00:12Le bâtiment a été acheté il y a 11 ans, donc j'arrive en fin de paiement de ma dernière
00:18échéance,
00:19elle est tombée même ce matin, voilà donc tout est payé, là je peux arrêter, je vais avoir 69 ans,
00:24et je pense qu'il a un peu le temps de prendre, c'est autre chose qu'à son travail,
00:28après 28 ans de boulangerie et 20 ans de café,
00:32avoir un peu un minimum de temps libre pour soi.
00:35Comme je travaille seul, c'est un café, il y a des clients, mais disons pas suffisamment que pour pouvoir
00:40embaucher du personnel,
00:42et là j'ouvrais, j'étais présent ici en fait à 9h le matin, un peu avant 9h, pour faire
00:47une mise en place,
00:48et puis après ensuite, voir un peu ce qui me manquait, aller chercher le journal, et puis quelques cigarettes comme
00:57service aux clients,
00:58et j'ouvrais à 10h30, jusqu'à quelquefois des heures assez matinales.
01:03C'est un café qui existe pratiquement avant la première guerre mondiale, donc on va dire au minimum vers les
01:09années 1900,
01:12il occupait beaucoup moins d'espace que maintenant, parce qu'il y avait une plus grande partie pour le privé,
01:17et je pense que la partie avant était réservée pour le commerce, et la partie arrière pour la vie privée,
01:23les personnes habitaient sur le lieu de travail et de privé.
01:29À un moment, c'était la petite Alice, on appelait la petite Alice, et puis au fur et à mesure
01:33des tenanciers,
01:36ça s'est passé par chez la Jeuneuse, ça s'est passé par le petit carrefour, ça s'est passé
01:40par, je sais pas,
01:42et moi c'est devenu chez Phil.
01:44C'était un peu typique, voilà, j'ai mon ami à côté de moi qui est de haine,
01:50et quand je vais voir mon ami, on va boire un petit coucher de Phil, allez, on va boire un
01:54petit coucher de Phil,
01:55enfin, un à la fois quoi.
01:58Oui, ça va faire vraiment bizarre, parce que voilà, c'est bien un café, bien typique, chaleureux, tout âge confondu,
02:07et voilà, il n'y a pas d'embrouille, enfin, tout est génial quoi.
02:12Je veux dire, ça contribuait à une bonne entente dans le village, un village qui en a besoin,
02:19qui est devenu un village un peu, un village dortoir, avec beaucoup de personnes qui vont travailler au Luxembourg,
02:25et maintenant on se connaît moins bien qu'avant.
02:27La vie sociale est beaucoup plus pauvre, et donc ça contribuait largement à avoir du monde.
02:33C'est pas tout le monde, mais il y en a quelques-uns comme ça qui ont besoin d'avoir
02:36un contact,
02:37c'est le fameux contact, même s'il n'est que visuel, parfois la personne n'a pas grand-chose
02:42à vous compter,
02:43mais le fait d'avoir quelqu'un à côté de soi, ça aide un peu à tenir un peu la
02:47solitude, on va dire.
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