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  • il y a 1 jour
"VIP Very Important Paysans", une émission consacrée au monde agricole, du champ à l'assiette ! Cette semaine au menu : le fromage de chèvre. Et puis, nous parlerons de la poire, un fruit qui se déguste aussi en été.

Frédérique Courtadon et ses chroniqueurs reçoivent en plateau :
- Eugénie Schaff, chevrière à Sugères, dans le Puy-de-Dôme,
- Marie Pochon, députée groupe Écologiste et Social de la Drôme,
- Lise Timmerman, productrice de poires dans la Sarthe.

Des montagnes à nos assiettes : A la découverte du fromage de chèvre
Cette semaine, nous vous emmenons en montagne à la rencontre des bergers, de leurs moutons, de leurs chèvres... et de leurs fromages. Eugénie Schaff, chevrière, nous parle d'élevage et de production caprine, tout en éclairant les différences entre les fromages au lait cru et les fromages industriels.

Comment redevenir une bonne poire
Les Français consomment 6 kilos de poires par an et par personne, soit 20 % de moins qu'il y a vingt ans. Pourtant, ce fruit a plus d'un atout : avec Lise Timmerman, productrice dans la Sarthe, nous vous expliquerons pourquoi la poire mérite de retrouver sa place dans nos assiettes... y compris en été !

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Transcription
00:00...
00:07Chaque matin, ils sont debout aux aurores.
00:10Ils prennent soin de leurs champs, de leurs bêtes, de leurs fermes
00:13pour nourrir chacun d'entre nous.
00:15Ce sont nos 600 000 héros du quotidien, des VIP, des very importants paysans.
00:22Amis des campagnes, amis des villes, bonjour !
00:24Nous sommes très heureux de vous accueillir à nouveau sur LCP
00:26pour un nouveau numéro de VIP, les very importants paysans,
00:30la première émission d'information consacrée au monde agricole.
00:33D'ailleurs, dans quelques instants, nous allons recevoir sur notre plateau
00:37des agricultrices et des agriculteurs.
00:39Ils nous ouvrent les portes de leur exploitation et partagent leur quotidien.
00:43Mais avant de les retrouver, on va faire un petit tour de table avec mes VIP à moi,
00:47mes very importants partenaires, honneur aux dames, comme on dit avec Louise L'Espard.
00:51Bonjour Louise !
00:51Bonjour Fred !
00:52Alors aujourd'hui, vous nous emmenez dans les hauteurs, à la rencontre de bergers des Pyrénées.
00:58Exactement, pour parler d'un sujet souvent clivant, le loup.
01:01Et oui, on va parler du loup.
01:02Je vais me lancer dedans.
01:04Bon courage, j'ai envie de dire, à vos côtés.
01:07On ne sait pas s'il a vu le loup ou s'il n'a pas encore vu.
01:10Oh là là !
01:11C'est Jean-Baptiste Merbis dans la agriculteur.
01:13Il a vu le loup.
01:14Ça le touche directement, on voit bien.
01:17Il n'y a pas de loup dans la Marne.
01:19Si, si, si, si, si.
01:20Si, si, si, si.
01:21Les loups arrivent jusque dans la Marne et en bordure de la région parisienne.
01:24Si, si, si.
01:25Oui, ça c'est vrai.
01:26Nous avons de très belles forêts d'ailleurs pour accueillir ces loups.
01:28Mais en l'occurrence, donc vous, le loup ne vous pose pas de problème.
01:31Et en ce moment...
01:32Moi, personnellement, tout va bien.
01:33On est d'accord.
01:33Et en ce moment, vous êtes sur quoi ?
01:35Eh bien, en ce moment, on est plutôt dans la période de moisson.
01:38C'est une période forte, on va dire.
01:41Et puis, qui dit moisson, dit la récolte de nos futurs pains, de nos futurs pâtes, de nos futurs huiles
01:47et tout ça.
01:48C'est important de faire le lien entre ce qu'on récolte, nous, et ce qu'on va avoir dans
01:51nos assiettes.
01:52Donc, on ne chomme pas en ce moment dans la famille Verville.
01:55Oui, oui.
01:56Très bien.
01:56Et puis, il y a aussi Olivier Mével.
01:58Bonjour, Olivier.
01:59Bonjour, Fred.
02:00Vous nous venez de Bretagne.
02:01Ah ben oui, comme d'habitude.
02:02Mais oui, il paraît.
02:03Alors, je ne sais pas s'il y a des loups en Bretagne, mais aujourd'hui, on va parler plutôt
02:07de diversité fromagère tout à l'heure.
02:09Et donc, finalement, en forme pour en discuter.
02:12Bien sûr, vous nous parlerez du fromage avec votre expertise, bien sûr, que vous avez de la consommation et de
02:16la grande distribution.
02:17Et ça, c'est très important pour nous, pour faire le lien.
02:20Et enfin, Antoine Robin.
02:22The Antoine Robin.
02:23Ça va, Fred ?
02:24The sniper of the VIP.
02:26Est-ce que vous savez que parmi nous, nous avons une médaillée ?
02:29Parmi nous, là ?
02:30Oui.
02:30Une médaillée de quoi ? De qui ?
02:32C'est Louise, forcément.
02:34Louise Lespart, qui a reçu la médaille du Salon de l'Agriculture il y a quelques semaines.
02:38Et donc, je vous voudrais un tonnerre d'applaudissements.
02:40Bravo, et puis c'est mérité.
02:41Après 18 ans de bons éleux au service.
02:4418 ans ?
02:45Depuis l'âge de 18 ans, elle va au Salon de l'Agriculture.
02:47Depuis l'âge de 18 ans, c'est vrai que je suis très attachée à ce salon.
02:49Non, mais ce n'est pas anodin, parce que c'est une médaille qu'on remet à ceux qui font
02:53la promotion et qui portent haut les couleurs de l'agriculture.
02:56Et donc, je suis quand même très fier que parmi nous, on ait une médaillée du Salon de l'Agriculture,
03:00s'il vous plaît.
03:01– Félicitations, Louise. Bravo, c'est mérité.
03:03– Apéro.
03:04– Et puis ce qui est mérité aussi, c'est le sommaire.
03:05– Apéro.
03:05– Oui, c'est le sommaire de VIP, puisqu'on vous emmène dans les montagnes, à la découverte des bergers,
03:10de leurs moutons, de leurs brebis, mais aussi de leurs fromages.
03:14Nous recevons également Marie Pochon, députée du groupe écologiste et social de la Drôme.
03:18Et puis nous parlerons de la poire, un fruit qui se mange, oui, aussi en été.
03:22Et on vous dira pourquoi et comment.
03:24Mais d'abord, que s'est-il passé dans nos campagnes ces dernières semaines ?
03:27Antoine Robin a bien sûr fait le tour des actualités agricoles, et c'est notre very important de presse.
03:32– Quelles sont les nouvelles, Antoine, du côté de nos amis agriculteurs ?
03:40– Là, on est en plein été, on commence, début des grillades, notamment des merguez, et parfois des merguez halal.
03:47Alors je sais que le halal est un sujet qui parfois divise, clive, mais pas chez nous.
03:51Nous, on étudie le phénomène d'un point de vue agricole, et savez-vous qu'en France, il y a
03:5512 millions de personnes
03:56qui, quotidiennement, achètent du halal, de la viande halal, que ça représente plus de 7 milliards d'euros
04:02devant l'industrie du bio aujourd'hui en France, et que c'est plus de 15% d'augmentation depuis
04:07deux ans dans les grandes surfaces.
04:09C'est un vrai phénomène, et donc évidemment, on s'y est intéressé.
04:12Ce qui est aussi passionnant, c'est de se dire qu'il y a de plus en plus de montées
04:15en gamme.
04:15Notamment, il y a un exemple, une boucherie qui s'appelle Les Jumeaux, je ne sais pas si vous avez
04:18entendu,
04:19à Olila, à Saint-Denis, qui propose du halal de grande qualité.
04:23Pourquoi je vous dis ça ? C'est parce qu'évidemment, c'est une filière qui vient d'exploser en
04:27très très peu de temps,
04:28et qui a du mal, évidemment, à s'organiser.
04:30On compte pas moins de 40 organismes de certification en France, avec des critères de rigueur qui sont un peu
04:37variables.
04:38Ce qu'on pourrait reprocher, par ailleurs, à d'autres labels qui ont aussi du mal à s'installer.
04:41Et c'est notamment le cas dans le halal, avec des produits estampillés, parfois halal, qu'ils ne le sont
04:45pas vraiment.
04:46Ça, c'est le premier problème.
04:47Deuxième problème, c'est le bien-être animal.
04:49La souffrance animale, évidemment, comme vous le savez, le rythme musulman exige en principe que les mâles soient exorgés
04:53sans étourdissement préalable par un sacrificateur gré, évidemment, avec l'animal tourné vers la Mecque.
04:59Ce qui pose évidemment un problème à l'autorité européenne de sécurité des aliments,
05:03qui dit que l'abattage sans étourdissement génère des souffrances supérieures.
05:07Donc, évidemment, un problème.
05:09Et il y a un autre cas aussi qui est assez surprenant, celui-là.
05:12C'est qu'on a du mal, notamment avant Noël, pour les familles musulmanes qui souhaitent manger halal,
05:16de trouver du foie gras halal.
05:18Savez-vous pourquoi ?
05:18C'est parce que le gavage est considéré par de nombreux théologiens musulmans
05:22comme incompatible avec l'éthique de l'islam.
05:26Et donc, là aussi, on voit qu'il y a encore pas mal de choses à régler.
05:29Mais quand même, c'est un phénomène que les grandes surfaces commandent à prendre en considération.
05:32Et on voit de plus en plus des rayons entièrement consacrés à ce genre d'alimentation.
05:37Je vous rappelle, 12 millions de personnes en France mangent du halal quotidiennement.
05:41Après, vous allez nous parler de cosmétiques, je crois, c'est ça ?
05:44Est-ce que vous connaissez le concept de la ferme à la salle de bain ?
05:49Halal ?
05:51De la ferme à la fourchette, je connais ça.
05:52Eh bien, c'est les Anglais, ils appellent ça the farm to the bathroom.
05:55Oh, I love it.
05:56C'est une tendance extrêmement lourde dans le milieu de le monde agricole.
05:59Aujourd'hui, c'est la diversification vers des produits cosmétiques issus du monde agricole.
06:04Il y a, par exemple, le lait d'Anais.
06:05J'adore.
06:06Voilà.
06:07Moi, j'ai des savons au lait de chèvre, par exemple.
06:08Eh bien, on en parlera peut-être tout à l'heure.
06:10Fred est toujours en pointe.
06:12C'est la fière des plantes à parfum, notamment.
06:14C'est mobilisé à près de 10 000 exploitations sur plus de 62 000 hectares en France.
06:19Et donc, évidemment, près de 40 % sont engagés en bio.
06:21En bio, c'est une vraie tendance entre, évidemment, phyto-abeilles essence qui produit les cosmétiques à base de miel,
06:27l'abeille noire.
06:28Et il y a dans le doux une agricultrice qui cultive des roses anciennes et des plantes médicinales qu'elle
06:31transforme elle-même en déodorant et en soins.
06:35Et surtout, ça permet, évidemment, on prend l'exemple d'un symbole et d'Anais, vendu directement à la ferme,
06:40c'est 10 à 20 fois la valeur d'un lait brut.
06:43Donc, c'est une vraie source de diversification pour l'agriculteur, encore un peu négligée.
06:47Mais là encore, on sent que les fières sont en train de s'organiser.
06:51Ça prend, il y a même une journée par an qui est dédiée à la rencontre entre professionnels de la
06:54cosmétique et de l'agriculture pour faire des ponts entre ces deux secteurs.
06:58Et puis les valeurs, les pépins de tomate sont anti-oxydants.
