- il y a 3 mois
Alors que les agriculteurs ont été durement touchés par les chaleurs extrêmes, Annie Genevard, la ministre de l'Agriculture, était l'invitée du Midi BFM.
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00:00La ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, bonjour madame, merci d'être avec nous, invitée exceptionnelle du Midi BFM,
00:05parce qu'on le sait, les agriculteurs ont souffert la semaine dernière durement, vous allez leur répondre,
00:10faire des annonces dans un instant, alors que l'on se prépare à l'arrivée d'une nouvelle vague à
00:14la semaine prochaine,
00:15alors que par endroits, les températures n'ont même pas baissé à l'intérieur.
00:18Madame Gennevard, comment vous qualifiez la situation actuelle ?
00:21Elle est très préoccupante, elle est sérieuse, les effets de la canicule sur le monde agricole qui est en première
00:26ligne,
00:27lui aussi, et qui a connu cette année des crises successives, paie un lourd tribut au niveau des productions végétales,
00:35c'est moins 50% probablement de rendement sur le maïs, moins 20% sur l'arboriculture,
00:40il y a de la mortalité dans la filière volaille très importante,
00:44et puis une population qui est quand même structurellement fragile,
00:50qui a encaissé des crises sanitaires, qui a encaissé la disponibilité des engrais,
00:58l'augmentation du GNR, donc c'est une crise supplémentaire.
01:01Alors vous allez nous détailler tout ça dans quelques instants, toutes vos annonces dans un instant,
01:04mais c'est vrai que les préoccupations sont majeures,
01:06et que les conséquences de cette canicule que l'on vient de vivre alors qu'une nouvelle s'annonce,
01:10nous continuons, Roselyne, à les vivre.
01:12Les agriculteurs et d'ailleurs tous les français, parce que dans certains logements,
01:16alors que la canicule est terminée, la température n'est toujours pas descendue,
01:20les murs restent chauds, l'intérieur des placards aussi.
01:23Combien de jours faut-il pour espérer refroidir son appartement avant que ça recommence, ou sa maison ?
01:27On voit ça avec Julien Migoumuller, Kevin Drouan de BFM Alsace et Léa Sombré.
01:33La canicule, oui, elle est passée, mais chez vous c'est encore compliqué.
01:37La chaleur, ça ne s'évacue pas la nuit et j'en veux plus.
01:42J'en ai marre.
01:43La chaleur ne diminue pas, sans ventilateur, sans climatisation, c'est parfois compliqué.
01:48Alors pour tenter de passer des nuits un peu plus sereines, le bonheur ne se trouverait-il pas entre ces
01:52rayons ?
01:53Bonjour.
01:54Est-ce qu'ils voient des ventilateurs ?
01:55On n'en a plus du tout, ils sont tous partis hier déjà.
01:57Bonjour.
01:58En 30 minutes.
01:59Bon, pour cet homme, c'est raté, il faut aller ailleurs.
02:02Comme lui par exemple, qui cherche désespérément un deuxième climatiseur.
02:05En fait, on en a déjà une qui sert à refroidir la chambre,
02:09mais pour ce qui est du salon où on travaille, malheureusement, on n'en a pas une.
02:13Donc c'est pour ça qu'on essaie d'en trouver depuis des semaines.
02:15Mais au fait, pourquoi nos logements restent-ils si chauds, malgré la baisse des températures dehors ?
02:20Les murs vont se chauffer et durant les canicules,
02:24donc tous les matériaux de construction à l'intérieur qui sont lourds,
02:27qui sont denses comme du béton ou de la brique,
02:29comme ça ils vont accumuler cette chaleur durant une semaine, durant la canicule.
02:34Et puis après, ils vont devoir se décharger, en fait.
02:37D'une certaine manière, il faut presque une semaine pour les refroidir.
02:40Et pour ne rien arranger, les températures devraient encore monter dans les jours qui viennent.
02:46Marc, ça repart.
02:47Oui, en effet, les températures vont repartir à la hausse,
02:50surtout en deuxième partie de week-end, donc à partir de dimanche.
02:53Et cette hausse devrait se poursuivre en début de semaine prochaine.
02:55Je vous rappelle que la précédente canicule, c'était de 38 à 42 sur une grande partie du territoire.
03:00Et cette canicule, dans l'état actuel des prévisions,
03:03on est sur des valeurs comprises entre 34 et 38,
03:05et très localement, peut-être dans le sud-ouest, des pointes à 40 degrés.
03:08Autrement dit, il y a urgence, et on pense évidemment aux agriculteurs, aux éleveurs,
03:12qui ont perdu des bêtes, des volailles, je ne sais pas si on peut les voir sur ces images,
03:15par milliers, par dizaines de milliers.
