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00:02:44Un coup de vent venu des enfers a éteint ma bougie alors que je descendais tranquillement l'escalier pour me
00:02:49rendre à notre chapelle.
00:02:50J'ai manqué une marche et me suis cassé le bras.
00:02:54Depuis, je dois avoir recours quotidiennement à une autre sœur pour me laver, m'habiller et assurer ma correspondance.
00:03:02Ceux qui m'agace, ce qui m'agace au plus haut, tu t'en veux bien.
00:03:06Oh, attention, attention, attention.
00:03:09Ah, c'est ça, c'est ça.
00:03:18Ah, doucement, doucement.
00:03:36As-tu remarqué, monsieur mon frère, que le coût des marchandises en Espagne a été multiplié par dix ?
00:03:43J'estime à trois cent mille maravillises de rentes par an, ce qu'il faudrait à un couvent de vingtaine
00:03:48nonnes pour subsister, c'est-à-dire pour qu'aucune d'entre elles n'y meure de faim.
00:03:55Or, en une semaine, nos sœurs n'ont tiré de leurs travaux que onze réaux, tandis que les dépenses en
00:04:02pain, huile, oeufs, poissons, riz, légumes, miel et un peu de mouton pour les Valais se montaient à soixante-dix
00:04:12-neuf réaux.
00:04:13Soixante-dix-neuf réaux ? Mais les dents de vos fidèles ?
00:04:18Les aumônes ? N'en parlons pas.
00:04:22Elles atteignent péniblement une trentaine de réaux.
00:04:26Comment une telle situation a-t-elle pu s'imposer ?
00:04:30Guerre sans fin, flotte ruinée, noblesse oisive et fastueuse, excès de fonctionnaires, abus des pensions, que sais-je, moi ?
00:04:44Chaque Espagnol n'attend plus aujourd'hui que l'horreur royale tombe miraculeusement dans sa bourse.
00:04:50Tandis que le roi lui-même attend que ses gaillons du Nouveau Monde déversent l'or dans ses coffres.
00:04:58Crois-moi, mon frère.
00:05:01Je vois de très grands maux à venir, sans que nos forces humaines soient assez puissantes pour éteindre cet incendie
00:05:09qui prend de si vastes proportions.
00:05:16Et concernant plus précisément les injustes accusations portées contre vous,
00:05:22celles dont vous m'avez fait part à maintes reprises dans vos courriers, qu'en est-il à présent ?
00:05:29Le père provincial d'Andalousie est toujours au plus mal avec moi,
00:05:33pour certaines raisons qui, si l'on voulait bien entendre,
00:05:38montrerait que je suis bien peu coupable, voire même pas du tout.
00:05:42Au contraire, je me suis même soumise au bref qu'il m'a envoyé récemment,
00:05:47et je lui ai écrit une lettre avec toute l'humilité que j'ai pu.
00:05:56Quant à l'Inquisition,
00:05:59elle me tourmente aussi avec ses...
00:06:02ses reproches.
00:06:04Et cependant, je n'ai rien fait contre elle non plus.
00:06:07Mais que vous reprochetez tous au juste ?
00:06:10Ils me disent que les...
00:06:12les réformes que j'entreprends
00:06:13ont pour but de fonder un nouvel ordre.
00:06:16Que ce sont des inventions du diable.
00:06:18Je le veux bien.
00:06:20Mais toute mauvaise qu'ils me décrivent,
00:06:22je ne le suis cependant pas assez pour oser faire ce qu'ils disent.
00:06:29Je ne sais d'où ils tirent tant de sornettes
00:06:31dont ils se servent pour me faire la guerre.
00:06:40Le remède serait peut-être que l'on me jette à l'eau.
00:06:42Mais non.
00:06:43Comme Jonas.
00:06:45Pour calmer la tempête.
00:06:48Mais non.
00:06:48Car qui sait, au fond,
00:06:50si ce ne sont pas mes péchés qui l'ont soulevé.
00:06:53Mais non.
00:06:54Non.
00:06:58Enfin.
00:07:02Nous allons y voir plus clair
00:07:04maintenant que tu es là.
00:07:07Si je puis vous être utile...
00:07:09Tu en auras bientôt l'opportunité.
00:07:12Dans dix jours,
00:07:13j'ai rendez-vous avec un supérieur dominicain
00:07:14et j'ai prévu d'apporter avec moi
00:07:16les patentes authentiques
00:07:18et les autorisations venues de Rome
00:07:20que j'ai en ma possession.
00:07:22Car ce dominicain
00:07:24est furieux contre moi.
00:07:28Je suis honteuse
00:07:29de ce que l'on dit de nous.
00:07:32Et du fait qu'ils nous mettent
00:07:34dans l'obligation d'être tels
00:07:35qu'ils nous ont dépeintes
00:07:36afin de prouver qu'ils n'ont pas menti.
00:07:40Crois-moi, mon frère.
00:07:42Nous aurons besoin
00:07:43de beaucoup de patience
00:07:45et d'arguments solides
00:07:47pour les détromper.
00:07:52Mais avant cela,
00:07:55tu vas me raconter
00:07:55tes aventures en terre lointaine
00:07:57et sans rien à mettre.
00:07:59Car je veux tout savoir.
00:08:03Promis.
00:08:11À peine une semaine
00:08:13s'était-elle écoulée
00:08:14depuis mon retour
00:08:15que ma sœur
00:08:17m'abreuvait à nouveau
00:08:18de ces longs courriers
00:08:19dont elle avait le secret.
00:08:24Celui que je reçus
00:08:25ce matin même
00:08:26était vraiment
00:08:28on ne peut plus caractéristique
00:08:30de son style.
00:08:33Je désire
00:08:34que tu n'oublies pas
00:08:35tout ceci,
00:08:36monsieur mon frère,
00:08:37et c'est pourquoi
00:08:38je te l'écris.
00:08:40J'ai cru comprendre
00:08:41que tu ambitionnais
00:08:42l'acquisition prochaine
00:08:43d'une propriété
00:08:45à une lieu
00:08:46et demi d'avila
00:08:47faite de pâturage,
00:08:49de blé
00:08:49et de taillis
00:08:50pour 14 000 ducas.
00:08:52Je sais
00:08:53que tu es porté
00:08:54et même habitué
00:08:55à la magnificence,
00:08:58mais il faut
00:08:58te mortifier
00:08:59sur ce point.
00:09:01Prends dans ta maison
00:09:02le moins de personnel
00:09:03que tu pourras.
00:09:04Mieux vaut en prendre
00:09:06progressivement
00:09:06que d'avoir
00:09:07à les congédier après.
00:09:10J'aimerais aussi
00:09:11que,
00:09:11pour l'instant,
00:09:13tu n'achètes pas
00:09:13de mule,
00:09:14mais un petit cheval
00:09:15qui serve pour tes voyages
00:09:17et pour le service
00:09:18de la maison.
00:09:19Il n'y a aucune raison
00:09:20pour que tes enfants
00:09:21se promènent
00:09:22autrement qu'à pied.
00:09:24Veille à ce qu'ils
00:09:24ne se mêlent pas non plus
00:09:26au Vanite d'Avila
00:09:27et envoie-les
00:09:28sans tarder
00:09:28à la compagnie
00:09:30afin qu'ils prennent
00:09:31le bonnet d'étudiant.
00:09:38Mais comme je suis bavarde
00:09:40et que de sottises
00:09:42je t'écris
00:09:43et tu supportes
00:09:44tout de moi
00:09:45comme autant
00:09:45de notre jeunesse.
00:09:47Oui, vraiment.
00:09:49Je me consume
00:09:50de ne pas être libre
00:09:51de faire moi-même
00:09:52ce que je conseille
00:09:53si bien aux autres.
00:09:56Que la sentier
00:09:57et Dieu cheminent
00:09:58toujours à tes côtés,
00:09:59mon frère.
00:10:28Sous-titrage ST' 501
00:10:56Sous-titrage ST' 501
00:11:01Vous avez répondu
00:11:02promptement
00:11:02à ma convocation.
00:11:03C'est fort bien.
00:11:05Je vous prie.
00:11:11Je vous présente
00:11:12mon parent,
00:11:13le seigneur Lorenzo
00:11:14de Cepeda.
00:11:15Vous avez cru aviser
00:11:16de vous faire accompagner
00:11:17par un membre
00:11:18de votre famille.
00:11:19C'est judicieux.
00:11:21Mais pensez-vous
00:11:21vraiment qu'un élément
00:11:22extérieur à notre église
00:11:23suffise à nuancer
00:11:24mon opinion
00:11:25quant à vos déplacements
00:11:26incessants
00:11:26à travers tout le pays
00:11:27alors que le dernier concile
00:11:29vous a interdit
00:11:29formellement
00:11:30de sortir
00:11:30de la clôture
00:11:31de votre communauté ?
00:11:35Considérez
00:11:35votre seigneurie
00:11:37que ces errances
00:11:38sont justifiées
00:11:38pour bien des raisons
00:11:39que vous ne comprenez
00:11:41peut-être pas
00:11:41aussi bien que moi
00:11:42qui les entreprends
00:11:44souvent
00:11:44au péril de ma vie.
00:11:46Mais comme
00:11:47sa sainteté illustrissime
00:11:48tient ici
00:11:49la place de Dieu
00:11:49et qu'elle juge
00:11:51que cela ne convient
00:11:52pas à mon statut
00:11:52de recluse
00:11:54je n'aurai aucune peine
00:11:55à les arrêter
00:11:56si la grâce de Dieu
00:11:57m'ordonne
00:11:58d'y renoncer.
00:11:59C'est fort bien ma mère.
00:12:00Pourtant
00:12:00j'avoue
00:12:01ne pas très bien comprendre
00:12:03quel inconvénient
00:12:04peut naître
00:12:04de ce que je réalise
00:12:05pour l'ordre
00:12:06alors que tant d'avantages
00:12:07pourraient en découler.