07:01Donc, pour nous qui, chers amis, rentrons dans l'âge, ce serait pas mal qu'on commence à lui se
07:04dire, non ?
07:04Et c'est important parce que ça participe des diversités des revenus agricoles.
07:08C'est ces petits ruisseaux qui feront des rivières plus importantes et qui ramèneront des euros dans les cours de
07:13ferme, ma chère Fred.
07:14Donc, de la ferme à la salle de main.
07:15C'est noté, mon cher.
07:16On va faire notre petite commande.
07:18Et là, de la ferme, vous en êtes en Italie.
07:20Où là, je ne suis pas très contente, mais ça va faire plaisir à ces messieurs.
07:23Pas très contente.
07:24C'est sans doute l'information la plus taboue dans mon agricole.
07:29J'en parle à Jean-Baptiste Vervy à qui j'ai posé la question.
07:31J'ai vu passer sur les réseaux l'histoire d'un concessionnaire italien dans les Pouilles
07:37qui a décidé d'avoir recours à des méthodes marketing, j'allais dire, d'un autre âge.
07:41Des loyales ?
07:42Je vous demande de regarder un extrait.
07:43Allez, c'est parti.
07:44On va en Italie, les amis, pour du matériel agricole.
07:48Ah oui.
07:48Cher qu'un tracteur est subito disponible.
07:54Et voilà comment on vend des machines agricoles en Italie.
07:59Et donc, effectivement, je suis plus heureux.
08:01Ça a l'air d'être Antoine.
08:02J'ai appelé.
08:04Olivier apprécie aussi beaucoup.
08:05D'abord parce que j'ai vécu l'entente en Italie.
08:07Mais effectivement, j'avais l'impression de revenir dans les années 80.
08:10J'appelais le concessionnaire italien pour savoir si ça lui permettait de vendre de plus de tracteurs landignis.
08:15Et donc, moi, je dis, puisque ça marche en Italie, pourquoi n'on ne ferait pas la même chose avec
08:18un certain Jean-Baptiste Vervy ?
08:20Ah oui, si on prend un homme, oui, pourquoi pas ?
08:22Habillé, habillé.
08:23Mister agriculture, l'année prochaine.
08:25On l'a présenté.
08:26Pour vendre notamment des pâtes ou du matériel agricole.
08:28Je pense que ça pourrait se tester.
08:29Il a un tel succès auprès de l'agent féminine.
08:31Mais tu as raison, parce que d'ailleurs, dans une ferme, le commercial, il doit aussi convaincre souvent madame pour
08:35dire,
08:36« Eh bon, ok, je peux acheter ça ou la caravane. »
08:38Voilà.
08:39Peut-être, effectivement.
08:40On va écouter, c'est quelque chose à essayer.
08:42Merci pour ces informations diverses et variées.
08:44Très diverses et variées.
08:45On est classique chez VIP.
08:47Effectivement.
08:47Merci beaucoup, Antoine.
08:49Alors, sans transition aucune, ils sont plus de 20 000 en France.
08:52Et on est tous heureux de les croiser sur nos petits trous de montagne.
08:55Un bâton à la main quand ils emmènent leur troupeau pâturé.
08:58Ce sont nos bergers.
09:00Et oui, on va parler tradition, les fromages, avec notre premier very important produit.
09:10Et pour parler de ces bons produits, nous recevons Eugénie Chaff, chevrière dans le Puy-de-Dôme.
09:14Bonjour, Eugénie.
09:15Bonjour.
09:16Merci d'être avec nous.
09:17On dit chevrière, Fred ?
09:19Eh bien, justement, j'aimerais bien qu'on pose la question à notre ami Eugénie.
09:23Chevrière, on dit.
09:23Chevrière, oui.
09:25Et bergère, du coup, c'est...
09:26Et bergère pour des brebis.
09:27D'accord.
09:28Ok.
09:28Donc, nous recevons une chevrière.
09:30On n'a pas tellement de trucs dans l'été, on n'a pas tellement de trucs.
09:32Mais oui, c'est fou, c'est dingue.
09:33Restez avec nous, les amis.
09:34Vous allez apprendre plein de choses sur ce métier de chevrière.
09:38Et celui d'Eugénie Chaff qui vit dans le Puy-de-Dôme.
09:41Alors, c'est une région que je connais bien, évidemment.
09:43Un département, plutôt.
09:44Vous êtes où dans le Puy-de-Dôme ?
09:45Alors, nous, on est à Suger.
09:46Donc, on est, c'est sud-est de Clermont-Ferrand.
09:48Oui, c'est ça, du côté d'Histoire.
09:49Voilà, tout à fait.
09:51Un coin magnifique qu'on aime beaucoup.
09:54Mais c'est une région où on croise plutôt des troupeaux de vaches.
09:57Moi, j'ai rarement vu des chèvres, même là-bas.
09:59Oui, c'est ta région, Fred.
10:00Oui, c'est ma région.
10:02Un département, effectivement, où on a énormément d'AOP en fromage de vache.
10:07On a le Saint-Nectaire, le Puy-de-Auvergne.
10:09Le Cantal.
10:10Du Cantal, du Salaire.
10:11Bien sûr.
10:11Donc, c'est vrai, mais on a à peu près 80 exploitations de chèvres et de brebis.
10:16On a encore moins de brebis, effectivement, dans le Puy-de-Dôme.
10:19Et on a même créé une association qui s'appelle Cabriol 63 pour fédérer un petit peu ses éleveurs
10:26et pour qu'on ait un petit peu plus, entre guillemets, de poids quand on veut négocier un petit peu
10:32des financements, des choses comme ça.
10:33et aussi pour éviter que les éleveurs soient isolés et qu'on puisse s'entraider et puis aider les nouveaux
10:39installés aussi.
10:41Alors, vous avez eu une première vie professionnelle avant de devenir chevrière en 2018.
10:48Qu'est-ce que vous faisiez avant ?
10:49Alors, j'étais responsable hygiène, sécurité, environnement dans l'industrie agroalimentaire.
10:53D'accord.
10:54J'avais déjà un pied un peu en fromagerie.
10:57J'étais top au niveau des contrôles, vous, aujourd'hui.
11:00On ne vous prend jamais à des fois.
11:02J'y avais même pas dans l'estombré, j'aurais perdu de temps.
11:05C'est Eugénie, voilà, on passe au tour.
11:06L'auditrice, c'était moi à la base.
11:07C'est quelque chose que, voilà, les contrôles par la DDPP, ce n'est pas un problème.
11:13Vous rêviez de grands espaces, en fait.
11:15C'était ça, l'idée, c'est que vous en avez un peu marre d'être fermée.
11:17J'ai grandi, moi, à la campagne.
11:20Alors, dans ma famille, mes parents n'étaient pas du tout agriculteurs.
11:24Et pourtant, plus j'y repense et plus ça paraît une évidence pour moi aujourd'hui de faire ce métier
11:30-là.
11:30Après avoir été 7 ans dans l'industrie, envie d'autre chose, envie d'un autre rythme de vie.
11:35Je ne me voyais pas élever mes enfants avec le rythme de vie que j'avais.
11:38Beaucoup sur les routes, de la pression aussi sur les épaules.
11:42Pardon, mais on dit que le rythme de vie des agriculteurs n'est pas très enviable
11:45et qu'on a revendant un peu l'occasion de donner une vie de famille stable, équilibrée.
11:48Vous êtes en train de dire le contraire ?
11:49Alors, moi, j'ai trouvé un équilibre qui, aujourd'hui, me va bien pour moi, pour mes enfants.
11:56On va vous voir, justement, dans cet équilibre, dans votre environnement naturel.
12:00On a quelques extraits à vous montrer d'un reportage qu'on a fait sur vous.
12:03Regardez.
12:07Les levées de soleil le matin, quand je commence à travailler, sont absolument magnifiques.
12:12C'est ce qui m'a donné envie de me lancer dans l'agriculture.
12:16Aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir vivre au rythme de mon troupeau, au rythme des saisons.
12:27Allez-y, venez, venez, venez, venez !
12:33Ce sont des chèvres de race alpine.
12:36C'est la race chamoisée, parce qu'elles ont une robe, justement, très proche de celle du chamois.
12:41C'est une race qui est bien adaptée à nos climats,
12:43mais qui est quand même un petit peu sensible, on va dire, à la pluie, au vent.
12:48C'est un peu des petites princesses.
12:52Moi, Eugénie, j'avais l'impression d'être dans Manon des sources, en fait.
12:55On me le dit souvent.
12:55Vous pouvez nous refaire le petit cri pour appeler les chèvres ?
12:57Venez, venez, venez, venez !
12:58Et les boucles d'oreilles, en toutes circonstances.
13:00En fait, dans les champs, on est toujours magnifiques, magnifiques.
13:04Oui, bien sûr qu'on est magnifiques.
13:06Je ne dis pas le contraire, je vais juste remarquer.
13:08Alors aujourd'hui, vous avez 60 chèvres, 2 boucles reproducteurs et une quinzaine de chevrettes.
13:13On les a vues, d'ailleurs, sur ces images.
13:17Vous transformez le lait de vos chèvres en fromage.
13:21On en a quelques-uns sur la table.
13:23Quel type de fromage vous produisez ?
13:25Alors moi, je fais plein de choses.
13:27Alors je fais du lactique, qui est le fromage de chèvre classique, qu'on boit très fréquemment.
13:32Donc du frais au crémeux, en passant aussi par les secs, les mi-secs.
13:36C'est ce qu'on voit là sur le plateau.
13:37Voilà, tout à fait.
13:38Je fais des lactiques cendrées aussi, donc à l'image du Valencé, par exemple.
13:43Alors moi, j'ai des petites subtilités.
13:45J'ai un petit fromage cendré-aunois qui est un des premiers produits phares de l'exploitation.
13:51Le Valencé, c'est ce fromage de chèvre en forme de pyramide, mais coupé.
13:54Voilà.
13:55Napoléon qui revient des campagnes de l'Egypte.
13:57Encore Napoléon, ce n'est pas possible.
13:59C'est une lune.
14:00Et qui a pris de grosses défaites, une grosse bralée, comme on dirait dans le sud-ouest,
14:03arrive avec son sarbe et donc coupe le haut du Valencé.
14:06Donc vous en faites un équivalent.
14:07Voilà, tout à fait.
14:08Et du coup, vous dites que vous faites du lactique du plus frais au plus affiné,
14:13mais vous ne donnez pas de nom à vos fromages.
14:15Je n'entends pas de crotin d'oeufs, de bûches, de machins, etc.
14:19Parce que vous n'avez pas le droit, il n'y a pas d'appellation sur vos fromages ?
14:20Alors, on n'a pas d'appellation.
14:21On n'a pas d'AOP.
14:23Donc, on est un peu libre, je dirais, finalement, sur l'appellation de nos produits.
14:27Donc, alors moi, je m'inspire de mes proches.
14:30Donc, je fais des petites bouchées apéritives qui s'appellent les volcans d'Adele.
14:34On est dans le Puy-de-Dôme et Adèle, c'est ma plus grande, qui est née avec le troupeau.
14:40J'étais à la maternité, mon troupeau était en train de naître.
14:43Donc, elle adore quand je raconte cette histoire et elle a grandi avec le projet.
14:48Quand vous dites bouchées apéritives, c'est-à-dire, en fait, vous adaptez au snacking, à la demande actuelle.
14:53C'est ça que vous voulez dire ?
14:54Voilà, c'est un petit bouchon apéritif, c'est ce qu'il y a sur le plateau.
14:58Et alors ça, c'est un produit qui fonctionne.
15:02Oui, parce que c'est un snacking salé, pratique.
15:04J'ai un client, alors j'en vends à peu près 10 kilos par semaine.
15:07Tous au lait cru ?
15:08Tous au lait cru, oui.
15:08On est d'accord.
15:09Justement, Olivier, ça tombe bien parce que là, on parle de fromage fermier, au lait cru.
