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  • il y a 1 jour
À LA UNE / Canicule : coup de chaud sur l'économie

Réacteurs nucléaires à l'arrêt, rails déformés, matériel dysfonctionnel... La canicule met l'économie française à rude épreuve. Les travailleurs doivent également faire face à plusieurs défis : les températures hors normes rendent bien souvent le travail en extérieur impossible et compliquent la garde des enfants dont les écoles sont parfois fermées. « On ne va pas mettre le pays à l'arrêt parce qu'il fait 30 degrés », a déclaré le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, sur RTL. Allianz Trade a chiffré dans un exercice de simulation dans lequel le pays vivrait, cinq années de suite, les épisodes de chaleur les plus intenses qu'il a déjà connus entre 2014 et 2024 : la France pourrait perdre plus de 200 milliards d'euros. Entre adaptation des infrastructures et activité au ralenti, combien coûte cet épisode caniculaire record ?

Invités :
- Simon-Pierre Sengayrac, co-directeur de l'Observatoire de l'économie de la fondation Jean-Jaurès,
- Fanny Guinochet, journaliste économique à France Info,
- Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT,
- En visioconférence : Hazem Krichene, économiste climat chez Allianz et Allianz Trade.

Chroniques :
« La petite histoire dans la grande » : par Anna Cabana,
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello.

LA QUESTION QUI FÂCHE / Aide à mourir : qui doit effectuer le dernier geste ?

Les députés examinent, pour la troisième fois, la proposition de loi visant à créer un droit à l'aide à mourir. Le texte a déjà été adopté par les élus du Palais Bourbon en mai 2025 et en février 2026. Pourtant, le débat reste vif dans l'hémicycle : mardi 23 juin, un vote surprise a rebattu les cartes. Dans une assemblée aux bancs clairsemés, notamment du centre à la gauche, un amendement du Rassemblement national a été adopté. Cet amendement, qui refuse aux médecins de la possibilité d'administration d'un produit létal, a été adopté pour « s'assurer que les médecins ne violent pas le serment d'Hippocrate », a précisé la députée Marie-France Lorho (RN). Le rapporteur général du texte, Philippe Vigier (MoDem), s'est indigné de la situation : « lorsqu'on légifère, on ne fait pas des "coups", on s'efforce d'améliorer la loi ». Il a par ailleurs déploré un texte déchiqueté et indiqué son souhait d'une seconde délibération à la fin de l'examen du texte. Le débat se poursuit donc jusqu'au vote solennel du 30 juin prochain. Faut-il inclure les médecins dans l'administration de la substance létale ?

Invités :
- Christophe Bentz, député « Rassemblement national » de Haute-Marne,
- Sandrine Runel, députée socialiste du Rhône,
- Frédéric Valletoux, député « Horizons et indépendants » de Seine-et-Marne,

« Bourbon express » par Marco Paumier.

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News
Transcription
00:00:05Musique
00:00:24Bonsoir à tous, soyez les bienvenus dans chaque voie compte sur LCP.
00:00:27Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de l'Assemblée nationale
00:00:32avec pour m'accompagner ce soir Anna Cabana.
00:00:34Bonsoir Anna.
00:00:35Bonsoir Charaline.
00:00:36Et bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:37Bonsoir.
00:00:37C'est parti pour le sommaire avec Alain, ce soir cinquième jour de cette vague de chaleur historique qui nous
00:00:43épuise tous.
00:00:45La canicule est une crise sociale, une crise sanitaire mais aussi une crise économique
00:00:50parce qu'elle frappe en plein mois de juin et que l'économie est encore en pleine production.
00:00:54Une première étude évoque une baisse du PIB de 0,6 points.
00:00:58L'économie française est-elle en train de fondre sous nos yeux ?
00:01:02Eh bien nous en parlons ce soir avec vous Simon-Pierre Sanguerac.
00:01:04Bonsoir.
00:01:05Bonsoir.
00:01:05Vous dirigez l'Observatoire de l'économie de la Fondation Jean Jaurès.
00:01:08Merci d'être là aux côtés de Fanny Guinochet.
00:01:10Bonsoir.
00:01:10Bonsoir.
00:01:11Journaliste éco à France Info.
00:01:12Et bonsoir Denis Gravouille.
00:01:14Bonsoir.
00:01:15Secrétaire confédéral de la CGT, les syndicats ont justement été reçus hier soir par le ministre du Travail
00:01:20pour évoquer les risques sur la population active.
00:01:23Vous nous raconterez ce que vous vous êtes dit, d'accord ?
00:01:26À suivre aussi, on sera à Munich en direct avec Azem Krishen qui est économiste climat chez Allianz Trade.
00:01:33C'est lui qui a publié cette semaine cette étude frappante sur la baisse de productivité par temps de canicule.
00:01:38Il nous la détaillera dans un instant.
00:01:40Quelle histoire allez-vous nous raconter Olivier Rabanello ?
00:01:42Une histoire de piscine, de piscine municipale.
00:01:45Vous êtes plutôt de la team piscine-tournesol ou piscine-canteton ?
00:01:49Moi j'ai appris à nager dans une piscine-tournesol.
00:01:51Et vous ? Canteton, tournesol ?
00:01:53Tournesol.
00:01:53Tournesol aussi.
00:01:54On est plutôt tournesol.
00:01:55Bon, ben moi j'étais caneton.
00:01:57Je vous raconterai le reste après.
00:01:59À suivre aussi la petite histoire dans la grande avec Anna.
00:02:02Eh oui, alors moi j'ai envie de vous parler de, je ne sais pas, où il a appris à
00:02:06nager,
00:02:07d'Edouard Philippe et de la bataille secrète qu'il mène.
00:02:11Vous nous raconterez ça tout à l'heure.
00:02:13Dans la deuxième partie de chaque voix contre la question qui fâche,
00:02:15on va parler de la loi fin de vie dont l'Assemblée nationale débat à nouveau
00:02:18avant un ultime vote mardi prochain.
00:02:20Question ce soir sur le fameux libre choix qui tiraille encore les députés.
00:02:25Pourquoi ?
00:02:26Eh bien on en parlera tout à l'heure avec Sandrine Runel, députée socialiste,
00:02:29Frédéric Valtout, député Horizon et Christophe Benz, député RN.
00:02:33Vous pouvez vous aussi les interroger ou nous faire part de vos remarques,
00:02:35vos réflexions ici, le QR code.
00:02:37Et c'est Olivier Ravanello qui nous transmet tous vos messages.
00:02:41Tout à l'heure aussi Bourbon Express, le journal de l'Assemblée avec Marco Pommier.
00:02:45Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:46Installez-vous confortablement.
00:02:48Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:56Au cœur de cette canicule, on parle beaucoup des urgences saturées,
00:03:00des écoles, de la clim.
00:03:02Mais on parle moins d'une autre victime de cette vague de chaleur,
00:03:05notre économie.
00:03:06Train et centrales nucléaires à l'arrêt,
00:03:08écoles fermées, chantiers reportés,
00:03:09fermeture de magasins, services publics au ralenti.
00:03:12Cette chaleur extrême est inédite
00:03:14parce qu'elle survient en juin
00:03:15et que ce n'est pas encore les vacances.
00:03:17Nicolas Fleury.
00:03:27Un appel à la grève dans des usines Stellantis
00:03:30où il fait trop chaud.
00:03:31Trois réacteurs nucléaires à l'arrêt.
00:03:34Une raffinerie qui réduit sa production.
00:03:37Avec la canicule, la France tourne au ralenti
00:03:40selon le patron du MEDEF.
00:03:42C'est vrai pour les machines qui ne supportent pas la chaleur
00:03:45et pour les salariés qui la subissent.
00:03:49Selon l'Organisation internationale du travail,
00:03:52quand le thermomètre atteint 34 degrés,
00:03:54notre productivité baisse de moitié.
00:03:58Et à partir de 38 degrés,
00:04:00travailler présente des risques graves pour la santé
00:04:02quand ce n'est pas tout simplement impossible.
00:04:05Alors comment mesurer l'impact global
00:04:08de ces vagues de chaleur sur l'économie ?
00:04:10Les chiffres divergent.
00:04:12Pour la Banque Centrale Européenne,
00:04:14ces pertes de productivité impliquent aussi moins d'investissements,
00:04:17soit 1,5% de PIB en moins à moyen terme.
00:04:24Mais d'autres études ont choisi un scénario plus extrême.
00:04:29Par exemple, en prenant les 5 années les plus chaudes de la dernière décennie.
00:04:33Si une telle chaleur se répétait pendant les 5 prochaines années,
00:04:37la France perdrait jusqu'à 7% de son PIB.
00:04:42Et si ces chiffres ne vous ont pas refroidi,
00:04:44les dernières analyses montrent un impact encore plus fort à long terme.
00:04:48Quand vous reliez les changements de température global à l'activité économique,
00:04:53vous trouvez des coûts climatiques 6 à 7 fois plus élevés
00:04:57que ce qu'on pensait auparavant.
00:04:59Ça représente une perte de PIB par habitant d'environ 50% à horizon 2100.
00:05:04Donc on sera quand même plus riche en 2100 qu'aujourd'hui,
00:05:06mais on sera beaucoup moins riche que ce qu'on ne pourrait l'être
00:05:08sans le changement climatique.
00:05:11Selon cet économiste, face à de tels coûts,
00:05:14la décarbonation devient un enjeu crucial et surtout rentable.
00:05:20D'abord, Fanny Guinochet, pourquoi est-ce qu'une canicule au mois de juin
00:05:23est plus dangereuse économiquement qu'une canicule en août ?
00:05:26Parce que l'activité au mois de juin, elle est plus importante.
00:05:30Au mois d'août, une bonne partie des travailleurs et des actifs sont en vacances,
00:05:34les enfants sont en vacances, donc l'économie est dans un autre mode.
00:05:39Certes, vous avez des secteurs qui fonctionnent très bien,
00:05:41comme le tourisme, l'aérien, les transports,
00:05:43mais globalement, les lignes de production des entreprises, des usines sont à l'arrêt.
00:05:48Là, quand vous êtes au mois de juin, on le vit tous actuellement.
00:05:51Vous avez, par exemple, les écoles qui sont fermées
00:05:54parce qu'il est impossible de garder les enfants.
00:05:56Les enfants, ils sont gardés par leurs parents, soit au travail,
00:06:00pour ceux qui les amènent pour profiter un peu de clim quand ils le peuvent,
00:06:04soit c'est des systèmes D, vous faites du télétravail
00:06:07et en même temps, vous avez votre enfant.
00:06:08Bref, votre productivité, elle baisse.
00:06:10Je vous donne un autre exemple très concret.
00:06:12La SNCF, on voit qu'avec la chaleur, les rails se tordent.
00:06:18Bref, il y a des trains qui sont supprimés.
00:06:20Ces trains, ils permettent souvent aux travailleurs, aux actifs,
00:06:23de se rendre sur leur lieu de travail.
00:06:25Là, la SNCF a annoncé aujourd'hui 10% des trains supprimés.
00:06:28Vous voyez, donc là, tout de suite, ça a un impact.
00:06:31Alors certes, sur la SNCF qui vend moins de billets,
00:06:34qui ralentit son trafic, mais ça a un impact sur tous les autres secteurs.
00:06:37On peut aussi prendre les commerces quand, au-delà d'une certaine température,
00:06:42on va moins aux restaurants.
00:06:43Alors peut-être plus pour les restaurants qui sont climatisés,
00:06:48mais les terrasses, vous n'avez plus personne sur les terrasses.
00:06:50Elles sont désertes.
00:06:50Vous avez des festivals qui sont annulés.
00:06:53Un certain nombre, regardez, même dans le secteur culturel.
00:06:56Le Louvre, la Tour Eiffel adaptent leurs horaires à cause de la chaleur.
00:07:00Donc tout ça, ce sont des visiteurs en moins.
00:07:02Donc vous voyez, il y a plein d'exemples.
00:07:04Et tout ça fait que ça coûte beaucoup plus à l'économie.
00:07:08Une canicule très précoce.
00:07:09En plus, c'est une canicule qui vient après un effet de chaleur très important.
00:07:14Je ne sais pas si...
00:07:15Fin mai, oui.
00:07:15Fin mai, qui avait déjà pesé.
00:07:18Et dernier point, c'est vrai qu'on parlait en tout début des urgences, des soins.
00:07:23Ça alourdit nos dépenses de santé.
00:07:25Ça les alourdit d'autant plus que l'on n'était pas forcément préparé.
00:07:31Vous avez plus de passages aux urgences.
00:07:35Tout ça, ce sont des arrêts maladie en plus.
00:07:37Vous avez plus de personnel.
00:07:39Donc vous avez déjà...
00:07:40On a un modèle social avec une sécurité sociale dont les comptes sont dans le rouge.
00:07:44Bon, ben là, ça rajoute encore de la charge.
00:07:47Simon-Pierre Sanguerac, on le voit, il y a des secteurs qui souffrent beaucoup plus que d'autres.
