- il y a 13 minutes
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l'Énergie, était invitée sur le plateau de BFMTV ce lundi 29 juin
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00:00Bonsoir. Bienvenue. Quel bilan pour la canicule qui est en train de s'achever et que faire pour les prochaines
00:06?
00:06Vous sortez tout juste d'une nouvelle réunion de crise qu'avait lieu au ministère de l'Intérieur
00:10pour faire le bilan de ce qui a fonctionné et de ce qui n'a pas fonctionné également
00:16et aussi préparer les futures canicules. Il se trouve qu'Anthony Ferry est avec nous,
00:21l'un des messieurs météo de BFN TV puisqu'on parle de nouvelles canicules.
00:25En voilà une déjà qui semble arriver à l'horizon. Elle est pour quand Anthony ?
00:29Alors on va faire le point et vous allez, je l'espère en tout cas, tout comprendre.
00:34Regardez tout d'abord ce premier graphique qui vous montre quoi ?
00:37Qui vous montre l'indicateur thermique national. Vous savez cette moyenne effectivement des températures à l'échelle nationale.
00:44Eh bien qu'observons-nous ? Qu'à partir du week-end qui arrive, vous le voyez,
00:49les températures vont progressivement remonter avec une moyenne de 25 degrés à l'échelle nationale.
00:55Ça, c'est certain. Nous allons donc vers une hausse des températures.
01:00Ce qui est moins certain toutefois, c'est quelle sera l'ampleur de cette hausse ?
01:05Je vous propose donc d'observer deux modèles distincts.
01:08Tout d'abord, voici le modèle européen.
01:10Alors, que vous montre-t-il ? Eh bien l'anomalie des températures à 1500 mètres d'altitude.
01:16Faisons simple. Vous le voyez ici, une masse rouge foncée qui va progressivement arriver sur le pays.
01:24Pour quand ? Pour lundi 6 juillet.
01:26Alors, si vous vous demandez à quelle température vous serez mangé sur ces zones-là,
01:30considérez ici que nous serons aux environ des 34-36 degrés.
01:35Ça, c'est pour le modèle européen qui est jugé fiable.
01:38Maintenant, ne prenez pas peur, mais je vous en montre un second.
01:41Voici le modèle américain qui est d'ailleurs celui qui s'est le moins trompé sur la canicule que nous
01:47venons de connaître
01:48et qui vous présente ce scénario.
01:50Soyons clairs, ce scénario ressemble malheureusement à celui de la canicule
01:54dans laquelle nous sommes d'ailleurs toujours pour les départements du Sud.
01:58Et là, vous le voyez, cette masse noire, ça, ça correspond à des températures de quasiment 40 degrés très localement.
02:05Donc, vous le comprenez, deux modèles pour l'instant qui divergent pour le début de semaine.
02:09Mais ce qui est sûr, c'est que nous allons donc bien vers, malheureusement, une hausse très forte des températures.
02:15Merci, Anthony.
02:16Maude Bréjon, quand vous voyez cette possible canicule aussi sévère que la première qui arrive,
02:21est-ce que vous pouvez dire ce soir aux Français très tranquillement,
02:24on a tiré toutes les leçons de ce qui s'est passé, y compris de ce qui n'a pas
02:27fonctionné ?
02:27Soyez tranquilles.
02:28Ce que je peux vous dire, c'est qu'on a fait un premier point, un premier bilan autour du
02:32Premier ministre
02:33pour regarder avec lucidité ce qui a bien fonctionné.
02:37Il y a des choses qui ont bien fonctionné. Les modèles de Météo France ont bien fonctionné.
02:41Le déploiement des dispositifs de la sécurité civile ont bien fonctionné.
02:45Les déclinaisons d'Orsan 2, Orsan 3 ont également bien marché.
02:50Et puis, on a des faiblesses, là encore, qu'il faut savoir regarder avec lucidité,
02:54auxquelles il va falloir répondre.
02:56Je pense au rafraîchissement d'un certain nombre de lieux essentiels,
03:00aux hôpitaux, aux écoles, par exemple.
03:03Donc, les faiblesses, c'est l'école, c'est l'hôpital ?
03:05Et le Premier ministre a commandé, vous l'avez vu,
03:0830 000 clims qui arriveront pour les hôpitaux, notamment d'ici, qui commenceront à arriver.
