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  • il y a 5 heures
Il l’avait promis, c’est désormais chose faite. Lorsque le 8 juillet dernier, la cour d’appel de Marseille confirmait la décision du tribunal administratif rendue quatre mois auparavant, Albert Corrieri n’avait pas caché sa déception, ni sa volonté de ne pas "lâcher l’affaire". Déporté en janvier 43, alors qu’il a tout juste 20 ans et travaille dans un restaurant du Vieux-Port, Albert est envoyé en Allemagne dans le cadre du STO (service de travail obligatoire), instauré par le gouvernement de Vichy pour répondre aux besoins de main-d’œuvre. Interné dans un camp de Ludwigshafen, il passe ainsi deux ans dans une usine chimique à charger des wagons de charbon en frôlant la mort plusieurs fois. Si son statut de victime du travail forcé en Allemagne nazie a été reconnu, ses heures travaillées, elles, ne seront jamais indemnisées.

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Transcription
00:00Il n'y avait pas de vie, il n'y avait rien là.
00:02C'était vraiment, vraiment des...
00:04Ils nous ont réduit à l'esclavage.
00:13À 104 ans, Albert Corriere réclame toujours justice.
00:17Ce Marseillais d'origine italienne a saisi la Cour européenne des droits de l'homme
00:20pour obtenir le paiement des mois de travail forcés qu'il a effectué en Allemagne nazie
00:24entre mars 1943 et avril 1945.
00:28Arrêté à Marseille, il était envoyé au camp de Ludwig Schaffen pour remplir des wagons de charbon.
00:33Oui, on a travaillé comme un d'esclavage.
00:35Ah, il fallait travailler, 12 heures par jour à charger les wagons, je ne vous dis pas,
00:39à 21 ans, on fatigue, comme tout le monde peut fatiguer.
00:43Mais même malgré que vous soyez jeune, que vous avez de la résistance,
00:48quand vous faites 12 heures de boulot à la pelle, vous avez les bras cassés.
00:53Et surtout que les wagons, ils étaient hauts.
00:55C'était des gros wagons, ce n'était pas des petits wagonnets, c'était des wagons.
01:00Alors quand il était plein, il s'en allait, il revenait un autre et on continuait.
01:05Débouté à deux reprises par la justice française, Albert Corriere réclame 43 200 euros
01:10au titre de son travail forcé en Allemagne.
01:13L'ancien plombier de formation espère que la Cour européenne des droits de l'homme lui apportera
01:17enfin à la réparation qu'il attend depuis plus de 80 ans.
01:20La France a fait une bêtise de nous envoyer la bêtise, il faut la réparer, ce n'est pas parce
01:25que c'est en 43.
01:26On est en 2026, ça fait 83 ans, je pense qu'il faut en tenir compte, il n'y a
01:33pas de prescription là.
01:35Moi je ne cherche pas la prescription, c'est ça que je veux dire.
01:38À 104 ans, chaque mois compte, avant son grand départ comme il le dit lui-même, il espère voir enfin
01:44son préjudice reconnu.
01:46On va aux droits de l'homme pour aller jusqu'au bout, voilà.
01:50J'ai tenté d'aller jusqu'à là-bas, on va voir un peu si les droits de l'homme
01:53sont aussi généreux que la justice de Marseille.
02:00J'ai besoin d'aller jusqu'à là-bas.
02:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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