00:12:08Je voilà une appréciation
00:12:10qui mêle subtilement
00:12:11à pertinence
00:12:11et humilité.
00:12:15Décidément ma mère
00:12:17vous représentez bien
00:12:18cette catégorie
00:12:18de femmes inquiètes
00:12:19et vagabondes
00:12:20dont nous défions
00:12:21si terriblement.
00:12:24Votre seigneurie
00:12:24croit que je prétends
00:12:25lui donner des leçons.
00:12:27Dieu m'en garde.
00:12:28La faute en est
00:12:29à l'affection
00:12:31que je lui porte
00:12:32et qui me fait
00:12:33lui parler librement
00:12:34sans prendre garde
00:12:35à ce que je suis.
00:12:38Je n'ai pas besoin
00:12:39de vous rappeler ici
00:12:40que vous êtes une femme.
00:12:45Votre seigneurie
00:12:46m'amuse
00:12:47lorsqu'elle dit
00:12:48qu'elle a tôt fait
00:12:48de nous juger
00:12:49car nous ne sommes pas
00:12:50si faciles à connaître
00:12:51nous autres femmes.
00:12:53Vous les confessez
00:12:54pendant des années
00:12:55et vous vous étonnez
00:12:56un jour
00:12:57de les avoir
00:12:57si peu comprises.
00:12:58La raison en est
00:12:59qu'elles ne se connaissent
00:13:00peut-être pas elles-mêmes.
00:13:02Pourtant
00:13:04il suffit
00:13:04d'en punir une seule
00:13:06pour que toutes
00:13:06les autres se taisent
00:13:07car ainsi sont
00:13:09les femmes
00:13:10craintives
00:13:10pour la plupart.
00:13:14J'ai plaisir
00:13:14à vous l'entendre dire
00:13:16car vous savez
00:13:17que l'éducation religieuse
00:13:18ne vise point
00:13:19au développement
00:13:19de la femme
00:13:20mais à son renoncement
00:13:21à elle-même.
00:13:23Ce n'est pas
00:13:24l'effet des femmes
00:13:25que d'enseigner
00:13:25mais d'être enseignée
00:13:26professez Saint-Paul
00:13:29car la femme
00:13:30ne possède
00:13:31qu'une nature
00:13:31imparfaite
00:13:32et défectueuse.
00:13:37Savez-vous
00:13:38que chaque jour
00:13:39s'accumulent
00:13:40sur mon bureau
00:13:41des courriers
00:13:42et des rapports
00:13:43faisant état
00:13:43de vos incessants débordements ?
00:13:48Si je ne craignais
00:13:49pas le mal
00:13:49que peut faire
00:13:50la médisance
00:13:50je rirais
00:13:52des accusations
00:13:52que l'on porte
00:13:53contre notre habit.
00:13:56Pourtant
00:13:58je vous supplie
00:13:59de ne pas consentir
00:14:00à porter
00:14:01ces témoignages
00:14:01infâmes
00:14:02devant les tribunaux
00:14:04car le monde
00:14:05est ainsi fait
00:14:06que bien que
00:14:07le contraire
00:14:08soit démontrable
00:14:10un soupçon
00:14:11peut toujours demeurer.
00:14:12La création
00:14:13récente
00:14:14du couvent
00:14:14de Béas
00:14:15en Andalousie
00:14:15sans mon autorisation
00:14:16ressemblait
00:14:17effectivement
00:14:18de votre part
00:14:19à de la rébellion.
00:14:22Je ferais aimablement
00:14:23remarquer
00:14:23à votre seigneurie
00:14:24que la ville
00:14:25de Béas
00:14:25n'est pas en Andalousie
00:14:26mais dépend
00:14:28de la province
00:14:29d'Andalousie.
00:14:29Votre seigneurie
00:14:30sait aussi
00:14:31que bien souvent
00:14:33on n'établit pas
00:14:34un monastère
00:14:34là où l'on veut
00:14:35mais là où l'on peut
00:14:36et elle sait aussi
00:14:37que jamais
00:14:38je n'ai été faire
00:14:39de fondation
00:14:40quelque part
00:14:40sans une ordonnance
00:14:41écrite
00:14:42ou une autorisation
00:14:43de mes supérieurs.
00:14:44J'ai d'ailleurs
00:14:45à porter avec moi
00:14:47les patentes
00:14:47en vertu desquelles
00:14:48ces fondations
00:14:49ont été faites.
00:14:52Votre seigneurie
00:14:53verra
00:14:54que dans une lettre
00:14:55que m'a écrite
00:14:56le père général
00:14:56de Rome
00:14:57il me dit
00:14:58qu'il désire
00:14:59me voir
00:14:59fonder autant
00:15:00de monastères
00:15:00que j'ai de cheveux
00:15:01sur la tête.
00:15:02N'est-ce donc pas
00:15:03d'abord
00:15:03à vos seigneuries
00:15:04de se mettre
00:15:05d'accord entre elles
00:15:06car peut-être
00:15:07sont-elles plus coupables
00:15:08d'avoir ordonné
00:15:09ces actes contraires
00:15:10que moi
00:15:11de les avoir accomplis
00:15:12par obéissance ?
00:15:14J'exige pour ma part
00:15:15que vous cessiez
00:15:16toute nouvelle fondation
00:15:17sans un ordre formel
00:15:18émanant de moi
00:15:20et je vous confirme
00:15:22que des sanctions
00:15:23seront prises
00:15:23à votre encontre
00:15:24car je ne peux tolérer
00:15:26que notre autorité
00:15:27soit remise en cause
00:15:28publiquement.
00:15:33Attendez-vous aussi
00:15:34à la visite prochaine
00:15:35d'une délégation
00:15:36de l'Inquisition.
00:15:52Je ne sais d'où vient
00:15:54que de tant de spiritualité
00:15:55il sorte tant de vanité.
00:15:59Ce Dominique
00:16:00commet l'erreur de croire
00:16:02que le temps lui apprendra
00:16:04ce que j'ai acquis
00:16:05par l'expérience.
00:16:10Je ne doute pas
00:16:11qu'il se conforme
00:16:12à l'Écriture sainte
00:16:13mais pour le reste
00:16:14qu'il ne se flatte pas
00:16:16de concevoir
00:16:16ce qu'il ne peut concevoir
00:16:20qu'il reste plutôt humble
00:16:22et cesse de vouloir
00:16:23déverser sa science
00:16:24sur des choses
00:16:25qui le dépassent.
00:16:26Oui, mais
00:16:27commentez-vous ?
00:16:29Je pense que
00:16:30ces épreuves viennent
00:16:31de plus haut
00:16:32et que le Seigneur
00:16:33veut que nous souffrions
00:16:34davantage.
00:16:43Dieu traite bien
00:16:44terriblement
00:16:45ses amis.
00:16:48Il est vrai
00:16:49qu'il ne leur fait
00:16:50pointe injure
00:16:51puisqu'il a traité
00:16:52ainsi son propre fils.
00:16:54Oui,
00:16:55pourtant la vague
00:16:56d'épreuves
00:16:56qui vous submerge
00:16:57ne provient pas
00:16:58du ciel
00:16:58mais bien
00:16:59de religieux
00:17:00qui sont vos frères.
00:17:03Je voudrais tant
00:17:05leur supprimer
00:17:06toute opportunité
00:17:07d'en faire plus
00:17:08et d'en dire davantage
00:17:10car cela fait maintenant
00:17:11plus de dix ans
00:17:12que je souffre
00:17:13des attaques
00:17:13de ces mitigés
00:17:16et je ne sais plus
00:17:17comment faire.
00:17:22Quand on pense
00:17:23que Judas
00:17:23conversait sans cesse
00:17:24avec notre Seigneur
00:17:26et qu'il finit
00:17:27par le trahir,
00:17:30l'on réalise
00:17:31qu'il n'y a plus
00:17:31de sécurité nulle part
00:17:32en ce monde
00:17:35et qu'il faut se méfier
00:17:36de tout ce qui n'est
00:17:37pas de Dieu seul.
00:17:40Que le ciel
00:17:41me vienne en elle
00:17:43ou sinon
00:17:44je sens
00:17:45que je vais devenir folle.
00:18:12Oui.
00:18:14Et se murmure
00:18:15ma mère
00:18:18que nous aurons
00:18:19bientôt
00:18:20la visite
00:18:20de l'Inquisition.
00:18:23Allons,
00:18:24courage ma fille,
00:18:24courage !
00:18:25Vous n'êtes pas
00:18:26Algiers
00:18:27mais au milieu
00:18:27de vos sœurs.
00:18:29Dites-vous
00:18:29que tout bien considérez
00:18:30ce que l'on peut
00:18:31souffrir
00:18:31pour notre sauveur
00:18:32et bien peu de choses.
00:18:33Et enfin,
00:18:34vous n'en êtes pas encore
00:18:35à verser votre sang
00:18:36pour lui.
00:18:38Considérez-le
00:18:39lorsqu'il se rendait
00:18:40au jardin des Oliviers.
00:18:41Quelle fut
00:18:41son affliction profonde ?
00:18:44Voyez
00:18:45comme il fut persécuté,
00:18:46couvert de crachats,
00:18:48renié,
00:18:48délaissé par les siens
00:18:50sans que personne
00:18:50ne prenne sa défense.
00:18:52Vous me direz,
00:18:53ma mère,
00:18:54comment ça le se peut-il ?
00:18:56Si j'avais connu
00:18:57sa majesté du temps
00:18:58où elle était sur terre,
00:18:59je l'aurais aidé
00:19:00de toutes mes forces.
00:19:02Oui,
00:19:03assurément.
00:19:03N'en croyez rien.