03:12Est-ce qu'elles seront là pour la deuxième canicule si elle arrive, enfin la troisième ?
03:16Les premiers milliers seront livrés en fin de semaine,
03:19commenceront à être livrés en fin de semaine.
03:22Les premiers milliers de climatiseurs pour l'hôpital se sont livrés cette semaine,
03:25donc a priori avant ce nouvel épisode.
03:27Les premiers milliers seront livrés en fin de semaine.
03:30Et les autres ?
03:31On a un autre dans les jours qui suivront.
03:33Tout sera arrivé la semaine prochaine, par exemple, pour l'hôpital ?
03:36Ce que je peux vous dire, d'abord, c'est qu'on va laisser les modèles météorologiques s'affiner.
03:41Ensuite, on suit la situation avec la plus grande vigilance.
03:45J'en veux pour preuve que les plans Orsan 2 et Orsan 3 restent en vigueur.
03:50Jusqu'à nouvel ordre ?
03:51Reste en vigueur.
03:52Par précaution ou parce que c'est nécessaire ?
03:53Reste en vigueur jusqu'à nouvel ordre, parce que c'est nécessaire au regard de l'incertitude qu'on a,
03:59vous l'avez vu, sur les températures dans les jours à venir,
04:02et parce que les hôpitaux ont été sérieusement éprouvés.
04:06Notre système, dans sa globalité, a été sérieusement éprouvé.
04:10Un autre point qui peut nous interpeller, c'est l'utilisation, la mise à jour, si je puis dire,
04:17des fichiers avec les personnes vulnérables.
04:20Si on compare avec ce qui a pu se passer dans les années passées,
04:25même si, bien sûr, comparaison n'est pas raison,
04:28on voit que, globalement, les EHPAD ont tenu.
04:31Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de difficulté,
04:33mais dans l'ensemble, sur le plan national, ils ont tenu.
04:36En revanche, on a une vraie difficulté, de vraies faiblesses,
04:40pour accompagner, être aux côtés, contacter les personnes seules, âgées,
04:46et notamment dans les zones urbaines.
04:50C'est 40% de plus, c'est une surmortalité.
04:54Les chiffres ne sont pas consolidés, et c'est selon Santé publique France,
04:57mais effectivement, il y a une surmortalité importante.
05:00Et je crois que ça doit nous interroger,
05:01parce qu'on parle de personnes qui, encore une fois, sont âgées, sont seules,
05:06sont en zone urbaine, et donc ça pose aussi la question
05:09de comment est-ce qu'on accompagne, face à ces moments extraordinaires,
05:14nos aînés, nos anciens, nos parents, dans la durée,
05:17comment est-ce qu'on vieillit aujourd'hui en ville,
05:19comment est-ce qu'on arrive à contacter ces personnes-là.
05:22Moi, je veux vraiment saluer toutes les équipes de la préfecture,
05:25des CCS, dans les communes, qui ont fait un travail formidable,
05:28mais de toute évidence, il y a vraiment besoin d'aller plus loin.
05:31Vous nous avez dit, les premiers climatiseurs arrivent cette semaine,
05:36et l'intégralité livrée à l'hôpital la semaine prochaine,
05:39si j'ai bien suivi.
05:39Dans la foulée, encore une fois, ce que je peux vous dire,
05:41c'est que le premier millier...
05:42Le plan SAN m'a mis au niveau le plus élevé à l'hôpital.
05:45Est-ce qu'il faut, dès maintenant, commencer à dire aux Français,
05:48peut-être qu'on va annuler certains événements,
05:50la semaine prochaine, le Tour de France commence samedi,
05:52il y a des millions de personnes sur le bord de la route,
05:54est-ce qu'on peut faire un Tour de France,
05:56avec de nouvelles températures,
05:58si on suit le modèle américain, à plus de 40 degrés ?
06:00Ce qu'on a démontré depuis plusieurs jours,
06:02c'est qu'on était prêts à prendre toutes les décisions nécessaires,
06:06avec un objectif, protéger les Français.
06:09Tant sur l'interdiction, par exemple, de vente ou de consommation d'alcool
06:12sur la voie publique,
06:13que sur l'annulation d'un certain nombre d'événements,
06:18y compris très locaux.
06:20Moi, je regarde dans ma circonscription,
06:21il y a eu des événements, des rassemblements,
06:24qui ont été annulés pour de bonnes raisons, encore une fois,
06:26parce que ça permettait de protéger les Français.