03:17Ils ne savent pas comment ils vont s'en sortir.
03:20Qu'est-ce que le gouvernement peut faire ou va faire immédiatement, Mme Gennevard ?
03:24D'abord, on est entré en mode crise, pour avoir un suivi absolument heure par heure
03:29de ce qui se passe sur le territoire.
03:32Moi, je pense d'abord aux hommes et aux femmes qui travaillent dans le monde agricole,
03:35qui ont subi des crises successives.
03:37On a mobilisé tout le réseau d'accompagnement psychologique de nos agriculteurs,
03:42avec la mutualité sociale agricole, avec les syndicats agricoles.
03:46Il est très important que la nation comprenne qu'elle est aux côtés de ses agriculteurs.
03:51La meilleure psychologie, ce sont des mesures, des signaux envoyés.
03:53Quels sont les signaux que va envoyer le gouvernement, Mme ?
03:56D'abord, je réunis cette semaine les assureurs pour que l'indemnisation soit très rapide,
04:02pour qu'ils se sentent épaulés.
04:03Ça veut dire dans quel délai ?
04:04Dans un délai que nous allons négocier le plus rapide possible,
04:09parce qu'il y a des besoins en trésorerie.
04:11Ils se font tirer l'oreille, les assureurs ? C'est compliqué de les mobiliser ?
04:13Non, on a un dialogue régulier avec eux,
04:15et ce sont des gens responsables qui ont bien compris l'urgence de la situation.
04:18Pour que chaque récolte, chaque animal perdu, soit indemnisé ?
04:22Alors, pour que le système assuranciel agricole puisse fonctionner,
04:26mais de toute façon, il y a des dispositifs nationaux
04:28qui s'appellent l'indemnité de solidarité nationale
04:31pour les agriculteurs qui sont assurés et pour ceux qui ne le sont pas.
04:34Parce qu'ils sont nombreux, c'est ce que j'allais vous dire, souvent c'est trop cher.
04:36Oui, même si l'État et l'Europe prennent en charge près de 70% des polices d'assurance.
04:44Mais encore une fois, pour les rassurer, soyons très précis, Mme Genevard.
04:47Ces agriculteurs, ces éleveurs qui ont perdu,
04:49ils peuvent espérer être indemnisés sous quel délai ?
04:52Mais écoutez, ça, je vous le dirai à nouveau,
04:54si vous avez la gentillesse de m'inviter,
04:56lorsque nous aurons travaillé avec eux, et c'est pour...
04:59Il faut aller vite, parce qu'il y a une nouvelle félicule qui s'annonce.
05:01Oui, oui, tout à fait.
05:02Vous les rencontrez cette semaine, donc fin de semaine,
05:04on a un délai qui peut être...
05:05Normalement, on a un délai...
05:07Donc on se revoit vendredi, ici même.
05:10Deuxièmement, on a eu une mortalité,
05:12en particulier dans la filière volaille, très importante.
05:15En Bretagne, qui est une région tempérée,
05:17qui n'a jamais connu ces hausses aussi spectaculaires,
05:20on a eu jusqu'à 6 000 tonnes de volailles qui ont péri,
05:24parce qu'au-delà de 40 degrés, les volailles ne ventilent plus.
05:27C'est constitutif, que ce soit des petits ou des grands élevages,
05:30dehors ou dedans, voilà.
05:31Donc là, nous allons débloquer dans les jours qui viennent
05:37des prêts de trésorerie pour que les agriculteurs, les éleveurs
05:40puissent s'équiper en système de brumisation et de ventilation
05:44pour se préparer aux prochaines canicules.
05:47Ça, c'est extrêmement...
05:49Pardonnez-moi, on a du mal à trouver des climatiseurs, des brumisateurs.
05:51Est-ce que ce n'est pas aussi vrai dans la filière agricole ?
05:54Est-ce qu'ils vont pouvoir, avec cet argent, débloquer vite,
05:57s'équiper pour anticiper l'été qui s'annonce ?
05:59En tout cas, dans les élevages qui sont les plus exposés,
06:02il faudra évidemment se fournir, là où on peut fournir,
06:08des brumisateurs et des ventilateurs.
06:10Mais ce ne sont que des prêts, là, on est d'accord ?
06:12Ce sont des prêts, ce sont des prêts.
06:15Un éleveur me disait, je lisais dans la presse,
06:18qu'il avait équipé son bâtiment de brumisateurs pour...
06:23Ça coûte combien ?
06:2420 000 euros.
