leur dire merci,
00:29:55merci et encore merci.
00:29:58Je ne provoquerai jamais
00:30:00la mort délibérément.
00:30:01C'est le serment d'Hippocrate.
00:30:03Il engage le corps médical.
00:30:05C'est le fruit
00:30:05de notre civilisation humaine.
00:30:07Alors comment peut-on
00:30:09demander aux soignants
00:30:10de donner la mort
00:30:11et de renoncer à soigner ?
00:30:12Comment peut-on renverser
00:30:14cet équilibre profond
00:30:15sans l'assentiment
00:30:16des Français ?
00:30:17Pourquoi ne pas consulter
00:30:18les Français
00:30:18par référendum ?
00:30:20Faire confiance
00:30:21à l'intelligence collective ?
00:30:22Un sujet de société
00:30:23aussi grave
00:30:24doit être tranché
00:30:25en vérité
00:30:26par la société elle-même
00:30:28car c'est une responsabilité
00:30:29trop lourde.
00:30:31Votre proposition de loi
00:30:32autorisant le suicide
00:30:33assisté
00:30:34ou déléguer
00:30:35à un soignant
00:30:35elle ne bénéficie
00:30:37d'aucun consensus.
00:30:38Pas de consensus parlementaire.
00:30:40Le Sénat est contre.
00:30:42Au fil de l'examen
00:30:42de moins en moins
00:30:43de députés
00:30:44y sont favorables.
00:30:45Les Français
00:30:45ne peuvent s'y résigner.
00:30:47Or le Parlement légifère
00:30:48au nom du peuple français.
00:30:50Votre loi
00:30:51est un abandon
00:30:52une rupture
00:30:53une injustice
00:30:54un abandon
00:30:55des patients
00:30:55qui se battent
00:30:56contre la douleur
00:30:56une rupture du soin
00:30:58donc une rupture sociale
00:30:59une injustice
00:31:00pour les Français
00:31:00qui demandent
00:31:01des soins palliatifs
00:31:02notamment.
00:31:03Ils demandent
00:31:04à être aidés
00:31:05accompagnés
00:31:06soignés
00:31:07soulagés
00:31:08secourus
00:31:09et non de payer
00:31:10du prix de leur vie
00:31:11donc de leur mort
00:31:12les graves défaillances
00:31:14d'accès aux soins.
00:31:15Votre loi
00:31:16remet en cause
00:31:18des siècles
00:31:18de prévention
00:31:19du suicide
00:31:19puisqu'elle veut
00:31:20légaliser
00:31:21le suicide
00:31:22sous une autre forme.
00:31:24Votre définition
00:31:25de l'aide à mourir
00:31:26est un mensonge
00:31:27aux Français.
00:31:28Vos critères
00:31:29d'accès à la mort
00:31:29aujourd'hui
00:31:30ne seront plus
00:31:31ceux de demain.
00:31:32Vos garde-fous
00:31:33sont provisoires
00:31:34ponctuels
00:31:35et donc fictifs.
00:31:36Le cadre du consentement
00:31:37de la personne
00:31:38est absent
00:31:38le contrôle
00:31:39se fait à postériori
00:31:40c'est-à-dire
00:31:41après la mort
00:31:42trop tard.
00:31:44Mes chers collègues
00:31:45on ne connaît pas
00:31:47le moment
00:31:47de la survenance
00:31:48de sa propre mort
00:31:50ce qui la rend
00:31:52supportable
00:31:52et pour nous
00:31:54et pour ceux
00:31:55qui restent ici
00:31:56encore un peu.
00:31:57Nous sommes tous
00:31:59des enfants
00:31:59de nos parents
00:32:00alors comment
00:32:02réagirez-vous
00:32:02demain
00:32:03si votre enfant
00:32:04vous demande
00:32:05de mourir
00:32:05car il a trop mal
00:32:07parce qu'il a
00:32:08trop mal
00:32:10ne pars pas
00:32:11mon enfant
00:32:11je t'aime
00:32:12on peut soulager
00:32:14ta douleur
00:32:14on sait faire
00:32:15il y a des médecins
00:32:17disponibles
00:32:18il y a des soins palliatifs
00:32:19je t'en supplie
00:32:21ne me dis pas
00:32:22adieu
00:32:23maintenant
00:32:23pas maintenant
00:32:25pas comme ça
00:32:27et nous repenserons
00:32:28au vote déterminant
00:32:29de ce jour
00:32:30avec toutes ses conséquences
00:32:32intrinsèques
00:32:33demain
00:32:34ce pourrait être le cas
00:32:35après demain
00:32:35les critères d'accès
00:32:36à la mort
00:32:37s'élargiront
00:32:37c'est la logique
00:32:39du pied
00:32:39dans la porte
00:32:40nous ne pourrons pas dire
00:32:42que nous ne savions pas
00:32:44aux députés
00:32:45hésitants
00:32:45indécis
00:32:46sceptiques
00:32:47je dis
00:32:48prudence
00:32:50c'est le moment
00:32:51précis
00:32:52d'appliquer
00:32:53le principe
00:32:54de précaution
00:32:56prenez le temps
00:32:57d'être certains
00:32:58mes chers collègues
00:33:01mes chers collègues
00:33:02imaginez un seul instant
00:33:04un pays
00:33:04qui enverrait
00:33:04un message d'espoir
00:33:05au monde entier
00:33:06imaginez une nation
00:33:07qui réaffirmerait
00:33:08le bien fondé
00:33:09prioritaire
00:33:09du soin à la personne
00:33:11la centralité
00:33:12de la vie humaine
00:33:12et ce
00:33:13jusqu'à sa fin naturelle
00:33:14imaginez un pays
00:33:15qui mettrait tout en oeuvre
00:33:16pour investir
00:33:17dans les moyens
00:33:18la recherche
00:33:18la médecine
00:33:19pour ce que l'humanité
00:33:20sait faire de mieux
00:33:22écouter
00:33:23comprendre
00:33:23soulager
00:33:24imaginez une grande
00:33:26nation millénaire
00:33:26qui donne tout
00:33:27pour protéger
00:33:28le plus essentiel
00:33:29de notre vie
00:33:30si fragile
00:33:30sa dignité
00:33:31si précieuse
00:33:32imaginez un pays
00:33:33qui dise
00:33:34non à la mort provoquée
00:33:35et oui à la vie
00:33:36soignée
00:33:37non à la douleur subie
00:33:38et oui à la société
00:33:39qui sauve
00:33:40imaginez une nation
00:33:41qui dise simplement
00:33:42oui nous allons
00:33:43réussir à apaiser
00:33:44vos souffrances
00:33:45et à préserver
00:33:46votre existence
00:33:47imaginez un pays
00:33:49qui protège
00:33:50avec humilité
00:33:51toutes les vies
00:33:52les plus vulnérables
00:33:53les plus fragiles
00:33:55avec toute
00:33:56l'attention
00:33:57qu'elle mérite