06:28Mais par exemple, interdire l'alcool le long d'une étape du Tour de France,
06:31un jour de grosse chaleur,
06:32c'est quelque chose qui serait envisageable ?
06:34Ce n'est pas à moi de le dire,
06:35et il y aura un point d'étape, un point de situation,
06:37qui sera évidemment fait fonction de l'évolution des conditions météorologiques,
06:41mais là encore,
06:42on s'adapte jour après jour,
06:45à ces prévisions qui s'affinent,
06:48et on prendra toutes les décisions nécessaires.
06:50Je le dis, on ne le fait évidemment pas pour embêter les femmes et les hommes
06:55qui nous écoutent en ce moment,
06:56on le fait pour les protéger,
06:58pour protéger notre système de santé,
07:00et pour être aux côtés de toutes celles et ceux qui,
07:05encore une fois, à l'hôpital, dans les préfectures,
07:07dans les communes,
07:08travaillent pour être aux côtés des Français.
07:10Est-ce que vous connaissez le bilan, aujourd'hui ?
07:12Il est trop tôt pour faire un bilan exhaustif,
07:15et je laisserai la ministre de la Santé le faire.
07:17Je vous ai donné des premiers éléments de bilan sur ce qu'on observait,
07:21notamment chez les personnes seules vulnérables dans les zones urbaines.
07:25C'est 1000 morts pour l'instant,
07:271000 personnes en surmortalité,
07:29mais sur 3 jours seulement.
07:30Là encore...
07:30La canicule, elle a duré 11 jours.
07:32Est-ce que ça donne une idée de ce que va être le bilan à la fin ?
07:35Je ne suis pas en mesure de vous le dire.
07:36Vous savez qu'il faut un peu de temps avant d'avoir un bilan consolidé,
07:39et je laisserai là encore probablement la ministre de la Santé le faire
07:43dès qu'elle sera en mesure de le faire.
07:45Quoi qu'il en soit, c'est toujours trop.
07:49Bien sûr, on pense aux familles qui connaissent des personnes qui ont été touchées.
07:54Donc ça nous oblige pour la suite.
07:56Et il y a ce double dispositif, cette double logique qu'on doit avoir.
08:00Bien sûr, l'atténuation au changement climatique, évidemment,
08:04et on le fait depuis des années,
08:06et puis l'adaptation.
08:07Il faut vraiment marcher sur nos deux jambes.
08:09Est-ce que votre collègue Monique Barbus s'est fait,
08:12si vous me passez l'expression, remonter les bretelles par le Premier ministre ?
08:14Bon, vous faites référence à une prise de parole qui a été la sienne.
08:18Que je vais redonner ici pour ceux qui l'auraient raté.
08:20Je suis horrifié par les gens qui me disent,
08:23il n'y a qu'à mettre la clim partout.
08:24Est-ce que vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ?
08:26Est-ce que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ?
08:29Il y a un côté, dans sa réflexion,
08:31qui a pu être pris par beaucoup de Français,
08:33qui a pu être pris par beaucoup de Français,
08:34comme complètement à côté de la plaque.
08:35C'est-à-dire un moment un peu Jean-François Matéi
08:37pendant la canicule de 2003 en polo dans son jardin,
08:41puisque personne n'a jamais expliqué que la clim allait empêcher
08:44les incendies, les feux de forêt.
08:46Il faut en revenir au fond.
08:48Nous, on est favorable à la climatisation partout où c'est nécessaire.
08:51Bien sûr, la climatisation ne peut pas être la seule réponse.
08:55Mais personne n'a jamais dit que ça allait être la solution pour les feux de forêt.
08:57Et c'est ce que souligne Monique Barbuche.
08:59C'est le cas pour les feux de forêt.
09:01Mais plus globalement, sur la manière dont la société s'adapte,
09:04ce n'est pas la seule solution.
09:06C'est une des solutions.
09:09Et ensuite, bien sûr, je vais vous répondre,
09:14qu'on essaie, et on n'est peut-être pas parfait,
09:18on ne s'exprime peut-être pas toujours exactement
09:20comme il le faudrait en tant que ministre,
09:22mais on essaie de faire preuve d'empathie,
09:23parce que, pour beaucoup de Français, ça a été extrêmement difficile,
09:28parce que les écoles ont été partiellement fermées,
09:30parce que les crèches ont été partiellement fermées,
09:33parce que les domiciles étaient très difficilement vivables,
09:37des chaleurs extrêmement chaudes la nuit.