06:24Un brumisateur pour un poulailler, ça coûte 20 000 euros.
06:27Je ne sais pas quelle était la taille en espèce du poulailler,
06:30mais vous voyez, chez moi, dans ma région, qui n'est pas une région caniculaire,
06:33le Doubs, j'ai vu que l'ancienne présidente des jeunes agriculteurs,
06:37que je connais bien, avait installé un brumisateur
06:41dans un bâtiment d'élevage bovin.
06:43Parce que les bovins ont besoin de cela aussi.
06:46Mais on s'est dit que c'est prêt.
06:47Ce qui est important, c'est la disponibilité de ce matériel.
06:49C'est prêt, ils sont garantis par l'État, ils sont à taux zéro.
06:52L'argent arrive quand, concrètement ?
06:54J'ai discuté avec le Premier ministre de ce point,
06:59et il me disait qu'il solliciterait la BPI pour garantir les prêts.
07:04J'ai pris des mesures réglementaires aussi.
07:07Un exemple tout simple.
07:08Il y a des surfaces agricoles qui doivent régulièrement rester en jachère.
07:13On n'y fait rien.
07:14On ne fauche pas.
07:15J'ai autorisé les jachères pour plusieurs raisons.
07:18Et ils ne perdront pas leurs Z-PAC.
07:20D'abord parce qu'une jachère, c'est un possible...
07:24On laisse la terre au repos, en fait.
07:26C'est un incendie qui aura un combustible idéal.
07:31Donc, pour des raisons de sécurité, de lutte contre les incendies,
07:35j'autorise le fauchage des jachères sans qu'ils ne perdent leurs Z-PAC.
07:39Et puis en même temps, ça fournira du fourrage.
07:42On va faciliter le transport du fourrage.
07:44Parce que l'autre catastrophe, c'est que l'herbe va manquer dans les élevages
07:48pour nourrir les animaux.
07:50Donc, on va faciliter le transport du fourrage.
07:53Voilà.
07:55Les premières mesures...
07:57Je voudrais vous interroger sur l'eau.
07:58Oui.
07:59Voilà.
08:00C'est à la une d'ailleurs de très nombreux quotidiens régionaux ce matin.
08:03Et les agriculteurs disent qu'on manque d'eau, il pleut trop peu.
08:05On aurait dû être capable de stocker les eaux de pluie.
08:08Et pour les syndicats, le gouvernement doit actionner des leviers d'urgence.
08:14Qu'est-ce que vous en dites ?
08:15Alors, je dis que l'eau est au cœur du sujet.
08:19On vit un exercice grandeur nature aujourd'hui.
08:22On a eu des inondations terribles cet hiver.
08:26Mais parlons concret.
08:27Le Sénat a voté des assouplissements supplémentaires de stockage d'eau.
08:30Est-ce que vous approuvez oui ou non ?
08:32Alors, on a dans cette loi des mesures de stockage de l'eau.
08:36Cette loi d'urgence agricole, elle comporte trois articles fondamentaux pour faciliter le stockage de l'eau.
08:43Voilà.
08:44C'est des stockages supplémentaires.
08:45C'est-à-dire des bassines, très concrètement.
08:48Alors, des stockages supplémentaires.
08:50Le Sénat a voté hier soir une disposition qui permet de doubler le stockage de l'eau agricole.
08:56Vous vous approuvez ?
08:57Alors, moi, j'approuve le principe d'un stockage amélioré de l'eau.
09:03Mais il se fait qu'il faut aussi vérifier la disponibilité de l'eau, qui est un bien commun,
09:08qui sert déjà à la vie, à l'alimentation humaine.
09:13Celle-là, elle est prioritaire de chez prioritaire.
09:15Mais je peux vous dire, monsieur, madame, et à vous tous très solennellement,
09:21que si nous n'augmentons pas le stockage de l'eau,
09:24et j'ai été constante dans cette position,
09:27nous ne pourrons pas faire face au dérèglement climatique et au réchauffement climatique.
09:34Et donc, on va compromettre une fonction vitale de la nation,
09:38qui est de produire de l'alimentation.
09:39Parce qu'à tous ces bien-pensants qui nous disent,
09:42les agriculteurs s'approprient indûment l'eau.
09:44Je leur dis, mais l'eau agricole, c'est l'eau de l'alimentation, c'est l'eau de la
09:48nourriture.
09:49Sauf que madame Barbu, la ministre de la Transition écologique,
09:52dit que ses objectifs de stockage d'eau sont pharaoniques.
09:57Et elle dit, c'est une priorité qui serait donnée à l'usage agricole de l'eau,
10:01au détriment de l'eau potable et de la sécurité civile.