00:33:57alors mes chers collègues
00:33:59imaginez un seul instant
00:34:00que ce pays
00:34:01ce soit la France
00:34:02je vous remercie
00:34:03merci beaucoup
00:34:05monsieur le député
00:34:14la parole est à présent
00:34:16à madame Nicole Dubré-Chira
00:34:17pour le groupe
00:34:18Ensemble pour la République
00:34:24Madame la Présidente
00:34:26Madame la Ministre
00:34:27Monsieur le Président
00:34:28de la Commission
00:34:29des Affaires Sociales
00:34:30Monsieur le Rapporteur
00:34:31Mesdames et Messieurs
00:34:32les Co-rapporteurs
00:34:33chers collègues
00:34:34l'Assemblée Nationale
00:34:35vient d'achever l'examen
00:34:36en nouvelle lecture
00:34:37de la proposition
00:34:38loi relative
00:34:38au droit à l'aide à mourir
00:34:40nous arrivons au terme
00:34:41de discussion
00:34:42depuis près de six ans
00:34:44d'échange
00:34:44je voudrais d'abord
00:34:46remercier le rapporteur général
00:34:47et les quatre co-rapporteurs
00:34:49dont les avis éclairés
00:34:50ont été précieux
00:34:51pour nos débats
00:34:52je remercie également
00:34:53le premier artisan
00:34:55de ce texte
00:34:55Olivier Falorni
00:34:56présent aujourd'hui
00:34:58au balcon
00:34:58après la promulgation
00:35:00de la loi visant
00:35:01à garantir
00:35:02l'égal accès
00:35:02de tous
00:35:03à l'accompagnement
00:35:04aux soins palliatifs
00:35:04et sa déclinaison décennale
00:35:06nous devons
00:35:07pour la troisième fois
00:35:08statuer
00:35:09sur une modification majeure
00:35:11de notre cadre législatif
00:35:12en matière de fin de vie
00:35:13sur cette proposition
00:35:15relative à l'aide à mourir
00:35:16en première et en seconde lecture
00:35:18notre assemblée
00:35:19s'est déjà exprimée clairement
00:35:20par deux votes
00:35:21les 27 mai 2025
00:35:23et 25 février 2026
00:35:25l'aide à mourir
00:35:26est avant tout
00:35:27un nouveau droit
00:35:28et une liberté
00:35:29il n'enlève rien à personne
00:35:31il offre une possibilité
00:35:32et une réponse
00:35:33à la demande du patient
00:35:35dont l'éventuelle mise en oeuvre
00:35:36est guidée par son choix
00:35:38elle repose
00:35:39sur une définition claire
00:35:40un cadre juridique précis
00:35:42des conditions rigoureuses
00:35:43et cumulatives
00:35:44prévues par l'article 4
00:35:46ainsi qu'une procédure
00:35:47très encadrée
00:35:48par les articles
00:35:495 à 13
00:35:51qui constituent
00:35:51le coeur du texte
00:35:52ces critères sont
00:35:53semblables et communs
00:35:55à ceux en vigueur
00:35:56dans de nombreux pays
00:35:57qui pratiquent
00:35:57l'aide à mourir
00:35:58les facteurs d'éligibilité
00:36:00sont précis
00:36:01et listés
00:36:01ils entraînent
00:36:02de facto
00:36:03la non-éligibilité
00:36:04des personnes
00:36:05atteintes
00:36:06du maladie psychiatrique
00:36:07les personnes âgées
00:36:08les personnes en situation
00:36:10de handicap
00:36:10et les mineurs
00:36:11et ça je veux
00:36:12le marteler
00:36:13s'agissant
00:36:14de l'évolution
00:36:15du texte
00:36:16en séance publique
00:36:17des modifications
00:36:17notables
00:36:18sont à souligner
00:36:19tout d'abord
00:36:20la faculté
00:36:20de choisir
00:36:21entre une auto-administration
00:36:22et une administration
00:36:23de la substance létale
00:36:24par un professionnel
00:36:25de santé
00:36:26qui avait été supprimé
00:36:27à l'article 6
00:36:28je le regrette sincèrement
00:36:30car j'estime
00:36:30que le respect
00:36:31de la volonté
00:36:32du malade
00:36:32et la sécurité
00:36:33des soignants
00:36:34aurait dû orienter
00:36:35le législateur
00:36:36à cet instant
00:36:37à l'article 7
00:36:38les lieux d'administration
00:36:39de la substance létale
00:36:40ont été précisés
00:36:41il s'agit du domicile
00:36:43de la résidence
00:36:43de la personne
00:36:44ou d'un proche
00:36:45d'un établissement
00:36:46de santé
00:36:46d'un établissement
00:36:47ou service social
00:36:48ou médico-social
00:36:49ou toute autre structure
00:36:51ou exerce des professionnels
00:36:52de santé
00:36:52cette rédaction
00:36:53établit une liste
00:36:54des lieux
00:36:55qui semble un peu
00:36:56trop large
00:36:56s'addisant
00:36:57de la notion
00:36:57de résidence
00:36:58de la personne
00:36:59car elle ouvre
00:37:00de multiples possibilités
00:37:01d'autre part
00:37:02les délits d'entrave
00:37:03et d'incitation
00:37:04à recourir
00:37:05à l'aide à mourir
00:37:05qui avait été supprimé
00:37:06n'ont pas été rétablis
00:37:08il était essentiel
00:37:09de dépénaliser
00:37:10l'utilisation
00:37:11d'un droit
00:37:12mis en oeuvre
00:37:12dans un moment
00:37:13particulièrement intime
00:37:14et difficile
00:37:15il est également
00:37:16important de rappeler
00:37:17que le droit pénal
00:37:17en vigueur
00:37:18permet déjà
00:37:19de réprimer
00:37:19et sanctionner
00:37:20les comportements
00:37:21d'opposants
00:37:21enfin en seconde
00:37:23délibération
00:37:23nous avons corrigé
00:37:24la restriction
00:37:25de l'administration
00:37:26ou de la substance
00:37:27létale
00:37:27aux seuls infirmiers
00:37:29qui en plus d'être
00:37:30malvenus
00:37:31avaient suscité
00:37:31une forte inquiétude
00:37:33de la profession
00:37:33il est en effet
00:37:34essentiel
00:37:35de garantir
00:37:36la participation
00:37:37des médecins
00:37:37à ce moment clé
00:37:39de la procédure
00:37:39et de permettre
00:37:40la complémentarité
00:37:42dans l'exercice
00:37:43du binôme
00:37:43médecin infirmier
00:37:45je veux d'ailleurs
00:37:45insister sur un point
