00:02Si je vous dis, si je te dis que c'est une grande première quand même, quoi ?
00:06Pour vous, votre premier tour en tant que manager général,
00:10qu'est-ce qu'on ressent, qu'est-ce qu'on se dit, on s'était vu en janvier, en
00:13début de saison,
00:14où on parlait un petit peu des objectifs, de la prise de contact avec vos coureurs, etc.
00:20Là, Raphaël Jeanne, il se dit quoi, lui qui va faire son premier tour de France en tant que manager
00:24général d'une équipe ?
00:27Effectivement, 23ème tour, le premier en tant que manager général,
00:30du team Cofidis, beaucoup d'excitation, beaucoup de détermination,
00:35beaucoup de sérénité aussi, pas d'inquiétude, pas de stress, en tout cas pas de stress négatif,
00:41et du coup non, je pense qu'on a tout bien préparé,
00:44les coureurs qui font le tour le savent depuis très longtemps,
00:48donc psychologiquement, physiquement, ils ont eu le temps de s'y préparer,
00:51donc non, hâte d'en découdre et de voir Cofidis le plus haut possible.
00:55Qu'est-ce que vous attendez de vos coureurs pendant ces trois semaines-là ?
00:58Bah, du combat, des victoires, et puis voilà, une cohésion sans faille,
01:05qu'on a pu voir depuis le début d'année, avec déjà 8 victoires,
01:09et du coup, de continuer dans cette logique sportive et état d'esprit positif.
01:15Justement, déjà 8 victoires, si on vous avait dit ça en janvier dernier, vous auriez dit quoi ?
01:20Même si Brian avait déjà gagné en Australie ?
01:23Bah, que c'était pas assez. Non, il en faut plus, toujours, on en veut toujours plus,
01:27et effectivement, on est sur le tour, comme toutes les équipes, pour gagner.
01:31Alors, on sait très bien qu'il y a 2-3 équipes qui sont sûres de gagner,
01:35les équipes des grands favoris, elles sont sûres de gagner,
01:38mais par contre, après, des équipes comme nous, on n'est jamais sûr de gagner,
01:41en tout cas, on a tout fait, comme je le disais, pour gagner,
01:43et on vient ici pour gagner, effectivement.
01:46Si je te dis que cette composition d'équipe pour ce Tour de France,
01:49elle est quelque peu surprenante,
01:51il y a des Brian Coquard, qu'on avait l'habitude de voir sur le Tour,
01:53qui ne sont pas là, un petit peu, un air espagnol, forcément,
01:57le Tour de France part d'Espagne, c'était quoi l'idée ?
02:00Bah, l'idée, quand on a vu, à le départ, le tracé du Tour,
02:05en fait, on a tout de suite vu qu'il y avait des opportunités au sprint,
02:09où on a un sprinteur dans l'équipe qu'ils appellent Milan Frétain,
02:12qui est, je pense, un sprinteur de classe mondiale,
02:14qui est très jeune, et du coup, on se devait de bâtir une équipe
02:19de lead-out pour lui, parce qu'il y a 6-7 étapes
02:23qui peuvent arriver au sprint,
02:25donc c'était assez facile de bâtir une équipe autour de lui,
02:28et puis après, effectivement, on a nos deux Espagnols,
02:31Yon, ça va être son dernier tour,
02:32on voit que, bien que c'est sa dernière année,
02:36il est motivé comme un cadet,
02:37donc on se devait, à la vue des performances qu'il a faites
02:42depuis le début d'année, de le mettre au Tour,
02:44et puis évidemment, Alex Arambourou,
02:47qui est quand même notre leader de l'équipe,
02:51lui, effectivement, le Tour de France,
02:52il ne pouvait pas ne pas faire le Tour de France,
02:55et du coup, encore une fois,
02:56il est motivé aussi pour décrocher le Graal pour l'équipe.
03:01— On revient à toi pour conclure.
03:03Ça change quoi ?
03:04De vivre le Tour de France,
03:06de pouvoir vivre ce Tour de France
03:08de l'autre côté de la barrière, enfin, non ?
03:10— Alors, très honnêtement,
03:13je ne sais pas vous dire si ça change grand-chose,
03:16parce que de l'autre côté de la barrière,
03:21comme tu dis,
03:22je vibrais autant que je vibrais maintenant,
03:24donc quand tu as la passion
03:25et quand tu as l'envie de bien faire,
03:28que tu sois d'un côté ou de l'autre de la barrière,
03:30c'est pareil.
03:31Après, je pense que si on arrive à bien fonctionner
03:34et marcher sur les étapes,
03:36et notamment à gagner une étape,
03:39là, je pense que ça sera décuplé,
03:41parce que ce que je pouvais vivre
03:42quand j'étais l'équipementier de l'équipe,
03:45alors que maintenant, j'en suis le manager général,
03:47va être décuplé par 10 ou 100, je ne sais pas.
03:50On verra.
03:50Je te dirai une fois qu'on aura gagné.
03:53— Le Tour de France de Kofidis de Raphaël Jeune,
03:55s'il est réussi,
03:56ça veut dire forcément une victoire d'État.
03:58— Ça veut dire ne pas avoir de regrets.
04:03Le graal de toutes les équipes,
04:05l'objectif de toutes les équipes,
04:06c'est de gagner une étape minimum.
04:08Mais en fait, on vient sur ce tour,
04:10évidemment, pour gagner,
04:11comme les autres équipes.
04:12On n'a pas moins d'ambition.
04:14Mais si jamais on ne gagne pas,
04:16alors je n'ose pas imaginer ça,
04:17mais si jamais on ne gagne pas,
04:20je veux qu'au soir des Champs-Elysées,
04:21on se dise qu'on n'a pas de regrets.
04:22Et ça, pour moi,
04:24ce sera déjà une réussite,
04:25de ne pas avoir de regrets.
04:26Alors ne pas avoir de regrets
04:28et gagner,
04:29là, c'est le top.
04:30— Merci, Raphaël.
04:31— Merci.
Commentaires