00:07:52Sans doute, il y en a-t-il aussi qui tirent leur épingle du jeu.
00:07:54Peut-être qu'on aura le temps d'en parler tout à l'heure.
00:07:56Est-ce qu'on arrive aujourd'hui à quantifier
00:07:58ou est-ce que c'est une facture que l'on pourra faire plutôt vers l'automne ?
00:08:03C'est plutôt une facture qu'on pourra faire vers l'automne.
00:08:06Les chiffres du PIB sont calculés trimestriellement.
00:08:09Donc à minima, il faut attendre le prochain trimestre,
00:08:11c'est-à-dire vers septembre pour avoir les premiers chiffres.
00:08:13Mais en réalité, quand on compare la canicule actuelle aux canicules passées,
00:08:17on voit qu'en fait, les chiffres sur l'activité économique sont visibles de manière plus diffuse.
00:08:22Parce que vous l'avez dit, l'impact sur l'activité économique,
00:08:25il est direct et assez concret dans certains secteurs.
00:08:28Il y a en fait des canaux de diffusion qui sont assez classiques.
00:08:30Il y a trois secteurs qui sont principalement touchés.
00:08:32L'agriculture, l'énergie et la construction.
00:08:35Le BTP.
00:08:36Et puis, ces secteurs-là, si vous voulez, en quelque sorte,
00:08:39désorganisent le reste de l'économie,
00:08:41mais avec une temporalité qui se diffuse dans le temps.
00:08:44Pour l'agriculture, on le comprend bien.
00:08:46La canicule qu'on est en train de vivre va sûrement avoir un impact sur les rendements agricoles,
00:08:50même parfois sur le blé, sur les décès de Cheptel.
00:08:53En tout cas, c'est ce que dit l'agronome Serge Zaka.
00:08:55Sur les BTP, les retards de construction, pareil, vont avoir des effets diffus.
00:09:00Donc en fait, un, on ne saura pas trop avant septembre ce qu'il en est.
00:09:03Mais plus encore, il pourrait y avoir des effets à moyen terme,
00:09:07c'est-à-dire qui se diffusent jusqu'à l'année prochaine.
00:09:09Il y a des études de l'INSEE qui montrent qu'à horizon 1 à 2 ans,
00:09:12on peut avoir une baisse du PIB dans certains territoires,
00:09:15je pense notamment à l'Occitanie, fortement touchés par chaque vague de chaleur,
00:09:18qui vont jusqu'à 1,5 à 2% du PIB.
00:09:21Denis Gravouille, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou,
00:09:23a reçu hier soir les organisations syndicales
00:09:26pour évoquer les risques sur la population active et les travailleurs.
00:09:29Vous étiez à cette réunion.
00:09:31Que vous a dit le ministre et que lui avez-vous dit, surtout ?
00:09:33Déjà, on était en visio puisqu'il fait trop chaud au ministère du Travail.
00:09:36Ce n'est pas climatisé ?
00:09:37Je ne sais pas.
00:09:38Ils n'étaient en tout cas pas en mesure de travailler et de nous accueillir.
00:09:43Mais la première chose que je voudrais dire avant de parler de la réunion,
00:09:46c'est que tout ceci est quand même prévisible.
00:09:48On ne pouvait pas savoir à quel moment allait tomber une période de canicule.
00:09:51Enfin, ça fait quand même 20 ans que les rapports du siècle,
00:09:53même plus que ça, prédisent des éléments.
00:09:55Il y a six mois, on parlait d'inondations monstrueuses
00:09:57et maintenant, on est en train de parler de canicule au mois de mai-juin.
00:10:00Donc tout ça a été prévisible et on est très en retard.
00:10:02Et on est même plutôt en recul puisqu'il y a des coupes dans les budgets.
00:10:06On a commencé par dire ça, à dire qu'il fallait que ce soit structurel.
00:10:09Alors le ministre a reconnu que c'était structurel,
00:10:10sauf qu'on continue à avoir des mesures budgétaires
00:10:15contre toutes les agences, par exemple,
00:10:17qui seraient en mesure de nous aider à lutter contre le réchauffement climatique.
00:10:20Ça, c'est l'un des premiers points qu'on a abordé.
00:10:21Et évidemment, on a abordé déjà les mesures immédiates de sécurité
00:10:25pour les personnes qui sont soit dans les secteurs que vous avez cités
00:10:29pour le BTP, l'agriculture,
00:10:31mais c'est dans tous les lieux où on a des endroits.
00:10:33On parlait des écoles, mais on parlait des hôpitaux.
00:10:35C'est dangereux pour les malades, c'est dangereux pour les soignants.
00:10:37Dans les hôpitaux, il fait 37 degrés dans les chambres.
00:10:39Le préfet de police de Paris annonce ce soir
00:10:41que les hôpitaux franciliens sont saturés.
00:10:44Oui, on sait que les morgues de la Vendée sont saturées.
00:10:50Donc, on a eu des décès très...
00:10:51Donc, on revit 2003, en fait.
00:10:53On vit pire que 2003, en fait.
00:10:54On vit pire que 2003, d'abord, parce que vous l'avez dit,
00:10:56c'est au mois de juin.
00:10:56Et puis, c'est plus long et c'est plus chaud.
00:10:59Et pourtant, c'était prévisible.
00:11:01Donc, toutes ces mesures, déjà, de mesures immédiates,
00:11:03on est déjà en dessous de ce qu'il faudrait faire.
00:11:06Ça, c'est un des points pour lesquels on avait demandé cette réunion
00:11:08qui a eu lieu de façon rapide.
00:11:10Et on pense que les mesures ne sont pas à la hauteur.
00:11:12Le ministre annonce qu'on a augmenté les contrôles
00:11:15dans l'inspection du travail.
00:11:16Sauf que le décret chaleur, qui est déjà insuffisant,
00:11:19de mai 2025, on a entendu la représentante du BDF nous dire
00:11:22que les entreprises sont en train de le découvrir.
00:11:25Excusez-moi, mais c'était il y a un an.
00:11:27On savait que l'été allait arriver.
00:11:28On savait qu'on aurait eu une perte de carnicule.
00:11:30Et par exemple, il y a des mesures de prévention qui doivent être prises.
00:11:33On sait qu'on a seulement une entreprise sur deux
00:11:35qui remplit les documents obligatoires de prévention des risques
00:11:38et qui doivent comorter depuis un an
00:11:40un plan de lutte contre les fortes chaleurs.
00:11:42Tout ça, c'est des mesures...
00:11:45C'est pour ça que la CGT réclame un droit de retrait climatique ?
00:11:47Ce serait quoi, d'ailleurs ?
00:11:48C'est un droit de retrait.
00:11:49Il existe déjà un droit de retrait, mais qui est très mal appliqué,
00:11:52qui ne peut pas être appliqué par les personnes soignantes.
00:11:54Il faudrait qu'il y ait la possibilité de se retirer des lieux de travail
00:11:58et soit de ralentir, soit de ne pas se mettre en danger au travail.
00:12:03On a une augmentation du nombre de morts au travail.
00:12:05On a déjà, malheureusement, un triste record en France et en Europe
00:12:08du nombre de morts au travail.
00:12:11Et là, les malaises, on aura des crises cardiaques dans trois semaines
00:12:14quand la canicule sera finie.
00:12:15Sophie Binet, ce matin, disait qu'il va y avoir des morts.
00:12:18On a vu ce matin un conducteur de la RATP
00:12:20faire un malaise au volant de son bus à Paris.
00:12:23Il a été blessé.
00:12:26Vous avez d'autres remontées de terrain ce soir ?
00:12:28Il y a eu un mort d'un jeune homme dans la Drôme, de 19 ans, il y a une
00:12:32semaine.
00:12:33Il y a des morts dont on n'aura la connaissance que plus tard
00:12:36parce que ce n'est pas forcément dans le journal
00:12:38ou ce n'est pas forcément remonté.
00:12:39Mais on a des situations extrêmement dangereuses.
00:12:42Et ça, c'est sûr qu'on le retrouvera.
00:12:46Les personnes fragilisées, par exemple, vont peut-être être en situation de danger.
00:12:49Ce sont certainement en situation de danger, mais à retardement.
00:12:51Vous, vous demandez un droit de retrait climatique.
00:12:53Les entreprises aménagent déjà les horaires au cas par cas.
00:12:57Vous, ce que vous demandez, c'est que ce soit automatique, en fait.
00:13:00Il faut qu'il y ait des mesures qui permettent de mettre à l'abri les personnes.
00:13:03Mais à partir de quelles températures ?
00:13:04Eh bien, ça, c'est un sujet.
00:13:05L'INRS, l'Institut national de recherche sur la sécurité au travail,
00:13:08fait des préconisations à 28 degrés pour le travail physique,
00:13:11à 30 degrés pour le travail sédentaire.
00:13:13Et dit qu'à 33 degrés, c'est juste plus possible de travailler.
00:13:16Alors, évidemment, il y a des situations différentes.
00:13:18Par exemple, dans l'industrie lourde, on a des gens qui travaillent près des fours.
00:13:21Par exemple, le temps d'exposition dans les températures élevées,
00:13:25ça, c'est un sujet.
00:13:26Et on peut travailler par palier, par exemple, de sécurité au fur et à mesure
00:13:29que les températures montent, au fur et à mesure qu'on passe sur des plans
00:13:33de plus en plus, des alertes de plus en plus élevées.
00:13:35On peut demander au préfet de mobiliser des plans d'alerte dans le département
00:13:42ou dans des zones qui sont de plus en plus élevées,
00:13:44des températures de plus en plus élevées.
00:13:46Toutes ces mesures-là, en fait, on sait que c'est possible.
00:13:49On a des éléments de recherche.
00:13:50On peut encore poursuivre la recherche.
00:13:51Mais il faut que l'on ait des mesures anticipées.
00:13:55La principale réponse de Jean-Pierre Farandou hier,
00:13:58je sais qu'il n'est pas content qu'on ait protesté contre ça,
00:14:01c'est de dire qu'on vous verra à l'automne pour préparer la prochaine canicule.
00:14:04Mais la prochaine canicule, si ça trouve, c'est dans trois semaines.
00:14:06Là, on est en juin.
00:14:07En juillet-août, on va peut-être en avoir une autre.
00:14:09Et on va en voir encore des gens en danger, même si c'est la période de vacances pour certains.
00:14:12Un mot, Fanny ?
00:14:13Jean-Pierre Farandou a annoncé quand même un décalage des horaires
00:14:17qui étaient possibles pour les chantiers,
00:14:20pour qu'ils puissent démarrer plus tôt dans les départements en vigilance rouge.
00:14:23Et il donne, c'est vrai, plus de pouvoir au préfet.
00:14:26C'est déjà un premier pas, puisque c'est sur arrêté préfectoral que ces changements,
00:14:31il y a des annulations pures et simples de chantiers qui peuvent être faites.
00:14:34Mais c'est vrai qu'il faut trouver un juste milieu entre, c'est la crainte du patronat,
00:14:40mais aussi du gouvernement, d'avoir une économie qui soit complètement à l'arrêt.
00:14:45Et Jean-Pierre Farandou a dit, on ne va pas mettre le pays à l'arrêt parce qu'il fait
00:14:4830 degrés.
00:14:49Oui, parce que sinon, si tous les personnels soignants, au-delà de 30 degrés,
00:14:54comme on n'a pas fait les démarches nécessaires pour avoir des hôpitaux qui sont climatisés,
00:14:59eh bien, s'ils avaient ce droit de retrait, ça ne tourne plus, ça ne fonctionne plus.
00:15:03Il n'y a pas de droit de retrait dans la santé, mais par exemple, des mesures toutes simples,
00:15:07c'est pour les détenus, pour les soignants qui ne soient pas en polyester et qui soient disponibles,
00:15:11ou pour les caissiers des supermarchés qui sont derrière les portes vitrées soumises à des vents très chauds,
00:15:16de sortir la doudoune, on a des mesures immédiates qu'on peut prendre tout de suite.
00:15:20Et des mesures, évidemment, qu'il faut prendre les mesures.
00:15:22On a 20 ans de retard pour rénover les bâtiments ou les transports publics, par exemple.
00:15:26Je voudrais qu'on aille en Allemagne, si vous voulez bien, un instant.
00:15:29Bonsoir, Azam Krishen, et merci d'être en direct avec nous.
00:15:33Ce soir, vous êtes économiste climat chez Allianz Trade.
00:15:36Vous êtes l'auteur de cette étude qui fait beaucoup parler depuis le début de la semaine
00:15:39sur le coût réel sur l'économie d'une telle canicule.
00:15:42Vous êtes à Munich, en Allemagne.
00:15:45La France perdrait 240 milliards d'euros de PIB d'ici 2030.
00:15:49Comment est-ce que vous êtes arrivé à ce chiffre monstrueux ?
00:15:55Bonsoir et merci pour l'invitation, premièrement.
00:15:59Ce chiffre n'est pas vraiment monstrueux parce que c'est 240 milliards de dollars.