00:37:47très important
00:37:47le respect des convictions
00:37:49des soignants
00:37:50de participer ou non
00:37:51à la procédure
00:37:52est absolu
00:37:53puisque le texte
00:37:54leur accorde
00:37:55la protection
00:37:55par la clause
00:37:56de conscience
00:37:56je fais confiance
00:37:58à leur sens
00:37:58des responsabilités
00:38:00dans l'accompagnement
00:38:01de la fin de vie
00:38:01des patients
00:38:02et je les en remercie
00:38:04après autant d'attentes
00:38:05l'Assemblée nationale
00:38:06doit se prononcer
00:38:07nous nous devons
00:38:08de répondre
00:38:08à la demande
00:38:09exprimée par les malades
00:38:10et des associations
00:38:11qui les représentent
00:38:12nos débats
00:38:13ont toujours été
00:38:14respectueux
00:38:14parfois tendus
00:38:16mais ils ont prouvé
00:38:17que l'Assemblée
00:38:18était capable
00:38:18d'adopter un texte
00:38:19équilibré
00:38:20avec une majorité
00:38:21indiscutable
00:38:22enfin à ceux
00:38:23et celles
00:38:23qui indiquent
00:38:24qu'il ne s'agirait
00:38:24pas d'une priorité
00:38:25pour les français
00:38:26je veux leur dire
00:38:27que de nombreux travaux
00:38:28ont été engagés
00:38:29depuis des années
00:38:30et ceux-ci
00:38:31doivent désormais
00:38:31trouver
00:38:32leur traduction
00:38:33législative
00:38:33le 15 juillet
00:38:35nous aurons la possibilité
00:38:36de faire un choix définitif
00:38:37ce sera une date
00:38:39importante
00:38:39et marquante
00:38:40pour l'histoire
00:38:41de notre pays
00:38:42et pour son évolution
00:38:43sociétale
00:38:44ce texte est conforme
00:38:46aux valeurs
00:38:46de la République
00:38:47liberté de choix
00:38:48égalité d'accès aux soins
00:38:50fraternité
00:38:51pour l'accompagnement
00:38:52en fin de vie
00:38:52et humanité
00:38:53notre droit
00:38:54doit pouvoir permettre
00:38:55à chacun
00:38:56et à chacune
00:38:57une fin de vie
00:38:58libre et choisie
00:38:59dans des conditions
00:39:00les plus dignes
00:39:01lorsque la maladie
00:39:02ou la douleur
00:39:03n'est plus supportable
00:39:04et qu'aucun traitement
00:39:05n'est efficace
00:39:06ce texte est avant tout
00:39:07un texte de respect
00:39:08et de dignité
00:39:10pour les malades
00:39:10et de respect
00:39:11des professionnels
00:39:12je vous invite
00:39:13à en tenir compte
00:39:14si j'appelle
00:39:15à titre personnel
00:39:16à voter ce texte
00:39:17avec conviction
00:39:18et une grande émotion
00:39:20notre groupe
00:39:21laissera
00:39:21liberté de vote
00:39:22au groupe
00:39:23je vous remercie
00:39:23merci beaucoup
00:39:25madame la députée
00:39:28la parole est à présent
00:39:29à monsieur
00:39:30adrien clouet
00:39:30pour la france
00:39:31insoumise
00:39:45madame la présidente
00:39:46collègues
00:39:47ministres
00:39:49ce n'est rien
00:39:50de mourir
00:39:51mais c'est affreux
00:39:52de ne pas vivre
00:39:53écrivait
00:39:54Victor Hugo
00:39:55et ne pas vivre
00:39:57c'est ce dont témoignent
00:39:58des centaines de gens
00:39:59dans ce pays
00:40:01qui subissent
00:40:02des douleurs continues
00:40:03persistantes
00:40:04et sans espoir
00:40:05qui demandent
00:40:06simplement
00:40:07à partir en paix
00:40:10aujourd'hui
00:40:11que peuvent-ils
00:40:12que peuvent-elles faire
00:40:13les plus aisés
00:40:14sont accompagnés
00:40:15à l'étranger
00:40:16dans des cliniques privées
00:40:18ou dans un régime général
00:40:19de sécurité sociale
00:40:21certains disposent
00:40:22du carnet d'adresse
00:40:23pour bénéficier
00:40:24à domicile
00:40:24d'une aide à mourir
00:40:25clandestine
00:40:26pour les autres
00:40:29point de charité
00:40:30point d'espérance
00:40:31ils devront endurer
00:40:32jusqu'au bout
00:40:33toutes les souffrances
00:40:35la fin de vie
00:40:37existe aujourd'hui
00:40:38elle est organisée
00:40:40elle est organisée
00:40:41de manière cachée
00:40:42certains croisent
00:40:43le chemin
00:40:44d'un médecin compatissant
00:40:45qui laisse le contrôle
00:40:45de la pompe à morphine
00:40:46jusqu'à la dose fatale
00:40:48d'autres
00:40:48ont une sédation
00:40:49profonde et continue
00:40:51à condition
00:40:51d'être déjà
00:40:52à l'article de la mort
00:40:53aucune
00:40:54de ces situations
00:40:56existantes
00:40:57aujourd'hui
00:40:57n'est acceptable
00:40:58c'est pourquoi
00:41:01nous avons besoin
00:41:02de cette loi
00:41:03qui garantira
00:41:04à toutes et tous
00:41:05le droit de disposer
00:41:07de soi
00:41:07jusqu'aux derniers instants
00:41:10c'est la raison
00:41:11pour laquelle mon groupe
00:41:12depuis le début
00:41:12le groupe de la France insoumise
00:41:13s'est engagé
00:41:14pour l'aboutissement
00:41:16du texte
00:41:17je salue d'ailleurs
00:41:18la co-rapporteure
00:41:19Enise Le Boucher
00:41:20qui est venue marquer
00:41:21le caractère large
00:41:23est transpartisan
00:41:24de la démarche
00:41:25de reconnaissance
00:41:25d'un droit nouveau
00:41:26que nous engageons
00:41:27aujourd'hui
00:41:30ce texte
00:41:31repose sur un cadre
00:41:32strict
00:41:33que je veux répéter
00:41:34ici
00:41:37ne bénéficieront
00:41:38d'une aide à mourir
00:41:38que les personnes
00:41:39qui en ont fait
00:41:40une demande libre
00:41:40et éclairée
00:41:41à condition d'avoir
00:41:42une affection grave
00:41:43et incurable
00:41:43dans le cadre
00:41:44d'une douleur
00:41:44qu'on ne s'est pas soulagée
00:41:46et avec l'approbation
00:41:47de soignantes
00:41:48et de soignants
00:41:48volontaires
00:41:49pour se prononcer
00:41:50ce cadre est-il bon ?