10:04Quel est le choix que vous allez faire ?
10:05Alors, hier soir, ma collègue, ministre de la Transition écologique,
10:09lorsque les sénateurs ont proposé le doublement du stockage de l'eau agricole,
10:15a donné un avis favorable à l'idée du doublement de ce stockage.
10:20Aujourd'hui, il tombe 500 milliards de mètres cubes d'eau en France par an.
10:27L'agriculture en prend entre 2 et 3 milliards sur 500 milliards.
10:32Alors, sur ces 500 milliards, il y a la moitié qui est en évapo-transpiration.
10:38Mais franchement, on n'irrit que 7% des terres.
10:42C'est très peu.
10:42La France est le pays le plus pluvieux d'Europe.
10:45C'est celui qui reçoit le plus d'eau.
10:47Sauf que là, depuis le 1er mars, il ne pleut quasiment pas.
10:49Les restrictions d'usage de l'eau augmentent à vitesse grand V.
10:53Les nappes phréatiques sont en train de diminuer.
10:55Les sols sont très secs.
10:56Et il n'y a rien dans les pluviomètres pour les 15 prochains jours.
10:59C'est bien pour ça, monsieur, qu'il faut la stocker quand elle abonde.
11:02C'est le bon sens.
11:04C'est l'élimination.
11:04Mais justement, on veut entendre les premiers concernés,
11:06les agriculteurs pour qui vous êtes là aujourd'hui sur ce plateau.
11:09Bonjour Jordi.
11:10Bouancho, vous êtes éleveur de Blondes d'Aquitaine en Vendée,
11:12vice-président du syndicat des jeunes agriculteurs.
11:14Vous avez eu, vous, de grosses dépenses imprévues,
11:16justement, pour faire face à la chaleur protégée, vos bêtes.
11:19Votre sentiment face aux annonces de la ministre à l'instant ?
11:23Écoutez, des annonces, on en attend.
11:26Je remercie madame la ministre pour ces annonces-là.
11:28Maintenant, nous, ce que l'on a besoin, c'est deux pas de temps.
11:30C'est d'une, de la réactivité face à la cellule de crise,
11:34comme il a été dit, que nous vivons en ce moment.
11:36De la réactivité, on n'en a pas assez.
11:37Il nous a fallu 15 jours pour avoir des arrêtés,
11:40pour, vous l'avez dit, avoir le droit de récolter nos jachères.
11:43Mais en 15 jours, nos jachères sont devenues de la paille.
11:45Donc, ils n'ont aucune valeur alimentaire pour nos animaux.
11:47C'est beaucoup trop tard.
11:48Je vous prends un autre exemple très concret d'un manque de réactivité.
11:50On a mis en place des dispositifs avec des arrêtés d'assouplissement
11:53pour l'enfouissement des petits volumes,
11:55notamment dans la région de l'Ouest.
11:57Cet arrêté, il est caduque ce soir à minuit.
11:59On attend toujours qu'il soit reconduit.
12:00Et sur votre bureau, madame la ministre,
12:02l'ensemble des corps décentralisés de l'État
12:04font un travail énorme au local en concertation avec l'agriculteur.
12:08Il y a beaucoup de bon sens qui se met en place.
12:10Mais aujourd'hui, on a un degré de validation
12:13qui est beaucoup trop long par rapport au terrain.
12:15Et à côté de ça, nous, on travaille avec du vivant.
12:17Et j'ai peur que là, nous ne sommes pas en train d'apprendre
12:21de ce que nous avons vécu il y a une semaine,
12:24alors qu'on est face à nous, dans quelques jours, à la même chose.
12:27– Annie Gennevard, ralentir en fait les procédures administratives,
12:31c'est ce que dit cet agriculteur.
12:32– Oui, je connais bien Jordi, que je salue et à qui je dis tout mon soutien
12:37comme à tous les agriculteurs.
12:39– On peut les accélérer, les procédures ?
12:41– Mais moi, je…
12:43– On a déjà essayé.
12:44– Sur l'enfouissement, sur l'écarissage,
12:46parce qu'il faut bien prendre la mesure.
12:50Jordi, qui a une responsabilité nationale,
12:53et à même de comprendre que quand on a une situation
12:55d'une telle ampleur, sur l'évacuation des bêtes mortes,
13:01on a eu très rapidement une embolisation de l'écarissage.
13:05– Oui.
13:06– Du coup, on les a enfouis sur les terrains.
13:08– Du coup, il a fallu, en urgence, déterminer une procédure,
13:12mais quand on enfouit des bêtes qui sont mortes,
13:15il faut veiller à ce qu'il n'y ait pas de l'eau
13:18qui soit contaminée dans les sols.