00:16:06Ça veut dire en moyenne 0,5 point de pourcentage de PIB de croissance entre 2026 et 2030.
00:16:14Mais revenons à la méthodologie.
00:16:16En fait, nous, ce qu'on a fait, on a regardé des vagues de chaleur historiques,
00:16:22principalement entre 1990 et 2024.
00:16:26Et on a regardé comment ça impacte la productivité.
00:16:31C'est la productivité par heure.
00:16:34Et on a regardé aussi comment ça impacte la croissance du salaire cumulé.
00:16:41Et après, en fait, on a considéré un choc d'offres classique.
00:16:46Donc, on a un manque de productivité suivi par un choc de demande qui est induit par une baisse de
00:16:52l'augmentation salariale.
00:16:54Et ceci se répercute sur le PIB.
00:16:56Et nous, ce qu'on a fait, en fait, on a construit un scénario qui est calibré sur les vagues
00:17:04de chaleur historiques entre 2014 et 2024.
00:17:08Donc, ce ne sont pas des calculs complètement déconnectés de ce qu'on a vécu la dernière décennie.
00:17:14Fanny Guinochet veut vous poser une question.
00:17:15Comment se situe la France par rapport aux autres pays, à ses voisins, par exemple ?
00:17:22La France, elle vient en tête juste après le Japon.
00:17:27Mais le Japon, ce n'est pas un voisin.
00:17:29Donc, parce que, en termes de PIB, de perte de PIB, elle est à 7% en cumulé entre 2026
00:17:38et 2030.
00:17:39L'Italie, elle est à 6%.
00:17:41Donc, ce n'est pas très loin.
00:17:42Mais en termes de chiffres en nominal, la France est supérieure vu que le PIB, il est plus important.
00:17:48Donc, la France, on a vu dans la dernière décennie, elle était plus impactée en termes d'intensité de vagues
00:17:55de chaleur.
00:17:55Donc, les vagues de chaleur, elle était plus intense.
00:17:58Du coup, quand on a construit le scénario, l'exposition de la France est supérieure par rapport à ses voisins.
00:18:04Et aussi, donc, dans les données historiques, la sensibilité du PIB de la France par rapport à une contraction d
00:18:11'offres
00:18:11suivie par une contraction de demandes, c'était plus important.
00:18:16Et vous avez identifié un seuil critique de 30 degrés.
00:18:19Que se passe-t-il au-delà de ce seuil ?
00:18:22Ce seuil-là de 30 degrés, il faut bien spécifier que c'est dérivé empiriquement.
00:18:30Donc, on a regardé qu'il y a une sorte de non-dénéarité dans l'impact.
00:18:34C'est-à-dire que quand on est dans un lieu froid, une vague de chaleur, elle peut engendrer une
00:18:42meilleure dynamique économique.
00:18:45Et à partir de 30 degrés, on ne voit que des impacts négatifs.
00:18:48Et des impacts négatifs qui s'accentuent au fur que la vague de chaleur, elle s'intensifie en termes de
00:19:00période et en termes de degrés.
00:19:02Bon, on est d'accord qu'il ne s'agit pas exactement d'une prévision.
00:19:05C'est un scénario catastrophe si on ne fait rien.
00:19:09Si on ne fait rien d'ici 2030, et on ne peut pas croire que rien ne sera fait.
00:19:14En fait, oui.
00:19:16Donc, ça, c'est si on ne fait rien.
00:19:17Donc, ça ne tient pas en compte les mesures d'adaptation possibles.
00:19:23Mais c'est un scénario, oui.
00:19:25Mais je n'aimerais pas ça scénario catastrophe.
00:19:27Parce qu'en fait, ce qu'on a fait, on a pris les vagues de chaleur historiques entre 1991 et
00:19:352010.
00:19:36Et on s'est dit, ça, c'est le standard.
00:19:38Et on a pris après les cinq vagues de chaleur les plus importantes la dernière décennie.
00:19:43Et on s'est dit, ces cinq vagues de chaleur, elles vont se reproduire à l'identique entre 2026 et
00:19:522030.
00:19:54Il faudrait qu'il y ait une canicule extrême tous les ans d'ici 2030.
00:19:57Et malheureusement, c'est un peu ce que prévoient aussi les experts du GIEC.
00:20:00Je profite de vous avoir, parce que vous êtes en direct de Munich,
00:20:03puisque c'est là-bas que se trouve le siège d'Allianz.
00:20:05Est-ce que l'Allemagne a les mêmes débats que la France cette semaine sur l'adaptation au réchauffement ?
00:20:09Parce que chez vous aussi, c'est une canicule historique.
00:20:11Ça ne s'est pas arrêté aux frontières avec le Rhin, la chaleur.
00:20:16Oui, c'est la spécificité de la vague de chaleur
00:20:20que l'espace géographique est très étendu.
00:20:24Et bien évidemment qu'il y a des débats en Allemagne aussi sur l'adaptation,
00:20:29sur ce qu'il faut faire, sur la climatisation, sur les heures de travail, etc.
00:20:33Donc c'est à peu près le même débat qu'on voit en France.
00:20:37Bon, on ne va pas dire que ça nous rassure, mais on se sent moins seul.
00:20:42Merci infiniment d'avoir été en direct avec nous ce soir depuis Munich.
00:20:47Azem Krichen, je rappelle que vous êtes économiste climat chez Allianz Trade.
00:20:53Fanny Guinochet, est-ce qu'on a dans les entreprises la même idée d'impréparation,
00:21:00le même sentiment d'impréparation qu'on peut l'avoir avec l'école cette semaine ?
00:21:04On a beaucoup parlé de l'école hier et de la façon dont elle n'est pas préparée à affronter
00:21:08ces vagues de chaleur.
00:21:08Est-ce que c'est la même chose dans les entreprises ?
00:21:10Alors, ça n'est pas partout pareil, mais effectivement, on peut regretter
00:21:14que dans un certain nombre d'entreprises, on n'ait pas pris les mesures,
00:21:18mais c'est à l'image de la société qu'on n'ait pas pris les mesures nécessaires
00:21:23pour avoir des plans canicule, des plans chaleur.
00:21:27Il y a quelques entreprises qui le font, qui jouent le jeu, qui adaptent leurs horaires,
00:21:31ce sont souvent celles qui sont les plus touchées,
00:21:33mais pour les autres, non, on voit bien qu'aujourd'hui, c'est un peu sous forme des brouilles.
00:21:38Eh bien, est-ce qu'il va quand même poser des problèmes ?
00:21:41Je parle sous votre contrôle, M. Gravouille, mais on voit qu'il y a déjà un mouvement de grève,
00:21:44par exemple, du côté des écoles, du côté des enseignants,
00:21:48pour les enseignants qui se plaignent que rien ne soit fait.
00:21:53Et c'est vrai qu'il y a des risques de conflits sociaux, alors ça viendra s'ajouter.
00:21:58Pardonnez-moi, Denis Gravouille, on est presque étonnés que ce ne soit pas arrivé avant.
00:22:01On est jeudi.
00:22:03C'est quoi ? Il y a un fatalisme des salariés, des travailleurs ?
00:22:08Les syndicats enseignants et vous, la CGT, vous appelez à la grève ce soir dans l'enseignement.
00:22:14On est presque étonnés que ça n'arrive qu'aujourd'hui.
00:22:16Parce que les agents du service public, d'abord, ont le cœur de recevoir les enfants.
00:22:21Les enseignants sont les premiers à essayer de faire en sorte que les enfants...
00:22:24Mais qu'est-ce qui fait que finalement, le jeudi soir, tombe cet appel à la grève ?
00:22:27L'accumulation, il y a un ras-le-bol.
00:22:29Et puis, je le dis, l'appel à la grève, c'est un des instruments,
00:22:31mais le droit de retrait, c'est avec le maintien du salaire.
00:22:34Ce n'est pas normal que ce soit les personnes les plus exposées qui perdent du salaire.
00:22:41Vous disiez, les employeurs sont en retard.
00:22:44Enfin, c'est quand même un scandale qui dure depuis des années.
00:22:46Mais il y a une entreprise sur deux qui n'a pas rempli son document unique de prévention des risques.
00:22:51Et depuis un an, il existe une disposition qui dit qu'on doit prévoir les fortes chaleurs.
00:22:57Bon, voilà, c'était il y a un an.
00:22:58On s'adoutait bien que ça allait revenir.
00:22:59Donc, les moyens du personnel, par exemple, ont été réduits.
00:23:02Ça fait des années que, sous le début de l'arrivée d'Emmanuel Macron,
00:23:06on a supprimé les comités hygiène et sécurité, les CHSCT,
00:23:09qui sont les moyens pour l'apprentissage du personnel d'alerter,
00:23:11et notamment des professionnels qui connaissent le mieux leur métier.
00:23:13C'est toujours mieux quand on a des gens du bâtiment qui disent
00:23:17« Attention, là, on va avoir des gens en danger »,
00:23:19des gens de la santé qui disent « Attention, on va avoir des professionnels de santé en danger ».
00:23:22On l'a supprimé ou réduit considérablement ces moyens-là d'alerte et de prévention.
00:23:26– Après, les chefs d'entreprise n'ont pas tellement envie de jouer avec ça.
00:23:29Ça reste quand même, quand vous êtes responsable d'un accident du travail, c'est du pénal.
00:23:33Donc, je pense que, nécessité fait loi, mais que, face à des événements aussi…
00:23:44des températures aussi élevées, beaucoup quand même prennent les dispositions.
00:23:48Moi, je ne sais pas vous, mais je vois autour de moi,
00:23:50vous avez quand même des aménagements d'horaire,
00:23:52il y a une tolérance, il y a du bon sens,
00:23:53parce qu'il y a la crainte, ça touche vraiment à la sécurité des personnes.
00:23:56– On est allé voir, justement, des travailleurs, des forçats de la chaleur
00:24:02qui continuent de travailler malgré cette canicule,
00:24:06notamment dans le BTP, justement,
00:24:08avec des retards sur des chantiers qui commencent à s'accumuler,
00:24:11et puis dans une usine automobile.
00:24:13Regardez, c'est un reportage sur le terrain de Dario Borgogno et Eva Billon.
00:24:17– Sous les rayons du soleil, Poutre et Charpente se réchauffent,
00:24:20coincées pour le moment sur leur lieu de fabrication.
00:24:23– On est en train de faire des murs au saturbois pour une école à Saint-Denis,
00:24:26et aujourd'hui, avec la chaleur,
00:24:29alors un, j'ai mes chantiers actuels qui sont à l'arrêt,
00:24:33parce que ça devient même dangereux de travailler dehors.
00:24:36– Cinq des chantiers de cet entrepreneur,
00:24:37principalement des écoles censées être prêtes pour cette rentrée,
00:24:40sont ainsi immobilisés pendant cette semaine caniculaire.
00:24:44Et la facture risque de grimper.
00:24:46Par exemple, pour l'une de ces constructions,
00:24:48il doit louer une grue, location obligatoirement au mois.
00:24:51– Cette semaine de perdue,
00:24:54elle va être irratrapable en fait,
00:24:57donc on aura d'allocations supplémentaires.
00:25:00C'est une vingtaine de mille euros,
00:25:02donc c'est un impact significatif.
00:25:04C'était déjà un budget qui était compliqué,
00:25:07bon là, ce budget grue, effectivement, il sera déficitaire.
00:25:11– Des chantiers à l'arrêt mettant aussi une vingtaine de ces salariés au chômage technique.
00:25:15Même si une aide financière est prévue,
00:25:17cela devrait faire tout de même entre 300 à 500 euros de moins sur leur salaire.
00:25:20Pour les autres, ils ont la chance de travailler dans cet atelier bien isolé et assez frais.
00:25:24– C'est juste les jours comme ça chaud,
00:25:28et après ça y est.
00:25:30– Mais quand l'humain résiste, c'est au tour des machines de lâcher.
00:25:33Comme celle-ci qui manque d'air à cause de la chaleur
00:25:35et qui, pour la première fois, a arrêté de fonctionner au milieu de l'après-midi.
00:25:39– On a pris la disposition de travailler que le matin à l'atelier
00:25:45afin de ne pas endoménager nos machines tout simplement.
00:25:47– En atelier, on travaille de bonne heure, donc on arrive à compenser quand même un petit peu,
00:25:52mais on perd au moins trois heures de travail dans la journée.
00:25:55– Dans le Nord, au contraire, pas question dans cette usine automobile de ralentir la productivité,
00:26:00au détriment selon ces ouvriers de leur santé.
00:26:02– Il y a certains endroits de l'atelier où il y a bien 32, 34.
00:26:05On a quelques personnes, des moments qui font des malaises,
00:26:09si on est cadencé, on n'a pas cinq secondes pour nous,
00:26:12pour réellement lever la tête et souffler.
00:26:15– Et selon ce représentant du personnel, l'adaptation n'est pas encore au niveau.
00:26:19– C'est des pauses de 7, 8 et 20 minutes, donc toutes les deux heures.
00:26:23Et le plan chaleur rajoute 5 minutes de pause toutes les heures.