00:41:52Oui je le pense
00:41:52il faut donc voter le texte
00:41:55Ce même texte
00:41:56s'inscrit dans la continuité
00:41:58des quatre grandes lois
00:41:59qui sont aujourd'hui
00:42:00consensuelles
00:42:01dans cette assemblée
00:42:02la loi de 1999
00:42:03qui reconnaît le droit
00:42:04au soulagement de la douleur
00:42:05or ici
00:42:06nous parlons des situations
00:42:07où la douleur
00:42:07ne peut pas être soulagée
00:42:08donc cette loi
00:42:09doit être continuée
00:42:11la loi Kouchner de 2002
00:42:12qui reconnaît le droit
00:42:13à refuser un traitement
00:42:14or cette loi
00:42:15fin de vie
00:42:16vous accorde
00:42:17la liberté de partir
00:42:17si vous ne supportez pas
00:42:18le traitement
00:42:19qui est celui
00:42:20qui vous est proposé
00:42:21la loi Leonetti de 2005
00:42:23qui reconnaît la dignité
00:42:24du mourant
00:42:25ou de la mourante
00:42:26or cette loi
00:42:27fin de vie
00:42:27vous laisse juge
00:42:28du moment
00:42:28où votre dignité
00:42:30est mise en cause
00:42:30et puis finalement
00:42:32en continuité
00:42:33de la loi
00:42:34Kles Leonetti de 2016
00:42:36qui autorise
00:42:37à vous laisser mourir
00:42:38à quelques encablures
00:42:39du décès
00:42:39cette loi
00:42:40finalement
00:42:42élargit l'encablure
00:42:43de ce même décès
00:42:44par rapport à la volonté
00:42:45de l'individu
00:42:45qui est concerné
00:42:46et je note
00:42:48que beaucoup
00:42:48qui durant nos débats
00:42:50défendent aujourd'hui
00:42:51la loi Kles-Leonetti
00:42:52s'y sont fortement
00:42:53opposés à l'époque
00:42:56j'espère
00:42:56qu'il en sera de même
00:42:58avec le texte
00:42:59ici
00:42:59après son adoption
00:43:01il y a deux cohérences
00:43:03dans cet hémicycle
00:43:04celle et ceux
00:43:05les insoumis
00:43:06pas seulement
00:43:06qui ont défendu
00:43:08le droit opposable
00:43:08au sein palliatif
00:43:09et le droit
00:43:10à mourir dans la dignité
00:43:12en face
00:43:12une extrême droite
00:43:14qui s'est opposée
00:43:15aux deux
00:43:16oui
00:43:17il y a un parti
00:43:18que j'oserais appeler
00:43:19le parti de la vie
00:43:20celui qui pense
00:43:21que l'existence
00:43:21n'a de sens
00:43:22que dans la joie
00:43:22et le bonheur propre
00:43:23de l'individu
00:43:23tel qu'il le juge
00:43:25fondé
00:43:26et il y a un parti
00:43:27qui veut donner
00:43:29à la mort
00:43:29les clés
00:43:30des derniers instants
00:43:31de l'existence
00:43:31des derniers mois
00:43:32de la survie humaine
00:43:34et oui
00:43:35ce vote aujourd'hui
00:43:36s'il est transpartisan
00:43:38assumons de dire
00:43:39qu'il marque la défaite
00:43:40de toute une palanquée
00:43:42d'officines
00:43:43ultra réactionnaires
00:43:44les alliances vitales
00:43:46Opus Dei
00:43:46Fraternité Pidis
00:43:48Saint-Jean-Vievre Paris
00:43:49ces gens là
00:43:50seront défaits
00:43:51tranquillement
00:43:51paisiblement
00:43:52mais fermement
00:43:53par notre vote
00:43:57j'ai entendu tout à l'heure
00:43:58la collègue Mansouri
00:43:59nous dire
00:43:59qu'il fallait citer Camus
00:44:01très bien
00:44:01moi aussi je vais le citer
00:44:03il y a la mort pour tous
00:44:04mais chacun
00:44:05trouve la sienne
00:44:05citons Camus
00:44:06et citons les bons passages
00:44:07j'ai entendu le collègue Benz
00:44:09qui disait
00:44:09vous voulez légaliser le suicide
00:44:11c'est le cas
00:44:12depuis la révolution française
00:44:14c'est un des premiers actes
00:44:16de la grande révolution
00:44:16que de dire
00:44:17qu'on ne dégradera jamais
00:44:17le corps d'un individu
00:44:18en fonction de la manière
00:44:19que cet individu est décédé
00:44:21donc oui
00:44:21nous poursuivons
00:44:22la révolution française
00:44:23contre vous
00:44:24à ma droite
00:44:26collègue
00:44:29c'est une réalité anthropologique
00:44:32que celle
00:44:33du choix
00:44:34de mourir
00:44:35que celle
00:44:36de l'aide à mourir
00:44:36toute société
00:44:37l'a pratiqué
00:44:38d'une manière ou d'une autre
00:44:38la question est de savoir
00:44:39si ça reste clandestin
00:44:40ou si il donne un cadre légal
00:44:42à cette pratique
00:44:42dont on lui
00:44:43un cadre légal
00:44:44et ce vote aujourd'hui
00:44:45est l'aboutissement
00:44:46pour les militantes
00:44:47et militants
00:44:47de la France insoumise
00:44:48de décennies
00:44:50d'engagement politique
00:44:50la place de la Bastille
00:44:52en 2012
00:44:52Jean-Luc Mélenchon
00:44:53annonçait déjà
00:44:54que nous lutterions
00:44:55sans répit
00:44:56pour la reconnaissance
00:44:57du droit
00:44:58à choisir sa propre fin
00:44:59et à mourir dans la dignité
00:45:00nous réalisons
00:45:01cet engagement décennal
00:45:02aujourd'hui
00:45:03par notre vote
00:45:05Merci beaucoup
00:45:06Monsieur le député
00:45:07je vais faire annoncer
00:45:09le scrutin
00:45:10dans l'ensemble
00:45:10de l'Assemblée nationale
00:45:12et je donne la parole
00:45:14au prochain orateur
00:45:15Monsieur Stéphane Delautrette
00:45:16pour le groupe socialiste
00:45:28Madame la Présidente
00:45:30Madame la Ministre
00:45:32Monsieur le Président
00:45:33de la Commission
00:45:33des Affaires Sociales
00:45:34Monsieur le Rapporteur Général
00:45:36chers collègues
00:45:37deux ans de travail
00:45:39trois lectures