15:14Dans nos supermarchés, on est plutôt sur du pasteurisé.
15:16Mais finalement, on ne sait pas trop s'y retrouver.
15:18On perd un peu notre latin.
15:20Comment on fait pour choisir son fromage ?
15:23Et quelles sont les différences entre du lait cru, du pasteurisé ?
15:26Est-ce que le pasteurisé est moins bon ?
15:27Qu'est-ce que j'ai vu ?
15:27Il faut le dire parce que tu es une spécialiste du contrôle sanitaire.
15:30Si tu le plantes, tu en prends rude.
15:33Alors expliquez-nous les différences, mon cher Olivier.
15:36Alors c'est certain, cher Fred, que quand on voit la diversité du plateau fromager français,
15:41c'est 1200 références, on peut s'y perdre.
15:45Alors finalement, comment choisir, quel que soit le lieu, qu'on soit en drive fermier,
15:50qu'on soit en magasin de producteurs, qu'on soit en grande distribution ?
15:53Le premier repère, c'est, vous l'avez dit, le lait.
15:56A savoir, est-ce qu'on choisit un lait pasteurisé ou au lait cru ?
16:00Alors la pasteurisation, c'est tout simplement éliminer un certain nombre de bactéries.
16:05Ça fera faire un fromage qui sera plus régulier, mais aussi plus industriel
16:09et quelque part qui perdra sans doute un peu le goût de son terroir.
16:13Deuxième choix, un fromage au lait cru.
16:15À ce moment-là, on a autre chose.
16:17On a une méthode de fabrication toute personnelle
16:21et qui va directement au producteur.
16:24C'est aussi une rémunération du producteur, des fois, qui est meilleure.
16:27Donc le lait, qui est le premier repère, nous amène à un deuxième repère,
16:31les signes de qualité.
16:33Il y a 57 appellations d'origine protégée en fromage aujourd'hui en France.
16:37Alors vous les connaissez, Comté, Roquefort, Abondance, Sanecter.
16:42Et ce qui est important, c'est que ces 57 AOP sont de véritables petites merveilles.
16:47C'est un trésor patrimonial français en termes gustatifs qu'il convient de protéger.
16:52Donc je dirais à nos téléspectateurs, quand vous pouvez,
16:55essayez de regarder s'il y a la pastille AOP parce que c'est du patrimoine français.
17:00Troisième repère, fermier.
17:03Fermier, ce qui veut dire finalement un fromage
17:07avec lequel le producteur finalement a pensé,
17:10a pensé à donner son caractère, son terroir, son image, son goût,
17:14une qualité gustative.
17:16Donc je dirais que quand on doit choisir un fromage aujourd'hui,
17:19on pense au lait.
17:21Pour moi, plutôt du lait cru.
17:23Pour moi, plutôt une AOP.
17:26Sauf si c'est le fromage de madame.
17:28Et puis derrière, évidemment, un fromage fermier
17:31parce qu'on doit soutenir aujourd'hui la ferme.
17:34Et je rappellerai que les fromages en vente directe,
17:37l'agriculteur, l'éleveur reçoit bien plus,
17:39aux environs de 25-30 euros de valeur ajoutée.
17:42Et c'est quelque chose qu'il faut soutenir.
17:44Combien vous voulez vendre vos fromages ?
17:45Parce que le nerf de la guerre, c'est toujours le prix, mon cher Olivier.
17:48Et le coût de production.
17:48Entre un fromage pasteurisé, ce que vous faites, vous.
17:51Pouvez-nous faire une petite...
17:52Alors, moi, je fais...
17:53J'ai beaucoup de fromages différents.
17:56Donc, je vais avoir ce que j'appelle un peu des produits d'appel.
17:58C'est-à-dire le petit crotin, la brique de chef,
18:00qui est vraiment le fromage classique que les gens achètent.
18:02Je fais plutôt en quantité.
18:04Donc là, je vais être sur des fourchettes de prix
18:05entre 3 euros et 4,50 euros.
18:08Et vous pouvez nous rappeler tout le travail
18:11qu'il y a derrière la vente directe aussi ?
18:12Parce que c'est mieux rémunéré.
18:13On le prétende souvent comme la situation idéale.
18:16Mais c'est aussi beaucoup de travail derrière.
18:18Je pense que si on compte le nombre d'heures de travail,
18:21c'est sûr que derrière, non,
18:23ce n'est pas forcément rémunéré au prix juste.
18:26Ça, c'est sûr.
18:26On est producteurs, artisans, commerçants.
18:28On fait toutes les casquettes.
18:29Et puis, moi, je suis toute seule sur l'exploitation.
18:31Donc, voilà, je suis...
18:32Avec des enfants.
18:33Et vous nous dites que vous aurez encore à trouver
18:35de l'équilibre pour tout ça.
18:37Alors, j'ai une question parce que, en général,
18:39on voit les chèvres et les moutons en transhumance.
18:43Vous, c'est le cas ?
18:44Vous faites transhumer ?
18:45Alors, non, je ne fais pas d'estive
18:46parce que j'ai la chance d'avoir toutes mes parcelles
18:50autour de la ferme.
18:50Donc, j'ai 15 hectares de prairies naturelles.
18:53Donc, c'est vraiment des prairies.
18:55Ça fait 60 ans qu'elles n'ont pas été labourées.
18:57On n'est pas à une très grande altitude.
19:00On a 650 mètres d'altitude.
19:02Mais par contre, on a un foin de moyenne montagne,
19:04beaucoup de fleurs.
19:05Donc, pour faire un foin vraiment de super qualité.
19:08Et puis, en pâturage, pour les chèvres, c'est excellent.
19:12Et on tourne sur les 15 hectares.
19:14Et tout est autour de la ferme.
19:15Donc, on n'a pas besoin de partir dans les estives.
19:19Par contre, on a vu sur le plateau du Sancy de la ferme.
19:22Louise, moi, j'aimerais que vous nous parliez
19:24d'une histoire qui n'est pas toujours si simple
19:27parce que les chiffres parlent d'eux-mêmes.
19:29En 25 ans, on est quand même passé de 30 000
19:31à 20 000 bergers en France.
19:34Et l'histoire que vous allez nous raconter
19:36résume bien les difficultés de ce métier.
19:38Et c'est notre vérité, important de personne.
19:45Fred, aujourd'hui, je vais vous raconter l'histoire de Marion Ossinieri.
19:48Et à travers l'histoire de Marion,
19:49c'est celle de tous les bergers de zone de montagne
19:51que je vais vous raconter.
19:52Alors, Marion, elle est bergère en Val-et-Daspe,
19:54dans les Pyrénées.
19:55Elle a 400 brebis avec son mari,
19:57qu'elle amène en estive au beau jour.
19:59Et puis pour Marion, la montagne, comme pour beaucoup,
20:01c'est toute sa vie.
20:02C'est là où elle a grandi, là où elle a élevé ses enfants.
20:04Là, voilà, ça me fait plaisir.
20:06Et puis là où elle se sent dans son élément.
20:08Mais en fait, depuis quelques années,
20:09les contraintes s'accumulent.
20:10La pression touristique, bien sûr.
20:12Le changement climatique aussi.
20:13Et puis la prédation.
20:15En plus de l'ours, dans les Pyrénées,
20:16depuis quelques années maintenant,
20:17le loup rôde.
20:18Il attaque parfois et puis il inquiète beaucoup.
20:20Alors, l'histoire que je vais vous raconter,
20:22c'est que dernièrement, Marion et ses collègues
20:23de la vallée de Louzoum,
20:24ils ont été amenés à se défendre
20:26contre des attaques répétées de la part d'un loup.
20:28Donc en fait, comme leur autorise la législation,
20:30ils ont effectué ce qu'on appelle des tirs de défense.
20:32Donc c'est des tirs pour éloigner ou neutraliser un loup
20:35qui s'attaque directement au troupeau.
20:37Donc ils ont été une vingtaine d'éleveurs
20:39à se relier jour et nuit,
20:40sans jamais réussir à avoir ce loup.
20:42Et comme l'exige la réglementation,
20:44ils ont au préalable déclaré à l'administration
20:46qu'ils allaient faire ces tirs pour les prévenir.
20:50Ces éleveurs, ils ont tous reçu un courrier,
20:52plus précisément une convocation au tribunal
20:54suite à la plainte de trois associations
20:56animalistes et écologistes.
20:58En fait, c'est une habitude.
20:59Maintenant, ils ont pour consigne
21:01de porter plainte systématiquement
21:02dès qu'un tir est opéré,
21:04même quand c'est dans le cadre du respect de la loi.
21:06D'accord.
21:07Alors aujourd'hui, Marion et ses collègues,
21:09ils se sentent usés, démunis et surtout incompris
21:11parce que ce sont eux qui sont dans la montagne
21:13avec 400 brevilles à protéger seuls.
21:16Eux qui connaissent la boule au ventre la nuit
21:17de peur qu'une attaque ne survienne.
21:19Et puis encore eux qui connaissent le traumatisme
21:21le matin de retrouver leur bête se dévorer.
21:23Oui, mais l'idée, c'est quand même pas d'éradiquer le loup.
21:25Non.
21:26On n'est pas là.
21:26Non, bien sûr que non.
21:27Le loup, il est revenu dans notre pays
21:28et le jour où il n'aura plus besoin
21:30de s'attaquer à des proies faciles,
21:31c'est une bonne chose pour les équilibres naturels.
21:33Et qu'on soit bien d'accord,
21:34le loup, il a toute sa place dans nos montagnes.
21:36Mais par contre, il faut permettre aux bergers
21:37de se défendre pour exercer leur métier
21:39en toute sérénité.
21:41Métier, je le rappelle, qui existe depuis la nuit des temps
21:43et qui rend énormément de services,
21:44que ce soit écologiques, économiques et sociaux
21:47dans les territoires montagneux.
21:48Ça va être quoi la suite, finalement, pour ces éleveurs ?
21:50Eh bien, l'audience en référé a eu lieu ces débuts de mois.
21:53Donc, le verdict du juge est attendu, là,
21:55d'un moment à l'autre.
21:55Peut-être qu'il sera sorti au moment où paraîtra l'émission.
21:58En tout cas, les éleveurs, je les ai eus au téléphone.
22:00Ils se sentent sereins.
22:00Ils sont sûrs d'avoir fait ce qu'il fallait
22:02et ce qu'on leur demandait
22:03pour protéger leurs troupeaux dans le respect de la loi.
22:06Ni plus ni moins.
22:06Donc, affaire à suivre.
22:08Et pourquoi il y a des rouges et des bleus ?
22:10C'est pour repérer souvent.
22:12En fait, ils montent en estive les troupeaux
22:14de plusieurs élevages.
22:15Donc, c'est pour les reconnaître
22:17de quel bruit appartient à qui.
22:18C'est un premier débat passionnant tout à l'heure
22:19avec la députée Marie Pochot.
22:20Oui, parce qu'il faut en parler.
22:22Il faut mettre les pieds dans le plat, je pense.
22:23Et puis, voilà, essayer de concilier, effectivement,
22:26la nature et les activités humaines.
22:28Et ce n'est pas si simple.
22:29Vous avez des loups, vous ?
22:29Il n'est pas loin.
22:30Il n'est pas loin ?
22:31Oui, on est en zone...
22:33Il y a des zones par rapport à la prédation.
22:35Donc, on est passé en zone 2, là,
22:37depuis l'année dernière.
22:40Dans mon secteur, il n'y a pas encore eu d'attaque.
22:43Mais oui, il y a des traces du loup.
22:45Donc, il arrivera, de toute façon,
22:48également dans notre secteur.
22:50On ne sait pas quand.
22:51Mais bon, ils se déplacent et ils arriveront.
22:53Après, voilà, c'est un gros débat.
22:56Moi, je suis très partagée
22:57parce que je suis pour aussi cette réintroduction
23:00et cet équilibre écologique qui est important.