00:26:27Donc on va dire que c'est très très peu.
00:26:29Et là, laisser travailler les salariés comme ça, c'est pas possible.
00:26:32C'est pas possible et c'est clairement inhumain.
00:26:33– D'autres entreprises automobiles subissent des arrêts techniques anticipés
00:26:36et des ralentissements de production,
00:26:38de quoi potentiellement retarder de prochaines livraisons.
00:26:41– Voilà, pour ce reportage de Dario Borgogno et Eva Billon,
00:26:44je crois qu'il y a une question téléspectateurs directement en lien, Olivier.
00:26:47– Oui, exactement, vous parlez de droit de retrait, Anne va plus loin.
00:26:49Est-ce que ça n'est pas la mise en danger de la vie d'autrui
00:26:52que d'obliger de travailler à de telles températures ?
00:26:55– C'est une bonne question.
00:26:57Ça renvoie à ce que disait Fanny Guidochet sur la responsabilité pénale des employeurs.
00:27:01La question de la mise en danger d'autrui,
00:27:03c'est une notion juridique compliquée à développer.
00:27:08Mais oui, il y a une responsabilité des employeurs de s'assurer,
00:27:12c'est une responsabilité première du patronat,
00:27:14de faire attention à la sécurité des personnes.
00:27:17C'est pour ça qu'il faut des mesures immédiates et des mesures à long terme.
00:27:20On n'a pas les investissements qu'il faut pour travailler à long terme.
00:27:23Et dans des usines comme celle qu'on a vu, Renaud Douai,
00:27:27des hangars avec des poutrelles en acier,
00:27:32c'est sûr qu'on a non seulement l'accumulation de chaleur maintenant,
00:27:34mais il va faire très chaud la semaine d'après la canicule, par exemple.
00:27:37Donc il faut regarder à long terme.
00:27:38– Parce que la chaleur va encore rester avant de s'évacuer.
00:27:40– Parce que la chaleur va s'accumuler dans les bâtiments et que c'est sur de long terme.
00:27:43Donc il faut regarder pendant la canicule et après,
00:27:45il faut regarder sur le long terme, il faut une traçabilité de la raison.
00:27:49Parce que si quelqu'un fait un malaise cardiaque au mois d'août chez lui
00:27:51parce qu'il a subi trois semaines de canicule dans l'usine de Renaud Douai,
00:27:56on ne va pas nous dire que c'est parce qu'il était fragile chez lui au mois d'août.
00:28:00– Simon-Pierre Sanguerac, est-ce qu'il faut réorganiser aussi le travail ?
00:28:04– Oui, tout à fait.
00:28:05En fait, les vagues de chaleur qu'on est en train de vivre
00:28:07et celle-ci en particulier, qui est la plus violente,
00:28:09si j'ose dire, qu'on connaisse depuis bien longtemps,
00:28:12la plus violente tout court…
00:28:13– De notre vie à tous, en tout cas, quel que soit notre âge sur ce plateau.
00:28:16– De notre vie de l'histoire, montre en fait que si on prend un peu du recul,
00:28:19on voit qu'on est un peu entre deux guets en matière de modèle économique.
00:28:22C'est-à-dire que pour l'instant, on est dans un système plutôt court-termiste,
00:28:27dominante capitaliste, où l'organisation actuelle est faite de telle sorte
00:28:30qu'au fond, le travail sert à production marchande et puis à une croissance.
00:28:36On voit bien que les corps et les machines, comme disait aussi votre magnéto,
00:28:41souffrent énormément de cette chaleur.
00:28:43Il est nécessaire de réorganiser cette économie pour qu'elle soit davantage compatible,
00:28:47tout simplement avec les limites de la vie.
00:28:49On a parlé des limites planétaires, qui sont les neuf limites
00:28:53en matière de capacité à absorber le carbone,
00:28:56en matière de réjection de pollution, etc.
00:28:59Mais il faut aussi penser aux limites humaines.
00:29:01Et en fait, tout ceci nous amène à une théorie qu'on aime pas mal
00:29:04à la Fondation Jean Jaurès, ce qu'on appelle la théorie du donut,
00:29:07qui veut qu'on peut imaginer l'économie comme un donut,
00:29:10c'est-à-dire qui à la fois respecte la capacité environnementale
00:29:14d'absorber finalement les activités humaines,
00:29:16mais qui soit aussi compatible avec un seuil de droits sociaux et humains
00:29:21qui, au fond, s'applique non seulement aux travailleurs,
00:29:24mais aussi aux nouveaux-nés qui souffrent de la chaleur,
00:29:26aux vieilles personnes isolées, à tout un chacun.
00:29:28On a aussi un code du travail qui n'est pas adapté pour 40 degrés.
00:29:31Voilà, exactement.
00:29:32– Fanny Guinochet, il y a des secteurs qui s'en sortent quand même ?
00:29:36Il y a des gagnants de cette chaleur économiquement ?
00:29:38– Vous avez des gagnants, il y a des produits qui s'arrachent par exemple.
00:29:43– Les glaces !
00:29:43– Les glaces, évidemment, les climatiseurs,
00:29:46mais là, ça profite plutôt à l'industrie chinoise
00:29:49parce qu'on les importe massivement.
00:29:51– La France ne fabrique pas de climatiseurs ?
00:29:53– En tout cas, plus.
00:29:55Pareil pour les ventilateurs,
00:29:56alors que vous avez des marges de progression importantes.
00:29:59vous avez le cinéma, je pense qu'il y aura des très très bons chiffres de cinéma
00:30:04parce que les gens aiment les films,
00:30:06mais aiment surtout passer deux heures dans la fraîcheur.
00:30:09Donc, il y a toute une économie qui va s'adapter.
00:30:12D'ailleurs, face à ces températures,
00:30:14alors ça s'ajoute au prix des carburants,
00:30:16mais on voit que les destinations des vacances des Français,
00:30:19elles sont en train de changer.
00:30:20Avant, vous aviez, par exemple, le sud de la France était très demandé.
00:30:26Bon, ben, on peut imaginer que la prochaine French Riviera,
00:30:30ce soit plutôt du côté de la Baie de Somme, où vous voyez…
00:30:34– Ils souffrent aussi de la chaleur aujourd'hui.
00:30:36– Ils souffrent de la chaleur,
00:30:37mais vous voyez qu'aujourd'hui, les gens sont en train de s'adapter.
00:30:42Ce qui est dommage, et on l'a tous dit, et tout le monde le dit,
00:30:44c'est qu'on a vu arriver depuis longtemps ce mur.
00:30:49Après, on n'a pas fait grand-chose collectivement,
00:30:52et on n'a pas beaucoup de moyens,
00:30:54de moyens en tout cas financiers, budgétaires, aujourd'hui, pour le faire,
00:30:58puisque ce qui est terrible aujourd'hui,
00:31:00c'est qu'il y a un autre chiffre historique qui est tombé,
00:31:02c'est celui de la dette française,
00:31:04et cette dette, elle explose.
00:31:05Et on a creusé notre dette ces dernières semaines,
00:31:09ces dernières années, je veux dire,
00:31:10non pas pour faire des investissements d'avenir
00:31:12et se préparer à ce réchauffement climatique,
00:31:15mais pour financer notre train de vie.
00:31:17Donc ça, c'est vrai que c'est navrant.
00:31:20– Montant de la dette à la fin du premier trimestre 2026,
00:31:243536 milliards d'euros.
00:31:25– Il y a quand même des gens dont les richesses ont explosé,
00:31:29pendant que d'autres subissent à la fois la pauvreté,
00:31:31par exemple dans les appartements, les...
00:31:33– C'est pour ça que je disais aussi que c'est une crise sociale.
00:31:35– Et donc il y a moyen de conditionner, par exemple,
00:31:37les 211 milliards d'aides publiques
00:31:38à un travail pour qu'on rénove les lieux de travail
00:31:43et les lieux publics.
00:31:44– Un dernier mot, Denis Gravouille.
00:31:45Il y a cet appel à la grève des enseignants.
00:31:48Demain, c'est les épreuves du brevet.
00:31:50Est-ce qu'il y a une menace sur la bonne tenue
00:31:53de ces épreuves du brevet national ?
00:31:55– C'est un classique.
00:31:56Je pense que cette alerte à la grève,
00:31:58il doit être pris comme une alerte au droit de retrait
00:32:00pour qu'il y ait des bonnes conditions de travail
00:32:01pour les enseignants et pour les élèves
00:32:03qui passent les épreuves.
00:32:04– Merci en tout cas à tous les trois d'être venus ce soir
00:32:06sur le plateau de chaque voix compte.
00:32:08Bon courage à tous ceux qui nous regardent
00:32:10parce que demain, ça continue.
00:32:1161 départements encore en vigilance rouge.
00:32:14Merci à tous les trois.
00:32:15Dans un instant, la question qui fâche,
00:32:17on va parler du libre choix qui tiraille encore les députés
00:32:21alors qu'ils examinent la loi fin de vie en troisième lecture.
00:32:24Mais avant cela, c'est quelle histoire ?
00:32:25Et c'est Olivier Ravanello.
00:32:34– On continue de parler de cette vague de chaleur inédite
00:32:38avec un autre bilan provisoire terrible de cette canicule,
00:32:42c'est celle des morts par noyade.
00:32:4440 morts depuis le début de la vague de chaleur.
00:32:46Alors c'est vrai qu'il y a l'attrait de l'eau,
00:32:48il y a les rivières, les baignades non surveillées
00:32:50qui entraînent évidemment ces drames.
00:32:52et ce n'est pas sans rappeler une autre période en fait, Olivier.
00:32:56– Oui, une autre période qui a été évoquée
00:32:57par la députée européenne LFI Manon Aubry
00:33:01dans un tweet que vous allez voir
00:33:02où elle mentionne la déclaration du Premier ministre
00:33:06qui rappelle à quel point ces noyades sont un véritable fléau
00:33:10et qui rappelle aussi le plan 1000 piscines
00:33:14mis en place par le général de Gaulle
00:33:16qui a permis à tout le monde,
00:33:17en tout cas à une grande partie d'une génération,
00:33:20d'apprendre à nager.
00:33:21On était donc en 1968
00:33:24et à la suite d'une série de noyades
00:33:26comme en ce moment dans différents cours d'eau
00:33:29mais aussi à la suite de contre-performances
00:33:32de l'équipe olympique de natation au JO de Mexico
00:33:35et bien le général de Gaulle demande
00:33:37que l'on construise des piscines
00:33:39pour que les Français apprennent à nager.
00:33:42C'est le plan 1000 piscines.
00:33:43Il y a urgence parce qu'à cette époque
00:33:45la France ne compte que 200 piscines en tout et pour tout.
00:33:48– 200 piscines ?
00:33:49– Des piscines municipales vont commencer à fleurir.
00:33:52On fait un appel à projet
00:33:55et c'est l'architecte Bernard Scholler
00:33:57qui propose à cette époque un plan de piscine
00:33:59très simple et très original,
00:34:00une forme arrondie avec un système
00:34:02qui permet de faire pivoter les parois
00:34:07d'une sorte de bulle pour permettre
00:34:09qu'il y ait la piscine couverte
00:34:12et puis la piscine découverte en été.
00:34:14La piscine tournesol est née.
00:34:17– Dotée de deux bassins
00:34:19dont l'un est surmonté d'une coupole type tournesol
00:34:22utilisable pendant l'hiver
00:34:24et d'un bassin plein air pour l'été,
00:34:26cette piscine qui peut contenir 200 personnes
00:34:29a coûté près de 5 millions
00:34:31dont 3 financés par la commune de Lambesque.
00:34:33– À l'époque, c'était des francs, 5 millions de francs,
00:34:36ça fait quoi ? 1 million d'euros aujourd'hui, voilà.
00:34:38Et c'est un succès, hein ?
00:34:39– Ah oui, c'est un succès.
00:34:40Il y a énormément de piscines qui sont construites
00:34:42et très vite parce que c'est du préfabriqué.
00:34:44180 piscines tournesol sont construites
00:34:46en 10 ans, entre 70 et 80.
00:34:49Bon, à cette époque, il y a évidemment
00:34:50des mauvais coucheurs qui vous expliquent
00:34:52qu'elles sont super moches, que ça ne ressemble à rien.
00:34:54– Le débat continue d'exister, je pense.
00:34:56– Exactement.
00:34:57Mais on voit et se développer, eh bien,
00:35:00les fameuses sorties hebdomadaires à la piscine
00:35:02via les écoles et où, petit à petit,
00:35:05des générations d'écoliers apprennent à nager
00:35:08et l'École de la République commence à dispenser
00:35:12les savoirs élémentaires, savoir lire, savoir compter,
00:35:15mais aussi apprendre à nager.
00:35:17Il y a un autre type de piscine qui, à cette époque aussi,
00:35:21a été retenue parmi les différents projets.
00:35:23C'est ce qu'on appelle la piscine caneton
00:35:25où il y a un système qui pivote et qui permet aussi…
00:35:29– Ça parle moins de canard que la piscine tournesol
00:35:31ne parle de tournesol.
