Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Il rêvait de devenir le nouveau Thierry le Luron. Imitateur politique à ses heures perdues, Philippe Lottiaux a fini par se lancer lui-même sous les couleurs du Rassemblement national, après une carrière de haut fonctionnaire.

Pourquoi s'engage-t-on en politique ? Comment tombe-t-on dans le grand chaudron de l'Assemblée ?
Clément Méric, dans un entretien en tête à tête de 13 minutes, interroge un parlementaire sur les personnalités, les évènements - historiques ou personnels - qui l'ont conduit à choisir la vie publique.
Car on ne naît pas politique, on le devient !

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Il rêvait de devenir le nouveau Thierry Le Luron, mon invité affini, Énarc, avant d'être élu député du Rassemblement
00:06National.
00:21Bonjour, Philippe Lottiot.
00:22Bonjour.
00:23Alors je le disais, j'ai face à moi un Énarc qui a été élu député du RN en 2022,
00:27mais j'ai aussi un autre, Philippe Lottiot, ou plutôt Philippe Baccar.
00:32C'était votre nom de scène.
00:33On va même revoir un extrait d'un de vos spectacles.
00:44Question du jour.
00:45Comment faire un bourg-pas bien pimenté à la sauce politique, pas trop cher et facile ?
00:51Déjà, il y a des ingrédients à éviter.
00:54La Ségolène, par exemple.
00:57Très à la mode à une époque, finalement très, très acide et très, très dur à digérer.
01:02Donc vous oubliez.
01:04On évitera aussi Le Pen.
01:06Très gras, pas beaucoup d'accords à faire.
01:09On en a sorti une version plus light, en marinade.
01:12Mais ça s'accorde pas mieux.
01:15On vient de voir une de vos imitations.
01:18Vous en aviez plusieurs à l'époque.
01:19Là, c'était l'ancien critique gastronomique Jean-Pierre Coffre, pour ceux qui l'ont pas connu.
01:24Vous avez fait beaucoup de spectacles comme celui-ci ?
01:26Énormément.
01:27C'était une petite parenthèse dans ma vie.
01:30En fait, c'était quelque chose que j'avais prévu de faire.
01:33C'était un vieux rêve.
01:34J'avais prévu de faire uniquement pour des amis, comme ça, en privé.
01:36D'ailleurs, je crois que ça, c'est un extrait d'un truc qui était un tout premier, qui était
01:40loin d'être un des meilleurs, d'ailleurs.
01:41C'était un tout début.
01:43Mais voilà, je voulais faire ça comme ça, en privé.
01:46Et puis finalement, j'avais un ami qui produisait, qui m'a dit, tiens, tu devrais quand même essayer d
01:49'aller un peu plus loin.
01:50J'ai essayé.
01:51Donc j'ai fait des petites salles, j'ai fait des petites choses comme ça.
01:54Vous avez même fait l'émission de Laurent Ruquier.
01:56Tout à fait, avec un succès très relatif, on va dire.
02:00Non, mais voilà.
02:01C'est quelque chose qui me faisait envie, et donc que j'ai fait.
02:04Puis finalement, j'ai fait des petites salles, etc.
02:05C'était quelque chose dont je n'en vivais pas.
02:08J'ai jamais prétendu être Laurent Gérard.
02:09C'était un peu un rêve d'enfance ?
02:10Oui, c'était un vieux rêve d'enfant, en fait.
02:13Et voilà, j'ai fait ça un petit peu, avec plus ou moins de talent, ou finalement, dans l'esprit.
02:18Alors l'esprit, c'était plutôt l'esprit des chansonniers, vous voyez.
02:20Donc l'esprit des chansonniers, on cogne un peu gentiment sur tout le monde, de manière un peu potache.
02:26Voilà, c'était donc sans prétention.
02:27Voilà, c'était des petites choses.
02:29Aujourd'hui, vous êtes député.
02:30Dans l'hémicycle, vous êtes un peu aux premières loges pour observer la classe politique, l'éthique de langage, la
02:35gestuelle.
02:36Tout à fait.
02:36Et puis, dans l'hémicycle, il y a une tribune.
02:39Il pouvait être un peu en spectacle.
02:41Oui, oui.
02:41Vous n'avez jamais eu la tentation de faire une imitation lors d'une de vos petites paroles ?
02:45Souvent, à chaque fois, quasiment.