23:03Et c'est vrai qu'alors, sur des grands troupeaux,
23:05quand on a 3 000 bêtes,
23:06on se fait prélever une quarantaine de brebis.
23:08Bon, c'est très dommage.
23:09Mais quand on a 60 chèvres
23:12et qu'on se fait prendre 5 chèvres,
23:14c'est compliqué.
23:15Et encore, il ne dit pas
23:16que je prends 10 %.
23:17Quand il va arriver, il va...
23:18Non, mais c'est vrai.
23:19Ah bah oui, bien sûr.
23:20Il va faire plaisir.
23:22Il va faire peur à tout le monde.
23:23Il va stresser le réseau troupeau.
23:26Il va être plus fort chez toi.
23:27Ah bah bien sûr.
23:28Merci beaucoup, Eugénie Chaff,
23:30d'être venue nous voir sur le plateau de VIP.
23:32On aurait aimé parler avec vous.
23:34Et merci pour tous les fromages
23:34que vous avez laissés.
23:35On va se régaler.
23:36Je suis super content.
23:38Bon retour.
23:39Merci beaucoup.
23:39Et bonne continuation, bien sûr,
23:40avec vos chèvres dans le Puy-de-Dôme.
23:43L'agriculture, vous le savez,
23:44c'est forcément politique.
23:46Alors, quelles sont les actions
23:47de nos élus en faveur
23:48de l'agriculture française
23:49et de ses acteurs ?
23:50Eh bien, on ouvre le débat
23:51dans VIP tout de suite.
23:52C'est notre vérité importante politique.
23:59Et aujourd'hui, nous recevons
24:01Marie Pochon, députée écologiste
24:03de la Drôme.
24:04Bonjour, Madame Pochon.
24:05Bonjour.
24:05Merci d'être avec nous.
24:09Mais voilà, tout va bien se passer.
24:12Vous allez voir que le débat
24:13va s'ouvrir assez vite.
24:14Mais pour commencer,
24:15on va faire connaissance avec vous.
24:16Vous avez 36 ans.
24:18Vous êtes une jeune députée
24:19de la Drôme,
24:21un département magnifique
24:22et très agricole.
24:24Et vous êtes d'ailleurs
24:25la fille d'un père qui est mère
24:29et d'une mère viticultrice en bio.
24:31C'est bien ça.
24:33Et vous représentez également
24:35le groupe écologiste
24:37sur une terre qui est très rurale.
24:39C'est assez étonnant.
24:40On va en parler.
24:41Mais pour mieux vous connaître,
24:42on va vous proposer
24:43un petit portrait chinois.
24:44C'est une tradition agricole, bien sûr.
24:45C'est une tradition
24:46dans la famille VIP.
24:48J'ai envie de vous demander
24:49si vous étiez un animal de la ferme.
24:54Là, comme ça,
24:55je penserais à des poules
24:56tout simplement
24:56parce que j'en ai installé récemment
24:59là où j'habite aujourd'hui
25:01et que je trouve
25:02que c'est un animal très calme,
25:04très agréable à vivre
25:06tout simplement
25:06et puis très agréable
25:08parce qu'on trouve toujours
25:10dans leur pigny
25:11des oeufs chaque matin.
25:13Je trouve ça plutôt sympa.
25:14et ça demande très peu d'entretien.
25:16C'est vrai.
25:17Donc, la poule pour vous,
25:18la rue cochon.
25:19Julien de Normandie,
25:20c'était le cochon.
25:21C'était le cochon.
25:22On change l'ambiance.
25:22C'est ça.
25:23Si vous étiez un aliment fétiche
25:25de la ferme ?
25:26L'abricot
25:27parce que c'est mon fruit préféré.
25:29On en cultive des très bons
25:30dans les baronnes provençales,
25:32notamment dans la Drôme.
25:33C'est vrai.
25:33Avec une IGP
25:34qui s'est montée récemment
25:35et qui a besoin de soutien
25:36également pour cette filière
25:37et je trouve que c'est
25:38un fruit délicieux
25:40et qui peut se déguster
25:41à la bonne période,
25:42pile au moment
25:43où on a envie
25:43de manger des fruits justement.
25:45Exactement.
25:45Puis on est un petit peu
25:46dans la saison de l'abricot.
25:47Ça commence à arriver
25:49tout doucement
25:49et on va se régaler
25:51bien évidemment.
25:51Il faut monter en gamme.
25:52On a souffert pendant des années
25:53et ça et maintenant
25:54on trouve des abricots
25:54de qualité.
25:56Exactement.
25:56Alors, je le disais,
25:57vous êtes née dans la Drôme.
25:59Votre papa a été mère
26:00et votre maman
26:01est toujours d'ailleurs.
26:03Votre maman est toujours
26:04viticultrice.
26:04Non, elle vient d'arrêter.
26:05Elle vient d'aller la retraite.
26:07Donc vous,
26:08vous êtes tombée en fait
26:08dans ce milieu-là
26:12très très rapidement.
26:13Je veux dire,
26:13ce sont vos racines.
26:16Mais l'écologie,
26:17c'était une évidence pour vous ?
26:20Je ne crois pas
26:20que quand j'ai grandi,
26:21ce fut une évidence.
26:22Je pense que quand on grandit
26:23dans le milieu agricole,
26:24qu'on grandit dans une ferme
26:26et entourée de la nature,
26:28de la campagne, etc.
26:29Forcément,
26:29on a une relation à la nature
26:30qui peut être différente
26:32d'autres enfants.
26:32Ça,
26:33j'en suis assez persuadée.
26:34Mais pour le coup,
26:35mon engagement écologiste
26:37est venu bien plus tard
26:39au cours de mes études
26:42où j'ai rencontré
26:43un certain nombre de personnes
26:45dont je voyais
26:47qu'elles partageaient
26:47la même vision du monde.
26:49Mais sans doute
26:50que cette vision du monde,
26:50elle se construit
26:51au travers également,
26:52bien évidemment,
26:53d'expériences passées,
26:54du travail de ma maman,
26:55moi qui m'a toujours
26:56beaucoup inspirée.
26:57j'ai toujours trouvé
26:58cette femme très forte
27:00et très courageuse
27:01de s'engager dans un milieu
27:02qui est extrêmement masculin
27:03alors qu'elle n'avait pas
27:04du tout fait les études
27:05pour devenir agricultrice.
27:06Ce n'était pas le projet
27:07de sa vie.
27:09Elle s'était installée
27:09à Grenoble
27:10pour être kiné
27:11et c'est comme mon grand-père
27:13a laissé sa ferme
27:13qu'elle est revenue
27:14à Chavannes,
27:15là où j'ai grandi,
27:16pour s'installer.
27:17Et moi,
27:17j'ai trouvé ce parcours-là
27:18très courageux
27:19de monter sa cave,
27:20de commencer à vinifier.
27:23Bien évidemment
27:23que ça construit
27:24en tout cas
27:24une relation
27:25aux vivants
27:26qui est forcément
27:27un petit peu différente.
27:28Bien sûr.
27:28On oppose souvent
27:29agriculture et écologie.
27:31Vous, vous alliez
27:32les deux côtés
27:32par votre parcours personnel
27:33et votre parcours politique.
27:35Comment vous alliez
27:36ces deux côtés-là
27:37personnellement ?
27:37Moi, je considère
27:38qu'il n'y a rien
27:39de plus commun
27:39que les questions agricoles
27:42et les problématiques écologistes.
27:44Je me désole
27:45de voir ce débat
27:47finalement très caricatural
27:48avec l'engagement
27:49de personnes,
27:50d'agriculteurs
27:51dans un discours
27:53très anti-écolo
27:54et parfois,
27:55ça conduit
27:55à une construction identitaire
27:59de certains agriculteurs,
28:01pas de tous.
28:01C'est les premiers écologistes
28:03quand même,
28:03les agriculteurs en général.
28:04C'est eux
28:05qui ont le rapport
28:05direct à la terre.
28:06C'est leur matière première,
28:07c'est leur preuve principal actif.
28:09En général,
28:09ils en prennent soin quand même.
28:10Moi, j'en connais beaucoup
28:12des premiers écologistes.
28:13Un coup,
28:13on nous dit
28:14que c'est les chasseurs,
28:14un coup,
28:15on nous dit
28:15que c'est les agriculteurs.
28:16Non, mais en fait,
28:18je pense qu'il y a
28:19plein de gens
28:19qui sont attachés
28:20à l'écologie
28:20dans ce pays
28:21et bien plus
28:21que de gens
28:22qui votent pour l'écologie
28:23ou qui sont sympathisants
28:24à l'écologie.
28:24Il n'y a pas de cijé
28:25par rapport à ça.
28:26Mais par contre,
28:27il y a certains agriculteurs
28:28qui aujourd'hui
28:28se construisent identitairement
28:30contre l'écologie
28:31et ça,
28:31ça me désole
28:32parce que je ne crois pas
28:33que c'est comme ça
28:33qu'on va pouvoir construire
28:35un avenir
28:35pour notre agriculture
28:37et pouvoir produire demain.
28:39Et dans l'autre sens,
28:40je pense que
28:40les écologistes
28:41comme mouvements politiques
28:42ont pu faire
28:44des erreurs aussi
28:44en termes d'incarnation,
28:46en termes de discours.
28:46et je crois que c'est...
28:48Et ça,
28:48j'en suis bien consciente.
28:51Pour autant,
28:51je crois que
28:52moi,
28:52depuis que j'ai député,
28:53je n'ai jamais croisé
28:54autant d'écologistes
28:55partout dans la campagne,
28:56autant d'écologistes agriculteurs,
28:58autant de personnes
28:59qui sont engagées
29:00dans des dynamiques
29:01d'agriculture durable,
29:02d'agriculture
29:03qui soit utile au territoire,
29:05non seulement
29:06en termes de productivité
29:07et de rentabilité,
29:08mais qui soit également
29:09utile au territoire
29:10et durable
29:11pour les sols,
29:13pour l'eau,
29:14etc.
29:14Et je crois que c'est le but
29:15de tout agriculteur aujourd'hui,
29:17c'est d'avoir du sens
29:18dans son travail.
29:20Ce n'est pas le cas
29:20tout le temps,
29:21ce n'est pas le cas
29:21pour tous les agriculteurs,
29:22malheureusement.
29:23que certains se construisent
29:24contre l'écologie.
29:26Pour être clair,
29:27est-ce qu'il y a
29:28des secteurs,
29:29des filières agricoles
29:30qui sont plus,
29:31selon vous,
29:31en retard
29:32et qui se construisent
29:32plus contre l'écologie ?
29:34Si oui, lesquels ?
29:35Mais ça, on les connaît
29:35et ce n'est pas à moi
29:36de les édicter
29:37en tant que députés.
29:39C'est les scientifiques
29:40qui font leur travail,
29:40c'est l'INRAE,
29:41c'est un certain nombre
29:42d'instituts qui mènent
29:44des études sur la durabilité
29:45des systèmes agricoles.
29:46Et effectivement,
29:47il y en a certains
29:47qui sont plus durables
29:49que d'autres.
29:50Tous les modèles
29:51qui sont aujourd'hui
29:52dépendants d'intrants,
29:54d'engrais,
29:56d'alimentation
29:57qui viennent de...
29:58Vous êtes en train
29:59de parler de la majorité
29:59des agriculteurs en France.
30:01Non, mais en fait,
30:01tous les modèles
30:02qui sont aujourd'hui
30:03dépendants d'intrants...
30:03Ce n'est pas si grave
30:04à un moment donné,
30:04les introchimiques non plus.
30:06Là, vous nous énervez
30:07notre agriculteur.
30:08Vous n'avez rien dit,
30:10mais il faut quand même
30:11se rendre compte
30:12que depuis le déclenchement
30:13de la guerre en Ukraine,
30:14on a plus financé
30:15l'effort de guerre russe
30:16en achetant leur engrais
30:18qu'on a financé
30:19l'armée ukrainienne.