00:35:32– Ça dépend des régions.
00:35:33Je ne sais pas, vous, si vous avez appris à nager
00:35:35dans une piscine tournesol ou caneton, mais ça dépend.
00:35:38En tout cas, c'était des projets architecturaux aussi
00:35:41qui étaient, à cette époque, très novateurs.
00:35:43Il y a des petits barboteurs, à l'époque,
00:35:45qui ont appris à nager et qui sont devenus célèbres,
00:35:47par exemple, Laure et Florent Manaudoux
00:35:49ou Alain Bernard, qui ont appris à nager
00:35:50dans une piscine tournesol.
00:35:52La piscine où a appris à nager Alain Bernard,
00:35:55à Aubagne, a fini évidemment par être rebaptisée
00:35:58de son nom.
00:36:00Si ça peut vous donner des idées, vous qui avez appris
00:36:03à nager dans une piscine tournesol,
00:36:04elle n'a pas de mon nom.
00:36:05– Il faut faire la demande au maire.
00:36:07Je pense que s'il nous écoute,
00:36:09il aura une petite pensée pour vous.
00:36:10Le problème de ces piscines,
00:36:12c'est qu'elles ont mal vieilli,
00:36:14comme souvent les structures ont préfabriqué,
00:36:17et que l'entretien a été extrêmement compliqué,
00:36:20que les réparations étaient lourdes,
00:36:22l'isolation aussi.
00:36:23Donc beaucoup sont restés,
00:36:25mais inutilisés ou un peu vides.
00:36:27À Grandville, ils ont une idée,
00:36:28vous le voyez à l'écran, c'est plutôt marrant,
00:36:30c'est de transformer le bassin
00:36:32en un bassin avec des vagues,
00:36:34et puis on n'y apprend pas simplement à nager,
00:36:36on y apprend aussi à surfer.
00:36:38Au final, quand même, ce plan 1000 piscines
00:36:40a rapporté ses fruits,
00:36:41parce que si vous regardez un effet générationnel aujourd'hui,
00:36:44la génération qui n'a pas connu ce plan 1000 piscines,
00:36:48ceux qui ont aujourd'hui plus de 65 ans,
00:36:52eh bien, ils sont simplement 65% à dire qu'ils savent nager.
00:36:56Si vous prenez la génération d'après,
00:36:59jusqu'à aujourd'hui, les plus jeunes,
00:37:00eh bien là, on passe à 95% des gens qui vous disent qu'ils savent nager.
00:37:04Donc ça a marché.
00:37:05Bon, il nous faut un nouveau plan 1000 piscines, alors.
00:37:07Merci, Olivier.
00:37:09On passe à Anna, Anna Cabana.
00:37:15La petite histoire dans la grande ce soir avec Anna.
00:37:18Vous vouliez nous parler d'Edouard Philippe.
00:37:20Alors, pas parce qu'il a appris à nager dans une piscine tour de sol,
00:37:23mais parce qu'il nous racontera peut-être dans un meeting.
00:37:25On ne sait jamais, un jour.
00:37:26Mais ce que vous vouliez nous dire,
00:37:28c'est qu'il mène en ce moment une bataille secrète.
00:37:30Oui, on est à 10 jours de son grand meeting à l'Adidas Arena.
00:37:34La campagne présidentielle commence vraiment.
00:37:36Vous avez remarqué, Adeline,
00:37:37que les commentateurs se focalisent sur la façon dont il va,
00:37:40ou non, réussir à échapper à l'étiquette
00:37:43d'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron.
00:37:45Mais il y a une autre étiquette à laquelle il doit échapper.
00:37:49Il le sait.
00:37:50C'est celle de Nouveau-Juppé.
00:37:52Il faut se le dire, Edouard Philippe,
00:37:54il mène sans, évidemment, sans le dire officiellement,
00:37:57cette bataille très particulière,
00:37:59parce qu'il doit convaincre qu'il n'est pas le nouvel Alain Juppé.
00:38:03Ce soir, il va depuis son domicile du Havre
00:38:05tenir simultanément en visio un millier de réunions d'appartements.
00:38:10Et son équipe explique que les Français qui se connecteront
00:38:12pourront à la fois échanger avec Edouard Philippe,
00:38:15mais boire un verre avec lui.
00:38:17Ce format inédit, il a été conçu, au fond,
00:38:20comme un antidote à l'image de rigidité,
00:38:23rigidité juppéenne, évidemment,
00:38:26qui colle à la peau d'Edouard Philippe.
00:38:28Et l'idée, c'est de montrer qu'il sait ne pas prendre les choses
00:38:32et les gens de trop haut.
00:38:34Mais pardon, Anna, c'est aussi un compliment, peut-être,
00:38:37en politique, d'être comparée à Alain Juppé, non ?
00:38:39Alors, ce n'est pas un compliment simple, Adeline.
00:38:41Non, non, Juppé, c'est Amstrad, c'était son surnom,
00:38:44le meilleur d'entre nous.
00:38:45Surtout, Juppé, c'est celui qui devait être roi
00:38:48et qui ne l'a jamais été.
00:38:50Quand Laurent Wauquiez a commencé en politique,
00:38:52après 23 ans, il y avait un portrait dans Le Monde
00:38:55qui le décrivait, lui, Wauquiez,
00:38:57comme un Juppé qui sourit.
00:38:58Et moi, je me souviens très bien,
00:38:59il était, mais à la fois, terrifié
00:39:03et fou d'angoisse devant cette formule
00:39:05qui allait, pensait-il, le précipiter
00:39:08dans un destin à la Juppé.
00:39:10Edouard Philippe, il connaît ce risque,
00:39:12d'autant plus que lui est un Juppé-boy,
00:39:14contrairement à Laurent Wauquiez,
00:39:15un Juppé-boy qu'il a toujours assumé.
00:39:18Regardez-le, on est en octobre 2017,
00:39:20il vient d'être nommé Premier ministre.
00:39:22On est à Bordeaux et il est devant son mentor.
00:39:25– Chacun sait ce que je pense
00:39:28de celui que j'ai longtemps appelé le patron, en effet.
00:39:32Et je vous appelais le patron, patron,
00:39:34parce que j'ai appris en vous regardant.
00:39:36C'est tout, parce que j'ai appris
00:39:38et parce que j'ai beaucoup aimé travailler avec vous
00:39:40et que cette expérience accumulée,
00:39:43cette fidélité assumée,
00:39:47elle est constitutive de ce que je suis aujourd'hui.
00:39:50– Ah oui, donc à l'époque, il assume,
00:39:51voire revendique cette filiation.
00:39:53– Oui, tout en craignant le syndrome Juppé.
00:39:57– Mais alors c'est quoi le syndrome Juppé pour Edouard Philippe ?
00:39:59– Alors sur le terrain du tempérament,
00:40:00le syndrome Juppé, c'est un manque d'envie.
00:40:02Alain Juppé, vous savez, il était prêt à devenir président,
00:40:05mais pas tout à fait à arracher la victoire.
00:40:07En 2007, Sarkozy avait réussi à imposer
00:40:09une chose essentielle dans une présidentielle,
00:40:11l'évidence de son envie d'être président.
00:40:13Il disait toujours que la présidence de la République,
00:40:16ça allait à celui qui en avait le plus envie.
00:40:18Et tout, en Nicolas Sarkozy,
00:40:20racontait cette conquête.
00:40:21C'est pour ça d'ailleurs que Gérald Darmanin,
00:40:23qui désormais soutient Edouard Philippe,
00:40:25il a déclaré publiquement qu'il fallait,
00:40:27je le cite,
00:40:28qu'il nous montre son envie d'être président de la République.
00:40:31C'était le 26 mai sur France 2.
00:40:34Il a insisté, Gérald Darmanin.
00:40:35Il a dit, je le connais personnellement,
00:40:37Edouard Philippe,
00:40:38je sais qu'il a cette envie,
00:40:39mais qu'il le montre aux Français.
00:40:42Gérald Darmanin, il fait partie de ceux
00:40:43qui n'ont pas oublié qu'Alain Juppé
00:40:45était le grand, l'archi-favori
00:40:48de la primaire de la droite de 2016.
00:40:50Et qu'il a été balayé à l'époque par François Fillon.
00:40:52Et oui, précisément.
00:40:53Edouard Philippe, il était à l'époque un homme fort
00:40:55de cette campagne d'Alain Juppé.
00:40:56Il sait parfaitement à quel point,
00:40:58notamment le concept d'identité heureuse,
00:41:01avait plombé son candidat.
00:41:03D'ailleurs, cette leçon idéologique,
00:41:04il l'a retenue.
00:41:05Ses proches vous jurent aujourd'hui
00:41:07qu'il ne commettra pas la même erreur
00:41:09que celle faite par Alain Juppé à l'époque,
00:41:11c'est-à-dire de draguer l'électorat de gauche
00:41:14et un peu moins celui de droite.
00:41:16Il y a d'autres différences, Adeline,
00:41:18entre Alain Juppé et Edouard Philippe.
00:41:20Edouard Philippe, il a le sens non seulement de l'humour,
00:41:22mais de l'autodérision.
00:41:24On n'était pas forcément doté au plus haut point.
00:41:27Alain Juppé et Edouard Philippe,
00:41:28il sait dire qu'il ne sait pas.
00:41:31Ça a même été un moment politiquement fondateur pour lui.
00:41:34En avril 2020, pendant la crise du Covid,
00:41:37le confinement, il avait dit publiquement
00:41:39Edouard Philippe, je ne sais pas.
00:41:40Et c'est là qu'il a commencé à monter dans les sondages,
00:41:43à poser un problème à Macron.
00:41:44Il avait fendu l'armure.
00:41:46Et là, subitement, il y avait une forme de cristallisation politique.
00:41:49Et ça, dire je ne sais pas,
00:41:51ce n'est pas du tout Juppé.
00:41:54Merci, Anna.
00:41:55On passe à la question qui fâche.
00:42:04C'est un jour sans fin pour la loi fin de vie.
00:42:07La proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir
00:42:10est examinée cette semaine pour la troisième fois par les députés
00:42:14avant un vote solennel mardi prochain.
00:42:16Les débats doivent encore préciser
00:42:18qui doit administrer la substance létale.
00:42:21Alors, où placer le curseur de ce libre choix ?
00:42:25Eh bien, on en parle ce soir avec vous, Frédéric Valtoux.
00:42:27Bonsoir.
00:42:28Bonsoir.
00:42:28Député Horizon de Seine-et-Marne,
00:42:30président de la Commission des Affaires Sociales.
00:42:31Merci de votre présence aux côtés de Sandrine Runel.
00:42:33Bonsoir.
00:42:34Bonsoir.
00:42:34Député socialiste du Rhône.
00:42:36Et bonsoir Christophe Benz.
00:42:37Bonsoir, madame.
00:42:37Député RN de Haute-Marne.
00:42:39C'est Maïté Frémont qui vous pose la question qui fâche.
00:42:41Regardez.
00:42:44Dans la question qui fâche,
00:42:46le geste au cœur du débat sur l'aide à mourir.
00:42:49Qui est pour ?
00:42:52Qui est contre ?
00:42:53Il est 21h30 mardi
00:42:55quand un vote à main levée crée la surprise.
00:42:59L'amendement du Rassemblement National est adopté.
00:43:02Il propose d'exclure les médecins
00:43:04du processus d'administration de la substance létale.
00:43:08Je ne provoquerai jamais délibérément la mort.
00:43:12Ça, c'est le serment d'Hippocrate.
00:43:14Si le médecin est exclu,
00:43:15l'infirmier pourrait, lui, en revanche, y participer.
00:43:19Incohérent selon le rapporteur du texte.
00:43:22Rappelez-vous les malades dont nous parlons.
00:43:23Ce sont ceux qui sont dans un processus irréversif.
00:43:27J'appelle simplement chacun à réfléchir.
00:43:29Qui administre la substance létale ?
00:43:32Aspect central du texte.
00:43:34Il y a 15 jours, cette fois en commission,
00:43:36en troisième lecture,
00:43:37un amendement de la gauche est adopté,
00:43:40celui pour laisser le libre choix aux patients
00:43:42entre auto-administration
00:43:44et administration par un professionnel de santé.
00:43:48Nous allons instaurer un nouveau droit,
00:43:50le droit d'accès à l'aide à mourir,
00:43:53une ultime liberté.
00:43:55Une avancée pour la gauche,
00:43:56mais une rupture pour d'autres,
00:43:58même parmi les partisans du texte,
00:44:00qui défendent son équilibre.
00:44:02Dans la version adoptée en deuxième lecture,
00:44:05la loi a exclué ce libre choix et fixé une règle.
00:44:09L'auto-administration est une obligation
00:44:11et l'euthanasie par un tiers l'exception.
00:44:15Pour les partisans de cette version originale de la loi,
00:44:18le recours à un personnel soignant
00:44:20pour administrer la substance létale
00:44:22ne doit être permis que si la personne
00:44:25n'est pas en mesure physiquement
00:44:26de procéder au geste.