00:19:05Celles qui,
00:19:06aujourd'hui,
00:19:07ne veulent pas faire
00:19:07l'effort de considérer
00:19:08le Seigneur
00:19:09au-dedans de leur âme,
00:19:10ils étaient tout à fait
00:19:11incapables de se mettre
00:19:12au pied de la croix.
00:19:15Mais...
00:19:16Quoi encore ?
00:19:18Si l'Inquisition
00:19:20pénètre
00:19:20jusque dans la clôture,
00:19:22que devons-nous faire ?
00:19:23Eh bien,
00:19:24si l'on vous pose
00:19:24des questions,
00:19:25dites que vous n'avez
00:19:26pas l'autorisation
00:19:26de parler.
00:19:27Cela y différera
00:19:28plus que de longs discours.
00:19:29Mais...
00:19:31Quoi ?
00:19:34Et s'il venait
00:19:35à vous arrêter ?
00:19:39Vous avez,
00:19:40ma sœur,
00:19:42une drôle de façon
00:19:43de me consoler
00:19:43de ma grande affliction
00:19:45en m'annonçant
00:19:46que l'Inquisition
00:19:47ne va pas tarder
00:19:49à me jeter en prison.
00:20:05Quelques jours plus tard,
00:20:06comme nous nous y attendions,
00:20:09la cour raisonna des bruits
00:20:11d'une délégation
00:20:12de l'Inquisition
00:20:12et de tout son appareil
00:20:13judiciaire,
00:20:15faisant irruption
00:20:16chez les sœurs
00:20:17avec l'étalage
00:20:18le plus scandaleux.
00:20:22L'Inquisition
00:20:23cherchait
00:20:23à mettre la main
00:20:24sur le manuscrit
00:20:25d'un livre
00:20:26que la Madrée
00:20:27avait rédigé
00:20:28de sa propre main
00:20:30sur l'ordre
00:20:30de l'un de ses confesseurs.
00:20:44Les livres de ma sœur
00:20:47J'eus l'opportunité
00:20:48quelques années plus tard
00:20:49de les parcourir longuement
00:20:53et je dois confesser
00:20:55que dans bien des passages
00:20:57il me semblait
00:20:58que ce n'est pas l'esprit
00:20:59d'un être humain
00:21:00que j'entendais
00:21:02mais celui
00:21:03de l'Esprit-Saint
00:21:04lui-même
00:21:05qui dirigeait
00:21:06sa plume.
00:21:29Il m'est venu une idée, mon frère.
00:21:33Je ne suis pas assurée
00:21:34qu'elle te plaise
00:21:34mais
00:21:36comme je ne peux
00:21:37demander ce service
00:21:38à aucune sœur
00:21:38de l'ordre
00:21:40c'est donc toi
00:21:40qui me servira
00:21:41de chaperon ce soir.
00:21:44De chaperon ?
00:21:46Oui
00:21:47mais
00:21:48où comptez-vous aller ?
00:21:54Je ne peux te le dire
00:21:55sans te compromettre.
00:22:00Accompagne-moi seulement
00:22:01et tu comprendras bien
00:22:02assez vite
00:22:03de quoi il retourne.
00:22:04Très bien.
00:22:04comme là.
00:22:05Let's go.
00:22:30My mother...
00:22:33...signor...
00:22:50Ah, les inquisiteurs, ils sont des ennemis de Dieu et de la vérité.
00:23:04Ils sont pires que les loups, et bien des animaux sont meilleurs qu'eux.
00:23:12Donc, ils extorquent de l'argent aux pauvres gens et les maintiennent sous leur pouvoir.
00:23:24Croyez-moi, ma mère, il n'est pas de limite à la perfidie de ces gens.
00:23:34Mais comment ont-ils pu imposer une telle crainte ?
00:23:39Ignorez-vous donc que l'Inquisition dispose de la collaboration d'une police fanatique estimée, rien qu'à ses vies,
00:23:50à plus de vingt mille personnes ?
00:23:53Vingt mille personnes ? Mais comment cela est-il possible ?
00:24:00Nombreux sont ceux qui veulent bénéficier des privilèges attachés aux fonctions d'Inquisition et échappés ainsi à la juridiction de
00:24:13ces tribunaux.
00:24:17Mais, Dieu veille, et pas un jour ne se passe sans que leurs artifices soient connus et dénoncés.
00:24:33Souvent, même d'ailleurs, de simples ruses suffisent à les mettre dans l'embarras.
00:24:41Des ruses ?
00:24:43Oui.
00:24:46La ruse est la meilleure arme des inquisiteurs, mais elle peut aussi devenir celle des accusés.
00:24:55Ils ont appris les formules de négation et de défense à utiliser pour les tromper.
00:25:08Pour les tromper ?
00:25:09Oui.
00:25:12C'est très simple, en vérité.
00:25:15Il suffit d'ajouter la ruse à la ruse.
00:25:23Et, au final, il suffira juste à l'accusé de dire à l'inquisiteur ce qu'il veut entendre,
00:25:35tout en sous-entendant lui-même autre chose.
00:25:40Comme par exemple ?
00:25:45Si l'inquisiteur lui demande « Crois-tu que le Fils de Dieu se soit incarné dans le ventre virginal
00:25:54de Marie ? »
00:25:57L'accusé répondra « Sachez que je crois tout ce que doit croire un bon chrétien. »
00:26:08Sous-entendant qu'un bon chrétien ne peut pas croire cela.
00:26:12« Je suis atterrée. »
00:26:28Néanmoins, je vous remercie pour ses précieux conseils.
00:26:34Je vous l'assure, Dieu vous aime beaucoup, mon frère, car vous marchez dans ses traces.
00:26:43Soyez dans la joie, puisqu'il vous accorde ce que vous lui demandez, c'est-à-dire des souffrances.
00:26:58Au moment venu, Dieu prendra votre défense, car il est juste.
00:27:25Les artifices auxquels ces pauvres gens doivent recourir pour sauver leur vie sont tout à fait déshonorants.
00:27:33Mais le comportement de ceux qui les poussent à de telles extrémités n'est-il pas plus condamnable encore ?
00:27:41Viens, entrons dans cette petite chapelle.
00:27:46Nous serons plus tranquilles pour en parler.
00:27:48Vous avez réussi.
00:28:19Vous vous semblez redouter au plus haut point que l'inquisition de semelle de vos affaires.
00:28:27Je redoute surtout que le cas de Sœur Angèle de l'Incarnation ne parvienne aux oreilles de ces gens-là.
00:28:37Sœur Angèle ?
00:28:39Qui est-elle, une religieuse de votre âme ?
00:28:43Hélas.
00:28:45Je ne vous ai jamais entendu prononcer son nom auparavant.
00:28:49Qu'est-elle de si singulier ?
00:28:52Singulier.
00:28:54Tu l'as bien dit, mon frère.
00:28:58C'est là le terme exact qui convient le mieux à son état.
00:29:03Comment cela ?
00:29:07À toi, je peux me confier sans crainte, car je sais que tu garderas ce secret pour toi.
00:29:14Cette histoire a commencé il y a environ quatre mois, juste après Noël,
00:29:21alors que j'étais en tournée d'inspection au couvent d'Alba de Tormes.
00:29:28Comme j'étais en train de regarder des documents,
00:29:32je vis une religieuse entrée dans mon bureau, l'air tout à fait affolée.
00:29:37Venez vite, ma mère, venez vite !
00:29:39Le corps de Sœur Angèle vient d'être retrouvé toute ensinglantée.
00:29:42Quoi ?
00:29:43Elle saigne des pieds et des mains.
00:29:47Des mains ?
00:29:51Et ce sont les stigmates.
00:29:54Les stigmates ?
00:29:55Mais quelle maladie est-ce, là ?
00:30:01Que sais-tu concernant les stigmates, mon frère ?
00:30:05Comme tout bon chrétien,
00:30:07je sais qu'il existe des femmes et des hommes
00:30:09qui reproduisent dans leur corps les blessures que notre Seigneur avait au moment de sa mort,
00:30:15les plaies laissées par les clous,
00:30:18les coups de fouet, la lance du soldat.
00:30:23Mais je n'en sais pas davantage.
00:30:27J'étais comme toi.
00:30:30Aussi, j'ai dû parcourir certains ouvrages consacrés aux stigmatisés
00:30:34qui sont disponibles à la bibliothèque de notre ordre.
00:30:40Entre nous, j'ai dû les faire emprunter par un prêtre de mes amis, sous de faux prétextes.
00:30:47Voix de quelles extrémités j'en suis réduite à cause de toute cette histoire.
00:30:55Mais quoi qu'il en soit, je les ai attentivement parcourus et j'y ai lu que François d'Assise
00:31:02se trouvait en prière
00:31:04en 1224 sur le mont Alverne.
00:31:09Lorsqu'il vit un séraphin ayant des ailes toutes de feu qui descendaient vers lui des hauteurs du ciel.
00:31:23Puis, apparut entre ses ailes l'image d'un homme crucifié.
00:31:29Et au même instant, dans ses mains et dans ses pieds,
00:31:35commencèrent à se former des marques d'un trou,
00:31:39telles qu'il venait de les voir dans l'image de l'homme crucifié.
00:31:43Et bien, voyez-vous, j'ignorais toute cette histoire.
00:31:58Je savais juste que saint Paul avait été l'un des premiers stigmatisés de l'Église
00:32:03et qu'il avait inventé le mot en proclamant
00:32:06« Je porte dans mon corps les marques de Jésus, les stigmas. »
00:32:14« Ce qui prouve que nos pères religieux t'ont bien enseigné. »
00:32:18Oui, mais revenons à Sœur Angèle.
00:32:23Que savez-vous de plus sur elle ?
00:32:25Oh, je sais peu de choses sur cette fille.
00:32:34Elle est née à sept mois, m'a-t-on rapporté,
00:32:36et ne doit sa vie qu'au miracle.
00:32:40Elle est aujourd'hui âgée de 18 ans,
00:32:42mais elle n'en paraît que 15.