30:21Et il y a un moment
30:22où ce n'est pas
30:23les agriculteurs
30:23qui sont un fautif là-dedans,
30:24c'est la puissance publique.
30:25Merci de le dire.
30:27Mais bien évidemment
30:27que ce n'est pas
30:28les agriculteurs
30:28qui sont coupables là-dedans.
30:29C'est une question
30:30de modèles,
30:31un modèle qui est porté
30:32par la puissance publique
30:33et dans lequel on entraîne
30:34un certain nombre
30:34d'agriculteurs
30:35qui pourraient faire autre chose.
30:36Mais il faut les entraîner,
30:37il faut les accompagner.
30:38En fait,
30:38c'est des capes
30:39qui sont posés
30:40à notre agriculture
30:40que moi je crois
30:41être pas les bons.
30:43Moi je ne défends pas
30:44effectivement les politiques
30:45agricoles qui sont menées
30:45par ce gouvernement
30:47tout simplement
30:47parce qu'on est en train
30:49d'y perdre
30:49en matière de biodiversité,
30:50en matière climatique,
30:52en matière de résilience,
30:53en eau,
30:54en matière d'autonomie stratégique
30:56et de souveraineté
30:57puisqu'on est dépendant
30:58du monde entier
30:59pour l'ensemble
31:00de notre alimentation.
31:01Et on est en train
31:01d'y perdre
31:02en matière d'agriculteurs,
31:03100 000 agriculteurs
31:04en moins de ces 10 dernières années.
31:06Ça devrait être
31:07un cri d'alerte
31:08pour absolument tout le monde
31:09et on est en train
31:10de continuer à foncer
31:11dans le mur
31:11de cette manière-là.
31:12Oui, je crois que
31:14moi mon travail
31:14en tant qu'élu,
31:15c'est d'assurer
31:16qu'on puisse produire demain,
31:17qu'on puisse assurer
31:17notre souveraineté alimentaire,
31:19c'est-à-dire notre capacité
31:19à nous nourrir demain.
31:21Et c'est un peu
31:22ce que j'essaye de faire
31:23dans cette Assemblée.
31:24Alors l'actualité agricole,
31:25c'est bien sûr
31:26la loi d'urgence
31:27qui a été votée récemment
31:28par les députés.
31:29J'aimerais qu'on regarde
31:30votre intervention
31:31sur le sujet.
31:32Mardi 2 juin
31:33à l'Assemblée.
31:34Une grande loi
31:35de réconciliation,
31:36l'appelez-vous.
31:37Ce samedi,
31:38aux dernières heures
31:38d'examen du texte,
31:39vous avez fait supprimer,
31:40avec le soutien amical
31:41des députés
31:42du Rassemblement national,
31:43décidément des bons
31:44paillassons macronistes,
31:46la seule disposition
31:47intéressante
31:47de ce projet de loi,
31:48les tunnels de prix.
31:50Madame la ministre,
31:51j'avais abordé ce texte
31:52avec un sincère espoir
31:53qu'il vienne protéger
31:54notre marché intérieur,
31:55des produits
31:56qui ne respectent
31:57pas nos normes,
31:58qu'il assure
31:59aux producteurs
32:00des revenus dignes,
32:00qu'il assure aux enfants
32:02français de pouvoir
32:03se nourrir sainement.
32:04À la fin,
32:05il n'y reste qu'une obsession,
32:07celle de détruire
32:07l'environnement.
32:09Alors,
32:09on va parler
32:10des tunnels de prix.
32:11Est-ce que vous pouvez
32:12nous expliquer
32:13ce que ça veut dire ?
32:14Globalement,
32:15la disposition
32:16qui était présente
32:17dans le texte
32:18à l'article 21,
32:18effectivement,
32:19du projet de loi
32:19d'urgence agricole,
32:20c'était la possibilité
32:21dans le cadre
32:22des négociations commerciales
32:23de fixer une borne basse
32:25pour les producteurs
32:26et une borne haute
32:28pour les transformateurs
32:29ou les distributeurs.
32:30dans lequel le prix
32:32serait négocié.
32:33On ne pourrait pas aller
32:33en dessous,
32:34on ne pourrait pas aller au-dessus.
32:34Ça,
32:35c'était les dispositions
32:35de l'article 21.
32:36C'était un article
32:37dans lequel subsistait
32:38un certain nombre
32:39de dérogations possibles.
32:40Tout cela était
32:41à titre expérimental.
32:42Donc,
32:42à notre sens,
32:43au sens de mon groupe,
32:44en tout cas,
32:45il n'allait pas assez loin.
32:46Nous,
32:46on se bat depuis plusieurs années
32:47effectivement pour des prix
32:49rémunérateurs planchés,
32:50c'est-à-dire la borne basse,
32:52globalement,
32:53sans définir forcément
32:54une borne haute,
32:55mais pourquoi pas ?
32:56C'était la proposition
32:56du gouvernement.
32:57Dans tous les cas,
32:58ça allait plutôt
32:58dans le bon sens,
32:59même si ça restait trop faible
33:00puisque ça laissait
33:02à un trop grand nombre
33:03de filières
33:03la possibilité
33:04de pouvoir potentiellement
33:05y déroger
33:06et donc de ne pas pouvoir
33:07rémunérer dignement
33:08les agriculteurs,
33:09ce qui nous posait question.
33:11Aujourd'hui,
33:12ces tunnels de prix
33:13ont au moins une vertu,
33:14auraient au moins une vertu,
33:15et ça,
33:15ce sont les économistes
33:16qui le disent,
33:17c'est d'amener
33:18une possibilité
33:19de fluctuation
33:20qui ne jette pas
33:21les gens
33:22les uns contre les autres
33:23et surtout
33:24d'assurer un plafond
33:25qui serait actualisé
33:27en fonction
33:28d'un certain nombre
33:29d'indices.
33:30Vous vous êtes battu
33:31alors pour le garder ?
33:32Nous,
33:32on était plutôt favorables
33:33effectivement à cet article.
33:34Le gouvernement a profité
33:35de l'adoption
33:36à l'article 19,
33:37c'est-à-dire
33:37deux articles auparavant
33:38la veille
33:39d'un amendement
33:40fixant pour la borne basse
33:42un prix rémunérateur,
33:44c'est-à-dire
33:44qui inclut au moins
33:45qu'il ne puisse pas descendre
33:46en dessous
33:46des coûts de production.
33:47Enfin,
33:47tout ça est du bon sens,
33:49ce qu'on a pu faire adopter
33:51à l'article 19.
33:52Pour autant,
33:52le gouvernement s'est réveillé
33:53le samedi matin
33:54avec l'idée
33:55de jeter par la fenêtre
33:56les tunnels de prix,
33:57de se dire que de toute façon
33:59ça ne servait plus à rien
34:00de parler de revenus
34:01parce qu'on avait établi
34:02cette borne basse.
34:03Qu'est-ce qui s'est passé selon vous
34:03pour que le gouvernement
34:04le présente
34:04et puis le retire ?
34:05Qu'est-ce qui s'est passé selon vous ?
34:07Je crois que tu as la réponse
34:07à la question.
34:08Toi, tu veux dire que c'est
34:09les grandes surprises
34:11qui ont fait pression ?
34:13Je pense qu'il y a eu
34:14des coups de fil
34:14qui se sont passés
34:15effectivement
34:16pendant la soirée
34:17ou jusqu'au lendemain.
34:19Nous, on a vu arriver
34:19pour vous dire
34:20comment ça s'est passé.
34:21On a vu arriver
34:21le dernier jour d'examen
34:22samedi matin dernier
34:27de députés
34:27casbariens, terliers
34:28et des ultralibéraux
34:29de la majorité
34:30qu'on n'avait pas vus
34:31pendant tous les débats agricoles.
34:32D'ailleurs,
34:32ils ne travaillent pas
34:33sur les questions agricoles.
34:34Et juste pour venir défendre
34:36cet amendement de suppression
34:37de l'article
34:37sur les tunnels de prix
34:39qui était là
34:40en service commandé
34:41par Madame Gennevard
34:42et sans doute
34:43par d'autres acteurs industriels
34:46qui effectivement
34:47n'avaient aucun intérêt
34:48à voir ces tunnels de prix
34:49s'établir
34:49même de manière expérimentale
34:51et même avec
34:52plein de dérogations possibles.
34:54Moi, j'ai un peu
34:54une question de fond
34:55à vous poser
34:55quand on vous écoute.
34:56Formidable.
34:57Vous êtes derrière
34:57la veuve orphelin
34:58c'est-à-dire évidemment
34:59aider les agriculteurs
35:00dans la grande précarité,
35:01faciliter la transition agro-éco,
35:03vous battez le pavé,
35:05vous installez
35:06les jeunes agriculteurs
35:07et pourtant,
35:07ils ne viennent pas voter pour vous.
35:09Il ou l'y a-tus ?
35:09Qu'est-ce qui ne va pas
35:10dans la méthode ?
35:11C'est difficile de dire ça
35:13pour moi
35:13parce que forcément...
35:15Non mais vous travaillez
35:15pour un groupe parlementaire
35:16qui s'appelle
35:16les écologistes.
35:17On se dit que normalement,
35:19quand on vous écoute,
35:20il serait totalement naturel
35:21que les agriculteurs
35:23dont Jean-Baptiste Verbi
35:24votent pour vous
35:24tout naturellement.
35:25C'est ça que je ne comprends pas.
35:26C'est un problème d'incarnation,
35:27c'est un problème de discours,
35:27c'est un problème de méthode ?
35:28Je ne pense pas malheureusement
35:29que la politique se joue au mérite.
35:30Je pense qu'on a un certain nombre
35:31d'élus
35:31qui ne méritent pas forcément
35:32de l'être,
35:33qui n'ont pas forcément
35:34beaucoup travaillé pour l'être.
35:35Il y a des gens
35:35qui travaillent dur.
35:36Chez vous,
35:36chez les écolos ?
35:37Non, de manière générale
35:38dans la vie politique,
35:46il y a l'ingérence qui arrive en plus,
35:48il y a l'IA qui arrive en plus,
35:49mais en fait,
35:49la manière dont se jouent
35:50les campagnes,
35:50c'est des campagnes
35:51qui sont très nationales,
35:52autour de figures politiques
35:54qui sont très médiatisées.
35:55Tout ça est une construction
35:57de communication
35:58qui ne dit pas grand-chose
36:00finalement de l'adhésion
36:01à des idées ou à un autre.
36:02Qui pourrait décrire
36:03le programme
36:03du Rassemblement national
36:05typiquement en matière
36:05d'économie,
36:06en matière de politique agricole ?
36:07Moi, j'ai du mal à voir
36:09et en vérité,
36:11ce n'est pas forcément clair.
36:12Pour autant,
36:13ils ont du succès.
36:13Moi, je ne vais pas le nier.
36:15même dans ma campagne
36:16et dans toutes les campagnes
36:17de France,
36:18effectivement,
36:19et dans d'autres endroits.
36:20Je constate cela.
36:22Bien évidemment,
36:22moi, j'essaye de porter
36:23un discours
36:24qui vient de là
36:25où j'ai grandi,
36:27de là où je suis élue,
36:28d'une écologie rurale,
36:29populaire,
36:30et je crois que ça parle
36:31à un certain nombre
36:32de personnes.
36:32Est-ce que ça suffira ?
36:33Je ne sais pas.
36:34On a un certain nombre
36:34d'élus à le faire.
36:36On a plein de maires ruraux,
36:38on a plein de personnes
36:39qui ne portent pas forcément
36:42l'étiquette écologiste
36:43sur le front de la catégorie,
36:45parce que c'est de plus en plus
36:46difficile également
36:47de se dire écologiste
36:48dans nos campagnes,
36:49il faut le dire aussi.