09:39Les corps ont souffert, on en a bien conscience.
09:41Donc, on essaie d'être le plus empathique possible.
09:44Sauf erreur de ma part, Maude Bréjean, on ne vous a pas entendu.
09:46sur la mort de Louis, cet adolescent de 17 ans
09:49qui a été passé à tabac, lynché par un groupe de jeunes,
09:53certains mineurs, d'autres majeurs.
09:55Ça s'est passé à Narbonne.
09:56On a entendu il y a quelques minutes le témoignage de son père sur BFMTV.
10:02Ça suscite évidemment beaucoup d'émoi en France.
10:04C'est un jeune qui était placé à l'aide sociale à l'enfance.
10:08Simplement, votre réaction à cette mort extrêmement violente ?
10:11C'est effroyable et ça prend vos tripes.
10:15D'abord parce que ça souligne une extrême violence
10:19chez des jeunes, de plus en plus jeunes et de plus en plus violents.
10:23Et puis ensuite, ça pose la question des dispositifs d'accompagnement
10:27des jeunes au sein de l'ASE.
10:29Parce qu'il était placé depuis quelques mois à la protection à l'aide sociale à l'enfance.
10:35Son père dit que Louis est allé porter plainte il y a deux mois, au mois de mai,
10:41après avoir subi des violences a priori, pas par le même groupe qui l'a tué aujourd'hui.
10:47Et ce père dit je n'ai jamais été contacté suite à cette plainte par la police.
10:52Je ne l'ai jamais su, je l'ai appris dans la presse après la mort de mon enfant.
10:57Est-ce que c'est normal ?
10:58D'abord, moi je lui dis évidemment toute ma solidarité.
11:01Je ne peux pas m'exprimer à la place des enquêteurs,
11:03des services, encore une fois, d'enquête, de police qui travaillent en ce moment même.
11:08Et je leur fais évidemment totalement confiance.
11:11Ce que je peux dire en revanche, c'est que ça pose la question,
11:15je le redis, de la violence chez des jeunes de plus en plus jeunes.
11:20Et ça pose la question de la protection, oui.
11:23Et c'est probablement ce que dit ce papa, la protection des jeunes placés à l'aide sociale à l
11:30'enfance.
11:31Là encore, je ne vais pas interférer dans l'enquête.
11:33Vous savez que ce n'est pas mon rôle et que j'essaie de ne pas répondre autant que possible
11:35sur des sujets qui ne sont pas de ma prérogative.
11:37On n'est pas directement dans l'enquête là.
11:39On est peut-être dans une défaillance.
11:41En tout cas, je n'ai pas de confirmation à donner sur cette information.
11:45Mais ça nous interroge, si vous voulez, sur un phénomène sociétal
11:50qui est celui à la fois de la violence chez les jeunes et en même temps de la protection de
11:54nos jeunes.
11:54C'est un double sujet, je crois, qui se pose à nous.
11:56Puisque de toute évidence, le système au sens large, celui de la protection de l'enfance notamment,
12:04n'a pas su protéger ce jeune garçon.
12:06Et en même temps, il y a un phénomène de violence aujourd'hui qui ne fait que croître
12:12et qui doit nous interroger profondément, d'autant plus que je le précise,
12:16parce que j'ai entendu beaucoup de responsables politiques parler de la question de l'excuse de minorité.
12:22En l'occurrence, on est sur des jeunes qui ont déjà plus de 16 ans.
12:27Et donc, le juge peut décider, s'il le souhaite, en le motivant, de lever l'excuse de minorité.
12:33On est sur des jeunes contre-entre eux, 16 et 20 ans.
12:36Donc il y a aussi beaucoup de responsables politiques,
12:38c'est pour ça qu'il faut faire attention dans ce genre de moments, qui ont parlé un peu vite.
12:41Un mot, puisqu'on apprend ce soir, on l'a appris il y a quelques instants,
12:44que la maman de Rosa, c'est dans l'affaire Liana,
12:46Rosa, c'est cette petite fille qui affirme avoir été violée par Jérôme Barrella
12:50et qui avait porté plainte à l'été 2025,
12:53plainte laissée, lettre morte ensuite.