00:32:45Tellement sa figure est juvénile et son corps semble celui d'une enfant.
00:32:49Elle n'a quasiment pas de poitrine
00:32:51et sa taille ne dépasse pas quatre pieds.
00:32:59Je sais qu'elle passe de longues heures
00:33:01à regarder les oiseaux et à observer leurs coutumes.
00:33:07Seuls ces animaux semblent la mettre en joie,
00:33:10et jamais, jamais elle ne se lasse d'en parler.
00:33:15Quant à sa foi dans notre Carmel, je la crois sincère,
00:33:19et l'on m'a assuré que jusqu'à présent,
00:33:23ce fut une religieuse discrète et obéissante.
00:33:29Mais comment tout cela a-t-il commencé ?
00:33:39Voilà ce qu'en dit Sœur Angèle
00:33:41dans une confession que je lui ai demandée il y a peu.
00:33:48Cette lettre est trop grave
00:33:52pour que j'en confie la garde à qui que ce soit.
00:34:06Tout à coup,
00:34:09je fus pris d'une extrême frayeur
00:34:11à la vue
00:34:13de notre Seigneur Céleste.
00:34:19Il tenait à la main
00:34:20une très longue lance de fer
00:34:23à la pointe effilée.
00:34:28Puis le Seigneur me prit dans ses bras
00:34:30et il me dit
00:34:33« Veux-tu être comme moi ? »
00:34:39Je sentis alors
00:34:42un feu brûlant m'envahir.
00:34:46Le Seigneur me demanda d'abord
00:34:48de lui montrer mes mains.
00:34:51Il me semblait
00:34:53qu'un dard sortait de son cœur
00:34:56et se divisait en deux rayons
00:34:59pour percer l'un
00:35:02la main droite
00:35:03et l'autre la main gauche.
00:35:08Puis il m'invita
00:35:10à lui montrer mes pieds
00:35:13et comme pour les mains,
00:35:16un dard de feu
00:35:17de la même couleur
00:35:18vint frapper
00:35:19et traverser en même temps
00:35:21mes deux pieds.
00:35:25Une douleur torturante
00:35:27me brûlait les quatre mains
00:35:30au point que je croyais
00:35:32que la vie s'en allait de moi.
00:35:35À la demande
00:35:36de la Madre Teresa de Jésus,
00:35:39j'ai dicté cette confession.
00:35:43Aujourd'hui,
00:35:45le premier mois de l'an 1575.
00:36:04Que penses-tu de cela, mon frère ?
00:36:09Je suis inquiet par avance
00:36:11de la tempête
00:36:11que ne manquera pas
00:36:12de déclencher une telle nouvelle
00:36:14si elle venait à être connue.
00:36:17Où avez-vous fait transporter
00:36:18ce rongel ?
00:36:21Ce lieu secret,
00:36:24je ne peux te le révéler
00:36:25sans me parjurer.
00:36:28Mais tu me connais assez bien
00:36:30pour savoir que je l'ai mise
00:36:33dans le seul endroit
00:36:34où nos supérieurs
00:36:36n'oseront jamais imaginé
00:36:38qu'elles se trouvent.
00:36:40Oh !
00:36:41Où vendez-vous ?
00:36:45Tu me connais fort bien, mon frère.
00:36:49Heureusement que tu n'es pas
00:36:50de mes ennemis,
00:36:51car alors j'aurais tout
00:36:52à craindre de toi.
00:37:09Profitant de la relative accalmie
00:37:11dont nous gratifiait l'Inquisition,
00:37:14je restais deux longues semaines
00:37:16seul dans ma nouvelle proposition.
00:37:20Lorsqu'un matin,
00:37:21une convocation urgente
00:37:23de ma sœur
00:37:24à venir la rejoindre
00:37:26sans plus tarder au couvent
00:37:27me fut apportée par un valet.
00:37:38L'ordre en était de me présenter
00:37:40sans attendre à la clôture
00:37:42d'où l'on me mènerait
00:37:44jusqu'à elle.
00:37:47Que ma sœur ait cru utile
00:37:48de passer outre
00:37:49sur l'un des points du règlement
00:37:51qu'elle avait elle-même édicté
00:37:53prouvait à lui seul
00:37:55l'importance de cette convocation.
00:38:20Térysa?
00:38:28Térysa?
00:38:32Térysa?
00:38:36Ah, tu as fait vite.
00:38:39C'est bien.
00:38:40Votre bras semble se comporter mieux.
00:38:42Oui, très étrangement.
00:38:45Je me suis réveillée hier matin
00:38:47et je n'ai plus ressenti
00:38:48aucune douleur.
00:38:50Reste ce
00:38:51bourdonnement constant
00:38:52dans ma tête.
00:38:54Mais laissons cela,
00:38:55il y a plus urgent.
00:38:57J'aurais préféré te voir
00:38:58en dehors de notre clôture.
00:39:00Mais les nécessités impérieuses
00:39:02de ta présence ici
00:39:03ne m'ont pas laissé
00:39:04d'autres choix.
00:39:07Sœur Angèle,
00:39:09dont tu connais
00:39:10toute la situation
00:39:11embarrassante,
00:39:13a demandé à te voir.
00:39:16Moi?
00:39:18Mais pourquoi moi?
00:39:20Je ne saurais te dire.
00:39:22J'ignorais même
00:39:23quelle connaissance
00:39:24de ton existence.
00:39:29Mais depuis plusieurs jours,
00:39:32elle réclame
00:39:33avec insistance
00:39:34ta présence.
00:39:36C'est pourquoi
00:39:38j'ai fini par t'autoriser
00:39:40à franchir notre clôture.
00:39:42Ces crises
00:39:43ont donc continué.
00:39:44Elles ont même empiré,
00:39:45tu veux dire.
00:39:46Je vais rentrer
00:39:47la première dans la cellule.
00:39:49Tu me suivras,
00:39:49mais en silence,
00:39:50car je ne suis pas sûre
00:39:52qu'elle soit en état
00:39:53de te recevoir.
00:39:54Je vous suis.
00:40:05la première dans la cellule.
00:40:19How was it?
00:40:26How was it?
00:40:29Yes.
00:40:30I was able to travel.
00:40:38I can't wait for you to say anything.
00:40:43Don't worry.
00:40:43Please take a look at me.
00:40:46I will start with my language.
00:40:49I will start with my language.
00:40:51I will start with my language.
00:40:54Please take a look at me.
00:40:57What is that diabolical language?
00:40:59But no, there is nothing diabolical there.
00:41:02So, Angel et moi, conversion simplement.
00:41:04You convert?
00:41:05Yes.
00:41:06Just?
00:41:07Yes.
00:41:08In Japanese.
00:41:13But how can this language be known as she never studied?
00:41:18And she hasn't even signed her name?
00:41:19That I would say, but...
00:41:21But I would say that her Japanese is better than the one I learned during my trip to Sipango.
00:41:27And what did she say?
00:41:29Well, she asked me if I had done my trip to Spain.
00:41:37And then?
00:41:37And then?
00:41:38Then?
00:41:40She was given me surprise to hear Japanese.
00:41:43But how to be surprised by something so...
00:41:47...inattendue?
00:41:49Sortons vite from here.
00:41:51All these diabolical things tell me nothing to do.
00:41:54Saraba?
00:41:55Saraba, you too, my sœur.
00:42:27All right.
00:42:59All right.
00:43:19Que vous arrive-t-il ?
00:43:22Je voulais vous servir à boire, ma sœur, pour vous remercier de toutes vos bontés envers moi.
00:43:28Mais il ne faut pas vous fatiguer davantage, sœur Angèle. Allons, recouchez-vous.
00:43:36J'aurais tant aimé faire quelque chose d'utile pour vous, ma sœur.
00:43:40Mais que voulez-vous donc faire pour moi ?
00:43:45Guérir votre jambe.
00:43:47Je vais demander au démon de guérir votre jambe, comme je leur ai demandé de guérir le bras de notre
00:43:53Sainte Mère.
00:43:56Si vous avez de l'affection pour moi, je vous conjure de ne rien demander au démon, de crainte qu
00:44:06'il ne vous l'accorde.
00:44:08Maintenant, recouchez-vous.
00:44:13Musique de générique
00:44:15Musique de générique
00:44:39Je suis désolé de vous apprendre que la rumeur d'une sœur stigmatisée de votre couvent
00:44:44s'est répandue comme une traînée de poudre à travers toute la région.
00:44:47Bon, dorénavant en ville, on ne parle plus que de cela.
00:44:50En quel terme ?
00:44:52Dis-moi tout.
00:44:54Ne me cache rien, j'ai besoin de savoir.
00:44:56Êtes-vous sûr de pouvoir tout entendre ?
00:44:57Parle.
00:44:59Nous verrons bien ensuite si je suis assez forte pour le supporter.
00:45:02Bien.
00:45:03Au cours de ma promenade de ce matin, j'ai été pris à partie par des libres penseurs.
00:45:07Ils voulaient absolument me faire admettre que ces pauvres religieuses enfermées entre quatre murs
00:45:13tombaient dans un délire mélancolique uniquement parce qu'elles étaient travaillées par l'aiguillon de la chair
00:45:21et que c'est la seule fréquentation des hommes qui leur servira de médecine contre de telles murs.
00:45:26Que d'ânerie !
00:45:29Attendez, attendez, vous n'avez pas encore tout entendu.
00:45:33Il disait aussi que l'homme et la femme ont non seulement le désir et l'appétit d'engendrer leur
00:45:38semblable,
00:45:38mais aussi les instruments pour cela.
00:45:42Et enfin, qu'il est écrit dans la Genèse que Dieu ayant créé l'homme,
00:45:47jugea qu'il n'était pas juste de le laisser seul,
00:45:50et qu'il lui donna une femme pour être son soutien et son réconfort,
00:45:54et qu'il leur commanda de croître, de se multiplier, de remplir la terre, etc.