36:51Mais par contre,
36:52moi, j'en rencontre
36:53tous les jours
36:53des élus,
36:54des militants,
36:55des citoyens
36:58qui pensent
37:01à l'écologie
37:02quand ils œuvrent
37:03et il y en a plein
37:04dans nos campagnes.
37:06On va faire entrer
37:07le loup dans la bergerie,
37:08si vous voulez bien,
37:09puisque effectivement,
37:10le loup fait partie
37:11aussi de cette loi.
37:13Une loi d'ailleurs
37:14qui assouplit
37:14le cadre légal
37:15de la lutte contre le loup,
37:16notamment en supprimant
37:17l'autorisation préalable
37:18pour les tirs de défense.
37:20Vous en pensez quoi ?
37:21Moi, j'ai regretté,
37:22j'ai beaucoup pris la parole
37:23lors de cet article,
37:24mais j'ai beaucoup pris la parole
37:25sur tous les articles.
37:27Donc, c'est peut-être
37:28un mauvais exemple.
37:29On l'a vu, on l'a vu.
37:30Mais effectivement,
37:31sur cet article-là,
37:33puisque c'était un article
37:34qui visait seulement
37:36à faciliter les tirs
37:38et finalement,
37:39la régulation
37:40de l'espèce loup
37:42sans penser l'ensemble
37:43des mesures de protection
37:44qui devraient,
37:45à mon sens,
37:46y être associées.
37:46Il y en a beaucoup déjà.
37:48Ça, on a quand même progressé.
37:49En 10 ans,
37:49on a considérablement progressé.
37:51Il y a beaucoup de protection,
37:51quasiment.
37:53Il y en a beaucoup,
37:54mais il n'empêche
37:55qu'on est dans une loi
37:56agricole.
37:56C'est-à-dire que notre enjeu,
37:58là, ne devait pas être
37:59la préservation
38:00ou non d'une espèce protégée.
38:02Ça devait être
38:02la protection des cheptels.
38:03Ça devrait être là
38:04notre seul sujet.
38:05On est dans une loi agricole.
38:06Sinon, on aurait fait un texte
38:07sur les espèces sauvages
38:08protégées
38:09et puis on aurait réfléchi
38:10à ce qu'on fait
38:10de ces espèces-là.
38:12Là, on était sur
38:12un texte agricole
38:13et pour autant,
38:14on n'a pas parlé
38:14de protection des cheptels.
38:16On a parlé de tir de loups.
38:17Et c'est deux sujets
38:18un peu différents.
38:20Bien malheureusement,
38:21peut-être,
38:22mais en tout cas,
38:22aujourd'hui,
38:25il n'y a pas de corrélation
38:26et ça, c'est les scientifiques
38:27qui le disent.
38:28Malheureusement,
38:28on a trop peu de recherches
38:29sur ces questions-là
38:30mais on a quand même
38:31des chercheurs
38:31qui travaillent sur ces questions-là
38:33en France
38:33et qui nous disent
38:36qu'aujourd'hui,
38:37il n'y a pas de corrélation
38:37entre le tir d'un loup
38:39et une baisse
38:40de la prédation.
38:42Aujourd'hui,
38:42la baisse de la prédation,
38:43la baisse des attaques,
38:44on la voit corrélée
38:45par contre
38:46à l'installation
38:46des mesures de protection.
38:48Berger,
38:48barrière,
38:49chien de protection,
38:50c'est des choses
38:51qui sont dures
38:52pour les éleveurs.
38:53Ça prend un espace
38:54financier,
38:56moral énorme
38:57que de gérer
38:58des chiens de protection,
38:59que de gérer
38:59le barriérage,
39:00etc.
39:00C'est d'autres pratiques
39:01agricoles
39:02et effectivement,
39:03c'est extrêmement lourd
39:04pour l'ensemble
39:04des éleveurs
39:05et je peux le dire,
39:05je viens de la Drôme
39:06et la Drôme,
39:07c'est un territoire
39:07prédaté depuis déjà
39:08plus de 20 ans
39:09donc effectivement,
39:10tous les élevages
39:11se sont adaptés
39:11par chez moi.
39:13Il n'empêche que
39:13c'est là où
39:15les pertes
39:17ont stagné
39:18ces dernières années
39:19alors qu'elles explosent
39:20sur le front de colonisation
39:21là où les troupeaux
39:22ne sont pas protégés
39:24et donc effectivement,
39:25moi je pense
39:26qu'il faut appliquer
39:26ce qui marche.
39:27Ça ne veut pas dire
39:28être opposé au tir,
39:29ça veut dire
39:29qu'il faut y associer
39:30l'ensemble des outils
39:32qui marchent.
39:33J'ai une dernière question,
39:34voilà,
39:34j'aimerais qu'on parle
39:35d'un des principaux enjeux,
39:36c'est l'eau,
39:36bien évidemment,
39:37le problème de l'eau
39:38avec là encore
39:39un assouplissement
39:39de la réglementation
39:42sur les zones humides
39:43et sur les fameuses
39:43bassines,
39:44méga-bassines.
39:45Rapidement,
39:46vous pouvez nous expliquer
39:49ce que vous en pensez
39:50vous
39:50de cet assouplissement
39:52de la loi ?
39:54On a eu plusieurs
39:54assouplissements
39:55effectivement
39:55dans le projet
39:56de loi d'urgence agricole
39:57qui sont sur le stockage
39:59de l'eau
39:59en matière quantitative
40:01et même sur la qualité
40:02de l'eau
40:03sur les zones
40:04de captage
40:05pour l'eau potable
40:06qu'on a au robinet
40:07et puis un article
40:08également sur les zones humides
40:09dont on peut questionner
40:10effectivement aussi
40:11la présence
40:11dans un texte agricole
40:12mais bon,
40:13on y fait passer
40:14un certain nombre de choses.
40:15C'est sans doute
40:16les articles
40:17les plus compliqués
40:18d'un point de vue
40:18du droit environnemental
40:20et en fait,
40:21on a le sentiment
40:21nous en tant qu'écologiste
40:22qu'aujourd'hui
40:23on utilise tous les textes
40:24qui passent
40:25pour à chaque fois
40:26affaiblir un petit peu
40:27le droit de l'environnement
40:28puisque c'est ce qui s'est passé
40:29sur le PGL simplification.
40:30Est-ce qu'on n'est pas allé
40:31trop loin dans un...
40:32Est-ce que c'est pas
40:33un rééquilibrage ?
40:34Est-ce qu'on n'est pas allé
40:34un peu loin ?
40:35Moi je n'en suis pas...
40:37Quand je vois
40:38les prévisions climatiques
40:39quand je vois
40:40les prévisions
40:41en termes d'effondrement
40:41du vivant,
40:42je ne sais pas
40:43si on va assez loin
40:44en vérité
40:45en la matière.
40:46On ne respecte pas...
40:47La France n'a jamais
40:47respecté l'accord de Paris,
40:48on ne le respecte toujours pas
40:49et a priori
40:50on ne va pas le respecter demain
40:52et de la même manière
40:53sur l'effondrement du vivant.
40:54Sur la question de l'eau et le stockage.
40:55Non mais
40:56toutes ces questions-là
40:57vont ensemble.
40:58En fait,
40:58tout ça est interconnecté.
40:59Enfin,
41:00la question du stockage
41:00c'est la question
41:01du grand cycle de l'eau.
41:02C'est comment on assure...
41:03Comment on ralentit l'eau ?
41:04Globalement,
41:05c'est ça notre sujet.
41:05On a beaucoup artificialisé,
41:07etc.
41:08Et donc aujourd'hui
41:08on a des sols
41:09qui n'absorbent plus l'eau,
41:10qui n'infiltrent plus l'eau
41:11et l'eau va plus vite
41:13effectivement
41:13et donc on n'arrive plus
41:14à stocker.
41:14Alors même que
41:15les conditions climatiques
41:16ont changé,
41:16l'eau tombe moins
41:18et par ailleurs
41:19elle tombe plus au même moment,
41:20elle s'est moins équilibrée
41:21sur toute l'année.
41:22Et donc d'où
41:23cette inclination au stockage.
41:25Non mais
41:25je n'ai pas de...
41:26Moi je n'ai pas de...
41:27Je ne suis pas contre le stockage.
41:28Je pense que c'est une bonne idée.
41:29Je pense que c'est très bien
41:30de pouvoir avoir
41:31des retenues collinaires,
41:33etc.
41:33Et les écologistes
41:34ne sont pas opposés
41:35au tout stockage.
41:36C'est pas ça...
41:37Alors JB,
41:38oui, j'aimerais voir
41:39votre avis d'agriculteur.
41:40Ce serait le mot de la fin, JB.
41:43Il n'y a pas très longtemps
41:44dans des émissions
41:45où il ne disait pas exactement ça.
41:46Mais on est opposés
41:47aux méga-bassines,
41:48on est opposés effectivement
41:49au fait d'aller forer
41:49de l'eau dans des nappes
41:51pour aller le remettre en surface,
41:52ce qui effectivement
41:53est plutôt le contraire
41:54du bon sens.
41:54On n'est pas opposés
41:55aux retenues collinaires.
41:56Moi, je le pose à deux conditions
41:59que les pratiques agricoles
42:00qui bénéficieront
42:01de ce stockage
42:03mettront en place
42:04des pratiques
42:05qui iront vers la sobriété
42:07en tout cas.
42:08Ça, c'est la première condition.
42:09La deuxième,
42:09celle du partage de l'eau.
42:10C'est de s'assurer
42:11qu'une retenue collinaire
42:13va bénéficier au maximum
42:15soit d'agriculteurs
42:16mais également
42:16à d'autres usages potentiellement,
42:18tourisme, autres,
42:20ou des FCI.
42:21Il peut y avoir
42:22plusieurs usages
42:23à une retenue collinaire.
42:24Et donc,
42:25à partir du moment
42:26où ces deux usages,
42:27ces deux conditions,
42:28pardon,
42:29elles sont remplies,
42:30à mon sens,
42:31on peut ne pas s'y opposer.
42:34Merci beaucoup,
42:35madame la députée écologiste
42:37de la Drôme,
42:37Marie Pochon,
42:38d'être venue nous voir
42:38et nous exposer
42:39votre vision
42:40de l'agriculture française.
42:41On vous dit à très bientôt.
42:42Bon retour dans la Drôme.
42:43Merci beaucoup.
42:44Merci.
42:45Est-ce que vous savez,
42:46les amis,
42:47qu'il y a un fruit
42:47qui porte mon prénom,
42:48la Fred ?
42:49Ça vous dit quelque chose ?
42:50Alors, c'est quoi,
42:51votre avis ?
42:51La poire.
42:52Mais oui,
42:52c'est la poire.
42:54J'ai toujours été
42:54une bonne poire.
42:56Elle est bien juteuse,
42:57la Fred.
42:58Elle est bien juteuse,
42:59dit le boomer.
43:01Et oui,
43:02la poire,
43:03on l'aime bien en France
43:03et sachez qu'on en mange
43:04près de 6 kilos par an
43:05et par personne.
43:06Étonnamment,
43:07c'est un fruit en crise,
43:08parce que sa consommation
43:09a chuté de 20%
43:10en 20 ans.
43:11Pourtant,
43:12certains et certaines
43:13mettent tout en œuvre
43:14pour lui redonner
43:14son succès d'entendant
43:15et c'est ce qu'on va voir
43:16avec notre deuxième
43:17very important produit.
43:23Et pour en savoir plus
43:24sur ce fruit qu'on adore,
43:25nous accueillons
43:26Lise Timmerman,
43:27productrice de poire
43:28dans la Sarte.
43:28Bonjour, Lise.
43:30Bonjour.
43:30Soyez la bienvenue.
43:32Merci.
43:32Vous êtes venue
43:33avec de très très belles poires
43:34et des variétés
43:35que vous allez nous faire découvrir
43:36bien évidemment
43:37parce qu'il y a aussi
43:37une saisonnalité dans la poire.