00:44:28Alors, la question qui fâche ce soir,
00:44:31ce dernier geste,
00:44:33qui doit en avoir la responsabilité ?
00:44:36Frédéric Valtou,
00:44:37je voudrais qu'on vienne d'abord
00:44:38sur l'amendement du Rassemblement national
00:44:40qui a été adopté avant-hier soir,
00:44:41qui exclut les médecins de l'aide à mourir.
00:44:44Pourquoi est-ce que l'hémicycle
00:44:46était clairsemé au moment du vote ?
00:44:48D'abord, c'était la reprise, 21h30.
00:44:51Le vote a eu lieu en 32, 33, je ne sais plus.
00:44:54Donc, c'est toujours un moment...
00:44:56De flottement ?
00:44:57De flottement.
00:44:57C'est les quelques minutes
00:44:58pendant lesquelles les députés rejoignent l'hémicycle
00:45:01et le vote est intervenu très vite.
00:45:05Et c'est vrai que c'est un amendement d'incohérence.
00:45:07Pourquoi ?
00:45:08Parce que dissocier les médecins des infirmiers,
00:45:11faire deux cas,
00:45:12alors qu'on parle de professionnels de santé
00:45:14qui travaillent main dans la main,
00:45:16qui, dans les services hospitaliers,
00:45:18qui sont en coordination permanente,
00:45:21en travail permanent ensemble,
00:45:23ça n'a pas de sens.
00:45:25Donc, c'est un amendement
00:45:27qui ne peut pas rester en l'état
00:45:29parce que c'est incohérent.
00:45:31Et d'ailleurs, ça a ému profondément
00:45:33dès le lendemain matin
00:45:34l'ensemble des représentants des infirmiers
00:45:36qui disent, mais attendez,
00:45:37qu'est-ce que ça veut dire ?
00:45:38Nous, on est...
00:45:40Comment dire ?
00:45:40On travaille avec les médecins,
00:45:42on est les auxiliaires de médecins,
00:45:44quelque part,
00:45:45même s'il y a un champ de responsabilité
00:45:47propre pour les infirmiers,
00:45:47mais ça n'a pas de sens.
00:45:50Vous n'avez pas manqué de vigilance
00:45:52à ce moment précis ?
00:45:53Moi, j'étais présent,
00:45:54donc j'ai voté contre.
00:45:55Mais quand je dis vous, je dis...
00:45:56Après, on n'est pas non plus...
00:45:58Il peut se passer quelques minutes
00:45:59pendant lesquelles,
00:46:00le temps que tout le monde s'installe,
00:46:02tout d'un coup,
00:46:02le rapport de force
00:46:03ne soit pas celui-là.
00:46:04Il aurait peut-être fallu,
00:46:06on a peut-être manqué d'à propos,
00:46:08qu'on gagne du temps
00:46:09pour laisser le temps
00:46:10à tout le monde
00:46:10de rejoindre ses bancs
00:46:11et de faire le vote.
00:46:12On n'aurait pas eu,
00:46:13effectivement,
00:46:15ce vote d'incohérence.
00:46:16Surtout qu'en plus...
00:46:17Mais Christophe Benz
00:46:18va répondre tout de suite.
00:46:19Alors, moi, je vais lui donner
00:46:19la parole.
00:46:20Surtout qu'en plus,
00:46:21il n'y avait pas d'amendement
00:46:22derrière qui supprimait
00:46:23à la même phrase
00:46:24la mention des infirmières.
00:46:26Il y avait...
00:46:26Alors, Christophe Benz,
00:46:28le rapporteur vous a d'ailleurs
00:46:30accusé avant hier soir
00:46:31d'avoir voulu faire un coup.
00:46:33Ma foi, vous avez réussi
00:46:34puisque votre amendement
00:46:35a été voté.
00:46:36Et je lui ai répondu
00:46:37ce n'est pas un coup,
00:46:38c'est un vote.
00:46:40C'est un vote,
00:46:40donc démocratique.
00:46:41C'est l'Assemblée souveraine,
00:46:43certes, à 21h33,
00:46:44mais c'était pendant
00:46:46une séance publique.
00:46:47Donc, il n'y avait aucun calcul
00:46:47de votre part
00:46:48de placer ce vote
00:46:49au moment du retour
00:46:51parce qu'on rappelle
00:46:51pour les téléspectateurs
00:46:52qui ne savent pas
00:46:52comment ça se passe,
00:46:53mais il y a une pause
00:46:53et donc, ensuite,
00:46:55les députés reviennent
00:46:55dans l'hémicycle
00:46:56et là, tout le monde
00:46:56n'était pas revenu.
00:46:57Ce n'était pas un coup
00:46:58du rideau,
00:46:58si c'est la question
00:46:59que vous me posez.
00:47:00La question que vous
00:47:01vous posez ici
00:47:02dans votre émission,
00:47:03c'est qui doit administrer
00:47:04la substance létale ?
00:47:05Moi, je ne vous réponds
00:47:06personne.
00:47:07Ni la personne elle-même,
00:47:08ni évidemment un soignant.
00:47:09Mais du coup,
00:47:10vous décidez pour le moment
00:47:11d'exclure les médecins
00:47:12mais de laisser les infirmières ?
00:47:13Non, pas du tout.
00:47:14Pas du tout.
00:47:15Un, premièrement,
00:47:16je me réjouis
00:47:16que cet amendement
00:47:17ait été voté,
00:47:18que les médecins
00:47:19ne participent pas
00:47:20à l'acte létal.
00:47:21Je regrette dans le même temps
00:47:23que nous n'ayons pas réussi
00:47:24à supprimer également
00:47:25le fait que les infirmiers
00:47:27ne puissent pas participer
00:47:28à l'acte létal.
00:47:29Nous, on voulait supprimer
00:47:30les deux.
00:47:31On ne voulait qu'aucun
00:47:32professionnel de soignant
00:47:33ne participe à l'acte létal.
00:47:35On avait des amendements
00:47:36avant celui qui a été adopté
00:47:38et après,
00:47:38qui malheureusement
00:47:39n'ont pas été adoptés.
00:47:40Certains ont été jugés
00:47:41irrecevables.
00:47:42Bon, c'est aussi
00:47:44une règle légitime.
00:47:45En fait, si j'essaie de résumer,
00:47:45vous avez réussi à faire passer
00:47:46l'amendement sur les médecins
00:47:47et vous n'avez pas eu le temps
00:47:48de faire passer celui
00:47:49sur les infirmières
00:47:50parce que tout le monde
00:47:50était revenu dans l'hémicycle ?
00:47:51Non, parce qu'il se trouve
00:47:52qu'en l'occurrence,
00:47:53ils étaient en amont.
00:47:59Donc, malheureusement,
00:48:00et je l'ai dit
00:48:01à plusieurs organisations
00:48:01d'infirmiers,
00:48:02nous souhaitons toujours
00:48:04que tous les professionnels
00:48:06de santé
00:48:06ne participent pas
00:48:08à l'acte létal.
00:48:09C'est très clair.
00:48:10Je le regrette
00:48:10pour les infirmiers,
00:48:11je m'en réjouis
00:48:12pour les médecins
00:48:12et je crois pouvoir dire
00:48:13qu'une grande majorité
00:48:14des médecins
00:48:14en sont ravis.
00:48:16Sandrine Runel ?
00:48:17Moi, ce que je regrette
00:48:18profondément,
00:48:19c'est que vous l'avez dit,
00:48:20nous sommes à la troisième
00:48:20lecture de ce texte.
00:48:24Chaque groupe politique
00:48:25et notamment les députés
00:48:26qui sont convaincus
00:48:27et qui défendent
00:48:28ce nouveau droit
00:48:29qui défend le droit
00:48:30à mourir dans la dignité
00:48:31encore une fois
00:48:32soient sans cesse
00:48:35empêchés dans leur mission
00:48:37par le Rassemblement national
00:48:39et par des amendements
00:48:41qui viennent encore une fois
00:48:42empêcher des personnes
00:48:44en souffrance
00:48:44de pouvoir partir
00:48:47dignement et librement.
00:48:49Et donc,
00:48:49cet amendement
00:48:50qui effectivement
00:48:51exclut les médecins
00:48:52n'a aucune cohérence
00:48:53puisqu'il devrait aussi
00:48:54exclure les infirmières
00:48:56et infirmiers.
00:48:57et nous,
00:48:58depuis le début,
00:48:58ce que nous disons,
00:48:59c'est que nous parlons
00:49:00des soignants
00:49:00et nous ne faisons pas
00:49:01de distinction.
00:49:02Il y a les soignants
00:49:03qui peuvent accompagner
00:49:04le patient jusqu'au bout
00:49:05et donc,
00:49:06effectivement,
00:49:06en cas d'empêchement physique
00:49:08pour la personne
00:49:09qui souhaite partir,
00:49:11qu'elle puisse être accompagnée
00:49:12par un soignant
00:49:13et donc par un médecin
00:49:14ou par un infirmier.
00:49:16Sur ce point encore,
00:49:17Frédéric Valtout,
00:49:17d'un mot,
00:49:18il va y avoir
00:49:18une deuxième délibération.
00:49:20Mais on est obligé,
00:49:21enfin,
00:49:21il y en aura une,
00:49:22effectivement,
00:49:22on est obligé
00:49:23de le faire sincèrement
00:49:24parce que c'est
00:49:25la dernière lecture
00:49:25et on ne peut pas
00:49:26sur ce sujet-là
00:49:27avoir un texte incohérent.
00:49:29On peut avoir un texte,
00:49:31comment dire,
00:49:32les opposants
00:49:33ont proposé des choses,
00:49:34un système
00:49:35qui était différent,
00:49:36effectivement,
00:49:37avec des critères
00:49:37d'accès à la fin de vie
00:49:39qui soient différents,
00:49:40avec des modes
00:49:41d'administration
00:49:42qui soient différents.
00:49:43Mais là,
00:49:45on déstabilise
00:49:45une cohérence
00:49:47et on arriverait
00:49:48sur un texte
00:49:49qui ouvre un droit nouveau,
00:49:50qui est une première
00:49:51dans le corpus juridique
00:49:55de notre pays
00:49:56à avoir une incohérence
00:49:58parce qu'un amendement
00:49:59de manière un peu
00:50:00comme ça,
00:50:00soudaine,
00:50:01est passé
00:50:01qui vient déstabiliser
00:50:02la cohérence.
00:50:03Ce n'est même pas un amendement
00:50:04qui propose un autre système.
00:50:06Ce n'est même pas,
00:50:06vous voyez,
00:50:07on passerait d'un système
00:50:08à un autre.
00:50:08Là,
00:50:09on rend quelque chose
00:50:10inapplicable.
00:50:11C'est les infirmières
00:50:11et les médecins.
00:50:11Et donc,
00:50:12ça n'est,
00:50:13ça n'est pas possible
00:50:14de le laisser dans le texte.
00:50:15Comme on est en troisième lecture,
00:50:16on n'a plus de cordes de rappel.
00:50:17Il y a un autre point
00:50:18d'incohérence
00:50:20dans cette nouvelle lecture.
00:50:21Et là,
00:50:22je m'adresse à vous,
00:50:23Sandrine Runel.
00:50:24Les écolos ont glissé
00:50:25en commission
00:50:25dans l'article 6
00:50:26une disposition
00:50:27qui crée aussi
00:50:28de la confusion.
00:50:30Cette disposition
00:50:31consacre
00:50:31le libre choix
00:50:32de l'auto-administration
00:50:35et l'administration
00:50:36par intérieur.
00:50:36C'est-à-dire,
00:50:37le patient,
00:50:38le malade,
00:50:38pourra choisir.
00:50:40Alors que dans la version initiale,
00:50:41on le rappelle,
00:50:41l'auto-administration
00:50:43est la règle.
00:50:45Et l'administration
00:50:46par intérieur soignant
00:50:47est une exception.
00:50:49Avec cette disposition,
00:50:50les écolos ont voulu
00:50:51qu'il n'y ait pas
00:50:52d'exception ou de règle,
00:50:53qu'il y ait un libre choix.
00:50:55Mais vous assumez-vous
00:50:57d'avoir...
00:50:59Parce que vous étiez favorable
00:51:01à cette disposition
00:51:02des écologistes.
00:51:03Il y a une philosophie
00:51:04dans ce texte
00:51:05et dans ce qui a été travaillé
00:51:07depuis par ailleurs des années
00:51:08et dans ce que portait
00:51:09Olivier Falorni.
00:51:11Oui,
00:51:11qui était le rapporteur initial
00:51:12et qui est devenu
00:51:13le maire de la Rochelle.
00:51:14Nous sommes dans l'idée
00:51:14de créer un droit nouveau,
00:51:16de créer un droit,
00:51:17effectivement,
00:51:18à mourir.
00:51:19Donc,
00:51:20il y a un principe.
00:51:22Et effectivement,
00:51:22le texte a beaucoup évolué.