00:45:59Un vrai ramassis d'imbécillités.
00:46:03Et quoi d'autre ?
00:46:05Oui, que de toutes les façons, ce monde était voué à la destruction,
00:46:09et que saint Augustin a dit que la fin du monde doit avoir lieu au septième millénaire de sa création.
00:46:14Or, depuis la création du monde jusqu'à l'avènement de Jésus,
00:46:18cinq mille trois cents ans seraient passés,
00:46:20si l'on ajoute à ça les mille cinq cent quatre-vingt ans depuis la crucifixion,
00:46:25il resterait environ soixante-dix ans avant l'accomplissement de la fin du monde
00:46:30et la mise en œuvre d'une telle prophétie.
00:46:33Mais d'où sortent-ils tant d'âneries ?
00:46:35Alors ça, je ne saurais vous le dire.
00:46:38Mais, du côté de notre petite protégée, qu'en est-il ?
00:46:42Non. Ici, nous avons vécu une matinée de jugement dernier
00:46:46et assisté à des événements qui ne vont pas te plaire.
00:46:50De quel ordre ?
00:46:53Depuis ce matin,
00:46:56nous subissons l'inspection d'une délégation de l'Inquisition.
00:47:03À peine se rangeait l'éveillée,
00:47:06un chirurgien la piquait avec une fine aiguille sur diverses parties de son corps,
00:47:11en lui demandant à chaque piqure si elle percevait la douleur.
00:47:16Le mal qu'elle ressentait, elle ne cessait de le manifester.
00:47:22Mais ce chirurgien insiste à tenter si bien
00:47:25qu'il finit par trouver un minuscule carré de peau dans la région des Rhin,
00:47:30où la douleur était moindre.
00:47:33Il n'en fallut pas plus pour qu'il consigne cette marque
00:47:36comme étant probablement d'origine diabolique.
00:47:39Telle initiative est proprement scandaleuse.
00:47:40Mais qu'ont-ils besoin de savoir ?
00:47:42Ce n'est pas à eux de sonder les secrets de Dieu.
00:47:46Chaque jour, on va s'en savoir où le Seigneur nous emporte dans sa vérité.
00:47:52Et bien souvent, nous voyons avec étonnement
00:47:56combien ces jugements sont différents de ceux que nous formons d'habitude.
00:48:01Quand il veut mettre en croix, il le met en croix.
00:48:04Ce n'est pas à ces gens-là d'en juger.
00:48:17Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant,
00:48:20Créateur du ciel et de la terre,
00:48:22et en Jésus-Christ, son Fils unique,
00:48:25notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit,
00:48:28est né de la Vierge Marie,
00:48:30a souffert sous Ponce Pilate,
00:48:32a été crucifié,
00:48:34est mort et a été conçu.
00:49:14Sous-titrage ST' 501
00:49:28Sous-titrage ST' 501
00:50:14Sous-titrage ST' 501
00:50:26Je ne vous dérange pas, ma sœur.
00:50:31Je ne vous dérange pas.
00:50:36Je me suis permis de revenir vers vous,
00:50:38car certaines questions me brûlent tellement les lèvres
00:50:41que je ne peux résister à la tentation de vous les poser.
00:50:46Cela vous gêne-t-il si je prends en note vos réponses ?
00:50:50Elles pourraient servir à vous disculper.
00:50:52Non.
00:50:53Ah, merci.
00:50:59Je suis très intrigué par cet inédit que vous pratiquez.
00:51:05Rester ainsi sans manger, sans boire des jours durant
00:51:08défie toutes les lois de la science.
00:51:11Et certains au-dehors ne se gênent pas pour crier à la supercherie.
00:51:15Qu'auriez-vous envie de leur répondre ?
00:51:20Je n'ai pas choisi.
00:51:24C'est arrivé comme cela.
00:51:29Un matin, je ne pouvais plus rien avaler.
00:51:33C'est tout.
00:51:36Depuis, j'ai l'impression que
00:51:39jusqu'à mon estomac, tout est collé.
00:51:43Je n'ai qu'un peu de mousse mauvaise dans la bouche.
00:51:46Il me faut une demi-heure avant de pouvoir la ramollir.
00:51:50Aviez-vous entendu parler des stigmatisés ?
00:51:52Non.
00:51:56Connaissez-vous
00:51:58l'histoire de Saint-François d'Assise ?
00:52:01Non.
00:52:04Je n'ai jamais lu de livre.
00:52:07Et je n'ai jamais entendu parler de toutes ces choses pas.
00:52:13Job a dit
00:52:15« C'est comme un feu dévorant allumé en maison.
00:52:18Tout en moi se consume. »
00:52:22Je n'ai jamais lu Job.
00:52:25Et le Seigneur est un feu dévorant.
00:52:28C'est vrai.
00:52:30Un feu qui brûle
00:52:32toute faim,
00:52:35toute soif,
00:52:36toute ardeur et tout désir.
00:52:40Et ce feu devient parfois si douloureux
00:52:43que s'il ne nous soutenait pas,
00:52:47on mourrait.
00:52:49C'est douloureux et délicieux à la fois.
00:52:53Comment le douloureux et le délicieux peuvent-ils cohabiter ensemble ?
00:52:59Dans ces moments-là,
00:53:01j'aimerais rendre beau
00:53:02et bon chaque être humain.
00:53:05Et le présenter au père en lui disant
00:53:07« Voyez, c'est votre enfant.
00:53:10N'est-ce pas qu'il est beau ? »
00:53:14Une feuille qui tombe,
00:53:16un oiseau qui chante
00:53:18émerveille le monde.
00:53:19Mais moi, je suis moins qu'eux
00:53:21tant je suis insignifiante.
00:53:23Non, non.
00:53:25J'aimerais que l'on m'ignore,
00:53:29que l'on m'oublie,
00:53:31que l'on me laisse mourir.
00:53:33Non, pourquoi voulez-vous mourir ?
00:53:35Mes joies ne sont pas de cette blague.
00:53:39Car ce que je désire, je ne l'ai pas
00:53:41et ce que j'ai, je ne le désire pas.
00:53:49J'ai si peur.
00:53:53Peur d'être la possession de Satan.
00:53:59Chaque jour,
00:54:02les démons me jettent dans une eau
00:54:03de plus en plus profonde
00:54:05et m'attirent au fond pour me noyer.
00:54:08Si je les chasse par la prière,
00:54:10ils reviennent par légion
00:54:11pour me provoquer davantage.
00:54:15Les démons me le disent.
00:54:21Tu aimes l'absolu.
00:54:24Je te donnerai l'absolu
00:54:26de la haine de Dieu,
00:54:29de la haine des autres
00:54:31et tu en auras du plaisir.
00:54:34Et si tu ne me cèdes pas,
00:54:38ils te tortureront comme jamais.
00:54:46Je sais que c'est mal
00:54:47et combien cette nuit
00:54:49je me sentais proche d'ici où.
00:54:50Il ne faut pas vous laisser décourager.
00:54:53Et j'essaye
00:54:54de toutes mes forces.
00:54:56Mais cette nuit,
00:54:57j'ai cru mourir vingt fois
00:54:58de voir tous ces diables nus
00:55:00entourés mon lit,
00:55:01le secouer violemment
00:55:02en riche peu chiflant
00:55:04et en ricanant de plaisir.
00:55:09Je sens que c'était mon sang,
00:55:11moi, comme dans leur propre maison.
00:55:15Entrant et sortant
00:55:16comme il leur plaît.
00:55:21Et je vous vois maintenant.
00:55:24Vous aussi bon,
00:55:26aussi bienveillant.
00:55:28Je n'ai plus peur.
00:55:31Est-ce pas que vous ne m'abandonnerez jamais ?
00:55:32Non.
00:55:33Non, bien sûr que non, mon enfant.
00:55:35Je suis là,
00:55:36à vos côtés.
00:55:38Ce qui me fait beaucoup de peine,
00:55:41c'est que je ne sais pas
00:55:43si je suis coupable ou non.
00:55:45C'est pourquoi je vous demande
00:55:46de me dire
00:55:47s'il est possible
00:55:48d'être sorcier sans le savoir.
00:55:51Car si cela est possible,
00:55:52j'appartiens peut-être
00:55:53à cette misérable secte
00:55:55bien que je l'ignore.
00:55:56Non, vous n'êtes pas
00:55:57dans le camp des démons,
00:55:58je peux vous l'assurer.
00:56:00Oui.
00:56:02Alors pourquoi en ont-ils
00:56:03sens à sa prénom ?
00:56:07Pourquoi à l'instant
00:56:08où je vous parle,
00:56:10sont-ils là,
00:56:11derrière vous,
00:56:12à m'observer ?
00:56:15Il n'y a que nous
00:56:16dans la pièce.
00:56:16Ils sont là
00:56:17à votre gauche.
00:56:19Il n'y a personne.
00:56:39Oh, Theresa,
00:56:42vous étiez là.
00:56:44Vous m'avez fait
00:56:45presque peur.
00:56:47Il faut bien que je découvre
00:56:48qui s'amuse
00:56:49à vagabonder
00:56:50la nuit
00:56:51et en arme
00:56:52dans mon monastère.
00:56:54Certes.
00:56:56Mais je te vois bien
00:56:57pas, mon frère.
00:57:01C'est une grande charité,
00:57:02me semble-t-il,
00:57:03de vouloir prendre
00:57:04la souffrance des autres
00:57:06et leur donner
00:57:07du réconfort.
00:57:09Mais c'est une grande naïveté
00:57:11et un manque d'humilité
00:57:14de penser pouvoir
00:57:15obtenir les vertus
00:57:16que seul Dieu accorde.
00:57:18Tu sais,
00:57:21il faut toujours
00:57:22se défier de ces choses
00:57:24jusqu'à ce que l'on comprenne
00:57:25quel en est l'esprit.