43:39On découvre
43:39qu'on peut en manger l'été
43:41et ça,
43:43vous allez vous expliquer pourquoi.
43:44On dit pommiculteur,
43:45on dit poiricultrice ?
43:46On dit pommiculteur.
43:48Pommiculteur,
43:48c'est le producteur
43:49de fruits à pépins.
43:50Ah d'accord,
43:50ça va aussi pour la poire.
43:51Ça va pour la poire
43:52et pour la pomme.
43:53Voilà,
43:53j'apprends un truc.
43:54Vous avez appris encore
43:54un deuxième mot là.
43:56Je veux qu'à,
43:56exactement.
43:57Après chevrière,
43:58moi je...
43:59C'est le premier de la classe.
44:01Alors ma chère Lise,
44:02vous avez 44 ans
44:03et vous avez toujours vécu
44:06dans les vergers,
44:07c'est ça ?
44:07Vous êtes tombée
44:07dans les pommes très jeunes.
44:09C'est l'idée ?
44:10Racontez-nous un petit peu.
44:11C'est exactement ça.
44:12Ma grand-mère est née
44:12sur l'exploitation.
44:14Mais déjà avant,
44:15il y avait ses parents
44:16et ses grands-parents.
44:18Et donc avec mon frère,
44:20on est tombé dedans
44:20quand on est petit
44:21et quand on était petit,
44:22c'est le cas de le dire.
44:23Et on a grandi
44:24dans ce milieu-là,
44:25dans les vergers,
44:26avec nos parents.
44:27Cinq générations ?
44:29Cinq générations.
44:30Cinq générations.
44:30Exactement.
44:31Et la sixième est en route.
44:33Alors pas moi,
44:34mais mon frère a...
44:34Ah bah parce que sinon,
44:35c'était la lance.
44:37Vous avez fait le frère.
44:38On a fait ça sur le plateau.
44:39Il pense qu'à c'est...
44:41Alors mon chéri,
44:42je te le dis en direct,
44:43j'ai un tournoi.
44:45Bon voilà,
44:45six générations qui travaillent.
44:47Mon frère a des enfants
44:47et un petit garçon
44:48qui est très intéressé
44:50par le métier.
44:50Donc l'avenir est plutôt assuré.
44:52Lise, faire ce métier,
44:53ça a toujours été une évidence
44:55parce que votre famille
44:57était pommiculteur
44:58ou comment s'est venue
45:00cette vocation ?
45:00Pas du tout.
45:01Moi, je voulais être vétérinaire.
45:02C'est des animaux
45:03qui intéressaient.
45:04C'est des agriculteurs
45:05qui veulent devenir vétérinaires.
45:05Et voilà.
45:06Et puis finalement,
45:07ça m'a rattrapée sur le tard.
45:08J'ai fait des études
45:09dans le milieu agricole quand même.
45:11Et à la fin de mes études,
45:12j'ai préféré revenir travailler
45:14avec mes parents et mon frère
45:15qui étaient déjà en place.
45:16Mais c'est souvent le cas
45:17de chez nos invités.
45:18C'est-à-dire que
45:19ceux qui descendent
45:21de famille agriculteur
45:22partent
45:23comme s'il y avait
45:23une crise d'adolescence.
45:24Je ne ferais pas ce métier
45:26pour finalement
45:27être rappelé par l'appel
45:28de l'élevage
45:29ou de l'arboriculture.
45:31C'était le cas pour vous.
45:32Sachant que tes parents,
45:33ils t'encouragaient à revenir
45:34ou ils t'encouragaient justement
45:35à dire
45:36va voir ailleurs, va voir ailleurs ?
45:37Non, nos parents,
45:37ils nous ont laissé faire
45:38ce qu'ils voulaient.
45:39Mon frère, depuis qu'il est petit,
45:40lui, c'était écrit
45:41qu'il voulait faire des pommes
45:41comme papa.
45:42Moi, je voulais faire autre chose
45:43mais finalement,
45:44on a un cadre de vie
45:45qui est quand même idyllique.
45:47Moi, j'ai aussi des chevaux
45:49et c'est vrai que ça nous permet
45:50d'allier un peu
45:51toutes nos passions
45:52et puis aussi le goût
45:53de vivre à la campagne
45:55dans un milieu plutôt sympa.
45:56Donc, c'est ça
45:57qui m'a, je pense, rattrapée
45:58et qui m'a fait rester après.
46:00On peut vous comprendre.
46:01Alors, c'est à 24 ans
46:02que vous décidez
46:04d'origine de l'exploitation.
46:05C'était il y a 20 ans.
46:06À cette époque,
46:07les poires n'étaient pas cultivées
46:09par la panille.
46:10Non, exactement.
46:11À l'époque,
46:11on n'avait qu'un verger de pommiers
46:14avec pas mal d'espèces,
46:16pas mal de variétés.
46:17Un grand verger ?
46:17On avait un grand verger déjà.
46:19On avait 90 hectares.
46:21Et puis, il y a une dizaine d'années,
46:23on a cherché à essayer
46:24de se diversifier
46:25comme beaucoup de producteurs
46:26parce que d'être monoculture,
46:28ce n'est pas forcément
46:29toujours facile
46:30en cas de problèmes divers.
46:33Et on s'est orientés
46:34vers la poire,
46:35mais pas n'importe quelle poire.
46:38Nous, on a choisi la poire
46:39parce qu'il y avait
46:39la variété Angis
46:41qui se développait
46:42à ce moment-là
46:43et qui nous semblait
46:45vraiment très intéressante.
46:46Pourquoi ?
46:47Parce que déjà,
46:48gustativement,
46:49c'est une poire exceptionnelle.
46:50C'est un désarôme,
46:51un parfum.
46:52Elle n'est pas très objective.
46:53Un tout objectif.
46:54C'est là qu'il y a l'ensemble.
46:55Arrête, j'ai envie de la croire.
46:56C'est celles qui sont
46:57un peu dorées, grises.
46:59D'accord.
46:59Donc, quels sont ces poires Angis ?
47:01Et elles sont récoltées
47:02à quelle période de l'année ?
47:03Alors, l'Angis,
47:04c'est une variété
47:05qui est cueillie
47:06au mois de septembre, octobre
47:07et qui a la particularité
47:09de pouvoir se conserver
47:10très longtemps.
47:11Donc, on les stocke
47:12dans les frigos.
47:13D'ailleurs, si vous la mangez
47:14au mois de septembre, octobre,
47:15vous allez la trouver
47:16immangeable
47:16parce qu'elle a besoin
47:18d'avoir une période
47:19de maturation
47:21pour développer ses arômes.
47:22Donc, la meilleure période
47:23pour la manger, c'est ?
47:24Eh bien, à partir
47:25du mois de décembre.
47:26Hors du frigo ?
47:27Voilà.
47:28Hors du frigo ?
47:28Ah, elles sont stockées en frigo.
47:29Non, mais d'où ?
47:30Ensuite, quand je l'achète, moi.
47:35Ah oui.
47:36Et puis, la manger...
47:37Et la manger vite, quand même.
47:38Oui, c'est ça.
47:38Ça se gâte, comme on dit.
47:39C'est un peu fragile.
47:40Oui, mais c'est quand même
47:40une poire qui se conserve bien.
47:41Ah, elle se conserve bien.
47:43Même à la maison.
47:43Donc, si vous ne les achetez
47:44pas trop mûrs,
47:45vous pouvez les laisser facilement
47:46mûrir 4, 5, 6 jours
47:48avant de pouvoir les consommer.
47:49Ça permet d'étaler aussi
47:51dans le temps la consommation.
47:52Alors, Lise, vous avez choisi
47:54de cultiver cette variété spéciale
47:56à Langis, l'ancienne Angélis.
47:58Mais on s'y perd un petit peu
47:59dans ce qu'on appelle
48:01la sélection variétale.
48:03Pourquoi est-ce qu'il est nécessaire
48:04de créer de nouvelles variétés ?
48:05Comment ça se passe ?
48:06Eh bien, JB, vous allez nous éclairer.
48:08C'est notre verie importante pratique.
48:16Alors, je vais vous éclairer.
48:17On est déjà sous les projecteurs.
48:18Donc, je ne vais pas faire plus
48:19que ce qu'il y a.
48:20Et puis, surtout,
48:21je ne vais pas faire mieux
48:22que notre productrice.
48:23Mais je vais rappeler, justement,
48:24quand même.
48:25Effectivement, on mange les poires.
48:27On fait ses courses.
48:28On se dit, tiens,
48:28il y a des poires super.
48:29Juste dire que la sélection
48:31pour obtenir une poire,
48:33une nouvelle variété.
48:34C'est entre 15 et 20 ans.
48:36Et je vais essayer
48:36de vous expliquer pourquoi.
48:37Parce qu'en fait,
48:38c'est long, le vivant.
48:39C'est très long.
48:40Alors, quand on pense sélection,
48:42des fois, on va parler greffage.
48:44Je ne sais pas si...
48:44Oui, mais c'est pas ça.
48:46On connaît.
48:46Oui, mais c'est pas ça.
48:47Ça, c'est pas une nouvelle variété.
48:49Au départ, il faut jouer au papa et à la maman.
48:53C'est-à-dire qu'il va falloir, du coup,
48:56faire la sélection.
48:57On va, justement, intervenir
49:00entre les étamines des fleurs femelles
49:02qu'on va retirer.
49:03Et puis, on va aller déposer le pollen,
49:06on va dire, sur une nouvelle fleur.
49:09Et c'est ce qui va composer,
49:10on va dire, un croisement.
49:13Et ça va nous donner un nouveau fruit.
49:16Et de ce fruit-là,
49:17on va en retirer des pépins.
49:20On va le planter.
49:22Et puis, on va attendre
49:23de voir ce qui se passe.
49:24Et on va, du coup, à ce moment-là,
49:25découvrir, dans cette sélection,
49:28dans ce croisement,
49:28par exemple, si toi, Antoine,
49:30avec Louise, par exemple,
49:32qu'est-ce que ça va donner ?
49:34Donc là, c'est pareil.
49:35On ne peut pas savoir.
49:36On ne peut pas savoir.
49:37Qu'est-ce que ça va donner ?
49:38Et donc, on va avoir cette sélection.
49:39Et donc, il faut attendre
49:40que l'arbre repousse
49:41et que l'arbre commence à faire des fruits.
49:43Et bien, ça va durer huit ans, déjà,
49:44avant de connaître les premiers fruits.
49:46Et seulement là, tu vas savoir
49:47si la poire, elle est grosse, petite,
49:51dans le gabarit,
49:51dans le gabarit, juteuse,
49:53le sucre, pas le sucre,
49:54si elle s'abîme,
49:55si elle résiste, on va dire, aux maladies.
49:57Donc, c'est un petit peu long,
49:58on va dire.
49:59Et c'est pour ça, en fait,
50:00qu'on arrive à un temps long,
50:02justement, de sélection.
50:03Et une fois qu'on a découvert,
50:04justement, cette poire qui nous intéresse,
50:07c'est là qu'on va faire le travail
50:08de multiplication
50:09et donc faire le greffage.
50:10Et à partir de là,
50:12on va pouvoir multiplier,
50:12justement, cette variété.
50:14Mais on a refait beaucoup de...
50:16Justement, dans votre croisement,
50:17peut-être que rien ne sera intéressant,
50:19donc on va tout mettre à la poubelle.
50:20C'est pareil dans les poires.
50:22Donc, c'est des travaux extrêmement longs
50:24et c'est comme ça, en fait,
50:25qu'on fait évoluer, justement,
50:28la génétique, justement,
50:29dans cette production.
50:30Donc, on résume.
50:32Pollonisation, sélection, greffage.
50:34Et après, c'est parti.
50:35Mais du coup, quand vous mangerez une poire
50:37le prochain coup, vous vous direz,
50:38ça fait déjà un petit moment
50:39qu'ils ont réfléchi sur le sujet.