00:51:24À mon sens
00:51:25et à titre personnel,
00:51:26en tout cas,
00:51:27je regrette
00:51:27certains reculs
00:51:30de ce texte
00:51:31qui, pour moi,
00:51:32ne va pas assez loin,
00:51:33n'est pas assez ambitieux.
00:51:34Et justement,
00:51:35ce qui a été voté,
00:51:37en tout cas,
00:51:37l'année dernière,
00:51:38c'était l'administration,
00:51:41l'auto-administration
00:51:42qui était la règle.
00:51:43Et en cas d'empêchement
00:51:44physique notamment,
00:51:46il y avait effectivement
00:51:46la possibilité
00:51:47qu'un soignant,
00:51:48on était bien sur un soignant
00:51:49et donc il n'y a pas de raison
00:51:50que ce soit un infirmier,
00:51:51une infirmière plus qu'un médecin,
00:51:52enfin là,
00:51:52c'est effectivement
00:51:53une incohérence
00:51:54qu'on devra corriger
00:51:55et je suis ravie
00:51:56qu'il y ait cette deuxième délibération.
00:51:58Mais en tout cas,
00:51:59oui,
00:51:59il y a un soignant
00:52:00qui peut administrer
00:52:02la substance létale
00:52:03parce qu'il y a
00:52:04un empêchement physique
00:52:04donc en fait,
00:52:05on ne peut évidemment
00:52:06pas le faire soi-même.
00:52:07Pour autant,
00:52:08oui,
00:52:08et nous,
00:52:09ce que nous défendons
00:52:09et nous sommes dans cette version
00:52:11plus maximaliste,
00:52:13c'est qu'il y ait
00:52:13ce choix-là
00:52:14parce qu'on peut quand même
00:52:15décider
00:52:17de mettre fin à ses jours
00:52:18parce qu'on est dans
00:52:19d'autres souffrances,
00:52:20une maladie incurable.
00:52:21il y a quand même
00:52:21des critères à respecter.
00:52:22On ne décide pas un matin
00:52:23de se lever en disant
00:52:24« je vais mettre fin à mes jours
00:52:25» avec ce nouveau droit.
00:52:27Il y a des critères à respecter
00:52:28mais il y a aussi
00:52:30quand même ce droit
00:52:30et cette possibilité
00:52:32pour la personne
00:52:32de pouvoir choisir
00:52:34que ce soit un soignant
00:52:35ou que ce soit soi-même.
00:52:36Donc c'est ça
00:52:37le libre choix.
00:52:38Sauf que le fait
00:52:38d'avoir introduit
00:52:39cette disposition,
00:52:41est-ce que vous assumez
00:52:41d'avoir introduit aussi
00:52:44un déséquilibre du texte
00:52:45parce que plein d'articles
00:52:47du texte aussi
00:52:48repose sur le fait
00:52:50que l'auto-administration
00:52:51est la règle
00:52:51et que l'exception
00:52:52c'est le recours
00:52:54à un soignant.
00:52:55Et donc en introduisant
00:52:55cette disposition,
00:52:56il y a quand même un risque
00:52:57que tout s'écroule.
00:52:59Alors cette disposition
00:53:00elle a été adoptée
00:53:00en commission
00:53:01et donc là
00:53:02nous allons en débattre
00:53:03puisque nous ne sommes
00:53:03toujours pas arrivés
00:53:04à l'article 6
00:53:05donc on verra
00:53:06dans les jours qui viennent
00:53:07on reprend le débat
00:53:08demain et ce week-end
00:53:09donc il y aura
00:53:11l'Assemblée
00:53:12pour se prononcer
00:53:12justement sur ce libre choix.
00:53:14Il n'y a aujourd'hui
00:53:15très clairement
00:53:16aucune majorité
00:53:17pour soutenir
00:53:18cette disposition
00:53:19donc je sais très bien
00:53:21qu'elle ne sera pas
00:53:22retenue in fine
00:53:23et que le texte
00:53:24que nous voterons
00:53:24à la fin
00:53:25vous parlez
00:53:26dans votre solennel
00:53:26mardi prochain
00:53:27il y en aura un dernier
00:53:28le 15 juillet
00:53:29pour que la loi
00:53:30soit définitivement adoptée
00:53:32ce sera sans cette disposition
00:53:33donc restera sur
00:53:34l'exception
00:53:36l'auto-administration
00:53:38comme...
00:53:39Il se trouve Frédéric Valtou
00:53:39que c'est vous
00:53:40qui avez déposé
00:53:41un amendement de rétablissement
00:53:42sur ce point précis
00:53:43du libre choix
00:53:44auquel sont très accrochées
00:53:46une bonne partie
00:53:47de la gauche
00:53:48on pense à Daniel Simonnet
00:53:49mais aussi à Sandrine Rousseau
00:53:51amendement de rétablissement
00:53:53donc ça veut dire
00:53:53qu'on va revenir
00:53:54à la règle initiale.
00:53:55On reviendra
00:53:56à ce qu'on a voté
00:53:58au mois de février
00:54:00ce qui avait été
00:54:01longuement discuté
00:54:02et qui me paraissait
00:54:03en plus le cas à moi
00:54:05un équilibre
00:54:05puisque finalement
00:54:06dans ce texte
00:54:08ceux qui demain
00:54:10vont le soutenir
00:54:11vont voter pour
00:54:11sont tous des gens
00:54:12qui ont fait des compromis
00:54:14moi j'ai fait des compromis
00:54:15parce que je partais
00:54:16de très loin
00:54:16de plus loin
00:54:18d'autres avaient
00:54:19une vision plus maximaliste
00:54:20de ce nouveau droit
00:54:21à mourir
00:54:21et je pense que
00:54:23chacun a
00:54:24dans leur soutien
00:54:25personne n'est resté
00:54:26sur ses idées initiales
00:54:28et je veux dire
00:54:28que d'un mot quand même
00:54:30c'est que
00:54:30autant en commission
00:54:32que dans l'hémicycle
00:54:33et on le voit encore
00:54:34à l'occasion
00:54:35de cette ultime discussion
00:54:37on a quand même eu
00:54:38un débat assez digne
00:54:39très digne même
00:54:40où finalement
00:54:40on s'est beaucoup
00:54:41écouté
00:54:42les uns les autres
00:54:43et dans tous les groupes
00:54:45et notamment en commission
00:54:46ou peut-être
00:54:47ceux qui sont là
00:54:48ont la fibre
00:54:49j'allais dire
00:54:49de ces sujets
00:54:50peut-être plus fortes
00:54:52mais on a vraiment eu
00:54:53des débats
00:54:54qui dénotaient
00:54:55par rapport
00:54:56aux images
00:54:56qu'on peut voir
00:54:57à d'autres débats
00:54:58en effet
00:54:58dans l'hémicycle
00:54:59Christophe Benz
00:55:00vous faites partie
00:55:01du groupe RN
00:55:03est-ce que vous
00:55:04vous avez l'impression
00:55:04d'avoir évolué
00:55:05au cours de ce débat
00:55:07qui dure quand même
00:55:07depuis trois ans
00:55:08il y a eu des centaines
00:55:09d'heures de discussion
00:55:09on est à la troisième lecture
00:55:11où est-ce que vous êtes resté
00:55:12droit dans vos bottes ?
00:55:16D'abord la majorité
00:55:17des députés
00:55:18pas tous
00:55:18mais la majorité
00:55:19des députés
00:55:20du groupe RN
00:55:21sont opposés à ce texte
00:55:22Marine Le Pen
00:55:23en tête
00:55:24je voudrais d'abord
00:55:25faire un petit commentaire
00:55:26sur ce qu'il a été dit
00:55:39de la part de mes collègues
00:55:41à l'endroit
00:55:42des opposants
00:55:43que nous sommes
00:55:43à ce texte
00:55:45je crois au contraire
00:55:46qu'on est sur une ligne
00:55:47parfaitement cohérente
00:55:48et effectivement
00:55:49qui n'a pas varié
00:55:49et qui n'a pas varié
00:55:50depuis trois ans
00:55:51depuis le début
00:55:52de l'examen de ce texte
00:55:53pour nous
00:55:54les choses sont très simples
00:55:55un soignant
00:55:56sa vocation
00:55:58sa mission
00:55:58c'est de soigner
00:56:00provoquer la mort
00:56:01n'est pas un soin
00:56:01donc un soignant
00:56:03ne doit pas provoquer
00:56:04la mort
00:56:04c'est très simple
00:56:05et effectivement
00:56:06là-dessus
00:56:06nous n'avons absolument
00:56:07pas évolué
00:56:08j'ai pu évoluer
00:56:09sur d'autres sujets
00:56:11sémantiques notamment
00:56:13parce que nous avons
00:56:14beaucoup échangé
00:56:15sur ces sujets-là
00:56:16mais pas sur le fond
00:56:17sur la forme
00:56:18oui il y a eu
00:56:19un débat
00:56:20plutôt de bonne tenue
00:56:21plutôt de bon niveau
00:56:23et plutôt apaisé
00:56:24mais sur le fond
00:56:25un débat assez tendu
00:56:27mais quand vous dites
00:56:28que vous avez évolué
00:56:29par exemple
00:56:30vous avez évolué sur quoi
00:56:31je ne l'utilise plus
00:56:33à titre personnel
00:56:33le terme euthanasie
00:56:34parce que j'ai entendu
00:56:35les arguments
00:56:35qui m'ont été opposés
00:56:36par le rapporteur général
00:56:37de l'époque
00:56:37donc l'appellation
00:56:39aide à mourir
00:56:40aujourd'hui
00:56:40convient au Rassemblement
00:56:41National
00:56:42ou uniquement à Christophe Bens
00:56:43non pour ma part
00:56:44je considère que ce texte
00:56:45légalise le suicide
00:56:46sous deux formes
00:56:47la forme assistée
00:56:49individuelle
00:56:50auto-injectée
00:56:50la substance létale
00:56:52ou déléguée
00:56:52à une personne soignante
00:56:53vous voyez qu'on peut
00:56:54changer d'avis en trois ans
00:56:55alors là on est sur
00:56:56le domaine
00:56:56une quatrième lecture
00:56:58et peut-être que vous allez
00:56:58voter pour
00:56:59non je ne crois pas
00:56:59là on est sur le domaine
00:57:01sémantique et juridique
00:57:02voire légistique
00:57:04mais sur le fond
00:57:05nous n'avons pas varié sur
00:57:06ce que je vous disais
00:57:07par rapport à la vocation
00:57:08des soignants
00:57:08et sur les critères d'accès
00:57:09permettez-moi de finir là-dessus
00:57:10parce que pour nous
00:57:12les critères d'accès
00:57:13ils ne sont pas restrictifs
00:57:14ils sont permissifs
00:57:15et surtout
00:57:16j'ai eu une conviction
00:57:17et les pays européens
00:57:19voisins nous le prouvent
00:57:20que la Belgique
00:57:20ou la Hollande
00:57:21ce sont des garde-fous
00:57:22provisoires
00:57:23fictifs
00:57:24donc ce sont des faux
00:57:25garde-fous en réalité
00:57:26pour bien comprendre
00:57:27votre position
00:57:28vous dites que vous êtes
00:57:29favorable ou pas
00:57:30au suicide assisté
00:57:31ni l'un ni l'autre
00:57:32monsieur
00:57:33d'accord
00:57:34il a évolué
00:57:35sur la définition
00:57:36sémantique
00:57:37mais sur le fond
00:57:39quelle que soit la forme
00:57:41vous votre parti
00:57:42Marine Le Pen est opposé
00:57:43la majorité du groupe
00:57:43pas tous
00:57:44la majorité du groupe
00:57:45permettez-moi juste
00:57:46que oui effectivement
00:57:46on conteste la formule
00:57:47aide à mourir
00:57:48pour une raison très très simple
00:57:49l'aide à mourir
00:57:50c'est l'accompagnement
00:57:51jusqu'à la fin de la vie
00:57:51l'aide à mourir
00:57:52c'est les soins palliatifs
00:57:53donc le terme est usurpé
00:57:55et il est mensonger
00:57:56je le disais
00:57:57donc on a
00:57:57trois ans de débat
00:57:58des centaines d'heures
00:57:59de discussions
00:58:00deux adoptions
00:58:00par les députés
00:58:01deux rejets
00:58:02par les sénateurs
00:58:02comment est-ce qu'on peut
00:58:03expliquer simplement
00:58:04au public
00:58:05que l'on discute à nouveau
00:58:06du sujet du libre choix
00:58:08est-ce que
00:58:09les débats ne tiennent pas
00:58:11du disque rayé
00:58:11aujourd'hui
00:58:12quand on entend
00:58:12pour la troisième fois
00:58:14des explications
00:58:15sur un même amendement
00:58:16alors
00:58:18on a
00:58:18on a des
00:58:19des parlementaires
00:58:20et je regarde pas
00:58:22du tout
00:58:22pour le coup
00:58:23Christophe Menz
00:58:23quand je dis ça
00:58:24on a des parlementaires
00:58:26qui redéposent
00:58:28à nouveau
00:58:29des amendements
00:58:30alors qu'ils savent
00:58:31très bien
00:58:31qu'ils sont minoritaires
00:58:34sur leurs arguments
00:58:36etc
00:58:36mais sont vraiment
00:58:38dans une idée
00:58:39de jusqu'au bout
00:58:40batailler
00:58:41batailler
00:58:41et donc on arrive
00:58:42effectivement
00:58:43avec 1700 amendements
00:58:44ce qui est énorme
00:58:46en troisième lecture
00:58:47donc
00:58:48voilà
00:58:49mais je pense
00:58:50qu'aujourd'hui
00:58:50le débat
00:58:51il a beaucoup mûri
00:58:52pour beaucoup
00:58:54et je pense
00:58:55que pour cette
00:58:57ultime lecture
00:58:58tous les députés
00:58:59qui se rendent
00:58:59dans l'hémicycle
00:59:00ont déjà une idée
00:59:01avant même
00:59:01de connaître
00:59:01la fin
00:59:02des débats
00:59:03de ce qu'ils veulent voter
00:59:04parce que le débat
00:59:05a beaucoup mûri
00:59:06dans toutes les têtes
00:59:07à l'occasion
00:59:07des lectures précédentes
00:59:09après on peut pas
00:59:09empêcher des députés
00:59:10d'aller déposer
00:59:12il y en a un
00:59:12qui a déposé
00:59:12400 amendements
00:59:13à lui tout seul
00:59:14qu'est-ce que vous voulez faire ?