00:57:27Aussi, je te redis
00:57:28que dans cette affaire,
00:57:31il faut agir
00:57:32avec beaucoup de prudence
00:57:33car il ne faut pas
00:57:34s'imaginer
00:57:35qu'une sœur
00:57:36est plus parfaite
00:57:37que les autres
00:57:38parce qu'elle est
00:57:38l'objet de vision.
00:57:40Elle ne la crevue
00:57:40donc pas entièrement sincère ?
00:57:42Tu sais,
00:57:43il existe des personnes
00:57:44dont l'imagination
00:57:45est si fertile
00:57:46qu'elles croient
00:57:47voir réellement
00:57:48tout ce qui leur vient
00:57:49à l'esprit.
00:57:50Le démon
00:57:51doit les y aider
00:57:52sans doute.
00:58:23Sous-titrage
00:58:45Mais les souffrances
00:58:46de Sœur Angèle
00:58:47paraissent si réelles
00:58:47que...
00:58:48Le cœur de l'individu
00:58:49se mesure à l'accueil
00:58:50qu'il fait à la souffrance
00:58:51car elle est l'empreinte
00:58:52d'un autre que lui.
00:58:55La souffrance est en nous
00:58:56comme le grain de froment
00:58:57qui doit mourir
00:58:58avant de germer.
00:59:02Elle tue quelque chose
00:59:03de nous
00:59:04pour y mettre quelque chose
00:59:05qui n'est pas nous.
00:59:06Oui, mais...
00:59:07Celui qui n'a pas souffert
00:59:08d'une chose
00:59:09ni ne la connaît
00:59:10ni ne l'aime.
00:59:11Donc, pour vous,
00:59:12cet enfant doit continuer
00:59:12à souffert coûte que coûte.
00:59:14Est-ce que ces souffrances
00:59:15sont si pénibles
00:59:16qu'elles n'en méritent pas
00:59:17de plus grandes encore ?
00:59:20Nos monastères
00:59:21ne sont pas des écoles
00:59:22de politesse
00:59:23où l'on forme
00:59:25les courtisans du ciel.
00:59:27Si une religieuse
00:59:28ne veut bien porter sa croix
00:59:30que dans la mesure
00:59:31où cela n'enfonce pas
00:59:32sa tranquillité,
00:59:33je me demande
00:59:34ce qu'elle fait
00:59:34dans un couvent.
00:59:35Qu'elle s'en retourne
00:59:36donc dans le monde
00:59:38où toutes ses prétentions
00:59:39ne la mettront pas plus
00:59:41à l'abri des épreuves.
00:59:42Dans sa situation,
00:59:43Sœur Angèle
00:59:43n'a pas vraiment le choix.
00:59:44Si nos religieuses
00:59:46ne se déterminent pas
00:59:47une bonne foi
00:59:48à faire fi de la mort
00:59:49et de la perte
00:59:50de la santé,
00:59:52elles ne feront jamais rien.
00:59:54Aurais-tu oublié
00:59:54nos saints ermites
00:59:55d'autrefois
00:59:55qui ont souffert
00:59:57de la faim,
00:59:58du froid,
00:59:58de la chaleur,
00:59:59du soleil
01:00:00sans avoir personne
01:00:01à qui se plaindre ?
01:00:03Crois-tu qu'ils étaient
01:00:04de fer ?
01:00:05Ils étaient aussi délicats
01:00:06que cette Sœur.
01:00:11Pour le bien de l'ordre,
01:00:14il vaut mieux parfois
01:00:14que l'une d'entre elles meure
01:00:17plutôt que de nuire
01:00:18à l'ensemble
01:00:18de la communauté.
01:00:20Mais ça,
01:00:21ce que vous dites là
01:00:22est horrible à entendre.
01:00:23Cette voix de souffrance
01:00:24est la plus sûre pour elle,
01:00:26crois-moi.
01:00:27S'il en existait une autre
01:00:28qui fût meilleure,
01:00:29le Seigneur
01:00:30la lui aurait montrée.
01:00:32Alors laisse-le.
01:00:34Laisse-le régler cette question
01:00:36comme il a réglé
01:00:36toutes les autres.
01:00:38Mais si Sœur Angèle
01:00:39mourait d'endurer
01:00:40de trop grandes épreuves ?
01:00:41Ne t'occupe pas de cela.
01:00:43Aux religieuses qui meurent,
01:00:44il en succèdera
01:00:45toujours d'autres.
01:01:24Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:01:28Il était sur moi.
01:01:29Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
01:01:32Il était sur moi.
01:01:34Il essayait de pénétrer mon cœur.
01:01:38Il essayait de pénétrer mon cœur.
01:02:10Cette lumière est la véritable lumière
01:02:13qui, en venant dans le monde,
01:02:16éclaire tout homme.
01:02:19Mais à tous ceux qui l'ont reçu,
01:02:22à ceux qui croient en son nom,
01:02:25elle a donné le pouvoir
01:02:26de devenir
01:02:27enfant de Dieu.
01:02:32Je sais qui est Jésus.
01:02:34Je sais qui est Paul.
01:02:36Mais toi, qui es-tu ?
01:02:38Je suis le représentant de Dieu
01:02:39sur cette terre.
01:02:40Et je te dis...
01:02:41Comment un être aussi imparfait que toi
01:02:43peut-il représenter Dieu ?
01:02:46Crois-tu que je ne sais pas
01:02:47ce que tu manégances
01:02:48quand tu te trouves seul
01:02:49dans ta chambre ?
01:02:50Toi et moi, c'est le pareil.
01:02:52Nous adorons torturer
01:02:54de pauvres et innocentes.
01:02:57Je n'ai rien à voir avec toi,
01:02:58esprit des ténèbres,
01:02:59serpents écrasés.
01:03:00Tu réalises donc pas
01:03:01l'étendu de mes pouvoirs.
01:03:03Tu as désobéi à Dieu.
01:03:05Tu as fait ton malheur.
01:03:06Sache que je n'ai pas peur de toi.
01:03:09Retire-toi de ce corps
01:03:10et va dans les ténèbres
01:03:11qui t'ont été préparées.
01:03:13Cette fille est à moi.
01:03:14Elle m'appartient.
01:03:15C'est ma possession.
01:03:17De le redire,
01:03:18retire-toi de ce corps.
01:03:20Tu peux m'introduire en toi aussi
01:03:22et te faire mourir à l'instant.
01:03:25Si je veux.
01:03:27Non.
01:03:28Tu ne peux pas.
01:03:29Tu ne peux pas faire cela.
01:03:30Tu n'en as pas le pouvoir.
01:03:32C'est vrai.
01:03:33Mais tu sais que je suis un menteur.
01:03:36Un porbe.
01:03:38Mais ne me dis pas
01:03:39que tu crois aux promesses
01:03:40des démons.
01:03:41Gloria, patrie et filio !
01:03:44Non.
01:03:46Pourquoi crains-tu
01:03:47de rendre gloire au Père,
01:03:48au Fils et au Saint-Esprit ?
01:03:52Je ne crains personne.
01:03:54Et surtout pas toi,
01:03:56imbécile !
01:03:57Ici,
01:03:58c'est moi qui commande !
01:04:00Alors agénie-toi plutôt.
01:04:02Et adore-moi.
01:04:04C'est plutôt à toi
01:04:05de te mettre à genoux,
01:04:06démon hypocrite !
01:04:07À fois le procès de rêve,
01:04:09je te veux en être
01:04:10aussi mal faisant que toi !
01:04:12Souviens-là les barottes d'orgueil
01:04:14et que tient le maître des enfers
01:04:16et qu'il eut fallure
01:04:17d'être chassé du ciel !
01:04:18Verbum caro factum
01:04:20est et habit habit in nobis !
01:04:24Le Verbe s'est fait cher
01:04:25et l'a habité par nous.
01:04:29Menteur,
01:04:31ta traduction n'est pas juste.
01:04:33La phrase ne dit pas
01:04:34parmi vous,
01:04:35mais parmi nous !
01:04:38Elle est au contraire
01:04:39fort juste.
01:04:40Le Verbe s'est fait homme
01:04:43pour vivre avec vous
01:04:45et non pas avec nous.
01:04:48Car nous n'avons rien
01:04:50à voir avec toi !
01:04:52Moi,
01:04:52prêtre du Seigneur,
01:04:54je t'ordonne
01:04:55de sortir de cette fille
01:04:56au nom de Dieu !
01:04:57Tu appartiens à l'abîme
01:04:58et non à la lumière,
01:04:59alors retourne dans les ténèbres !
01:05:01La taesse du vie
01:05:02à K'ai Ducit
01:05:03à Perdi Dionem !
01:05:05Mon Dieu !
01:05:07Mon Dieu,
01:05:08pourquoi m'as-tu abandonné ?
01:05:17Saint Augustin
01:05:19a raison de dire
01:05:19que si Dieu
01:05:20ne les empêchait pas,
01:05:22ces démons
01:05:23nous assassineraient tous !
01:05:26Au nom de l'obéissance,
01:05:28au nom de l'Église,
01:05:30je vous le demande,
01:05:31ma fille,
01:05:32revenez à vous !
01:05:33Comment expliquez-vous ?
01:05:35Seigneur,
01:05:37tu t'es blasphémateur
01:05:38comme cette religieuse
01:05:41soutienne
01:05:41qu'ils sont chrétiens
01:05:42dans leur cœur
01:05:44et que,
01:05:45dans le même temps,
01:05:47leur bouche
01:05:49va faire de telles hérésies !
01:05:50C'est votre prieur
01:05:51qui vous parle
01:05:52et qui vous l'ordonne.
01:05:53Revenez à vous
01:05:54au nom du très-saint sacrement.
01:05:57Mais cette sœur
01:05:57a-t-elle encore
01:05:58le contrôle de sa raison ?