50:40C'est fondamental parce que,
50:41notamment avec les changements climatiques,
50:44et donc, il faut revoir certaines variétés,
50:46on risque de devoir perdre sa production
50:48parce qu'elle ne résiste plus
50:49aux nouvelles conditions climatiques.
50:51Et il y a évidemment,
50:52notamment dans le monde
50:53de la pomme de terre,
50:53on appelle ça des obtenteurs.
50:55Et donc, parfois,
50:55c'est 15, 20, 25, 30 ans de test
50:57avant de trouver les bonnes patates.
50:59Et idem pour la poire,
51:00idem pour la pomme.
51:00Il paraît qu'encore plus dans la poire,
51:03vous avez peu de choix variétal.
51:04Finalement, un producteur me disait
51:05qu'il trouvait que ça manquait
51:06de choix variétal
51:07pour pouvoir proposer différents produits,
51:09différentes poires aux consommateurs.
51:10Depuis quelques années,
51:11il y a de nombreuses variétés de poires
51:13qui arrivent sur le marché.
51:15On parlait tout à l'heure de l'angisme,
51:17mais il y a aussi la fraide,
51:18il y a aussi Cutie.
51:18La fameuse, la fameuse.
51:20C'est la meilleure.
51:20Est-ce qu'elle est vraiment juteuse ?
51:22Oui, elle est juteuse.
51:23C'est une poire croquante.
51:24Des fois, c'est un peu déstabilisant
51:26parce qu'on a plutôt l'habitude
51:27des poires tendres.
51:29Et Fred, c'est vraiment une poire croquante,
51:30presque à croquer comme une pomme.
51:32Et elle est très aromatique.
51:35J'en étais sûre.
51:36C'est une bonne sélection variétale.
51:38Justement, dans les pommes,
51:39on parle de pommes à couteau
51:41ou pommes à compote,
51:42est-ce que dans les poires,
51:43c'est pareil ?
51:43C'est que des poires à couteau
51:45ou est-ce qu'il y a une variété ?
51:47La golden qui est un peu le...
51:48Oui, il y a la golden.
51:49Alors la golden de la poire,
51:51ça serait la william ou la conférence.
51:53Voilà, c'est les variétés de poires
51:55plutôt pour la william.
51:57Ça n'a pas forcément fait beaucoup de bien
51:57la filière, la william,
51:58parce qu'elle est souvent...
52:00Le problème de la william,
52:02c'est que c'est une poire,
52:02elle est très bonne
52:03si elle est mangée au bon moment.
52:04Exactement.
52:05Elle se gâte très vite,
52:06comme disait tout à l'heure Fred.
52:07C'est ça.
52:08Et est-ce que...
52:08L'avantage de ces poires-là,
52:09c'est qu'on a un peu plus de temps
52:10pour pouvoir les consommer
52:11une fois qu'elles sont chez le consommateur.
52:13Mais du coup,
52:13est-ce que ça coûte plus cher ?
52:15Une angisse, par exemple,
52:16est-ce qu'elle est plus chère
52:17qu'une william, une Fred ?
52:19C'est toujours le coût de l'argent.
52:20Mais toujours !
52:21Il n'y a que ça qui...
52:22Non, non, c'est la rémunération
52:23à la productrice.
52:24C'est ça.
52:24C'est des variétés qui coûtent
52:25un peu plus cher
52:26parce que c'est des variétés marketées
52:28pour les faire connaître
52:29auprès du grand public.
52:30On fait de la publicité,
52:31on fait de la communication.
52:32Combien à peu près ?
52:33Vous avez une idée ?
52:33Combien vous la vendez,
52:34votre angisse ?
52:34Alors, nous, on touche...
52:35Le producteur,
52:36on va toucher entre 80 centimes
52:38et 1 euro du kilo
52:39en fonction des années.
52:40Ça va varier.
52:41Ce qui n'est pas foufou non plus.
52:42Ce qui, pour...
52:44C'est quand même
52:44beaucoup mieux
52:45qu'une william ou une...
52:47Ça dépend.
52:47On récolte combien de poires ?
52:50Sur un hectare,
52:52on récolte entre 40 et 50 tonnes de poires.
52:54Et au supermarché,
52:55on les retrouve à quel prix ?
52:57Un peu plus de 3 euros
52:58le kilo en général.
52:59D'accord.
53:00Pour combien ?
53:00C'est quoi la moyenne
53:01d'un kilo de poires
53:02en supermarché,
53:03Olivier ?
53:04C'est entre 50 et 4,
53:06on en trouve aussi à...
53:07Oui, c'est vrai.
53:07Vous avez raison.
53:08Pour moi, c'est plutôt 4.
53:09Voilà, on en trouve.
53:10Du coup, est-ce qu'il y a des...
53:11Est-ce qu'il y a des concurrents étrangers
53:12sur la poire
53:13qui viennent nous embêter
53:15sur le marché français ?
53:15C'est un problème de la poire.
53:17Il faut savoir qu'en poire,
53:18dans les années...
53:18Entre la fin des années 90
53:20et les années 2010,
53:21la France a perdu
53:22presque les trois quarts du verger.
53:25Depuis les années 2010,
53:26justement,
53:27avec ces nouvelles variétés,
53:28on arrive à replanter
53:29et on redonne un peu d'engouement
53:31à la poire en France.
53:32Il faut savoir qu'en France,
53:33on importe énormément de poires
53:35de nos amis de l'étranger.
53:37En l'occurrence ?
53:37En l'occurrence, la Belgique,
53:39les Pays-Bas et l'Italie.
53:40On dit que la poire
53:40est un produit en crise.
53:42Vous confirmez ?
53:43C'était pour moi
53:44un produit en crise.
53:45Aujourd'hui, encore une fois,
53:46avec ces nouvelles variétés,
53:47je pense que le producteur
53:48a une belle carte à jouer
53:51justement avec ces nouvelles variétés.
53:53Vous verrez après le passage
53:53sur VIP.
53:54Merci beaucoup,
53:55Lise Zimmermann,
53:56d'être venue nous voir
53:57et nous parler
53:58de vos belles poires
53:59et de cette angis
54:00qu'on va goûter justement.
54:01Et de la fraide,
54:02et de la fraide,
54:02et de la fraide qu'on va croquer.
54:03On ne mange pas la fraide,
54:04interdit.
54:05On va déguster bien sûr vos poires
54:06et puis le fromage
54:07de notre chevrière,
54:08Eugénie Schaaf.
54:09C'est une poire.
54:11Entre la poire et le dessert,
54:12on dit, ben voilà,
54:12on y est presque,
54:13et le fromage.
54:13En tout cas,
54:14c'est la fin de cette émission
54:15qui se termine avec
54:16beaucoup de gourmandises
54:17et des produits français.
54:19Merci beaucoup,
54:19mon cher ami,
54:20que nous aimons mettre en valeur
54:22dans cette émission.
54:23Et c'est important,
54:24ben oui,
54:24parce que l'agriculture française
54:25n'a pas fini
54:26de vous surprendre,
54:27de nous surprendre.
54:28Avant de se quitter,
54:29avant que les bouches soient pleines,
54:30un petit tour de table.
54:30Tiens, Olivier,
54:31qu'est-ce qui vous a marqué
54:32dans cette émission aujourd'hui ?
54:34Ce qui m'a marqué,
54:35incontestablement,
54:36c'est de voir la filière fromagère
54:38s'adapter au phénomène
54:40aujourd'hui qu'est le snacking.
54:42C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
54:43on mange en 20, 30 minutes,
54:44on mange debout.
54:45Et il faut que les filières
54:46aujourd'hui agricoles
54:47sachent s'adapter
54:48à un snacking salé,
54:50un snacking sucré.
54:52Et visiblement,
54:53dans le chèvre,
54:54notre productrice produit
54:56finalement un petit fromage
54:57de frais
54:57qu'on prend à la main
54:58et en bouche
54:59donc à côté
54:59d'une petite tomate cerise,
55:00à côté d'un peu de mâche,
55:01à côté d'un peu de saucisson.
55:04Ça fait le job.
55:08Merci Antoine
55:09qui en a plein la bouche
55:10du fromage et de la poire.
55:11Et puis vous savez,
55:12c'est le savoir-faire
55:13et surtout le faire savoir.
55:14Et pour le faire savoir,
55:15il y a nous en plateau évidemment,
55:16mais il y a aussi
55:17beaucoup d'équipes
55:17qui travaillent en coulisses.
55:18Je pense tout simplement
55:19aux équipes d'Enibas,
55:20c'est un rédacteur en chef
55:21formidable
55:21qui n'était pas forcément
55:22issu du monde agricole
55:23qui s'appelle Antoine Gaveau
55:24et qui a formidablement conduit
55:26cette émission de main de maître
55:27sur cette première saison.
55:29Donc qu'on se le dise,
55:30vive VIP
55:31et que ça continue
55:32pour très longtemps encore.
55:33Merci beaucoup
55:34mon cher Antoine.
55:36Des productrices,
55:37des super productrices.
55:38C'est le petit truc
55:40que je retiens
55:41en poire,
55:41en fromage.
55:43C'est ça.
55:44C'est un univers pétillant,
55:46enfin en tout cas
55:46des personnalités pétillantes
55:47et tout.
55:47Ça, ça fait plaisir
55:48en tant que producteur
55:49aussi de voir.
55:50des femmes passionnées
55:51par leur métier
55:52et qu'ils font.
55:53Ils en parlent très très bien.
55:54Bravo pour la qualité.
55:55Une autre vision.
55:55Merci beaucoup
55:56ma chère Lise
55:57et merci Eugénie aussi
55:58à toutes les productrices
55:59que nous recevons.
56:00Et puis Louise,
56:00notre Louise,
56:01médaillée, récompensée.
56:03Oui.
56:05C'était la même chose
56:05que Jean-Baptiste.
56:06Moi, je voulais rendre hommage
56:07aux agricultrices
56:07parce qu'on ne se rend pas compte
56:08de gérer leur exploitation,
56:10porter des enfants,
56:10les accoucher,
56:11être remis sur pied
56:12le lendemain de l'accouchement
56:13pour continuer l'exploitation.
56:14Elle m'impressionne,
56:15c'est des super women.
56:16Des vraies princesses.
56:17Et voilà.
56:17Non, pas des princesses,
56:18des super women.
56:20Oui, c'est ça.
56:21Bravo.
56:21Merci beaucoup ma chère Louise.
56:22Merci à toutes celles
56:23et tous ceux, oui,
56:24qui nous aident
56:25à préparer cette émission.
56:27Merci à la bande de VIP,
56:29à nos invités.
56:30Et puis, bon appétit, bien sûr.
56:32Et puis, c'est le dernier numéro
56:34de la saison.
56:35On a été ravis
56:36de vous ouvrir les portes
56:38des exploitations
56:39de nos agriculteurs
56:40et de nos agricultrices
56:41et de cette agriculture
56:42qui a le mérite d'exister
56:43et qu'on a envie de défendre
56:44et bien sûr,
56:46de recevoir sur notre plateau.
56:48Passez un très bel été.
56:49Il y a des rediffusions,
56:49bien sûr, qui sont prévues.
56:51Vous pouvez nous retrouver
56:52en replay sur les réseaux de LCP.
56:55Manger français.
56:55Mais oui !
56:56Manger français !
56:58Et à très très bientôt.
56:59Prenez soin de vous.
57:00À bientôt les amis.
57:01Et vive l'agriculture française !
57:03Au revoir.
57:05Ils sont délicieux.
57:06C'est trop bon.
57:07Pourquoi j'ai un truc ?
57:08Ça, c'est vraiment du chef, ça ?
57:09Oui, j'ai terminé.
57:11Ah, une commandeure de chef.
57:13C'est vrai, s'il vous plaît ?
57:14Oui, j'ai terminé.
57:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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