00:59:15Il n'est pas en commission
00:59:16d'affaires sociales
00:59:17celui-là
00:59:18Oui je crois
00:59:19que c'est quelque chose
00:59:20et vous l'avez rappelé
00:59:21qui est très attendu
00:59:22par les françaises
00:59:24et les français
00:59:24et que c'est de notre devoir
00:59:26et de notre responsabilité
00:59:27de parlementaires
00:59:28de faire en sorte
00:59:29que ce texte soit adopté
00:59:31que ce droit soit ouvert
00:59:32le plus rapidement possible
00:59:33parce qu'on sait aujourd'hui
00:59:34les difficultés justement
00:59:36pour pouvoir accéder
00:59:38à cette aide à mourir
00:59:40et aujourd'hui
00:59:40un certain nombre
00:59:41de françaises et de français
00:59:42se rendent en Belgique
00:59:43ou en Suisse
00:59:43et il faut avoir
00:59:45un certain moyen
00:59:45pour y accéder
00:59:46donc voilà
00:59:47encore une fois
00:59:48c'est nécessaire
00:59:49de pouvoir au plus vite
00:59:50rendre ce droit effectif
00:59:51c'est une avancée
00:59:52pour notre société
00:59:53Vote solennel
00:59:54mardi prochain
00:59:54et vous savez quoi
00:59:55on y consacrera
00:59:56une émission spéciale
00:59:57de chaque voix compte
00:59:58histoire vraiment
00:59:59que le public comprenne bien
01:00:00tout ce qui a été conservé
01:00:02à quoi ressemble
01:00:03le texte
01:00:03qui sera voté
01:00:06mardi prochain
01:00:06merci à tous les trois
01:00:07restez là
01:00:08parce que tout de suite
01:00:08c'est Bourbon Express
01:00:09le journal de l'Assemblée nationale
01:00:10c'est Marco Pommier
01:00:16salut Marco
01:00:17salut Aline
01:00:18à la une de Bourbon Express
01:00:19ce soir
01:00:20d'abord une journée
01:00:21sous très haute tension
01:00:22à l'Assemblée
01:00:23avec la niche parlementaire
01:00:24du groupe UDR
01:00:25et notamment
01:00:26sa proposition de loi
01:00:27dont on parlait hier soir
01:00:28ici même
01:00:29pour interdire le mariage
01:00:30aux étrangers
01:00:31en situation irrégulière
01:00:32un texte déjà adopté
01:00:34par le Sénat
01:00:35est défendu ici
01:00:36à l'Assemblée
01:00:36depuis un an
01:00:37par le groupe UDR
01:00:38d'Éric Ciotti
01:00:39allié du Rassemblement National
01:00:41alors l'examen du texte
01:00:42a débuté à 9h
01:00:43mais ce n'est toujours pas terminé
01:00:45à l'heure qu'il est
01:00:46la gauche a déposé
01:00:47des centaines de sous-amendements
01:00:49pour ralentir les débats
01:00:50et empêcher un vote
01:00:52avant minuit
01:00:53résultat
01:00:54on a assisté
01:00:55à une scène improbable
01:00:56les députés ciottistes
01:00:58et le RN
01:00:58ont déserté l'hémicycle
01:01:00laissant la gauche
01:01:01débattre dans le vide
01:01:03je suis inquiet
01:01:04parce que
01:01:04nos collègues
01:01:05du Rassemblement National
01:01:07et de l'IDR
01:01:08ont déserté
01:01:10les bancs
01:01:11de leur propre niche
01:01:11parlementaire
01:01:12est-ce qu'ils sont allés
01:01:14à la cérémonie surprise
01:01:16du mariage
01:01:17entre Jordan de Monaco
01:01:19et Maria Carolina
01:01:20de Bourbon
01:01:21des deux Siciles
01:01:22c'est la première fois
01:01:23dans une journée
01:01:23de réserver un groupe parlementaire
01:01:25que le groupe en question
01:01:26et son allié d'extrême droite
01:01:27ne sont pas là
01:01:28ça relève d'un mépris profond
01:01:29pour le Parlement
01:01:30pour nos travaux
01:01:31pour nos débats
01:01:32et je crois que ça mériterait
01:01:33monsieur le Président
01:01:34que vous suspendiez la séance
01:01:35et qu'on attende
01:01:36qu'il revienne de la buvette
01:01:38Rappel au règlement
01:01:40suspension de séance
01:01:41en série
01:01:42à la mi-journée
01:01:43Eric Ciotti
01:01:44demande au gouvernement
01:01:44de sortir
01:01:45l'artillerie constitutionnelle
01:01:47en appelant
01:01:48Gérald Darmanin
01:01:49à utiliser
01:01:49l'article 44
01:01:51alinéa 2
01:01:52de la Constitution
01:01:52qui permet
01:01:53de limiter
01:01:54l'examen des amendements
01:01:55pour accélérer
01:01:56les débats
01:01:56et aller au vote
01:01:57mais sans succès
01:01:59A l'entreprise
01:02:00de blocage
01:02:01et oui
01:02:02de prise d'otage
01:02:03institutionnelle
01:02:04de LFI
01:02:04le gouvernement
01:02:06lâche
01:02:07le gouvernement
01:02:09et les groupes
01:02:09de la majorité
01:02:11Renaissance
01:02:12Horizon
01:02:13de monsieur Philippe
01:02:15le Modem
01:02:17refuse
01:02:17de faire en sorte
01:02:19que le Parlement
01:02:20puisse s'exprimer
01:02:21sur un sujet
01:02:23essentiel
01:02:23qui vise
01:02:25à protéger
01:02:25les maires
01:02:26qui veulent défendre
01:02:27la République
01:02:28nous vous le disons
01:02:29monsieur le ministre
01:02:30vous avez un discours
01:02:31de fermeté
01:02:32mais vous avez
01:02:33des actes
01:02:33de lâcheté
01:02:35et si jamais
01:02:36ce texte
01:02:36n'était pas adopté
01:02:37Gérald Darmanin
01:02:38a annoncé
01:02:39que le gouvernement
01:02:40reprendrait à son compte
01:02:41cette proposition de loi
01:02:42en attendant
01:02:43les débats
01:02:43se poursuivent
01:02:44ce soir jusqu'à minuit
01:02:45Ah oui
01:02:45et nous on poursuit
01:02:46avec un revers
01:02:47pour le gouvernement
01:02:47et le projet de loi
01:02:48Riposte
01:02:49contre les incivilités
01:02:50du quotidien
01:02:51il a trébuché d'emblée
01:02:52en commission
01:02:53à l'Assemblée
01:02:53ce texte
01:02:54Oui car si le texte
01:02:55a été adopté hier
01:02:56en commission des lois
01:02:57il a largement été
01:02:58amputé par la gauche
01:02:59le ministre de l'Intérieur
01:03:00promettait
01:03:01un véritable choc
01:03:02d'autorité
01:03:03et d'efficacité
01:03:04contre les troubles
01:03:05à l'ordre public
01:03:06écoutez ce qu'il disait
01:03:07du texte lundi
01:03:09Rodéo motorisé
01:03:10rêve parti
01:03:11usage détourné
01:03:12du protoxyde d'azote
01:03:13consommation de stupéfiants
01:03:14squat
01:03:15violence dans le sport
01:03:16et usage détourné
01:03:18souvent à l'encontre
01:03:19des forces de l'ordre
01:03:20des mortiers d'artifice
01:03:22Tout un programme
01:03:23oui mais voilà
01:03:24Laurent Nunez
01:03:25a enchaîné
01:03:26les revers
01:03:27cette semaine
01:03:27son article phare
01:03:29d'abord pour lutter
01:03:29contre les free parties
01:03:30a été rejeté
01:03:31autre revers
01:03:32le doublement
01:03:33de l'amende forfaitaire
01:03:34de 200 à 500 euros
01:03:36en cas de consommation
01:03:37de stupéfiants
01:03:38la gauche a voté
01:03:39la suppression
01:03:40de cet article
01:03:41Tout le monde
01:03:42est au courant ici
01:03:43j'ai été usager de drogue
01:03:44j'ai payé une amende
01:03:45de 1000 euros
01:03:45pour détention
01:03:46de stupéfiants
01:03:47si j'ai plus à régler
01:03:48c'est parce que
01:03:49j'étais solvable
01:03:50mais soyons clairs
01:03:51ce n'est pas l'amende
01:03:52ce n'est pas le procureur
01:03:53ce n'est pas la peine
01:03:54qui m'a aidé
01:03:54c'est le soin
01:03:55c'est le personnel soignant
01:03:57Alors tout n'a pas été supprimé
01:03:59pour autant
01:03:59les députés
01:04:00ont validé
01:04:01plusieurs mesures
01:04:01pour sanctionner
01:04:02plus durement
01:04:03par exemple
01:04:04les rodéos sauvages
01:04:05ou pour interdire
01:04:06la vente
01:04:07de protoxyde d'azote
01:04:08aux particuliers
01:04:09toutes ces mesures
01:04:10seront à nouveau débattues
01:04:12dans l'hémicycle
01:04:12à partir du 6 juillet
01:04:14c'est la règle
01:04:14on examine d'abord
01:04:15le texte en commission
01:04:16puis ensuite
01:04:17dans l'hémicycle
01:04:17Un petit mot
01:04:18du feuilleton canicule
01:04:19au palais Bourbon
01:04:20parce qu'on le sait
01:04:21désormais
01:04:22le dress code
01:04:23est assoupli
01:04:23par la présidente
01:04:24de l'Assemblée nationale
01:04:25ça commence à se voir
01:04:26dans l'hémicycle
01:04:27Oui surtout du côté
01:04:28de la France insoumise
01:04:29alors vous allez le voir
01:04:30il y a ceux
01:04:31qui ont juste fait tomber
01:04:32la veste
01:04:33comme Adrien Clouet
01:04:35vous le voyez aujourd'hui
01:04:36dans l'hémicycle
01:04:36ceux qui ont rangé
01:04:37la chemise au placard
01:04:38pour sortir le sweat
01:04:39à manchelon
01:04:40je ne suis pas sûr
01:04:41que ça soit mieux
01:04:41face à la chaleur
01:04:42quand d'autres sont carrément
01:04:43en tenue du dimanche
01:04:44en polo
01:04:45quand ils n'ont pas opté
01:04:47comme Thomas Porte
01:04:47pour un t-shirt
01:04:49bien vert
01:04:50bref le dress code
01:04:51de l'Assemblée
01:04:52a lui aussi pris
01:04:52un sérieux coup de chaud
01:04:54reste que
01:04:54le règlement
01:04:55exige toujours
01:04:56une tenue convenable
01:04:58je cite
01:04:58non détendue
01:04:59et non négligée
01:05:00pour préserver
01:05:00je cite encore
01:05:01la solennité des lieux
01:05:02je vous laisse juger
01:05:03Merci beaucoup Marco
01:05:05merci à tous les trois
01:05:05d'être venus ce soir
01:05:06dans chaque voie compte
01:05:07merci Anna
01:05:08et merci Olivier
01:05:09je vous souhaite
01:05:10une excellente soirée
01:05:11sur la 8
01:05:12cette émission est rediffusée
01:05:13tout à l'heure
01:05:14à 23h30
01:05:14vous la retrouvez à tout moment
01:05:15sur lcp.fr
01:05:17excellente soirée
01:05:17et à demain
01:05:1819h30
01:05:19pour chaque voie compte
01:05:19pour chaque voie compte
01:05:23pour chaque voie compte
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