00:45:40dans notre Assemblée
00:45:41pour ne pas dire quatre
00:45:42deux semaines de débats
00:45:44encore en commission
00:45:45et en séance
00:45:46des milliers
00:45:47d'amendements
00:45:48soutenus
00:45:49et débattus
00:45:50nous arrivons au terme
00:45:51de la troisième lecture
00:45:53de cette proposition
00:45:54de loi
00:45:54relative au droit
00:45:56à une aide à mourir
00:45:57plus de deux semaines
00:45:59durant lesquelles
00:46:00les opposants au texte
00:46:01pour ne pas dire
00:46:02les détracteurs
00:46:03n'ont eu de cesse
00:46:04de remettre en question
00:46:05le bien fondé
00:46:06de cette proposition
00:46:07de loi
00:46:08par des arguments
00:46:09bien souvent fallacieux
00:46:10on en a eu
00:46:11de beaux exemples encore
00:46:13dans certaines
00:46:14des interventions
00:46:14qui m'ont précédé
00:46:15des arguments
00:46:17tout aussi incompréhensibles
00:46:19tant ils sont
00:46:20en déconnexion totale
00:46:22avec les attentes
00:46:23de nos concitoyens
00:46:25plus de deux semaines
00:46:26durant lesquelles
00:46:27l'humain
00:46:28a été trop souvent
00:46:30oublié
00:46:31dans ces débats
00:46:32car la question
00:46:33de la fin de vie
00:46:34ne saurait être réduite
00:46:36à un débat technique
00:46:37ou médical
00:46:38elle engage
00:46:39notre conception
00:46:40même de la liberté
00:46:41individuelle
00:46:42de la dignité humaine
00:46:44et du rôle
00:46:45de la loi
00:46:45dans la république
00:46:46laïque
00:46:47la loi
00:46:48qui ne peut être
00:46:49l'otage
00:46:50de certains lobbys
00:46:51religieux
00:46:52rétifs à toute évolution
00:46:54en matière
00:46:55de droit
00:46:55et de liberté
00:46:56pour l'individu
00:46:58n'en déplaise
00:46:59aux détracteurs
00:46:59de ce texte
00:47:00cette loi
00:47:01que nous nous apprêtons
00:47:03à voter
00:47:03est une loi
00:47:04profondément humaine
00:47:06une loi
00:47:07qui reconnaît
00:47:07la souffrance
00:47:08et qui entend
00:47:09que cette souffrance
00:47:10est parfois
00:47:12inapaisable
00:47:12une loi
00:47:13qui entend
00:47:14que l'on veuille
00:47:15partir en conscience
00:47:16selon son propre choix
00:47:18et qui n'impose
00:47:20à personne
00:47:20ni aux malades
00:47:22de demander
00:47:22le recours
00:47:23à l'aide à mourir
00:47:24ni aux soignants
00:47:25de faire
00:47:26ou de participer
00:47:28à sa mise en oeuvre
00:47:29une loi encadrée
00:47:31selon des critères stricts
00:47:32qui ne laissent place
00:47:34à aucune dérive
00:47:35possible
00:47:37cette loi
00:47:38est le fruit
00:47:39d'un compromis
00:47:40le fruit
00:47:41d'un travail
00:47:41parlementaire
00:47:42de longue haleine
00:47:43dans lequel
00:47:44toutes et tous
00:47:45ont été entendus
00:47:46dans lequel
00:47:47toute la place
00:47:49a été laissée
00:47:49au débat
00:47:50aboutissant
00:47:51aujourd'hui
00:47:52à un texte
00:47:53équilibré
00:47:54et transpartisan
00:47:55aussi
00:47:56certains y verront
00:47:57une ambition manquée
00:47:59d'autres
00:48:00accuseront
00:48:00un texte
00:48:01allant trop loin
00:48:02pour ma part
00:48:03en tant que
00:48:04co-rapporteur
00:48:05de cette proposition
00:48:06de loi
00:48:06je suis fier
00:48:08du travail
00:48:09accompli
00:48:10et qui aboutit
00:48:11à une loi
00:48:11qui consacre
00:48:12la liberté de choix
00:48:14comme d'autres
00:48:15grandes lois
00:48:16avant elle
00:48:16je tiens enfin
00:48:18à remercier
00:48:19toutes celles et ceux
00:48:20qui se sont battus
00:48:21pour que cette loi
00:48:21voit le jour
00:48:22associations
00:48:24collectifs
00:48:24parlementaires
00:48:26et élus
00:48:26de tous bords
00:48:27qui ont oeuvré
00:48:28pour porter ce combat
00:48:29je pense
00:48:30évidemment
00:48:31à Olivier
00:48:32Falorni
00:48:33présent
00:48:34en tribune
00:48:35que je salue
00:48:36qui a supporté
00:48:38et défendre
00:48:39ce texte
00:48:40avec honnêteté
00:48:42et pugnacité
00:48:43j'ai conscience
00:48:46j'ai conscience
00:48:48du chemin
00:48:48qu'il reste
00:48:49à parcourir
00:48:50jusqu'au 15 juillet
00:48:52prochain
00:48:53date à laquelle
00:48:54nous nous prononcerons
00:48:55définitivement
00:48:56sur ce texte
00:48:57nous resterons
00:48:58vigilants
00:48:59jusqu'au bout
00:49:00pour consacrer
00:49:01et enfin
00:49:01ce droit
00:49:02à l'aide
00:49:03à mourir
00:49:03ce droit
00:49:04à partir
00:49:06de manière
00:49:07libre
00:49:07et éclairée
00:49:08cette même liberté
00:49:10s'appliquera
00:49:11au vote
00:49:11des députés
00:49:12du groupe
00:49:13socialiste
00:49:14et apparenté
00:49:15qui votera
00:49:16quasi unanimement
00:49:17cette proposition
00:49:18de loi
00:49:19je vous remercie
00:49:20merci beaucoup
00:49:21monsieur le député
00:49:25la parole
00:49:26est à présent
00:49:27madame
00:49:27Justine Gruet
00:49:28pour le groupe
00:49:29droite républicaine
00:49:37madame la présidente
00:49:38madame la ministre
00:49:39mes chers collègues
00:49:41depuis le début
00:49:42de l'examen
00:49:43de ce texte
00:49:44nous avons fait
00:49:44notre travail
00:49:45de législateur
00:49:46nous n'avons pas
00:49:47cherché à empêcher
00:49:48le débat
00:49:48nous n'avons pas
00:49:50nié les situations
00:49:51difficiles
00:49:51que vivent
00:49:52certains de nos concitoyens
00:49:53nous avons simplement