02:46J'ai l'envie.
02:47Je ne le fais pas, je me retiens un petit peu.
02:49J'essaye à chaque fois, à chaque intervention en tribune, j'essaye de glisser une petite phrase, une petite chose
02:53comme ça.
02:53J'ai l'impression que l'humour s'est un peu perdu à l'Assemblée.
02:56Il y en a un qui l'a fait une fois, Hugo Bernalissis, avec Nicolas Sarkozy.
02:59Oui, oui, il y a fait.
03:01Non, mais j'ai envie, oui, toujours.
03:03Et puis, je me dis, voilà, je suis peut-être un peu trop sérieux dans l'âme.
03:08Alors, dans ce cas, tu conviens d'entendre, on vous voit vous moquer de Jean-Marie Le Pen et de
03:11sa fille, Marine Le Pen.
03:12Alors, vous le disiez, à l'époque, l'idée, c'était de cogner sur un peu tout le monde.
03:16Mais à l'époque, le FN, ce n'était pas votre truc ?
03:19Là, en fait, ce que je faisais, si vous voulez, en termes de spectacle, dans les petits spectacles, n'avait
03:23rien à voir, contrairement à ce que d'autres ont pu dire après, avec mes opinions politiques.
03:27Je vous dis, quand vous êtes sur scène, vous faites chansonnier, vous étriez un petit peu tout le monde.
03:31Vous étiez engagé à droite à l'époque.
03:32C'est la loi du genre.
03:33Et à cette époque-là, en plus, je n'envisageais absolument pas de me lancer dans la politique.
03:36Oui.
03:36Voilà.
03:37Et Marine Le Pen, elle connaît votre passé ? Elle a vu ce sketch ?
03:41Je ne sais pas ce qu'elle a vu, ce qu'elle n'a pas vu.
03:42Oui, elle sait forcément, parce que c'était public.
03:46Elle sait que j'ai un peu fréquenté la scène.
03:48Mais voilà, un modeste niveau.
03:50Mais voilà.
03:51On a parlé de l'humoriste.
03:52On va parler de l'énarque, à présent.
03:54Vous avez fait carrière comme haut fonctionnaire au service de plusieurs personnalités de droite.
03:58Il y a eu Jacques Chirac à la mairie de Paris.
04:00Puis Patrick Balkany à Levallois-Péret.
04:03Et en parallèle de cela, vous avez pris votre carte au RPR.
04:05Pourquoi ce choix de vous mettre au service des politiques, plutôt que de vous-même être, dès le début, un
04:10homme politique ?
04:11Peut-être parce qu'à la base, je suis quelqu'un d'extrêmement timide, en fait.
04:15Ah bon ? Vous allez sur scène comme ça ?
04:17Justement, justement, mais tout...
04:18Et pour combattre un peu mes timidités, quand j'étais enfant, j'étais très, très, très timide.
04:24Et quand vous avez cette timidité, qu'est-ce que vous faites ?
04:26Soit vous l'assumez, et pour l'assumer, pour essayer de la dépasser, vous essayez de vous mettre un peu
04:30en danger.
04:31Vous essayez de vous mettre dans des situations où...
04:34Voilà. Donc ça, c'est une première chose qui explique un petit peu la scène.
04:38Et puis, moi, j'ai grandi dans une famille qui était intéressée par la politique.
04:42Mon père était candidat, ensuite a été élu dans une petite commune, était candidat à une époque qui était UDR,
04:49famille très gaulliste.
04:50À une époque où, c'était dans le Pas-de-Calais, donc Bassaminié, très à gauche, donc voilà, on perdait.
04:56Mais j'ai grandi un peu là-dedans, et j'ai eu toujours le goût de la politique, mais je
04:59ne me voyais pas, je ne me projetais pas sur le devant de la scène, si vous voulez.
05:02Donc, j'ai souhaité travailler pour des politiques, et comme on était d'origine UDR, RPR, mon choix, en effet,
05:09j'ai pu rejoindre la mairie de Paris,
05:10quand Jacques Chirac en était le maire, a sorti de la scolarité à l'ENA en 1991, oui.
05:14Et Jacques Chirac ou Patrick Balkany, ce sont des personnalités qui ont compté pour vous ?
05:18Oui, tout à fait, j'ai été très Chiracien, il m'a ensuite déçu en tant que président, mais j
05:22'étais très, très Chiracien à une époque.