12:56Cette maman a porté plainte, aujourd'hui, auprès de la Cour de justice de la République,
13:00pour mise en danger de la vie d'autrui, non-assistance à personne en danger,
13:03plainte qui vise expressément votre collègue, le garde des Sceaux.
13:06Gérald Darmanin, votre réaction ?
13:08Frère, je vais dire deux choses.
13:10D'abord, ce qui s'est passé est absolument effroyable.
13:13Et tous les Français qui nous écoutent en ce moment,
13:17qui ont des enfants, peuvent comprendre, en tout cas toucher du doigt ce que ressent cette maman.
13:21Et donc, moi, je ne suis personne et nous ne sommes personne pour la juger.
13:25Ce que je veux dire aussi, c'est que je vois Gérald Darmanin,
13:28depuis des semaines, des mois, dans son rôle de ministre de la justice,
13:31se battre pour avoir davantage de moyens,
13:34se battre pour avoir des réponses pénales plus rapides,
13:36se battre pour que les victimes, notamment les jeunes, notamment les femmes,
13:40soient davantage écoutées.
13:41Est-ce que ça a fonctionné ? De toute évidence.
13:43Non, et il l'a reconnu lui-même.
13:45Qu'on fasse un point extrêmement clair, un bilan méthodique, rigoureux,
13:50de toutes les défaillances qui ont mené à ce drame,
13:53c'est notre responsabilité et c'est ce qu'on fait.
13:55Donc, votre réaction à cette plainte de poser devant la CGR ?
13:58On en tire les actions, ça l'est également, et on a commencé à le faire.
14:01La réaction du gouvernement, c'est quoi ?
14:02Vous êtes serein ? Vous dites que la Cour fasse son travail ?
14:06Bien que la Cour fasse son travail, c'est une évidence,
14:10et de toute évidence, on a évidemment de l'empathie
14:14et aucun jugement à porter sur cette maman
14:16qui, de toute évidence, vit l'horreur à travers sa fille.
14:19Trois minutes pour parler de la présidentielle, Maude Bréjean,
14:21puisque vous avez annoncé ce matin que vous alliez soutenir
14:23le candidat d'Horizon, Édouard Philippe,
14:26plutôt que le président de votre propre parti,
14:29le parti Renaissance, Gabriel Attal.
14:31Ça s'appelle quoi ? C'est une trahison ?
14:32Non, c'est de la responsabilité.
14:34Moi, je suis horrifiée de voir les sondages pour la présidentielle
14:38défiler avec Jordan Bardella ou Madeline Le Pen à 34, 35, 36 %.
14:42Je suis horrifiée de voir que la droite et le centre
14:45courent le risque d'être effacées progressivement de la photo
14:49à cause d'une multiplication des candidatures
14:55dans cet espace politique.
14:56Et donc, je fais le choix en responsabilité
14:58de soutenir celui qui, à mon sens,
15:01est encore une fois sans préjugé des capacités
15:03et des qualités des uns et des autres,
15:05le plus à même de rassembler très largement les Français.
15:09Vous avez votre carte à renaissance ?
15:10Est-ce que vous en aviez parlé à Gabriel Attal avant ?
15:12Ou est-ce qu'il l'a appris ce matin en allant à la radio ?
15:14D'abord, les conversations que je peux avoir en aparté
15:16avec les uns et les autres ne concernent, pardonnez-moi,
15:19Donc oui, j'en ai dit que oui, vous l'aviez prévenu ?
15:21Pas la presse.
15:22J'essaie de faire les choses le plus intelligemment possible.
15:24Et sans mettre de l'huile sur le feu, je dis une chose.
15:27Il faut qu'on se rassemble.
15:28Édouard Philippe est aujourd'hui celui qui, selon moi,
15:30est en capacité de rassembler les Français le plus largement possible
15:33de par son parcours, de par son expérience.
15:36Et donc, c'est un choix que je fais qui n'est pas un choix contre quelqu'un.
15:39Vous savez, Édouard Philippe, il a été Premier ministre d'Emmanuel Macron
15:41pendant trois ans.
15:43Ce n'est pas un étranger pour notre famille politique.
15:45Et il a appelé à la démission d'Emmanuel Macron il y a six mois.
15:46Et j'ai eu l'occasion de dire que je n'étais pas d'accord avec cette position.
15:50Maintenant, il faut regarder de l'avant.
15:51Ah oui, il faut être souple en ce moment pour suivre ce qui se passe dans la majorité.