00:49:55demandé une chose
00:49:56que la loi protège
00:49:58parce qu'une loi
00:50:00autorisant
00:50:00de mettre fin
00:50:01à la vie humaine
00:50:02ne peut jamais être
00:50:03une loi ordinaire
00:50:05parce qu'en cette matière
00:50:06l'approximation
00:50:07n'a pas sa place
00:50:08parce que le doute
00:50:10devrait toujours conduire
00:50:12à plus de prudence
00:50:13depuis des mois
00:50:14en commission
00:50:16comme dans cet hémicycle
00:50:17nous avons défendu
00:50:18des amendements
00:50:19pour essayer
00:50:20de réparer
00:50:21les failles
00:50:21de ce texte
00:50:22pour renforcer
00:50:23ces garanties
00:50:24pour protéger
00:50:25davantage
00:50:26les personnes
00:50:27les plus vulnérables
00:50:28et systématiquement
00:50:29la même réponse
00:50:30rejeté
00:50:31rejeté
00:50:32rejeté
00:50:32toujours rejeté
00:50:34alors de grâce
00:50:35ne parlons plus
00:50:36de débat
00:50:36apaisé
00:50:37et d'équilibre
00:50:38car un équilibre
00:50:40suppose que chacun
00:50:41accepte d'être
00:50:42déplacé
00:50:43par les arguments
00:50:44de l'autre
00:50:44un équilibre
00:50:46suppose que le doute
00:50:47circule
00:50:48or
00:50:48depuis le début
00:50:50de nos travaux
00:50:50le doute
00:50:51n'a existé
00:50:52que d'un seul côté
00:50:53de cet hémicycle
00:50:54vous nous aviez promis
00:50:55une loi d'exception
00:50:56mais à mesure
00:50:57que les débats avançaient
00:50:59nous avons vu
00:51:00se dessiner autre chose
00:51:01votre volonté
00:51:02d'en faire un droit
00:51:03universel
00:51:03alors que ça ne devrait
00:51:05ni être un droit
00:51:06ni un quelconque progrès
00:51:08mais bien
00:51:09un ultime recours
00:51:10pourquoi ces mots
00:51:11sont importants
00:51:12aujourd'hui
00:51:13parce qu'ils traduisent
00:51:14une philosophie
00:51:15du législateur
00:51:16une philosophie
00:51:17qui consiste
00:51:18à reconnaître
00:51:19que lorsqu'il est question
00:51:20de vie humaine
00:51:21le droit
00:51:21ne doit jamais
00:51:22banaliser l'exception
00:51:24or
00:51:25c'est précisément
00:51:26ce qui m'inquiète
00:51:27vous agissez
00:51:28comme si
00:51:29chaque précaution
00:51:30devenait une contrainte
00:51:31comme si chaque protection
00:51:32supplémentaire
00:51:33était perçue
00:51:34comme un obstacle
00:51:35comme si finalement
00:51:36la volonté individuelle
00:51:38devait toujours
00:51:39l'emporter
00:51:39sur le fondement
00:51:40même
00:51:40de la vie en société
00:51:42nous ne sommes pas ici
00:51:43pour écrire
00:51:44la loi des situations idéales
00:51:46mais bien celle
00:51:47des situations
00:51:47plus difficiles
00:51:49celle où une personne
00:51:50est seule
00:51:51fragile
00:51:52et parfois doute
00:51:53de sa propre valeur
00:51:54celle où la maladie
00:51:56la dépendance
00:51:57la fatigue
00:51:58ou la peur
00:51:59peuvent altérer
00:52:00la liberté intérieure
00:52:01le désir de mort
00:52:03existe depuis la nuit
00:52:04des temps
00:52:04mais il s'agit là
00:52:05de la réponse
00:52:06que la société
00:52:07souhaite y apporter
00:52:08la loi ne protège pas
00:52:10lorsque tout va bien
00:52:11elle protège précisément
00:52:13lorsque tout vacille
00:52:14à chaque fois
00:52:15que nous avons demandé
00:52:16davantage de garantie
00:52:18davantage de prudence
00:52:19dans la loi
00:52:20il nous a été répondu
00:52:21qu'il fallait
00:52:21faire confiance
00:52:23mais la confiance
00:52:24n'est pas une garantie
00:52:26juridique
00:52:26la confiance
00:52:27ne remplace pas
00:52:28la loi
00:52:29depuis des mois
00:52:30vous avez préféré
00:52:31répondre à nos inquiétudes
00:52:33par des caricatures
00:52:35nous n'avons eu
00:52:36de cesse de rappeler
00:52:37que le doute
00:52:37n'est pas la faiblesse
00:52:39et qu'en matière
00:52:40de vie humaine
00:52:41l'humilité devrait
00:52:42toujours l'emporter
00:52:44sur la certitude
00:52:45aujourd'hui
00:52:46nous arrivons
00:52:47au terme
00:52:47de nos débats
00:52:48alors je veux vous dire
00:52:50les choses
00:52:50très simplement
00:52:51très sincèrement
00:52:52dans une avalanche
00:52:54aucun flocon
00:52:55ne se sent responsable
00:52:56pourtant
00:52:57cette responsabilité
00:52:59est désormais
00:53:00celle de chacun
00:53:00d'entre nous
00:53:02mais ce sera
00:53:03désormais à vous
00:53:04à vous d'expliquer
00:53:05aux familles
00:53:05de patients déficients
00:53:06intellectuels
00:53:07de majeurs protégés
00:53:08ou fragiles
00:53:09que ce texte
00:53:10est suffisamment solide
00:53:11ce sera à vous
00:53:13de dire aux personnes
00:53:14isolées
00:53:14que 48 heures
00:53:16de réflexion
00:53:17est suffisante
00:53:18alors que l'on sait
00:53:19combien
00:53:19le désir de mort
00:53:21est fluctuant
00:53:21ce sera à vous
00:53:23de leur promettre
00:53:24que jamais
00:53:24une personne vulnérable
00:53:26ne sera conduite
00:53:27à demander la mort
00:53:28parce qu'elle n'aura pas
00:53:29trouvé les soins
00:53:30l'accompagnement
00:53:31ou le soutien
00:53:32que nous leur devions
00:53:33ce sera à vous
00:53:35de justifier
00:53:36à posteriori
00:53:37qu'une erreur
00:53:38a été commise
00:53:39car une fois
00:53:40la mort administrée
00:53:41aucune commission
00:53:42d'évaluation
00:53:43ne pourra revenir
00:53:44en arrière