05:23Et ensuite, j'ai découvert, un peu par hasard, puisque en 2001, la gauche arrive à la mairie de Paris,
05:28j'avais un gros poste un peu exposé,
05:30j'étais directeur de cabinet de secrétaire général, donc je me fais placardiser, ce qui était un peu la loi
05:34du genre aussi.
05:35Je cherche autre chose, et je trouve qu'un peu par hasard, par mon patron de l'époque, Bernard Bled,
05:39il m'a mis en rapport avec Patrick Balkany,
05:41que je ne connaissais pas, et puis on a travaillé ensemble dix ans, c'est un personnage de roman.
05:47Vers 2013-2014, vous avez décidé de rejoindre le FN.
05:51Oui.
05:52Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? La droite de l'UMP, en l'occurrence à l
05:56'époque, ne vous convenait plus ?
05:58Tout à fait, alors il y a eu deux événements. Il y a eu le côté où je me suis
06:02dit à un moment, voilà, j'ai envie aussi de me lancer un peu dans la politique active.
06:05Je n'ai pas simplement envie de rester spectateur, vous savez, à un moment, soit vous regardez les situations et
06:10vous grommez-les dans votre coin en regardant la télé,
06:13voilà, et je me dis j'ai des enfants, j'ai envie de m'impliquer, j'ai envie de m
06:16'impliquer davantage.
06:17Donc me lancer dans la politique active, ça c'est une première chose.
06:20Deuxièmement, j'avais été déçu, en effet, de l'UMP, de ce qui était devenu la droite, que je trouvais
06:27complètement s'amolir, désagrégé intellectuellement.
06:31C'est vraiment quelque chose qui m'avait attristé, le point d'orgue étant ce conflit ridicule, copé-Fillon, enfin
06:36pour moi qui avait été vraiment la fin de tout.
06:39Et il se trouve que, par le passé, par des amis d'amis, j'avais connu un certain nombre de
06:44responsables de ce qui était le Front National à l'époque.
06:46J'avais croisé, pas pour des fins politiques, mais simplement à titre amical, etc.
06:50Et je me suis dit que tous ces gens étaient tout à fait respectables, n'avaient rien à vrai avec
06:53la caricature qu'on en faisait.
06:55Ils étaient tout à fait sympathiques et de discussion en discussion, je me suis rapproché.
06:59Et à un moment, quand il a fallu faire mon coming-out politique, si je puis dire, il s'est
07:04fait naturellement auprès du Front National.
07:06– C'est une époque où le Front National cherchait des profils comme le vôtre pour gagner en crédibilité,
07:10avoir un énarque qui a une expérience dans la politique, c'était important pour eux.
07:14Vous vous doutiez qu'en rejoignant le FN, vous auriez peut-être plus d'opportunités politiques qu'en restant engagé
07:21à droite ?
07:22– Je ne pensais pas forcément en termes d'opportunités, c'était surtout à ce moment-là,
07:25vous pensiez surtout en termes de ce que ça pouvait vous coûter.
07:29Parce que quand vous êtes dans la haute fonction publique et vous apparaissez publiquement,
07:32c'était il y a 13 ans, vous apparaissez publiquement en soutien et en candidat potentiel
07:39de ce qui était à l'époque le Front National, c'est un peu compliqué, c'était compliqué à vivre,
07:44compliqué à assumer, vous perdez des relations, les portes se ferment, etc.
07:49Ça a évolué tant mieux depuis, mais je ne pense pas encore totalement, mais c'était un petit peu compliqué.
07:53– En tout cas, ça a été assez vite pour vous au FN, puisque dès 2014,
07:57vous avez été investi comme tête de liste au municipal à Avignon,
08:00et alors ça s'est joué à peu de choses pour vous, parce que vous étiez en tête du premier
08:03tour.
08:03– J'étais en tête du premier tour, ce que j'avais annoncé en arrivant,
08:06ce qui faisait rire tout le monde, parce que j'étais parachuté, soyons clairs,
08:09et j'arrivais très peu de temps avant, on avait fait un peu plus de 8%
08:13à l'élection municipale précédente, j'arrive en tête,
08:16et j'avais cette volonté à ce moment-là d'essayer,
08:20de faire le lien avec le candidat UMP de l'époque,
08:25parce qu'on avait de quoi faire une majorité,
08:27je pense qu'on aurait fait un très beau travail, parce que la gauche,
08:30elle, allait se regrouper, personne ne souhaitait que la ville passe à gauche,
08:34bon, malheureusement, le candidat UMP, je pense, a été bloqué par, justement, Jean-François Copé.