01:06:00Voulez-vous dire
01:06:01que cette religieuse
01:06:04ne serait pas elle-même
01:06:06lorsqu'elle parle ?
01:06:07Quelle serait alors
01:06:09ta...
01:06:10toute possession ?
01:06:11Non, je ne prétends pas cela.
01:06:13Je voulais simplement
01:06:14défendre le fait que...
01:06:15Mais que défendez-vous
01:06:16exactement,
01:06:17Seigneur de Cepeda ?
01:06:21C'est vous
01:06:22qui prétendez connaître
01:06:23cette langue
01:06:27étrangère ?
01:06:28Ce langage diabolique,
01:06:29je trouve,
01:06:29se sert le démon
01:06:30pour s'exprimer
01:06:31à travers Sœur Angèle.
01:06:32Mais cette langue
01:06:32n'a rien de diabolique.
01:06:34Elle est parlée
01:06:34par des millions de Japonais.
01:06:37D'ailleurs,
01:06:37aussi instruits
01:06:38que vous et moi.
01:06:38Mais qui sont néanmoins
01:06:39des mécréants.
01:06:40Qui ont des croyances
01:06:41différentes des nôtres.
01:06:42Mais qui pour autant...
01:06:42Et qui ne reconnaissent pas
01:06:43notre Seigneur Jésus-Christ
01:06:45comme étant leur maître.
01:06:47Et cela nous suffit
01:06:48de les juger
01:06:50à leur juste valeur.
01:06:58Me reconnaissez-vous ?
01:07:01Oui, ma mère.
01:07:05Vous souvenez-vous
01:07:06des propos
01:07:06que vous avez tenus
01:07:07juste avant
01:07:08votre évanouissement ?
01:07:11Je ne saurais dire.
01:07:15Je ressens juste
01:07:16une immense fatigue
01:07:21et beaucoup de tristesse.
01:07:25Allons.
01:07:26Allons, allons.
01:07:28Ne vous souciez plus
01:07:29de cela.
01:07:30Reposez-vous
01:07:31à présent.
01:07:51J'ai désiré vous recevoir
01:07:53rapidement, Seigneur.
01:07:55Car certains faits
01:07:56survenus ces derniers jours
01:07:58me laissent à penser
01:08:00que vous auriez
01:08:01que vous auriez
01:08:02quelques...
01:08:03complaisances
01:08:04envers certains hérétiques.
01:08:08Que sous-entendez-vous ?
01:08:11Que ceux qui protègent
01:08:12les hérétiques
01:08:13se rendent aussi coupables
01:08:15qu'eux.
01:08:18Coupables
01:08:19de leur apprendre
01:08:20comment mentir.
01:08:23Ou comment tergiverser
01:08:25devant leur juge.
01:08:29Coupables de vouloir
01:08:30soustraire
01:08:31ces blasphémateurs
01:08:32au juste courroux
01:08:33de l'église.
01:08:36Voulez-vous
01:08:37à votre tour
01:08:37être suspecté
01:08:38d'hérésie,
01:08:39Seigneur de Cepeda ?
01:08:41Et encourir
01:08:42l'excommunication,
01:08:44la démolition
01:08:45de votre maison
01:08:46et la confiscation
01:08:47de tous vos biens ?
01:08:50Ou peut-être
01:08:53seriez-vous
01:08:53à nouveau tenté
01:08:54d'opter plutôt
01:08:55pour le rite
01:08:55de tes villas ?
01:08:57Optez pour quoi ?
01:08:59Le rite
01:09:00qu'ont pratiqué
01:09:00vos ancêtres
01:09:01pour rompre
01:09:01leur serment.
01:09:05De quoi me parlez-vous ?
01:09:06Je ne comprends
01:09:07rien à vos histoires.
01:09:11Vous jouez
01:09:11votre rôle
01:09:12à la perfection,
01:09:14Seigneur.
01:09:16Je dois bien
01:09:17l'admettre.
01:09:20Mais vous ne nous
01:09:21ferez jamais croire
01:09:22que vous ignorez
01:09:23ce qu'est le rite
01:09:23de tes villas.
01:09:25Je vous assure
01:09:26que ce rite,
01:09:27je n'en ai jamais
01:09:27entendu parler
01:09:28jusqu'à ce jour.
01:09:30Et les mots
01:09:30de Baal-Teshuvah
01:09:33ne signifient
01:09:34non plus rien
01:09:34pour vous.
01:09:36Je vous le redis,
01:09:37mon ignorance
01:09:38est totale
01:09:38à ce sujet.
01:09:43Lors de cette cérémonie,
01:09:46celui qui désire
01:09:47être rejudaïsé
01:09:49est interrogé
01:09:50par l'un des juifs
01:09:51présents
01:09:52selon la formule
01:09:52suivante.
01:09:54Veux-tu faire
01:09:55tes villas ?
01:09:56Ce qui signifie
01:09:57que tu te baignais
01:09:59dans l'eau
01:09:59pour redevenir
01:10:00juif.
01:10:01Si le postulant
01:10:03répond oui,
01:10:04alors le juif
01:10:05qui préside
01:10:06dit
01:10:08Baal-Teshuvah
01:10:11ce qui signifie
01:10:12sort de l'état
01:10:12de péché.
01:10:15Il est alors
01:10:16déshabillé
01:10:16intégralement
01:10:17et plongé
01:10:18dans un bain
01:10:19où on lui frotte
01:10:20tout le corps
01:10:20avec du sable.
01:10:22Après cela,
01:10:23on lui rase
01:10:24le crâne.
01:10:26Une fois
01:10:27série accomplie,
01:10:28le rejudaïsant
01:10:29promet de confesser
01:10:31la loi de Moïse
01:10:32mais surtout
01:10:34de renier pour toujours
01:10:36le baptême du Christ.
01:10:38Malgré les différents
01:10:39qui nous opposent,
01:10:40sachez qu'il n'est en rien
01:10:42dans mes intentions
01:10:42d'embrasser
01:10:43la religion juive.
01:10:45D'ailleurs,
01:10:46je ne vois pas
01:10:46en quoi cette cérémonie
01:10:47un quelconque rapport
01:10:48avec moi
01:10:49ou l'un des membres
01:10:51de ma famille.
01:10:52Car cette cérémonie
01:10:54a bien été menée
01:10:55au nom de Cepeda.
01:10:57Vous devez faire erreur,
01:10:58mon frère.
01:10:59Je n'ai jamais demandé
01:10:59à pratiquer un tel rite.
01:11:01Oh non.
01:11:02Non.
01:11:03Vous.
01:11:06Mais votre grand-père,
01:11:08Juan Sanchez
01:11:10de Cepeda,
01:11:11y a eu recours.
01:11:13Lui.
01:11:16Comme l'attestent
01:11:17les minutes de son procès
01:11:19dont j'ai pu obtenir
01:11:20copie auprès du Saint-Office.
01:11:26Ignorez-vous donc
01:11:27que votre grand-père paternel
01:11:29était marchand
01:11:30de tissus précieux
01:11:31à Tolède
01:11:32et qu'il s'était enrichi
01:11:34dans ce commerce
01:11:35en traitant avec les princes.
01:11:38Mais qu'en 1485,
01:11:41le roi Ferdinand II
01:11:42exigeant la conversion
01:11:44de tous les juifs
01:11:45d'Espagne,
01:11:46il dit se rallier
01:11:47à la religion chrétienne.
01:11:51Alors qu'en réalité,
01:11:54il pratiquait encore
01:11:56en secret
01:11:57le judaïsme.
01:12:02Dénoncé,
01:12:03il fut traduit
01:12:04devant le tribunal
01:12:05de l'Inquisition.
01:12:07Il se vit obligé
01:12:08de s'exiler
01:12:09de Tolède
01:12:09et s'installa
01:12:11à Avila
01:12:11où il se lança
01:12:12dans le commerce
01:12:13de la soie.
01:12:24Réalisez-vous,
01:12:26Seigneur,
01:12:28le scandale
01:12:29que cette révélation
01:12:31provoquerait
01:12:34si elle était connue
01:12:36de personnes
01:12:36moins indulgentes
01:12:39que moi.
01:12:39Il n'y a personne
01:12:53plus indulgente
01:12:54que lui.
01:12:55J'en avais rencontré
01:12:56plus pendant mon
01:12:57cours séjour au Japon
01:12:58que depuis mon retour
01:12:59en terre d'Espagne.
01:13:00C'est certain.
01:13:05Quant à Messie,
01:13:07de par sa haute
01:13:08exigence spirituelle,
01:13:10elle ne semble
01:13:11guère encline
01:13:12non plus
01:13:12de faciliter la tâche.
01:13:16En plus,
01:13:16aux autres membres
01:13:17de sa communauté,
01:13:18d'ailleurs,
01:13:18dont elle ne cesse
01:13:19d'exiger chaque jour
01:13:20davantage de sacrifices.
01:13:23Je décidais donc
01:13:25d'entreprendre
01:13:26de mon propre chef
01:13:27une nouvelle démarche
01:13:28envers la seule personne
01:13:30qui m'était apparue
01:13:31à tant soit peu
01:13:32sensée
01:13:33et raisonnable
01:13:34dans cette affaire.
01:13:36Je veux parler
01:13:37du moine excommunier.
01:13:59Je vous salue,
01:14:00mon père.
01:14:07Je vous remercie
01:14:09de m'appeler
01:14:09encore mon père,
01:14:12malgré l'excommunication
01:14:14et la radiation
01:14:15prononcée contre moi
01:14:17il y a peu.
01:14:21La fonction me manquera,
01:14:23je dois bien
01:14:24vous l'avouer.
01:14:26Que puis-je faire
01:14:27si l'église
01:14:28ne veut plus d'oeuvre pas ?
