00:00Musique et bonne humeur, ici Macan.
00:057h48 ici Maine, et cette question, la vague de chaleur va-t-elle se traduire par une vague de patients
00:09?
00:09L'hôpital, pour en parler ce matin, le docteur médical du centre de crise du centre hospitalier du Mans est
00:14notre invité, Julien Penouf.
00:15Oui, docteur Joël Panetier, bonjour.
00:18Bonjour à vous.
00:19Également médecin urgentiste, 1600 appels en une seule journée, samedi au SAMU, 25% donc de plus qu'à la
00:25normale, ça c'était samedi.
00:27Comment s'est passé la nuit à l'hôpital ?
00:30Là, c'est vrai que depuis samedi, on a plus de 1600 appels par jour en continu sur le centre
00:3415.
00:35L'activité aux urgences jusqu'à hier était plutôt rassurante, et là, c'est vrai que cette nuit, elle a
00:39été extrêmement difficile.
00:40Je faisais le point ce matin avec mon collègue des urgences, le docteur Poirot, qui a passé une nuit très
00:43difficile avec des patients graves.
00:45Donc, il commence à y avoir des situations vraiment de patients qui se présentent avec des hyperthermies sévères liées à
00:51la chaleur.
00:52Des hyperthermies, donc ça veut dire quoi concrètement ?
00:54Concrètement, c'est des gens qui viennent pour des fièvres extrêmes.
00:57Il y en a eu un patient jeune qui est arrivé avec 42 de température suite à une exposition prolongée
01:01au soleil.
01:02Donc, on est sur des situations de réanimation extrêmement sévères.
01:06Ce sont des jeunes ? Ce ne sont pas, comme on pourrait imaginer, que des personnes âgées qui sont sensibles
01:10à la chaleur ?
01:11Il y a des personnes âgées qui sont sensibles à la chaleur, évidemment, qui commencent à se présenter aux urgences.
01:15Mais on a aussi, et c'est important de le dire, des personnes jeunes qui sont venues dans des états
01:19graves.
01:19Parce qu'aujourd'hui, à 41 de température, s'exposer de façon prolongée au soleil peut générer vraiment une pathologie
01:27grave.
01:27Ce sont des jeunes qui avaient fait un footing, par exemple, dehors, en plein soleil ?
01:30Du vélo, par exemple, ou malheureusement, un ouvrier exposé au soleil.
01:34Donc, on est vraiment, là, c'est le plus important.
01:36Là, aujourd'hui, c'est les mesures de prévention qui sont rappelées en permanence, notamment par votre radio.
01:41Mais il faut vraiment respecter ces mesures de prévention, d'hydratation, de protection du soleil, de rafraîchissement des pièces.
01:48Ça concerne tout le monde, évidemment.
01:50Évidemment, les personnes les plus vulnérables en première intention, mais pas que.
01:53On sait qu'il y a un décalage de cinq jours entre le moment du début de la canicule et
01:57les premiers effets sanitaires.
01:59Ça veut dire que cette semaine est vraiment décisive.
02:01Là, vous allez recevoir de plus en plus de patients.
02:04Oui, on commence à avoir l'habitude, malheureusement, de ces épisodes.
02:07Mais cet épisode-là est historique.
02:09Et est historique sur plusieurs aspects.
02:11Sur vraiment l'intensité des températures la journée, mais aussi la nuit.
02:15Mais il est aussi historique sur sa longueur.
02:17Et donc, c'est pour ça qu'on est au plan maximal de réponse à la canicule, le niveau 4
02:22hospitalier.
02:24Depuis, en fait, vendredi, on met en œuvre toutes les mesures de notre plan.
02:28Parce qu'on sait qu'il faut s'adapter en termes de capacité à prendre en charge des patients dans
02:32notre hôpital.
02:33Ils vont commencer à arriver en nombre.
02:35Et on va avoir de plus en plus de difficultés aussi à faire sortir les malades qui sont déjà hospitalisés
02:39chez nous.
02:39Ici, maintenant, il est 7h50.
02:41Le docteur Joël Pannetier, directeur médical de crise à l'hôpital du Mans, est notre invité.
02:44Et alors, face à cet afflux de patients, est-ce qu'il y a un risque de saturation dans vos
02:49services ?
02:50Le risque est réel et on essaie de l'anticiper.
02:53C'est pour ça qu'on y travaille chaque jour.
02:54On a une cellule de crise qui se réunit chaque jour, qui suit les indicateurs.
02:58Appel au centre 15, entrée aux urgences, capacité de hospitalisation et surtout besoin des services.