08:40– Il s'est maintenu au second tour ?
08:41– Il s'est maintenu au second tour, et à partir du moment où la gauche était unie,
08:44et nous on était, voilà, j'ai un peu augmenté,
08:46mais forcément, la gauche est passée.
08:47C'est un vrai regret, parce que je pense que ça aurait donné un signal,
08:50et on aurait pu gagner du temps, on aurait pu faire de très belles choses.
08:52– Vous avez ensuite quitté le Vaucluse, et vous êtes allé dans le Var,
08:55plus précisément à la mairie de Fréjus, et là, vous avez travaillé pour David Racheline.
08:59– Tout à fait.
08:59– Après Jacques Chirac et Patrick Balkany, décidément,
09:03vous aimez travailler avec des hommes politiques qui ont des ennuis avec la justice.
09:06– C'est pas moi qui leur crée, voilà.
09:09Vous savez, dès que vous avez une personnalité,
09:10parfois, qui sort un peu du lot, qui est un peu disruptive,
09:13forcément, il y a des choses un peu compliquées.
09:15– Et en parallèle de cela, vous êtes présenté à plusieurs élections,
09:18avec des défaites sénatoriales, législatives de 2017,
09:21et puis législatives de 2022.
09:24Et alors là, vous vous êtes retrouvé face à un certain Éric Zemmour.
09:28– Comment vous avez réagi quand vous avez découvert
09:30qu'il se présentait dans la même circonscription que vous ?
09:31– Ah ben, j'avoue que c'était un peu chaud.
09:33Là, on s'est dit, oula, ça va être compliqué.
09:35C'est sûr que, quand on voit ça, moi, j'ai été déclaré candidat,
09:39je l'avais déjà été en 2017,
09:40et quelques temps après, j'apprends, mon téléphone sonne.
09:43Je me rappelle, j'étais encore au travail, si vous voulez,
09:46j'avais prévu de prendre des congés pour la campagne,
09:49mais peu de temps après.
09:51Et là, le matin, mon téléphone sonne une première fois.
09:53Il sonne une deuxième fois, une troisième fois.
09:56Et qu'est-ce qui se passe, quoi ?
09:57Et on dit, t'es au courant, Zemmour se présente, etc.
10:00Il faut aller, voilà.
10:02– Vous vous dites, c'est cuit ?
10:03– Non, non, pas du tout, je ne me suis jamais dit.
10:05– Vous y croyez quand même encore ?
10:06– Oui, oui, oui, parce que sinon, il ne faut pas se battre.
10:08– Et qu'est-ce qui a fait la différence, alors ?
10:10Parce que lui, il a été éliminé dès le premier tour.
10:12– Tout à fait, tout à fait.
10:13Je crois qu'il y a eu plusieurs choses.
10:15Moi, j'avais déjà été candidat en 2017,
10:17j'avais une certaine légitimité dans le département,
10:20parce que je travaillais à côté, sur la circonscription.
10:23Et puis, une campagne,
10:25ce n'est pas simplement de la notoriété médiatique, si vous voulez.
10:28Une campagne, c'est du terrain, c'est la compréhension,
10:31c'est de l'écoute.
10:32Et puis, c'est 28 communes, ce n'est pas se focaliser,
10:34peut-être comme l'a fait M. Zemmour,
10:36se focaliser sur quelques communes connues.
10:39Et voilà, une campagne, c'est 28 communes,
10:41il faut parler à tout le monde, il faut écouter tout le monde,
10:43il faut être le relais de tout le monde.
10:45– À l'Assemblée, vous êtes très mobilisé,
10:47très engagé sur les questions budgétaires.
10:49Vous êtes même le vice-président de la Commission des finances.
10:52– Tout à fait.
10:52– Et alors, vous êtes engagé en particulier
10:53sur les budgets consacrés au patrimoine.
10:56– Oui.
10:56– Vous en êtes le rapporteur spécial.
10:58– Exactement.
10:58– Pourquoi le patrimoine ?
10:59Vous avez un petit côté Stéphane Berne.
11:01– Oui, c'est un sujet qui m'intéresse énormément.