01:14:31Désolé d'avoir
01:14:32de nouveaux recours
01:14:32à vos lumières,
01:14:33mais je souhaiterais
01:14:35que vous m'éclairiez
01:14:36sur certains points
01:14:36d'orthodoxie
01:14:37que je comprends mal.
01:14:39Et plus particulièrement
01:14:41sur celui concernant
01:14:43la possession.
01:14:45Il s'agit du cas
01:14:46de Sœur Angèle
01:14:46du couvent d'Avila.
01:14:48Vous ne pouvez pas
01:14:49ne pas en avoir
01:14:49entendu parler.
01:14:50Ah,
01:14:52la stigmatiser.
01:14:54Mais qui parle
01:14:55de possession ?
01:14:56Ceux dont je n'ose
01:14:58prononcer le nom
01:15:00devant vous.
01:15:02Encore et toujours
01:15:03ces inquisiteurs.
01:15:06Décidément,
01:15:07il n'est rien
01:15:07qu'ils ne trouvent
01:15:08pour nous nuire.
01:15:11Savent-ils,
01:15:12au moins,
01:15:13que pour qu'une personne
01:15:14soit reconnue possédée,
01:15:16il faut qu'elle se soit donnée
01:15:17au démon ?
01:15:20Pensez-vous que
01:15:20cette religieuse,
01:15:21cette offerte
01:15:22de son plein gré
01:15:24à l'ennemi de l'homme ?
01:15:25Non,
01:15:26certainement pas.
01:15:27Cette jeune femme
01:15:27est une victime,
01:15:28en aucun cas
01:15:29une instigatrice.
01:15:30Je vous crois,
01:15:31Seigneur.
01:15:32Je vous crois.
01:15:35Ce n'est pas moi
01:15:36qu'il faut convaincre,
01:15:38mais plutôt ceux
01:15:39qui veulent la traîner
01:15:40de force
01:15:41sur un bûcher.
01:15:42Oui,
01:15:42vous avez raison,
01:15:43mon père.
01:15:44Veuillez pardonner
01:15:45mon emportement,
01:15:46mais ce cas
01:15:47me tient tellement à cœur...
01:15:48Je vous comprends.
01:15:51Si cette religieuse
01:15:53ne s'est pas donnée
01:15:54au démon
01:15:54comme vous semblez
01:15:55le croire,
01:15:56elle serait donc
01:15:57seulement
01:15:58assiégée
01:15:59par lui
01:16:00et cela change tout.
01:16:05Mais que faire ?
01:16:08Demandez,
01:16:09sans attendre,
01:16:10au magistrat civil
01:16:11d'Avila
01:16:12à ce que
01:16:13la sœur Angèle
01:16:14soit examinée
01:16:15par des chirurgiens
01:16:17afin qu'il témoigne
01:16:19officiellement
01:16:22de...
01:16:26de...
01:16:27sa virginité.
01:16:30De sa virginité.
01:16:34Si celle-ci
01:16:35est démontrée,
01:16:37cette religieuse
01:16:38sera affranchie
01:16:39de toute poursuite.
01:16:41Oh, merci.
01:16:42Merci, mon père.
01:16:43Merci.
01:16:44Merci.
01:16:44Merci.
01:16:56Sous-titrage Société Radio-Canada
01:17:17Seigneur !
01:17:18Chut !
01:17:19Comment ça chute ?
01:17:22Notre sainte mère
01:17:24Oui ?
01:17:25a eu la pensée
01:17:27de s'associer
01:17:28avec trois sœurs
01:17:29Oui ?
01:17:31pour un défi
01:17:32de...
01:17:35de silence.
01:17:38Un défi de silence ?
01:17:39Oui.
01:17:40Chacune devant marqué
01:17:42chacune devant marqué
01:17:43très exactement
01:17:43les paroles
01:17:45qu'elle aurait dites
01:17:46au cours de la journée.
01:17:48Le moment est-il bien
01:17:49opportun pour un tel concours ?
01:17:50Il faut absolument
01:17:51que je lui parle.
01:17:52Non, non.
01:17:54Elle ne saurait manquer
01:17:56à son vœu
01:17:59de silence
01:18:02si...
01:18:04Si ?
01:18:05Elle veut gagner
01:18:06la palme.
01:18:08La palme ?
01:18:10Il n'est pas sorti
01:18:12plus de trois baux
01:18:13de sa bouche
01:18:16depuis...
01:18:17huit jours.
01:18:19J'en suis témoin.
01:18:20Nous devons pourtant échanger
01:18:21sur une chose
01:18:22très sérieuse.
01:18:24La dernière fois
01:18:25elle est restée ainsi
01:18:29sans parler
01:18:31pendant
01:18:34plus d'un mois.
01:18:36Un mois ?
01:18:37Je crois que l'affaire
01:18:38qui m'amène
01:18:39ne puisse souffrir
01:18:39d'attendre aussi longtemps.
01:18:45Que griffant-t-elle ?
01:18:48Toutes les paroles inutiles
01:18:50qu'elles seraient
01:18:51tentées de prononcer.
01:19:00Teresita ?
01:19:01Teresita ?
01:19:05C'est moi,
01:19:05votre frère Lorenzo.
01:19:08J'ai quelque chose
01:19:10de très important
01:19:10à vous dire
01:19:11qui nécessite
01:19:13que vous me répondiez.
01:19:20Il faut que vous exigez
01:19:21et que la sœur Angèle
01:19:22soit examinée
01:19:23par des chirurgiens
01:19:25afin qu'ils témoignent
01:19:26de...
01:19:26de sa...
01:19:29de sa...
01:19:31je...
01:19:33je n'ose prononcer
01:19:34le mot devant vous.
01:19:37De sa...
01:19:39De quoi ?
01:19:41De sa virginité.
01:19:45Est-ce bien entendu ?
01:19:48Sa virginité,
01:19:49dis-tu ?
01:19:51Mais...
01:19:52Mais tout te vit
01:19:53une idée pareille,
01:19:53mon frère.
01:19:54N'est-ce pas vous
01:19:54qui m'avez répété
01:19:55à l'envie
01:19:56que la lecture
01:19:57de certains ouvrages
01:19:57vous avait édifié
01:19:58sur les mystères
01:19:59des stigmates ?
01:20:00Et bien figurez-vous
01:20:01que mon enquête
01:20:02à moi
01:20:02m'a appris
01:20:03que la virginité
01:20:04est incompatible
01:20:05avec l'accusation
01:20:06de complicité
01:20:07avec le démon.
01:20:08C'est pourquoi
01:20:09je vous supplie
01:20:09d'exiger des chirurgiens
01:20:11qu'ils procèdent
01:20:12à cet examen
01:20:13le plus rapidement possible
01:20:15afin de couper court
01:20:16vos accusations
01:20:16honteuses et humiliantes
01:20:17qui pèsent sur l'une
01:20:18de vos protégés.
01:20:23J'espère que tu dis vrai
01:20:25et que le résultat
01:20:27de cet examen
01:20:27sera à la hauteur
01:20:29de l'espérance
01:20:30que tu me donnes
01:20:33et dont je ne te remercierai
01:20:35jamais assez
01:20:35si elle aboutissait.
01:20:41Après cette ultime bravade
01:20:44si nous devions échouer
01:20:46rien ne nous sera
01:20:48plus jamais épargné.
01:20:52En attendant
01:20:53à cause de toi
01:20:54j'ai perdu mon pari.
01:21:07Il fallut que Teresa
01:21:08déploie des trésors
01:21:10d'ingéniosité
01:21:11et la menace
01:21:12d'en appeler au pape
01:21:13pour que les juges inquisiteurs
01:21:15consentent enfin
01:21:16à ce que Sir Angèle
01:21:18soit examiné
01:21:19par des chirurgiens.
01:21:22Et après une longue délibération
01:21:25ces praticiens
01:21:27ne purent que témoigner
01:21:28officiellement
01:21:29de la virginité
01:21:31de la sœur
01:21:32au grand soulagement
01:21:34de toute la communauté
01:21:35et de sa prieure
01:21:38clôturant ainsi
01:21:39toutes les poursuites
01:21:40qui avaient été lancées
01:21:42contre elle.
01:21:44Les démons ont dû en rager
01:21:46d'avoir ainsi raté
01:21:47leur coup.
01:22:01Sous-titrage Société Radio-Canada
01:22:46Transcription by CastingWords
01:22:55Quelques années plus tard, en 1582, après avoir établi dix-sept monastères et obtenu du pape la création d'une
01:23:08province séparée pour l'ordre,
01:23:11la Madre Teresa se mourait dans le couvent d'Alba de Tormes.
01:23:19Elle avait soixante-sept ans.
01:23:31Quand ce sera votre tour, mes filles,
01:23:39c'est moi qui viendrai vous chercher.
01:23:56Mais d'ici là, pour l'amour de Dieu, je vous demande de bien observer les constitutions.
01:24:20Rappelez-vous que le Sauveur n'envoie à personne plus de souffrance qu'il n'en peut porter.
01:24:47Aussi, je vous conjure de ne pas quitter Dieu maintenant qu'il vous cherche.
01:25:03Car, lorsque vous le chercherez,
01:25:12vous ne le trouverez pas.
01:25:33Ne pleurez pas, mes enfants,
01:25:39car ce jour, je l'ai tant désiré.
01:25:55Il est temps, maintenant,
01:26:04que je me mette en route pour aller voir mon époux, mon bien-aimé.
01:26:22Mon Seigneur !
01:26:52L'Oiseau avait pris son envol,
01:26:56ne nous laissant plus contempler qu'une cage vide.
01:27:04Le lendemain, on l'enterra avec de grandes dévotions,
01:27:10car sa sainteté était maintenant reconnue dans toute l'Europe.
01:27:17Ce fut là l'ultime vision que j'eus de Teresita,
01:27:23ma petite sœur bien-aimée.
01:27:51Sous-titrage ST' 501
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