00:53:44aucune mission
00:53:45parlementaire
00:53:46aucun amendement
00:53:47l'irréversible
00:53:49ne se corrige pas
00:53:51mes chers collègues
00:53:53personne ne retiendra
00:53:54le nombre d'heures
00:53:55que nous avons passé
00:53:56à débattre
00:53:56une seule chose
00:53:57subsistera
00:53:58le jour
00:53:59où le parlement français
00:54:00a décidé
00:54:01d'autoriser
00:54:02qu'il soit mis fin
00:54:03à une vie humaine
00:54:04alors avant d'appuyer
00:54:05sur ce bouton
00:54:06je vous invite
00:54:07simplement à vous poser
00:54:08une seule question
00:54:09une seule
00:54:10avons-nous réellement
00:54:11prévu toutes les garanties
00:54:13absolument indispensables
00:54:14pour autoriser un geste
00:54:16aussi grave
00:54:16si au fond de vous mène
00:54:18il demeure un seul doute
00:54:20alors ce doute
00:54:21devrait suffire
00:54:22parce que le principe
00:54:23de précaution
00:54:24n'est pas un frein
00:54:24au progrès
00:54:25il est la marque
00:54:26des grandes démocraties
00:54:28lorsqu'elle touche
00:54:29à ce qu'il y a
00:54:29de plus précieux
00:54:30la vie humaine
00:54:31l'histoire prendra
00:54:33elle le temps
00:54:33de juger notre vote
00:54:35si vous doutez
00:54:36ne votez pas
00:54:37ne votez pas
00:54:38ce texte-là
00:54:39en tous les cas
00:54:40il est encore temps
00:54:41de regarder la réalité
00:54:42en face
00:54:43il est encore temps
00:54:44de mesurer
00:54:45la portée
00:54:45de notre décision
00:54:46car certaines limites
00:54:48une fois franchies
00:54:49sont irréversibles
00:54:50je vous remercie
00:54:51merci beaucoup
00:54:53madame la députée
00:54:58la parole est à madame
00:54:59Danielle Simonnet
00:55:00pour le groupe
00:55:00écologiste et social
00:55:10merci madame la présidente
00:55:12mesdames messieurs
00:55:13les ministres
00:55:14collègues
00:55:15enfin
00:55:16enfin nous y sommes
00:55:18presque
00:55:19après près d'un
00:55:20demi-siècle
00:55:21de mobilisation
00:55:22associative
00:55:22et politique
00:55:23nous allons bientôt
00:55:25après la dernière lecture
00:55:26qui aura lieu
00:55:27dans quelques jours
00:55:28adopter cette
00:55:29grande loi de liberté
00:55:31l'aide à mourir
00:55:32que nous allons voter
00:55:32signifie le libre choix
00:55:34de sa fin de vie
00:55:36la reconnaissance
00:55:36s'il vous plaît
00:55:37la reconnaissance
00:55:39du fait que
00:55:39chacune et chacun
00:55:40a droit de disposer
00:55:42de son corps
00:55:43de sa vie
00:55:43de sa mort
00:55:44jusqu'à ses dernières heures
00:55:46c'est une loi
00:55:47qui n'impose
00:55:47à personne
00:55:48d'y recourir
00:55:49mais permet
00:55:50à celles et ceux
00:55:51qui le souhaitent
00:55:52de décider
00:55:53ou non
00:55:53d'éteindre la lumière
00:55:54c'est une grande loi
00:55:56laïque
00:55:57respectueuse
00:55:57de toutes les croyances
00:55:58et orientations spirituelles
00:56:00qui garantit
00:56:01une clause de conscience
00:56:02pour les professionnels
00:56:03de santé
00:56:04nous avons préalablement
00:56:05à cette loi
00:56:06adopté celle
00:56:07sur les soins palliatifs
00:56:08et nous réaffirmons
00:56:10l'absolue nécessité
00:56:11de lui assurer
00:56:12des moyens
00:56:12et je regrette
00:56:14qu'elle n'ait pas été
00:56:14l'occasion
00:56:15de mettre en place
00:56:16un droit opposable
00:56:17aux soins palliatifs
00:56:18comme nous l'avons défendu
00:56:19ici à gauche
00:56:20et comme cela a été
00:56:23rejeté
00:56:23à droite
00:56:23et à l'extrême droite
00:56:25la sédation
00:56:26profonde et continue
00:56:27mise en place
00:56:28suite à la loi
00:56:29Claes-Leonetti
00:56:30a été une étape
00:56:31importante
00:56:32mais elle n'était
00:56:33pas suffisante
00:56:34en ce qu'elle constitue
00:56:35un laisser mourir
00:56:36qui peut aller
00:56:37à l'encontre
00:56:38de la volonté
00:56:39de certains malades
00:56:40et qu'elle ne répond pas
00:56:41à toutes les pathologies
00:56:42affections
00:56:43et situations
00:56:45nous allons adopter
00:56:46cette loi
00:56:46nous le fouettons
00:56:48fortement
00:56:48le débat a eu lieu
00:56:50et celles et ceux
00:56:51qui s'y opposent
00:56:52n'ont pas manqué
00:56:52d'occasion
00:56:53pour tenter de convaincre
00:56:54au total
00:56:55sur les différentes lectures
00:56:57depuis le projet
00:56:58de loi initial
00:56:58les opposants
00:56:59à ce texte
00:57:00auront déposé
00:57:01plus de 8200 amendements
00:57:02qui tous
00:57:03ont été débattus
00:57:04c'était une véritable
00:57:06tentative d'obstruction
00:57:07massive
00:57:07à laquelle se sont livrés
00:57:08depuis des mois
00:57:09des années
00:57:10une partie de cet hémicycle
00:57:12pour tenter d'empêcher
00:57:13d'advenir
00:57:14cette grande loi
00:57:15républicaine
00:57:15avec des termes
00:57:20qui rappellent
00:57:21ceux employés
00:57:22lors de la bataille
00:57:23sur le droit à l'IVG
00:57:24à l'époque
00:57:26les opposants
00:57:27parlaient d'euthanasie prénatale
00:57:28puis sur la loi
00:57:29Claes-Leonetti
00:57:30à l'époque
00:57:31les opposants
00:57:32parlaient d'euthanasie lente
00:57:34mais enfin
00:57:35nous y sommes
00:57:36cette loi
00:57:37c'est une loi
00:57:37de liberté nécessaire
00:57:38mais un des critères
00:57:40que vous avez voulu imposer
00:57:41pour avoir accès au droit