11:03J'ai toujours été passionné par les vieilles pierres,
11:05par l'Histoire,
11:06par ma mère était professeure d'Histoire,
11:08je ne sais pas, ça a peut-être marqué,
11:10et donc par le patrimoine.
11:11Donc quand j'ai eu l'opportunité de rapporter
11:12le budget du patrimoine,
11:14voilà, je me suis dit, j'y vais.
11:16Et c'est quelque chose,
11:17je dois dire que dans mes missions à l'Assemblée,
11:20quand je dois faire des rapports,
11:22j'ai fait des rapports d'évaluation sur les cathédrales,
11:23sur les fiscalités du patrimoine,
11:25je fais des rapports budgétaires.
11:26Alors ce n'est pas des succès de librairie,
11:27soyons clairs.
11:29Mais c'est quelque chose qui me passionne,
11:30et je dois dire que dans mes fonctions à l'Assemblée,
11:32les auditions que je peux avoir
11:33avec les responsables des grandes institutions
11:36muséales ou patrimoniales, etc.,
11:38font partie des moments privilégiés,
11:40c'est partie du moment que je préfère dans mes fonctions.
11:43On arrive au terme de l'émission,
11:44c'est l'heure de passer à notre quiz.
11:46Eh oui, c'est un quiz un peu spécial pour vous,
11:48c'est pour comprendre comment travaille un imitateur.
11:50Donc je vais vous soumettre trois personnalités politiques,
11:53vous allez me dire,
11:53qu'est-ce que vous en retenez dans l'éthique de langage,
11:56dans les intonations, les accents, la gestuelle ?
12:00On commence avec Éric Ciotti.
12:01Oui.
12:03Alors, je n'ai jamais essayé d'imiter Éric Ciotti.
12:07En fait, j'ai toujours du mal à imiter les gens
12:09avec qui je fréquente,
12:10avec qui il faut que j'ai un peu de recul.
12:13Une voix un peu donnée,
12:15je pense qu'il ne doit pas être trop compliqué à imiter,
12:17il a un ton, un petit accent,
12:18une voix un peu, pas nazière, mais un peu donnée.
12:21Donc je pense que ça doit pouvoir se faire assez facilement.
12:23Emmanuel Macron ?
12:25Pour imiter quelqu'un, il faut le regarder longtemps,
12:28il faut l'écouter longtemps.
12:29J'en suis incapable.
12:31Et Jean-Luc Mélenchon ?
12:33C'est un tribun ?
12:34C'est un grand tribun.
12:36À une époque, je faisais des formations,
12:38j'avais sur la prise de parole en public.
12:40Et j'avais quelques exemples,
12:41j'avais trois exemples qui étaient totalement différents,
12:44de tribun, qui étaient François Mitterrand,
12:46Jean-Luc Mélenchon et Jean-Marie Le Pen,
12:47dans des styles totalement différents.
12:48C'est un grand tribun.
12:50Le problème, c'est qu'il devient sa propre caricature
12:52et c'est malheureux,
12:53mais après le travail,
12:55l'imitateur caricature toujours un petit peu.
12:57Et s'il y a un homme politique que vous tenez bien
13:00dans l'imitation aujourd'hui, c'est lequel ?
13:02Écoutez, je peux en faire un certain nombre.
13:05Moi, j'en veux un vivant, moi.
13:06Un vivant ?
13:08Écoutez, monsieur Méric,
13:09moi, vous me posez la question,
13:10je vais vous répondre.
13:11La question, qu'est-ce que vous me posez ?
13:12Je suis avec ma carré l'état d'amour.
13:14Qu'est-ce qu'on va faire ?
13:15Pas mal, pas mal.
13:16Oui, enfin, c'est pas travail.
13:17Vous savez, c'est comme tout, ça se travaille.
13:18Moi, je n'ai plus tellement l'occasion.
13:20Oui, vous êtes passé un peu à autre chose.
13:21Les opportunités, voilà.
13:22Mais ça me démange toujours.
13:23Je ne dis pas qu'un jour...
13:24Il y a du potentiel, quand même.
13:25Je ne dis pas qu'un jour, je n'y reviendrai pas.
13:26Toujours très modestement et sans prétention, mais voilà.
13:29Eh bien, merci beaucoup, Philippe Lottiaud,
13:30d'être venu dans La Politique et moi.
13:32Merci.
13:33– Sous-titrage ST' 501
Commentaires

Recommandations