13:20Ça demande quand même un tout petit peu de précaution.
13:22Maintenant, on sait faire, je peux vous dire que…
13:24– Et peut-être aller plus vite.
13:25Là, vous décrivez un exemple qui correspond à ce que je dis.
13:28C'est-à-dire, si on va plus vite,
13:29on évite effectivement l'épandage de l'eau souillée.
13:32– Il faut éviter de prendre des mesures
13:33qui emportent des conséquences qui sont problématiques.
13:36– Les éleveurs touchés, pardon, les céréaliers aussi.
13:39Je voudrais qu'on donne un peu de temps à Pierre-Olivier Caille,
13:41qui est avec nous aussi.
13:41Alors vous, vous avez été victime de l'effet sèche-cheveux,
13:44des orages aussi de cette fin de canicule.
13:45De quoi vous auriez besoin ?
13:46Est-ce que la ministre répond à vos attentes ?
13:49– Aujourd'hui, ce qu'on a besoin, c'est de soutien.
13:55Et d'ailleurs, je tiens à vous remercier d'être là aujourd'hui,
13:57dans le camp Brésil, venir prendre de nouvelles.
14:00Aujourd'hui, nos attentes, c'est principalement du soutien.
14:06Il y a beaucoup de personnes ici dans notre secteur
14:08qui ne sont pas assurées.
14:10Il y a des personnes assurées, parce qu'aujourd'hui, c'est un coût tout ça.
14:14Et voilà, après on ne maîtrise pas tout
14:17et on compte sur Madame la ministre pour faire le maximum.
14:20– Soutien financier, Pierre-Olivier,
14:22quel type de soutien immédiat ?
14:24Soutien psychologique ?
14:26– Aujourd'hui, psychologique bien sûr,
14:29je pense beaucoup à des collègues qui ont des exploitations
14:32qui se sont touchées en partie.
14:34Moi aujourd'hui, j'ai une exploitation qui est touchée en partie.
14:36J'ai des collègues qui se sont touchés à 100%.
14:38C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ils n'ont plus rien.
14:39Sur l'espace de 12 minutes, ils ont perdu toute leur culture.
14:42Donc c'est une catastrophe.
14:44Je ne sais pas si vous vous rendez compte,
14:45c'est le travail d'une année réduit à néant sur 12 minutes.
14:48et une grosse pensée aujourd'hui pour tous nos collègues,
14:51tous les techniciens aussi qui passent régulièrement au champ
14:54pour constater, voir où on s'en va,
14:57combien on va perdre.
14:58Et oui, on se pose beaucoup de questions aujourd'hui
15:01pour notre avenir.
15:03– Vous l'évoquiez au début de l'interview, Madame,
15:05ce suivi psychologique.
15:07Ça veut dire vraiment des gens qui vont aller jusqu'aux exploitations,
15:09venir à la rencontre des agriculteurs ?
15:11– Oui, tout à fait.
15:11Il y a tout un réseau, d'abord territorialisé,
15:14un réseau qu'on appelle Sentinelle,
15:15déployé par la mutualité sociale agricole.
15:18Les agriculteurs ont mis en place, eux aussi,
15:21les syndicats, je veux dire,
15:23ont mis en place leur propre réseau
15:25pour ne pas laisser les gens dans la solitude de l'épreuve.
15:29Les grandes cultures ont toute mon attention
15:31déjà depuis plusieurs mois
15:33parce que les cours mondiaux sont des commodités,
15:36donc les cours sont mondiaux, les cours sont bas
15:38et les charges d'exploitation ne cessent d'augmenter.
15:41Donc ils sont sous l'effet ciseau.
15:42J'ai négocié à l'Europe avec mes collègues ministres de l'Agriculture
15:49le déblocage d'aides d'urgence pour leur permettre d'acheter les engrais
15:53pour les prochaines cultures, c'est très important.
15:56Ils en ont besoin, là, dans les mois qui viennent.
15:59Donc la France, qui est le plus grand produit pays céréalier d'Europe,
16:05touchera plus de 100 millions d'aides qui iront directement.
16:09Et puis il y a toute la solidarité de l'État qui sera là.
16:13L'État a toujours été aux côtés des agriculteurs dans les périodes de crise
16:16et il le sera aujourd'hui et demain.
16:18Voilà, il faudrait que l'aide arrive évidemment très vite,
16:20mais je crois que vous l'avez compris, évidemment.
16:22Merci Annie Gennevard.
16:23Merci à vous.
16:24Merci à vous.