00:57:42à l'aide à mourir
00:57:42est tout simplement
00:57:43discriminatoire
00:57:44les personnes
00:57:45en situation administrative
00:57:46irrégulière
00:57:47n'auront pas accès
00:57:48au droit
00:57:48à l'aide à mourir
00:57:50vous allez dire
00:57:51à ces personnes
00:57:51que parce qu'elles n'ont
00:57:52pas pu renouveler
00:57:53leur titre de séjour
00:57:54ou obtenir un rendez-vous
00:57:55à la préfecture
00:57:56elles n'auront pas accès
00:57:57à ce droit
00:57:58c'est inhumain
00:57:59et honteux
00:57:59il reste une lecture définitive
00:58:01j'espère vivement
00:58:02qu'elle sera l'occasion
00:58:03de réparer cette faute
00:58:04qui instaure dans cette loi
00:58:06un critère honteux
00:58:07discriminatoire
00:58:08pour le reste
00:58:09les critères qui encadrent
00:58:11l'accès à l'aide à mourir
00:58:13sont
00:58:13on le rappelle
00:58:14très strict
00:58:14ils sont cumulatifs
00:58:16il faut être atteint
00:58:18d'une affection grave
00:58:19et incurable
00:58:20qui engage
00:58:21le pronostic vital
00:58:22en face avancée
00:58:23caractérisé
00:58:24par l'entrée
00:58:25dans un processus
00:58:26irréversible
00:58:27marqué par l'aggravation
00:58:28de l'état de santé
00:58:29de la personne malade
00:58:30qui affecte
00:58:31sa qualité de vie
00:58:32ou en face terminale
00:58:33il faut également
00:58:34ce critère cumulatif
00:58:35au précédent
00:58:36présenter une souffrance
00:58:38physique
00:58:38liée à cette affection
00:58:39enfin
00:58:41être apte
00:58:41à manifester
00:58:42sa volonté
00:58:43de façon libre
00:58:43et éclairée
00:58:44autant de critères
00:58:45donc
00:58:46qui permettent
00:58:47d'encadrer
00:58:48strictement
00:58:49ce droit
00:58:50qui encadrent
00:58:51peut-être trop
00:58:51même
00:58:51mais cela devrait
00:58:53prévenir
00:58:53les craintes
00:58:54qui ont pu être exprimées
00:58:55je pense notamment
00:58:56à certains militants
00:58:58antivalidistes
00:58:59nous voterons
00:59:00cette loi
00:59:00même si nous regrettons
00:59:02que notre amendement
00:59:02adopté en commission
00:59:04permettant le libre choix
00:59:05du mode d'administration
00:59:06par la personne
00:59:07elle-même
00:59:07ou par un soignant
00:59:08n'ait pas été adopté
00:59:10en séance
00:59:11nous voterons cette loi
00:59:12même si à titre personnel
00:59:14je regrette également
00:59:15l'absence de prise en compte
00:59:16des directives anticipées
00:59:17y compris lorsque la personne
00:59:19a vu sa demande
00:59:20d'aide à mourir
00:59:21acceptée
00:59:21mais qu'elle anticipe
00:59:23une dégradation probable
00:59:24due à sa pathologie
00:59:26altérant son discernement
00:59:27ou conduisant
00:59:28à une perte de conscience
00:59:30vous la condamnez
00:59:31à devoir prendre
00:59:32une décision
00:59:33bien plus tôt
00:59:34de sa fin de vie
00:59:35nous regrettons également
00:59:36la suppression
00:59:37du délit d'entrave
00:59:38qui ouvre de fait
00:59:39la voie à celles et ceux
00:59:40qui voudront
00:59:41honteusement
00:59:41empêcher des personnes
00:59:42souhaitant accéder
00:59:43à l'aide à mourir
00:59:44ou des soignants
00:59:45qui la pratiquent
00:59:46comme le font actuellement
00:59:47les intégristes
00:59:48contre le droit à l'IVG
00:59:51enfin
00:59:52je regrette aussi
00:59:53la suppression
00:59:53de la qualification
00:59:55de mort naturelle
00:59:56résultant de l'aide à mourir
00:59:57et je tiens à rappeler
00:59:58l'enjeu que le CERFA
00:59:59promis assure la reconnaissance
01:00:01de la cause du décès
01:00:02reste l'affection grave
01:00:03et incurable
01:00:04malgré ses regrets
01:00:06sur les modalités
01:00:06de l'aide à mourir
01:00:07notre groupe votera
01:00:09majoritairement
01:00:10pour cette loi
01:00:11humaniste
01:00:12et salue par avance
01:00:13l'adoption probable
01:00:14et souhaitable
01:00:15de cette grande loi de liberté
01:00:16qui vise à assurer
01:00:17à chacune et à chacun
01:00:18que jusque dans ses derniers
01:00:19instants
01:00:20son corps
01:00:21et sa vie
01:00:22lui appartiennent
01:00:23et je voudrais
01:00:24conclure en saluant
01:00:25l'engagement
01:00:26d'associations
01:00:27comme ADMD
01:00:28et France Assoce Santé
01:00:29merci à vous
01:00:30pour votre engagement
01:00:31et maintenant
01:00:32votons
01:00:33et adoptons
01:00:34maintenant
01:00:35merci beaucoup
01:00:36madame la députée
01:00:40je vous demande
01:00:41de bien vouloir
01:00:42regagner vos places
01:00:44je vais mettre
01:00:45au voile
01:00:45la proposition
01:00:46de loi relative
01:00:47au droit
01:00:47à l'aide à mourir
01:00:49le scrutin
01:00:50est ouvert
01:00:54le scrutin
01:00:55est clos
01:01:01voici le résultat
01:01:03du scrutin
01:01:04votant 562
01:01:05exprimé
01:01:06527
01:01:07majorité
01:01:08264
01:01:09pour
01:01:10295
01:01:11contre
01:01:12232
01:01:13l'Assemblée nationale
01:01:15a adopté
01:01:38je vous remercie
01:01:41la séance est suspendue
01:01:43pour quelques minutes
01:01:45vous l'avez compris
01:01:46le texte a été adopté
01:01:48il reviendra en lecture définitive
01:01:50le 15 juillet
01:01:51dans l'hémicycle
01:01:52à l'hémicycle
01:01:55à l'héder
01:01:55à l'hémicycle
01:01:56à l'hémicycle
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