03:03On essaie de faire en sorte que l'hôpital tourne encore mieux que d'habitude en mobilisant tous les professionnels,
03:12techniques, logistiques, soignants évidemment, pour vraiment mettre en oeuvre...
03:15Tout le monde est sur le pont.
03:15Tout le monde est sur le pont, concrètement, depuis vendredi.
03:181600 lits, c'est ça ?
03:191600 lits.
03:20Est-ce qu'il y a un risque de déprogrammation d'autres patients pour laisser passer des urgences ?
03:25Alors ça, c'est vraiment le levier extrême qu'on n'a pas du tout activé pour l'instant.
03:29Et on essaie de toujours tout faire en sorte pour ne pas l'activer.
03:32Donc là, on essaie de tout faire pour faire avec les moyens actuels et conserver toutes les activités.
03:37On a beaucoup appris de la période Covid.
03:40Voilà, toutes les activités sont importantes.
03:42On essaie de les maintenir.
03:43Mais il faut évidemment qu'on puisse répondre à l'afflux de patients qui potentiellement peut arriver dans les prochaines
03:49heures.
03:49Yves Simen est allé en reportage au centre hospitalier.
03:52On a remarqué qu'il n'y avait pas de climatisation.
03:55C'est assez surprenant quand même pour les patients et aussi pour le personnel soignant.
04:01Comment ça se passe en fait ?
04:02Comment ça se fait qu'il n'y a pas de climatisation au CHM comme ça ?
04:05Alors là, c'est un problème plutôt de société.
04:06J'ai envie de dire parce qu'il y a très peu d'hôpitaux finalement en France et même dans
04:09le monde qui sont climatisés.
04:11En tout cas dans les pays occidentaux, on est sur des enjeux de coûts qui sont absolument colossaux.
04:16C'est de climatiser tant en investissement qu'après en entretien.
04:20On est sur des enjeux écologiques.
04:21Il faut se poser la question de est-ce qu'on veut vraiment aller vers ça ?
04:25Il faut savoir quand même que les hôpitaux sont responsables de 4% des émissions de carbone.
04:29On est un pourvoyeur déjà en termes de bilan carbone qui est colossal.
04:32Donc il faut qu'on fasse des choix qui soient adaptés.
04:35Aujourd'hui, on a des centrales de traitement d'air qui permettent de rafraîchir l'air.
04:38Si vous avez un bâtiment fontenoy, on est capable aujourd'hui grâce à nos équipes techniques
04:41de descendre jusqu'à des températures de 20 degrés qui sont relarguées dans l'atmosphère.
04:45Donc c'est des choses qui peuvent fonctionner sans climatisation.
04:48C'est ce qu'on fait aujourd'hui.
04:49On voit bien que si vous allez au CHM, entre les différentes générations de bâtiments,
04:53vous n'aurez pas les mêmes qualités de température parce qu'on peut faire mieux sans climatisation.
04:58Aller à Madeleine-Bresse qui était le dernier bâtiment que nous avons.
05:02Il n'y a pas de climatisation et pourtant vous pouvez voir que les locaux sont tout à fait adaptés
05:06dans ces températures-là.
05:08Il reste l'enjeu des derniers étages et des zones exposées au sud qui effectivement sont des zones extrêmement compliquées.
05:14Il faudrait aggraver la condition des soins ?
05:16De toute façon, on adapte les soins.
05:18On repère les patients les plus vulnérables, on hydrate, on se fait aider d'ailleurs.
05:23Et je remercie les collègues de la Croix-Rouge qui viennent nous aider pour apporter de l'eau,
05:26pour rafraîchir les environnements, pour ventiler les chambres.
05:31On a toutes ces mesures que l'on connaît aujourd'hui et qu'on met en œuvre
05:33pour permettre d'alléger les secteurs qui malheureusement sont les plus exposés au chaud.
05:37Merci.
05:38Merci docteur Joël Panetier.
05:40Je rappelle que vous êtes le directeur médical de crise à l'hôpital du Mans.
05:43Merci à vous d'être venu avec nous en studio.
05:46Merci messieurs et effectivement, hydratons-nous.
05:52Docteur Panetier, vos journées sont bien changées, mais on vous confie un boulot supplémentaire.
05:56C'est de dire bonjour à toutes les équipes autour de vous et à quel point on est avec vous
06:00également.
06:00On vous encourage, on vous soutient, on a souvent un petit coucou aussi
06:02pour saluer ceux et celles qui veillent à notre sécurité, à notre santé aussi.
06:06On peut noter ça dans un carnet à spirale.