15:53Moi, mais vous savez, on n'est pas des clones les uns et les autres.
15:56On peut avoir des opinions qui, parfois, divergent.
15:58C'est sain, c'est humain.
16:00Moi, je dis une chose.
16:01Ne laissons pas ce pays dans les mains des extrêmes.
16:04Arrivons à bâtir un projet ensemble.
16:06Et retrouvons-nous autour de celui qui est aujourd'hui le plus à même de rassembler.
16:10Tant ce que vous dites, comme vous dites,
16:11je ne vais pas vous raconter les discussions que j'ai avec les uns ou les autres.
16:13Mais il y a quand même une question politique qui se pose.
16:15Parce que Sébastien Lecornu, quand il a formé ce gouvernement,
16:17il a dit qu'il n'y aura pas de candidat à la présidentielle dans le gouvernement.
16:20Ce qui n'est pas votre cas.
16:22Sauf si vous me l'annoncez tout de suite.
16:24Et il n'y aura pas de ministres qui font campagne activement pour un candidat.
16:28Est-ce que vous avez eu le feu vert du Premier ministre ?
16:30J'en ai...
16:31Écoutez, Matignon a confirmé qu'on avait eu cette conversation, effectivement, en amont.
16:37Donc, je peux vous le dire.
16:38Est-ce qu'il a cherché à vous dissuader de ça, Sébastien Lecornu ?
16:40Attendez, vous essayez de tirer le fil.
16:42Vous avez bien raison, c'est votre rôle.
16:44Mais moi, ce que je peux vous dire, c'est que je n'aurai pas,
16:46encore une fois, de responsabilité opérationnelle dans cette campagne.
16:49Mais pour autant, ce qui va se passer en 2027, ça nous concerne tous, ça vous concerne, ça me concerne,
16:54ça concerne ceux qui nous écoutent en ce moment, c'est l'avenir du pays.
16:57Moi, je considère que la France, elle est plus grande que nous, elle est plus grande que les partis politiques.
17:02Et donc, se mobiliser, qu'on soit ministre ou simple citoyen, pour éviter encore une fois...
17:08Alors, à un moment où l'avenir du pays est en jeu, de laisser la France insoumise ou le Rassemblement
17:15national arriver au second tour à notre place,
17:18c'est absolument vital.
17:19Vous confirmez qu'il y a bien eu une discussion avec le Premier ministre ?
17:21Je confirme que je fais les choses...
17:23Avant la note ?
17:24Je confirme que je fais les choses en loyauté vis-à-vis du Premier ministre, et c'est bien normal.
17:30Et il ne vous a pas interdit de le faire ?
17:34S'il m'avait interdit de le faire, en tant qu'encore une fois, ministre loyal,
17:39je ne serais probablement pas en train d'avoir cette conversation avec vous.
17:41Donc, il vous a autorisé à le faire ?
17:43Vous êtes un très bon journaliste, mais je n'irai pas plus loin dans cette conversation.
17:47Écoutez, Sébastien Lecornu nous demande une chose simple.
17:50Vous êtes par part du gouvernement, et vous soutenez celui qui n'est pas votre candidat,
17:54celui qui n'est pas le candidat de votre parti.
17:57Vous avez toujours la carte chez Rodessor.
17:58Je suis, encore une fois, une ministre qui travaille à mes sujets,
18:02notamment au sujet énergétique.
18:04Je pourrais vous en parler longuement, j'espère que vous me réinviterez.
18:07Et pour autant, comme tout ministre, comme tout responsable politique,
18:10pardon, je m'intéresse à l'avenir de mon pays.
18:12Mais en un mot, c'est-à-dire que vous serez au meeting d'Edouard Philippe,
18:16mais par exemple, vous ne prendrez pas la parole.
18:18C'est ça la différence ?
18:19Exactement.
18:20Je n'avais pas prévu de la prendre.
18:21Et donc, vous restez porte-parole du gouvernement ?
18:23Écoutez, je reste porte-parole du gouvernement.
18:25Et je crois qu'encore une fois, l'avenir du pays, c'est important,
18:29qu'on soit ministre, qu'on soit parlementaire, qu'on soit simple citoyen.
18:32Et ça ne nous empêche pas d'être pleinement à notre tâche.
18:34Et donc, moi, je serai encore une fois extrêmement loyale aux demandes du Premier ministre.
18:37C'est bien normal.
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